5 types d’IA utilisés pour aider les personnes en situation de handicap
L’intelligence artificielle (IA) transforme de nombreux domaines, et celui de l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap ne fait pas exception. En France, plusieurs solutions basées sur l’IA sont déjà utilisées pour améliorer l’autonomie des individus. Qu’il s’agisse de vision par ordinateur, de traitement du langage naturel (NLP), de reconnaissance vocale ou encore d’interfaces cerveau-machine, l’IA permet d’ouvrir de nouvelles perspectives dans l’inclusion sociale et professionnelle. Avec cette étude, Health & Tech Intelligence explore les technologies actuellement accessibles en France, en les classant selon le type d’IA qui les sous-tend.
5 types d’IA sont utilisés pour aider les personnes en situation de handicap : le deep learning, le machine learning, le traitement de langage naturel, la reconnaissance vocale et la vision par ordinateur. La majorité des solutions utilisées en France combinent plusieurs types d’IA pour offrir des fonctionnalités avancées et adaptées aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap. C’est le cas, par exemple, de Seeing AI combine deep learning, NLP et la vision par ordinateur. Les deux types d’IA les plus utilisées sont le NLP, qui est intégré dans 11 des 23 solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap, et le machine learning, intégré aussi dans 11 solutions. Le deep learning est intégré dans 10 solutions, la vision par ordinateur dans 9 et la reconnaissance vocale dans 4.
Le deep learning créé un “oeil numérique” au service des déficiences visuelles
Les avancées en deep learning appliquées à la vision par ordinateur ont permis de rendre accessibles de nombreux services pour les personnes atteintes de déficiences visuelles. Seeing AI, développé par Microsoft, est une application disponible en France qui analyse l’environnement en temps réel et fournit une description vocale des objets, textes et visages détectés. Sur un principe similaire, Envision AI et Lookout de Google exploitent l’IA pour lire des documents et identifier des éléments du quotidien, facilitant ainsi la vie des non-voyants.
OrCam MyEye, une solution matérielle portable, utilise également des réseaux neuronaux pour identifier les objets et lire des textes en temps réel. Ce dispositif compact et embarqué est une avancée majeure, notamment pour les déplacements en autonomie. Une alternative française, Sonar Vision, propose une IA embarquée capable de guider les malvoyants en analysant leur environnement et en signalant les obstacles à l’aide de retours sonores.
Enfin, Lysa, une technologie de navigation intelligente, va encore plus loin en combinant vision par ordinateur et machine learning. Son objectif est d’apporter une assistance en temps réel pour la mobilité en ville, en identifiant les trottoirs, les passages piétons et les obstacles en hauteur, un défi auquel de nombreux outils existants ne peuvent pas répondre avec précision.
Le NLP et la reconnaissance vocale utilisée pour augmenter l’accessibilité sonore
Les technologies de traitement du langage naturel (NLP) et de reconnaissance vocale sont devenues un pilier essentiel pour améliorer l’accessibilité des personnes sourdes et malentendantes. Ava, une application largement adoptée en France, permet la transcription en temps réel des conversations, facilitant la communication dans des contextes variés, du cadre professionnel aux interactions du quotidien.
Dans le domaine des appels téléphoniques, RogerVoice se distingue par son IA capable de retranscrire instantanément les échanges, permettant ainsi aux personnes sourdes d’accéder aux services téléphoniques de manière autonome. Live Transcribe de Google et Otter.ai complètent cet écosystème en proposant des outils de retranscription avancés, adaptés aux conférences et aux réunions professionnelles.
Le deep learning aussi utilisées pour les personnes qui ont du mal à communiquer :
Ces outils sont également bénéfiques pour les personnes souffrant de troubles moteurs affectant la parole. Voiceitt, un programme d’IA utilisant des modèles de deep learning, apprend à reconnaître la voix de personnes ayant des troubles de l’élocution, traduisant ensuite leurs propos en texte clair ou en synthèse vocale. De son côté, Dragon NaturallySpeaking (Nuance) exploite des modèles de machine learning pour convertir la voix en texte, offrant ainsi un accès simplifié aux ordinateurs et autres appareils numériques.
Une innovation récente développée par Apple, Live Speech, intègre un modèle avancé de deep learning et de synthèse vocale. Il permet aux personnes atteintes de maladies neurodégénératives de sauvegarder leur voix et de continuer à s’exprimer via une interface qui imite leur timbre vocal. Cette avancée est particulièrement prometteuse pour les personnes risquant de perdre leur capacité d’expression.
Mieux se déplacer grâce au machine learning et aux interfaces cerveau-machine
Les interfaces cerveau-machine (BCI) représentent l’un des développements les plus ambitieux de l’IA appliquée au handicap moteur. En France, le projet BCI WIMAGINE, mené par Clinatec, permet aux personnes tétraplégiques de contrôler des exosquelettes ou des dispositifs informatiques par la pensée. Ce système repose sur l’apprentissage automatique pour interpréter les signaux cérébraux et les convertir en commandes exploitables par un ordinateur ou une prothèse.
Dans le domaine de la rééducation motrice, des solutions comme ReWalk et Ekso Bionics s’appuient sur des algorithmes de machine learning pour adapter leurs mouvements aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Izar, développé par Mindmaze, utilise une combinaison de neurosciences computationnelles et d’apprentissage profond pour offrir une rééducation immersive basée sur la réalité virtuelle.
Interagir avec un écran ou un ordinateur sans utiliser les mains :
Pour ceux qui ne peuvent pas utiliser des interfaces classiques, HeadMouse Nano (Origin Instruments) permettent de contrôler un ordinateur avec les mouvements de la tête, tandis que Tobii Dynavox Eye Gaze (Tobii) repose sur la reconnaissance du regard pour permettre aux personnes atteintes de paralysie sévère d’interagir avec un écran sans utiliser leurs mains.
Accompagner le handicap invisible avec le machine learning et le deep learning
Les troubles cognitifs, comme l’autisme, la dyslexie ou la maladie d’Alzheimer, nécessitent des approches adaptées pour améliorer l’autonomie des personnes concernées. Cognifit, une plateforme de stimulation cognitive basée sur le machine learning, analyse les performances cérébrales et propose des exercices personnalisés pour renforcer la mémoire et l’attention.
MindMaze, déjà mentionné pour la rééducation motrice, est également utilisé pour le suivi des patients atteints de troubles neurologiques. En combinant deep learning et neurosciences computationnelles, cette technologie s’adapte aux spécificités de chaque individu, offrant ainsi une prise en charge plus efficace.
Les enfants autistes bénéficient également de solutions comme Leka, un robot interactif qui apprend à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque utilisateur grâce à l’intelligence artificielle. Son objectif est d’améliorer les interactions sociales et d’aider au développement des capacités cognitives. Enfin, les assistants intelligents comme Elliq utilisent des modèles de traitement du langage naturel et de machine learning pour interagir avec les personnes âgées ou atteintes de troubles cognitifs, leur rappelant de prendre leurs médicaments, stimulant leur mémoire et les aidant à lutter contre l’isolement social.
Cartographie des solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap utilisées en France :
Cette cartographie classe les solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap utilisées en France en fonction de leur type d’IA.












