La reconnaissance vocale, désormais dopée à l’intelligence artificielle, apparaît comme une solution pour optimiser la production documentaire et fluidifier le travail des soignants. Elle permet une documentation plus rapide et plus fluide des dossiers patients. À l’Hôpital Européen de Marseille, l’utilisation de Dragon Medical One a permis de gagner 25% de temps dans la documentation des patients aux urgences. Le CHR d’Orléans a lui totalement éliminé l’étape de validation des comptes-rendus, libérant ainsi un temps précieux pour les médecins et les secrétaires médicaux (Nuance, les EchosEtudes).
Des dossiers patients plus complets et précis
Selon une étude menée par le cabinet Ignetica au Royaume-Uni (Nuance, NHS, South Tees Hospitals), la reconnaissance vocale améliore la qualité, la complétude et l’efficience des dossiers patients. Confirmé par une enquête menée en France, ce constat indique que :
86% des médecins estiment que leurs notes sont complètes grâce à la reconnaissance vocale.
67% des médecins rapportent que leurs patients ne voient aucun inconvénient à l’utilisation de cette technologie.
Le temps gagné par patient sur la documentation des dossiers atteint 3,5 minutes en moyenne.
À l’Hôpital Forcilles, la reconnaissance vocale a permis aux patients de repartir avec leur compte-rendu dès la fin de la consultation, alors qu’auparavant, il fallait attendre plusieurs jours.
Une documentation médicale augmentée
Une adaptation aux spécificités médicales
Les nouvelles solutions de reconnaissance vocale, comme Dragon Medical One, intègrent un vocabulaire médical spécifique, régulièrement mis à jour. Chaque médecin peut également ajouter ses propres termes, facilitant ainsi l’intégration des nouvelles molécules ou procédures médicales. Grâce à l’IA conversationnelle, ces outils s’adaptent à la voix, l’accent et le phrasé de chaque utilisateur, précis dès la première utilisation. Ces nouvelles générations d’outils, comme Dragon Medical One, utilisent des réseaux neuronaux profonds qui garantissent précision, même en environnement bruyant. Contrairement aux anciennes solutions, la reconnaissance vocale ne nécessite plus forcement d’entraînement. Elle est immédiatement opérationnelle, sans phase d’apprentissage préalable.
Un accès facilité grâce au cloud
Grace au mode SaaS, et contrairement aux logiciels installés sur chaque poste, la reconnaissance vocale est désormais accessible depuis n’importe quel terminal, y compris les smartphones et tablettes, grâce à un hébergement Hébergeur de Données de Santé (HDS). Ce modèle permet une mise à jour continue et un déploiement rapide. Par exemple, au CHU de Toulouse, 85% des 100 médecins testeurs ont adopté la solution, grâce à son ergonomie intuitive et son intégration fluide dans le dossier patient informatisé (DPI).
Whisper d’OpenAI : quand la reconnaissance vocale transforme la réalité
Si la reconnaissance vocale en milieu hospitalier offre un gain de temps aux soignants, elle présente encore des risques. Les outils de transcription automatique, comme Whisper d’OpenAI, sont déployés dans de nombreux centres médicaux pour faciliter la documentation des consultations et réduire la charge administrative des praticiens. Plus de 30 000 cliniciens et 40 systèmes de santé, dont la clinique Mankato dans le Minnesota et l’hôpital pour enfants de Los Angeles, ont adopté des solutions basées sur cette technologie (Nabla). Malgré ses promesses, Whisper présente un défaut : il a tendance à “halluciner”, c’est-à-dire à générer des informations erronées ou inexistantes. Une étude de l’Université du Michigan a révélé des erreurs dans 8 transcriptions sur 10 analysées. Un développeur a constaté des hallucinations dans presque toutes les 26 000 transcriptions qu’il a étudiées.
Un enregistrement mentionnant un “parapluie” a été retranscrit en “un gros morceau de croix… il a tué un certain nombre de personnes”, introduisant des informations complétement erronées. Whisper a également inventé des traitements médicaux fictifs comme “les antibiotiques hyperactivés”.
Les erreurs de transcription peuvent avoir des conséquences lourdes en milieu hospitalier. Alondra Nelson, ancienne responsable de la politique scientifique à la Maison Blanche, met en garde : “Personne ne veut d’un mauvais diagnostic. Il devrait y avoir une barre plus haute.” L’utilisation de la reconnaissance vocale pose aussi des problèmes d’éthique et de transparence. L’entreprise Nabla, qui propose un outil basé sur Whisper, efface les enregistrements audios d’origine, empêchant toute vérification en cas d’erreur. Pour William Saunders, ancien employé d’OpenAI, cela pose un risque majeur : “Vous ne pouvez pas détecter les erreurs si vous enlevez la vérité du terrain.”
Face aux critiques, OpenAI affirme travailler sur l’amélioration de Whisper pour réduire ces erreurs. Les chercheurs estiment que la société doit faire de la fiabilité une priorité avant de déployer ces outils à grande échelle. Par ailleurs, les appels à une réglementation de l’IA dans les applications médicales se multiplient. Des experts demandent une supervision plus stricte pour éviter que ces technologies ne compromettent la sécurité des patients.
La majorité des solutions concernent les maladies cardiaques et chroniques
La télésurveillance des maladies chroniques connaît une accélération sans précédent en France avec 33 dispositifs, portée par des solutions innovantes qui permettent un suivi précis des patients à distance. Loin d’être un simple outil complémentaire, elle devient une composante essentielle de la prise en charge, notamment pour l’insuffisance cardiaque, le diabète et les pathologies respiratoires.
16 dispositifs de suivi pour les maladies cardiaques :
L’insuffisance cardiaque figure parmi les premières pathologies à bénéficier de la télésurveillance. Il est aussi le type de pathologie qui possède le plus de solutions de télésurveillance médicale, avec 16 dispositifs, dont ceux qui permettent le suivi de prothèses cardiaques implantables. Des solutions comme Medtronic CareLink, implantées dans des établissements de référence tels que le CHU de Toulouse, l’Hôpital cardiologique Louis Pradel à Lyon et le CHU de Lille, permettent de suivre en temps réel l’état des patients porteurs de dispositifs cardiaques implantables. Dans la même dynamique, Biotronik Home Monitoring est aujourd’hui utilisé par des structures majeures comme l’Hôpital européen Georges-Pompidou, le CHU de Nancy, et la clinique Pasteur de Toulouse, facilitant une détection précoce des anomalies et limitant les hospitalisations inutiles.
