Actualité

  • Cancer colorectal : l’étude Artics explore le potentiel de l’IA pour réengager les patients éloignés du dépistage

    Un plafond de participation qui limite l’impact du dépistage

    Porté notamment par la Filière intelligence artificielle et cancers (Fiac) et Roche Diagnostics France, le projet explore une approche pragmatique : valoriser des examens biologiques de routine pour détecter précocement des profils à risque. L’enjeu d’ARTICS consiste ’à identifier de nouveaux points d’entrée pour atteindre les populations non participantes aux dépistages organisés.

    En effet, bien qu’il puisse être guéri dans 90 % des cas, s’il est détecté précocement, le cancer colorectal reste l’un des cancers les plus meurtriers en France, avec environ 17 000 décès chaque année.  Le principal frein reste la participation au dépistage organisé. En France, elle atteint environ 34 %, bien en dessous de l’objectif européen fixé à 45 %. Sur les 14,5 millions de personnes éligibles, plus de 10 millions ne participent pas au programme national.

    Permettre à près de 6 millions de Français d’être dépister :

    L’étude repose donc sur une idée simple : exploiter les données issues d’un hémogramme (numération sanguine), un examen fréquemment réalisé dans le cadre du suivi médical courant. En analysant les paramètres biologiques de cet examen, combinés à des variables démographiques comme l’âge et le sexe, un algorithme d’intelligence artificielle permet de générer un score de risque individuel de cancer colorectal.

    L’analyse des données du Système national des données de santé (SNDS) montre que 53 % des personnes qui ne participent pas au dépistage réalisent néanmoins un hémogramme chaque année pour d’autres raisons médicales.

    Selon les estimations issues de l’étude, 5,7 millions de Français pourraient ainsi être identifiés et réorientés vers un dépistage, à partir d’un examen déjà réalisé dans leur parcours de soins. Pour les promoteurs du projet, cette approche illustre une évolution plus large de la prévention : mobiliser les données déjà produites dans le système de santé pour détecter les risques plus tôt et de manière plus ciblée.

    Une adhésion plutôt favorable des patients :

    L’étude comporte également un volet comportemental visant à évaluer l’acceptabilité d’un tel dispositif.

    Les résultats suggèrent une adhésion majoritaire de la population cible :

    • 78 % des répondants accepteraient le calcul d’un score de risque basé sur leurs analyses biologiques,

    • 75 % déclarent qu’ils suivraient la recommandation de leur médecin de réaliser un test de dépistage en cas de score élevé.

    Ces résultats suggèrent que l’intégration de l’IA dans le parcours de soins peut être perçue comme un outil d’aide à la décision, à condition qu’elle reste encadrée par la relation médecin-patient.

    Un modèle reposant sur la complémentarité ville-laboratoire

    Pour passer du concept à la pratique, l’étude ARTICS propose un modèle organisationnel fondé sur la complémentarité entre les acteurs de ville.

    Dans ce schéma, les laboratoires de biologie médicale jouent un rôle de sentinelle technique, en calculant automatiquement le score de risque à partir des analyses réalisées. Le médecin traitant conserve le rôle central de décision et d’interprétation, en informant le patient et en l’orientant vers le dépistage si nécessaire. Cette organisation vise à intégrer l’IA dans les pratiques existantes sans bouleverser les parcours de soins.

    Vers une prévention plus personnalisée :

    Au-delà du cancer colorectal, l’étude ARTICS s’inscrit dans une évolution plus large des politiques de prévention : passer d’un modèle uniforme de dépistage à une approche plus personnalisée, fondée sur le niveau de risque individuel.

    Cette orientation rejoint les ambitions de la Institut national du cancer (Inca), qui encourage le développement de stratégies de dépistage plus ciblées. Pour les acteurs du projet, l’enjeu est désormais opérationnel : démontrer que ces approches peuvent être déployées à grande échelle, afin de transformer les données de routine en véritables leviers de santé publique.

  • AI Act : la Commission européenne précise les modalités d’évaluation et d’enquête sur les modèles d’IA

    Un cadre opérationnel pour évaluer les modèles d’IA

    L’AI Act confère à la Commission européenne un rôle central dans la supervision des modèles d’IA à usage général, notamment ceux susceptibles de présenter des risques systémiques. Le nouveau règlement vise à définir les modalités pratiques permettant de conduire ces évaluations.

    Concrètement, la Commission pourra demander un accès technique aux modèles concernés afin d’en examiner le fonctionnement. Cet accès pourra s’effectuer via différentes interfaces ou infrastructures techniques, comme des API, mais aussi, lorsque cela s’avère nécessaire, par un accès plus approfondi aux éléments internes du modèle, y compris certains composants techniques. L’objectif est de permettre aux autorités européennes de vérifier la conformité des systèmes d’IA avec les exigences de sécurité, de transparence et de gestion des risques prévues par le règlement.

    Le recours à des experts indépendants :

    Pour conduire ces évaluations techniques, la Commission pourra également s’appuyer sur des experts indépendants, sélectionnés via des procédures ouvertes et transparentes. Ces spécialistes devront garantir leur indépendance vis-à-vis des fournisseurs d’IA, notamment en l’absence de liens financiers, organisationnels ou contractuels récents avec les entreprises concernées.

