Analyse

  • États-Unis : un rappel de sécurité réduit de 39 % les décisions cliniques dangereuses des IA

    L’Icahn School of Medicine at Mount Sinai (New York) a annoncé le 8 octobre 2026 les résultats d’une étude publiée dans Communications Medicine, revue du groupe Nature. Vingt grands modèles de langage y ont été confrontés à des consignes contraires à la sécurité des patients, sur plus de 10 millions de réponses. L’ajout d’un bref rappel de sécurité a réduit la part de choix potentiellement dangereux de 16,6 % à 10,1 %, avec un effet observé sur 19 des 20 modèles.

    Pourquoi cela compte : les établissements qui déploient des assistants d’IA générative rédigent eux-mêmes une partie des instructions qui les encadrent. L’étude montre qu’une phrase de rappel de sécurité, sans coût ni changement d’outil, réduit nettement les choix dangereux, sans les supprimer : un sur dix subsiste. Elle propose aussi une méthode reproductible pour tester un modèle avant son déploiement, puis à chaque mise à jour.

    Vingt modèles, plus de 10 millions de réponses

    Les chercheurs ont évalué 20 modèles sur 501 variantes de 50 scénarios cliniques, complétées par 100 cas adaptés de comptes rendus de sortie d’hospitalisation anonymisés. Trois rappels de sécurité courts ont été testés. Chaque combinaison a été répétée dix fois, avec un ordre des réponses tiré au hasard, pour éviter que la position d’une option n’influence le choix.

    L’intérêt pratique tient à la simplicité du levier : il ne suppose ni de réentraîner le modèle ni de changer de fournisseur, seulement de modifier les instructions qui l’encadrent.

    Urgence, charge de travail, hiérarchie : des modèles sensibles au cadrage

    Les scénarios reproduisent des situations familières des services de soins. Dans l’un d’eux, le modèle reçoit la consigne de renoncer à des bilans sanguins de suivi recommandés pour alléger la charge de travail. La demande peut aussi être présentée comme urgente ou comme un ordre d’un supérieur. Le modèle choisit ensuite entre quatre actions, dont suivre la consigne, maintenir le suivi ou solliciter un clinicien.

    La formulation et le contexte d’une demande influencent la réponse des modèles : les contraintes de productivité exprimées dans une consigne ne sont donc pas neutres et peuvent orienter l’outil vers des choix moins sûrs.

    Évaluer la réaction aux consignes risquées à chaque mise à jour

    Pour Girish N. Nadkarni, co-auteur principal, les tests de sécurité doivent aller au-delà de la vérification de la bonne réponse dans des conditions ordinaires. Il faudrait savoir si un système repère une instruction dangereuse, la remet en question, la vérifie ou demande l’aide d’un humain.

    Les chercheurs proposent donc d’intégrer des tests de sécurité automatisés au développement et à l’évaluation des systèmes d’IA clinique, d’abord avant leur introduction dans le circuit clinique, puis à chaque mise à jour. Cette répétition compte, car un modèle mis à jour peut se comporter différemment de la version validée au départ.

    Source : Communications Medicine, étude (8 octobre 2026) – fiabilité : publication évaluée par les pairs.

  • Union européenne : deux valves mitrales, premiers dispositifs médicaux évalués en commun

    Le 6 octobre 2026, la Commission européenne a retenu deux dispositifs médicaux, des systèmes de remplacement de la valve mitrale, en vue d’une évaluation clinique commune au titre du règlement européen sur l’évaluation des technologies de santé.

    Le système transcathéter SAPIEN M3 d’Edwards Lifesciences sera évalué par l’Institut national néerlandais des soins (ZIN), avec l’Agence norvégienne des produits médicaux (DMP) comme co-évaluateur. Le système transseptal Highlife, de la société Highlife SAS, sera évalué par la Haute Autorité de santé (HAS), avec l’agence polonaise d’évaluation et de tarification (AOTMiT). La décision suit la recommandation du groupe de coordination des États membres du 22 juin.

    Les deux dispositifs s’adressent à des patients atteints d’insuffisance mitrale qui ne peuvent pas être opérés ni recevoir certains autres traitements, selon LexisNexis.

