Une augmentation de 75 % en France en 12 ans
Avec un taux de croissance annuel de 4,8 %, le diabète est l’une des affections de longue durée (ALD) qui a le plus progressé ces dernières années, passant ainsi d’une maladie (diabète de type 1 et de type 2 compris) qui concernait environ 1,9 millions de Français de plus de 20 ans en 2010 à 3,3 millions en 2022, selon les derniers chiffres de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), publiés dans un rapport paru en juin 2024. Cette augmentation du nombre de Français diabétiques de 75 % en 12 ans, fait de cette ALD la deuxième plus importante en France, avec 21,4 % des patients, juste derrière les maladies cardiovasculaires qui concernent, quant à elles, 27 % des patients souffrants d’ALD. Si l’on prend en compte tous les âges, le diabète touche 5,6 % des Français (3,8 millions) selon les derniers chiffres de Santé publique France.

En 2023, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié des documents montrant une multiplication par cinq du nombre de personnes atteintes de tous types de diabète depuis 1980 : alors que 108 millions de personnes étaient concernées par cette pathologie il y a 44 ans, il y a désormais environ 540 millions de patients dans le monde aujourd’hui. L’OMS fait du diabète un enjeu de santé publique internationale, notamment parce que cette affection est une une cause importante :
- de cécité ;
- d’insuffisance rénale ;
- d’infarctus du myocarde (IDM) ;
- d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) ;
- et d’amputation des membres inférieurs.
Cela est aussi dû au coût énorme de sa prise en charge pour les états qui ont instauré des politiques dédiées, pour les mutuelles, ainsi que pour les patients eux-mêmes.
Les pays à faible revenu touchés par une augmentation plus rapide :
Les chiffres de l’OMS ainsi que ceux de l’International diabetes federation (IDF) montrent que la prévalence du diabète a augmenté et continuera de le faire. Plus rapidement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que dans les pays à revenu élevé, avec des projections de l’IDF allant jusqu’à :
- +134 % de patients diabétiques entre 2021 et 2045 en Afrique subsaharienne ;
- jusqu’à 87 % dans la région Moyen-orient et Afrique du nord ;
- et jusqu’à 68 % d’augmentation dans l’Asie du sud-est.
En France, l’organisation internationale prévoit que 4,22 millions de personnes seront touchées par le diabète en 2045.

Plus de 10 Mds€/an de dépenses de l’Assurance maladie
Dans leur revue des dépenses concernant les ALD, l’Igas et l’Inspection générale des finances (IGF) montrent que, sur les 112 milliards d’euros dépensés par l’Assurance maladie, 10,9 concernent la prise en charge des soins du diabète. Cela en fait l’une des pathologies les plus coûteuses pour le système de santé, juste derrière le cancer. Sur ces 10,9 milliards d’euros, la grande majorité vient du remboursement des soins de ville (8 milliards d’euros en 2021). Les autres dépenses proviennent de l’hôpital et des prestations en espèces.
Par ailleurs, le diabète se présente comme l’une des ALD avec le plus bas reste à charge pour les patients : sur une moyenne de 5 565 euros de dépense moyenne par an pour un patient diabétique, seulement 717 euros restent à la charge du patient et 4 848 euros sont pris en charge par l’Assurance maladie. A titre de comparaison, le reste à charge :
- du cancer est de 960 euros par an en moyenne ;
- de l’insuffisance cardiaque grave est de 919 euros ;
- et des maladies coronaires est de 831 euros.

200 bandelettes/an remboursées dans le diabète de type 2 :
Les dispositifs médicaux (DM) occupent une place centrale dans le suivi quotidien des diabétiques : pompes, lecteurs de glycémie, auto-piqueurs… Suivant leur destination, les dispositifs ont été classés en plusieurs catégories, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) :
- les systèmes de surveillance de l’équilibre glycémique : lecteurs de glycémie, électrodes/bandelettes, auto-piqueurs, bandelettes urinaires, holters glycémiques, automates et réactifs de laboratoire ;
- les systèmes d’administration d’insuline : stylos injecteurs, aiguilles pour stylos injectables, pompes à insuline externes, pompes implantables, seringues à insuline et inhalateurs d’insuline.
En termes de remboursement, ce sont les bandelettes, capteurs et électrodes ainsi que les pompes à insuline (y compris le forfait journalier et la location) qui représentent les montants les plus élevés. En effet, en cas d’autosurveillance par mesure du glucose interstitiel en continu (MGC), l’Assurance maladie prend en charge un kit tous les 4 ans et un capteur tous les 10 ou 14 jours. Pour ce qui est des bandelettes, la prise en charge est limitée à 200 bandelettes par an pour les personnes avec un diabète de type 2 non traité par insuline.