D’autres dispositifs viennent compléter cet écosystème : Boston Scientific Latitude, en service au CHU de Rennes et au CHU de Nantes, ainsi que Merlin.net d’Abbot, utilisé à l’Hôpital Nord du CHU de Marseille, garantissent un suivi efficace des patients porteurs de prothèses cardiaques implantables. Par ailleurs, des solutions comme CardioRenal, déployée au CHU de Bordeaux, à l’Institut Cœur Effort Santé de Clermont-Ferrand, ainsi qu’à la clinique Pasteur de Toulouse, offrent une alternative performante pour le suivi de l’insuffisance cardiaque.
Avec des plateformes comme Satelia Cardio (NP Medical) et Implicity Insuffisance Cardiaque, l’objectif est de structurer un parcours de soins plus fluide et réactif. Des initiatives comme 1 Minute pour mon cœur (NewCard) et la plateforme CareLine IC (CareLine) participent également à cette transformation, en proposant des solutions adaptées aux besoins des patients insuffisants cardiaques.
Le diabète sous haute surveillance grâce aux nouvelles technologies :
Le diabète est un autre domaine où la télésurveillance apporte une révolution dans le suivi des patients. En France, 3 solutions sont utilisées par les médecins. MyDiabby, largement adopté dans des établissements comme les CHU de Bordeaux et de Toulouse permet aux soignants d’adapter en temps réel les traitements en fonction des données transmises par les patients. Une autre solution, Glooko, déjà intégrée au CHU de Montpellier, à la clinique Pasteur de Toulouse et à l’Hôpital Européen Georges-Pompidou, joue un rôle clé dans le suivi glycémique et l’optimisation des prises en charge.
4 solutions pour l’insuffisance rénale :
L’insuffisance rénale, et en particulier la prise en charge des patients sous dialyse, bénéficie également des avancées en télésurveillance. Nexadia (B. Braun), solution de télésurveillance à domicile, est aujourd’hui déployée au centre de dialyse NephroCare, apportant une réponse efficace pour les patients nécessitant une prise en charge à distance. Le programme 1 Minute pour mes Reins (NewCard) et la plateforme eNephro (Equasens) offrent également des outils adaptés pour assurer un suivi médicalisé en temps réel.
Améliorer la prise en charge des pathologies respiratoires grâce au suivi à distance :
L’essor de la télésurveillance se retrouve également dans le domaine des pathologies respiratoires chroniques, où des solutions comme Airview de Resmed permettent un accompagnement efficace des patients atteints de BPCO ou d’apnée du sommeil. Utilisée dans plusieurs établissements, dont l’hôpital européen Georges-Pompidou et le CHU de Montpellier, cette solution améliore le suivi à distance et optimise les ajustements thérapeutiques. Bora Flow (Biosency) et Vestalis Vision de Srett complètent cet arsenal de pourvue de 3 solutions en facilitant la surveillance continue des patients atteints d’insuffisance respiratoire.
Un suivi personnalisé pour les patients atteints de cancer
La télésurveillance s’impose également comme un outil essentiel dans le suivi des patients atteints de cancer, en leur permettant de bénéficier d’une prise en charge à distance tout en restant en contact avec leurs équipes soignantes. Grâce à ces dispositifs, il devient possible d’anticiper les complications liées aux traitements, d’ajuster les soins en temps réel et d’améliorer la qualité de vie des patients tout au long de leur parcours thérapeutique.
Deux solutions dédiées à l’oncologie sont utilisées en France : Resilience Pro (Betterise) accompagne les patients dans la gestion des effets secondaires de la chimiothérapie et des traitements anticancéreux, tout en favorisant une communication fluide avec les professionnels de santé. Cureety Techcare (Cureety) propose également une plateforme de suivi à distance permettant aux équipes médicales de mieux évaluer l’état des patients entre deux consultations et d’optimiser leur prise en charge.
Ces outils offrent un suivi en continu, réduisant le besoin de déplacements fréquents à l’hôpital et permettant aux patients de signaler leurs symptômes en temps réel. Une avancée majeure pour une médecine plus proactive et adaptée aux besoins des personnes atteintes de pathologies oncologiques.
Cartographie des 33 solutions de télésurveillance médicale utilisées en France :
Des résultats prometteurs, mais variables selon les spécialités
Selon une évaluation de la Haute Autorité de Santé (HAS), la télésurveillance démontre des bénéfices mesurables sur la qualité de vie des patients, la prise en charge des pathologies chroniques et les économies hospitalières. Fondé sur une revue systématique de la littérature internationale, le rapport ; “évaluation économique de la télésurveillance pour éclairer la décision publique : quels sont les choix efficients au regard de l’analyse de la littérature” guide les décideurs publics et les professionnels de santé dans le déploiement de ces solutions. L’étude a analysé 65 publications issues majoritairement de pays anglo-saxons. Malgré une forte prédominance de recherches étrangères, les résultats sont clairs : au global, la télésurveillance est associée à des gains en termes de qualité de vie et de réduction des coûts dans plusieurs spécialités médicales.
La télésurveillance s’est révélée particulièrement efficiente, avec 72 % des études internationales montrant des gains en qualité de vie et des réductions des coûts de santé. Ces économies sont largement attribuables à la diminution des hospitalisations, à l’optimisation des consultations et à la prévention des complications évitables. En cardiologie par exemple, la télésurveillance réduit les hospitalisations pour insuffisance cardiaque aiguë de 57,8 % à 35,6 % selon l’étude SCAD (Suivi cardiaque à domicile), tout en améliorant les indicateurs de qualité de vie, mesurés en QALY (Quality Adjusted Life Years). Dans le cas des BPCO (bronchopneumopathies chroniques obstructives), des résultats similaires sont observés, avec une diminution des exacerbations graves et des admissions hospitalières. En diabétologie, les systèmes connectés, tels que les dispositifs de surveillance de la glycémie, contribuent à une meilleure gestion des patients, réduisant les complications liées à un contrôle insuffisant de la maladie. Ces bénéfices thérapeutiques se traduisent également par des impacts économiques mesurables à long terme.
Insuffisance cardiaque : des résultats probants pour les cas sévères
L’étude OSICAT, réalisée sur près de 1 000 patients en France, a mis en évidence l’impact positif de la télésurveillance sur les patients souffrant d’insuffisance cardiaque. Les résultats montrent une réduction de 20 à 30 % de la mortalité par rapport aux méthodes de suivi traditionnelles. Dans une autre étude, le taux de ré-hospitalisation est passé à 26 % pour les patients sous télésurveillance, contre 53 % pour ceux du groupe témoin. Ces données soulignent l’efficacité de la télésurveillance dans la gestion de cette maladie, mais aussi son rôle dans l’amélioration de la qualité de vie des patients, comme le rapporte la Haute Autorité de Santé (HAS). En revanche, les études menées par le New England Journal of Medicine et The Lancet ont montré des résultats moins favorables pour les systèmes de suivi asynchrone, où les alertes sont traitées avec un certain délai. Ces dispositifs n’ont pas réussi à démontrer de différence significative par rapport au suivi conventionnel, ce qui souligne l’importance de la rapidité de l’intervention et de l’accompagnement thérapeutique dans les cas d’insuffisance cardiaque sévère.
