Analyse

  • Financement : l’IA en top des tendances mondiales au premier trimestre 2024 (rapport)

    📌 Points clés de l’étude:

    • Le financement de la santé numérique au premier trimestre 2024 s’est clôturé à 5,13 milliards de dollars pour 351 transactions.
    • Les fusions et acquisitions constituent la voie de sortie prédominante.
    • Les USA , toujours en tête des financements (52 % des montants levés réalisés aux USA).
    • Les thérapies numériques (DTx), l’oncologie et la santé mentale sont les trois secteurs les plus financés (2,5 milliards, 815,8 millions et 579,8 millions respectivement).

     

    Les USA toujours leader, l’Europe accélère

    L’étude montre que l’Amérique du Nord reste stable, clôturant à 3,8 milliards de dollars, soit un montant équivalent à celui du premier trimestre de l’année précédente et une augmentation de 12 % par rapport aux 3,4 milliards de dollars du quatrième trimestre 2023. Selon l’observatoire Health Tech Alpha, le financement de la santé numérique en Amérique du Nord reste presque exclusivement piloté par les États-Unis. En effet, 98 % du capital déployé a été levé aux États-Unis, tandis que seulement 2 % du financement a été clôturé au Canada.

    De plus, le financement de la santé numérique en Europe atteint 853 millions de dollars au premier trimestre 2024, dépassant de 22 % la même période de l’année précédente. Au premier trimestre 2024, le financement européen de la santé numérique a bondi pour atteindre 853 millions de dollars. Il s’agit notamment d’une augmentation de 52 % par rapport au quatrième trimestre 2023, lorsque les niveaux de financement ont chuté à 560 millions de dollars, ce qui représentait le trimestre le plus faible depuis 2020. Par rapport au premier trimestre 2023, où l’investissement total s’élevait à 700 millions de dollars, le financement au premier trimestre 2024 a augmenté de 22 %. La trajectoire de croissance est alimentée par l’entrée d’investisseurs internationaux, un environnement réglementaire en évolution et le soutien gouvernemental, contribuant tous positivement au développement du secteur.

    Evolution des financements depuis le T1 2022 par région du monde – @ GalenGrowth 2024

    Top 10 des offres de santé numérique en Amérique du Nord, au T1 2024 :

    Société Secteur Tour Date Valeur de la transaction
    Freenome Diagnostic Série E 02 / 2024 254 M$
    BioAge Labs Découverte des médicaments Série D 02 / 2024 170 M$
    Abridge Clinique Série C 02 / 2024 150 M$
    Lightship Essais cliniques décentralisés Série D 02 / 2024 136 M$
    Zephyr AI Découverte des médicaments Série A 03 / 2024 111 M$
    Rightway Healthcare Coordination des soins Série D 03 / 2024 109 M$
    DecisionRx Analyse prescriptive Financement de la dette 01 / 2024 100 M$
    Claroty Cybersécurité Stratégique 03 / 2024 100 M$
    Harbor Health Solutions intégrées Série B 01 / 2024 96 M$
    Frontier Medicines Découverte des médicaments Série C 02 / 2024 80 M$

    Source : Health Tech Alpha 2024

    Top 10 des offres de santé numérique en Europe, au T1 2024 :

    Société Pays  Catégorie principale Tour Date Valeur de la transaction
    Medical Microinstruments Téléchirurgie Série C févr-24 110 M$
    Pelago Thérapeutique numérique Série C mars-24 58 M$
    Genomics PLC Applications liées aux omiques Série D janv-24 45 M$
    Bioptimus Printable Country Flag of France - Circle | Vector Country Flags of the World Bioinformatique Seed févr-24 38 M$
    Relation Therapeutics Drug discovery Seed mars-24 35 M$
    Enterprise Therapeutics Drug discovery Série B2 janv-24 33 M$
    Onera Health Printable Country Flag of the Netherlands - Circle | Vector Country Flags of the World Télésurveillance Série C janv-24 33 M$
    Quantum Surgical Printable Country Flag of France - Circle | Vector Country Flags of the World Téléchirurgie Seed mars-24 32 M$
    Aqemia Printable Country Flag of France - Circle | Vector Country Flags of the World Drug discovery Série A1 janv-24 32 M$
    Aktiia Printable Country Flag of Switzerland - Circle | Vector Country Flags of the World Télésurveillance Série B févr-24 31 M$

    Source : Health Tech Alpha 2024

    Le financement des entreprises en phase de croissance en augmentation dans le monde entier

    Selon l’étude, le financement des cycles d’investissement en phase de croissance a augmenté de 32 % d’un trimestre sur l’autre par rapport au quatrième trimestre 2023, avec un nombre total d’opérations de série B et de série C totalisant 89, le plus élevé depuis le deuxième trimestre 2022. La part des entreprises en phase de croissance qui ont obtenu un financement au cours des 18 derniers mois a augmenté de 1 % à 6 % pour l’Asie pacifique, l’Amérique du Nord et l’Europe.

    Cependant, en France, on observe une majorité de séries A et Seed au premier trimestre 2024, une tendance similaire à celle du quatrième trimestre 2023. Pour rappel, plus de 44 % des entreprises ayant levé des fonds en 2024 ont recueilli des montants entre 5 et 30 millions d’euros, avec la plupart des opérations réalisées en early stage. Le ticket moyen est de 8,8 millions d’euros et la plus grosse levée de fonds a été réalisée par Aqemia pour un montant de 30 millions d’euros. Ce bilan du T1 2024 est marqué par l’absence de « méga deals » (>100 millions d’euros) : aucune levée de fonds ne dépasse les 30 millions d’euros.

    👉 Pour aller plus loin : Investissement : 158 M€ levés par les start-ups de la santé numérique au T1 2024

    Les fusions et acquisitions en santé numérique dominent les opérations au premier trimestre 2024

    Selon l’étude, au cours des trois premiers mois de 2024, 41 sorties de capital-risque ont été signalées, dont 38 fusions et acquisitions, 2 introductions en bourse et une société d’acquisition à vocation spécifique (SPAC). L’activité de sortie au premier trimestre 2024 a diminué de 21 % en glissement trimestriel par rapport au quatrième trimestre 2023, qui avait enregistré 52 sorties, toutes des fusions et acquisitions. De plus, par rapport au premier trimestre 2023, qui a vu 52 sorties (50 fusions et acquisitions, une introduction en bourse, une SPAC), l’activité de sortie au premier trimestre 2024 a diminué de 21 % sur un an.

    En 2024, les débuts sur les marchés publics, en particulier aux États-Unis, ont été remarquablement absents dans un contexte de performances décevantes des marchés publics et de radiations d’entreprises.

    Les acquisitions entre entreprises restent la voie de sortie la plus populaire, avec plus de 60 % des acquisitions au premier trimestre 2024 ayant lieu entre entreprises.

    L’intelligence artificielle occupe le devant de la scène et des investissements importants déployés pour la GenAI

    L’étude révèle qu’au premier trimestre 2024, près de la moitié de toutes les transactions (49 %) ont été conclues par des entreprises utilisant l’intelligence artificielle dans leurs solutions, avec 2,8 milliards de dollars investis dans 171 transactions. Parmi les transactions conclues par des entreprises fournissant des solutions d’IA, 8 % (14 transactions) ont été réalisées par des entreprises utilisant l’IA générative.

    À l’échelle mondiale, Galen Growth estime que 4 000 entreprises de santé numérique alimentent leurs services grâce à l’intelligence artificielle.

    Le rapport « Generative AI in Digital Health: Hype or Reality » de Galen Growth, publié au quatrième trimestre 2023, a souligné que parmi les 17 clusters de santé numérique, selon une classification définie par la société spécialisée en market intelligence, les clusters prioritaires pour la mise en œuvre de solutions d’IA générative seraient : les solutions de gestion de la santé, les diagnostics médicaux et les solutions de recherche. “Ces trois clusters sont devenus les clusters les plus financés au premier trimestre 2024, capturant 51 % de la valeur de financement déployée.”

    Selon le rapport, les solutions de gestion de la santé, qui englobent les solutions de flux de travail clinique et d’analyse prescriptive, sont devenues le cluster le plus financé au premier trimestre 2024, avec 1,1 milliard de dollars investis dans 59 transactions. La transaction la plus importante au sein de ce cluster a été réalisée par DecisionRx, une facilité de crédit de 100 millions de dollars avec Carlyle, qui était également la transaction la plus importante en Amérique du Nord pour le premier trimestre 2024. Artisight, une entreprise basée à Chicago qui exploite l’intelligence artificielle et les capteurs IoT pour faciliter le flux de travail clinique, a conclu la deuxième plus grande transaction, un cycle de série B de 42 millions de dollars en janvier 2024, qui a vu la participation du système de santé et des investisseurs stratégiques, dont Nvidia.

    Le rapport révèle également que le deuxième cluster le plus financé au premier trimestre 2024 est celui des diagnostics médicaux. Ce cluster, qui comprend des entreprises fournissant des technologies pour l’imagerie médicale, le diagnostic lié aux omiques et d’autres outils de diagnostic, a attiré 698 millions de dollars dans le cadre de 48 transactions.

    L’oncologie et la santé mentale, les 2 domaines thérapeutiques les plus financés

    Voici le texte corrigé :

    L’étude montre également que parmi les domaines thérapeutiques, l’oncologie et la santé mentale sont apparus comme les domaines les plus financés au premier trimestre 2024. Les cinq principaux domaines thérapeutiques – oncologie, santé mentale, neurologie, diabète et maladies cardiovasculaires – représentaient plus de 70 % de l’investissement total au premier trimestre 2024.

