Selon l’enquête d’Elsevier, menée auprès de plus de 1 000 professionnels du secteur de la santé montre, 71 % de ces derniers pensent que l’IA, ainsi que l’IA générative (GenAI), auront à terme un impact significatif sur leur quotidien. Ils vont même jusqu’à parler d’une transformation totale de leurs méthodes de travail.
La majorité des professionnels sondés (94 % de ceux qui ont indiqué que l’IA aura un impact significatif) pensent que cet effet viendra des assistants intelligents qui permettent de détecter automatiquement les symptômes et de reconnaître les pathologies des patients.
Lorsqu’il leur a été demandé quels sont les bénéfices les plus probables d’une intégration forte de l’IA en santé, les médecins ont répondu majoritairement que cela permettrait :
d’accélérer l’acquisition de connaissances scientifiques, ainsi que d’augmenter le nombre de recherches universitaires et médicales réalisées (96 %) ;
de réaliser des économies pour les acteurs du monde de la santé (92 %) ;
ainsi que d’augmenter la qualité du travail des professionnels de la santé (88 %).
De nombreuses craintes qui persistent :
Malgré une bonne opinion de l’IA chez les médecins, ils restent nombreux à craindre les potentiels risques qu’elles représente. Parmi lesquels :
la désinformation, qu’elle concerne les professionnels ou les patients utilisant des chatbots alimenté par l’IA (pour 93 % des répondants) ;
des erreurs cliniques ou des incidents critiques (85 %) ;
la dépendance des médecins à l’IA dans leur prise de décision clinique (82 %) ;
et enfin des “perturbations sociales” (79 %).
Pour prévenir ces risques, la majorité des médecins (73 %) souhaitent que les outils basés sur l’IA générative ne doivent s’appuyer que sur des sources de très bonne qualité.
L’IA encore trop peu utilisée
Parallèlement à ces craintes, une faible utilisation de l’IA empêche sa prise en main et une bonne assimilation de la technologie par les professionnels de santé. En effet, sur les 1 000 médecins interrogés dans le cadre de l’étude d’Elsevier :
seuls 8 % ont déclaré être très familiers avec l’IA ;
5 % déclaraient ne pas du tout être familiers avec cette technologie.
cependant 87 % affirment être moyennent familiers avec elle ;
et 95 % des médecins connaissent l’IA et son fonctionnement.
Il est tout de même à noter que, parmi les médecins familiers avec l’IA :
50 % déclarent ne l’avoir jamais utilisée de manière générale ;
24 % ne l’ont jamais utilisé dans le cadre de leur travail ;
et seulement 24 % des répondants affirment utiliser l’IA au travail.
Les médecins américains et chinois à l’avant-garde de l’adoption de l’IA :
Ce rapport montre, par ailleurs, que les médecins qui utilisent le plus l’IA au travail sont localisés en Chine (35 %) et aux Etats-Unis (24 %).
Les personnes qui n’ont jamais utilisé l’IA parmi celles sondées pensent à 66 % d’entre elles l’utiliser d’ici 2 à 5 ans dans le cadre de leur travail et au-delà. Là encore, ils s’agit surtout de médecins exerçant en Chine : ils pensent à 93 % y avoir recourt très prochainement.
Pour l’association américaine Digital Medicine Society (DiME), les indicateurs numériques peuvent rendre les essais cliniques plus centrés sur le patient, basés sur les données et adaptables pour répondre aux besoins changeants de la recherche. Cependant, leur utilisation n’est pas encore généralisée (bien qu’elle tend à l’être comme le montre l’étude Health & Tech Intelligence sur les essais cliniques décentralisés, publié en juin 2024), ce qui peut être perçu comme un manque à gagner pour la recherche.
C’est dans cette optique que la DiME a lancé un consortium nommé “Building the Business Case for Digital Endpoints” qui a pour objectif de promouvoir l’utilisation d’indicateurs numériques dans la recherche. S’inscrivant dans une logique d’accélération grâce aux nouvelles technologies qui permettent de mener des essais cliniques accessibles à plus de patients, cette annonce survient après l’approbation par la Food and drug administration (FDA) d’un premier indicateur numérique pour un usage dans les essais cliniques. La FDA est d’ailleurs membre de ce consortium, aux côtés de 38 autres partenaires, dont Roche et Sanofi.
Analyser la rentabilité de l’utilisation de ces outils
Le consortium va mettre en place une analyse de rentabilité de l’utilisation des indicateurs numériques dans les essais cliniques, afin que leurs promoteurs comprennent son intérêt et son efficacité et, in fine, contribuent à l’amélioration de la prise en charge des patients. Pour ce faire, la DiME prévoit d’établir des référentiels permettant d’évaluer le retour sur investissement (ROI) de l’utilisation des indicateurs numériques dans le développement de médicaments et de dispositifs médicaux.