Hypertension artérielle et troubles du rythme cardiaque : l’impact de la télésurveillance sur l’HTA et les DAI
L’hypertension artérielle chronique non contrôlée bénéficie également de la télésurveillance :
L’étude TASMINH2 a démontré que la combinaison de la télésurveillance et de l’autogestion améliore le contrôle de la tension artérielle.
Après 5 ans, plus de 75% des patients sont restés observants, tant dans l’automesure que dans l’adaptation du traitement.
Une étude a montré une baisse de la pression artérielle : 18 mmHg pour la systolique et 6 mmHg pour la diastolique.
Pour les patients porteurs d’un défibrillateur automatique implanté (DAI), la télésurveillance apporte des bénéfices notables :
Réduction du nombre de chocs inappropriés, ce qui a un impact favorable sur le myocarde des patients.
Amélioration de la sécurité de l’usage du DAI.
Diminution du nombre de consultations en face à face, facilitant ainsi le suivi des patients.
Diabète : des bénéfices démontrés
La télésurveillance a montré des résultats encourageants dans le suivi des diabètes de type 1 et 2. Des études ont documenté une amélioration des niveaux d’HbA1c chez les patients bénéficiant d’un suivi régulier par télémédecine. Par exemple, les jeunes diabétiques de type 1 ont vu leur taux d’HbA1c s’améliorer en six mois, permettant d’espérer une réduction du risque de complication dégénératives d’environ 25%. En outre, pour le diabète gestationnel, la télésurveillance contribue à limiter les complications néonatales. L’impact de la télésurveillance sur le diabète est positif, avec un coût acceptable par rapport aux bénéfices. Les économies générées par la réduction des complications compensent les coûts de télésurveillance (3 300 $ d’économies par patient grâce à la réduction des complications).
Insuffisance rénale et respiratoire : amélioration de l’observance
Dans le domaine des maladies pulmonaires chroniques, la télésurveillance a été associée à une réduction des hospitalisations et à une amélioration de la capacité physique des patients. Une revue systématique a conclu que ces systèmes permettent un suivi plus efficace et une intervention rapide lors de l’apparition de symptômes aigus, ce qui est important pour cette population vulnérable. Les troubles respiratoires chroniques, tels que la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) et les apnées du sommeil, sont également des domaines où la télésurveillance montre de bons résultats. En surveillant des paramètres comme les saturations en oxygène et les flux respiratoires, la télémédecine permet une gestion plus proactive des crises et une meilleure observance des traitements.
En néphrologie la télésurveillance médicale permet :
Une détection précoce des complications, ce qui permet une intervention rapide pour éviter l’aggravation de l’état.
Une réduction des hospitalisations non programmées, grâce à un suivi continu et des alertes en cas de données critiques.
Une amélioration de la qualité de vie des patients, notamment en diminuant les déplacements fréquents pour les consultations et en renforçant leur autonomie.
La télésurveillance est efficace cliniquement, mais son coût d’implémentation reste un frein. Les coûts sont encore trop élevés pour justifier un remboursement systématique dans certains pays. Des efforts d’optimisation des dispositifs et de réduction des coûts opérationnels sont nécessaires pour améliorer l’efficience.
Oncologie : un suivi personnalisé pour une meilleure qualité de vie
Une étude récente sur l’impact de la télésurveillance en oncologie a montré que 88,4 % des patients ont constaté une amélioration d’au moins deux niveaux sur l’échelle PRO-CTCAE à 5 points. Cette étude, réalisée dans 33 centres en France et en Belgique, souligne l’importance d’un suivi régulier pour améliorer la gestion des symptômes liés au cancer. Elle a été menée sur près de 1 500 patients atteints de cancer du poumon ou du sein, et montre que le suivi à distance permet une réduction de 10 à 15 % des hospitalisations non prévues. Par ailleurs, 94,6 % des alertes concernant des symptômes graves ou en aggravation signalés ont entraîné une amélioration dans les deux semaines suivant leur activation.
@ Health and Tech Intelligence
Des bénéfices avérés mais une structuration nécessaire
L’analyse de la HAS indique que 33 études (sur 61) concluent à une efficacité accrue et une diminution des coûts grâce à la télésurveillance. Par exemple, pour l’insuffisance cardiaque, la télésurveillance permettrait une économie moyenne de 1 051€ par patient sur 6 mois. Les bénéfices économiques se traduisent notamment par :
Une réduction des hospitalisations et des consultations en présentiel.
Une optimisation du temps médical.
Une diminution des déplacements des patients.
Un modèle à stabiliser
Les études disponibles confirment une réduction des hospitalisations, une amélioration de l’observance des traitements et in fine une meilleure qualité de vie pour les patients atteints de maladies chroniques. Bien que les coûts initiaux de mise en place de ces systèmes soient parfois élevés, les économies à long terme, notamment en matière de réduction des hospitalisations et de déplacements, pourraient compenser ces investissements.
Toutefois, le rapport met en lumière une variabilité des résultats selon les pathologies et les contextes d’utilisation. La qualité méthodologique des études, bien que jugée acceptable dans plus de 60 % des cas, reste hétérogène. Des limites importantes sont relevées, notamment des horizons temporels souvent courts, un échantillonnage parfois restreint et un manque d’analyses de sensibilité. Ces lacunes nuisent à la robustesse des conclusions et compliquent leur transposition au contexte français. Une autre limite majeure est le manque de données nationales. Cela souligne l’importance de renforcer les évaluations médico-économiques dans un cadre local, pour mieux adapter les outils aux spécificités du système de santé français.
Face à ces constats, la HAS recommande une structuration renforcée du déploiement de la télésurveillance. Cela inclut une meilleure formation des professionnels de santé, une éducation adaptée des patients et une coordination efficace entre les parties prenantes – professionnels de santé, industriels et autorités publiques. Par ailleurs, une harmonisation des pratiques et des méthodologies est essentielle pour assurer des résultats comparables et maximiser les bénéfices.
En septembre 2024, le ministère de la Santé saluait “la bonne dynamique” post-généralisation avec 1 890 opérateurs engagés dans la télésurveillance.