    Selon l’étude, l’oncologie est le domaine le plus financé avec 817 millions de dollars investis. Par rapport au premier trimestre 2023, l’oncologie est passée du 4e au 1er rang. La santé mentale a suscité des investissements importants au premier trimestre 2024 et s’est classée au deuxième rang des domaines thérapeutiques du trimestre, avec un total de 580 millions de dollars investis.

    Avec l’énorme croissance des médicaments GLP1 ainsi que l’introduction de la plateforme LillyDirect en janvier par Eli Lilly pour offrir des services « directement au consommateur », Galen Growth s’attend à un regain d’activité dans les domaines de l’obésité, de la nutrition et du bien-être pour accompagner les patients pendant et après leur traitement. Dans le même temps, les solutions de bien-être et de nutrition pour la perte de poids peuvent être affectées négativement et doivent se concentrer sur les nouvelles conditions du marché.

     

  • Investissement : 158 M€ levés par les start-ups de la santé numérique au T1 2024

    🔎 Eléments clés du bilan

    • Une activité en baisse par rapport à l’année 2023 (-14%) mais dans la continuité de l’année 2023 : Un équilibre 183,57M€  au T1 2023  versus 158,13 M€ .

    • Si l’on observe le nombre d’opérations réalisées, il reste le même, avec 18 opérations réalisées au T1 2023 et 2024 contre  31 et 28 respectivement  au T1 2022 et  au T1 2021; baisse des montants des tickets.

    • Concernant les secteurs les plus attractifs sur le marché, l’IA et les données de santé restent dans le top des tendances, il est à noter que certaines thématiques gagnent du terrain en ce début d’année, comme la femtech et la VR. En résumé, si l’accélération de l’innovation et du numérique en santé s’est présentée comme une conséquence directe de la crise sanitaire, le marché tend désormais à se stabiliser.

    Les résultats du premier trimestre à la baisse

    La somme totale recueillie au cours des trois premiers mois de l’année s’avère en baisse par rapport aux levées au cours des T1 des trois années précédentes :

    • 183,57 M€ au T1 2023: une baisse qui laissait présager un retour à l’équilibre;
    • 1,02 milliard€ au T1 2022 : des levées de fonds record boostées par des licornes;
    • 304,9 M€ au T1 2021 : un montant déjà record puisque en augmentation de 253 % par rapport au T1 2022 ;
    • 86,3 M€ au T1 2020, soit aux prémices de la crise sanitaire et économique liée à la pandémie de Covid-19 (- 69 % par rapport au T1 2019 : une baisse qui était cependant à relativiser en raison de la première vague Covid) ;
    • 276,9 M€ au T1 2019;
    • 163,3 M€ au T1 2018 ;
    • 52,6 M€ au T1 2017 ;
    • 39,95 M€ au T1 2016.
    Un ralentissement trimestriel, malgré un mois de janvier prometteur - @ H&TI
    Un ralentissement trimestriel, malgré un mois de janvier prometteur – @ H&TI

    Top 6 des levées du 1er trimestre 2024 

    Une majorité (plus de 44 %) des entreprises ayant levé des fonds en 2024 ont recueilli des montants entre 5 et 30 M€, avec la plupart des opérations réalisées en early stage. Le ticket moyen est à 8,8 M€ et la plus grosse levée de fonds est réalisée par Aqemia pour un ticket de 30 M€. Ce bilan de 2024 est marqué par l’absence de « méga deals » : aucune levée de fonds ne dépasse les 30 M€.

    Top 6 des levées de fonds françaises du 1er trimestre 2024
    Top 6 des levées de fonds françaises du 1er trimestre 2024

    Comparativement, en 2023, on observe un ticket moyen à  10,20M, aucun megadeal réalisé et 2 start-up ont levé plus de 30M€: 

    ▶️Volta medical, une entreprise de cardiologie développant des solutions logicielles basées sur l’intelligence artificielle (IA) pour guider les rythmologues pendant les procédures d’ablation  a levé 36M€ en janvier;

    ▶️Brigad, 33M€ en mars.

    Pour rappel, sur l’année 2022 6 licornes françaises se retrouvaient dans le top 10 des levées de fonds avec 4 méga deals réalisés :

    ▶️ Doctolib, avec un tour de table de 500 M€ annoncé en février ;

    ▶️ Dataiku, entreprise franco-américaine (200 M$ / 188 M€ : opération annoncée en décembre) ;

    ▶️ Alan, assureur santé 100 % numérique (183 M€ : opération annoncée en juin);

    ▶️ DNA Script, 172 M€ .

    Où en sont les licornes, en l’absence de “mega deal” ?

    Plus de la moitié des entreprises ayant levé des fonds au T1 2023 ont recueilli des montants entre 5 et 30 M€, avec plus de 44 % des opérations réalisées en amorçage. Ce bilan au premier trimestre 2024 est marqué par l’absence de “mega deals” : aucune levée de fonds ne dépasse les 30 M€.

    Une nette différence est observée par rapport au bilan au T1 2022, qui était porté par 2 opérations dépassant les 100 M€ : Doctolib (500 M€, série G), et DNA Script (172 M€, série C).

    Détails des levées de fonds au T1 2024 :

    Start-up Logo Montant en M€ Mois Thématique & technologie Investisseurs 
    AKIVI  0,63 Janvier Formation, IA Business angels
    Alogia 6,5 Mars Prevention, silver tech  la Banque des Territoires (Groupe Caisse des Dépôts), GSO Innovation et Crédit Agricole Aquitaine Expansion (fonds régionaux de Crédit Agricole), NACO et AQUITI Gestion
    Aqemia 30 Janvier Machine learning, Gen AI Eurazeo, Bpifrance, alaia, wendel group
    Avatar Medical 5 Février Chirurgie, Virtual reality Plug and play , go capital, acorn pacific venture, genitz, rives croissance
    Azmed 15 Février Radiologie, IA Techstars, Teampact Ventures, maison worm
    Cure51 15 Mars Biologie, oncologie, data Sofinnova Partners, avec la participation de Hitachi Ventures, Life Extension Ventures, Xavier Niel et Datadog.
    Diabeloop 15 Mars Diabétologie, DM, IA LBO, Terumo Corporation, Innovacom, CERITD, CEMAG Invest, Kreaxi, Supernova Invest, AGIR A DOM, Crédit Agricole, Odyssée Ventures, UI Investissements, Promontoires
    Elixir Health 2 Mars PMA, IA, deeptech Business angels, Bpifrance
    Hawkcell 5 Mars Imagerie vétérinaire Bpifrance, MIG Capital
    Kinvent 16 Janvier Medical device, Big data Eurazeo, Unifund, Raphael Varane, Sofilaro
    Klava 1 Janvier Dtx, deeptech Angels Bay Invest
    Life Plus 3 Février SilverTech, objets connectés Banque des Territoires et Tsinor Venture Studio
    Nabla 22 Janvier IA, plateforme, traitement et analyse de données Cathay Innovation avec la participation de Zebox Ventures (incubateur de CMA CGM)
    Omena 0,8 Janvier Femtech 50 Partners Impact
    RebrAin 3,7 Mars Neurochirurgie, traitement Karista, Naco
    Sorella 5 Février Femtech Vorwek venture, Blisce
    Womed 6 Janvier Femtech, Medical device  Irdi Soridec Gestion

    Des conditions du marché favorables à la reprise des fusions & acquisitions

    Selon un rapport de Pwc datant de février 2024, les conditions de crédit se sont nettement améliorées au début de l’année 2024 par rapport à celles de 2023, année marquée par des prêteurs institutionnels frileux et un marché de la dette au ralenti. Au cours de la dernière décennie, les fonds de dette privée se sont révélés être des acteurs clés sur les marchés de la dette. Ils sont les fournisseurs de capitaux pour soutenir les leveraged buy-outs (LBO) ou achats à effet de levier, les recapitalisations et d’autres types de transactions de capital-investissement, et offrent des solutions de financement plus flexibles et personnalisées. La dette privée joue un rôle de plus en plus important dans le financement des transactions. Par ailleurs, avec un dry powder mondial de 450 milliards de dollars US en fin d’année 2023, la dette privée demeurera capitale dans le soutien du rebond des opérations de M&A en 2024.

    Source PWC : Tendances et perspectives 2024 Global M&A Industry Trends

    Dans l’ensemble, les fusions-acquisitions mondiales dans le secteur de la santé ont augmenté de 8 % sur une base annuelle pour atteindre 365 milliards de dollars en 2023, ce qui est inférieur à la moyenne des dépenses des cinq années précédentes, qui était de 432 milliards de dollars, selon les calculs du London Stock Exchange Group (LSEG).

    Selon l’étude FirePower d’Ernst & Young (EY), 191 Mds ont été investi dans le secteur Life science  en fusion et acquisitions au 10 décembre 2023.

    Les fusions & acquisitions les plus remarquables de 2023

    9 février : NuVasive racheté par Globus Medical pour $3,2 Mds

    Globus Medical et NuVasive ont annoncé un accord définitif pour fusionner le 9 Février 2023. Cette fusion s’est faite sous la forme de l’acquisition de NuVasive par Globus Medical dans une opération entièrement en actions pour une valeur de 3,1 milliards de dollars.(NuVasive 28% de la société combinée,Globus Medical 72%).

    22 février : Amazon signe le rachat de One Medical pour 3,8 milliards d’euros

    Amazon acquiert  One Medical pour 3,9 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros).

    Cette acquisition confirme l’ambition du géant Amazon de se diversifier vers le secteur médical. Amazon a déjà lancé en 2019 un service de télémédecine nommé “Amazon Care”, une plate-forme de livraison de médicaments sur ordonnance, “Amazon Pharmacy” en 2020, et une plateforme de télé-consultation à distance “Amazon Clinic” fin 2022.

