Le 22 octobre 2026, Unicancer a annoncé la mise en service d’Harmonie, son entrepôt de données de santé consacré à la cancérologie. L’entrepôt relie les données de trois cohortes de recherche du réseau (CANTO, ESME et ODH), soit près de 200 000 patients, à celles du Système national des données de santé (SNDS), qui couvrent près de 3 millions de patients entre 2008 et 2024. Nouveauté selon Unicancer : ces cohortes peuvent aussi être croisées entre elles pour la première fois. Les premiers résultats font état de taux d’appariement compris entre 87 % et 94 %.
Pourquoi cela compte : chercheurs et industriels disposent d’une nouvelle source de données de vie réelle en cancérologie, déjà préparée et qui serait accessible en quatre à six mois selon Unicancer. Un laboratoire qui doit démontrer la valeur d’un traitement du cancer du sein, du poumon ou de l’ovaire peut l’intégrer dès maintenant à son calendrier d’évaluation.
Un accès plus rapide aux données de vie réelle et jusqu’à 2 000 variables par patient
Les données de vie réelle décrivent la prise en charge de patients suivis en dehors des essais cliniques. Les autorités de santé s’y réfèrent de plus en plus pour juger l’efficacité et le coût d’un traitement en pratique courante. Or l’accès au SNDS reste lent : selon la Cnam, la demande dépasse la capacité de mise à disposition. Harmonie propose une voie plus courte. Selon Unicancer, après contractualisation et avis favorable de son comité scientifique et éthique, certaines analyses pourraient être menées sans nouvelle démarche réglementaire, dans le cadre de la méthodologie de référence MR004, en quatre à six mois.
Harmonie peut mobiliser jusqu’à 20 années de données consolidées et 2 000 variables par patient, comprenant des informations cliniques, thérapeutiques, médico-économiques et relatives à la qualité de vie.
Des bras de contrôle externes pour les essais cliniques
Dans certains essais, il est difficile de constituer un groupe de patients privés du nouveau traitement. On peut alors comparer les patients traités à des patients similaires tirés de données existantes : c’est un bras de contrôle externe. Unicancer cite cet usage parmi les applications d’Harmonie. Son acceptation par les évaluateurs reste toutefois encadrée : la HAS publie des orientations sur cette méthode, dont l’usage se concentre sur l’oncologie.
Une gouvernance conçue pour la confiance des patients
Unicancer indique avoir réinformé individuellement les patients et n’avoir intégré que les données de ceux qui ne s’y sont pas opposés. Ce dispositif rejoint le règlement européen sur l’espace européen des données de santé, dont le volet sur la réutilisation des données doit s’appliquer d’ici mars 2029 et reconnaît un droit d’opposition.
Avec Harmonie, Unicancer se positionne comme un guichet spécialisé de données en cancérologie, ouvert aux industriels. Il s’appuie sur quatre partenaires d’études : Cemka, Epimentis, Heva et Horiana.
Trois nouvelles indications prévues en 2027
- Un comité scientifique et éthique, installé en février 2026, encadre l’utilisation des données et a déjà rendu cinq avis. Seules les données des patients informés et ne s’étant pas opposés à leur utilisation sont intégrées à l’entrepôt.
- Actualisé chaque année, Harmonie doit être étendu au second semestre 2027 aux cancers colorectaux, de la prostate et de la vessie.
- Les premières études utilisant ses données ont commencé à produire des résultats scientifiques, notamment l’étude LongHER, présentée lors du congrès de l’European Society for Medical Oncology (ESMO).
Source : Unicancer, communiqué de presse du 22 octobre 2026 – fiabilité : déclarative