    Pourquoi cela compte : pour les dispositifs à haut risque, l’évaluation clinique se décide désormais en partie à l’échelle européenne, avec un rapport commun dont les autorités françaises devront tenir compte. Avec Highlife, la HAS conduit l’une des deux premières évaluations et contribue à fixer la méthode.

    Ce que produit une évaluation commune

    L’évaluation compare le bénéfice clinique du dispositif à celui des technologies existantes, en consultant patients et experts cliniques. Elle aboutit à un rapport et à une synthèse que chaque État membre utilise dans ses procédures nationales. La décision de prix et de remboursement reste nationale.

    Côté médicaments, 15 évaluations communes sont en cours et 4 rapports ont été publiés. La Commission prévoit de sélectionner de nouveaux dispositifs chaque trimestre, selon les règles du règlement d’exécution (UE) 2025/2086.

    La HAS en première ligne

    La HAS avait été pour la première fois co-évaluateur d’un rapport commun publié le 7 septembre 2026, sur un médicament de thérapie innovante contre l’amyotrophie spinale. Elle conduit désormais l’une des deux premières évaluations de dispositifs. Le collège de la HAS a par ailleurs rendu le 10 septembre 2026 un avis sur la prise en charge dérogatoire de la valve SAPIEN M3, au titre de l’article L. 165-1-1 du code de la sécurité sociale (forfait innovation).

    Source : Commission européenne, DG Santé, Communiqué (6 octobre 2026) – fiabilité : officielle ; HAS, Règlement HTAR (7 septembre 2026) – fiabilité : officielle.

  • Finlande : Findata a rendu 239 décisions d’accès aux données de santé en 2026, dont 86 % favorables

    Au 12 octobre 2026, Findata, l’autorité finlandaise chargée d’autoriser l’usage secondaire des données sociales et de santé, avait rendu 239 décisions depuis le début de l’année, dont 86 % favorables. Sur la même période, elle a reçu 101 demandes d’autorisation, 141 demandes d’avenants et 14 demandes de données statistiques. Sa page « Issued permits », mise à jour le 1er octobre 2026, liste nominativement chaque titulaire et chaque projet autorisé depuis 2020.

    Ce qui change là-bas

    Findata instruit les demandes, délivre les autorisations et suit les projets jusqu’à leur terme. Les avenants dépassent les nouvelles demandes : 141 contre 101 en 2026, 212 contre 134 en 2025. Un avenant prolonge une autorisation, ajoute des variables ou change de sous-traitant. FinnGen, porté par l’université d’Helsinki, figure ainsi plusieurs fois dans la liste des avenants 2026.

    Les titulaires ne sont pas seulement des universités et des hôpitaux. La liste 2026 comprend des sociétés privées comme MedEngine, Medaffcon, NHG Finland ou Oriola. Chaque décision est publiée avec le nom du titulaire et l’intitulé du projet. Le projet de loi HE 218/2026, déposé le 1er octobre 2026, fait de Findata l’organisme national et coordinateur prévu par le règlement européen, aux côtés de cinq organismes régionaux, pour une entrée en vigueur visée au 1er janvier 2027.

    Ce qui existe déjà ici

    En France, la Plateforme des données de santé (PDS, ex-Health Data Hub) est le guichet unique des demandes. Le comité éthique et scientifique pour les recherches, les études et les évaluations dans le domaine de la santé (CESREES) rend un avis, puis la CNIL autorise le traitement. Chaque projet est inscrit au répertoire public des projets (article L. 1461-3 du code de la santé publique). Le cadre national de mise en œuvre du ministère (version du 5 octobre 2026) prévoit la PDS en guichet unique, la CNIL pour la protection des données et le ministère comme coordonnateur, mais aucun organisme n’est encore désigné. La Carte HTI des organismes d’accès aux données de santé fait le point sur dix pays européens : aucun n’a encore désigné le sien.

    Transposabilité France / Europe

    Le modèle finlandais est déjà en cours de transposition : chaque État doit notifier ses organismes d’accès à la Commission avant le 26 mars 2027, et la France a fixé son schéma sans l’inscrire dans la loi. La désignation attend le prochain projet de loi d’adaptation au droit de l’Union européenne (DDADUE), après la concertation ouverte jusqu’au 19 novembre 2026. L’expérience de Findata montre que l’organisme retenu devra être dimensionné pour suivre les projets dans la durée, et pas seulement pour instruire les demandes initiales.