     


    Autres articles sur les levées de fonds au T1 2024

  • Imagerie médicale : DRIM M et DRIM Box, un projet national de partage inédit

    Le Ségur du Numérique en Santé a été mis en place dans l’objectif de généraliser le partage des données de santé entre professionnels de santé et avec le patient pour mieux prévenir et mieux prendre en charge.

    La vague 1 du Ségur sur l’imagerie s’est terminée en décembre 2023 et a permis l’alimentation de Mon espace santé en compte rendus radiologiques :

    • 9 RIS référencés,
    • des mises à jour installées sur 851 sites pour un financement de 13 M€,
    • avec une représentation de 75% des sites libéraux et 60% des sites publics.

    En décembre 2023, le flux mensuel de documents radiologiques envoyés dans le DMP était de 18M, et de près de 25 M en mars 2024 (source ANS).

    La vague 2 lancée début 2024 a pour objectif  l’évolution des RIS pour la consultation des images grâce à la mise en place de DRM-M (Data Radiologie Imagerie Médicale & Médecine nucléaire), qui a comme objectif la création d’un réseau unique et national de partage d’images médicales. Le projet DRIM-M doit s’appuyer sur le DMP et permettre aux professionnels d’accéder aux images, ainsi que pour les patients au travers de Mon espace santé.

    Un projet collaboratif, avec des objectifs d’usages cliniques

    Le partage d’images est encore sous développé aux regard des autres données médicales.

    Le projet DRIM-M résulte d’un partenariat unique entre radiologues (G4, FNMR, SFR), médecins nucléaires (CNPMN (conseil national professionnel de médecine nucléaire) et pouvoirs publics. Il renforce la contribution des  radiologues et médecins nucléaires aux plans nationaux en cours.

    Tous les protagonistes du projet saluent le travail constructif réalisé en commun : les professionnels de santé soulignent la qualité d’écoute et d’interaction de leurs interlocuteurs institutionnels, et ceux-ci lient l’avancée rapide et positive du projet à l’implication des professionnels de santé. Les professionnels soulignent l’excellente compréhension du terrain de leurs interlocuteurs, leur capacité à adapter les outils aux professionnels. Cet accompagnement dure également dans la mise en œuvre, la formation, l’information.

    Le projet DRIM-M est un projet d’usages, avec en particulier la possibilité :

    • Pour le radiologue, le médecin nucléaire, ou le spécialiste ayant besoin des images natives, d’ importer l’examen dans son environnement DICOM afin de comparer et post traiter.
    • Pour les professionnels de santé, le médecin demandeur:
      • De visualiser un examen réalisé n’importe où sur le territoire au travers d’un lien présent dans le compte-rendu.
      • Permettre d’accéder aux antériorités du patient
    • Pour le patient : Pouvoir consulter les images au travers de Mon espace santé, en y accédant comme toutes les autres données médicales, et y accéder en tout lieu à tout moment

    Les radiologues utilisateurs  soulèvent les questions suivantes :

    •  Le retour aux utilisateurs sur les usages : il n’y a pas de feed back aux radiologues à la suite de l’envoi des comptes rendus sur mon espace santé (Ségur 1): combien y a-t-il de connections et qui se connecte, combien de visualisation ? par quels profils…
    • Le radiologue doit donner un avis de conduite à tenir, pas toujours simple à gérer avec l’automatisme. Une proposition peut être de mettre en place un garant humain dans des situations complexes (proposer une téléconsultation)
    • Pour les « cas graves », les images et le compte rendu sont disponibles dès la validation du radiologue ou médecin nucléaire : le patient peut ainsi être confronté à une « mauvaise nouvelle » avant que son médecin prescripteur n’ait eu le temps de lui parler. Des solutions potentielles sont en cours de discussion : masquage, mise en place d’un délai, flag d’alerte…
    • Importance de la bonne volonté à faire des différents acteurs : il a été parfois constaté lors de la réalisation de tests entre solutions numériques, de la lenteur ou de l’absence de réaction de professionnels (établissements).
    • Quid des images de téléradiologie qui ne sont actuellement pas intégrées?
    • Restent toujours des questions « techniques » : réseaux, flux, débit, cybersécurité

    ” le projet a bien avancé, se réalise et devient opérationnel en pratiquement deux ans, grâce à la présence à la DGOS d’experts ayant travaillé en entreprise, connaissant et comprenant les logiques industrielles, métier public et privé.” Jean-Philippe Masson, président de la FNMR.

    Usages de la DRIMbox 

    Pour mettre en oeuvre ce partage, le projet DRIM M repose sur des solutions techniques DRIM Box. La FNMR, investie dans le projet dès les premiers jours, a tenu à une complète interopérabilité des solutions : la DRIM Box sera indépendante du RIS ou autres logiciels en place sur le site d’imagerie, et ne pourra pas être la base de marchés captifs. Après deux années de conception, le projet DRIM-M est entré sa dimension opérationnelle avec la communication aux éditeurs des premières spécifications techniques et des conditions financières.

    Une solution technique unique, sans base nationale de stockage d’images

    Initiée en 2021, la phase de conception touche à la fin d’une première étape, prolongée par la mise en place d’une composante forte de sécurité avec l’intégration de l’authentification des professionnels via pro Santé Connect . Financé dans le cadre de la vague 2 du Ségur, le dispositif va rentrer dans sa mise en œuvre opérationnelle dans le second semestre 2024.

    La solution retenue est novatrice : la France est le seul pays qui a choisi cette solution où les images restent dans leur site de production, et où les professionnels ou le patient vont les chercher à l’aide de pointeurs.

    La DRIMbox, élément clé du dispositif, est la solution technique qui va permettre de créer le maillage, sous la forme d’une passerelle intégrée au système d’information des structures d’imagerie :

    Les données ne seront pas stockées directement dans Mon espace santé. Chaque service ou cabinet de radiologie sera un nœud du réseau DRIM-M : il connectera son PACS au réseau via la DRIMbox pour mettre à disposition les images produites.

    Une DRIMbox possède deux fonctions :

    • Une fonction Production/Source : la validation du compte-rendu d’imagerie par le radiologue déclenche l’accès par la DRIMbox aux références des images de l’examen dans le PACS. Avec ces informations, elle construit un pointeur vers l’examen pour soumission au DMP. La DRIMbox Source dispose également d’un Viewer DICOM (non-diagnostic à minima) pour permettre l’affichage des examens.
    • Une fonction Consommation : elle se connecte au DMP, et elle récupère les pointeurs vers les examens et à l’aide des identifiants de l’examen présents dans le DMP. Le pointeur récupère les images auprès de la DRIMbox source de la structure productrice de l’examen.

    Le projectathon réalisé en septembre 2023 a apporté la démonstration du bon fonctionnement du système, la solution techniquement doit marcher (ensemble d’éléments de solution qui ont fait leurs preuves). La sécurisation doit être encore adressée, par intégration de la brique Pro santé Connect – qui assure une authentification forte.

    Mode de financement de la DRIM box 

    Dans le cadre du volet numérique du Ségur de la santé, l’Etat met en place un mécanisme d’achat pour compte au bénéfice des acteurs de l’offre de soins, sous la forme d’un système ouvert et non sélectif de référencement et de financement. La plupart des éditeurs y ont travaillé et sont avancés.

    Concernant les professionnels, sont concernées toutes les structures, privées et publiques, qui stockent les images sur leurs PACS et qui vont ainsi pouvoir les rendre accessibles après validation du compte rendu.

    La prestation prise en charge par l’Etat, Prestation Ségur « Mise à jour vague 1 et vague 2 » couvre :

    • L’octroi au Client des droits d’utilisation de la solution logicielle correspondant au Périmètre vague 1 et au Périmètre vague 2
    • L’installation, la configuration et la qualification de la solution logicielle,
    • L’installation, la configuration, la qualification des demi-connecteurs
    • La maintenance de la Solution logicielle sur le Périmètre vague 1 et au Périmètre vague 2
    • Les prestations de formation de référents utilisateurs de la Solution logicielle
    • La livraison de l’ensemble des documents nécessaires : le guide utilisateur, le guide administrateur et la documentation technique spécifique aux demi-connecteurs ;
    • Le suivi de l’ensemble du projet d’installation.

    Les Prestations Ségur ne couvrent pas :

    • Les prestations de changement complet de la solution logicielle ou de rattrapage d’une version obsolète
    • Les prestations d’ajouts de modules de nouvelles fonctionnalités hors périmètre technico-fonctionnel
    • Les services de boîtes aux lettres MSS, nominatives, applicatives et/ou organisationnelles
    • Les coûts d’infrastructure additionnels éventuellement nécessaires à l’installation de la version référencée (acquisition de serveurs, migration de système de gestion de base de données, etc.) ;

    La DRIM Box est payée dans le cadre du Segur 2 (prix en fonction du volume d’activité du site et du périmètre retenu (Mise à jour Ségur 2 seul ou Segur 1+2), et varie d’environ 7000 euros à 80 000 euros). Le Ségur doit permettre de financer pratiquement 70% du parc.

    Positionnement des éditeurs

    Les éditeurs sont pleinement investis dans le projet DRIM-M. Il y a aujourd’hui au moins une dizaine d’acteurs qui se sont déclarés partants, avec lesquels il y a régulièrement des échanges directs et au travers d’ateliers en groupe. Ces acteurs peuvent être classés en trois catégories : les éditeurs de RIS, les éditeurs de PACS, les éditeurs spécialisés dans les transferts.

    La revue de la FNMR, le médecin radiologue libéral (octobre 2023), a publié pour les JFR 2023 un descriptif du projet avec un tour d’horizon des positions des différents éditeurs sur leur DRIM Box en cours de développement. Deux autres numéros sont à venir sur ce sujet : un numéro sur le panorama des DRIM Box et leurs fonctionnalités (de base et option) en déclaratif par les éditeurs, puis après l’été, un numéro publiant les mêmes éléments après réalisation d’un audit fonctionnel par la FNMR.

