Actualité

  • Le financement de la R&D biotech atteint 102 milliards $ en 2024, un record sur dix ans

    Une dynamique de financement renforcée

    En 2024, le financement global de la recherche et développement dans les biotechnologies a atteint 102 milliards de dollars, selon le rapport Global Trends in R&D 2025 de l’Institut IQVIA. Hors pics exceptionnels dus à la pandémie en 2020 et 2021, ce niveau représente un sommet sur la dernière décennie. La croissance provient à la fois des introductions en bourse, des financements de suivi et d’autres sources issues des secteurs public et privé. Par rapport à 2023, l’augmentation est notable, le montant étant alors de 71 milliards de dollars.

    Stabilisation des essais cliniques et lancements de médicaments

    Le nombre de démarrages d’essais cliniques s’est stabilisé à 5 318 en 2024, après deux années de baisse. Ce volume rejoint le niveau pré-COVID observé en 2019 (5 316 essais). Cette stabilité s’explique par une reprise de l’activité, en particulier des entreprises chinoises et, plus récemment, des grandes entreprises pharmaceutiques et des biotechs émergentes, notamment en phase I.

    L’année 2024 a vu le lancement de 65 nouvelles substances actives dans le monde, contre 80 en 2023. Malgré cette baisse, le niveau reste supérieur à celui de la période pré-pandémique. Parmi les nouvelles thérapies figurent le premier nouveau mécanisme d’action pour la schizophrénie depuis plus de 30 ans, une première option pour la stéatohépatite métabolique (MASH), ainsi que plusieurs traitements pour des pathologies neurologiques rares et des maladies hématologiques non oncologiques.

    Productivité en progression grâce à la phase III

    La productivité du développement clinique s’est améliorée sur l’année, portée par des taux de réussite important en phase III, qui compensent les reculs observés en phase I et II. Cette progression s’accompagne toutefois d’un allongement de la durée des essais. Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques, des incertitudes économiques et des évolutions réglementaires, les promoteurs d’essais renforcent l’usage de leviers technologiques. L’adoption de cadres décisionnels standardisés, de technologies cliniques, de représentations plus inclusives des patients, de données en vie réelle et de solutions d’intelligence artificielle soutient la performance des essais. Ces outils contribuent à améliorer la vitesse d’exécution, les chances de succès et à maîtriser les coûts.

  • Elsan : « La robotique est un levier d’innovation, d’attractivité territoriale et d’amélioration continue du soin »  (M. Combes)

    Quel est l’objectif du programme robotique lancé par Elsan?

    Myriam Combes : Notre stratégie médicale repose sur plusieurs piliers : l’accessibilité et la proximité, la qualité des soins mesurée objectivement, la formation continue des praticiens, et la construction de la santé de demain. Le programme robotique s’inscrit pleinement dans cette vision.

    Il y a d’abord une phase d’équipement, avec un plan d’acquisition ambitieux : 16 robots sur 2024-2025, 6 supplémentaires en 2026, et potentiellement 3 autres en 2027. Mais l’objectif n’est pas uniquement technologique : il est aussi évaluatif. Nous voulons mesurer de façon rigoureuse l’impact de la robotique sur la qualité du geste, la récupération des patients, et l’efficience médico-économique. 

    Comment Elsan garantit-il l’accessibilité à la chirurgie robotique sur tout le territoire ?

    M.C : Elsan est un acteur de santé de proximité : 60 % de nos établissements sont situés dans des villes moyennes, et deux Français sur trois vivent à moins de 40 km d’un établissement Elsan. Cette logique de maillage territorial guide aussi notre déploiement robotique.

    Nous avons implanté des robots dans chaque grande région où nous sommes présents, y compris dans des villes comme Roanne ou Le Puy-en-Velay. Nous favorisons les robots multi-spécialités, pour maximiser leur utilité. C’est un enjeu d’accès aux soins, de qualité des soins, mais aussi d’attractivité médicale pour les territoires : proposer un plateau technique moderne est un levier fort pour attirer et fidéliser les praticiens. 

    Quels sont les usages cliniques actuels et les perspectives par spécialité ?

    M.C : Historiquement, la chirurgie robotique s’est développée en urologie, mais d’autres disciplines prennent le relais. La chirurgie digestive est en plein essor, notamment chez les jeunes praticiens qui se forment déjà avec ces outils. Ensuite viendront la gynécologie, le thoracique, et les spécialités orthopédiques comme les remplacements prothétiques du genou, de la hanche ou de l’épaule. 

    Nous distinguons deux approches complémentaires : 

    • Des robots multi-spécialités, utilisés dans plusieurs disciplines dans un même établissement. 
    • Des robots d’hyper-spécialité, comme Loop-X ou Mazor, déployés dans des centres selon les besoins médicaux locaux. 

    Vous menez aussi des études cliniques. Quels en sont les objectifs ?