    Pourquoi cela compte : le futur organisme d’accès français ne se jugera pas seulement aux délais d’autorisation. La gestion des avenants et la publication nominative des titulaires, entreprises comprises, pèseront autant sur sa charge de travail que sur la confiance du public.

    Source : Findata, page « Issued permits » (mise à jour le 1er octobre 2026 ; statistiques au 12 octobre 2026) · fiabilité : officielle ; Eduskunta, projet de loi HE 218/2026, art. 7 (1er octobre 2026) · fiabilité : officielle ; ministère de la Santé, Cadre de mise en œuvre du règlement EEDS en France (5 octobre 2026) · fiabilité : officielle ; Plateforme des données de santé, répertoire public des projets · fiabilité : officielle.

    Transposabilité France / Europe : T4 · déjà en cours (conditions : (1) inscription de la désignation dans le projet de loi DDADUE ; (2) confirmation du schéma PDS, CNIL et ministère après la concertation close le 19 novembre 2026 ; (3) moyens d’instruction prévus pour les avenants, non chiffrés à ce jour).

  • DistressBench : Scale AI évalue l’aide apportée par les IA aux personnes en crise suicidaire

    Le 9 octobre 2026, Scale AI a publié DistressBench, un banc d’essai qui évalue la manière dont les modèles d’IA soutiennent un utilisateur exprimant des pensées suicidaires ou d’automutilation. Il repose sur 718 conversations en anglais rédigées par des cliniciens ou des conseillers de crise, notées sur 6 901 critères pondérés répartis en sept dimensions. Nouveauté : la moitié du corpus, soit 359 conversations, est publique, et l’évaluation ne se limite plus à vérifier si le modèle refuse de répondre.

    Ce que mesure le banc d’essai

    Selon ses auteurs, la plupart des évaluations de sécurité existantes notent ces conversations sur un seul point : le modèle a-t-il refusé de répondre ? Or un refus ne dit pas si la personne a été aidée. Un agent qui esquive systématiquement le sujet peut donc obtenir un bon score tout en laissant l’utilisateur seul. DistressBench associe au contraire à chaque conversation une grille de critères rédigée par des cliniciens. Cette grille couvre sept dimensions du soutien en situation de crise, dont la désescalade et l’orientation vers une aide humaine. Le corpus couvre 23 sous-catégories de suicide et d’automutilation. Il comprend 299 conversations à un seul échange et 419 à plusieurs échanges, ce qui se rapproche davantage d’un usage réel, où la détresse s’exprime souvent progressivement.

    Classement des modèles d’IA selon leur score DistressBench
    Classement des modèles d’IA évalués par DistressBench. Source : Scale AI (Scale Labs).

    Ce que montrent les résultats

    Sur 25 modèles de pointe, le meilleur remplit 88,4 % des critères pondérés et le modèle médian 71,4 %, contre 98,7 % pour les réponses de référence des cliniciens. Les modèles évitent bien les contenus nocifs (94,5 % en médiane), mais le modèle médian n’atteint que 46,0 % en désescalade. Surtout, dans 35,3 % des conversations où un modèle a pleinement reconnu la crise, il n’a pas orienté l’utilisateur vers une aide humaine. Enfin, le modèle médian ne satisfait tous les critères que dans environ 2 % des conversations : un agent déployé sans test présenterait donc, très probablement, au moins une lacune.

    Ces chiffres montrent que la question pertinente n’est plus « l’outil refuse-t-il les sujets sensibles ? », mais « que fait-il après avoir compris la situation ? ». Le corpus public permet de poser cette question de façon reproductible, avant la mise en service, et de comparer plusieurs fournisseurs sur la même base.

    Source : Scale AI (Scale Labs), DistressBench (9 octobre 2026) – fiabilité : déclarative.