Du programme ETAPES à la généralisation : l’essor de la télésurveillance médicale
Avec le vieillissement de la population et l’augmentation des pathologies chroniques comme le diabète, l’insuffisance cardiaque ou les maladies respiratoires, les systèmes de santé doivent relever le défi d’assurer un suivi régulier et personnalisé. Les maladies chroniques touchent environ 15 millions de personnes en France. Un quart des 45 – 54 ans cumule au moins deux pathologies chroniques.
La télésurveillance médicale, définie comme un acte de télémédecine permettant à un professionnel médical d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi d’un patient, connaît un essor ces dernières années. Cette pratique associe une surveillance médicale à l’utilisation de dispositifs médicaux numériques (DMN) capables de collecter, analyser et transmettre des données physiologiques, cliniques ou psychologiques du patient.
Les expériences menées, notamment dans le cadre du programme ETAPES (Expérimentations de télémédecine pour l’amélioration des parcours en santé), ont permis de s’apercevoir que la télésurveillance s’est révélée bénéfique pour le suivi des patients atteints de maladies chroniques, comme l’insuffisance rénale, en permettant une détection précoce des complications et une réduction des hospitalisations non programmées, et a montré son intérêt en compensant un relatif isolement médical.
Sur le plan médical, la télésurveillance vise à améliorer la qualité des soins en permettant une prise en charge plus réactive et personnalisée. D’un point de vue organisationnel, elle pourrait optimiser le parcours de soins, notamment pour les patients géographiquement isolés ou à mobilité réduite. Économiquement, elle pourrait contribuer à réduire les coûts liés aux hospitalisations évitables et aux transports. Enfin, à noter la nécessité de développer des DMN fiables, interopérables et respectueux de la protection des données personnelles.
Dans cette étude, nous analyserons les enjeux, les évolutions et les bonnes pratiques de la télésurveillance médicale, en mettant en lumière les défis liés à son déploiement, son cadre réglementaire, son impact sur l’organisation des soins et les perspectives qu’elle ouvre pour l’avenir du suivi médical à distance.
Après plusieurs années d’expérimentation, le programme ETAPES a permis d’analyser les bénéfices cliniques et économiques de la télésurveillance pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale ou de diabète. Depuis juillet 2023, son remboursement en droit commun marque une étape dans l’intégration de la télésurveillance médicale.
La télésurveillance médicale s’impose progressivement dans les parcours de soins, notamment en faveur des maladies chroniques. Des études récentes montrent des réductions importantes en termes de mortalité et d’hospitalisations, tout en optimisant les coûts. Son application varie cependant en fonction des pathologies ciblées, chaque aire thérapeutique bénéficiant de résultats spécifiques.
Il y a 3 conditions à réunir pour que la télésurveillance soit prise en charge par l’assurance maladie. La pathologie doit faire partie de la liste des pathologies ayant reçu un avis favorable de la HAS, l’opérateur de la télésurveillance doit être enregistré auprès de l’ARS, et le dispositif médical numérique (DMN) doit avoir été validé par des instances de contrôle.
La télésurveillance médicale (TLS) est une technologie qui transforme les systèmes de santé en répondant aux besoins liés à la prise en charge des maladies chroniques, à la pénurie de professionnels de santé et à la réduction des coûts dans un contexte de pression budgétaire. Son déploiement soulève des questions, notamment en matière de financement et d’organisation.
Les maladies cardiaques, le diabète et l’oncologie font parties des pathologies pour lesquelles des solutions de télésurveillance médicale sont déployées en France et utilisées par les médecins pour le suivi de leurs patients. Dans cette étude, Health and Tech Intelligence dresse la cartographie de ces 35 solutions numériques de télésurveillance médicale.
Nvidia deuxième plus grosse entreprises mondiale et acteur majeur de la santé numérique
Nvidia,deuxième entreprise mondiale en termes de capitalisation boursière, est surtout connue pour son expertise en cartes graphiques. L’entreprise est également très active dans la santé numérique. Deux domaines, l’imagerie médicale et la simulation des dynamiques moléculaires, demandent de grandes capacités de calcul, spécialité de Nvidia, d’où la volonté de s’impliquer dans le domaine de la santé.
Les 3 piliers de la stratégie de Nvidia
Actuellement 3 projets de Nvidia dans la santé numérique se distinguent particulièrement :
Nvidia Inception
Nvidia Inception est un programme gratuit conçu pour aider les startups à grandir plus rapidement. Le programme donne notamment accès aux avantages suivants : Des cours gratuits du Nvdia deep learning institute, des crédits cloud gratuits, la participation à des évènements spéciaux ainsi que des relations facilitées avec des investisseurs. Près de 20 000 start-up participent à ce programme, dont 25 % dans la santé.
MONAI
MONAI (Medical Open Network for Artificial Intelligence), cofondée par NVIDIA et le King’s College de Londres, est un ensemble de cadres collaboratifs open-source et gratuits. Son objectif est d’accélérer la recherche et la collaboration clinique.
Monai est composé de 3 outils, MONAI Label, qui permet de faciliter l’annotation d’image grâce à l’IA, et d’entrainer un modèle d’IA grâce aux interactions des utilisateurs. MONAI CORE, une bibliothèque logicielle conçue pour aider les chercheurs et les développeurs à créer et entraîner des modèles d’intelligence artificielle (IA). Par exemple un outil pour modifier une image pour la rendre plus adaptée avant de les utiliser dans un modèle d’IA. MONAI Deploy qui a pour but d’aider à passer des recherches en IA médicale (souvent réalisées en laboratoire) à une utilisation concrète dans des hôpitaux ou des cliniques. Cela inclut tout le processus, depuis la conception des applications d’IA jusqu’à leur déploiement dans un environnement clinique réel.
La plateforme a 5 ans et a enregistré plus de 3,5 millions de téléchargements, 220 contributeurs du monde entier, des mentions dans plus de 3 000 publications, et est utilisé dans des produits cliniques.
Parmi les entreprises utilisant MONAI il y a notamment Siemens Healthineers dont les solution d’imagerie Syngo Carbon et syngo.via comptent 15 000 dispositifs installés, le Centre allemand de recherche sur le cancer (German Cancer Research Center) qui développe des indicateurs pour mesurer la performance de l’intelligence artificielle ainsi que des conseils d’utilisation, ou encore GSK pour la segmentation d’image (division d’images médicales en différentes zones ou structures, facilitant ainsi l’analyse)
Clara™
Clara est une suite de services logiciels conçue pour faciliter l’implémentation de solutions d’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé. De très nombreuses entreprises dans différents secteurs de la santé numérique collabore avec Nvidia et utilise ses logiciels. Ci-joint une infographie de l’écosystème Clara.