    Ces experts seront soumis à des obligations strictes en matière de confidentialité et de protection des informations sensibles. Ce point est particulièrement crucial dans un domaine où l’accès aux modèles peut impliquer la manipulation de données techniques stratégiques ou de secrets industriels.

    Des procédures formalisées en cas de non-conformité =

    Le texte précise également les modalités d’ouverture et de conduite des procédures d’enquête lorsque la Commission suspecte une violation du règlement par un fournisseur de modèle d’IA.

    Avant toute décision finale, les entreprises concernées devront être informées des conclusions préliminaires et disposer d’un délai pour présenter leurs observations et fournir des éléments de défense. Ce mécanisme vise à garantir le respect du droit d’être entendu et la transparence des procédures.  La Commission pourra par ailleurs prendre des mesures provisoires en cas d’urgence, notamment lorsqu’un système d’IA présente un risque sérieux pour la sécurité, la santé ou l’intérêt public. Dans certains cas, cela pourrait conduire à restreindre temporairement la mise sur le marché d’un modèle.

    Un équilibre entre contrôle réglementaire et innovation

    Au-delà des aspects procéduraux, ce projet de règlement illustre la stratégie européenne consistant à structurer une gouvernance robuste de l’intelligence artificielle. L’objectif est double : garantir la confiance dans les technologies d’IA tout en maintenant un environnement propice à l’innovation.

    Cette initiative s’inscrit dans une phase clé de l’AI Act : celle de la mise en œuvre concrète du cadre réglementaire. Alors que les modèles d’IA évoluent rapidement et deviennent des infrastructures numériques critiques, la capacité des autorités publiques à les auditer et à en encadrer les usages apparaît comme un enjeu central pour l’écosystème européen.

    Une consultation ouverte pour les parties prenantes

    Dans ce contexte, la Commission européenne a ouvert une consultation publique afin de recueillir les contributions des acteurs concernés, tels que des entreprises technologiques, des chercheurs, des autorités publiques ou des organisations de la société civile, pour affiner les modalités d’application de ce nouveau dispositif. Pour y participer : cliquez sur ce lien.

  • Tests rapides CRAB et Candida auris : la FDA distingue l’innovation de NG Biotech

    Un fardeau mondial chiffré

    La résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue une menace sanitaire majeure. Selon l’Organisation mondiale de la santé :

    • 1,14 million de décès directement attribuables à la RAM en 2021
    • • 4,71 millions de décès associés la même année

    À cela s’ajoutent :

    Les méthodes conventionnelles, telles que la culture, le PCR, ou la spectrométrie MALDI-TOF, requièrent 24 à 72 h et des infrastructures spécialisées, limitant la réactivité en contexte épidémique.

    Deux tests LFIA distingués par la FDA

    La Food and Drug Administration (FDA) a attribué la désignation « Breakthrough Device » aux tests NG-TEST® Candida auris et NG-TEST® Acineto-5®, développés par NG Biotech.

    Ces dispositifs à flux latéral reposent sur des anticorps monoclonaux spécifiques, sans amplification génique ni instrumentation dédiée.

    Ces tests possèdent plusieurs caractéristiques clés tels que :
    • Détection en 15 minutes à partir d’isolats cultivés
    • Identification de 5 familles de carbapénémases (OXA-23-like, OXA-24/143-like, OXA-58-like, VIM, NDM)
    • Lecture visuelle simple, adaptée au dépistage rapide

    Une validation analytique publiée :

    Une étude multicentrique in vitro publiée dans Frontiers in Microbiology rapporte une concordance de 100 % avec les méthodes de référence pour C. auris, confirmant la robustesse analytique du test. Distribués aux États-Unis à usage recherche, ces dispositifs visent la surveillance hospitalière et le contrôle des infections, dans l’attente d’une évaluation réglementaire complète.

  • Enquête de l’ANS sur la cybersécurité hospitalière : une prise de conscience forte mais des moyens encore limités

    7 grands enseignements à tirer de l’enquête

    Réalisée au printemps 2025 auprès de 719 dirigeants d’établissements publics et privés, cette étude apporte un éclairage inédit sur la manière dont la gouvernance hospitalière appréhende aujourd’hui le risque cyber.

    L’enquête conduite par l’Agence du numérique en santé, avec le cabinet Occurence, met en évidence sept grands enseignements sur la perception des menaces numériques dans les établissements de santé : un niveau d’incident encore limité mais révélateur de fragilités, une implication croissante des directions, une préparation encore insuffisante face aux attaques, des impacts perçus avant tout sur la continuité des soins, des marges de progression dans la formation et les exercices de crise, des moyens financiers jugés insuffisants et, enfin, un consensus fort en faveur de la mutualisation des expertises cyber à l’échelle territoriale.

    Des incidents encore limités mais révélateurs

    Premier enseignement : les cyber incidents ayant réellement perturbé l’activité hospitalière restent relativement rares. Depuis 2022, 15 % des établissements déclarent avoir subi un incident ayant affecté leur fonctionnement. Cependant, ces situations mettent en lumière un déficit de préparation.

    Même dans les établissements n’ayant pas connu d’incident, la confiance reste mesurée : seulement 13 % se jugent aujourd’hui pleinement préparés à faire face à une cyberattaque. Pour les décideurs hospitaliers, ces résultats confirment que la cybersécurité ne peut plus être considérée comme un simple enjeu technique, mais bien comme un risque opérationnel susceptible d’affecter directement l’activité de soins.