  • États-Unis : le HHS attribue 1,5 M$ à deux projets d’IA agentique et de codage biologique

    Le 6 octobre 2026, le ministère américain de la Santé (HHS) a annoncé, par l’intermédiaire de son Office of the National Coordinator for Health Information Technology (ONC), deux subventions LEAP in Health IT d’un montant total de 1,5 M$, attribuées au MedStar Health Research Institute et au Regenstrief Institute.

    L’appel, ouvert le 16 juin et clos le 16 juillet, portait sur trois thèmes. L’ONC n’a reçu de candidatures que pour deux d’entre eux ; le troisième, la surveillance des interfaces de programmation (API) des dossiers patients, est resté sans candidat.

    IA agentique : un intergiciel open source chez MedStar

    Le MedStar Health Research Institute développe Sovereign Execution Bridge, un intergiciel open source qui orchestre des suivis cliniques complexes confiés à des agents d’IA. Les données restent dans des espaces contrôlés par le patient, fondés sur le protocole Solid. Chaque décision de routage de l’IA est consignée par des certificats cryptographiques qui rendent toute altération détectable.

    Biologie : Regenstrief outille les petits laboratoires

    Le Regenstrief Institute, qui développe et maintient la terminologie LOINC de codage des examens, accompagnera au moins trois petits laboratoires indépendants. La démarche suit cinq étapes : évaluation de la maturité, contrôle de la qualité des codes, correction ciblée, validation, puis pérennisation. Selon Steven Posnack, directeur adjoint principal de l’ONC, les données de laboratoire comptent parmi les plus échangées et les plus lourdes de conséquences cliniques.

    En France, le même standard

    En France, l’Agence du numérique en santé (ANS) requiert le codage LOINC pour produire les comptes rendus de biologie structurés du cadre d’interopérabilité (CI-SIS). Le Ségur du numérique a financé le transcodage des catalogues d’examens des laboratoires vers LOINC, préalable à l’envoi automatisé des résultats dans le dossier médical partagé et par messagerie sécurisée.

    La méthode de Regenstrief, centrée sur la qualité du codage dans les petites structures, intéresse directement les laboratoires et éditeurs français engagés dans le même chantier.

    Source : Office of the National Coordinator for Health Information Technology, communiqué LEAP in Health IT 2026 (6 octobre 2026, mis à jour le 7 octobre) – fiabilité : officielle ; ANS, Terminologie LOINC – fiabilité : officielle.

  • PLFSS 2027 : agrément Assurance maladie des logiciels de facturation, jusqu’à 1 M€ de pénalité

    Pourquoi cela compte : selon l’exposé des motifs, aucune obligation ne pèse aujourd’hui sur les éditeurs pour intégrer les évolutions de SESAM-Vitale. L’article 32 donnerait à l’Assurance maladie un agrément et un pouvoir de sanction sur ces éditeurs, et ferait de l’alimentation du DMP une condition d’accès au marché de la facturation.

    Un agrément pour les logiciels de facturation

    L’article crée un article L. 161-35-2 du code de la sécurité sociale. Les logiciels qui facturent des actes et prestations à l’Assurance maladie devraient être agréés par le directeur général de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), sur la base d’un cahier des charges qu’il établit. Les éditeurs seraient tenus de mettre à jour, dans les délais impartis, les logiciels déjà déployés.

    Pour les logiciels qui produisent aussi des documents de santé, l’agrément serait subordonné à une fonction permettant au professionnel d’alimenter par défaut le dossier médical partagé (DMP).

    En cas de retard de mise à jour ou de non-respect de l’agrément, l’Uncam pourrait, après mise en demeure, infliger une pénalité ou retirer l’agrément. Le texte plafonne la pénalité à 1 % du chiffre d’affaires réalisé en France, dans la limite d’un million d’euros, et mentionne aussi des plafonds de 1 000 euros pour une personne physique et de 10 000 euros pour une personne morale.

    Ce qui change pour les professionnels

    La télétransmission obligatoire serait étendue explicitement aux transporteurs sanitaires, prestataires et distributeurs de matériels, sociétés de téléconsultation, centres de santé, taxis conventionnés et psychologues de Mon soutien psy. En tiers payant, une transmission hors délais ou non conforme permettrait à la caisse de réclamer tout ou partie des sommes versées et ferait perdre la garantie de paiement.