    M.C : La recherche est essentielle our améliorer nos pratiques cliniques. Nous avons, par exemple, lancé une étude multicentrique sur le cancer de la prostate, comparant trois approches : chirurgie à ciel ouvert, coelioscopie, et chirurgie robotique. 1 400 patients ont été inclus, les premiers résultats sont attendus d’ici la fin de l’année.

    Au total, 27 établissements participent à ces études. Leur force, c’est qu’elles sont représentatives de la pratique libérale en territoire, avec un niveau d’exigence méthodologique très élevé. Cela nous permet de mesurer l’impact en vie réelle, ce qui est essentiel pour l’amélioration des pratiques. 

    « Ce que nous voulons valider, ce n’est pas seulement une perception clinique, mais une réalité mesurable : moins de complications, moins de douleur, récupération plus rapide. »

    Des partenariats industriels soutiennent aussi votre démarche. Quels sont leurs bénéfices ?

    M.C : Nous collaborons avec plusieurs fabricants de robots, dont Moon Surgical (Maestro) et Medtronic (Mazor, robot rachidien). Ces partenariats nous permettent d’être primo-utilisateurs de certaines technologies et d’observer leur impact concret sur les pratiques. 

    Par exemple, Maestro est un assistant robotique. Et la polyclinique Franche-Comté (Elsan, Besançon) a été un des 2 premiers sites pilotes européens de cet assistant robotique : nous y regardons son impact sur la prise en charge du patient et le confort du praticien et de l’équipe du bloc opératoire, sachant que sa sécurité a déjà été validée. 

    La formation est-elle un enjeu pour accompagner cette transition ? 

    C’est un point essentiel. Nous avons mis en place, avec des industriels comme Intuitive, un programme de formation dédié aux praticiens d’Elsan. Il répond à deux besoins : 

    1. Former ceux qui découvrent la robotique. 
    1. Améliorer en continu les pratiques de ceux déjà expérimentés. 

    Mais il faut aller plus loin : la robotique est un travail d’équipe. Nous formons aussi les soignants (infirmiers, aides opératoires, etc.), car toute la chaîne doit maîtriser les outils. C’est une culture de la pratique robotique que nous construisons. 

    Quelles résistances avez-vous pu observer dans l’adoption de la robotique ?

    M.C : Il existe un effet générationnel. Les jeunes chirurgiens, en urologie ou en digestif, se forment directement sur le robot. Pour eux, c’est un prolongement naturel de leur pratique. D’autres, plus expérimentés, peuvent être plus réticents : certains s’y mettent avec curiosité, d’autres préfèrent rester sur des techniques éprouvées, comme la coelioscopie. 

    Mais attention : la chirurgie robotique est une autre façon de pratiquer. Ce n’est pas une simple extension de la coelioscopie. C’est un mode opératoire très différent, plus proche dans son geste de la chirurgie à ciel ouvert, avec un champ opératoire plus focalisé, plus précis. 

    Vers quelles évolutions va-t-on, notamment avec l’IA ou la réalité augmentée ?

    M.C : Les briques technologiques sont déjà là. Par exemple, des outils permettent de reconstruire un organe en 3D et de l’intégrer dans le champ opératoire. À terme, l’IA pourra : 

    • bloquer l’accès à des zones dangereuses (vaisseaux, nerfs, etc.), 
    • guider le chirurgien par étapes, en l’obligeant à identifier certaines structures avant de poursuivre. 

    C’est le début d’une standardisation intelligente du geste, qui améliore la sécurité tout en gardant l’expertise humaine au centre. 

    Quels sont les projets à venir pour Elsan dans ce domaine ?

    M.C : D’ici 2027, nous allons continuer à étendre notre maillage robotique, avec de nouvelles spécialités intégrées, en miroir de ce que l’on observe à l’international. L’orthopédie va prendre une place croissante, avec des robots spécifiquement conçus pour la chirurgie articulaire. 

    Et surtout, nous allons poursuivre la déclinaison territoriale de notre programme, pour que chaque patient, où qu’il vive, puisse bénéficier des technologies de demain. 

    « La robotique, c’est un levier d’innovation, de formation, d’attractivité territoriale et d’amélioration continue du soin. »

    👉 La chirurgie robotique sera l’un des thèmes abordés  lors de la soirée du 1er avril, le live d’innolab accessible en digital sur inscription gratuite ici : https://my.weezevent.com/accelerer-le-deploiement-des-innovations-technologiques-digital

  • Retour sur HIMSS 2025 & Visite découverte le 3 avril à l’hôpital des 15-20

    Chers membres,

    Himss 2025 a été une édition marquante par la forte place d’une IA mature, intégrée et responsable. L’IA clinique, l’automatisation des flux de travail, l’interopérabilité avancée, la cybersécurité et l’engagement patient via les technologies digitales ont été au cœur des discussions et stratégies des acteurs mondiaux réunis à Las Vegas.

