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  • PLFSS 2025 : pénurie de médicaments, suivi renforcé des dispositifs médicaux, ONDAM, ce qu’il faut retenir

    L’adoption du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025 a été marquée par quatre mois de discussions houleuses et une dégradation du déficit. Avec un objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) rehaussé à 265,9 milliards d’euros (+3,4 %), le budget alloué à la santé tente de soutenir l’hôpital et les EHPAD. Toutefois, avec un déficit de 15,5 milliards d’euros pour l’Assurance maladie et une trajectoire sociale prévoyant 22,1 milliards de déficit global, les perspectives sont inquiétantes.

    Des mesures pour l’accès aux soins

    Parmi les avancées de ce PLFSS, on note l’élargissement du dispositif MonSoutienPsy, qui permet désormais un accès direct aux psychologues sans prescription médicale préalable. Le nombre de séances remboursées est passé à 12, et les tarifs ont été augmentés pour attirer davantage de praticiens. En matière de répartition des soins, le texte introduit des engagements territoriaux pour les professionnels de santé conventionnés, bien que ces mesures restent peu contraignantes. D’autres avancées concernent la gynécologie et la santé sexuelle, avec la création de consultations longues pour les femmes en situation de handicap en établissement médico-social et la généralisation des centres de médiation en santé sexuelle. La hausse de la taxe sur les boissons sucrées a été entérinée, bien que d’autres taxes sur des produits néfastes pour la santé, comme le tabac ou l’alcool, n’aient pas été adoptées.

    Nouvelles mesures sur les indemnisations et remboursements

    Certaines dispositions concernent les indemnités journalières en cas d’arrêt de travail. Le plafond de ces indemnités passe de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC, modifiant le montant perçu par certains salariés. L’annualisation des consultations de prévention bucco-dentaire pour les jeunes de 3 à 24 ans est instaurée. Toutefois, une participation financière sous forme de ticket modérateur est introduite, prise en charge par les assurances complémentaires. La loi introduit une pénalité, appelée “taxe lapin”, applicable aux patients ne se présentant pas à un rendez-vous sans motif légitime. Les modalités exactes, notamment les exonérations possibles, seront définies par décret.  Une attention particulière est portée à la maîtrise des dépenses de soins de ville, notamment en biologie, radiologie, imagerie médicale et transports sanitaires. Le rythme de croissance de ces dépenses sera limité à 2,0 % en 2025, tout en prévoyant des revalorisations ciblées pour les professionnels de santé.

    Mesures sur les médicaments et dispositifs médicaux

    Le texte renforce la lutte contre les pénuries de médicaments. Les obligations des industriels sont plus importantes, avec des sanctions renforcées en cas de non-respect. De plus, les stocks de sécurité peuvent être ajustés par décision de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Concernant les médicaments biosimilaires, leur substitution en pharmacie d’officine sera possible après un an de commercialisation au lieu de deux, favorisant ainsi leur déploiement rapide. Le remboursement des dispositifs médicaux numériques sera conditionné au suivi de l’observance par le patient. Les données recueillies pourront être transmises au prescripteur et à l’Assurance Maladie afin d’évaluer l’efficacité du dispositif et ajuster sa prise en charge.

    Soutien aux hôpitaux et aux EHPAD

    Le PLFSS 2025 prévoit la création d’un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour les EHPAD, triplant ainsi l’enveloppe initiale de 100 millions d’euros. Cette mesure vise à soutenir ces établissements confrontés à des difficultés financières. Aussi, un milliard d’euros supplémentaire est alloué aux hôpitaux publics. Ce financement, considéré comme essentiel par la Fédération Hospitalière de France (FHF), vise à renforcer les activités prioritaires et à pallier les déficits budgétaires de nombreux établissements de santé.

    Encadrement des structures de soins non programmés

    Le texte introduit également un encadrement de l’implantation des structures de soins non programmés, qui visent à désamorcer l’engorgement des urgences. Toutefois, leur expansion non réglementée pourrait fragiliser l’activité des médecins traitants et impacter la pérennité des services d’urgence. Un cahier des charges spécifique sera mis en place pour garantir un déploiement harmonieux et adapté aux besoins territoriaux.