    Objectif 2026 : partager 90% des images produites.

    L’objectif pour 2026 est d’arriver à partager 90% des images produites. Le Ségur 1 a déjà embarqué 75% de l’activité radiologique, et la cible du Ségur 2 est jugée tout à fait atteignable. Les sites qui n’ont pas participé à la vague 1 peuvent rattraper avec la vague 2 en réalisant les deux phases simultanément.

    La troisième phase, numériser et intégrer la prescription dans le DMP,  représente un défi majeur, car elle change les pratiques des médecins prescripteurs, pas toujours partants, et souvent surchargés, et donc peu enclins à modifier leurs habitudes

    Textes de référence

    Pour les logiciels de type « Système de diffusion d’images » du couloir Imagerie, la vague 2 du dispositif est encadrée par les textes et documents suivants :

    – L’arrêté du ministre de la Santé et de la prévention, qui définit le programme de référencement et de financement mis en place, consultable sur le site Légifrance ;

    – Les trois documents annexés à l’arrêté susvisé, qui en précisent les modalités de mise en oeuvre sur les plans technique, administratif et financier : 

    • Le référentiel d’exigences et de scénarios de conformité REM-IMG-DB-Va2, qui définit les exigences techniques, fonctionnelles et ergonomiques à respecter pour bénéficier du référencement, ainsi que les scénarios de vérification associés ;
    • Le dossier de spécification de référencement DSR-IMG-DB-Va2, qui présente les modalités de présentation et d’instruction des demandes de référencement ;
    • Le document d’appel à financement en vue de l’équipement numérique des acteurs de l’offre de soins AF-IMG-DB-Va2, qui définit l’ensemble des règles et conditions associées à l’attribution et au versement des financements

    source : Spécification Projet DRIM-M (esante.gouv.fr)

  • Internationalisation : quels enjeux pour une entreprise française de la santé ? (Vincent Bouvier, Vidal)

    Déjà 3 entités pays : France, Allemagne et Espagne

    Depuis sa création en 1914 en France, Vidal a forgé une histoire de plus de 100 ans dans le domaine de la santé. Avec un effectif de 450 collaborateurs, dont plus de 100 experts comprenant des médecins, des pharmaciens et des pharmacologues, l’entreprise s’est engagée à offrir des solutions innovantes pour répondre aux besoins changeants du secteur médical.

    Avec une présence établie dans trois pays européens – France, Allemagne (MMI) et Espagne (Vademecum) – le Groupe Vidal a étendu son rayonnement à l’échelle internationale. Ses produits et services sont désormais distribués dans plus de 30 pays à travers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Amérique Latine, témoignant de sa portée mondiale croissante.

    Le groupe Vidal en Europe
    Le Groupe Vidal en Europe

     

    M3 Inc., un actionnaire facilitant l’expansion :

    Actionnaire de Vidal depuis 2016, M3 Inc. est une entreprise japonaise spécialisée dans le domaine de la santé numérique, leader en Asie. Créée en 2000, elle est présente sur les cinq continents. En quelques chiffres :

    • M3 Inc. a réalisé plus de 50 acquisitions au cours des 20 dernières années ;
    • son chiffre d’affaires pour l’exercice 2022-2023 s’élève à 1,7 milliard d’euros, enregistrant une croissance annuelle moyenne de 27 % au cours des dix dernières années ;
    • son résultat opérationnel pour la même période s’élève à 522 millions d’euros, multiplié par 20 au cours des dix dernières années ;
    • sa capitalisation boursière de M3 s’élevait à 11,9 milliards d’euros à la fin de 2023.

     

    Une digitalisation à 100 % une diversification dès 2019

    Outre son engagement continu dans le domaine de la santé, le Groupe Vidal s’est lancé dans une phase de diversification, notamment dans le logiciel médical et la formation continue en France. Cette expansion stratégique vise à renforcer la position de l’entreprise sur le marché national et à répondre aux besoins croissants des professionnels de la santé :

    l’entreprise entretient des partenariats solides avec plus de 200 éditeurs de logiciels en Europe, renforçant ainsi son écosystème numérique et sa capacité à offrir des solutions complètes à ses clients ;

    • avec plus de 500 000 médecins utilisateurs en France, dont 170 000 sont des clients réguliers, Vidal a su gagner la confiance et la fidélité de la communauté médicale – cette base d’utilisateurs solide constitue un pilier essentiel de la croissance continue de l’entreprise ;
    • en 2023, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros, enregistrant une croissance de 10 % par rapport à l’année précédente ;
    • 17 % de ce chiffre d’affaires provient des activités hors de France, démontrant la capacité de l’entreprise à s’étendre à l’international ;
    • une tendance notable est la croissance plus rapide des activités hors de France, qui ont augmenté de 12 % au cours de la même période.

    Une croissance à l’international plus rapide qu’en France

    En France cette année, le chiffre d’affaires s’est élevé à 80 millions d’euros en 2023, ce qui représente une croissance de dix pour cent par rapport à l’année précédente, souligne Vincent Bouvier. Il note également que le chiffre d’affaires hors de France a augmenté de 17 %. Sur la dernière année, la croissance a été plus rapide sur les marchés internationaux que sur le marché français, avec une croissance totale de 10 % et une croissance de 12 % en France.

    Selon Vincent Bouvier : « Bien que les écarts ne soient pas significatifs, jusqu’à présent, la croissance en France a été nettement plus rapide que dans d’autres pays, notamment en Allemagne, et cette tendance devrait se poursuivre. »

     

    Une croissance dans différents marchés avec différents modes d’entrée :

    Le groupe est particulièrement fier d’avoir développé un référentiel pour tout le pays d’Andorre, confie Vincent Bouvier. Ce référentiel est le fruit d’une collaboration entre les bases de données françaises et espagnoles, réunissant ainsi le meilleur des deux mondes.

    « La communauté médicale locale nous a encouragés à créer ce référentiel spécifique au pays, ce qui est une source de satisfaction pour nous. En réalisant cela dans un petit pays comme Andorre, nous espérons pouvoir déployer cette approche dans de nombreux autres pays, facilitant ainsi la création de référentiels médicaux adaptés à chaque système d’information national. C’est le début d’une initiative passionnante », explique Vincent Bouvier. Et d’ajouter : « Nous avons également conclu des accords de licence dans certains pays, fournissant ainsi des solutions de prise de décision à l’échelle nationale, et non pas seulement pour un hôpital spécifique. Cette approche témoigne de l’évolution des pratiques sur le marché de l’aide à la décision thématique, où des logiques de déploiement à grande échelle se mettent progressivement en place. »

     

    Critères de choix des pays :

    • les partenaires éditeurs : les opportunités offertes d’aller avec eux ;
    • l’existence ou non d’acteurs locaux ;
    • le potentiel de ressources pour développer, pour localiser ou non.

    Sur l’image ci-dessous, « en rose plus clair se trouvent les pays que nous ciblons avec une base non localisée, précise le président du groupe, ce qui signifie que nous n’avons pas encore adapté notre solution pour ces marchés spécifiques. Nous prévoyons d’investir pour obtenir une assistance contenant toutes les informations médicales et recommandations spécifiques à chaque pays, car nous reconnaissons le besoin croissant dans ces régions. »

    Croissance de Vidal à travers le monde
    Croissance de Vidal à travers le monde

     

    Une stratégie de pénétration en deux étapes :

    • une phase initiale à moindre coût mais avec une efficacité moindre ;
    • une étape de localisation pour offrir le même produit de manière adaptée à chaque marché.

    « Nous avons pénétré le marché de l’Amérique latine grâce à nos partenaires européens, qui ont été les instigateurs de notre entrée dans la région. Ce processus a débuté en 2010, en réponse à la crise économique qui a touché l’Espagne, entraînant des retards de paiement des hôpitaux espagnols envers les éditeurs de logiciels locaux. Ces derniers ont alors décidé de se tourner vers l’Amérique latine pour trouver de nouveaux débouchés, et c’est ainsi que nous avons été associés à cette opportunité de marché. »

    Le marché des systèmes d’aide à la décision clinique (CDS)

    • 11% de croissance de  marché estimée à 2027 avec une part prépondérante et grandissante des outils d’aide au diagnostic ;
    • le secteur est actuellement peu développé, mais des avancées significatives sont anticipées grâce à l’intelligence artificielle ;
    • présence d’acteurs historiques ainsi que d’entreprises locales ;
    • la réglementation gouvernementale joue un rôle crucial, ce qui entraîne une forte dépendance à l’égard des politiques publiques ;
    • l’intégration dans les applications de gestion des dossiers médicaux électroniques (EHR) est essentielle pour une adoption généralisée.
    Le marché du CDS en quelques chiffres
    Le marché du CDS en quelques chiffres

     

    Priorité au machine learning plutôt qu’à l’IA générative pour l’instant :

    Le marché des CDS est confronté à plusieurs défis technologiques liés à la gestion des données et à l’analyse du langage naturel pour l’aide à la décision. Vincent Bouvier s’interroge : « Comment peut-on utiliser le langage naturel pour prendre de meilleures décisions ? C’est une question sur laquelle je travaille actuellement. Cette approche est encore relativement nouvelle, mais elle semble indiquer une accélération de 50 % sur le marché. Est-il possible que des acteurs de ce marché, basant leur argumentation sur une technologie spécifique, viennent perturber le marché ? C’est envisageable. »

    Dans le domaine des CDS, il est impératif de minimiser les erreurs, car la prescription de doses de médicaments et l’évaluation de l’état d’un patient sont des tâches critiques qui ne tolèrent aucune imprécision. Actuellement, le groupe privilégie l’utilisation des techniques de machine learning plutôt que de l’IA générative dans ces systèmes, tout en explorant l’utilisation de l’IA générative dans d’autres domaines, notamment pour améliorer la recherche d’informations médicales et éviter les erreurs de diagnostic. « La fiabilité et la précision sont essentielles, d’où notre engagement à obtenir la certification de niveau deux en matière de sécurité médicale. Bien que nous travaillions sur l’intégration de ces technologies dans nos systèmes d’information, notre priorité actuelle est de résoudre les défis liés au modèle économique et à la question du financement, en tenant compte des besoins et des attentes des clients, qui sont également les payeurs. »

     

    Des stratégies gagnantes adoptées par Vidal

    Plusieurs acquisitions ont été réalisées pour renforcer activité logicielle et de formation du groupe français :

    Société Année d’acquisition Description
    Calimaps 2023 Editeur du logiciel de gestion médicale DrSanté.
    Weda 2019 Editeur logiciel de dossiers patients en ligne à destination des professionnels de santé libéraux.
    Eron Santé 2021 Société de formation continue à distance
    MonEcho 2020 Editeur de MonEcho Report, solution permettant la génération assistée de comptes-rendus échographiques en quelques clics.