    Notre délégation a eu l’opportunité d’échanger avec des leaders de la santé numérique et d’analyser comment les grandes institutions américaines comme UCLA Health et Cedars-Sinai intègrent ces technologies à l’échelle opérationnelle. Parmi les insights majeurs que nous partagerons lors de cette conférence :

    🔹 Les tendances fortes de HIMSS 2025 : montée en puissance de l’IA clinique, rôle des agents IA dans la gestion des parcours patients, télémédecine et santé populationnelle…

    🔹 L’impact des modèles américains : à UCLA Health, l’implémentation des command centers alimentés par l’IA optimise les soins en temps réel.

    🔹 France vs États-Unis : où en sommes-nous ? Comparatif des stratégies de digitalisation, adoption des technologies et évolutions réglementaires. Quels sont nos atouts ? Quels sont les défis à relever ?

    🔹 Quelles applications concrètes pour le marché français ? L’essor des agents IA autonomes : entre opportunités et régulation, quels sont les premiers cas d’usage en France ?

    Nous vous proposons une session de décryptage approfondi avec des échanges interactifs et des discussions ouvertes sur les perspectives stratégiques pour l’écosystème français.

    🎯 Bonus : visite immersive à l’hôpital des 15-20

    Après la table ronde, une visite immersive sera organisée par l’hôpital des 15-20  : découverte du bloc opératoire autonome, de l’expérimentation Mikajaki, du nouveau Centre de chirurgie réfractive et de l’Institut de réadaptation St Louis. Cette visite offrira un aperçu concret des technologies en cours d’intégration et de leurs impacts sur l’organisation des soins.

    📅 Date & Lieu : 3 avril à l’hôpital des 15-20 ou à distance via Teams
    Places limitées ! Gratuit pour les membres du Think Tank & Health&Tech Intelligence
     Inscription obligatoire – Ne manquez pas cette occasion d’anticiper les prochaines évolutions de la santé numérique ! Inscrivez-vous dès maintenant!

  • IA & perte d’autonomie : 79 % des Français pensent que l’IA risque d’isoler davantage, en diminuant leurs interactions sociales avec le personnel aidant (étude Abilitis)

    Du champ de la médecine à celui du médicosocial

    L’intelligence artificielle (IA) représente aujourd’hui aux yeux de tous un grand potentiel dans différents domaines d’application de la médecine, qu’il s’agisse de la recherche médicale ou pharmaceutique, de la médecine prédictive, de l’aide au diagnostic ou à la personnalisation des traitements, etc. ; le champ est immense, bien que cela ne soit pas sans soulever des questions éthiques. Dans le secteur médicosocial, pour les personnes en situation de perte d’autonomie, du fait de l’âge ou du handicap, les avancées sont moins nombreuses mais néanmoins prometteuses.

    Les services attendus de l’IA pour le maintien à domicile selon Abilitis :

    Stéphane Bridel, directeur général du fonds de dotation Abilitis, qui succède au fonds Handicap & Société, estime que « face aux enjeux liés à la perte d’autonomie, résultant notamment du vieillissement de la population, et aux problématiques de recrutement dans les secteurs du soin et de l’accompagnement, nous ne pouvons pas faire l’impasse de cet allié de choix pour le maintien à domicile. Cependant, il nous faut garantir que l’utilisation de l’IA se fera dans un cadre éthique et accessible, au service des plus vulnérables ».

    L’intelligence artificielle est perçue par les experts comme porteuse d’espoir pour améliorer le quotidien des personnes en perte d’autonomie, qu’ils soient âgés ou en situation de handicap, mais également pour faciliter la tâche des aidants et leur laisser plus de temps pour la relation humaine avec les personnes aidées.

    Pour les personnes en perte d’autonomie, l’IA est considérée comme un moyen de :

    • maintenir le plus longtemps possible leur autonomie : par exemple, la domotique et la robotique peuvent aider à l’accomplissement des gestes du quotidien, ou encore la télésurveillance peut assurer un suivi à distance de leur état de santé ;
    • améliorer leur sécurité : des outils de médecine prédictive peuvent par exemple permettre d’anticiper les risques de santé, ou encore des détecteurs de chute peuvent alerter les secours en cas d’accident ;
    • rompre leur isolement : l’IA permet d’envisager la conception de robots de compagnie, capables de détecter les baisses de moral et proposer des activités pour stimuler les personnes.

    Pour le soutien aux aidants, l’IA est vue comme un moyen de :

    • les soulager dans le suivi des personnes en perte d’autonomie : l’IA peut aider à la réalisation des comptes rendus de visite ou encore aider à la gestion des plannings de passage ;
    • améliorer la qualité de l’aide apportée l’IA peut aider à l’identification des profils les plus à risque, à la personnalisation des interventions ou encore à la détection plus fine des besoins.

    L’essor de l’IA dans le secteur du médico-social, qui promet les avancées technologiques importantes comme celles qui viennent d’être citées, n’est cependant pas sans soulever certaines questions, notamment sur le risque de déshumanisation de la relation d’aide, sur la protection des données personnelles ou encore sur le risque de fracture numérique, qui exclurait de fait les personnes les plus vulnérables. Ce sont ces interrogations qui font l’objet du sondage qu’a fait effectuer le fonds Abilitis.