    Des ajustements budgétaires

    Le déficit de la Sécurité sociale pour 2025 est estimé à 22,1 milliards d’euros. Pour réduire ce déficit, le gouvernement mise sur plusieurs leviers financiers, notamment une augmentation de la taxe sur les boissons sucrées et les jeux d’argent, ainsi qu’une contribution accrue des mutuelles et assurances santé. Ces mesures doivent permettre de générer des recettes supplémentaires tout en préservant les dispositifs de prévention et d’accès aux soins.

  • Baromètre 2024 de l’expérience patient : une progression mais des défis persistants

    Une montée en puissance de l’expérience patient

    Selon l’étude, 71 % des professionnels interrogés déclarent avoir déjà entendu parler du concept, un chiffre en augmentation depuis la première édition en 2018. L’expérience patient, perçue comme un levier d’amélioration des soins et de la qualité de vie des patients, est de plus en plus intégrée aux stratégies des établissements. En 2024, 82 % des professionnels estiment que leur établissement prend en compte cette dimension, contre 78 % en 2023.

    Un engagement variable selon les établissements

    Si la notoriété de l’expérience patient progresse, son intégration reste inégale. Seuls 45 % des répondants indiquent que leur établissement dispose d’une direction ou d’un service dédié à cette démarche. Par ailleurs, 67 % des établissements ont initié des actions en ce sens, tandis que 32 % n’ont pas encore amorcé cette transformation. Les établissements publics sont majoritairement représentés dans cette étude, alors que le secteur privé reste sous-représenté, ce qui peut fausser une vision globale de l’adoption du concept dans le système de santé français.

    Des freins persistants à l’amélioration de l’expérience patient

    Malgré ces avancées, plusieurs obstacles freinent encore le développement de l’expérience patient. Le principal frein identifié reste les conditions difficiles d’exercice des professionnels de santé, suivies par le manque de ressources et la nécessité de former les équipes. Ces contraintes, bien que récurrentes, illustrent la nécessité d’un engagement renforcé des institutions et des autorités sanitaires.

    Vers une structuration progressive de l’expérience patient

    L’IFEP insiste sur l’importance de structurer cette démarche à travers des actions concrètes, notamment en intégrant l’expérience patient dans les critères de certification des établissements de santé. La Haute Autorité de Santé (HAS) a ainsi introduit un critère impératif de recueil et d’analyse de l’expérience patient dans son référentiel de certification. L’étude met également en lumière l’intérêt croissant pour une comparaison internationale. Depuis 2019, l’IFEP collabore avec le Beryl Institute pour évaluer la maturité des professionnels français sur cette question. Certains résultats sont ainsi confrontés à ceux de l’étude The State of Human Experience 2023, permettant d’objectiver la progression française dans ce domaine.

    Un levier à consolider pour améliorer la qualité des soins

    L’édition 2024 du Baromètre de l’Expérience Patient démontre une prise de conscience croissante des établissements de santé quant à l’importance du vécu des patients. Toutefois, des efforts restent à fournir pour structurer et généraliser cette approche. Si l’engagement des professionnels est manifeste, l’amélioration de l’expérience patient nécessitera des moyens supplémentaires, une meilleure formation et une mobilisation des acteurs institutionnels.

  • Usage des données de santé en France : un potentiel sous-exploité freiné par des blocages structurels (cartographie France Biotech)

    Un écosystème fragmenté  

    Malgré un patrimoine numérique riche et structuré, les données de santé restent difficilement accessibles, en particulier pour les entreprises innovantes, laboratoires pharmaceutiques et chercheurs. C’est le constat dépeint par la cartographie “Usage de la donnée de santé dans l’écosystème” de France Biotech, qui met en lumière une asymétrie persistante entre les producteurs et les utilisateurs des données. Alors que les établissements de santé produisent l’essentiel des données stratégiques, qu’il s’agisse de données hospitalières, cliniques ou issues des soins courants, les entreprises du numérique en santé et les industriels rencontrent des obstacles réglementaires et administratifs pour y accéder, bien que leurs besoins soient croissants. 

    D’un autre côté, les organismes publics exploitent largement ces données, principalement pour le pilotage des politiques publiques et la recherche, ce qui renforce le cloisonnement du secteur. Mais en l’absence d’un modèle de collaboration fluide entre producteurs et utilisateurs, l’écosystème français peine à tirer pleinement parti de ce capital informationnel pourtant essentiel aux avancées scientifiques et médicales. 