Cette initiative prévoit aussi de se tenir aux plus près des acteurs de la recherche en accompagnant les entreprises dans l’élaboration d’analyses de rentabilité de ces outils, afin de faciliter l’avancement, la mise en œuvre et l’adoption généralisée des indicateurs numériques dans les essais cliniques. Les 38 partenaires sont, à leur tour, prêts à aider les entreprises intéressées à prendre des décisions éclairées et à mettre en place des stratégies d’investissements pour un usage des digital endpoints dans les essais cliniques.
Partenaires du projet Building the Business Case for Digital Endpoints – @ DiME
Iktos intègre les solutions de Synsight à sa plateforme de découverte de médicaments par l’IA
Accélérer le processus design-make-test pour découvrir de nouveaux médicaments plus rapidement : tel est l’objectif du rachat du français Synsight par Iktos, entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA) et la robotique pour la conception de nouveaux médicaments. Alors qu’Iktos est déjà reconnu pour ses solutions permettant de faciliter la découverte de médicament, notamment sa plateforme alimentée par l’IA générative qui permet la conception de molécule ainsi que leur réaction chimique de manière virtuelle, l’acquisition de Synsight va permettre à l’entreprise parisienne de bénéficier d’une licence unique pour une technologie de “criblage in cellulo à haute performance de molécules modulatrices des interactions protéine-protéine et protéine-ARN”.
Cette technologie appelée MT Bench permet de détecter les interactions protéine-protéine (IPP) et ARN-protéine (IRP) in cellulo et va donc permettre, en s’intégrant à la plateforme d’Iktos, à la société parisienne d’internaliser ses tests biologiques des composés synthétisés et donc de s’assurer plus rapidement de l’efficacité des molécules découvertes grâce à l’IA. Comme l’a indiqué le PDG d’Iktos lors du rachat – dont le prix de vente n’a pas été communiqué -, cette acquisition va renforcer la position d’Iktos sur le marché de la découverte de médicaments par l’IA car elle va”étendre la plateforme au domaine des interactions protéine-protéine (IPP) et ARN-protéine (IPR), des cibles très difficiles, répondant ainsi à des besoins médicaux majeurs non satisfaits dans les domaines du cancer et des maladies neurodégénératives”.
Ospi renforce sa position d’acteur majeur de la donnée à l’hôpital avec le rachat d’Alicante
Améliorer l’efficience des établissements de santé et accélérer la recherche clinique au bénéfice des patients : telle est l’ambition de la société lyonnaise Ospi, qui a annoncé le rachat d’Alicante, une entreprise spécialisée en codage médical et valorisation de données de santé grâce à l’IA. Ce rachat fait d’Ospi un acteur français majeur de la donnée à l’hôpital. En effet, moins d’un an après sa création – suite au rapprochement du groupe PSIH, éditeur de solutions décisionnelles sur les données de santé médico-économiques de l’hôpital, avec la start-up Collective Thinking, éditrice d’une plateforme brevetée de traitement des données en vie réelle par l’intelligence artificielle – , Ospi élargit son offre en rachetant la société Alicante, ce qui va lui permettre de bénéficier d’une offre de solutions logicielles – basée sur plusieurs technologies d’IA, telles que le machine learning ou le deep learning – , qui permet de récupérer les données de santé produites par les centres hospitaliers, de les indexer et de les enrichir afin de pouvoir les analyser.
Si aucun chiffre n’a été communiqué à propos du montant pour le rachat d’Alicante, Ospi a indiqué que ce rapprochement a été rendu possible par le fonds Lauxera Capital Partnersqui était déjà “l’acteur principal” de la création d’Ospi en rapprochant le groupe PSIH avec la start-up Collective Thinking en automne 2023. Pierre Moustial, président et fondateur du fonds, avait notamment déclaré que cette étape était “obligatoire et évidente pour permettre au groupe d’atteindre son objectif de création d’un champion français de la donnée de santé à l’hôpital, l’intelligence artificielle étant aujourd’hui fondamentale pour permettre un meilleur traitement et une meilleure gestion des données de santé”.
Déjà considéré comme un acteur majeur de la donnée à l’hôpital, Jean-Baptiste Angeloglou, CEO d’Ospi, s’est réjoui de ce rapprochement avec Alicante lors de son annonce en expliquant qu’”en intégrant les équipes d’Alicante et leur expertise technologique, Ospi renforce sa position de leader dans le domaine de la donnée de santé et de l’IA à l’hôpital”.