    Parmi les établissements ayant subi un incident, seuls 15 % estimaient être bien préparés avant l’attaque, tandis qu’un tiers considère rétrospectivement ne pas avoir été suffisamment armé - @ANS
    Parmi les établissements ayant subi un incident, seuls 15 % estimaient être bien préparés avant l’attaque, tandis qu’un tiers considère rétrospectivement ne pas avoir été suffisamment armé – @ANS

    Une implication croissante des directions

    L’étude montre toutefois une évolution importante dans la gouvernance de la cybersécurité. Dans près des deux tiers des établissements, les directeurs ont récemment échangé avec leurs équipes sur les enjeux cyber. 87 % déclarent connaître le plan de prévention cyber de leur établissement, et 72 % participent directement à son élaboration.

    Les directions sont également impliquées dans les exercices de gestion de crise : 86 % des établissements associent leur gouvernance à ces simulations. Cette implication traduit une transformation progressive de la cybersécurité en enjeu stratégique de pilotage, intégré à la gestion globale des risques hospitaliers.

    87% des directeurs d’établissement ont connaissance duplan de prévention; Les¾ interviennent personnellement dans l’élaboration du plan - @ANS
    87% des directeurs d’établissement ont connaissance duplan de prévention; Les¾ interviennent personnellement dans l’élaboration du plan – @ANS

    Continuité des soins et sécurité des patients en première ligne :

    Lorsqu’ils évaluent les conséquences potentielles d’une cyberattaque, les dirigeants hospitaliers placent la continuité des soins comme risque principal, devant les impacts financiers ou organisationnels. La sécurité des patients, mais aussi la qualité de vie au travail des professionnels, figurent également parmi les préoccupations majeures. Une cyberattaque est désormais perçue comme un événement susceptible de déstabiliser l’ensemble du fonctionnement d’un établissement.

    Dans ce contexte, les mesures jugées les plus accessibles pour renforcer la résilience restent la formation des équipes, les exercices de crise et l’amélioration des procédures internes.

    Les directeurs d'établissement perçoivent la continuité des soins comme impact le plus important en cas d'incident cyber - @ANS
    Les directeurs d’établissement perçoivent la continuité des soins comme impact le plus important en cas d’incident cyber – @ANS

    Mais des budgets qui restent encore contraints :

    Malgré cette prise de conscience, les moyens restent limités. Dans 60 % des établissements, la cybersécurité représente moins de 5 % des investissements informatiques, et plus de la moitié consacrent également moins de 5 % de leur budget de fonctionnement numérique à ces enjeux.

    Conséquence directe : 42 % des directeurs estiment ne pas disposer des ressources nécessaires pour mettre en œuvre un plan de prévention cyber au niveau requis.

  • DUI vague 2 : l’ANS dévoile les conditions du référencement des éditeurs de logiciel médico-sociaux

    De la diffusion des données à la structuration des usages

    La première vague du Ségur, engagée en juillet 2021, visait principalement à intégrer les services socles nationaux dans les logiciels métiers. Les éditeurs devaient notamment permettre l’alimentation du DMP au sein de Mon espace santé et faciliter les échanges entre professionnels via la messagerie sécurisée de santé (MSSanté).

    La deuxième vague franchit une étape supplémentaire. Elle ne se limite plus à connecter les logiciels aux services nationaux, mais cherche à renforcer l’usage effectif de ces fonctionnalités et à structurer davantage les systèmes d’information du médico-social.

    Le DUI, outil central de la coordination médico-sociale :

    Dans le secteur social et médico-social, le dossier usager informatisé constitue l’outil central de suivi et de coordination. Selon la définition publiée par l’Agence du numérique en santé, il permet de recueillir l’ensemble des données nécessaires pour décrire les besoins d’un usager, élaborer son plan personnalisé d’accompagnement et suivre sa mise en œuvre.

    La vague 2 introduit plusieurs objectifs pour renforcer ce rôle pivot :

    • systématiser l’alimentation du DMP et faciliter la consultation de l’information présente dans Mon espace santé directement depuis le DUI ;

    • simplifier l’intégration des documents reçus via MSSanté ;

    • renforcer la sécurité des systèmes d’information pour mieux protéger les données ;

    • faciliter la production d’indicateurs et leur transmission aux systèmes d’information nationaux, notamment dans le cadre des réformes tarifaires.

    Certaines exigences sont également spécifiques à certains champs. Dans le secteur du handicap, les éditeurs devront par exemple assurer l’interopérabilité entre les DUI et ViaTrajectoire Handicap, afin de fluidifier les échanges entre les maisons départementales des personnes handicapées et les établissements. Pour le secteur des personnes âgées, les solutions devront aussi être compatibles avec le service d’ordonnance numérique de l’Assurance maladie.

    Une prestation logicielle encadrée

    Pour être éligibles au dispositif, les solutions logicielles doivent répondre à un référentiel d’exigences techniques, fonctionnelles et ergonomiques. La prestation attendue des éditeurs ne se limite pas à la fourniture d’un logiciel.

    Elle comprend notamment :

    • l’octroi des droits d’utilisation de la solution ;

    • l’installation, la configuration et la qualification de l’outil ;

    • l’accompagnement à l’obtention d’un certificat logiciel auprès de l’autorité de certification ;

    • la maintenance de la solution ;

    • la formation des utilisateurs ;

    • la fourniture de la documentation associée ;

    • le suivi global du projet de déploiement.

