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  • Avis : le CNRS alerte sur le risque d’attachement aux robots sociaux

    Les robots sociaux envahissent nos vies

    Pour rompre l’isolement des personnes âgées, de nombreux ehpad ont adopté Paro, la peluche phoque. Ce robot émotionnel a pour but de véhiculer les bénéfices de la thérapie animalière auprès notamment des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Très populaire, ce robot ne fait cependant pas l’unanimité. Certains établissements préfèrent l’original à la copie, et accueillent donc des chiens et des chats. Ces différences d’approche illustrent la question sur laquelle le comité d’éthique du CNRS (Comets) s’est penché. Quelle est la place que nous devons accorder aux robots sociaux ? Il a publié son avis* le 1er juillet dernier.

    Trop humains ?

    Certes, plusieurs recommandations éthiques ont déjà été formulées sur les chatbots et autres agents conversationnels mais « toutes ces réflexions ont toutefois trop souvent négligé un phénomène qui accompagne l’usage croissant de certains de ces robots, à savoir l’attachement aux robots dits « sociaux », indique Christine Noiville, la directrice du Comets. La question est centrale puisque ces dispositifs ressemblent à des humains : ils parlent, ils détectent nos émotions et en simulent à leur tour… Résultat : « L’utilisateur tend alors à attribuer à la machine des capacités humaines (intelligence, conscience, bienveillance, empathie), à se projeter dans une interaction affective avec elle, à développer l’illusion que se noue un lien intime et de confiance entre elle et lui, voire à s’y attacher, » écrivent les auteurs de l’avis. Des risques d’emprise, d’addiction, de désocialisation, et surtout de manipulation sont donc pointés du doigt par le Comets. Alors que ces robots visent à nous apporter du bien-être, à combler des manques affectifs, ces derniers pourraient en effet avoir des effets pervers, nous éloigner des humains et nous faire croire que nos vrais amis sont ces robots.

    Face à de tels dangers, le Comets interpelle donc les chercheurs, les incitant à s’interroger sur « l’utilité de mettre au point des robots sociaux expérimentaux mimant le plus possible l’humain, jusqu’à ses hésitations dans le langage, l’expression des émotions. »

    Le CNRS interpelle les chercheurs

    Le Comets a donc formulé 5 recommandations en direction de la recherche publique :

    • développer des formations aux enjeux éthiques (dans les cursus scientifiques et techniques et pour les personnels de recherche concernés), et se familiariser davantage avec la littérature internationale consacrée à ces questions et en débatte collectivement ;
    • s’interroger sur les finalités de la recherche, des applications et des choix de conception, comme sur les avantages et les inconvénients à donner aux robots une forme ou un comportement humanoïde ou des capacités à capter et à simuler les émotions ;
    • mener des études scientifiques de long terme et à grande échelle sur : – les relations que les utilisateurs nouent avec « leurs » robots sociaux et sur les incidences en termes de cognition, de psychisme, d’attachement, d’autonomie d’actions et de décisions ; – les effets du déploiement des robots sociaux sur les relations entre humains ;
    • renforcer les recherches interdisciplinaires et indépendantes associant aux travaux en informatique, en robotique, en sciences du comportement, du traitement du langage, etc., des recherches en psychologie, neurosciences, linguistique, sociologie, droit, éthique, philosophie, anthropologie ;
    • créer un observatoire pour collecter à grande échelle et à long terme les données relatives à l’utilisation de robots sociaux.

    Concernant la ressemblance des robots sociaux avec les humains, plusieurs études ont été menées sur le sujet, dont une qui devrait interpeller les concepteurs de ces dispositifs. Parue dans Plos One en novembre 2023, elle révèle que les robots sociaux peuvent être victimes de violences de la part de leurs utilisateurs et surtout que les mieux acceptés étaient ceux qui ressemblaient… le moins à des humains.