    Des usages dominés par la recherche biomédicale et le pilotage des soins : 

    L’analyse des usages des données de santé en France montre une forte concentration sur la recherche, qui est le premier usage déclaré et qui arrive au premier rang des utilisations par de nombreux acteurs, notamment les établissements de santé (26 %), les biotechs (45 %) et les entreprises du numérique en santé (30,3 %).  Dans les établissements de santé, la gestion des soins courants et le pilotage constituent également des usages majeurs. 

    Si le pilotage politiques publiques (41,6 %) et la recherche (32,6 %) sont des axes stratégiques pour les pouvoirs publics, les acteurs privés cherchent à exploiter ces données pour faciliter l’accès au marché et optimiser les affaires médicales. Les biotechs et laboratoires pharmaceutiques sont particulièrement concernés par ces usages, avec une forte demande pour la recherche et le développement de traitements innovants.  

    Usages de la donnée déclarés par acteurs
    Usages de la donnée déclarés par acteurs – @France Biotech

    Les données hospitalières, une ressource clé mais sous-exploitée : 

    Parmi les différentes sources de données de santé, celles issues des hôpitaux sont les plus convoitées et les plus utilisées par les industriels et les chercheurs. Elles arrivent en tête de plusieurs usages, notamment pour l’accès au marché, que ce soit des biotechs, des medtechs ou des entreprises de l’industrie pharmaceutiques, mais aussi pour le pilotage des organismes publics de santé et des établissements de santé. Ces informations, qui permettent d’étudier les parcours de soins, les réponses aux traitements et l’évolution des pathologies, sont essentielles pour le développement de nouvelles thérapies et la personnalisation des soins. Pourtant, leur accès demeure limité en raison de contraintes réglementaires strictes et de lourdeurs administratives qui ralentissent leur exploitation. 

    Données d’intérêtdéclarées par usages et par acteurs - @France Biotech
    Données d’intérêt déclarées par usages et par acteurs – @France Biotech

    Les entreprises du secteur de la medtech et du numérique en santé s’intéressent particulièrement aux données hospitalières pour leurs applications en intelligence artificielle et en télémédecine. L’essor des dispositifs médicaux connectés, combiné aux progrès en imagerie et en biologie computationnelle, ouvre des perspectives inédites pour le suivi des patients et l’optimisation des parcours de soins. Toutefois, les délais d’accès aux données et le manque de standardisation freinent encore leur intégration dans des solutions concrètes. 

    Décloisonner l’écosystème tout en garantissant un cadre sécurisé 

    L’étude menée par le groupe d’expertise de France Biotech met en évidence la nécessité de lever les barrières structurelles qui entravent l’exploitation des données de santé en France. Un accès facilité aux données hospitalières, encadré par des normes de protection strictes, permettrait d’accélérer l’innovation tout en assurant la confidentialité des informations médicales. Une meilleure collaboration entre les établissements de santé, les industriels et les chercheurs est indispensable pour maximiser l’impact des données de santé sur l’amélioration des traitements et des soins. 

    L’harmonisation des processus d’accès aux données au niveau national est une priorité. Aujourd’hui, les disparités entre les différentes instances d’autorisation et les délais trop longs constituent un frein majeur au développement de projets innovants. En parallèle, des investissements massifs dans les infrastructures numériques sont nécessaires pour moderniser les bases de données hospitalières et améliorer leur interopérabilité. 

    Vers une meilleure intégration des données de santé ? 

    En mettant en lumière les besoins et les usages des différents acteurs, cette cartographie constitue une première étape vers une meilleure intégration des données de santé dans les processus d’innovation. La capacité de la France à relever ce défi déterminera sa compétitivité future dans le domaine de la santé numérique et de la biotechnologie. 

  • 53% des soignants intègrent l’IA dans leur pratique quotidienne (baromètre PulseLife)

    Cette étude publiée début février 2025 par PulseLife, a été réalisée pour mieux comprendre comment les professionnels de santé intègrent l’IA dans leur pratique et quelles sont leurs attentes et préoccupations.

    88,4% des soignants constatent un impact positif sur la qualité des soins

    Une très large majorité des professionnels interrogés perçoivent un impact positif de cette technologie sur la qualité des soins, un chiffre qui grimpe à 91% chez les médecins. Il a été mis en avant que l’IA permet non seulement de réduire le temps nécessaire pour poser un diagnostic mais aussi d’améliorer la précision des décisions médicales en s’appuyant sur des bases de données étendues et des analyses comparatives avancées.

