Actualité

  • Etude : un tiers des radiologues encore sceptiques quant à l’utilisation de l’IA (Eur. J. Radiol)

    L’IA au cœur de la pratique radiologique

    La radiologie est la spécialité médicale qui a adopté en premier l’IA. Elle s’est en effet tournée très tôt vers l’imagerie numérique, ce qui a permis de disposer de vastes ensembles de données d’images médicales de haute qualité, un élément crucial pour l’apprentissage des algorithmes d’IA. En outre, l’analyse d’images radiologiques implique souvent des tâches bien définies, comme la détection de lésions ou la mesure de structures anatomiques. Ce qui correspond bien aux capacités des algorithmes d’IA basés sur le deep learning.

    Cependant, pour que cette technologie entre de plain-pied dans la pratique clinique, encore faut-il que les principaux acteurs soient convaincus de ses bénéfices. C’est pourquoi la Société italienne de radiologie médicale (Sirm) a mené une étude auprès de ses membres. “L’intégration réussie des outils d’IA dans les flux de travail cliniques dépend de l’engagement actif des professionnels de la santé, qui servent de principaux intervenants en interaction quotidienne avec les systèmes d’IA”, a noté Michaela Cellina, du département de radiologie de l’hôpital Fatebenefratelli Sacco à Milan, en Italie. “Par conséquent, comprendre les perceptions et les attitudes des radiologues envers cette technologie transformatrice apparaît comme une priorité critique.”

    Un questionnaire pour sonder l’avis des spécialistes de l’imagerie :

    Quelque 230 d’entre eux ont répondu au questionnaire qui portait sur la satisfaction actuelle des radiologues quant à :

    • l’utilisation des outils basés sur l’IA ;
    • les perceptions du potentiel de l’IA à améliorer des aspects tels que les taux de détection et le flux de travail ;
    • et l’optimisme par rapport aux avantages futurs qui pourraient découler du perfectionnement de la technologie.

    L’enquête a été distribuée à un large éventail de radiologues avec des détails démographiques et des niveaux d’expérience variés. Les résultats de cette étude ont été publiés le 27 juin dans l’European Journal of Radiology.

    Résultats : l’IA pas décisive pour 1 radiologue sur 3

    • Plus de 80 % des radiologues pensent que l’IA améliorera plusieurs aspects du flux de travail en radiologie. L’optimisme est plus net chez les moins de 30 ans et les plus de 60 ans.
    • Environ 40 % des répondants utilisent actuellement l’IA dans leur pratique.
    • Seulement un tiers de ces utilisateurs considèrent que les contributions de l’IA sont décisives.
    • Plus d’un tiers des radiologues se sentent insuffisamment préparés pour utiliser l’IA.
    • 46 % des radiologues de moins de 30 ans déclarent avoir une littératie en IA insuffisante.
    • Deux tiers des sondés voient l’IA comme une opportunité pour améliorer leur domaine plutôt qu’une menace pour leur carrière.
    • 84 % estiment que les radiologues doivent conserver le dernier mot sur les rapports.

    Ces résultats en demi-teinte font dire aux auteurs de l’étude que “malgré l’optimisme général parmi les radiologues, il reste un travail important à accomplir pour améliorer l’intégration et l’utilisation généralisée des outils d’IA dans la pratique clinique.” Ils préconisent donc d’initier des programmes éducatifs sur l’IA pour tous les niveaux d’expérience et que la formation continue en IA soit recommandée tout au long de la carrière des radiologues.

     

     

    * Radiologists’ perceptions on AI integration: An in-depth survey study.

    Cè M, Ibba S, Cellina M, Tancredi C, Fantesini A, Fazzini D, Fortunati A, Perazzo C, Presta R, Montanari R, Forzenigo L, Carrafiello G, Papa S, Alì M.

    Eur J Radiol. 2024 Jun 27;177:111590. doi: 10.1016/j.ejrad.2024.111590. Epub ahead of print. PMID: 38959557.

     

  • VR : le GCS Hugo acquiert un simulateur pour former à la chirurgie en ophtalmologie

    300 000 € d’investissement

    Dans un contexte d’augmentation du nombre de chirurgies en ophtalmologie (notamment celle de la cataracte qui est l’acte chirurgicale le plus réalisé en France avec près d’un million d’interventions par an), ainsi que du nombre d’internes dans cette spécialité, il est devenu urgent de mettre en place une formation qui permet aux apprenants de développer leurs compétences en chirurgie de manière plus rapide et plus sécurisée.

    Pour y répondre, le groupement de coopération sanitaire (GCS) Hugo a lancé un système de financement pour l’achat d’un simulateur alimenté par la réalité virtuelle visant à former les internes du Grand-Ouest à la chirurgie en ophtalmologie. Ce sont donc les agences régionales de santé (ARS) des Pays de la Loire, du Centre-Val de Loire et de la Bretagne qui ont financé à hauteur de 300 000 euros l’achat du simulateur mobile Eyesi Surgical Complete développé par l’allemand Haag-Streit.

    Une solution qui a fait ses preuves

    Cette solution de l’éditeur allemand a été conçue pour la chirurgie intraoculaire. Elle permet aux internes de passer de la formation aux compétences de base à la gestion des procédures chirurgicales et des complications. Par ailleurs, la solution de Haag-Streit établit une courbe d’apprentissage qui permet d’évaluer l’évolution des compétences de l’interne.

    Grâce à la réalité virtuelle, les internes peuvent s’entraîner de la manière le plus sécurisée possible puisqu’ils ne touchent pas à des patients réels. De plus, les capteurs présents sur l’appareil permettent d’évaluer automatiquement la performance de l’apprenant, en mesurant notamment, et cela pour chaque exercice réalisé :

    • le temps de réalisation de l’étape opératoire ;
    • la qualité de réalisation ;
    • ainsi que la quantification des dommages oculaires causés.