@Nvidia Clara
Dans cette infographie Nvidia a classé ses activités dans la santé numérique en 5 catégories principales : imagerie médicale, dispositif médicaux (partie software des dispositifs médicaux), découverte de médicament, génomique, edge computing et capteurs. Elle a ensuite positionné les entreprises dans les catégories correspondantes, en fonction de leur utilisation des outils Clara™.
Pour chacune des catégories mentionnées il existe plusieurs “microservices”. Par exemple en découverte de médicaments il en existe une dizaine : Genmol qui permet de générer informatiquement des molécules à partir de fragments synthétisables, AlphaFold-3 Multimer qui prédit la structure 3D de deux protéines se liant l’une à l’autre, AlphaFold 2 qui prédit la structure 3D d’une protéine à partir de sa séquence d’acides aminés, DiffDock qui prédit la structure 3D de liaison d’une molécule à une protéine…etc.
On notera la présence d’Iktos dans l’infographie de Nvidia, une start-up française travaillant sur le développement de nouveaux traitements à l’aide de l’IA.
Nvidia développe également des outils graphiques pour les bots conversationnels, des modèles d’intégration de LLM, et de la compréhension de texte avec l’entreprise française Mistral AI.
En répondant à des problématiques majeures : surcharge administrative, diagnostics complexes, gestion des ressources – les solutions des géants de la Tech apportent des gains mesurables pour les hôpitaux, les professionnels de santé et les patients.
Les indicateurs de performance montrent des améliorations tangibles :
réduction des délais de diagnostic ;
précision accrue ;
meilleure gestion des ressources ;
et satisfaction des utilisateurs.
Au-delà des bénéfices opérationnels, l’impact clinique est significatif : détection précoce des maladies, optimisation des thérapies, et une avancée accélérée dans la recherche biomédicale.
Google : de la structure des protéines aux diagnostics cliniques
Prédiction des structures protéiques pour la biologie structurelle
La recherche sur les structures protéiques a longtemps constitué un défi majeur en biologie, nécessitant des années de travail expérimental pour modéliser une seule protéine. DeepMind, filiale de Google, grâce à la solution AlphaFold permet de modéliser des protéines embarquant une intelligence artificielle (IA) capable de prédire la structure tridimensionnelle des protéines avec une précision inégalée.
Cette innovation accélère la recherche biomédicale en permettant aux laboratoires de réduire drastiquement le temps et les coûts nécessaires à la conception de nouveaux traitements. Les chercheurs peuvent désormais identifier des cibles thérapeutiques plus rapidement, accélérant ainsi la mise au point de médicaments. Grâce à AlphaFold, la durée moyenne pour modéliser une protéine est passée de plusieurs mois à quelques jours, une avancée qui a déjà montré son potentiel dans le développement de traitements contre des maladies complexes.
Aide au dépistage du cancer du sein
Le cancer du sein nécessite une détection précoce pour maximiser les chances de survie cependant, les délais et les erreurs dans l’interprétation des mammographies freinent souvent le diagnostic. Google Health répond à cette problématique en développant des algorithmes d’IA capables d’analyser des images radiologiques avec une précision équivalente à celle des radiologues.
Ces outils apportent un soutien précieux aux radiologues en automatisant les analyses de mammographies, réduisant ainsi la charge de travail et les risques d’erreurs humaines. Pour les patients, cela se traduit par des diagnostics plus rapides et plus fiables avec une réduction significative des faux négatifs. Grâce à l’IA, les délais de diagnostic peuvent diminuer jusqu’à 30 % ce qui offre la possibilité de débuter des traitements plus tôt.
Amazon : automatiser et centraliser les soins
Réduction de 50% le temps consacré aux tâches administratives
Partant du constat que les médecins consacrent une part importante de leur temps à des tâches administratives, Amazon a lancé AWS HealthScribe, une solution qui utilise le traitement du langage naturel pour générer automatiquement des notes cliniques à partir des conversations entre médecins et patients.
Grâce à cette technologie, les médecins peuvent se concentrer sur les soins plutôt que sur la documentation. L’automatisation des notes médicales permet de réduire de 50 % le temps consacré aux tâches administratives, libérant ainsi jusqu’à deux heures par jour pour des consultations supplémentaires. Cela se traduit également par des dossiers médicaux plus précis et standardisés, réduisant les risques d’erreurs et optimisant la qualité des soins.
Réduction de 40% des délais pour accéder aux données
La gestion des données médicales est souvent fragmentée ce qui complique la coordination des soins et ralentit les recherches cliniques. AWS HealthLake résout ce problème en centralisant toutes les données de santé, qu’elles soient structurées ou non, dans un entrepôt numérique sécurisé.
Cette solution offre aux chercheurs et aux établissements de santé une vue d’ensemble des informations des patients, permettant des analyses avancées en temps réel. Les délais pour accéder aux données critiques sont réduits de 40 % et les décisions médicales peuvent être prises de manière plus éclairée. Pour les patients, cela signifie des traitements mieux coordonnés et adaptés à leurs besoins spécifiques tout en facilitant les avancées en recherche médicale.
Réduction de 30% des délais d’analyses des images
Amazon SageMaker offre une solution en permettant de développer et d’entraîner des modèles de machine learning capables d’automatiser l’interprétation des images médicales. En réduisant les délais d’analyse de 30 % et en augmentant la précision des diagnostics, cette solution améliore directement la prise en charge des patients. Les radiologues peuvent se concentrer sur des cas complexes tandis que les tâches répétitives sont déléguées aux algorithmes d’IA. Cela se traduit par une identification plus rapide des pathologies, favorisant des interventions précoces et efficaces.
Microsoft : automatisation des tâches non médicales et aide à la planification des soins
20% d’amélioration pour l’identification de cibles thérapeutiques
L’abondance des publications scientifiques rend difficile l’extraction rapide d’informations utiles. Cette surcharge d’information ralentit la recherche et retarde le développement de nouveaux traitements. Pour répondre à ce défi, Microsoft a conçu BioGPT, une IA générative spécialement entraînée sur des données biomédicales.
BioGPT permet aux chercheurs d’extraire rapidement des relations complexes entre gènes, maladies et médicaments à partir de publications scientifiques. Grâce à cette solution, le temps nécessaire pour effectuer des analyses approfondies est réduit de 30 % tandis que la précision dans l’identification des cibles thérapeutiques est améliorée de 20 %.
Un gain de 2h par jour pour les médecins
Les médecins passent en moyenne plusieurs heures par jour à rédiger des dossiers médicaux ce qui limite leur disponibilité pour les patients. Dragon Medical One, développé par Microsoft en partenariat avec Nuance Communications propose une solution : la documentation médicale par reconnaissance vocale.