Astek intègre Sanoïa à sa division Life Sciences
Accompagner les chercheurs aussi bien sur l’opération de leurs études cliniques que sur l’exploitation des données de santé en vie réelle : tel est l’objectif de la prise de participation majoritaire du groupe francilien Astek dans la société de recherche contractuelle (CRO), Sanoïa, connue pour son savoir-faire dans la conception, le conseil et le management de grandes cohortes en vue de la réalisation d’études cliniques de manière totalement digitalisée.
Devenant actionnaire majoritaire de la société originaire d’Aubagne, le groupe Astek va l’intégrer à sa division Life Sciences, afin de compléter son CRO qui permet d’accompagner ses clients aussi bien sur l’opération de leurs études cliniques que sur l’exploitation des données de santé en vie réelle. En effet, le savoir-faire de Sanoïa lui a permis de développer des solutions digitales dont sa plateforme numérique reconnue pour mettre en place des cohortes digitales. En plus de l’intégration au sein d’Astek, cet investissement de la part du groupe francilien va permettre à Sanoïa d’accélérer son développement et d’avoir l’opportunité de travailler avec de nouveaux chercheurs déjà clients du groupe.
Du côté d’Astek, cette acquisition va lui permettre de renforcer sa capacité à effectuer de la recherche contractuelle et d’être en mesure d’accompagner de manière globale ses clients en France et dans le monde, à déclarer le CEO du groupe Julien Gavaldon au moment de l’annonce de sa participation au capital de Sanoïa.
Le groupe Merck rachète le Grenoblois UnitySc pour plus de 155 millions d’euros
Développer plus facilement et plus rapidement de nouvelles solutions intégrées dotées de l’IA pour la santé : telle est l’ambition du groupe allemand Merck qui a racheté l’entreprise grenobloise UnitySc, spécialisée dans les outils de mesure pour la conception de de puces informatiques plus rapides, plus petites et plus efficaces que celles disponibles sur le marché et utilisées dans les solutions d’IA en santé.
Alors que les solutions d’IA ont besoin d’être toujours plus performantes et de traiter toujours plus de données, la fabrication des puces qui les composent doit être optimisée en vue d’augmenter leur qualité, leur rendement mais aussi de baisser leur coût de production : c’est là qu’UnitySc intervient. En effet, l’entreprise grenobloise propose des solutions de calcul de performance de ces puces pour s’assurer de qualité. Cela permettra à Merck de disposer au sein de son portefeuille d’outils de métrologie pour bénéficier en interne de solutions de contrôle pour le développement de puces “toujours plus rapides, plus puissantes et plus efficaces”.
Le groupe Merck a annoncé que le montant de l’opération comprend un paiement de 155 millions d’euros, ainsi que d’autres paiements d’étape. L’acquisition finale d’UnitySc doit cependant nécessiter une consultation des comités d’entreprise français et reste soumise à l’approbation des autorités réglementaires et à d’autres conditions de clôture, même si le groupe explique qu’elle devrait être finalisée d’ici fin 2024.
1,05 milliard de dollars pour le rachat de la biotech Amolyt Pharma par AstraZeneca
Rester dans la course du développement de traitements pour les maladies rares : c’est l’ambition qu’animait le géant de l’industrie pharmaceutique, AstraZeneca, lorsqu’il a racheté le 15 juillet 2024 la biotech lyonnaise Amolyt Pharma pour près d’un milliard d’euros (960 millions d’euros), ce qui en fait l’un des plus gros montants pour l’achat d’une entreprise de la French Tech.
Si le groupe pharmaceutique suédo-britannique a racheté totalement Amolyt Pharma pour une telle somme, c’est parce que la biotech française développe des traitements pour les maladies endocriniennes rares, notamment “l’eneboparatide (AZP-3601), un peptide thérapeutique expérimental de phase III avec un nouveau mécanisme d’action conçu pour atteindre des objectifs thérapeutiques clés pour l’hypoparathyroïdie”. Avec ce rachat, Amolyt Pharma a intégré Alexion, branche d’AstraZeneca dédiée aux maladies rares, qui possède donc désormais d’un pipeline plus important pour le traitement des maladies rares.
L’équipe Health & Tech Intelligence vous souhaite d’excellentes vacances d’été ! Le rythme quotidien de publication reprendra dès le lundi 26 août 2024.
À notre retour, vous retrouverez rapidement les faits marquants du numérique en santé de ces derniers mois, avec des rétrospectives et des bilans thématiques pour rattraper tout ce que vous aurez pu manquer pendant l’été.
D’ici là, la plateforme H&TI reste accessible pour que vous puissiez consulter vos articles enregistrés, vos archives et toutes nos bases de données.