    Une offre de plateforme qui favorise le développement de partenariats forts :

    Au fil des années, un effort soutenu a été déployé pour créer une solution répondant aux besoins du marché international de la santé. Cette solution, classée comme de classe IIB en France, représente une avancée majeure, offrant une intégration universelle dans les dossiers de patients. Alimentée par une connaissance médicale partagée entre les pays et des données spécifiques à chaque région, cette plateforme est le fruit de quinze ans de développement. En 2024, le groupe ambitionne de la distribuer à l’échelle mondiale, soutenant déjà treize millions d’utilisateurs dans trente pays. Cette initiative souligne l’importance de l’expertise collaborative pour répondre aux défis complexes du secteur de la santé à l’échelle mondiale.

    « Nous collaborons avec plusieurs partenaires dans cette démarche, déclare Vincent Bouvier. Bien qu’il existe quelques exemples, notamment dans le domaine des CDS, il y a en réalité peu d’acteurs majeurs dans le domaine du logiciel médical, surtout ceux qui opèrent à l’échelle européenne et sont peu présents aux États-Unis. Pour illustrer, nous travaillons avec Oracle, un des principaux fournisseurs de logiciels, qui opère dans plusieurs pays européens tels que l’Allemagne, la France, la Belgique et l’Espagne, ainsi qu’en Amérique latine, notamment au Pérou et en Argentine. »

    Et d’ajouter : « Nous travaillons avec divers acteurs en France ainsi que dans d’autres pays pour répondre à leurs besoins spécifiques. Par exemple, nous sommes présents en Allemagne où nous proposons des solutions qui ne sont pas encore disponibles en France. Pour ces partenaires, il est crucial de choisir un partenaire capable de les accompagner dans leurs objectifs de croissance. Actuellement, nous sommes fiers de compter environ 2 700 hôpitaux ouverts dans une trentaine de pays à travers le monde, avec plus de 200 applications. »

    Cette présence mondiale est le fruit « d’un travail acharné et nous sommes constamment engagés dans de nouveaux projets pour ouvrir de nouveaux pays. Grâce à notre plateforme, nous avons simplifié le processus d’expansion, ce qui nous permet d’envisager plusieurs ouvertures dans les mois à venir. En outre, nous avons réalisé des performances remarquables dans certains domaines, ce qui renforce notre position sur le marché », conclut-il.

    Partenaires de Vidal
    Partenaires de Vidal

     

    4 points essentiels à considérer :

    1. L’importance de disposer d’une équipe locale compétente : les marchés varient considérablement d’un pays à l’autre, et il est essentiel d’avoir des équipes qui comprennent les subtilités locales. Par exemple, le Groupe Vidal a consacré quatre ans à former une équipe au Brésil, où le marché était inexistant auparavant.
    2. La gestion efficace de l’incertitude liée au budget prévisionnel : même avec un plan établi, il est essentiel de se préparer à ce que celui-ci ne soit pas toujours réalisable, en raison des imprévus et des évolutions du marché. C’est pourquoi il est important de ne pas investir tout son argent dans une seule direction, afin de prévenir les risques pour ses actionnaires.
    3. La capacité à envisager des opportunités de croissance externe : pour réussir à l’international, il est essentiel d’avoir la capacité de croître à l’échelle mondiale. Bien que certains marchés ne soient pas encore matures, comme le Brésil, il est crucial d’être prêt à saisir les opportunités lorsque le moment est propice, comme aux États-Unis.
    4. La confiance accordée à la feuille de route de développement : pour le Groupe, la confiance des filiales dans la capacité à tenir les engagements a été essentielle, confie Vincent Bouvier. Et ce pour créer un environnement de travail harmonieux et efficace. Il est donc primordial que les équipes internationales aient confiance en la capacité à délivrer ce qui est promis.

     

    Des ambitions modérées et une vision sur du long terme

    Le Groupe Vidal exprime sa conviction quant à la perspective d’une croissance structurelle durable du marché des CDS, principalement grâce à l’aide au diagnostic. L’objectif déclaré est de renforcer leur position de leader en Europe, en particulier dans les pays où leur présence est encore faible. Une croissance de dix pour cent a été enregistrée sur le marché, selon Vincent Bouvier. Si cette croissance est maintenue, ils sera satisfait car elle est principalement tirée par l’aide au diagnostic, ce qui pourrait dépasser la croissance globale du marché.

    En ce qui concerne les ambitions de Vidal, le président du groupe les décrit comme “modérées”, avec la reconnaissance que cette croissance pourrait se maintenir à long terme. « L’idée est d’anticiper des scénarios possibles, comme une crise économique ou un effondrement, mais aussi de se tourner vers la diversification, notamment dans les secteurs du logiciel et de la formation. Cette diversification vise à créer de nouveaux moteurs de croissance, car le marché actuel, bien qu’encourageant, présente des limites. » Dans l’ensemble, le groupe reconnaît les défis technologiques associés à l’information, mais ils voient également les vastes opportunités que ces mêmes défis offrent à l’entreprise.

  • Cancer du poumon : les données de santé au service d’un dépistage organisé

    Le cancer du poumon, première cause de mortalité par cancer

    Si le cancer du poumon est le 3e cancer plus fréquent (2e chez l’homme et 3eme chez la femme) en France avec 52 777 nouveaux cas en 2023, il est le plus meurtrier. De plus, son incidence se stabilise chez les hommes, mais il est en forte progression chez les femmes (+4,3% par an depuis 2010).

    C’est un cancer le plus souvent de mauvais pronostic car en trop souvent diagnostiqué tardivement du fait de manque de symptômes spécifiques.  Il est diagnostiqué en stade IV (survie de 4 % à 5 ans) dans 45 à 55% des cas, avec un taux de survie nette standardisée de 20% à 5 ans.

    80 % des cancers du poumon sont attribuables au tabac, premier facteur de risque. D’autres facteurs peuvent être en cause : des expositions professionnelles (l’amiante), le cannabis ou la pollution atmosphérique.

    Seul un diagnostic précoce permet une chirurgie curative (actuellement réalisée dans 30% des cas), qui associée aux différentes thérapies améliore fondamentalement le pronostic. De nombreuses thérapies innovantes voient le jour dans ce cancer : immunothérapie, thérapies ciblées, … Le diagnostic précoce, et donc le dépiste, est clé pour augmenter l’impact de ces nouveaux traitements.

    Depuis plusieurs années, l’immunothérapie a fait ses preuves sur un grand nombre de cancers aux stades les plus avancés, en étant utilisée seule ou en complément d’autres traitements. La mortalité à deux ans a diminué en France, passant de 74 % en 2010, puis à 52 % en 2020. Grâce aux essais actuels, l’immunothérapie offre la possibilité d’intervenir à des stades précoces et intermédiaires, permettant ainsi de combattre la maladie dès ses premiers stades et d’éviter sa progression vers un stade métastatique. Les perspectives offertes par ce traitement sont donc extrêmement prometteuses.

    Le dépistage organisé, un enjeu majeur

    Il n’existe pas de dépistage organisé du cancer du poumon en France (la HAS a considéré en 2016 que toutes les conditions pour une mise en œuvre optimale n’étaient pas réunies). Mais en 2022, différentes études internationales ont montré que le dépistage par scanner faible dose de patients à risque conduisait à la réduction de la mortalité.  La HAS a donc fait évoluer sa position, et demande à l’INCA de mettre en place un programme pilote pour évaluer et donner accès aux patients à cette modalité. Elle définit également certaines des informations que devraient apporter ce programme pilote et les études à venir, avant d’envisager le déploiement d’un programme de dépistage organisé à large échelle. Les évaluations à conduire devront porter sur :

    • des éléments de santé publique (qualité de vie des patients, aspects économiques…) ;
    • la sécurité du programme de dépistage ;
    • l’acceptabilité de ces programmes de dépistage par la population cible ;
    • et les impacts organisationnel et économique d’un dépistage systématique du cancer bronchopulmonaire.

    Le protocole du dépistage :

    Ce protocole cible des patients à risque (population âgée de 50 à 74 ans ayant fumé de 10 à 15 cigarettes par jour pendant plus de 30 – 25 ans), et préconise chez ces personnes la réalisation de scanners faible dose.

    La mise en place d’un dépistage organisé, au-delà de son évaluation et déploiement, pose un certain nombre de questions :

    • le ciblage et l’identification des personnes concernées ;
    • l’adhésion des personnes à risques ;
    • l’identification et le diagnostic des patients non-fumeurs (presque 20% des cas) ;
    • la réalisation et l’interprétation des scanners faible dose dans un contexte de pénurie de radiologue ;
    • et le développement et l’évaluation d’autres modes de dépistage.