Cette technologie permet aux professionnels de santé de dicter leurs observations directement dans les dossiers patients éliminant le besoin de saisir manuellement les données. Résultat : un gain de deux heures par jour pour les médecins leur permettant de se consacrer davantage à leurs consultations. Les dossiers médicaux deviennent plus précis et les erreurs liées à la saisie manuelle sont réduites.
Une réduction de 25% des erreurs liées à la planification des ressources
La gestion des ressources dans les établissements de santé est un défi constant avec des erreurs de planification pouvant entraîner des retards, des surcharges ou une sous-utilisation des capacités. Polypoint, développé en partenariat avec Microsoft, utilise des algorithmes d’IA pour prévoir et organiser la répartition des ressources humaines et matérielles.
Grâce à cette solution, les hôpitaux peuvent mieux anticiper les besoins en lits, en personnel ou en équipements. Les erreurs de planification sont réduites de 25 %, et l’efficacité opérationnelle des services hospitaliers augmente de 15 %. Pour les patients, cela signifie des temps d’attente plus courts et des soins mieux coordonnés. Polypoint permet ainsi de transformer la gestion hospitalière, en offrant une meilleure expérience tant pour les patients que pour les professionnels de santé.
Des solutions qui vont du dispositif médical au casque de réalité augmenté
Les 5 géants de la tech, appelés aussi Gamam (anciennement Gafam), pour Google (Alphabet), Amazon, Microsoft, Apple et Meta, investissent massivement dans le numérique en santé depuis plusieurs années, même si la part d’investissement varie en fonction des entreprises. Grâce à une combinaison de technologies avancées, d’intelligence artificielle (IA), de cloud et d’objets connectés, ils souhaitent redéfinir le parcours de soin, tout en nouant des partenariats stratégiques avec des institutions de santé. Ces collaborations, qu’elles soient avec des hôpitaux, des entreprises pharmaceutiques ou des chercheurs, renforcent l’impact de leurs solutions et accélèrent leur adoption dans le domaine médical.
Les Gamam et leurs filiales possèdent au total 24 solutions numériques pour la santé. Les plateformes numériques sont les plus représentés (11), – One Medical (Amazon), Microsoft Cloud for Healthcare (Microsoft), Onduo (Google)… -, suivi de près par les solutions d’IA (7) – Med-Gemini (Google), Coach AI (Apple)… -. Les deux autres catégories de solutions sont les dispositifs connectés (4), tels que la Apple Watch ou l’Amazon Halo Band, puis les casques de réalités virtuels (2).
Les solutions de Google gravitent autour des données de santé
Google, via ses diverses filiales comme Verily Life Sciences et Google Health, joue un rôle central dans l’évolution de la santé numérique, en combinant des technologies de pointe et des partenariats stratégiques.
Verily Life Sciences et l’innovation dans la gestion des maladies chroniques :
Verily Life Sciences, une filiale d’Alphabet, développe des solutions technologiques avancées pour la gestion des maladies chroniques et la prévention. Une des solutions phare est the Verily Study Watch, un dispositif porté au poignet conçu pour surveiller la santé cardiovasculaire et collecter des données en temps réel. En complément, Verily a créé des solutions pour la gestion du diabète avec the Continuous Glucose Monitoring System (CGM), un capteur capable de suivre en temps réel les niveaux de glucose dans le sang, offrant aux patients un suivi précis sans piqûres répétées.
En plus de ces dispositifs, Verily propose des solutions pour la gestion des maladies cardiovasculaires avec des outils permettant de mesurer en continu des indicateurs comme la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Ces technologies visent à offrir une surveillance proactive des maladies chroniques, permettant aux utilisateurs et aux professionnels de santé de suivre de près leur état de santé.
Fitbit et l’intégration des objets connectés dans la santé préventive :
Fitbit, acquis par Google, propose des dispositifs connectés comme des montres intelligentes et des bracelets d’activité, mais également des solutions numériques destinées à la prévention et au suivi de la santé. Une des solutions phares est Fitbit Premium, un service d’abonnement qui offre des programmes de santé personnalisés. Ce service utilise des algorithmes d’intelligence artificielle pour fournir des conseils personnalisés sur l’activité physique, le sommeil, et l’alimentation. Les utilisateurs peuvent suivre leurs progrès, définir des objectifs et recevoir des recommandations adaptées à leurs besoins de bien-être.
Fitbit propose également un dispositif de surveillance de la santé cardiaque avec des fonctionnalités comme l’ECG (électrocardiogramme) intégré à certains de ses modèles, comme la Fitbit Charge 5. Ce dispositif aide à détecter des problèmes cardiaques tels que la fibrillation auriculaire, une condition qui peut être détectée à l’aide de l’ECG et signalée pour un suivi médical plus approfondi. En outre, les appareils Fitbit peuvent être connectés à des professionnels de santé via des plateformes de données pour un suivi à distance, favorisant ainsi la santé connectée.
Med-Gemini et l’IA pour une gestion des soins améliorée :
Med-Gemini, une initiative de Google Health, utilise l’intelligence artificielle pour optimiser la gestion des données de santé. Cette solution permet une analyse approfondie des dossiers médicaux électroniques (DME) et de données provenant de dispositifs connectés. Elle aide les professionnels de santé à prédire les évolutions des maladies et à prendre des décisions plus éclairées. En intégrant des outils d’IA, Med-Gemini améliore la prise en charge des patients, en facilitant la détection précoce des maladies et en optimisant la personnalisation des traitements.
Med-Pix et l’IA au service de la recherche médicale :
Google Health a mis en place des partenariats pour exploiter l’intelligence artificielle dans le domaine de la recherche médicale. En collaborant avec des institutions comme St. Jude Children’s Research Hospital, Google utilise l’IA pour analyser des milliers d’images médicales, contribuant ainsi à la détection précoce de maladies comme le cancer et d’autres affections. Ces initiatives ouvrent de nouvelles possibilités pour le diagnostic et le traitement des maladies graves.
Amazon comme acteur important de la télésanté
Amazon est devenu un acteur incontournable de la santé numérique, principalement avec des solutions comme Amazon Care, Amazon Pharmacy, Amazon HealthLake et son acquisition de One Medical, tout en s’associant à divers partenaires pour étendre son impact.
Amazon Care et l’essor des services de télémédecine :
Lancé initialement pour ses employés, Amazon Care a évolué pour devenir un service de télémédecine accessible aux entreprises partenaires. Grâce à des partenariats avec des sociétés comme Marathon Health, Amazon propose une gamme complète de soins à distance, incluant des consultations virtuelles et des visites à domicile. Ce modèle montre comment Amazon réussit à combiner sa technologie avec des services de santé personnalisés.