Vous êtes de plus en plus nombreuses et nombreux à utiliser H&TI, et nous tenons à vous remercier chaleureusement pour votre fidélité. Ensemble, nous construisons l’avenir de la santé !
Si vous partez en vacances, nous vous souhaitons d’en profiter pleinement. Et un été des plus agréables à toutes et à tous !
À très bientôt,
L’équipe Health & Tech Intelligence, by Care Insight
🔴 H&TI reste ouvert pendant les vacances, l’occasion de (re)découvrir :
En plus de tous nos articles de la veille quotidienne (news, études scientifiques, mercatos, agenda, brèves…), toutes nos études hebdomadaires (analyses, baromètres, panoramas, benchmarks, états des lieux…) dans la rubrique « Data », ainsi que nos 3 études premium déjà publiées (en attendant la quatrième en septembre) cette année :
Quelle maturité de l’IA générative en santé ? Cas d’usages, publications, marché et solutions
La GenAI offre des perspectives variées en santé, de la découverte de médicaments à l’automatisation des tâches. Mais quel est son impact réel ? Quelles sont les tendances de ce marché ? Les géants de la tech comme les gouvernements s’y intéressent et y investissent, tandis que des cadres réglementaire et éthique se construisent progressivement. 👉 A consulter en suivant ce lien.
IA et excellence opérationnelle : quel impact sur l’organisation et l’évolution des personnels de santé ? (état des lieux, entretiens, panorama des cas d’usage et des solutions…)
Au moins 66 solutions d’IA sont mises au service de l’excellence opérationnelle au niveau des établissements de santé. Des technologies qui s’illustrent dans au moins 22 cas d’usage, entre gestion des flux, des ressources et des processus et gestion médico-économique, financières et des achats. Décryptage à travers des analyses, des entretiens et des cartographies. 👉 A consulter en suivant ce lien.
IA et découverte des médicaments : vers une nouvelle ère de la recherche biopharmaceutique ?
Au moins 8 cas d’usage de l’IA dans la découverte des médicaments et 22 solutions françaises peuvent être recensés, visant accélérer la phase de recherche préclinique qui est historiquement axée sur le criblage à haut débit de cibles associées à des pathologies connues. Quel rôle l’IA peut-elle jouer pour progresser plus rapidement vers la phase d’essais cliniques ? 👉 A consulter en suivant ce lien.
Vacances d’été – @ Health & Tech Intelligence, image générée par l’IA
Partant du constat que de nombreuses maladies chroniques – telle que le diabète, certains cancers, le cholestérol, l’hypertension, ou encore le syndrome de fatigue chronique – sont la conséquence de mauvaises habitudes de vie, OpenAI et Thrive Global ont créé une entreprise pour développer un coach de santé alimenté par l’IA générative (GenAI) qui permettrait de prévenir les maladies chroniques. Portant le nom de Thrive AI Health, cette nouvelle société a pour principaux actionnaires les deux entreprises spécialisées dans l’IA, bien qu’elle possède comme investisseur stratégique Alice L. Walton Foundation, un fonds pour l’accès à l’éducation, à l’art et à la santé.
Si l’on ne sait pas grand chose sur le coach de santé virtuel de Thrive AI Health, mis à part qu’il sera alimenté par des données scientifiques, ainsi que par les données du patient pour lui prodiguer les meilleurs conseils, Sam Altman, CEO d’OpenAI, et Arianna Huffington, CEO de Thrive Global et co-fondatrice de la jeune pousse, ont publié une tribune dans le Time pour montrer les façons dont l’IA peut changer les habitudes de vie pour transformer la santé des patients de manière positive.
Dans cette tribune, les deux gérants expliquent que les maladies chroniques concernent près de 130 millions de personnes rien qu’aux États-Unis et qu’il y a une égalité d’accès pour la prise en charge de ces pathologies du fait de leur nombre qui est important et du manque de personnels médicaux pour l’assurer. L’IA de Thrive AI Health permettrait donc à chaque patient d’avoir quotidiennement des conseils lui permettant d’adopter de bonnes habitudes de vie sur le sommeil, l’alimentation, l’exercice, la gestion du stress et les relations sociales, qui sont, selon Sam Altman, “les comportements du quotidien qui influent sur la santé” ce qui est susceptible d’avoir ” un impact significatif sur les maladies chroniques dans le monde entier”.
Un ancien de Google comme CEO
Sam Altman et Arianna Huffington ont choisi DeCarlos Love comme CEO de cette nouvelle start-up. Et la baie de San Francisco n’est pas chose nouvelle pour Love qui a notamment travailler pour Apple, ainsi que pour Google, où il était responsable des produits. C’est de cette entreprise des GAFAM qu’il a démissionné pour rejoindre l’entreprise tout fraichement lancée par OpenAI.