    Le numérique (data et IA) : des solutions au service du dépistage

    Ciblage des patients à risque :

    L’identification des personnes à risque (fumeurs) passe par :

    • des campagnes d’information grand public ;
    • la formation et l’’implication d’acteurs de ville (pharmaciens, généralistes…) ;
    • ainsi que des campagnes personnalisées pouvant utiliser données pour profiler les patients concernés.

    Différentes actions sont menées dans ce sens :

    Développement d’applications pour que les patients évaluent leur situation et aillent consulter :

    Ainsi l’application Smokecheck, développée par 2 médecins du Mans, permet au patient de savoir s’il doit aller consulter : Cette application, à télécharger sur un smartphone, propose un questionnaire d’évaluation en treize questions. Après l’avoir rempli, le patient sait s’il doit consulter un médecin.

    Mise en place d’actions ville/hôpital comme Le programme “INTERCEPTION” :

    Ce programme pilote de Gustave Roussy, ouvert début 2021, a pour objectif global de démontrer qu’une prise en charge coordonnée ville-hôpital et en grande partie digitale, permettant l’identification et la prise en charge spécifique (sensibilisation, dépistage, prévention, parcours de santé) de personnes à risque augmenté de cancer, peut réduire le risque de cancers graves et la mortalité par cancer à long terme. Une plateforme mise en place en 2024 doit permettre la communication directe entre le patient et le médecin traitant. Cette plateforme permet des rappels automatiques, des échanges de documents et la diffusion d’informations sur le dépistage et la prévention.

    L’adhésion des personnes cibles :

    La France est un pays où les habitants sont peu sensibles à la prévention et au dépistage. Les campagnes sont actuellement basées sur les mêmes courriers envoyés sans individualisation ou ciblage intelligent des personnes. Une utilisation du numérique, des théories comportementales et de l’IA pour les campagnes de dépistage peut permettre de mieux toucher les personnes et obtenir des campagnes personnalisées plus effectives.

    Solutions avec IA pour le dépistage des cancers des non-fumeurs (environ 20% des cas) :

    Le cancer du poumon du non-fumeur apparait chez des personnes plus jeunes, sans facteur de risque apparent, présentant des signes cliniques très peu spécifiques. Une IA présentée au RSNA 2023, interprétant des radiologies standards, permet de poser le diagnostic

    Disponibilité scanners et radiologues :

    Il est difficile d’ajouter actuellement des tâches aux radiologues déjà en sous-effectif. Il est probable que l’utilisation de solutions aide au diagnostic avec IA (exemple Incepto et Aidence, application Veye Chest) aident à résoudre ce problème, en particulier en détectant, mesurant les nodules, et en suivant leur progression.

    Les radiologues doivent également résoudre le manque de confiance qu’ils peuvent ressentir face à des solutions incluant de l’IA qu’ils ne maîtrisent pas.

    Utiliser données et IA pour développer de nouveaux modes de dépistage :

    De nouveaux modes de dépistage sont en développement, moins chers et plus faciles à mettre en œuvre que les scanners faible dose : COV (composés organiques volatils), et biopsie liquide (recherche dans le sang, les urines, la salive, le LCR de biomarqueurs du poumon)

    Ainsi le projet DACAPO piloté au sein du CHU de Nice vise à intégrer l’intelligence artificielle et la signature biologique du cancer dans une aide décisionnelle chez les sujets « à risque » de cancer du poumon, qui se sont vu découvrir un nodule parenchymateux de nature indéterminé, et ce dans le but de raccourcir le temps « d’indétermination ». L’objectif est aussi de développer un outil numérique partagé d’aide à la décision médicale destiné au dépistage du cancer pulmonaire. Il s’agit aussi de mesurer le sevrage tabagique chez les fumeurs qui ont entamé le chemin clinique du dépistage et d’évaluer les coûts médico-économique du dépistage en vraie vie

    Quel état des lieux au niveau international ?

    Aujourd’hui, six pays dans le monde ont mis en place un dépistage organisé pour le cancer du poumon : Canada, Croatie, Japon, Corée du Sud, Etats-Unis, Australie, Royaume-Uni.

    En France, le dépistage systématique n’est pas encore effectif. Au niveau Européen, la mise en place d’un dépistage organisé du cancer du poumon n’est effective qu’en Croatie et en Angleterre, illustrant la difficulté de passer à l’implémentation en vie réelle.

    Un programme prometteur en Angleterre

    « Près de 2 400 cancers ont déjà été détectés grâce au programme de bilan de santé pulmonaire ciblé, dont environ les trois quarts sont détectés aux premiers stades un et deux, où les chances de survie sont beaucoup plus élevées. » annonce NHS en aout 2023.

    Le déploiement de cette initiative fait suite au succès de la première phase du programme de dépistage ciblé des problèmes pulmonaires (TLHC) par le NHS England, avec 76 % des cancers du poumon détectés chez les personnes testées à un stade précoce . Le NHS England étendra le programme, en mettant l’accent sur atteindre 40 % de la population éligible d’ici 2025 et prévoit d’atteindre une couverture de 100 % d’ici mars 2030 . Une fois entièrement déployé, il devrait permettre de détecter le cancer chez jusqu’à 9 000 personnes et de réaliser près d’un million de scanners chaque année, tout en garantissant que le traitement puisse être administré plus tôt.

    Des études pilotes en cours en France et en Europe

    Etude prospective de cohortes  CASCADE :

    Etude pilote soutenue par l’INCa et le ministère de la Santé, démontre que les femmes, malgré une consommation équivalente de tabac, sont plus susceptibles de développer un cancer du poumon que les hommes. Cette recherche met en avant l’efficacité potentielle d’un logiciel d’intelligence artificielle en complément du radiologue pour la lecture du scanner de dépistage. Ce dépistage personnalisé, ciblant les femmes à risque, fournira des informations essentielles sur les modalités de lecture des scanners avant une large étude pilote en 2024

    Projet SOLACE :

    Le projet SOLACE (Strengthening the screening of Lung Cancer in Europe) a été lancé officiellement à Vienne le 18 avril 2023. Son objectif est de surmonter les obstacles au dépistage, garantissant ainsi l’accès à toutes les catégories sociales. Durant une période de trois ans, 17 pays européens collaboreront et partageront leur expertise pour atteindre cet objectif.

  • Australie : stratégie et réglementation en santé numérique, vers une utilisation fiable des données

    Publié en décembre 2023 et remise à jour en janvier 2024, la vision met l’accent sur une utilisation de confiance, opportune et accessible du numérique et des données pour la santé des australiens.

    Les priorités stratégiques incluent

    • 1️⃣l’accès des australiens à leurs informations de santé ;
    • 2️⃣le renforcement de la santé numérique par le biais de politiques, de législations et de normes proactives et durables ;
    • 3️⃣la confiance dans les données ;
    • 4️⃣ l’utilisation secondaire des données.

    Pour concrétiser cette vision, le gouvernement prévoit un plan d’action qui sera continuellement mis à jour. Les initiatives prévues s’étendent sur 3 horizons :

    • 🔹court terme 2023-2025 ;
    • 🔹moyen terme 2025-2028 ;
    • 🔹long terme 2028-2033.

    Ce plan d’action dévoilé par le ministère de la santé a été élaborée à la suite de consultations menées auprès des consommateurs, offreurs de soins et de professionnels de santé. Etabli sur une période de 2ans, il vise à réaliser 4 résultats clés afin de répondre aux enjeux stratégiques :

    • 1️⃣ une gestion autonome et un accès facilité aux informations de santé ;
    • 2️⃣les professionnels de santé capables de fournir des soins connectés en toute confiance ;
    • 3️⃣ les données et les informations sont partagées et réutilisées de manière sécurisée ;
    • 4️⃣ un système de santé basé sur des normes pour en assurer sa sécurité et sa fiabilité.

    🔴Stratégie de santé numérique :

    Afin d’atteindre les résultats escomptés, le plan d’action est consacré aux initiatives à court terme suivantes :

    • Progression de la réforme nationale en santé numérique avec les partenaires
    • Efforts continus en matière de politique de santé
    • Modernisation de My Health Record
    • Renforcement des capacités de My Health Record
    • Amélioration de la gestion des médicaments
    • Normes nationales pour soutenir l’interopérabilité du système de santé
    • Capacités nationales d’échange d’informations
    • Développement du personnel médical
    • Santé mentale
    • Initiatives numériques soutenant la santé populationnelle
    • Génomique
    • Soins aux personnes âgées

     

    My Health Record

    Dossier de santé électronique qui permet l’accès au résumé des informations essentielles de santé d’un patient. Les professionnels de santé peuvent y accéder, consulter les informations et ajouter de nouvelles.

    Chiffres clés :

    • En décembre 2023, 23,7 M de dossiers ont des données enregistrées dessus. Soit 4x plus qu’en janvier 2019 ;
    • 1,1 Mds de documents téléchargés dessus ;
    • 99% des pharmaciens et des médecins généralistes utilisent MHR ;
    • 95% des hôpitaux publics l’utilisent ;
    • 26% des spécialistes et 6% des services d’aides aux personnes âgées l’utilisent.

    📌 Pour aller plus loin

    🌍 Les derniers indicateurs H&TI relatifs aux stratégies de santé numérique & data déployées à l’international :

    📝 Les publications H&TI relatives à la santé numérique en Australie (annonces réglementaires / institutionnelles et actions sur le marché) :

  • Rétro 2023 : un amorçage concret du virage préventif qui devrait s’accélérer en 2024

    La mise en place des trois consultations de prévention aux trois âges clés de la vie, la généralisation de la télésurveillance, les appels à projets prévention de Bpifrance ou encore le lancement de programmes de santé populationnelle dans de nombreuses régions… Il s’agit des principales actions mises en place par les pouvoirs publics cette année concernant le domaine de la prévention en France. Depuis les déclarations du président de la République et du ministre de la Santé et de la Prévention lors de leurs vœux du nouvel an 2023, de nombreuses étapes ont été franchis pendant cette année pour amorcer un virage préventif dans l’organisation des soins dans le pays.