    La VR améliore les performances en conditions réelles :

    L’utilisation du simulateur de VR dans la formation chirurgicale initiale a fait ses preuves depuis de nombreuses années. En effet, plusieurs études montrent l’intérêt de son utilisation, notamment la dernière en date (2015), qui montre que l’amélioration des scores sur simulateur confirme l’amélioration des performances en conditions réelles et que l’entrainement sur ce simulateur permet la réduction du taux de complications peropératoires.

    Le simulateur changera de CHU tous les 6 mois

    L’achat de ce simulateur a pour objectif de profiter à tous les internes du Grand Ouest. Ainsi, le dispositif de formation en VR sera transféré d’une faculté de médecine à une autre tous les six mois, soit le temps d’un cycle de formation des médecins en stage interné.

    Depuis son achat à la fin du mois de juin 2024, il est utilisé par les internes de la faculté de Tours. Il sera ensuite mis à la disposition de ceux :

    • de Nantes en novembre 2024 ;
    • de Rennes en mai 2025 ;
    • puis de ceux d’Angers en novembre 2025.

     

  • Pathologie numérique : Bioptimus lance son nouveau modèle d’IA

    Transformer le diagnostic médical grâce à l’IA

    Cofondée par d’ancien chercheurs de Google Deepmind et des experts d’Owkin, Bioptimus se donne pour ambition d’intégrer l’IA générative au centre de ses recherches. Cette start-up entend ainsi utiliser la puissance de calcul pour mieux décrypter les lois de la biologie. Pour Jean Philippe Vert, CEO et cofondateur de Bioptimus, “il s’agit de révolutionner la façon dont la biologie progresse”, grâce à la deeptech.

    H-optimus-0, le nouveau modèle d’IA promet des performances de pointe, allant de l’identification des cellules cancéreuses à la détection des anomalies génétiques dans les tumeurs. Il présente ainsi les 3 caractéristiques suivantes :

    • évolutivité et hautes performances : avec ses 1,1 milliard de paramètres, H-optimus-0 est conçu pour offrir une analyse méticuleuse et précise des échantillons pathologiques, surpassant les modèles existants ;
    • ensemble de données d’entraînement complet : le modèle a été exposé à une vaste gamme de cas pathologiques, améliorant sa capacité à identifier divers types de tissus et anomalies ;
    • diagnostics de pointe : H-optimus-0 établit de nouvelles normes en matière de diagnostic, étant capable de détecter efficacement les biomarqueurs et la présence de métastases dans plusieurs types de cancer.

    Un modèle sur mesure pour l’examen des échantillons :

    L’anatomopathologie est la clef de voûte du diagnostic des maladies et nécessite donc un examen méticuleux des échantillons de tissus pour identifier les anomalies. Traditionnellement, ce processus repose fortement sur l’expertise et l’expérience des pathologistes. Cependant, la complexité et le volume croissants des cas nécessitent des outils avancés pour établir des diagnostics plus rapides et plus précis. H-optimus-0, formé sur un ensemble de données propriétaire de plusieurs centaines de millions d’images provenant de plus de 500 000 lames d’histopathologie issues de 4 000 cabinets cliniques, offre une capacité de généralisation supérieur à la moyenne. Cette vaste base de données permet au modèle de fournir des diagnostics pathologiques efficaces et précis.

    Perspectives de développement

    Pour Jean-Philippe Vert, il s’agit du premier modèle “d’une longue série”. Les futurs modèles seront “non seulement entraînés sur un nombre encore plus important d’images pathologiques provenant d’Europe, d’Asie et d’Afrique, mais intégreront également d’autres modalités, telles que la génomique et la protéomique”. L’objectif ultime exprimé par Bioptimus est de “créer le premier modèle de fondation multi-échelles de la biologie, capable d’intégrer diverses données et échelles biologiques pour permettre des découvertes scientifiques et accélérer les innovations biomédicales. ”

    En février 2024, Bioptimus avait réalisée une  levée de fonds de 35 millions de dollars, dans le but de commercialiser rapidement un logiciel SaaS et de réaliser une nouvelle levée de fonds en série A d’ici moins d’un an

     

  • Cancer : la feuille de route de l’Inca atteinte à 75 %

    Priorité au dépistage

    En cinq ans, la France a vu une nette augmentation de nouveaux cas de cancer, passant de 382 000 en 2018 à 433 136 en 2023. Vieillissement de la population, consommation de tabac et d’alcool, alimentation déséquilibrée, sédentarité sont les quelques raisons qui expliquent cette hausse. Malgré cette augmentation, les progrès médicaux (dans les diagnostics précoces et les traitements) ont amélioré les taux de survie ; 93 % pour les cancers de la prostate et 88 % pour les cancers du sein.

    À mi-parcours de la première partie de la feuille de route : “Stratégie décennale de lutte contre le cancer 2021-2030” (initiée en février 2021), l’Inca a publié son rapport d’activité 2023 intitulé « Déterminés. Faire naître de nouveaux espoirs dans la lutte contre les cancers ». L’occasion de faire le point sur les avancées, notamment du plan « Priorités Dépistages » qui est venu en complément des autres actions.

    Sur l’ensemble des actions (prévention, séquelles, qualité de vie, cancer de mauvais pronostic), l’avancement des axes de la feuille de route se situe entre 65 et 80 %.

    Etat d’avancement de la feulle de route 2021-2025 – @ Inca

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La feuille de route bien avancée

    Témoin de la stratégie de l’Inca, l’allocation des moyens est représentative des orientations prises. Les dépenses 2023 de l’Inca s’orientent principalement vers la recherche fondamentale en biologie (19 %) et la recherche intégrée (24 %) pour des appels à projets comme High Risk-High Gain 2022 contre les cancers de mauvais pronostic. Levier de la prévention, l’information au grand public représente 12 % des dépenses.

    Les avancées par axe :

    📌 « Priorité Dépistages » :

    Pour atteindre un million de dépistages supplémentaires d’ici 2025, les stratégies ciblent les populations éloignées du système de santé. Cela inclut des campagnes d’information ciblées et des initiatives locales. Par exemple, des partenariats avec des associations locales et des collectivités territoriales sont établis pour mieux informer et encourager les populations vulnérables à se faire dépister.