    Le référencement, préalable au financement :

    Les éditeurs qui respectent ces exigences peuvent demander leur référencement auprès de l’Agence du numérique en santé. Cette étape est indispensable pour pouvoir ensuite solliciter un financement dans le cadre du dispositif SONS.

    Un calendrier étalé sur trois ans

    La mise en œuvre de la vague 2 s’inscrit dans un calendrier progressif :

    • 5 mars 2026 : publication de l’arrêté ministériel lançant officiellement la vague 2 ;

    • 1er octobre 2026 : date limite de dépôt du dossier administratif de référencement ;

    • 1er octobre 2027 : date limite pour transmettre les preuves complètes de conformité ;

    • 5 mars 2028 : fin des échanges entre éditeurs et ANS pour la validation des dossiers ;

    • 15 juin 2028 : clôture des demandes de financement et du versement des avances ;

    • 15 mars 2029 : fin de la période de réalisation des prestations Ségur par les fournisseurs.

    Avec cette seconde vague, les pouvoirs publics cherchent à ancrer durablement les usages numériques dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux, en transformant les obligations techniques en pratiques opérationnelles au service de la coordination des parcours.

  • Étude : les architectures multi-agents pourraient améliorer l’efficacité de l’IA hospitalière (NPJ)

    Des chercheurs de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai montrent que répartir les tâches entre plusieurs agents d’IA spécialisés serait plus efficace qu’un système unique. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 9 mars dans NPJ Health Systems.

    À mesure que les hôpitaux explorent l’usage de l’intelligence artificielle, une question devient centrale : ces outils peuvent-ils fonctionner de manière fiable dans des environnements où les demandes sont nombreuses et simultanées ? Autrement dit dans des établissements soumis à une forte pression. L’IA est en effet envisagée non seulement pour améliorer certaines décisions cliniques, mais aussi pour aider à gérer des volumes croissants de données et de requêtes. Analyse de dossiers médicaux, vérification de prescriptions, recherche d’informations cliniques ou synthèse de données : dans un établissement de santé, ces systèmes sont susceptibles d’être sollicités en permanence.

    L’IA hospitalière face à une multitude de requêtes

    Dans ce contexte, la question ne concerne pas uniquement la performance des modèles d’IA, mais aussi la manière dont ils sont organisés et intégrés dans les systèmes d’information hospitaliers. C’est précisément ce qu’ont voulu explorer des chercheurs de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai (New York), en comparant différentes architectures de systèmes d’IA afin d’évaluer leur capacité à traiter un grand nombre de requêtes en parallèle.

    Concrètement, les chercheurs ont évalué les performances de systèmes d’agents d’IA reposant sur plusieurs modèles de langage de grande taille (LLM) et ont comparé deux architectures. La première reposait sur un agent unique chargé d’exécuter l’ensemble des tâches demandées. La seconde utilisait une architecture dite « multi-agents », dans laquelle plusieurs agents spécialisés se répartissent les tâches sous la coordination d’un agent central chargé d’orchestrer le processus.

    Quelle est l’architecture la plus optimale ?

    Les tests ont été réalisés dans un environnement simulant un flux de travail hospitalier. Les systèmes devaient traiter différents types de tâches courantes liées à la gestion de l’information clinique : recherche d’articles scientifiques, extraction d’informations dans des comptes rendus médicaux et calculs de posologies médicamenteuses.

    Les chercheurs ont ensuite fait varier la charge de travail en envoyant des lots de 5 à 80 tâches simultanées, afin de reproduire un trafic comparable à celui d’un système hospitalier recevant de nombreuses requêtes en parallèle. Les performances ont été évaluées en termes d’exactitude des réponses, de temps de traitement et de consommation de ressources informatiques.

    Résultats : l’efficacité chute avec un agent unique

    · Avec 80 tâches simultanées, la précision du système reposant sur un agent unique chute à 16,7 %.

    · L’architecture multi-agents orchestrée maintient une précision élevée, généralement comprise entre 80 % et 95 % selon les tâches, malgré l’augmentation de la charge.

    · Dans les scénarios les plus chargés, le système à agent unique mobilise jusqu’à 65 fois plus de ressources de calcul.

    · Dans l’architecture multi-agents, chaque étape du traitement est attribuée à un agent identifié, ce qui améliore la traçabilité du processus.

    Pour les auteurs, ces résultats pourraient avoir des implications pour le déploiement de l’intelligence artificielle dans les systèmes de santé. Et remettre en cause des modes de fonctionnement actuels. « Si l’on demande à un seul système de tout faire en même temps, ses performances se dégradent rapidement », souligne le chercheur Eyal Klang. Dans des établissements sous tension, cette limite pourrait devenir particulièrement problématique.

    Plus d’agents pour plus de transparence :

    « En attribuant différentes tâches – comme la recherche d’informations patient, l’extraction de données ou la vérification de posologies – à des agents spécialisés, les systèmes deviennent plus rapides, plus fiables et moins coûteux », explique le Pr Girish Nadkarni. En outre, cette organisation pourrait faciliter l’identification des erreurs : chaque étape du traitement étant réalisée par un agent distinct, il devient plus simple de repérer à quel moment du processus un problème est survenu. Le développement de ces architectures pourrait aussi accroître les besoins en compétences en IA, tant du côté des ingénieurs et architectes de systèmes que des professionnels de santé appelés à utiliser ces outils.