Lorsqu’il était chez Google, c’est lui qui a été à l’origine de produits dotés de capteurs, d’intelligence artificielle et d’algorithmes d’apprentissage automatique, tels que la montre connectée du géant américain, ainsi que l’application Fitbit pourvue d’un coach virtuel. Dans un communiqué publié sur LinkedIn, il a exprimé sa joie d’intégrer la start-up en tant que dirigeant et se dit prêt à relever le défi d’avoir un impact significatif dans le domaine de la santé.
Il a expliqué qu’il pense réellement que l’utilisation de l’IA en santé peut “améliorer les vies” des patients et que l’utilisation des dernières technologies va permettre de “créer un coach de santé IA hyper personnalisé qui va aider les individus à atteindre leurs objectifs et à améliorer leurs résultats en matière de santé”.
Créé en janvier 2021 par le gouvernement français, le fonds pour la modernisation et l’investissement en santé (FMIS) vise à moderniser les équipements et les infrastructures, digitaliser les services de santé, former le personnel aux nouvelles technologies et financer des projets de recherche médicale.
Les objectifs du FMIS sont définis par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). Plus globalement, ils s’intègrent dans les politiques de santé publique. Le budget annuel s’inscrit dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS).
Une enveloppe en augmentation
En 2023, le montant des crédits s’élevait à 724 millions d’euros. En 2024, c’est une enveloppe de 747,5 millions d’euros qui a été allouée pour la deuxième répartition des crédits. Parue au Bulletin officiel le lundi 17 juillet, la circulaire vise à « consolider les actions initiées en 2021 ».
Sur l’ensemble du montant, 579 millions d’euros sont octroyés au titre des crédits du Ségur de la santé, notamment pour les investissements numériques. Hors Ségur, c’est la somme de 168,2 millions d’euros qui est accordée pour des projets plus spécifiques comme la création de nouvelles facultés d’odontologie et de quatre nouvelles unités cognitivo- comportementales (UCC).
Ces dotations s’inscrivent dans plusieurs plans comme la stratégie décennale de lutte contre le cancer, le Ségur du numérique, ou encore le plan national pour la greffe d’organes et de tissus 2022-2026.
579 M€ répartis dans le cadre du Ségur de la santé :
303,4 millions d’euros : pour les « projets d’investissement prioritaires » issus de la circulaire du 10 mars 2021 relative à la relance de l’investissement dans le système de santé.
200 millions d’euros : pour les investissements du quotidien des établissements de santé (dans la continuité des années précédentes) comme les travaux de rénovation, la ventilation, ou l’acquisition d’équipements médicaux.
79,9 millions d’euros : d’investissement numérique dans le secteur médico-social.
15 millions d’euros : pour les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP).
2,9 millions d’euros : Ségur du numérique en établissement de santé.
168,2 M€ répartis hors Ségur :
68 millions d’euros : projet de reconstruction au CHU de Guadeloupe.
32,8 millions d’euros : création de nouvelles facultés d’odontologie.
31,1 millions d’euros : réforme des autorisations.
16,7 millions d’euros : pour la numérisation de l’anatomocytopathologie (stratégie décennale de lutte contre le cancer).
5,9 millions d’euros : raccordement IP des service d’aide médicale urgente (Samu) : migration voix sur IP.
5,25 millions d’euros : renforcement des services d’accès aux soins.
3,1 millions d’euros : aide à l’investissement pour l’offre de soins des personnes détenues.
2,04 millions d’euros : modernisation des systèmes d’information des Samu.
1,08 millions d’euros : dotation de jumelles de vision nocturne aux équipages d’hélismur.
800 000 euros : création de quatre nouvelles unités cognitivo-comportementales (UCC) dans le Grand Est, Pays de la Loire, Occitanie et Normandie.
81 000 euros : construction de la plateforme d’échange European Chemicals Agency (ECHA) confiée au CHU de Nancy.
138 000 euros : pour 12 machines à perfusion rénale (plan national pour la greffe d’organes et de tissus 2022-2026).
L’élargissement du périmètre du FMIS fait augmenter le financement annuel, passant de 716 millions d’euros en 2021 à 747,5 millions d’euros en 2024. Tous les établissements de santé, publics ou privés, sont éligibles à ces crédits. La répartition de cette enveloppe se fera sous la responsabilité des agences régionales de santé (ARS). Une enquête sera faite « au plus tard en 2025 » sur l’utilisation de ces crédits.