    📌 Lutte contre le Tabac :

    Parallèlement, le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT 2023-2027) a été lancé pour réduire le tabagisme, principal facteur de risque évitable de cancer. Le programme Tabado, destiné aux jeunes dans les lycées professionnels et autres établissements, a permis d’accompagner plus de 83 000 jeunes par an dans leur sevrage tabagique.

    📌 La recherche et les soins :

    En 2023, des progrès notables ont été réalisés dans la recherche et l’amélioration des soins contre le cancer, comme la création de centres de recherche d’excellence pour les cancers pédiatriques et la labellisation de réseaux pour les cancers de mauvais pronostic. En matière de prévention, le projet européen PartnERship to Contrast HPV, impliquant 18 pays, vise à éradiquer les cancers liés aux HPV d’ici la prochaine décennie. En ce sens, une campagne de vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) a permis à 400 000 enfants de 12 ans d’être vaccinés.

    📌 Engagement et collaboration internationale :

    L’une des réalisations de 2023 a été la création du G7 Cancer. Cette initiative réunit les institutions des pays les plus avancés dans la lutte contre les cancers pour partager des connaissances, des données et des meilleures pratiques. Le G7 Cancer vise à capitaliser sur les avancées de chaque pays pour accélérer les progrès.

    📌 Prévention et dépistage innovant :

    L’Inca a investi 10 millions d’euros pour soutenir des équipes de recherche innovantes, comme KOODAC et PROSPECT, axées sur la compréhension et le traitement des cancers. En plus du PNLT, l’Institut soutient des projets visant à réduire l’exposition aux polluants et autres facteurs de risque dès le plus jeune âge. Un programme pilote de dépistage des cancers du poumon est également en préparation, suivant les recommandations de la Haute Autorité de Santé, pour tester de nouvelles approches de dépistage. Ce référentiel paraîtra en 2024, et sera suivi par un appel à candidature pour sélectionner les sites participants.

    📌 Amélioration continue des soins :

    La réforme des autorisations d’activité de cancérologie, entrée en vigueur en juin 2023, vise à garantir des soins de qualité pour tous les patients. L’Institut a financé cinq projets de désescalade thérapeutique pour réduire les séquelles des traitements lourds, ainsi qu’un appel à projets pluridisciplinaire pour limiter la toxicité de la radiothérapie. Pour les patientes ayant subi une mastectomie, une feuille de route et une plateforme en ligne d’aide à la décision partagée ont été mises en place pour lever les freins financiers et améliorer l’accès à l’information sur les possibilités de reconstruction.

    IA : intégration de nouvelles sources de données dans la PDC

    La plateforme de données en cancérologie (PDC) regroupe les données de plus de 7,5 millions de personnes. 2,2 millions d’euros ont été accordés par Bpifrance et par des dons des industriels partenaires de la Filière Intelligence artificielle et cancers (FIAC) pour le développement de la PDC. Après validation de la CNIL, la PDC de l’Inca a bénéficié, en avril 2023, de nouvelles intégrations de données issues du SNDS. Dossiers de patients en cancérologie, plateformes de génétique moléculaire, données des industries de santé viendront parfaire les analyses de l’intelligence artificielle. Trois nouvelles études mobilisant les données de la plateforme ont été lancées en 2023. L’association Filière Intelligence artificielle et cancers (FIAC) a lancé, avec les laboratoires AstraZeneca et Amgen France, deux projets de méthodologies d’appariement des données avec la base SNDS pour les cas de cancer du poumon.

    Une évaluation en 2024 pour préparer les actions de 2026-2030

    57 actions ont démarré en 2023. Au total, ce sont 177 actions engagées, sur les 237 que compte la première feuille de route 2021-2025 de la Stratégie décennale.

    L’Inca vise à poursuivre les objectifs initiés, à savoir : progresser dans la recherche, faire reculer le nombre de cas de cancer, réduire les séquelles, améliorer la participation aux dépistages, et poursuivre les efforts de restructuration. Le tout en continuant d’évaluer les étapes d’avancement. L’accent est mis sur le dépistage, la continuité de la vaccination contre les HPV et l’accélération des actions retardées (comme la lutte contre les cancers de mauvais pronostic, à 65 % d’avancement).

    En 2024, une trentaine d’actions seront lancées. La mobilisation de toute la communauté de la cancérologie est essentielle pour offrir un meilleur service aux Français. « Reste que, si l’Institut joue un rôle déterminant, seul, il ne peut pas faire grand-chose. C’est donc toute la communauté de la cancérologie qui est mobilisée autour de la Stratégie décennale pour que le service rendu aux Français soit toujours plus accessible », déclare Thierry Breton, directeur général de l’Inca.

    Le cap de la moitié de cette première feuille de route est franchi. Une évaluation aura lieu courant 2024 pour préparer les actions 2026-2030.

     

  • Parcours patient : que propose Betty, la start-up qui vient de lever 1,2 M€ ?

    Une optimisation du parcours de soins

    Fondée par deux chirurgiens urologues de la clinique Croix du Sud, l’histoire de la start-up Betty a commencé avec une initiative visant à optimiser le parcours de soin des patients subissant une prostatectomie totale par les équipes du cabinet d’urologie clinique toulousain, Urosud. Leur objectif était d’améliorer la préparation et le suivi post-opératoire des patients en les impliquant davantage dans leur propre soin, allant au-delà de la checklist de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) instaurée il y a une quinzaine d’années.

    Une économie estimée à 900 € par patient :

    Face aux résultats positifs de cette approche, l’idée de digitaliser cet accompagnement du patient et de l’étendre à toutes les chirurgies a émergé, donnant ainsi naissance à Betty en novembre 2022. Aujourd’hui, cette application numérique est déjà utilisée dans plusieurs établissements, notamment un hôpital universitaire en Guadeloupe et deux cliniques à Bordeaux et Nantes, en plus de la clinique Croix du Sud. Betty compte actuellement 30 chirurgiens actifs et 200 patients suivis.

    La start-up rapporte que les données recueillies montrent une réduction de 40 % des complications, une augmentation de 30 % des chirurgies ambulatoires et une diminution des soins non programmés, permettant ainsi une économie de 900 euros par patient.