    * Orchestrated multi agents sustain accuracy under clinical-scale workloads compared to a single agent.

    Klang, E., Omar, M., Raut, G. et al. npj Health Syst. 3, 23 (2026) : https://doi.org/10.1038/s44401-026-00077-0

  • Comité citoyen 2026 : 19 recommandations pour sécuriser l’information en santé

    Une 5e édition pour préserver la confiance des citoyens

    26 citoyens « venant des quatre coins de la France » se sont investis pour répondre à une question centrale : quels rôles et principes d’action doivent adopter les pouvoirs publics pour garantir l’accès à une information fiable et préserver la confiance dans le savoir scientifique et les soignants. L’enjeu n’est pas seulement de “démentir” : les citoyens poussent une logique de capacité collective (visibilité des sources fiables, formation, régulation) qui transforme la manière dont l’État, les agences et les acteurs privés se coordonnent.​

    Cette édition s’inscrit également dans le cadre de la stratégie nationale : le communiqué indique que l’avis citoyen « explore des pistes concrètes pour transformer notre manière d’informer, de sensibiliser et de réguler l’espace numérique » et qu’il sert à « ajuster les actions déjà engagées » et anticiper les besoins d’accompagnement des usagers et des professionnels. Lors de la restitution de cette 5e édition des Assises citoyennes, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, a introduit explicitement le sujet comme un pilier de protection, en indiquant que « protéger l’information en santé c’est aujourd’hui, au même titre que l’accès aux soins, protéger la santé des Français. ». Pour les décideurs, ce cadrage signifie une bascule : l’information fiable devient un actif stratégique du système de santé, au même niveau que l’organisation des parcours et l’accès.​​​

    Des recommandations réparties en 3 blocs pour “promouvoir la bonne information” plutôt que courir après chaque rumeur :

    Le comité citoyen qui s’est réuni de décembre 2025 à février 2026 pour rédiger un rapport acte un principe directeur : « valoriser la diffusion d’informations en santé fiables et de qualité plutôt que d’essayer de vider l’océan des fausses informations ». Sur cette base, 19 recommandations sont structurées en trois blocs : renforcer l’information et la communication, développer la sensibilisation et la formation, consolider le cadre juridique. Pour les décideurs, l’enseignement clé est la hiérarchisation. L’efficacité ne vient pas d’une “police du faux”, mais d’un triptyque “visibilité / compétences / responsabilité”.​

    Le premier bloc de recommandations vise à améliorer la circulation et la lisibilité de l’information en santé. Les citoyens soulignent la nécessité d’une communication publique plus réactive et mieux coordonnée entre les acteurs institutionnels, afin d’éviter les contradictions ou les délais qui laissent le champ libre aux contenus trompeurs. Le rapport insiste également sur l’importance d’adapter les canaux et les formats aux différents publics, notamment en investissant davantage les réseaux sociaux et les formats pédagogiques courts. L’objectif est clair : faire en sorte que l’information scientifique ne soit pas seulement correcte, mais aussi accessible, identifiable et visible dans les espaces où circulent les citoyens.

    Le second bloc met l’accent sur le développement d’une culture critique de l’information en santé. Les citoyens recommandent de renforcer la formation des professionnels de santé afin qu’ils puissent mieux répondre aux interrogations des patients confrontés à des contenus contradictoires en ligne. En parallèle, ils plaident pour des actions d’éducation et de prévention dès le plus jeune âge, afin de développer des compétences de vérification et de compréhension des sources. Le rapport propose également une action structurante : la création d’une base nationale d’intervenants et de ressources en information et prévention en santé, afin de soutenir les initiatives locales et faciliter la mobilisation d’experts.

    Le troisième bloc porte sur l’évolution du cadre juridique et de régulation. Les citoyens appellent à renforcer la responsabilité des plateformes numériques dans la diffusion des contenus de santé, notamment en améliorant les mécanismes de signalement et de mise en avant des sources fiables. Le rapport aborde aussi la question sensible de l’encadrement des pratiques de santé non conventionnelles, en recommandant une meilleure information du public sur leur statut et leurs limites. L’enjeu, pour les pouvoirs publics, est de trouver un équilibre entre protection des citoyens, transparence de l’information et respect de la liberté d’expression, afin de maintenir un espace numérique ouvert mais plus sûr pour l’information en santé.

    Mettre en place un indice de fiabilité santé, comme un levier de transparence, de redevabilité… et de prévention des ruptures de confiance

    Le rapport citoyen soutient explicitement le développement d’un indice de fiabilité santé : un outil gradué qui évalue la méthode de production de l’information (sources, rigueur, recoupement), plutôt qu’un label binaire vrai/faux. Pour les décideurs, l’intérêt est double : d’une part, cela structure des exigences de transparence applicables aux sites, influenceurs, médias, plateformes ; d’autre part, cela limite l’effet boomerang des dispositifs perçus comme censurants, qui peuvent renforcer la défiance. Le rapport propose aussi une clarification utile en pratique : distinguer informations scientifiquement validées, faits/témoignages, et pratiques non conventionnelles, et rappeler le principe « en complément, mais jamais à la place du traitement conventionnel ».​

    Opérationnellement, cet indice peut devenir un langage commun entre agences, établissements, plateformes et professionnels : critères d’affichage, conditions de partenariat, lignes éditoriales, exigences de preuve, et modalités d’orientation vers des sources publiques. Il répond à une demande citoyenne de transparence maximale : expliquer ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas, et comment on le sait, plutôt que “décréter” une vérité institutionnelle.