Des chercheurs de l’Hôpital Mediclinic à Pietermaritzburg en Afrique du Sud, de l’hôpital général d’Albada à Tabuk en Arabie Saoudite, ainsi que de l’Université de Floride du Nord aux États-Unis, ont étudié l’impact des mégadonnées sur l’amélioration des stratégies de préparation et de réponse aux épidémies en Asie du Sud-Est. Cette région, densément peuplée et confrontée à une urbanisation rapide ainsi qu’à des changements environnementaux, est particulièrement vulnérable aux épidémies virales et bactériennes telles que le SARS-CoV-2, le MERS, le chikungunya, le Zika et la grippe aviaire H5N1.
Une étude combinant une revue de la littérature et des études de cas pratiques :
La détection précoce et la réponse rapide à ces épidémies représentent des défis sanitaires et épidémiologiques majeurs encore non résolus. Cette étude se distingue par une approche globale combinant une revue de la littérature et des études de cas pratiques. Les chercheurs ont analysé diverses applications des mégadonnées :
le machine learning pour classifier les rapports d’épidémies et identifier des clusters de cas ;
la visualisation des données pour faciliter leur interprétation ;
l’internet des objets connectés (IoT) pour collecter en temps réel de paramètres divers ;
et des applications mobiles de santé pour surveiller en temps réel les symptômes et l’adhésion des patients aux mesures préventives.
La nécessité de collaborations interdisciplinaires
Les résultats de cette recherche, publiés en juin dans l’International Journal of Scientific Research Updates (IJSRU), soulignent l’importance des collaborations interdisciplinaires et des partenariats pour partager et exploiter les métadonnées, améliorer la prévision des épidémies et mieux gérer des ressources humaines, renforçant ainsi les capacités de réponse épidémique à travers les frontières.
Cependant, selon les auteurs, l’intégration des mégadonnées est entravée par divers défis :
la qualité des données ;
les préoccupations liées à la vie privée ;
et la nécessité d’infrastructures et d’expertise robustes.
Pour surmonter ces obstacles, l’étude conclut qu’une coopération étroite entre gouvernements, organisations de santé et secteur privé est indispensable.
* Big data for epidemic preparedness in southeast Asia: An integrative study
Janet Aderonke Olaboye, Chukwudi Cosmos Maha, Tolulope Olagoke Kolawole and Samira Abdul International
Journal of Scientific Research Updates, 2024, 07(02), 066–073.
Développer un outil pour l’évaluation du bénéfice-risque
Le Groupe de travail « GT1 Balance Bénéfices/Risques » a été formé pour répondre aux préoccupations concernant les risques associés à la réutilisation des données de santé. Le constat initial faisait état de nombreux blocages de projets dus à une approche excessive de la gestion des risques, négligeant souvent les bénéfices potentiels pour la société et les chercheurs.
L’ambition de ce groupe est de développer un outil permettant d’évaluer le rapport entre les bénéfices et les risques liés à l’utilisation secondaire des données de santé. Cet outil vise à compléter les études d’impact du RGPD et à promouvoir une confiance collective parmi les acteurs de la santé. De plus, l’outil est conçu pour évaluer le rapport bénéfice-risque à accéder et à analyser des données de santé personnelles pseudonymisées et groupées pour la santé publique.
Démarche pour le développement de l’outil
La démarche du groupe de travail s’est concentrée sur l’élaboration d’une méthodologie rigoureuse pour évaluer le rapport bénéfice-risque associé à l’utilisation de données de santé personnelles pseudonymisées et groupées. Parmi les attendus de la démarche :
📌 Une vision holistique de l’impact de la recherche :
L’outil doit permettre aux porteurs de projets de prendre de la hauteur et de développer une vision holistique de l’impact de la recherche sur la santé publique. En considérant non seulement les résultats immédiats, mais aussi les implications à long terme, cette approche vise à favoriser des décisions mieux informées et plus équilibrées.
📌 Clarification et objectivation du risque et du bénéfice :
L’outil doit permettre de clarifier et d’objectiver le risque et le bénéfice réel pour la société et les individus. En utilisant une grille de lecture commune, cet outil permet d’identifier et de quantifier de manière objective les avantages potentiels et les risques associés à un projet. Cela inclut une appréciation par le porteur de l’importance du bénéfice ainsi que des risques de fuites de données et de réidentification.
📌 Confiance collective et une simplification des projets de réutilisation des données :
En fournissant une évaluation des bénéfices et des risques, l’outil permettra d’aider les décideurs à peser les options disponibles et à choisir les meilleures stratégies pour maximiser les avantages tout en minimisant les risques. Cela inclut des recommandations sur les mesures de sécurité à mettre en place, les modalités de publication des résultats et les stratégies de communication avec le public et les parties prenantes.