    Parmi les acteurs de l’offre de soins, Elsan se positionne comme volontariste et ouvre plusieurs consultations “prévention”. Le CHU d’Angers lance une feuille de route “Prévention-santé publique” à 10 ans. Et Malakoff Humanis propose à ses bénéficiaires un “parcours de prévention” personnalisé.

    Avec cette rétrospective, Health & Tech Intelligence clôt son cycle dédié aux publications clés de l’année passée, en consacrant cet article au sujet de la prévention et du numérique, axe de travail du think tank Health & Tech depuis 2022.

    📌 Des politiques publiques de prévention et un arsenal réglementaire renforcés

    2023 aura vu la mise en place de plusieurs avancées sur le plan réglementaire et législatif pour favoriser les organisations et dispositifs de prévention.

    Au premier chef, après de nombreux mois d’attente et de négociations, l’entrée en droit commun de la télésurveillance a abouti avec la publication des cahiers des charges sur 4 pathologies et très récemment à la mise en place de forfaits majorés en cardiologie et diabétologie (voir ici le point sur les textes clés publiés dans le JO en fin d’année).

    L’entrée en vigueur de Pecan et la dynamique des investissements :

    Sur le volet des solutions, Pecan est le nouveau système de prise en charge dans le droit commun des solutions de télésurveillance et des dispositifs médicaux numériques incluant les solutions de prévention numérique. Ce mode de prise en charge spécifique à ces solutions numériques et préventives, mis en place par la Haute autorité de santé (HAS), permet d’accélérer le remboursement des solutions, leur diffusion et leur usage. Effet levier pour les entreprises innovantes, plusieurs d’entre elles ont levé des fonds significatifs en 2023, dans un contexte pourtant délicat des investissements (voir le bilan H&TI des levées de fonds 2023 ici) :

    • en mai 2023, la start-up parisienne BrightHeart a levée 2 millions d’euros pour améliorer le dépistage des cardiopathies congénitales chez le fœtus ;
    • en juin, Numa Health lève 4 millions d’euros pour diffuser ses solutions de médecine préventive et prédictive personnalisée
    • au mois de septembre, la start-up bretonne Biosency lève 7 millions d’euros pour lancer une nouvelle solution de télésurveillance en santé respiratoire ;
    • en fin d’année, 20 start-ups parmi 162 candidats ont été sélectionnées par Bpifrance et PariSanté Campus, pour former la première promotion de l’accélérateur dédié à la santé préventive – elles bénéficieront entre autres du soutien financier de Bpifrance ;
    • du côté de Doctolib, des services pour “développer la prévention” figure parmi les priorités d’innovation annoncées par l’entreprise en 2023, qui concentrent un investissement s’élevant à 92 millions d’euros.

    Retrouvez les principaux articles sur le dispositif Pecan :

    Loi de financement de la Sécurité sociale : 

    Le PLFSS pour l’année 2024 aura aussi permis de conforter la LFSS de 2023 sur la mise en avant de la prévention comme priorité, notamment par la réorganisation des compétences des structures avec des fonctions de prévention, mais aussi le maintien et la modification des rendez-vous prévention « aux âges clés de la vie ».

    Les rapports clés sur la prévention portés par plusieurs collectifs

    📌 Des acteurs publics et privés prennent l’initiative

    L’offre de soins en prévention :

    • La prévention chez Elsan : en 2023, le groupe d’hospitalisation privée a complété “son offre de santé territoriale et crée des filières de soins cohérentes pour les patients en développant des actions de santé publique”, allant de la sensibilisation sur l’hygiène de vie et la prévention des maladies chroniques aux dépistages, et vaccination.
    • Au CHU d’Angers, une feuille de route “Prévention-santé publique” à 10 ans : le 6 juin 2023 s’est tenu à Angers un forum intitulé « Osons la prévention ! » qui avait réuni, “à proportions égales”, 150 collaborateurs de l’établissement – professionnels médicaux, paramédicaux, techniciens et administratifs. Cet événement avait pour objectif de “confirmer l’implication du CHU en matière de prévention, créer une véritable dynamique collective autour de cette volonté et définir la feuille de route de l’établissement pour les dix années à venir”. En plus d’avoir été intégrée comme un projet d’établissement 2020-2024, la prévention a une direction au niveau de l’établissement depuis janvier 2021 : la “direction Prévention, Santé publique, Relations ville-hôpital”.
    • Le parcours de prévention de Malakoff Humanis : il s’agit d’un programme qui vise à “améliorer la santé de la population en évitant ou réduisant l’apparition de maladies, handicaps et accidents”. Cette initiative se construit sur plusieurs actions préventives menées par Malakoff Humanis et intègre “un bilan médical réalisé par un médecin du centre, complété d’un volet psychosocial réalisé par un psychologue”. À l’issue du bilan, un parcours de prévention personnalisé est proposé au bénéficiaire.

    ➡️ Ce récapitulatif des actions émanant d’acteurs publics et privés n’est pas exhaustif, d’autres initiatives ont pu être lancées en France, en 2023. H&TI continuera de les suivre et de les analyser en 2024.

    📌 La santé populationnelle continue son évolution

    En France, des expérimentations régionales commencent à faire leurs preuves, une généralisation en question :

    La notion de santé populationnelle, mise en avant dans les vœux du président de la République pour l’année 2023 s’est  développée doucement tout au long de cette année. De nombreuses expérimentations basées sur ce modèle (appelé Population Health Management en Europe et aux Etats-Unis) ont vu le jour en France sur le terrain. C’est le cas notamment des  articles 51 promus par la FHF, et mis en avant par Antoine Malone, en charge de la prospective de la FHF, dans 5 territoires (l’Aube et le Sézannais, la Cornouaille, les Deux-Sèvres, le Douaisis et la Haute-Saône, ou comme Niort ou Strasbourg, puis plus récemment par la région PACA.

    Ces cas d’usage laissent entrevoir l’arrivée d’une organisation intégrée des soins préventifs, basés sur la donnée et amplifié par le numérique, afin de prévenir la survenue de pathologies chroniques lourdes chez les patients à des échelles de plus en plus importantes. Les acteurs industriels se disent prêts à accompagner ces politiques et organisations innovantes :

    📌 De nombreux AAP pour faire avancer la prévention

    Des dispositifs pour développer un écosystème de startups et solutions de prévention :

    📌 Un écosystème en développement

    Cette année 2023 est aussi marquée par le développement d’un écosystème de la prévention en santé important. De nombreux acteurs nationaux, aussi bien issus du monde public que privé ont mis un point d’honneur à adresser ces questions.

    De nombreux groupes de réflexions ont abordé ce sujet, sur le plan organisationnel, politique, scientifique, numérique… On peut par exemple citer le Think tank Health&Tech, qui a fait de la prévention son sujet depuis 2022, mais aussi l’institut Montaigne, des syndicats comme le LEEM ou Numéum, ou encore les nombreux acteurs  comme l’AIS, la BPI, l’ANS ou encore des investisseurs privés et des industriels, qui accompagnent l’écosystème dans son développement.

    L’écosystème a pu notamment se réunir lors de différentes rencontres, tel que le Health&Tech Summit 2023, qui a réuni plus de 300 acteurs du numérique, de la santé et de la prévention sur trois journées du 12 au 14 décembre 2023. Parmi les axes du sommet,  les apports du numérique et de l’IA en santé, notamment dans la prévention des pathologies ont permis de découvrir de nombreux projets internationaux, comme par exemple l’usage de la génomique en Israel, la prévention des maladies chroniques à Glasgow, ou encore le modèle Allemand de santé populationnelle, et son implantation en Europe.

    … Et des référents clés (mercato)

    De nouveaux référents clés en charge de la prévention dans divers institutions et cabinets ministériels, ont été nommés :

    📌 Une dynamique européenne et internationale : des projets structurants

  • Utilisation secondaire des données de santé : vers une méthode d’autorisation bénéfices/risques ?

    Fonder les décisions d’autorisation des projets d’utilisation des données de santé à des fins de recherche sur une balance bénéfices/risques, telle est la proposition portée par le conseil scientifique du Health Data Hub (HDH).

    Publié le 2 janvier 2024, ce “position paper” vise à proposer une méthode d’évaluation des projets de recherche sur la base de l’évaluation “des bénéfices du projet versus les risques que celui-ci ferait courir”, notamment en matière :
    📌 de divulgation de données personnelles ;
    📌 de réidentification des patients ;
    📌 ou encore d’espionnage industriel.

    Pour une culture du bien commun de la donnée de santé

    Le rapport intitulé “Bénéfices et risques de l’utilisation des données de santé à des fins de recherche“* proposé par un groupe de travail du conseil scientifique consultatif du HDH prend acte de nombreux freins qui rendent aujourd’hui complexes les projets de recherche en France et cherche à pondérer les risques liés à l’utilisation secondaire des données de santé – dans le cadre réglementaire actuel face aux bénéfices en matière de santé publique.