    Malgré les bénéfices perçus, la confiance des soignants envers l’IA reste prudente. 58,7% des répondants déclarent lui faire confiance pour l’aide au diagnostic et la prise en charge avec une légère hausse chez les médecins qui sont à 63,5%. Les principales inquiétudes concernent :

    • les biais algorithmiques à 59% ;
    • le manque de transparence des sources à 50% ;
    • et une potentielle dégradation de la relation soignant-patient à 49%.

    2/3 des répondants estiment que leur métier n’est pas en danger à cause de l’IA

    L’enquête révèle également que l’IA ne semble pas être perçue comme une menace par la majorité des professionnels de santé. 66% d’entre eux estiment que leur métier ou leurs compétences ne sont pas en danger. Cette proportion est encore plus élevée chez les médecins soit 70,4%, ce qui suggère une acceptation progressive de l’IA comme un outil de support plutôt qu’un substitut. Seuls 9% adoptent une posture pessimiste face à ces évolutions.

    Des attentes fortes en matière d’assistance administratives

    Les professionnels de santé attendent de l’IA qu’elle contribue principalement :

    • à l’amélioration du diagnostic à 65,8% ;
    • à la réduction du temps consacré aux soins à 58,8% ;
    • et à la diminution des erreurs médicales à 54,3%.

    Par ailleurs, 71% des répondants souhaitent que l’IA soit une aide pour les tâches administratives et 67% pour l’analyse des données médicales.

    L’enquête met en évidence une demande massive de formation à l’IA. Alors que seulement 6,6% des soignants ont bénéficié d’une formation spécifique, 78,2% déclarent souhaiter en recevoir une. Un besoin encore plus marqué chez les médecins où le pourcentage atteint 84. D’ailleurs dès la rentrée 2025, l’IA rentrera dans la formation obligatoire au premier cycle des études de santé.

    Méthodologie de l’enquête

    L’enquête a été réalisée entre le 4 décembre 2023 et le 13 janvier 2024 auprès de la communauté de professionnels de santé de PulseLife. 1 700 répondants ont participé via un questionnaire auto-administré en ligne avec une représentation diversifiée des métiers de santé :

    • 52% de médecins
    • 20% d’infirmiers/IPA
    • 8% de pharmaciens
    • 3% d’aides-soignants
    • 17% d’autres professionnels (kinésithérapeutes, ostéopathes, dentistes, etc.)

    L’échantillon couvre différentes tranches d’âge avec 48% des répondants ayant entre 25 et 44 ans, 38% plus de 45 ans et 14% moins de 25 ans. La répartition entre exercice en ville et en établissement varie selon les professions.

     

  • IA générative : un marché en plein essor, mais encore peu industrialisé en entreprise

    Une accélération sans précédent du marché

    Selon la seconde édition de l’étude de Sopra Steria Next, l’année 2024 marque un tournant pour l’IA générative. L’essor technologique a été spectaculaire, porté par des investissements records des géants de la tech et l’amélioration des modèles existants. OpenAI en est l’un des symboles : son outil ChatGPT a dépassé Google en nombre de visites mensuelles, atteignant 3,7 milliards d’utilisations en octobre 2024, et ses revenus ont plus que doublé en un an pour atteindre 3,7 milliards de dollars. Cette dynamique d’investissement ne devrait pas faiblir en 2025. Amazon, Meta et d’autres acteurs majeurs poursuivent leurs annonces dans le domaine, tandis que Nvidia bénéficie d’une explosion de la demande pour ses GPU. Sopra Steria Next estime ainsi que le marché de l’IA générative dépassera les 100 milliards de dollars d’ici 2028.

    Des entreprises encore en difficulté pour l’industrialisation

    Malgré cet engouement, l’adoption en entreprise reste laborieuse. En 2024, seules 22 % des grandes entreprises avaient réussi à industrialiser un cas d’usage, contre seulement 3 % en 2023. La progression est notable, mais la majorité des entreprises reste bloquée au stade du test. Les secteurs de l’IT, de la supply chain et du service client sont les plus avancés, mais des freins organisationnels persistent :

    • Une gouvernance des données insuffisante, freinant l’exploitation optimale de l’IA.
    • Des barrières organisationnelles et techniques, empêchant une intégration fluide entre expertise métier et ingénierie.
    • Un manque de compétences spécialisées, la formation au prompting et à l’IA étant encore trop récente.