7 étapes en itération
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs étapes ont été suivies. Actuellement le groupe de travail est à l’étape 5.
1️⃣ Identification des catégories de bénéfices et de risques : cela impliquait de définir les différentes dimensions de bénéfices et de risques, prenant en compte des aspects tels que la surveillance épidémiologique, l’amélioration des connaissances médicales etc.
2️⃣ Identification des modulateurs de risque/bénéfice : cela impliquait d’évaluer la vraisemblance et la probabilité des bénéfices et des risques, prenant en compte la probabilité de l’étude à atteindre son objectif principal, la probabilité à ce que les résultats amènent à un changement de pratique par exemple etc.
3️⃣ Identification de méthodes de décisions : cela impliquait l’utilisation de modèles décisionnels pour évaluer la balance bénéfice-risque de manière systématique et transparente, prenant compte de l’importance des effets favorables et défavorables et la mise en balance des bénéfices et des risques. Celle-ci permet, en fonction de la qualification des risques et des bénéfices, de décider de prendre des risques pour obtenir les bénéfices et de déterminer si des mesures complémentaires doivent être mises en place
4️⃣Tests primaires : des essais ont été menés et présentés lors du retex du groupe de travail sur le projet Flatiron de Roche et le projet « cancer du sein ». Ces tests ont permis de peaufiner l’outil et de s’assurer qu’il répondait bien aux besoins des porteurs de projets.
5️⃣ Echanges avec l’écosystème : cela implique d’échanger avec des porteurs de projets, pour recueillir des retours d’expérience et des conseils pratiques quant à l’utilisation de cet outil
6️⃣ Mise en forme et partage de l’outil : cela implique une fois l’outil finalisé, mis en forme, un partage avec les porteurs de projets pour qu’ils se l’approprient et l’adoptent.
7️⃣ Itérations : dans une démarche d’amélioration continue, les itérations permettront de perfectionner l’outil en fonction des retours d’expérience et des évolutions des besoins ou de la réglementation.
L’entre franco-américaine Owkinspécialisée dans la découverte, le développement et le diagnostic de médicaments de précision basés sur l’IA, a annoncé son expansion dans la région Dach. Cette expansion est le fruit de partenariats avec neuf des principaux centres de la région :
Universitätsmedizin Berlin ;
Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) ;
Universitätsspital Basel ;
Technische Universität München (TUM) ;
Uniklinikum Erlangen ;
Universitätsklinikum Leipzig, Inselspital Bern ;
Universitätsklinik Mannheim-Heidelberg ;
Medizinische Universität Wien.
Ces collaborations couvrent 24 % de tous les cas ambulatoires et 15 % du total des patients dans la région Dach. En analysant de vastes ensembles de données et en identifiant des modèles complexes dans neuf hôpitaux, Owkin compte sur ses moteurs d’IA et ses outils de diagnostic pour améliorer les résultats des patients atteints de :
cancer de la prostate ;
cancer de la vessie musculo-invasif (CVMI) ;
et maladies cardiovasculaires.
Une telle approche devrait permettre aux chercheurs de découvrir de nouveaux biomarqueurs, de prédire les réponses aux traitements et de développer des thérapies plus efficaces et personnalisées pour chaque patient. Ainsi, le réseau d’Europe occidentale, couvrant la France, le Benelux et la région Dach, constituera pour Owkin “le plus grand réservoir de centres médicaux”.
4 projets stratégiques
En partenariat avec des institutions médicales de renommée internationale dans ces pays, Owkin vise à exploiter les données multimodales et les techniques d’apprentissage automatique pour offrir des solutions avancées dans le domaine de la santé. L’entreprise propose ainsi de prédire les résultats des traitements, de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques, d’optimiser les essais cliniques et d’améliorer les outils de diagnostic précoce, notamment à travers ces 4 projets :
📌 Biomarkerplus (prédiction de résultats) :
Owkin collaborera avec l’Inselspital Bern, la Technische Universität München (TUM) et l’Universitätsspital Basel pour analyser les données multimodales des patients afin d’identifier quels patients atteints d’un cancer de la prostate à un stade précoce sont les plus susceptibles d’échouer au traitement curatif primaire et de progresser à terme vers une maladie plus grave et d’anticiper s’ils peuvent bénéficier d’une stratégie de gestion différente. Owkin s’associe également à Uniklinikum Erlangen (UKER) dans le (cancer de la vessie musculo-invasif (CVMI) pour analyser les lames colorées à coloration à l’hématoxyline & éosine (H&E) afin de détecter les mutations FGFR3 (troubles de croissance osseuse, cancers, syndromes de malformations multiples…).