    Une interface dédiée aux patients

    La récente levée de fonds de 1,2 million d’euros, incluant des investisseurs issus du secteur médical et 400 000 euros de Bpifrance, vise à développer l’application gratuite proposée par l’entreprise. Ces outils fonctionnels réduisent les complications en rendant le patient acteur de son parcours de soin tout en impliquant l’équipe médicale entière dans l’accompagnement du patient. La volonté est également d’introduire un outil de statistiques pour aider les praticiens à mieux évaluer leurs performances. Betty envisage d’adapter son contenu à toutes les spécialités chirurgicales, soutenue par un comité scientifique, et espère que l’application restera gratuite pour les patients, avec l’ambition d’obtenir un remboursement par la Sécurité sociale à terme.

    Début juillet 2024, la start-up a conclu un partenariat avec Edap TMS, une société de haute technologie médicale. Ce partenariat offre aux patients atteints d’un cancer de la prostate l’accès à un parcours de soin spécifiquement développé conjointement par ces deux entreprises, permettant aux patients de consulter du contenu informationnel et éducatif sur leur traitement. Les patients pourront également renseigner des questionnaires spécifiques durant leur parcours de soin afin de faciliter le suivi de leur état mental.

    L'application mobile de Betty - @ betty.care
    L’application mobile de Betty – @ betty.care

    Une meilleure adhésion des patients ?

    Un article publié dans la revue Telemedicine Reports présente les résultats de l’étude BETTY-USE, menée de septembre à novembre 2023, qui examine l’utilisation de l’application Betty.care par 24 patients avant et après une chirurgie majeure pour des cancers de la prostate, de la vessie ou du rein. Les patients, après une familiarisation avec l’application, ont utilisé diverses fonctionnalités telles que les listes de vérification, les alertes de rendez-vous et les questionnaires de santé (ePRO).

    Les résultats montrent une bonne adhésion :

    • 79,2 % des patients ont rempli les questionnaires de sécurité ;
    • 76,5 % ont utilisé les modules éducatifs ;
    • et 86,2 % ont suivi les recommandations ePRO.

    Les patients ont également exprimé une satisfaction globale élevée avec une note moyenne de 8,4/10, indiquant une amélioration de l’engagement et de la communication avec les soignants.

    Une solution au service de la médecine 6P :

    Betty souhaite révolutionner les parcours de soins en appliquant les principes de la médecine 6P. Elle revendique, dans ce sens, les 6 propositions de valeur suivantes :

    1️⃣ la médecine préventive : en proposant des programmes de préhabilitation incluant des conseils sur la nutrition, l’exercice et la préparation mentale pour préparer les patients avant leur chirurgie, réduisant ainsi les risques de complications post-opératoires ;

    2️⃣ la médecine personnalisée : en offrant des parcours de soins adaptés aux caractéristiques individuelles de chaque patient, garantissant une prise en charge personnalisée et efficace ;

    3️⃣ la médecine Participative : en engageant activement les patients dans leur parcours de soins via des check-lists, des documents éducatifs et des questionnaires ePRO, augmentant leur engagement et leur satisfaction ;

    4️⃣ la médecine prédictive : grâce à la collecte continue de données et au “Betty score”, la solution détecte précocement les complications potentielles, permettant des interventions rapides pour éviter des complications graves ;

    5️⃣ la médecine pertinente : les protocoles et outils de Betty reposent sur des travaux et des publications scientifiques, assurant des pratiques médicales scientifiquement validées et efficaces ;

    6️⃣ et la médecine de parcours : en améliorant la coordination des multiples interventions médicales, permettant aux acteurs de santé de travailler de manière plus transparente et fluide tout au long du parcours de soins.

     

  • Quelle stratégie de santé numérique et de data pour les 10 prochaines années en Irlande ?

    Des services de santé connectés, transparents, sûrs et sécurisés

    La stratégie 2024-2030 de santé numérique en Irlande vise à transformer le système de santé en mettant l’accent sur l’intégration transparente, sécurisée et connectée des services numériques de santé. Son ambition étant d’améliorer la santé et le bien-être de tous les citoyens. Au cœur de cette transformation, chaque patient disposera de son propre dossier informatisé, facilitant ainsi sa gestion de sa propre santé et l’accès à ses informations.

    De leurs côtés, les professionnels de santé bénéficieront d’informations complètes et en temps réel sur leurs patients, quels que soient les lieux de traitement antérieurs, dans l’objectif de construire un système mieux coordonné.

    Élaborée en consultation avec les principaux acteurs du système de santé, dont les patients et les professionnels, cette stratégie permettra également de réduire le nombre de consultations et de séjours hospitaliers inutiles, en mettant l’accent sur les soins de proximité ainsi que la télésanté.

    Les enjeux de l’inclusion numérique et du déploiement de l’IA :

    Un accent particulier y est mis sur l’inclusion numérique, pour garantir que personne ne soit laissé pour compte dans cette transition vers une modernisation technologique des services de santé. La transparence et la confiance sont ainsi identifiés comme des éléments clés de cette stratégie, avec un engagement continu à respecter les préférences des patients en matière de consentement et à se conformer aux législations sur la confidentialité des données.

    La stratégie prévoit également de fournir aux professionnels de santé un environnement de travail moderne et digitalement performant, avec une formation adéquate pour améliorer leurs compétences numériques. L’exploitation des données de santé à grande échelle et l’innovation technologique, y compris l’automatisation et l’intelligence artificielle (IA), sont des piliers de cette vision, visant à accroître l’efficacité, la productivité et à réduire les coûts.

    6 axes principaux

    Pour répondre aux différents objectifs sus-cités, la stratégie irlandaise de santé numérique repose sur 6 axes, qui sont détaillés ci-dessous.

    Axes de la stratégie irlandaise en santé numérique – @ Health Service Executive (HSE)

    📌 Axe 1 – Le patient en tant que partenaire autonome :

    Autonomiser des patients en leur offrant un accès élargi à leurs données.