    Les leviers pour réussir le passage à l’échelle

    Pour maximiser la valeur de l’IA générative, Sopra Steria Next identifie quatre priorités stratégiques :

    • Se focaliser sur l’impact concret : prioriser les solutions les plus matures et assurer leur adoption par les employés.
    • Explorer l’IA agentique : évoluer vers des modèles intégrés et interactifs de type Speak-to-Action.
    • Combiner plusieurs modèles d’IA : optimiser les usages en jouant sur le coût, la performance et l’empreinte ESG.
    • Garantir une IA éthique et responsable : intégrer l’AI Act et utiliser des données synthétiques pour faciliter le déploiement.

    L’année 2025 sera décisive, les entreprises devront sortir des expérimentations et intégrer pleinement l’IA générative dans leurs processus.

  • Pasteur 2030 : comment l’Institut Pasteur veut répondre aux défis de la santé publique dans les 5 prochaines années

    Le plan stratégique Pasteur 2030, dévoilé par l’Institut Pasteur, définit une feuille de route ambitieuse pour relever les grands défis scientifiques et sanitaires des prochaines années. Face à l’augmentation des maladies infectieuses, à l’antibiorésistance, au vieillissement, aux cancers et aux effets du changement climatique sur la santé, l’institut se positionne comme un leader mondial de la recherche biomédicale.

    Un cap stratégique pour accélérer la recherche biomédicale

    Avec près de 140 ans d’existence, l’Institut Pasteur est un acteur historique des sciences du vivant et est à l’origine de nombreuses découvertes majeures, comme l’identification du VIH comme cause du sida (1983), ou encore la découverte du bacille de la peste (1894). Aujourd’hui, il entend réaffirmer son rôle de référence scientifique en structurant ses actions autour de trois grands objectifs.

    1️⃣ D’abord, approfondir la compréhension des maladies infectieuses et de leur impact sur d’autres pathologies. Cela inclut l’étude des maladies endémiques, l’antibiorésistance, les risques pandémiques accrus par le changement climatique et l’analyse des réponses immunitaires selon l’âge, le sexe et le contexte biologique.

    2️⃣ Ensuite, développer des solutions concrètes pour lutter contre ces pathologies. L’Institut Pasteur ambitionne d’accélérer la découverte de vaccins, de traitements et de tests diagnostiques innovants, tout en renforçant la surveillance des pathogènes émergents grâce à son réseau international.

    3️⃣ Enfin, diffuser le savoir scientifique et défendre le rôle de la science dans la société. À travers la formation des jeunes chercheurs, la promotion d’une recherche ouverte et une communication active face aux critiques contre la science, Pasteur 2030 entend garantir un accès équitable aux découvertes scientifiques et maintenir la recherche au service du bien commun.

    Quatre priorités scientifiques pour structurer la recherche de demain

    L’Institut Pasteur a identifié quatre axes prioritaires qui guideront son action au cours des prochaines années.

    1️⃣ Menaces infectieuses : une mobilisation renforcée face aux pandémies et à l’antibiorésistance 

    Les maladies infectieuses restent une cause majeure de mortalité mondiale, avec près de 15 millions de décès par an selon l’OMS. Malgré les avancées en vaccinologie et en traitement antimicrobien, l’émergence de nouvelles pathologies et l’accélération de la résistance aux antibiotiques posent des défis critiques.

    L’Institut Pasteur prévoit d’intensifier ses efforts pour comprendre les mécanismes de résistance des microbes, surveiller l’évolution des pathogènes et développer de nouvelles thérapies. Le recours à l’intelligence artificielle et à la biologie computationnelle sera renforcé afin d’analyser les interactions hôte-pathogène et d’identifier plus rapidement des cibles thérapeutiques.

    2️⃣ Santé et environnement : comprendre l’impact du climat sur la biologie humaine

    Le changement climatique modifie les écosystèmes et favorise l’émergence de nouvelles maladies infectieuses. L’expansion géographique des moustiques vecteurs de maladies (comme Aedes albopictus, porteur du chikungunya et de la dengue) illustre l’impact du réchauffement climatique sur la transmission des pathogènes.