  • HCL : renforcement de la prévention et soutien à l’innovation médicale et technologique comme grands chantiers du projet stratégique du CHU

    Un projet de transformation qui s’inscrit dans les mutations du système de santé

    Le projet stratégique des HCL s’inscrit dans un contexte de fortes évolutions du système de santé : vieillissement de la population, accélération des innovations médicales et technologiques, mais aussi montée des enjeux environnementaux et organisationnels.

    Face à ces défis, le CHU lyonnais a défini une trajectoire de transformation articulée autour de dix grands programmes stratégiques, qui doivent structurer son développement jusqu’en 2035. L’objectif est de concilier les missions hospitalo-universitaires de l’établissement, comme les soins, la recherche et la formation, avec une approche plus territoriale et populationnelle de la santé. Pour le deuxième CHU de France, l’enjeu est désormais de passer d’une vision stratégique à des actions structurantes, capables d’embarquer l’ensemble des équipes dans une transformation progressive de l’institution.

    La phase actuelle marque une étape clé : celle de la traduction opérationnelle de ces orientations, à travers une première série de projets pilotes.

    Des premières initiatives pour enclencher la dynamique

    Les projets lancés en 2026 ont été sélectionnés pour leur capacité à produire rapidement des effets visibles et à mobiliser les équipes. Ils couvrent plusieurs dimensions structurantes de la transformation hospitalière. Parmi les priorités figurent notamment :

    • le renforcement de la prévention, avec la création d’un premier hub dédié aux maladies cardiovasculaires et des initiatives de dépistage destinées aux professionnels de l’établissement ;

    • l’amélioration des parcours de soins, notamment pour faciliter l’accès aux traitements innovants ou structurer la prise en charge de certaines pathologies complexes ;

    • le soutien à l’innovation médicale et technologique, à travers des appels à projets internes pour développer de nouvelles solutions biomédicales ou des innovations dites « frugales ».

    Cette stratégie vise à articuler technologies de pointe et innovations organisationnelles, dans une logique d’impact direct sur les pratiques de soins.

    Données de santé et intelligence artificielle au cœur de la transformation :

    Le numérique constitue également un levier majeur de ce projet stratégique. Les HCL prévoient notamment la mise en service de leur entrepôt de données de santé, destiné à soutenir les activités de recherche, d’innovation et d’amélioration des parcours patients.

    Dans ce cadre, plusieurs cas d’usage mobilisant l’intelligence artificielle sont en cours d’identification, notamment pour l’appui aux pratiques cliniques, l’optimisation des organisations hospitalières, et l’amélioration de la performance de la recherche. L’établissement entend toutefois accompagner cette transformation par un cadre structuré, incluant des actions de formation des professionnels et l’adoption d’une charte d’usage de l’IA générative.

    Une transformation organisationnelle et culturelle :

    Au-delà des projets technologiques, la stratégie des HCL repose également sur une évolution des modes de fonctionnement internes.

    Parmi les initiatives envisagées figurent l’expérimentation de nouvelles pratiques de recrutement impliquant davantage les équipes, la création d’espaces de créativité pour encourager les démarches collaboratives, ou encore la mise en place d’une “Fabrique des transformations hospitalières” destinée à accompagner les projets portés par les professionnels.

    Cette approche vise à inscrire la transformation dans une logique d’intelligence collective associant soignants, chercheurs, étudiants et patients.

    Une transformation qui est appelée à s’inscrire dans la durée

    Les premières actions engagées citées plus tôt constituent une phase d’amorçage. Les feuilles de route opérationnelles des programmes stratégiques doivent être précisées dans les prochains mois, tandis que plusieurs projets institutionnels, comme celui concernant les usagers, seront alignés avec cette nouvelle trajectoire. Pour les HCL, l’enjeu est désormais de maintenir cette dynamique dans le temps, afin de préparer l’évolution du CHU face aux transformations profondes du système de santé français.

  • CHU de Lille : la pharmacie centrale robotise la délivrance nominative des médicaments et vise 80 % des lits équipés

    Une délivrance médicamenteuse automatisée et nominative

    Le CHU de Lille a engagé l’automatisation d’une partie du circuit du médicament avec le dispositif “Duna”  (pour “Délivrance Unitaire Nominative Automatisée“). Déployé par la pharmacie centrale, ce système robotisé prépare des traitements individualisés destinés aux patients hospitalisés.

    La solution est actuellement testée dans deux unités de soins de longue durée de l’hôpital Les Bateliers et dans deux unités de soins médicaux et de réadaptation gériatriques de l’hôpital Calmette. L’établissement prévoit ensuite une extension progressive à la majorité des services.

    Les piluliers individualisés sont expédiés une à deux fois par semaine vers les unités participantes. Ce fonctionnement vise à sécuriser la prise en charge médicamenteuse tout en limitant les stocks de médicaments dans les services de soins, dont la gestion reposait en grande partie sur les équipes soignantes, notamment de nuit.