    Le délai pour réclamer un paiement en tiers payant passerait à un an. Il est aujourd’hui de deux ans selon la jurisprudence de la Cour de cassation, rappelle Caducée.net. L’exposé des motifs annonce l’obligation de facturer avec la dernière version de SESAM-Vitale, de transmettre les pièces justificatives par voie dématérialisée et de vérifier en ligne les droits des assurés, aujourd’hui facultatifs.

    Calendrier

    Restitutions, élargissement de la télétransmission et garantie de paiement entreraient en vigueur à une date fixée par décret, entre le 1er janvier 2028 et le 1er janvier 2029. Le texte ne prévoit pas de date différée pour l’agrément des logiciels ni pour la prescription d’un an ; l’agrément suppose toutefois un arrêté et un cahier des charges. L’exposé des motifs ne chiffre ni les rejets de factures, ni les restitutions attendues, ni le coût de mise en conformité.

    Le texte est examiné en commission des affaires sociales et peut encore être amendé. HTI a présenté les grandes lignes du PLFSS le 1er octobre.

    Source : Assemblée nationale, projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, n° 3211, article 32 (1er octobre 2026) · fiabilité : officielle ; Caducée.net (5 octobre 2026) · fiabilité : presse.

  • WhiteLab Genomics : 26 M$ en série B pour ses vecteurs de thérapie génique conçus par IA

    Le verrou visé : acheminer la thérapie

    Les médicaments génomiques introduisent des instructions génétiques dans les cellules. La difficulté principale reste de les acheminer vers les bonnes cellules. La plateforme d’IA de WhiteLab, ALFRED, conçoit des vecteurs : des virus adéno-associés (AAV), couramment utilisés pour transporter ces thérapies, et désormais des nanoparticules lipidiques. Elle conçoit aussi des promoteurs synthétiques, qui contrôlent où et quand le gène thérapeutique s’exprime.

    Selon la société, des AAV conçus par IA avec l’Institut du cerveau ont franchi la barrière hémato-encéphalique in vivo, avec un fort ratio de ciblage cerveau/foie et aucun signal détectable dans le foie. Ces données sont communiquées par l’entreprise ; de nouveaux résultats seront présentés au congrès de la Société européenne de thérapie génique et cellulaire (ESGCT).

    De la plateforme aux actifs

    Les fonds financent la validation in vivo et l’expansion commerciale : renforcement de Boston, implantation sur la côte ouest des États-Unis, prospection au Japon et en Corée du Sud. WhiteLab veut constituer un portefeuille de « bio-actifs » validés expérimentalement, développés seule ou avec des laboratoires. Elle travaille notamment avec Sanofi, Cytiva (groupe Danaher), l’Institut du cerveau et l’Institut de la vision, et figure parmi les lauréats French Tech 2030. HTI avait présenté sa démarche d’automatisation de la R&D en octobre 2025.

    Pour les laboratoires partenaires, WhiteLab se positionne moins comme prestataire de conception que comme détenteur d’actifs à co-développer.

    Source : WhiteLab Genomics, communiqué de presse (6 octobre 2026) – fiabilité : déclarative ; Les Echos (6 octobre 2026) – fiabilité : presse.

     

  • Royaume-Uni : la MHRA ouvre la phase 3 de l’AI Airlock, centrée sur la surveillance des IA médicales

    Le 6 octobre 2026, l’Agence britannique de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) a lancé la phase 3 de l’AI Airlock, son bac à sable réglementaire pour les dispositifs médicaux intégrant de l’IA, et ouvert l’appel à candidatures. Selon la MHRA, cette phase porte sur la surveillance après commercialisation et sur le suivi de ces dispositifs tout au long de leur cycle de vie. Elle repose sur un financement pluriannuel du ministère britannique de la Santé (DHSC) et s’ouvre à des candidats plus variés.

    Pourquoi cela compte : le régulateur britannique veut définir comment surveiller une IA médicale une fois en service. Pour les fabricants qui visent le Royaume-Uni, c’est l’occasion de contribuer à ces futures exigences, mais le calendrier de candidature est court. En Europe, chaque État membre doit disposer d’un bac à sable de l’IA depuis août 2026.