📌 Targetmatch (découverte de cibles) :
n partenariat avec Medizinische Fakultät Mannheim der Ruprecht-Karls-Universität et Medizinische Universität Wien, Owkin accédera à un ensemble de données multimodales de haute qualité, y compris l’histologie numérisée et le séquençage de l’ARN, afin de mieux comprendre la réponse au traitement pour la chimiothérapie néoadjuvante et d’identifier de nouvelles cibles et stratégies de traitement du CVMI.
📌 Trialplus (optimisation des essais cliniques) :
Le partenariat d’Owkin avec Universitätsklinikum Leipzig vise à utiliser des techniques d’apprentissage automatique pour améliorer la conception des essais cliniques sur les maladies cardiovasculaires.
📌 AI Diagnostics (MSIntuit CRC) :
fin d’améliorer son premier outil de pré-dépistage MSI marqué CE, MSIntuit CRC, Owkin travaillera en étroite collaboration avec Uniklinikum Erlangen (UKER) pour valider son MSIntuit CRC V2 mis à niveau auprès de cohortes plus variées.
C’est l’annonce faite par Emmanuel Macron lors de la dernière Conférence nationale du handicap. Avec un budget notable de 1,5 milliard d’euros, ce plan vise à renforcer l’inclusion et l’autonomie des personnes handicapées en France. Par ailleurs, ce projet fait face à des défis majeurs comme la pénurie de personnel dans le secteur médico-social.
En détail, 400 millions d’euros sont dédiés aux solutions pour les enfants, avec une attention aux diagnostics précoces pour les enfants de 0 à 6 ans. 585 millions d’euros sont alloués aux adultes, pour améliorer l’offre des foyers d’accueil médicalisés et des maisons d’accueil spécialisées. L’objectif est de désengorger les établissements médico-sociaux en développant des solutions d’accompagnement à domicile.
Parmi les mesures annoncées, figurent aussi le remboursement intégral des fauteuils roulants à partir de 2024, l’amélioration de l’accessibilité des logements, et un plan de rattrapage pour l’accessibilité numérique des sites publics. L’inclusion scolaire est renforcée avec la présence d’un enseignant référent dans chaque établissement du premier degré et une meilleure formation des accompagnants d’élèves en situation de handicap.
Dès septembre : 1 230 nouvelles solutions en région Paca
Bien que certaines régions soient prioritaires, comme l’Île-de-France, les Hauts-de-France et les départements d’Outre-mer. Les régions et les ARS régionales font avancer les choses. C’est notamment le cas de l’ARS Paca.
L’AMI « Pac’ambition » a permis d’identifier 378 initiatives pertinentes dans la région. 81 ont déjà été retenues et bénéficient d’un appui financier de 15 800 000 euros.
Extension de places en unités spécialisées, création de plateformes d’accompagnement, élargissement des plages d’ouverture, ou encore dispositifs de répit pour les aidants sont les actions portées par les établissements médico-sociaux. Au total, c’est 680 solutions pour les enfants et 543 pour les adultes qui verront le jour dès septembre 2024.
➡️ Pour soutenir la scolarisation :
106 places de service d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) ont été créées, offrant ainsi 170 solutions. De plus, trois unités d’enseignement élémentaire pour l’autisme et un dispositif d’autorégulation au collège ont été mis en place. Concernant l’accueil de jour en établissement, 21 places en institut médico-éducatif ont été dédiées aux enfants avec des troubles du spectre de l’autisme (TSA) et des troubles du neurodéveloppement (TND), représentant 35 solutions, ainsi que 10 places pour les enfants polyhandicapés, soit 15 solutions.
➡️ Pour les aidants :
113 solutions de répit ont été mises en place, principalement en augmentant les heures d’ouverture durant les week-ends et les vacances scolaires. En ce qui concerne les enfants présentant une double vulnérabilité, à la fois sous aide sociale à l’enfance (ASE) et en situation de handicap, 156 solutions ont été créées. Quatre plateformes de répit et un séjour de vacances répit ont été ajoutés pour les aidants.
➡️ Pour les adultes en situation de handicap :
543 solutions ont été développées, dont 53 places de service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH), totalisant 107 solutions. L’offre a été renforcée avec 50 places supplémentaires, principalement en accueil de jour, représentant également 107 solutions. Cinq dispositifs mobiles ont été mis en place, offrant 70 solutions. Pour les personnes handicapées vieillissantes, une équipe mobile et un SAMSAH de 20 places ont été créés, représentant 70 solutions. Enfin, 119 solutions ont été mises en place pour améliorer l’insertion professionnelle.
Le plan prévoit également le financement de centres d’action médico-sociale précoce et de pôles d’appui à la scolarité, avec une ambition de déployer 4 100 solutions en région Paca d’ici 2030.