Amazon HealthLake et l’optimisation des données de santé avec le cloud :
Avec Amazon HealthLake, Amazon propose une plateforme de gestion des données médicales basée sur le cloud. Ce service permet aux hôpitaux et cliniques de stocker, d’analyser et de sécuriser les informations médicales des patients, en garantissant leur confidentialité. En s’associant à des entreprises comme Cerner et Epic Systems, deux leaders du secteur des dossiers médicaux électroniques (DME), Amazon facilite l’intégration de HealthLake dans les systèmes existants.
L’offre One Medical intègre les services Amazon Clinic et Amazon Pharmacy :
Avec l’acquisition de One Medical, un fournisseur de soins primaires offrant des services en personne et à distance, Amazon se positionne sur un modèle hybride de soins car ce dispositif numérique propose des téléconsultations, ainsi que des consultations en présentiel, qui sont accessibles au travers d’un abonnement mensuel. En plus de cela, l’offre One Medical a intégré la plateforme Amazon Clinic qui propose des téléconsultations, cette fois-ci, payantes “à l’unité”. Cela permet au patient de choisir entre un abonnement mensuel ou une consultation unique via le service One Medical.
Amazon Pharmacy qui permet aux utilisateurs d’Amazon d’acheter des médicaments en ligne, tout en bénéficiant de services de livraison à domicile, a aussi été intégré à l’offre One Medical pour que les patients qui utilise ce service n’aient pas à payer pour la livraison de leur médicament, s’ils sont passés par une consultation sur la plateforme One Medical.
Les solutions cloud et IA de Microsoft
Microsoft est un acteur majeur de la santé numérique, avec des solutions cloud comme Microsoft Cloud for Healthcare, des outils d’IA pour la santé et des partenariats solides avec le secteur médical.
Microsoft Cloud for Healthcare et la gestion des données de santé :
Microsoft Cloud for Healthcare permet aux établissements de santé de centraliser, d’analyser et de sécuriser les données médicales, tout en favorisant l’interopérabilité entre différents systèmes. Grâce à des partenariats avec des entreprises comme GE Healthcare, Cerner et Allscripts, Microsoft facilite l’intégration de ses solutions cloud dans les infrastructures existantes des hôpitaux et des cliniques.
L’acquisition de Nuance Communications et la révolution de la transcription médicale :
En 2021, Microsoft a acquis Nuance Communications, un leader de la reconnaissance vocale appliquée à la médecine. Ce partenariat permet à Microsoft d’intégrer les technologies d’IA de Nuance pour offrir des solutions de transcription médicale, améliorant l’efficacité des médecins et réduisant le temps passé à saisir des informations. Cela transforme la manière dont les professionnels de santé documentent les consultations et facilitent les échanges d’informations médicales.
Apple, pour une gestion proactive du bien-être
Apple est devenu un acteur majeur de la santé numérique, avec des produits comme l’Apple Watch et des plateformes comme HealthKit et ResearchKit. Ses partenariats avec des établissements de santé renforcent l’impact de ces technologies.
Apple Watch, des outils pour surveiller la santé cardiovasculaire et le bien-être :
L’Apple Watch propose des fonctionnalités comme le suivi de la fréquence cardiaque et l’électrocardiogramme (ECG), des outils qui permettent une surveillance proactive de la santé cardiovasculaire. En partenariat avec des institutions comme l’American Heart Association, Apple a utilisé l’Apple Watch pour détecter des maladies cardiaques comme la fibrillation auriculaire, une maladie qui peut être détectée précocement pour améliorer les traitements et sauver des vies.
Apple One, un coach IA pour une santé personnalisée :
En 2025, Apple s’apprête à révolutionner la gestion de la santé personnelle avec le lancement de Apple One, qui intégrera un coach IA. Ce service permettra de suivre les habitudes alimentaires, l’activité physique et le sommeil des utilisateurs, en leur offrant des recommandations personnalisées. L’objectif est de rendre la gestion de la santé plus interactive et accessible, avec une intégration fluide dans l’écosystème Apple, tel que l’Apple Watch et l’iPhone, pour un suivi complet et sécurisé.
Améliorer la santé mentale par la réalité virtuelle de Meta
Meta, anciennement Facebook est l’acteur des Gamam qui est le moins impliqué dans le numérique en santé, mais qui investit depuis plusieurs années investit dans la santé mentale en utilisant la réalité virtuelle pour offrir des thérapies immersives.
Reality Labs et les thérapies par réalité virtuelle pour traiter les troubles mentaux :
Reality Labs, la division de Meta dédiée à la réalité virtuelle, a développé des programmes de thérapie virtuelle pour aider les patients souffrant de troubles comme l’anxiété, le stress post-traumatique ou les phobies. Meta collabore avec des cliniques spécialisées et des psychologues pour évaluer l’efficacité de ces thérapies. Ces solutions offrent une alternative aux méthodes traditionnelles en permettant aux patients de se soigner dans un environnement contrôlé et immersif.
Cartographie des solutions numériques des GAMAM :
Cartographie des solutions numériques des GAMAM – @Health&Tech Intelligence
🥇 Alan lève 173 millions pour accélérer son développement à l’international :
La licorne française Alan, spécialisée dans l’assurance santé, a levé 173 millions d’euros lors d’un tour de table mené par la banque belge Belfius en septembre 2024. Cette levée, qui porte le montant levé par la société à 400 millions d’euros, fait passer la valorisation d’Alan à 4 milliards d’euros. Alan prévoit d’accélérer son expansion internationale et de développer des outils basés sur l’IA, tout en maintenant son objectif de rentabilité d’ici 2026.
🥈 Aqemia lève 66,2 millions d’euros en deux levées de fonds :
Avec ses deux levées de fonds de 36,2 et de 30 millions d’euros au cours de l’année 2024, la techbio parisienne a franchi la barre des 100 millions de dollars levés et débute son expansion mondiale, avec l’ouverture d’un bureau à Londres en janvier 2025. Aqemia utilisera également ces fonds pour poursuivre l’avancement de sa plateforme qui transforme la découverte de médicaments en concevant des médicaments innovants et surs, plus efficacement.