    Accès au dossier de santé électronique Permettre l’accès des patients à leur dossier de santé via une application mobile
    Extension des services de santé numériques Augmenter l’accès à la télésanté, les unités de soins virtuels et le télésuivi, afin de faciliter les traitements proches du domicile des patients
    Augmentation des choix pour les patients Offrir aux patients une plus grande visibilité et compréhension des options de soins disponibles, leur permettant de gérer et de contrôler leur santé et leur bien-être
    Renforcement de la confiance dans les systèmes numériques Assurer la sécurité et la confidentialité des données des patients
    Promotion de l’inclusion numérique Garantir un accès équitable aux services de santé numériques pour tous les patients, y compris les programmes de littératie numérique pour améliorer les compétences et la confiance des utilisateurs
    Contrôle des patients sur leurs informations de santé Permettre aux patients de contrôler l’accès à leurs données de santé et de choisir celles qu’ils souhaitent partager avec les professionnels de santé
    Engagement des patients dans le développement des systèmes numériques Inclure les patients dans la création et l’amélioration des systèmes de santé numériques en les faisant participer à des équipes de pilotage, des comités de programme, des groupes de discussion, et des consultations publiques
    Amélioration de la littératie en santé Utiliser les technologies numériques pour améliorer la littératie en santé des patients, en les aidant à naviguer dans le système de santé, à comprendre les soins nécessaires, à poser les bonnes questions aux professionnels de santé, et à interpréter correctement les informations reçues

    📌 Axe 2 – Main-d’œuvre et lieu de travail :

    Equiper les professionnels de santé des outils nécessaires pour prodiguer des soins.

    Accès simplifié aux systèmes Fournir aux soignants un identifiant numérique unique et une fonctionnalité de connexion unique pour accéder à tous les systèmes nécessaires à la pratique clinique
    Amélioration des infrastructures Moderniser les environnements de travail comprenant une connexion haut débit, le Wi-Fi et un accès facile aux ordinateurs et postes de travail spécialisés pour une mise à jour efficace des dossiers des patients et des consultations en ligne
    Optimisation de l’Expérience soignant Mettre en place des systèmes de soutien pour les employés, tels que des portails du personnel pour la gestion des feuilles de temps, les qualifications, la formation, le développement, le remboursement, les bulletins de salaire, le bien-être et la santé au travail
    Renforcement de la confiance dans les systèmes numériques Assurer la gestion sécurisée, efficace et efficiente des informations avec des formations et des procédures pour minimiser les risques de cyberattaques.
    Fourniture de ressources et d’outils numériques Equiper le personnel avec des outils de collaboration en ligne tels que les messageries sécurisées et Microsoft Teams, ainsi que des outils pour la gestion des finances et ressources humaines
    Mise en place de soins digitalement assistés Faciliter l’accès des soignants aux données, informations du patient et aux outils d’aides au diagnostic
    Développement des compétences numériques Mettre en place des formations ciblées
    Mise en place de feedback Fournir des outils pour avoir les retours

    📌 Axe 3 – Soins connectés et digitalement habilités :

    Assurer des soins connectés grâce à l’interopérabilité des systèmes.

    Accès aux dossiers patient informatisés Fournir aux hôpitaux un accès à des dossiers de santé qui contiennent toutes les informations nécessaires, indépendamment des lieux de traitement des patients
    Accès aux données en temps réel Garantir que les professionnels de santé disposent d’informations de haute qualité en temps réel via des dossiers numériques, permettant des décisions basées sur des preuves et une consultation collaborative par des équipes pluridisciplinaires
    Supprimer les dossiers papiers Réduire la dépendance aux dossiers papier, facilitant la préparation des consultations externes et l’accès aux historiques médicaux complets des patients
    Intégration des informations sur les médicaments Assurer que les données sur les prescriptions et la délivrance des médicaments sont disponibles en un seul endroit
    Historique des épisodes de soins précédents Offrir une visibilité totale sur les traitements antérieurs des patients, améliorant ainsi la continuité des soins et la qualité des données
    Accès aux données pour audit clinique et recherche Faciliter l’accès aux données de haute qualité pour les audits cliniques et la recherche, en utilisant des termes standardisés, des modèles de données, des classifications cliniques et des schémas de codage
    Standard de dossiers patients régionaux et nationaux Mettre en œuvre des systèmes de dossiers informatisés régionaux et nationaux pour soutenir des parcours de soins standardisés, garantissant des soins continus, cohérents et sûrs
    Fournir plus d’options aux patients Fournir de meilleures informations sur les services disponibles, y compris la télésanté et la surveillance à distance, offrant ainsi plus de choix et d’options de traitement aux patients
    Confidentialité et sécurité des données Assurer le traitement et le stockage sécurisé des données des patients avec des contrôles d’accès rigoureux

    📌 Axe 4 – Services basés sur les données :

    Exploiter les données pour une meilleure gestion des ressources.

    Accès à des informations pertinentes Fournir aux responsables de la santé des informations précises via divers systèmes et tableaux de bord pour prendre les meilleures décisions fondées sur des preuves
    Gestion efficace du flux de patients Optimiser la compréhension et l’amélioration des interactions des patients avec les services à travers les parcours de soins, en s’adaptant aux besoins changeants des patients
    Amélioration de la performance et de la réactivité Utiliser les capacités de données et d’analytique pour gérer et améliorer la performance des services de santé face aux défis à court et long terme au niveau local, régional et national
    Évaluation éclairée des politiques Utiliser des données en temps réel pour comprendre les impacts des politiques de santé et de services sociaux en cours, et identifier les domaines nécessitant des efforts supplémentaires
    Planification des ressources Améliorer la gestion des stocks, des installations et des outils nécessaires pour une planification efficace et une allocation optimale des ressources dans le personnel et les services de santé et services sociaux
    Visualisation et analyse d’informations Utiliser des données et l’intelligence d’affaires via des tableaux de bords pour obtenir une visibilité sur les dépenses actuelles et projetées dans les établissements
    Santé populationnelle Augmenter la visibilité des informations détaillées au niveau de la population pour analyser, prédire et répondre aux besoins de santé et de services sociaux, identifier les voies de transmission des maladies, prendre des mesures préventives

    📌 Axe 5 – Écosystème de santé numérique et innovation :

    Encourager l’innovation et la collaboration dans l’écosystème de la santé.