    Le plan Pasteur 2030 met l’accent sur la nécessité de mieux comprendre ces interactions entre environnement et santé. Des études approfondies seront menées sur les maladies à transmission vectorielle, les infections émergentes et l’impact de la pollution sur le système immunitaire.

    3️⃣ Origine des maladies : décrypter les mécanismes des pathologies non transmissibles

    L’institut souhaite approfondir la compréhension des maladies inflammatoires chroniques, des cancers et des troubles neurodégénératifs. L’objectif est de mieux cerner les liens entre infections et maladies complexes, mais aussi d’explorer les réponses immunitaires spécifiques à ces pathologies.

    Des efforts particuliers seront consacrés à l’étude des interactions entre le microbiote, l’immunité et l’inflammation, ainsi qu’au rôle du système nerveux dans la régulation des pathologies chroniques.

    4️⃣ Santé et vieillissement : explorer les âges extrêmes de la vie

    Le vieillissement de la population mondiale soulève des défis médicaux majeurs, notamment en matière de réponse immunitaire, d’efficacité vaccinale et de maladies neurodégénératives. L’Institut Pasteur s’intéresse également au développement précoce, notamment aux interactions mère-enfant qui influencent la santé à long terme.

    L’ambition est de développer des approches thérapeutiques adaptées à ces populations vulnérables et de mieux comprendre l’impact du vieillissement sur l’efficacité des traitements.

    Un institut tourné vers l’avenir et les nouvelles technologies

    L’Institut Pasteur entend s’appuyer sur des technologies de pointe pour accélérer ses découvertes. L’intelligence artificielle,(IA), la biologie computationnelle et les approches quantitatives joueront un rôle clé dans l’analyse des données et l’identification de nouvelles pistes thérapeutiques. L’intégration de l’IA dans la recherche est déjà bien engagée, notamment pour l’analyse des images de microscope et la modélisation des épidémies. Le plan Pasteur 2030 prévoit d’étendre ces technologies à l’ensemble des programmes de recherche, en renforçant les collaborations interdisciplinaires.

    L’institut s’engage également à moderniser ses infrastructures et à renforcer son attractivité pour les jeunes chercheurs. La formation des scientifiques de demain sera un axe stratégique, avec des programmes spécifiques dédiés aux jeunes talents et une ouverture accrue à l’international.

    Un modèle économique à consolider pour garantir l’indépendance de la recherche :

    Si l’Institut Pasteur bénéficie d’un fort soutien public et privé, l’évolution du modèle de financement constitue un enjeu central pour les années à venir. La diversification des sources de financement, notamment via des partenariats industriels et des fonds philanthropiques, est essentielle pour garantir la pérennité des recherches.

    L’institut prévoit également de renforcer son engagement auprès du grand public en promouvant la science ouverte et en améliorant la diffusion des connaissances. La transparence et l’accessibilité de la recherche seront au cœur de cette démarche.

    Vers un Institut Pasteur plus résilient et engagé dans la société :

    À travers Pasteur 2030, l’institut ne se contente pas d’annoncer une feuille de route scientifique : il défend une vision de la science fondée sur l’excellence, l’ouverture et l’engagement sociétal. En renforçant ses capacités de recherche, en misant sur l’innovation technologique et en consolidant son rôle dans le débat public, l’Institut Pasteur ambitionne de rester une référence mondiale dans la lutte contre les maladies et la compréhension du vivant.

    D’ici 2030, ces orientations stratégiques pourraient non seulement transformer la recherche biomédicale, mais aussi contribuer à améliorer la santé humaine à l’échelle mondiale.

  • Une avancée en IA pour la détection des amyloïdes dans la maladie d’Alzheimer

    Une équipe du CNRS développe un outil IA pour prédire la formation d’amyloïdes liés aux maladies neurodégénératives.

    Un triplement des cas de maladie d’Alzheimer d’ici 2050

    Chaque année, environ 225 000 nouveaux cas de la maladie d’Alzheimer sont diagnostiqués en France, où 1,2 million de personnes en sont atteintes. À l’échelle mondiale, 50 millions de personnes vivent avec une forme de démence, principalement liée à Alzheimer, et ce chiffre pourrait tripler d’ici 2050 pour atteindre 152 millions.