    Quatre automates connectés au système de prescription :

    Le dispositif repose sur quatre automates directement reliés au système de prescription informatisée du CHU, via le logiciel Sillage, édité par le groupement d’intérêt public MipihSIB.

    Deux machines produisent les doses unitaires, comprimés, gélules ou sachets, et les conditionnent avec une étiquette assurant leur traçabilité. Deux autres automates assemblent ensuite les piluliers nominatifs correspondant aux prescriptions de chaque patient. Les piluliers sont ensuite livrés de façon hebdomadaire ou bi-hebdomadaire dans les services concernés par les équipes de transport de l’hôpital. À ce stade, environ 4 500 doses sont produites chaque semaine par le système DUNA. L’objectif du CHU est de déployer cette organisation pour près de 80 % des lits.

    Une évolution du circuit du médicament dans les services

    Avec ce modèle, les médicaments ne sont plus stockés en grandes quantités dans les armoires des unités de soins. Auparavant conditionnés en boîtes et soumis à un suivi régulier des dates de péremption par les soignants, ils arrivent désormais pré-emballés et directement associés à la prescription du patient.

    Le dispositif vise ainsi à réduire la gestion logistique au sein des services et à permettre aux équipes soignantes de se concentrer davantage sur l’administration des traitements et la prise en charge des patients.

    Le projet intègre également des objectifs environnementaux. Les doses unitaires peuvent être réutilisées et un circuit de retour est organisé pour les médicaments non utilisés. Les équipes travaillent par ailleurs sur un système d’emballage biodégradable.

    Une organisation construite avec les équipes de soins :

    La mise en place du dispositif a été préparée avec les unités gériatriques impliquées dans l’expérimentation afin d’adapter l’organisation aux pratiques des services.

    Malgré une livraison espacée, qui est hebdomadaire ou bi-hebdomadaire, le système permet de prendre en compte rapidement les modifications de prescription réalisées par les médecins. Les services de soins peuvent ainsi déléguer la préparation des traitements tout en conservant la responsabilité de leur administration.

    Cette évolution a également impliqué les services logistiques et de transport de l’établissement, les modalités d’approvisionnement des unités étant profondément modifiées. Selon le CHU, les équipes soignantes utilisatrices mettent en avant le temps gagné sur la gestion des stocks ainsi que l’amélioration de la traçabilité des prescriptions médicamenteuses. Les conditions de travail des agents de la pharmacie affectés au secteur DUNA ont également été étudiées, notamment via une analyse acoustique et la mise en place de mesures de prévention liées à l’utilisation des automates.

    Une première étape vers la future pharmacie du CHU

    Pour l’établissement, ce dispositif constitue une première étape vers la future pharmacie hospitalière dont l’ouverture est prévue d’ici 2029. Le projet doit intégrer plusieurs systèmes d’automatisation et de sécurisation du circuit du médicament. L’enjeu concerne l’ensemble de l’activité hospitalière : le CHU de Lille prend en charge environ 1,4 million de patients chaque année.

    L’automatisation de la délivrance nominative des médicaments au CHU de Lille illustre l’évolution du circuit du médicament vers un modèle plus sécurisé, centralisé et industrialisé. En préparant automatiquement des doses individualisées à partir de la prescription informatisée, le dispositif vise à réduire les risques d’erreur médicamenteuse tout en améliorant la traçabilité des traitements.

    Au-delà de l’aspect technologique, le projet transforme l’organisation hospitalière : la préparation et la gestion des stocks de médicaments sont progressivement transférées des unités de soins vers la pharmacie centrale. Cette évolution permet aux équipes soignantes de se concentrer davantage sur l’administration des traitements et la prise en charge des patients.

    L’initiative s’inscrit également dans une logique de modernisation à long terme. Le déploiement progressif du système, avec un objectif de 80 % des lits équipés, constitue une étape vers la future pharmacie hospitalière automatisée prévue au CHU d’ici 2029. Elle témoigne de la montée en puissance des solutions robotisées et logistiques dans le fonctionnement des grands établissements hospitaliers.

  • French Tech : 24 start-ups sélectionnées pour la nouvelle édition du programme HIIT

    Des lauréats qui bénéficieront d’une semaine d’accompagnement intensif

    Sélectionnées parmi près de 70 candidatures, ces start-ups bénéficieront d’une semaine d’accompagnement intensif mobilisant entrepreneurs, cliniciens, investisseurs et experts du secteur. L’initiative, organisée sous le haut patronage de Emmanuel Macron et parrainée par Olivier Véran, s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien à l’innovation en santé en France.  Le programme HIIT repose sur un format court mais intensif, conçu pour confronter rapidement les start-ups aux réalités du marché et du terrain clinique. Pendant une semaine, les équipes sélectionnées rencontreront les principaux acteurs de l’écosystème lors de sessions organisées, notamment à PariSanté Campus, à l’AP-HP, au ministère de la Santé et de l’Accès aux soins, ou encore chez Bpifrance.

    L’objectif est double : affiner les modèles économiques des jeunes entreprises et les aider à structurer leur stratégie réglementaire, clinique et industrielle. Pour les organisateurs, il s’agit avant tout d’identifier et de soutenir des innovations susceptibles de transformer durablement les pratiques médicales et les parcours de soins.