    Instaurer une culture de l’innovation Créer un écosystème qui encourage et soutient le changement, permettant au personnel de disposer du temps et de l’espace nécessaires pour mettre en œuvre des innovations à grande échelle, améliorant ainsi l’expérience des patients et du personnel
    Favoriser l’esprit créatif Encourager la créativité et la prise de risques contrôlée, tout en promouvant une ouverture aux nouvelles idées pour stimuler le progrès
    Etablir des canaux de communication clairs Développer des canaux de communication bidirectionnels entre les services et la direction pour faciliter l’utilisation et accroître la visibilité des changements numériques
    Amélioration des outils numériques Créer les outils et ressources numériques nécessaires pour améliorer les services opérationnels et de soins de bout en bout disponibles pour tous
    Mettre en place des voies d’innovation standardisées Établir des voies transparentes et standardisées pour postuler et obtenir un soutien, un financement et des ressources pour des projets d’innovation visant à améliorer les services
    Soutenir l’excellence en recherche Fournir des mécanismes permettant d’accéder à des données de santé sécurisées et pseudonymisées, sous réserve de règles de gouvernance strictes
    Faciliter les opportunités de collaboration avec les services de santé Développer des processus de passation de marchés adaptés à l’engagement avec de petites entreprises innovantes et créer des installations comme des lieux d’expérimentation (Living Lab) pour permettre au service de santé d’évaluer la valeur des nouvelles solutions

    📌 Axe 6 – Infrastructures sécurisées et facilitateurs numériques :

    Renforcer la cybersécurité.

    Renforcement législatif et réglementaire Établir une base législative robuste pour la création et la mise en œuvre des dossiers de santé électronique, incluant l’obligation légale de partage de données entre les prestataires de santé, conformément aux futures régulations nationales et européennes
    Sécurité et résilience des infrastructures Assurer la protection des informations de santé des patients contre les cyberattaques par le développement d’une infrastructure sécurisée et résiliente
    Traçabilité des accès Mettre en place des identités numériques et des systèmes de journalisation des accès pour garantir une traçabilité complète de l’utilisation des dossiers de santé électroniques.
    Stratégie de gestion des données Élaborer une stratégie de gestion des données qui assure la connexion et l’utilisation efficace des données à travers les services, en respectant la confidentialité, l’intégrité et la confidentialité des patients
    Infrastructure numérique robuste Construire une infrastructure qui répond aux besoins des établissements de santé, des professionnels de santé, du personnel soignant et du public, incluant une stratégie claire pour l’adoption du cloud, l’accès simplifié aux systèmes et la promotion de la collaboration
    Favoriser une culture de l’innovation et du changement Créer un environnement de travail qui accueille et facilite les réformes et les transformations numériques

     

  • Contexte et chiffres clés du système de santé irlandais : un budget de 22,5 Mds€ en 2024

    Vers un accès universel aux soins

    Le Health service executive (HSE) est le système de santé public irlandais. Il s’agit d’un système dual, combinant des services publics et des services privés. Le système public est réglementé par le Département de la Santé, tandis que sa gestion opérationnelle et financière est assurée par le HSE.

    Les hôpitaux en Irlande peuvent être privés ou publics. Parmi les 86 hôpitaux du pays en 2023 :

    • 78 % sont publics, soit 67 hôpitaux ;
    • 43 de ces hôpitaux sont des hôpitaux généraux.

    En mai 2021, l’Irlande a lancé le programme Sláintecare, visant à créer un système de santé universel, notamment en éliminant les soins privés des hôpitaux publics, dans l’objectif d’améliorer l’expérience des patients, de réduire les coûts et d’obtenir de meilleurs résultats de santé. Depuis le lancement de Sláintecare :

    • les frais pour les enfants de moins de 16 ans ont été supprimés ;
    • les temps d’attente ont été réduits ;
    • et plus de 2 400 professionnels de la santé ont été recrutés.

    54 % des médecins sont généralistes

    Au total, l’Irlande compte 20 135 médecins en exercice en 2023, dont :

    • 10 872 généralistes ;
    • 2 557 psychiatres ;
    • et 1 550 pédiatres.

    Les soins primaires sont assurés par des médecins généralistes travaillant dans des cabinets pluridisciplinaires, des centres de soins primaires ou des cabinets privés. Le généraliste joue ainsi un rôle pivot au sein du système de santé irlandais, en étant le premier point de contact des patients. Ces derniers peuvent choisir leur médecin librement et, en cas d’orientation vers un hôpital public pour des examens ou traitements, les services sont dispensés gratuits. En revanche, l’accès direct aux urgences sans recommandation de son médecin généraliste entraîne des frais pour le patient. Il est à noter que près de la moitié des résidents en Irlande ont une assurance privée.

    Le budget de la santé en baisse

    Le système de santé irlandais est principalement financé par les revenus des impôts. En 2022, les dépenses de santé s’élevaient à environ 30,5 milliards d’euros, soit 6,6 % du PIB : un chiffre en dessous de la moyenne européenne (9,9 %).

    En 2023, le budget alloué à la santé était de 23,4 milliards d’euros, avec avec 2 milliards supplémentaires par rapport à l’année précédente. Mais en 2024, ce budget en registre une baisse de 900 millions d’euros, soit un total de 22,5 milliards d’euros. Il prévoit noramment :

    • 2,6 milliards d’euros pour les maisons de retraite, les services de repas à domicile et les clubs d’activités pour les personnes âgées et atteintes de démence ;
    • 1,3 milliards d’euros pour la santé mentale ;
    • 500 millions d’euros pour lutter contre les longues listes d’attentes notamment pour les opérations chirurgicales ;
    • 145 millions pour les services de lutte contre l’alcoolisme et la toxicomanie ;
    • 36,3 millions d’euros de fonds d’urgence pour les services de soins intensifs ;
    • 36,3 millions d’euros de fonds d’urgence pour les services d’urgences ;
    • 16,5 millions d’euros pour le programme Healthy Ireland (promotion de la santé et de la prévention) ;
    • 1 million d’euros pour développer des installations sportives (natation et randonnée) ;
    • et 1,5 million d’euros pour un programme de sensibilisation à l’alcool et aux drogues.