    Le public sondé exprime espoir et craintes à l’égard de l’IA

    Le livre blanc présente les résultats du sondage que le fonds Abilitis a fait effectuer par Viavoice en novembre 2024 auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de l’ensemble des Français.La question de la perte d’autonomie préoccupe, de près ou de loin, 63% des personnes interrogées. Les trois quarts des personnes expriment des craintes quant au niveau de l’aide apportée ou susceptible de l’être, tant au plans médical, administratif que psychologique. Les proches estiment à 72% que les personnes aidées souffrent de solitude, malgré le recours aux auxiliaires de vie, trop absorbées dans leur tâche. Le recours à l’IA pourrait apporter un appui technique au maintien à domicile. 87% des personnes seraient favorables par exemple à la mise en place de dispositifs pour la surveillance de la prévention des chutes et 76% à la télémesure des données vitales. Cependant, le public interrogé exprime très majoritairement, à 79%, la crainte que, dans le domaine de la santé et de l’aide aux personnes en perte d’autonomie, l’IA, si elle permet d’améliorer effectivement leur suivi, risque aussi de les isoler davantage, en diminuant leurs interactions sociales avec le personnel aidant. En outre, 79% des sondés expriment des craintes sur la confidentialité des données recueillies et 52% d’entre eux estiment même que globalement l’IA présente plus de risques que de bénéfices.

    Les craintes exprimées peuvent être rattachées à leur grand manque d’information. Un travail de pédagogie est donc nécessaire pour lever les doutes au sujet de l’IA, ce à quoi souhaite s’employer le fonds Abilitis, au travers de propositions destinées à faire de l’IA un levier accessible et éthique au service des personnes en perte d’autonomie.

    Les propositions d’Abilitis pour l’IA dans la dépendance :

    Abilitis émet 6 propositions pour transformer l’IA en un outil stratégique, qui réponde aux besoins des personnes en perte d’autonomie :

    1️⃣ La stratégie nationale pour l’IA doit s’appliquer au handicap et à la perte d’autonomie avec les actions suivantes :

    • Lancement d’un appel à projets axé sur le handicap et la perte d’autonomie ;
    • Création d’un fonds public pour financer les initiatives liées à l’IA destinées au maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie ;
    • Mise en place d’une gouvernance interministérielle dédiée, afin de coordonner les dispositifs.

    2️⃣ Sensibiliser et former le public, tant pour réduire les craintes que pour développer les connaissances nécessaires au déploiement de l’IA dans le secteur des services à la personne, avec les actions suivantes :

    • Mise en place de programmes éducatifs labellisés par l’État ;
    •  Diffusion de campagnes nationales de sensibilisation ;
    • Création de modules spécifiques intégrés dans les formations sanitaires et médicosociales.

    3️⃣ Encourager l’usage éthique de l’IA, en posant un cadre règlementaire conforme aux dispositions de l’AI Act, dont l’entrée en application est prévue en 2026.

    4️⃣ Lutter contre la fracture numérique des personnes en perte d’autonomie par les actions suivantes :

    • Améliorer l’accessibilité et l’utilisation des services en ligne ;
    •  Faciliter l’accès aux équipements informatiques et à internet ;
    •  Instaurer des services d’accompagnement personnalisé.

    5️⃣ Développer des « Maisons de l’intelligence artificielle » dans chaque région, sur le modèle de la Maison intelligente de Blagnac. Ces plateformes permettraient de stimuler l’innovation, à la manière d’un incubateur, et de recenser les bonnes pratiques, en France et dans les pays en pointe sur les questions d’accompagnement des publics en perte d’autonomie.

    6️⃣ Afin de tirer le meilleur parti de l’IA au service des personnes en situation de perte d’autonomie, tout en réduisant le risque de leur isolement social, il est nécessaire de toujours associer l’IA avec l’intervention de personnes humaines.

    Un guide ANAP pour faciliter et sécuriser l’utilisation de l’IA en EHPAD

    Afin de « déployer l’IA en toute confiance » l’ANAP propose un guide à destination des gestionnaires et des utilisateurs dans les établissements de santé et médico-sociaux. Ce document donne des éléments techniques pour se repérer (un lexique, les avantages à considérer). Il insiste sur la gouvernance (comitologie interne à l’établissement, règles éthiques) et « les bonnes pratiques pour une mise en œuvre respectueuse des données » incluant le respect de la règlementation européenne.

    Le règlement 2024/1689 du 13 juin 2024 (dit « RIA »), pose les premières pierres de la réglementation applicable en Europe à l’IA. Il s’applique à tous les utilisateurs des outils d’IA et les établissements du secteur de l’autonomie entrent dans le champ d’application de ce règlement, même pour l’utilisation d’outils relativement simples, de type Copilot, ChatGPT, Mistral AI, etc.