    Les limites du dépistage in vitro de l’Alzheimer 5

    Trois principales méthodes de dépistage sont utilisées pour l’Alzheimer, chacune avec ses limites :

    • Les tests neuropsychologiques, dont la précision varie selon l’examinateur et les caractéristiques du patient.
    • L’imagerie cérébrale (IRM, TEP), efficace pour détecter les lésions à un stade avancé.
    • L’analyse du liquide céphalorachidien, fiable mais invasive en raison de la ponction lombaire.

    Affiner l’analyse des structures Cross-Bêta pour mieux prédire les amyloïdes

    L’équipe du CRBM (CNRS, Université de Montpellier) a développé un outil prédictif pour identifier les séquences protéiques formant des amyloïdes, grâce à une base de données de haute qualité, Cross-Beta DB. Ce travail a permis de créer un modèle d’intelligence artificielle plus fiable que ceux existants, car il évite l’inclusion d’agrégats non amyloïdes.

    Une prédiction des amyloïdes avec 84,4 % de précision 

    L’étude, publiée dans Alzheimer & Dementia, valide l’efficacité du “Cross-beta Predictor”, un outil combinant approches bio-informatiques et expérimentales. L’analyse in silico et les expérimentations in vitro ont permis de confirmer :

    • Une précision de 84,4 %.
    • Une performance supérieure de 20 % par rapport aux autres prédicteurs d’amyloïdes testés.

    Vers une personnalisation du diagnostic des maladies neurodégénératives

    L’intégration de cet outil IA aux bases génomiques pourrait permettre une personnalisation du risque chez les patients, ouvrant ainsi la voie à des diagnostics plus précoces et fiables. Les trois prochaines étapes sont :

    • La validation clinique à grande échelle.
    • L’intégration dans les plateformes de diagnostic existantes.
    • La collaboration avec des partenaires industriels pour le développement commercial.

     

  • Clever Cloud certifié HDS : un cloud souverain et sécurisé pour les données de santé

    La certification HDS atteste que Clever Cloud peut héberger et traiter des données de santé à caractère personnel en toute sécurité. Cette distinction s’ajoute aux certifications ISO 9001:2015 et ISO 27001:2022, renforçant sa position de partenaire de confiance pour les acteurs du secteur médical. L’offre de Clever Cloud couvre les six domaines clés de l’hébergement HDS :

    • Infrastructure physique et matérielle : mise à disposition et maintien des sites et équipements d’hébergement.
    • Infrastructure virtuelle et applicative : plateformes cloud évolutives pour héberger des systèmes d’information.
    • Administration et exploitation : gestion sécurisée des systèmes contenant des données de santé.
    • Sauvegarde externalisée : protection et conservation des données sensibles.

    Une solution cloud souveraine, sécurisée et performante

    Grâce à cette certification, Clever Cloud propose une solution PaaS et DBaaS spécifiquement adaptée aux besoins des éditeurs de logiciels de santé, hôpitaux, laboratoires, services publics, mutuelles et assurances.

    Ses avantages incluent :

    • Déploiement simplifié et bases de données accessibles en quelques clics.
    • Scalabilité automatique et redéploiement instantané.
    • Surveillance et maintenance continue avec mises à jour automatiques.
    • Hébergement souverain, garantissant une totale maîtrise des données.

    Un engagement pour la cybersécurité et la conformité

    Quentin Adam, CEO de Clever Cloud, souligne : « L’obtention de la certification HDS s’inscrit dans notre démarche de sécurisation et de souveraineté, initiée il y a deux ans avec les certifications ISO et SecNumCloud. Nous voulons fournir aux acteurs du secteur médical des services cloud performants, sécurisés et conformes aux plus hauts standards. » Clever Cloud poursuit ses projets. L’entreprise travaille déjà sur de nouvelles certifications, notamment SecNumCloud, pour renforcer encore son engagement en faveur d’un cloud souverain et sécurisé.

     

  • Cancer et innovation : l’Europe en retard sur les brevets face aux États-Unis et à la Chine

    Les États-Unis dominent l’innovation oncologique

    Avec près de 20 millions de nouveaux cas de cancer recensés chaque année, dont 433 000 en France, l’innovation technologique est un levier pour améliorer la prévention, le diagnostic et les traitements. Pourtant, selon l’étude de l’OEB New Frontiers in Oncology, si l’Europe accueille le plus grand nombre de start-ups spécialisées, elle peine à transformer cette dynamique en leadership technologique. Entre 2010 et 2021, la part des déposants européens dans les brevets oncologiques est passée de 18,7 % à 12,4 %, tandis que les États-Unis conservent 43 % des inventions mondiales. La Chine affiche une forte progression, multipliant par quatre le nombre de brevets déposés sur la période 2015-2021, portée par un secteur privé en plein essor.