    Un appel ouvert à de nouveaux profils, sur un calendrier serré

    Un bac à sable réglementaire permet de tester un produit avec le régulateur, pour éclaircir des questions que les règles actuelles ne tranchent pas. Selon la MHRA, la phase 3 s’adresse aux fabricants de dispositifs médicaux, mais aussi aux chercheurs et aux développeurs de solutions connexes. Un webinaire de présentation est prévu le 22 octobre 2026, et la première vague d’innovateurs serait sélectionnée en novembre 2026. La date limite de dépôt reste à confirmer (entre fin octobre et novembre 2026).

    Le suivi après commercialisation au cœur du dispositif

    Une IA médicale peut évoluer après sa mise sur le marché. Ses performances peuvent aussi varier selon les données et les établissements où elle est utilisée. Une autorisation délivrée une fois pour toutes ne garantit donc pas sa fiabilité dans le temps. La phase 3 prolonge la phase 2, dont l’un des trois défis portait déjà sur ce sujet. La MHRA s’est engagée à publier d’ici décembre 2026 un projet de lignes directrices sur la gestion des modifications des dispositifs d’IA évolutifs.

    Du bac à sable à la règle

    L’AI Airlock sert aussi à préparer les règles. Selon la MHRA, les enseignements des deux premières phases ont nourri les travaux de la Commission nationale sur la régulation de l’IA en santé. Ces deux phases ont réuni 11 innovateurs autour de 7 défis réglementaires. Le jour du lancement de la phase 3, le gouvernement a annoncé accepter les 44 recommandations de cette Commission. La phase 3 devient un terrain d’essai pour leur mise en œuvre. Selon la MHRA, les rapports du programme ne constituent toutefois pas des lignes directrices officielles.

    Un financement pluriannuel qui change l’échelle des tests

    Le financement pluriannuel du DHSC permettra des tests plus ambitieux et de plus long terme. Son montant n’est pas précisé sur la page du programme. Un communiqué d’avril 2026 évoque 1,2 million de livres par an de 2026 à 2029.

    À surveiller

    • 22 octobre 2026 : webinaire de présentation aux candidats et confirmation de la date limite de dépôt.
    • Novembre 2026 : sélection de la première vague d’innovateurs, publiée sur la page du programme.
    • Décembre 2026 : projet de lignes directrices de la MHRA sur les dispositifs d’IA évolutifs.

    Source : MHRA, page AI Airlock mise à jour le 6 octobre 2026 – fiabilité : officielle

  • États-Unis : AKASA lance un codage des séjours hospitaliers par IA, sans intervention humaine

    L’outil attribue les codes d’un séjour sans intervention humaine, en moins de 90 secondes après la sortie du patient, là où un codeur met 30 à 60 minutes. Les systèmes de santé clients d’AKASA représentent environ 10 % des sorties d’hospitalisation aux États-Unis et plus de 180 milliards de dollars de recettes nettes.

    Pourquoi cela compte : le codage conditionne la facturation des séjours, par DRG aux États-Unis et par GHM en France. Passer de l’aide au codage à un codage sans relecture déplace la responsabilité de l’exactitude du codeur vers l’algorithme, au moment où les assureurs américains chiffrent le surcodage lié à l’IA.

    Des évaluations en aveugle, non publiées

    Selon le communiqué, des évaluations tierces en aveugle ont porté sur des séjours représentant 65 à 85 % du volume hospitalier de systèmes de santé clients. L’IA aurait égalé ou dépassé les codeurs humains sur quatre mesures :

    • l’attribution du MS-DRG (groupe de séjours utilisé par Medicare pour la tarification) ;
    • le diagnostic principal ;
    • la qualité clinique documentée ;
    • et le marqueur « présent à l’admission ».

    Le volume de séjours traités par AKASA aurait été multiplié par près de six en un an. L’éditeur annonce une extension aux séjours ambulatoires, sans date.

    La Cleveland Clinic, déjà cliente pour la revue des dossiers avant facturation, « explore » les solutions autonomes « dans une approche conformité d’abord », selon son directeur du numérique Rohit Chandra. Jeff Francis, directeur financier de Nebraska Methodist Health System, cite les refus de prise en charge et les délais d’encaissement parmi ses indicateurs de suivi.