    Si le RIA n’entrera pleinement en vigueur qu’en 2026, son application est progressive et certaines obligations sont applicables depuis le 2 février 2025, notamment en ce qui concerne les outils d’IA qui sont prohibés et l’obligation de formation des salariés. Un Ehpad faisant usage de l’IA devra donc être particulièrement vigilant sur le respect des obligations prévues dans le RIA, qui sont assorties de sanctions.

  • Le défi de la formation à l’utilisation de l’IA en antibiothérapie

    Une opportunité pour l’efficacité clinique

    Dans un article publié ce mois-ci dans Infectious Diseases and Therapy, une équipe de chercheurs dirigée par le Dr Daniele Roberto Giacobbe (Université de Gênes) et le Dr Matteo Bassetti (Hôpital universitaire San Martino) souligne le potentiel des modèles de langage pour optimiser la prescription d’antibiotiques. Selon eux, ces outils pourraient fournir des suggestions nuancées et rapides, venant en appui à l’expertise clinique et facilitant la prise de décision. Les auteurs insistent sur la complexité de cette application. La prescription d’antibiotiques repose sur un équilibre délicat entre l’efficacité du traitement pour le patient et la réduction du risque de résistance antimicrobienne.

    L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine médical s’étend progressivement à la prescription d’antibiotiques. Ces outils, notamment les grands modèles de langage (LLMs), sont conçus pour traiter de vastes ensembles de données et générer des recommandations contextuelles en quelques secondes. Leur potentiel est double : améliorer les décisions cliniques pour les patients et réduire la pression sélective responsable de la résistance antimicrobienne. Toutefois, leur mise en œuvre dans la pratique clinique reste complexe et soulève de nombreuses interrogations.

    Des modèles probabilistes aux limites encore floues

    Les LLMs fonctionnent de manière probabiliste, ce qui signifie que leurs réponses peuvent varier pour une même question posée à plusieurs reprises. Cette variabilité complique l’évaluation et la gestion du risque d’erreur. Les auteurs mettent en garde contre plusieurs risques inhérents à ces technologies :

    • Complexité des prescriptions antibiotiques : les cliniciens doivent à la fois optimiser le traitement du patient et limiter le développement de résistances. Une mauvaise interprétation des réponses de l’IA pourrait perturber cet équilibre fragile.
    • Différences fondamentales avec l’usage en rédaction scientifique : alors que l’IA peut être un assistant utile en rédaction d’articles, la prescription d’antibiotiques implique des conséquences immédiates sur la santé des patients et la santé publique.
    • Fonctionnement probabiliste et risque d’erreur : les modèles de langage ne sont pas totalement explicables et peuvent produire des erreurs imprévisibles.
    • Qualité des données d’entraînement : les ensembles de données utilisés restent souvent opaques, rendant difficile l’évaluation de leur pertinence pour la prescription antibiotique.

    Former les cliniciens à l’IA : un impératif : Un paradoxe émerge quant à l’usage des LLMs : les cliniciens moins expérimentés pourraient en tirer le plus grand bénéfice, car ces outils leur fournissent des recommandations qu’ils n’auraient pas envisagées seuls. L’un des enjeux est la formation des professionnels de santé à l’utilisation de ces outils. Une bonne connaissance de l’interaction avec l’IA est essentielle pour maximiser son potentiel tout en évitant des erreurs. Selon les auteurs, un équilibre entre innovation et évaluation rigoureuse est indispensable pour intégrer ces modèles de manière sécurisée dans la pratique clinique.

    Vers une intégration encadrée

    Si l’engouement pour les modèles de langage appliqués à la santé est justifié, leur adoption en pratique clinique ne pourra se faire qu’à travers une approche prudente et méthodique. L’évaluation de leur efficacité, la gestion des erreurs et la mise en place de protocoles de supervision restent des étapes essentielles pour garantir une intégration sûre et efficace.

     

  • Affluence aux urgences du CH de Valenciennes : un suivi en temps réel pour mieux informer les usagers

    Un afflux croissant aux urgences

    Depuis 2009, la fréquentation des urgences adultes du CH de Valenciennes a augmenté de 50 %, atteignant 77 500 passages en 2024. Face à cette hausse continue, le CHV et SANIIA ont développé un dispositif technologique innovant afin d’améliorer la gestion des flux et la communication avec les patients.

    Une innovation basée sur l’intelligence artificielle

    Dès 2019, un premier outil de prédiction des flux à cinq jours a été mis en place pour aider les équipes médicales à anticiper les situations de tension. Aujourd’hui, cette solution est enrichie par une fonctionnalité accessible en ligne qui permet aux usagers de consulter en temps réel :

    • Le nombre de patients présents aux urgences,
    • Le temps d’attente estimé avant le premier contact avec un soignant,
    • La durée moyenne du parcours de prise en charge,
    • L’évolution prévue de l’affluence sur les prochaines heures.