    6 M€ pour la création d’un organisme d’accès aux données de santé

    Afin de mettre en place une infrastructure pour un service qui gère l’accès aux données de santé, dans le cadre de la stratégie européenne d’accès aux données, un financement de 6 millions d’euros a été annoncé, en décembre 2023, par le ministre irlandais de la Santé, Stephen Donnelly, dont :

    • une part européenne à hauteur de 3,6 millions d’euros ;
    • et une part nationale à hauteur de 2,4 millions d’euros.

    C’est ainsi qu’a été lancé le projet du Health Data Access Body (HDAB), qui permettra aux chercheurs et aux décideurs politiques d’accéder à des ensembles de données de santé anonymisées, offrant ainsi des perspectives pour améliorer la prestation des services de santé en Irlande. Il est réalisé en collaboration entre le Département de la Santé, l’Autorité de l’information et de la qualité en santé (HIQA) et le Health Research Board (HRB) du pays.

    Chiffres clés sur le système de santé irlandais – @ Health & Tech Intelligence

     

  • IoT : la nouvelle bague connectée de Samsung promet de dépister l’apnée du sommeil

    Un suivi global de la santé et du bien-être

    Présenté officiellement lors du Mobile World Congress (MWC) 2024, à Barcelone, le nouvel objet connecté de Samsung, Galaxy Ring, marque l’entrée de la société coréenne dans le marché des bagues connectées de suivi de santé et de bien-être, rivalisant ainsi avec des produits comme l’Oura Ring de l’entreprise finlandaise Oura.

    Disponible en trois coloris (noir, doré et argenté) et neuf tailles différentes, la Galaxy Ring est équipée de trois capteurs destinés à suivre :

    • l’activité physique ;
    • la qualité du sommeil ;
    • et les données de santé.
    Présentation des caractéristiques de la Galaxy Ring - @ Samsung
    Présentation des caractéristiques de la Galaxy Ring – @ Samsung

    Parmi ces capteurs on retrouve un accéléromètre, un capteur optique ainsi qu’un capteur infrarouge permettant :

    • la mesure du rythme cardiaque ;
    • la mesure de l’oxygène dans le sang ;
    • le suivi du nombre de pas quotidiens ;
    • un électrocardiogramme (ECG) ;
    • ainsi que la prédiction des cycles menstruels sur la base de la température corporelle.

    Dépister le SAHOS :

    Un des apports cliniques prometteurs de la bague de Samsung est sa capacité à détecter les signes du syndrome d’apnées–hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) modéré à sévère.

    Elle inclut également plusieurs fonctions de Galaxy AI, la solution d’intelligence artificielle (IA) de Samsung. Cette dernière permettra aux utilisateurs de se construire un “score d’énergie” pour fournir une évaluation globale de la vitalité de l’utilisateur​. Ce score combine des données sur :

    • le sommeil ;
    • l’activité physique ;
    • la fréquence cardiaque au repos ;
    • et la variabilité de la fréquence cardiaque.

    Samsung se repositionne sur le marché de la e-santé

    En lançant la Galaxy Ring, Samsung ne cherche pas seulement à proposer un nouveau gadget, mais à renforcer son positionnement dans le domaine de la santé connectée. Avec un tel produit, l’entreprise souhaite offrir une alternative discrète aux montres connectées traditionnelles, permettant aux utilisateurs de surveiller leur santé de manière continue et sans interruption.

    Jouissant d’une autonomie d’environ une semaine, avec une recharge rapide permettant de récupérer 40 % de l’autonomie en seulement 30 minutes, Samsung rapporte que sa bague est compatible avec tous les smartphones Android, mais pas avec les systèmes iOS, et qu’elle peut être utilisée en tandem avec la Galaxy Watch pour des analyses de santé encore plus détaillées et une autonomie prolongée.

  • Remboursement : Continuum+ Connect obtient l’avis favorable de la HAS pour sa prise en charge anticipée

    Un potentiel de 1 100 000 patients suivis

    Chaque année en France, environ 1 100 000 nouveaux cas de cancer, selon les chiffres de l’Institut national du cancer (Inca). Ces patients pourront désormais bénéficier de la solution de télésurveillance de Continuum Plus Santé et être remboursés, partiellement au moins, pour son utilisation. En effet, après avoir obtenu, en avril 2023, un certificat de conformité au référentiel d’interopérabilité et de sécurité des dispositifs médicaux numériques de la part de l’Agence du numérique en santé (ANS), Continuum+ vient de recevoir l’avis favorable de la HAS pour la prise en charge anticipée de son DMN de télésurveillance en oncologie, dans le cadre de la voie de remboursement Pecan.

    La HAS précise que cette prise en charge anticipée pourra se faire dans le cadre du traitement de l’indication retenue, à savoir “l’ensemble des chapitres inclus dans la classe 02 : « Tumeurs » de la 11e version de la classification internationale des maladies publiée par l’Organisation mondiale de la santé (CIM-11), à l’exception des tumeurs bénignes et in situ“.

    La société parisienne attendra désormais de savoir le montant de cette prise en charge par l’Assurance maladie. Pour rappel, Continuum+ Connect est une web-application destinée à la télésurveillance médicale des patients sous traitements anticancéreux. Elle inclut un module d’alerte ayant le statut de dispositif médical qui permet, à partir de la collecte et de l’analyse des constantes physiologiques, des événements indésirables et de la douleur, d’assigner un niveau d’alerte à chaque paramètre collecté et d’avertir l’équipe de soignants qui suit le patient en cas de survenue de ces événements.

    Un avis favorable sur une présomption d’innovation

    Si la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (Cnedimts) de la HAS a donné son avis favorable pour la prise en charge anticipée de Continuum+ Connect, elle précise toutefois que les études présentées par Continuum Plus Santé pour obtenir cet avis ne permettent pas de déceler un “bénéfice clinique ou organisationnel d’une télésurveillance médicale” pour ce dispositif.