🥉 TRICares lève 46 millions d’euros our le développement de sa valve tricuspide :
TRiCares a annoncé en juillet 2024 avoir levé un financement de 50 millions de dollars (46M€) lors d’un tour de série D, destiné à soutenir le développement de sa valve tricuspide. Ce capital servira à franchir les prochaines étapes cliniques aux États-Unis et en Europe pour son système de remplacement de la valve tricuspide par voie transfémorale (TTVR). Parmi ces étapes figurent la finalisation d’une étude de faisabilité précoce (EFS) aux États-Unis, le lancement d’un essai pivot en Europe, ainsi que l’élargissement de la gamme de tailles de valves pour le système Topaz TTVR et la mise au point d’un système de délivrance de nouvelle génération.
4️⃣ Uromems lève 44 millions d’euros pour son implant contre l’incontinence urinaire sévère :
La start-up grenobloise, Uromems, a levé 44 millions d’euros pour financer les études cliniques de son implant destiné à traiter l’incontinence urinaire sévère. Ce dispositif mécatronique, protégé par 150 brevets, se distingue par un sphincter artificiel permettant un contrôle facilité des fuites urinaires. Cette levée de fonds soutiendra le développement jusqu’aux agréments de la FDA et de l’Union européenne, avec une commercialisation prévue après des essais cliniques en 2025. Le marché cible inclut des millions de patients en Europe et aux États-Unis.
5️⃣ Cintoo obtient 37 millions d’euros de financement pour améliorer sa plateforme SaaS :
Avec ce nouveau financement, Cintoo prévoit d’améliorer sa plateforme SaaS en élargissant son portefeuille d’intégrations et va doubler ses investissements pour fournir des applications de pointe pour les secteurs de la construction et de l’industrie. Il s’agira notamment de s’appuyer sur sa toute nouvelle expérience de métavers industriel et sur ses capacités de marquage automatique des actifs. Ces efforts favoriseront sa croissance internationale aux États-Unis et en Europe.
Cintoo est spécialisée dans la transformation de données de scan laser 3D volumineuses en maillages 3D haute résolution 10 à 20 fois plus petits sans sacrifier la précision. Sa plateforme SaaS permet aux organisations utilisant des scanners terrestres, mobiles ou des drones de gérer, partager et collaborer efficacement sur leurs données de Reality Capture.
6️⃣ Créée par Owkin en 2024, la start-up Bioptimus lève 32,4 millions d’euros :
Créer des grands modèles de langages (LLM) afin d’accélérer la découverte de médicaments : telle est l’ambition de Bioptimus, la start-up créée par les dirigeants d’Owkin, qui va s’appuyer sur l’expertise de cette dernière en termes de recherche de nouvelles thérapies par l’intelligence artificielle (IA) pour développer des modèles d’IA prédictive. La start-up qui est logée au même siège social qu’Owkin, dans le 9e arrondissement de Paris, a levé 32,4 millions d’euros pour développer le premier modèle d’IA générative spécialisé pour la biologie.
7️⃣ Resilience lève 23,1 millions d’euros pour devenir le leader européen de la prise en charge à distance des patients atteints de maladies chroniques :
Après un financement d’amorçage de 5 millions d’euros puis une série A de 40 millions d’euros, Resilience, société pionnière de la télésurveillance médicale en oncologie, a levé 23,1 millions d’euros (25M$) en 2024. Cette injection financière vise à soutenir son expansion à l’international et sa diversification dans d’autres domaines médicaux, notamment les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, après avoir obtenu un remboursement pour sa solution par la sécurité sociale en 2023. La société vise à devenir le leader européen de la prise en charge à distance des patients atteints de maladies chroniques.
8️⃣ May Health lève 23 millions d’euros pour son traitement innovant contre l’infertilité liée au SOPK :
Dans un tour de table mené par Bpifrance et Trill Impact Ventures, May Health a levé 23 millions d’euros en série B. Ce financement soutiendra l’étude pivot “rebalance”, visant à évaluer le traitement de rééquilibrage ovarien de la société pour les femmes souffrant d’infertilité due au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
9️⃣ Nabla lève 22 millions d’euros pour accélérer le déploiement de Nabla Copilot aux USA :
Dans un tour de table mené par Cathay Innovation et Zebox Ventures, le spécialiste français de la génération automatique des comptes-rendus médicaux, Nabla, a levé 24 millions de dollars (environ 21,95 millions d’euros) en série B en janvier 2024. Après une levée de fonds à hauteur de 17 millions d’euros en 2021 pour diffuser son application dédiée à la santé de la femme et personnalisée grâce à l’IA, cette nouvelle levée de fonds lui permet d’atteindre une valorisation de 180 millions de dollars. La start-up parisienne a utilisé les fonds récoltés pour continuer de faire évoluer son logiciel Nabla Copilot et d’accélérer son déploiement aux États-Unis, ainsi que dans d’autres pays “où l’IA peut aider à relever les défis auxquels les systèmes de santé sont confrontés”.
Cartographie des 10 plus grosses levées de fonds de 2024 :
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Un plan de 54 milliards d’euros, 400 projets accompagnés et des avancées dans la bioproduction placent la France au 2ᵉ rang européen en biomédicaments. Un point sur la mise en œuvre et les premières réalisations de la feuille de route de l’AIS.
L’année 2024 a été marquée par des annonces réglementaires dans le secteur de la santé : entrée en vigueur de l’AI Act européen, déploiement de HOP’EN 2 en France. Voici un tour d’horizon de quelques-unes d’entre elles.
Le secteur des technologies médicales a connu en 2024 une forte reprise des opérations de fusion-acquisition, avec 38 transactions réalisées, en hausse de 72 % par rapport à 2023. Johnson & Johnson a mené cette dynamique avec l’acquisition de Shockwave Medical pour 13,1 milliards de dollars, renforçant sa position dans le secteur cardiovasculaire.
Face à un déficit prévisionnel de 11,4 milliards d’euros pour 2024, la CNAM, la DGS et la FHF publient des rapports appelant à des réformes profondes. Prévention, responsabilité populationnelle et innovation numérique figurent parmi les solutions avancées pour moderniser le système de santé.
La Haute Autorité de Santé (HAS) publie en décembre 2024 un bilan national sur la qualité des soins dans les établissements français, basé sur 21 indicateurs et près de 70 % des décisions de certification rendues. Si la satisfaction des patients progresse, des disparités régionales et sectorielles persistent, notamment en psychiatrie et sur la prévention des infections.
En 2024, le paysage institutionnel de la santé en France a été remanié, marqué par plusieurs changements et nominations ministérielles. De Catherine Vautrin à Yannick Neuder, en passant par des directions majeures comme la CNAM, la CNSA ou encore le Snitem. Point récapitulatif de certaines nominations durant cette année.
De nouvelles règles encadrent désormais la certification des professionnels de santé, la téléconsultation ou encore la prise en charge des dispositifs numériques. Bilan de quelques décrets, arrêtés et textes parus au JO en 2024.