    Améliorer la communication et optimiser la prise en charge : L’objectif de cet outil est d’offrir plus de transparence aux patients et à leurs proches afin de renforcer la confiance et d’améliorer l’expérience patient. Il intègre également des messages de sensibilisation sur le bon usage des urgences et rappelle l’importance de contacter le 15 en cas d’urgence vitale.

    Vers une personnalisation du suivi patient

    Le CHV travaille déjà sur une version améliorée de cet outil, qui inclura prochainement des informations personnalisées sur le parcours de soins, telles que :

    • Les étapes déjà réalisées et à venir,
    • Une estimation de l’horaire de sortie,
    • Des détails supplémentaires sur l’activité du service.

     

  • Perte d’autonomie : l’Yonne s’appuie sur l’IA pour mieux anticiper les besoins

    Une analyse des besoins pour des actions dès 2025

    Cette mission poursuit trois objectifs définis par le département : identifier les fragilités des bénéficiaires de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), repérer les territoires de non-recours à cette aide et déterminer les zones prioritaires d’intervention. Pour ce faire, ALOGIA Groupe s’est appuyé sur son logiciel RevealCare, qui classe la population en quatre groupes de risque selon les déterminants du Bien Vieillir de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette analyse a révélé que 28 % des 423 communes de l’Yonne présentent un recours à l’APA inférieur à la moyenne, signalant un sous-recours à cette aide. 16 % des 4 200 bénéficiaires de l’APA dans l’Yonne requièrent un “haut niveau de priorité de prévention active”, accumulant des fragilités sur trois critères définis par l’OMS.

    Un passage du curatif au préventif grâce à l’IA

    L’innovation de cette mission repose sur l’utilisation de la dernière version de RevealCare, qui exploite l’IA et des algorithmes prédictifs pour analyser plus de 1,5 milliard de données ouvertes (“open data”) issues d’institutions publiques. Cet outil permet aux collectivités d’identifier les besoins présents et futurs d’une population, facilitant la mise en place d’actions de prévention ciblées et efficaces. “Après 10 ans d’expérience dans le Bien Vieillir et face à l’augmentation prévisible de la perte d’autonomie, nous avons acquis la conviction qu’il fallait changer de paradigme. C’est pourquoi nous avons développé RevealCare, qui place l’innovation au service du Bien Vieillir”, explique Alexandre Petit, président-fondateur d’ALOGIA Groupe. De son côté, Elisabeth Frassetto, Vice-Présidente du Conseil départemental de l’Yonne, souligne l’apport essentiel de cette analyse : “Nous avons demandé une étude fine à ALOGIA pour apprécier au plus juste les besoins en matière d’APA. Cette aide à la décision bénéficiera aussi aux actions de prévention de la Conférence des Financeurs de la Prévention de la Perte d’Autonomie (CFPPA) en faveur des seniors et de leurs aidants.”

     

  • Singapour intègre l’IA dans la prévention des maladies chroniques par la nutrition

    FoodSG : une analyse des habitudes alimentaires via l’IA

    Face à la progression des maladies chroniques, Singapour mise sur l’intelligence artificielle avec la plateforme FoodSG, développée par l’Agence alimentaire de Singapour (SFA) et GovTech. Cette initiative vise à lutter contre :

    • Les maladies cardiovasculaires, le diabète et certains cancers, en lien avec une alimentation déséquilibrée et un mode de vie sédentaire.
    • L’insuffisance d’apports en nutriments essentiels (fruits, légumes, fibres) et la consommation excessive de graisses saturées, de sel et de sucres.

    La plateforme collecte et analyse les comportements alimentaires des utilisateurs à partir de :

    • Applications mobiles comme Yuka et Open Food Facts, qui scannent les produits pour évaluer leur qualité nutritionnelle.
    • Capteurs et dispositifs connectés mesurant les paramètres de santé et les apports nutritionnels.
    • Enquêtes alimentaires pour affiner l’analyse des habitudes de consommation.

    Trois technologies d’IA pour des recommandations personnalisées

    L’apprentissage automatique (Machine Learning) : identification et classification des aliments via images et descriptions textuelles.
    L’apprentissage profond (Deep Learning) : reconnaissance avancée des plats et détection des tendances alimentaires.
    L’apprentissage contrastif supervisé : optimisation des modèles de reconnaissance pour une précision accrue.

    Une amélioration significative des comportements alimentaires

    Une étude menée auprès de 1 000 participants par une équipe de chercheurs de l’Ecole de Médecine de l’Hôpital universitaire national de Singapour a comparé leurs habitudes alimentaires avant et après six mois d’utilisation de la plateforme.
    Les résultats, publiés dans le Journal of Medical Internet Research, montrent des avancées notables :

    • Une diminution des comportements alimentaires à risque : -7,5 % de surconsommation et -5,3 % de grignotage.
    • Un meilleur contrôle alimentaire : +2,8 % d’autocontrôle des impulsions.
    • Une réduction des symptômes dépressifs : -6,7 %, suggérant un effet bénéfique sur le bien-être mental.
    • Une hausse de l’activité physique : +50,2 % en une semaine, une progression remarquable.