    En effet, pour ce qui est des études spécifiques “Onco@dom2” et “Ako@dom-picto”, elles n’ont permis que de “documenter la faisabilité d’une télésurveillance médicale par ce dispositif médical numérique, notamment chez des patients en hétéroévaluation”. Pour ce qui est des études non spécifiques de haut niveau de preuve, elles permettent “d’objectiver le bénéfice clinique et l’impact organisationnel d’une télésurveillance médicale pour le suivi des effets indésirables des patients en cours de traitement”, même si la Cnedimts insiste sur le fait que “des différences existent entre les technologies utilisées dans ces études et la plateforme Continuum+ Connect”.

    La Commission compte donc sur les résultats de deux études en cours (Ako@dom-picto et Fegala) pour apporter des données sur le bénéfice clinique et organisationnel d’une télésurveillance médicale avec Continuum+ Connect. Elle explique que cette solution est “présumée innovante et est susceptible d’apporter un bénéfice clinique et un progrès dans l’organisation des soins sans altérer la qualité des soins par rapport aux technologies de santé utilisées dans les indications revendiquées”, et que les études en cours devraient “apporter des données complémentaires, notamment sur le bénéfice clinique”, dans les délais impartis pour un dépôt de dossier en liste des activités de télésurveillance médicale (LATM).

    Une réussite après l’échec de Moovcare ?

    Continuum Plus Santé devra ainsi prouver l’efficacité de sa solution à la Cnedimts pour se voir inscrite dans la LATM. Sans preuves, cette solution pourra perdre sa prise en charge par l’Assurance maladie, comme cela a été le cas de Moovcare le 17 juin 2024. La Cnedimts avait décidé de retirer la solution de Sivan Innovation de la liste des activités de télésurveillance médicale pour cause d’un manque de données de vie réelle permettant de confirmer les bénéfices avancés par l’étude clinique pivot initialement fournie (voir l’article H&TI ici).

     

  • Données à l’hôpital : Ospi élargit son offre avec le rachat d’Alicante

    Élargir son offre aux données hospitalières

    Moins d’un an après sa création – suite au rapprochement du groupe PSIH, éditeur de solutions décisionnelles sur les données de santé médico-économiques de l’hôpital, avec la start-up Collective Thinking, éditrice d’une plateforme brevetée de traitement des données en vie réelle par l’intelligence artificielle – , Ospi élargit son offre en rachetant la société Alicante, spécialisée dans le codage médical et la valorisation de données de santé grâce à l’intelligence artificielle (IA).

    Créé en septembre 2023, Ospi a depuis pour ambition d’utiliser ses diverses solutions issues des spécialités des deux entités qui le constituent pour permettre aux établissements de santé “d’améliorer et d’accélérer le codage médical, de faciliter la recherche clinique et d’optimiser les parcours patients grâce à plus d’une dizaine d’IA spécifiques développées et entraînées depuis plusieurs années”.

    Analyser et enrichir les données grâce à l’IA

    Comme l’a indiquée l’entreprise lyonnaise dans son communiqué annonçant le rachat d’Alicante, ce dernier répond à trois objectifs clés pour Ospi, puisqu’il va lui permettre :

    • de faciliter le pilotage de l’activité médico-administrative des établissements de santé ;
    • d’augmenter la qualité et la rapidité du codage médical ;
    • d’optimiser la réutilisation de données pour la recherche clinique et participer au développement de l’innovation thérapeutique.

    En effet, Alicante propose une offre de solutions logicielles – basée sur plusieurs technologies d’IA, telles que le machine learning ou le deep learning – , qui permet de récupérer les données de santé produites par les centres hospitaliers, de les indexer et de les enrichir afin de pouvoir les analyser. La société a été fondée en 1999 par d’anciens hospitaliers et universitaires du CHU de Lille et des laboratoires de l’Inserm et du CNRS.

    Le CEO d’Alicante, David Delerue, est devenu directeur de la business unit “Medical Coding” chez Ospi après ce rachat. Il a expliqué au moment de l’acquisition d’Alicante que la complémentarité et l’ADN technique commune des deux entités “faciliteront l’émergence d’une offre unifiée et innovante pour les établissements de santé pour répondre à leurs défis qu’Ospi ainsi renforcé aidera à relever”.

    Faire d’Ospi un champion français

    Si aucun chiffre n’a été communiqué à propos du montant pour le rachat d’Alicante, Ospi a indiqué que ce rapprochement a été rendu possible par le fonds Lauxera Capital Partners qui était déjà “l’acteur principal” de la création d’Ospi en rapprochant le groupe PSIH avec la start-up Collective Thinking en automne 2023. Pierre Moustial, président et fondateur du fonds, avait notamment déclaré que cette étape était “obligatoire et évidente pour permettre au groupe d’atteindre son objectif de création d’un champion français de la donnée de santé à l’hôpital, l’intelligence artificielle étant aujourd’hui fondamentale pour permettre un meilleur traitement et une meilleure gestion des données de santé”.

    Déjà considéré comme un acteur majeur de la donnée à l’hôpital, Jean-Baptiste Angeloglou, CEO d’Ospi, s’est réjoui de ce rapprochement avec Alicante lors de son annonce en expliquant qu’”en intégrant les équipes d’Alicante et leur expertise technologique, Ospi renforce sa position de leader dans le domaine de la donnée de santé et de l’IA à l’hôpital”.

    Désormais, Ospi accompagne plus de 1 100 établissements de santé publics et privés en France dont 25 CHU, 13 centres de lutte contre le cancer et 108 des 135 GHT avec ses différentes solutions, comme :

    • PMSIpilot, qui permet l’analyse du codage PMSI ;
    • i4H et DIMbox, deux solutions dédiées au contrôle, à l’optimisation et à l’aide au codage PMSI par IA ;
    • ou encore i4H Research et ScanSIH, dédiées à la recherche clinique et à la création de cohortes.