    Parmi les technologies les plus en croissance :

    • Immunothérapie cellulaire (+37,8 %).
    • Thérapie génique (+31,0 %).
    • Analyse d’images (+19,6 %).
    • Biopsies liquides (+17,2 %).
    • Informatique de santé (+14,7 %).

    Ces avancées nécessitent des investissements massifs et un écosystème propice au développement industriel, ce qui est encore difficile en Europe.

    La France, moteur européen de l’innovation en oncologie

    Malgré ce retard global, la France tire son épingle du jeu. Avec 3 500 familles de brevets internationales (FBI) publiées entre 2010 et 2021, elle se classe deuxième en Europe derrière l’Allemagne et se distingue notamment dans la médecine personnalisée, où elle représente 5,6 % des inventions brevetables sur la période 2016-2021.

    Le pays bénéficie d’un réseau de recherche performant, porté par des acteurs majeurs comme :

    • L’Inserm et le CNRS, respectivement 2ᵉ et 3ᵉ mondiaux pour le nombre de brevets déposés en oncologie.
    • Dix institutions françaises parmi les quinze premières européennes.
    • Un fort engagement des universités et hôpitaux, qui comptent pour deux tiers des brevets déposés.

    En matière d’entrepreneuriat, la France se classe en deuxième position européenne avec 246 start-ups en oncologie, derrière le Royaume-Uni (290) et devant l’Allemagne (208). Toutefois, moins de 22 % de ces entreprises atteignent un stade avancé de développement, contre près de 40 % aux États-Unis.

    Un enjeu de compétitivité pour l’Europe

    Si l’Europe compte environ 1 500 start-ups en oncologie, surpassant les 1 325 américaines, elle peine à transformer ces jeunes pousses en acteurs industriels majeurs. L’étude de l’OEB souligne un recul de 5 points de pourcentage pour le continent dans des domaines stratégiques comme l’immunothérapie cellulaire, la thérapie génique et l’analyse d’images.

    Pour combler cet écart, plusieurs défis restent à relever :

    • Accès au financement pour soutenir les phases de croissance.
    • Renforcement des collaborations public-privé.
    • Industrialisation des innovations.
    • Investissements ciblés dans les secteurs à forte croissance.

    L’innovation en oncologie en France repose sur des bases solides, mais son impact clinique et industriel dépendra de sa capacité à structurer un écosystème favorable à l’essor de technologies de rupture. L’enjeu est double : améliorer la prise en charge des patients et renforcer la souveraineté européenne dans la lutte contre le cancer.

  • Enovacom et TMF Santé renforcent leur partenariat pour améliorer l’accès à la téléradiologie

    Un partenariat structurant pour les établissements de santé

    Ce partenariat accompagne plus de 110 établissements de santé dans leurs projets médico-organisationnels. Il s’adresse à une grande diversité d’acteurs : Centres hospitaliers, cabinets libéraux de radiologie, groupements hospitaliers de territoire, centres de lutte contre le cancer et hôpitaux d’instruction des armées. Des approches hybrides sont également mises en place pour intégrer les acteurs locaux et garantir une prise en charge optimisée.

    Une expertise reconnue en téléradiologie

    Quelques chiffres clés illustrent l’impact de cette collaboration :

    • 200 radiologues partenaires de TMF Santé ;
    • 750 000 actes de radiologie pris en charge en 2024, en activité programmée et en permanence des soins ;
    • 1,5 million de dossiers patients alimentés via les solutions Enovacom ;
    • Une couverture complète en IRM, scanner, radiologie conventionnelle, télé-échographie et télé-mammographie ;
    • Une prise en charge 24/7 des besoins d’interprétation en imagerie.

    L’expertise de TMF Santé en téléradiologie, combinée aux outils numériques d’Enovacom, garantit une interprétation rapide et sécurisée des examens, soutenant l’activité des services d’imagerie publics et privés.

    Ce partenariat repose sur des valeurs communes : “excellence, confiance et engagement pour un système de santé centré sur le patient”.