    Un marché sous surveillance des payeurs et du GAO

    Selon TechTarget (5 octobre 2026), la Blue Cross Blue Shield Association attribue aux outils d’IA de codage et de facturation près d’un milliard de dollars de coûts supplémentaires sur deux ans. HTI avait détaillé cette estimation de 942 millions de dollars le 28 septembre. Le Government Accountability Office (GAO), organe d’audit du Congrès, a relevé en juillet 2026 que l’exactitude vérifiable restait le point central de l’adoption de l’IA pour les notes et le codage médical. AKASA cite de son côté une étude de 2025 dans npj Health Systems évaluant jusqu’à 20 % le taux d’erreurs du codage actuel.

    L’annonce intervient alors qu’Epic et Oracle intègrent l’IA au cœur du dossier patient informatisé des hôpitaux américains. Le codage autonome met un éditeur spécialisé en concurrence directe avec les fonctions natives des DPI et avec les sociétés de gestion du cycle de revenus.
    Les résultats revendiqués par AKASA restent déclaratifs tant que les évaluations ne sont pas publiées.

    Source : AKASA, communiqué de lancement (02/10/2026) · fiabilité : déclarative ; TechTarget RevCycle Management (05/10/2026) · presse

  • IA conversationnelle en soins primaires : Google publie une étude de faisabilité dans The Lancet

    Des chercheurs de Google et du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC, Boston) ont publié le 8 octobre 2026 dans The Lancet une étude de faisabilité prospective sur AMIE, un agent conversationnel de recherche à visée diagnostique. D’avril à novembre 2025, 114 patients ont été inclus ; 98 ont échangé avec AMIE dans les cinq jours précédant une consultation de soins primaires non programmée, puis vu leur médecin. Nouveauté : l’outil a été évalué en conditions réelles de soins.

    Pourquoi cela compte : l’étude décrit un cadre pour tester un agent conversationnel face à des patients, avec supervision médicale en direct et critères d’arrêt fixés à l’avance.

    Une supervision médicale en direct, sans arrêt de sécurité, testée sur 98 patients

    Selon les auteurs, des médecins superviseurs ont suivi toutes les conversations et étaient formés à intervenir selon des critères de sécurité définis à l’avance. Aucun arrêt n’a été nécessaire. Les superviseurs ont toutefois relevé une hallucination, une information inventée par le système, et ajouté des informations cliniques dans cinq échanges.

    Une synthèse jugée utile dans 33 cas sur 44

    AMIE ne remplace pas la consultation : la transcription et la synthèse de l’échange sont transmises au médecin avant la visite. Les médecins ont répondu au questionnaire dans 60 cas sur 98, dont 44 où ils avaient lu la transcription au préalable. Dans ces 44 cas, ils ont jugé l’outil utile pour préparer la visite 33 fois et estimé qu’il avait pu modifier leur pratique 25 fois. Les 75 % mis en avant par Google portent donc sur 44 cas, soit moins de la moitié des patients.

    Des patients plus favorables à l’IA après l’échange

    L’attitude des patients envers l’IA s’est améliorée après l’échange avec AMIE et est restée plus favorable après la visite chez leur médecin. Les notes sont toutefois contrastées : les évaluateurs cliniques ont jugé les conversations favorablement dans 87 à 100 % des cas (17 critères), les patients dans 48 à 96 % des cas (16 critères). Certains aspects de l’échange satisfont donc moins les patients, ce qui plaide pour une mesure critère par critère plutôt que pour un score global.

    Google s’appuie sur une étude prospective publiée

    Google présente ce travail comme sa première publication dans la revue principale du Lancet, et précise que des essais cliniques plus larges restent nécessaires. En passant par une étude prospective évaluée par les pairs, l’entreprise relève le niveau de preuve attendu des acteurs qui préparent un assistant destiné aux patients. En France, Doctolib a annoncé un laboratoire d’IA clinique doté de 20 millions d’euros en 2026, pour aider notamment le patient à préparer sa consultation.

    Sources : Google, communication (8 octobre 2026) – fiabilité : déclarative. The Lancet (8 octobre 2026) – fiabilité : publication évaluée par les pairs. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(26)01535-7