    🛑 Parmi les freins reconnus par les auteurs, sont notamment relevés :

    1️⃣ l’interdiction d’utiliser des outils américains pour stocker des données, alors qu’aucun cloud européen n’est disponible et qu’il n’y a jamais eu de plaintes dans le secteur de la santé contre des industriels américains qui ne respecteraient pas le RGPD dans le domaine de la santé, ni de documentation de tentatives de réidentification de données anonymisées de recherche en santé ;

    2️⃣ la difficulté d’utilisation du NIR pour apparier les bases de données que l’on souhaite croiser, alors que cela est possible dans beaucoup de pays européens, soumis à la même réglementation européenne que la France ;

    3️⃣ des délais d’attente se chiffrant en année pour accéder à la base principale du SNDS alors que la file d’attente se réduirait si une copie de la base principale du SNDS était au catalogue du HDH ;

    4️⃣ un écosystème trop complexe pour des raisons historiques, qui a besoin d’être simplifié pour aller vers un guichet unique, comme la directive européenne en préparation le préconise ;

    5️⃣ une communication grand public ne portant que sur les risques et non sur les bénéfices, alors que les citoyens bien informés sont en faveur de l’usage de leurs données pour la recherche.

    ✅ Les bénéfices soulignés en faveur de la santé publique et du bien commun doivent conduire à une nouvelle approche méthodologique des décisions d’autorisation :

    “Nous proposons que la balance bénéfice/risque soit dorénavant le support des décisions d’autorisation pour l’utilisation des données de santé à des fins de recherche, alors que les critères actuels privilégient la protection absolue de la vie privée, ce qui entrave ou retarde la réalisation de nombreuses études de grande pertinence.”

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    Les risques identifiés apparaissent comme limités, selon les auteurs, en raison du cadre réglementaire et technique entourant les décisions d’autorisation de la CNIL :

    1️⃣ le risque de révélation de données personnelles est un risque majeur pour les données nominatives mais très faible pour les données pseudonymisées et nul pour les données anonymisées ;

    2️⃣ le risque d’utilisation non contrôlée, au-delà de l’information des personnes, dépend du respect des règles d’utilisation par les opérateurs. Il est très surveillé ;

    3️⃣ le risque de vol de données et d’espionnage par des industriels ou des états est souvent cité par les opposants, il est pourtant extrêmement réduit car les données non nominatives n’ont pas de valeur marchande et ce type de vol ne s’est encore jamais produit ;

    4️⃣ le risque de violation de la propriété intellectuelle et de préjudice financier par obstacle à la valorisation est souvent cité mais non documenté ;

    5️⃣ le risque de surveillance normative des professionnels de santé est craint par ces professionnels, alors que cette surveillance est légitime du point de vue des financeurs du système de santé”.

    Au regard de ces risques, les bénéfices de l’utilisation de ces données peuvent être importants pour la collectivité (ex. pertinence des soins, prévention des scandales sanitaires, évaluation des innovations) et pour l’individu (ex. développement de nouveaux traitements) et avoir des impacts sur les individus eux-mêmes.

    🔓 Les bénéfices attendus de l’accessibilité de ces données sont nombreux :

    1️⃣ elles facilitent la surveillance épidémiologique des grandes pathologies, base de beaucoup de décisions en santé publique ;

    2️⃣ elles permettent de mesurer l’efficacité des soins et de détecter des situations locales ou régionales s’écartant significativement de la moyenne ;

    3️⃣ de même pour le suivi de l’évolution des pratiques dans le temps et leur impact ;

    4️⃣ elles permettent de documenter les effets positifs et négatifs des innovations qui sont introduites par l’évolution des pratiques, qu’elles soient médicamenteuses, techniques ou organisationnelles ;

    5️⃣ elles informent sur l’accès des patients aux interventions de santé : on peut calculer des taux et délais, et les croiser avec des variables géographiques, des données sociales et économiques, et ainsi identifier des inégalités, ce qui fonctionne ou non, et sur quels territoires doivent porter les efforts d’amélioration en priorité ;

    6️⃣ elles contribuent directement à l’amélioration des connaissances, étape indispensable pour améliorer les pratiques et concevoir des politiques publiques efficaces et protectrices.

    7️⃣ elles sont indispensables pour développer les usages de l’intelligence artificielle grâce à de nouveaux algorithmes de bonne qualité car entraînés et testés sur des populations représentatives, ce qui n’est pas toujours le cas actuellement ;

    8️⃣ elles permettent d’évaluer l’efficacité des campagnes de prévention ou de dépistage, et l’observance des recommandations de bonnes pratiques.

    💡 Plusieurs pistes de solutions pour accélérer l’utilisation des données de santé :

    Le rapport* conclut sur l’existence de solutions à mettre en place :

    • simplifier les procédures : Evaluer les  projets de recherche sur les aspects de sécurité technique et de respect des règles réglementaires au niveau des établissements et non de chaque projet ;
    • faciliter l’accès au SNDS : permettre au HDH d’héberger une copie du SNDS ;
    • utiliser une grille d’évaluation des risques et des bénéfices pour atteindre un consensus sur le poids respectif de chacun des items en transposant la méthode utilisée dans les processus de prise de décision pour les autorisations de mise sur le marché des produits de santé ou d’organisation de dépistages en population, par exemple.

    Et demande l’ouverture de 3 chantiers :

    • celui de la distinction du consentement des personnes entre données de soin et données de recherche ;
    • celui de l’usage du numéro d’identification national pour le chaînage des données ;
    • et celui de la simplification du système des autorisations.
  • « 2040 : le jour où notre système de santé craquera » :

    Le système de santé français est-il sur le point de s’effondrer ? C’est en tout cas le point de départ de Marseille 2040, une enquête du journaliste Philippe Pujol, qui dessine ce que sera la santé demain : robotisation des chirurgies, systématisation de la téléconsultation, généralisation de soins en réseau, ré-attribution des compétences dans les métiers de la santé, etc.

    Ce récit d’anticipation – «  ce qui permet d’assumer une certain part d’incertitude et d’imagination de la part de l’auteur » – est néanmoins issu d’une longue enquête menée en lien avec l’Agence Régionale de Santé PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur).

    Le choix de Philippe Pujol, Prix Albert Londres 2014 – s’est porté sur la région PACA pour plusieurs raisons : sa connaissance du terrain – il est journaliste au quotidien régional La Marseillaise -, l’accès aux travaux de l’ARS ainsi que le climat et le vieillissement de la population.

    Médicaments envoyés par e-mail et partage total des données de santé

    2040 : A 23 ans, Antoine est un « régulateur de santé » travaillant à l’ARS de PACA. Ses missions, il les exécute en fonction des préconisations de son assistant virtuel (AV) qu’il a, pour des raisons de santé, « refusé de se faire poser en implant dans l’oreille interne », contrairement à la plupart des ses collègues.

    Il est né en 2017 – un temps où émergeaient les dispositifs numériques de santé. « Ca portait le nom ridicule de « e-santé » mais ça permettait déjà au patient de déclencher une alerte, par exemple pour permettre un contact rapide avec un soignant pour obtenir des conseils et des soins ou détecter une chute d’une personne âgée », écrit Philippe Pujol.

    Aujourd’hui, en 2040, toute la chaîne de réponse est dématérialisée et permet de faire intervenir le professionnel le plus proche. Quant à la téléconsultation, elle est organisée sur tout le territoire.

    Antoine travaille notamment en lien avec Santalert, une société de surveillance de patients reliée à leur AV, qui alerte Antoine en cas de détérioration de leur état de santé. Ainsi, ce matin, à 8h26 il reçoit une notification au sujet de Nathalie. Elle a 87 ans, vit seule à Saint-Cyr-sur-mer et son rythme cardiaque est trop lent, les apnées du sommeil se multiplient. Puis vient une alerte au sujet de Sélim, persuadé chaque jour de faire des crises cardiaques. Il est gravement hypocondriaque et Antoine prescrit un placebo qu’il envoie par e-mail : il s’agit d’un son bizarre présenté comme de la musicothérapie. « Ce type de prescription était encouragé et désormais remboursé par la Sécurité sociale afin d’éviter une surmédication inutile et coûteuse. »

    Antoine est atteint d’une sclérose en plaques, mais son traitement  en a annihilé tous les symptômes. Tous ces collègues sont au courant puisque pratiquement plus personne en 2040 ne cherchait à protéger ses données. La Transparence avait été plus ou moins imposée culturellement ». « Pour Antoine comme pour toutes les personnes de son âge, la protection de la vie privée n’avait jamais eu vraiment de sens. Il avait grandi dans la Transparence, cette injonction à livrer ses secrets était, pour cette génération, ressentie comme un soulagement plutôt que comme une intrusion », écrit l’auteur.

    Mais en ce jour de chaleur écrasante mais banale – depuis le Flash de 2028 qui a entraîné une crise sanitaire de grande ampleur, chaque année battait un nouveau record de température – une mauvaise nouvelle tombe pour Antoine : un collègue l’a informé qu’un robot allait être mis en place pour automatiser le travail des régulateurs de santé…

    Rendez-vous à l’ARS

    Antoine et ses collègues sont convoqués pour une réunion. On leur explique qu’une phase test va commencer : chaque régulateur devra accompagner l’Intelligence artificielle qui doit le remplacer. Des propositions de reclassement doivent être envoyées aux assistants virtuels de chacun.

    Pour Antoine, étant donné sa pathologie, il est tout désigné pour devenir formateur-patient sur la sclérose en plaques. C’est-à-dire qu’il va faire de sa maladie son métier…

    Mais le héros de Philippe Pujol remarque dès la phase test que l’IA Medi-Flux va trop vite. Trop efficace pour des humains : elle déclenche certes les protocoles adéquat mais sans recul, sans phase d’acceptation des malades. « Une maladie ça ne répond pas à des algorithmes » s’agace Antoine.

    Commence alors pour Antoine une enquête pour découvrir ce qui se cache derrière ces changements et pour agir afin d’éviter un nouveau Flash.

    En annexe de l’ouvrage , l’auteur a ajouté des données sur le vieillissement en France, la progression des maladies chroniques ainsi que des extraits du cadre d’orientation stratégique « Prospective 2030 » de l’ARS PACA.