    Les autorités singapouriennes envisagent d’intégrer FoodSG dans les programmes de lutte contre l’obésité et le diabète pour toucher un public plus large.

  • PNMR4 : un axe consacré au renforcement les bases de données et du partage des données de santé

    Un écosystème de données encore fragmenté et sous-exploité

    Actuellement, les bases de données dédiées aux maladies rares sont nombreuses, mais leur organisation reste hétérogène, rendant leur exploitation complexe. Cette dispersion freine leur interopérabilité et leur intégration aux grands référentiels nationaux et européens, tels que le système national des données de santé (SNDS). Les exigences croissantes en matière de réglementation, notamment avec le RGPD et la stratégie européenne des données de santé (EHDS), imposent une mise à niveau des infrastructures existantes pour garantir leur conformité et faciliter leur usage.

    Pour répondre à cette problématique, le PNMR4 publié le 25 février 2025 prévoit une convergence des bases de données afin de mutualiser les ressources et d’améliorer la qualité des données collectées. L’intégration des nouvelles bases dans des structures existantes comme la banque nationale de données maladies rares (BNDMR) et France Cohortes est encouragée pour assurer leur pérennité. La mise en place de méthodologies communes, la standardisation des formats et le référencement des bases à l’échelle européenne figurent parmi les mesures clés pour structurer l’accès aux données et renforcer leur exploitation par l’ensemble des acteurs.

    Des avancées pour optimiser la collecte et l’exploitation des données :

    La structuration des bases de données de santé s’accompagne d’une volonté de faciliter leur collecte et leur réutilisation. Le PNMR4 met en avant plusieurs pistes pour optimiser ce processus et améliorer l’accessibilité des données pour la recherche et les soins. L’un des axes prioritaires est de réduire la charge administrative et technique liée à la saisie des données en automatisant certaines tâches à l’aide de l’intelligence artificielle. L’intégration de nouveaux outils numériques permettrait ainsi de diminuer les efforts de saisie manuelle et d’améliorer la qualité des informations collectées.

    La pérennisation des bases de données figure également parmi les préoccupations majeures du plan, qui prévoit un renforcement de la gouvernance réglementaire et une meilleure sécurisation du financement. L’objectif est de garantir la continuité des projets de collecte de données tout en favorisant leur interopérabilité avec les systèmes d’information hospitaliers et les plateformes de recherche. Par ailleurs, l’optimisation des données passe par l’amélioration des méthodologies d’exploitation, en encourageant l’utilisation de techniques avancées comme le data mining et l’intelligence artificielle pour identifier des corrélations et affiner les analyses cliniques.

    Les biobanques, un élément important pour la recherche en maladies rares :

    En complément des bases de données numériques, le PNMR4 accorde une importance particulière aux biobanques, qui constituent une ressource essentielle pour l’étude des maladies rares. Ces collections d’échantillons biologiques, conservées dans différents établissements hospitaliers et laboratoires, sont essentielles pour le développement de nouvelles approches thérapeutiques et diagnostiques. Cependant, leur dispersion et l’absence de référentiels harmonisés compliquent leur accès et limitent leur potentiel de valorisation.

    Pour pallier ces lacunes, le PNMR4 prévoit un recensement exhaustif des biobanques existantes afin d’améliorer leur référencement et de créer un portail numérique permettant d’accéder plus facilement aux collections disponibles. La mise en place d’une collection nationale générique dédiée aux maladies rares est également envisagée, avec des critères de qualité et de certification plus stricts. Cette initiative vise à structurer le stockage et l’exploitation des échantillons biologiques en garantissant leur traçabilité et leur conformité aux normes internationales.

    L’amélioration de l’accès aux biobanques passe également par une simplification des processus réglementaires encadrant leur utilisation. Le plan met l’accent sur l’uniformisation des démarches administratives et des critères d’éligibilité pour l’exploitation des échantillons à des fins de recherche. En favorisant des protocoles standardisés et une meilleure intégration des biobanques aux plateformes de recherche existantes, le PNMR4 ambitionne d’accélérer l’innovation dans le domaine des maladies rares.

    Une ambition européenne pour le partage des données et des échantillons

    Au-delà du cadre national, le PNMR4 vise à renforcer la coopération européenne en matière de données de santé et de biobanques. La France souhaite jouer un rôle moteur dans la mise en place de standards partagés avec les registres européens et les réseaux de référence sur les maladies rares. L’intégration des bases françaises aux plateformes de données européennes, comme celles des European Reference Networks (ERNs), permettrait d’éviter les doublons et d’optimiser l’exploitation des données pour la recherche.

    L’amélioration de l’interopérabilité entre les bases de données françaises et européennes est un enjeu central du plan. La structuration des échanges de données et d’échantillons biologiques repose sur la définition de standards communs et sur l’adoption de protocoles harmonisés. La France entend ainsi garantir un accès plus large aux données tout en maintenant un haut niveau de sécurité et de respect des réglementations en vigueur.