    Une promotion marquée par la diversité des innovations

    Cette promotin illustre la diversité actuelle de la technologie en santé à la française. Les projets couvrent l’ensemble du continuum de soins, du diagnostic à la rééducation, en passant par l’accompagnement des patients et la coordination des professionnels. Plusieurs start-ups développent des technologies de diagnostic avancé, combinant intelligence artificielle, analyse biologique ou capteurs innovants pour améliorer la détection de pathologies complexes. C’est notamment le cas de solutions exploitant la protéomique pour orienter les traitements en oncologie ou l’analyse du souffle pour identifier certaines infections respiratoires.

    D’autres projets se concentrent sur la médecine personnalisée et les dispositifs médicaux de nouvelle génération. Les technologies d’impression 3D ou les biomatériaux innovants sont ainsi mobilisés pour concevoir des implants, des orthèses ou des greffons plus adaptés aux patients et aux pratiques chirurgicales contemporaines.

    L’essor des solutions numériques et du suivi à distance :

    Le numérique occupe également une place centrale dans cette sélection. Plusieurs start-ups proposent des plateformes de suivi à distance, de rééducation numérique ou d’aide à la décision médicale reposant sur l’intelligence artificielle. Ces outils visent à améliorer la coordination entre professionnels de santé, patients et aidants tout en facilitant le développement de soins à domicile.

    La promotion met aussi en lumière des domaines encore peu couverts par l’innovation médicale, comme la fertilité, la santé mentale, la néonatalogie ou les troubles du neurodéveloppement. Autant de champs où les technologies numériques pourraient contribuer à combler des besoins médicaux insuffisamment adressés. En réunissant ces 24 jeunes entreprises autour d’un programme d’accompagnement intensif, les organisateurs entendent ainsi accélérer l’émergence de solutions capables de faire évoluer les pratiques médicales vers une médecine plus préventive, personnalisée et connectée.

    Liste des 24 start-ups retenues :

    Start-up Description de la solution Spécialité
    ACES O+ Solution globale pour accompagner la convalescence après mastectomie (dimension médicale, psychologique et pratique). Santé des femmes / oncologie
    Aligna3D Orthèses personnalisées imprimées en 3D pour traiter le hallux valgus à partir de scans ou photos smartphone. Medtech / orthopédie
    ANALOG Logiciel SaaS pour optimiser le parcours péri-opératoire en anesthésie avec IA médicale supervisée. Health data / IA clinique
    BeLiver Plateforme combinant protéomique et IA pour orienter les traitements en oncologie, notamment pour le cancer du foie. Oncologie / IA biomédicale
    Camille Care Carnet de liaison numérique permettant aux familles de rester connectées avec les équipes de néonatalogie. Pédiatrie / expérience patient
    Carians (deuxiemeavis.fr) Plateforme permettant d’obtenir rapidement un second avis médical auprès d’un réseau de spécialistes. Télémédecine / expertise médicale
    ENDOless Application de suivi de l’endométriose utilisant IA et auto-reporting pour transformer les données patient en données cliniques. Santé des femmes / data
    Gam’in Tech Thérapie numérique pour enfants diabétiques utilisant des micro-missions adaptées aux données physiologiques. Thérapie digitale / pédiatrie
    HomePulse Dispositif de diagnostic in vitro à domicile permettant notamment de surveiller les plaquettes en quelques minutes. Diagnostic / home testing
    ISOKAN Plateforme numérique facilitant le maintien à domicile et l’accompagnement des seniors. Silver economy / e-santé
    Kervalion Greffon osseux biosourcé imprimé en 3D pour les implants dentaires, permettant de réduire le nombre d’interventions. Biomatériaux / dentaire
    Leopa Plateforme de psychiatrie de précision combinant IA et psychologie clinique pour maladies mentales chroniques. Santé mentale / IA
    Luxoderm Dispositif médical utilisant la lumière pour accélérer le traitement des plaies chroniques. Medtech / cicatrisation
    nawu diagnostics Diagnostic respiratoire rapide basé sur l’analyse du souffle sans laboratoire. Diagnostic / biotechnologie
    NerveAide Plateforme portable de neurostimulation pour la rééducation fonctionnelle. Neurotech / rééducation
    OMALIA Solution de stimulation cognitive personnalisée pour ralentir l’évolution de la maladie d’Alzheimer. Neuro / IA cognitive
    Osoon Health Thérapie digitale pour accompagner émotionnellement les parcours de fertilité et de PMA. Fertilité / santé mentale
    PHYLAR Copilote IA pour les pharmacies permettant de sécuriser les délivrances et automatiser certaines tâches. IA / pharmacie
    Protomia Génération de jumeaux numériques du visage pour simuler les résultats en chirurgie faciale. Simulation chirurgicale
    RETRAS Plateforme de rééducation numérique basée sur l’analyse des mouvements via IA. Rééducation / IA
    Tanit Healthcare Technologies Dispositif médical utilisant la Neuro-Symbolic AI pour diagnostiquer et traiter l’infertilité. Fertilité / IA médicale
    TNDConnect Outil numérique pour la détection et l’orientation des troubles du neurodéveloppement. Neurodéveloppement
    Thread of Life Prime (TOHA) IA explicable pour la kinésithérapie libérale avec détection de signaux d’alerte et aide décisionnelle. IA clinique / kinésithérapie
    Vidjil-biotech Plateforme d’analyse du répertoire immunitaire utilisée pour le diagnostic des leucémies. Immunologie / diagnostic