    Comment renforcer le partage des données de santé en France et en Europe - @Filières de santé maladies rares
    Comment renforcer le partage des données de santé en France et en Europe – @Filières de santé maladies rares

    Une feuille de route claire pour accélérer l’innovation et améliorer la prise en charge des patients

    En structurant mieux les bases de données et en développant des biobanques plus accessibles, le PNMR4 ambitionne d’optimiser l’usage des données de santé dans le domaine des maladies rares. La convergence entre les informations issues des soins et celles générées par la recherche, combinée aux avancées en intelligence artificielle, ouvre la voie à des progrès significatifs en matière de diagnostic et de traitement.

    L’amélioration de la qualité et de l’accessibilité des données de santé est un levier fondamental pour l’innovation. Une gouvernance renforcée, une interopérabilité accrue et un cadre réglementaire adapté permettront d’accélérer la mise à disposition des données et des échantillons pour la recherche et la prise en charge clinique. Avec cette approche intégrée, la France ambitionne de se positionner comme un acteur clé dans la structuration des données de santé et l’innovation en maladies rares.

    L’enjeu est de taille : en garantissant un accès plus fluide et sécurisé aux informations médicales et biologiques, le PNMR4 pourrait significativement transformer la manière dont les maladies rares sont étudiées et traitées, au bénéfice des patients et des professionnels de santé.

  • Un test salivaire de dépistage de l’endométriose pris en charge par l’Assurance Maladie dans 80 hôpitaux français

    Un diagnostic tardif avec un délai moyen estimé à sept ans

    Depuis le 11 février 2025, le test salivaire de Ziwig est pris en charge par l’Assurance Maladie dans 80 hôpitaux français. L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire chronique qui touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

    • En France, entre 600 000 et 700 000 femmes sont concernées par cette pathologie
    • L’endométriose est impliquée dans jusqu’à 50 % des cas d’infertilité féminine

    Le diagnostic repose sur plusieurs examens d’imagerie et d’exploration. Cependant, l’échographie pelvienne et l’IRM pelvienne peuvent ne pas détecter certaines formes superficielles de la maladie. La cœlioscopie exploratoire, considérée comme l’examen de référence, mais invasive. En raison des limitations des outils diagnostiques actuels, le délai moyen pour établir un diagnostic est estimé à sept ans.

    Une technologie micro-ARN optimisée par l’intelligence artificielle

    S’appuyant sur les limites cliniques des méthodes de diagnostic actuelles, la biotech lyonnaise Ziwig a développé un test salivaire permettant de détecter l’endométriose grâce à l’analyse des microARN. Ces biomarqueurs moléculaires spécifiques présentent des profils phénotypiques caractéristiques de la maladie, identifiés à l’aide du séquençage de nouvelle génération (Next-Generation Sequencing, NGS). L’intelligence artificielle (IA) intervient ensuite pour modéliser et interpréter ces données complexes, facilitant ainsi un diagnostic rapide et fiable.

    Les résultats préliminaires de cette technologie non invaisve  publiés en juin 2023 dans The New England Journal of Medicine Evidence ont montré :

    • Une sensibilité de 95 % et une spécificité de 94 %
    • Une réduction des cœlioscopies inutiles de 46 à 47 %

    Le protocole d’évaluation 

    Le forfait innovation, attribué en février 2025, permettra de mener une validation clinique à grande échelle du test salivaire développé par Ziwig. Ce dispositif prévoit un financement temporaire sur trois ans, à hauteur de 849 € par patiente dont l’imagerie est normale, afin de poursuivre l’étude de validation clinique ENDOmiARN, lancée en 2021. Cette étude prévoit l’inclusion de 25 000 patientes, dont 2 500 en étude clinique.

    Le protocole d’évaluation de cette étude comprend les étapes suivantes :

    • Prélèvements salivaires réalisés sur des patientes présentant des symptômes évocateurs d’endométriose, pour lesquelles l’imagerie médicale pelvienne peut être normale ou présenter des résultats équivoques.
    • Analyse des microARN effectuée à l’aide de l’Endotest salivaire de Ziwig, qui utilise une signature spécifique de 109 microARN, dosés par une méthode de séquençage haut débit dans la salive.
    • Comparaison des résultats avec des examens standards tels que la laparoscopie ou l’IRM, afin de confirmer le diagnostic d’endométriose.

    Une expérimentation dans 80 centres hospitaliers français

    L’expérimentation se déroulera dans 80 hôpitaux français, incluant des établissements renommés tels que l’Hôpital Lyon Sud, l’Hôpital de la Croix-Rousse, ainsi que les CHU de Rouen, Saint-Étienne et Lille. Cette étude d’envergure a pour objectif de confirmer la performance diagnostique du test et d’évaluer son intégration dans la prise en charge de l’endométriose.