    *Avis du COMETS  « Le phénomène d’attachement aux robots dits « sociaux ». Pour une vigilance de la recherche scientifique »

  • IA : 300 millions d’échantillons audios de toux analysés (Salcit et Google)

    Le problème des “millions manquants”

    Dans le monde, 1,3 million de personnes sont mortes de la tuberculose en 2022. D’après l’OMS, 3 millions de nouveaux cas restent inconnus des services de santé, notamment dans des pays comme la Chine, le Nigeria ou l’Inde. Les “millions manquants” est le terme utilisé par les experts pour les qualifier. Le 24 mars 2014, le professeur Guy Marks (président de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies du poumon) alertait le monde médical sur le fait que “la stratégie actuelle … ne procure pas les résultats que nous espérons”. En cause, les carences de dépistage.

    L’IA et la bioacoustique pour les diagnostics précoces

    Les sons produits par le corps humain sont des source d’information. La bioacoustique, couplée avec l’intelligence artificielle, améliore la précision des diagnostics médicaux des maladies respiratoires. L’usage de cette technologie s’intensifie depuis quelques années. En 2022, EKO a obtenu une approbation de la FDA pour son algorithme de détection des souffles cardiaques. TytoCare et Canary Speech, en partenariat avec Microsoft, développent des solutions basées sur l’analyse des sons et des voix, avec un potentiel pour les soins à distance et la gestion des maladies chroniques. Ces innovations illustrent une tendance dans le domaine de la santé : l’IA acoustique devient un outil pour améliorer le diagnostic précoce et réduire les coûts liés à des maladies graves, comme la tuberculose.

    Améliorer la détection de la tuberculose à travers les toux

    Salcit Technologies, une société indienne spécialisée dans la santé respiratoire, s’est associée à Google Research pour développer un dispositif d’intelligence artificielle, le “Health Acoustic Representations” (HeAR). Leur objectif est d’améliorer la détection précoce de la tuberculose en Inde d’ici 2030 à travers l’analyse des sons de toux. Salcit intègre cette technologie dans sa plateforme existante, Swaasa, qui utilise l’IA bioacoustique pour diagnostiquer des maladies respiratoires.  HeAR apprend à discerner des schémas dans les sons liés à la respiration, créant ainsi une base pertinente pour l’analyse médicale des sons. L’avantage de ce dispositif est que la base de données d’entraînement n’a pas besoin d’être trop grande pour reconnaître la nature des sons. Selon Google Research, HeAR a été formé sur 300 millions d’échantillons audio anonymisés, dont 100 millions de sons de toux, permettant déjà au modèle de détecter des schémas acoustiques associés à des problèmes de santé.

    HeAR fournit une base robuste pour l’analyse médicale des sons. Salcit a montré comment l’apprentissage automatique, appliqué via Swaasa, permet de faciliter la détection des maladies, tout en améliorant l’accessibilité des soins de santé, particulièrement en milieu rural. En parallèle, Google Research bénéficie du soutien de l’initiative des Nations Unies “Stop TB Partnership” qui vise à éradiquer la tuberculose d’ici 2030. HeAR est perçu comme un outil prometteur pour le dépistage large, abordable et non-intrusif, favorisant l’accès aux soins pour les populations les plus démunies.

     

  • Cegedim : une croissance de 8,2% pour la banche santé (résultats annuels 2023)

    Le chiffre d’affaires consolidé atteint 319 millions d’euros, en hausse de 6,0 %(en données publiées) et +4.6% en données organiques,  par rapport à la même période en 2023. Cette croissance est portée par les activités de dématérialisation, de marketing et de cloud, malgré une comparaison défavorable avec les subventions exceptionnelles de l’année précédente.

    Performances par division

    • Logiciels & Services :
      • Chiffre d’affaires de 152,1 millions d’euros, en légère progression de 1,0 %. L’activité Cegedim Santé a cependant reculé de 2,4 %, impactée par la fin des subventions Ségur de 2023. Toutefois, l’intégration de Visiodent, acquise en mars 2024, a contribué à la stabilisation de cette division. Les services RH et assurances, avec une croissance de 2,7 %, ont compensé en partie cette baisse.
    • Flux :
      • Cette division a généré un chiffre d’affaires de 49,5 millions d’euros, en hausse de 5,8 %. Le segment e-business a enregistré une croissance solide de 7,6 %, soutenue par la réforme de la facturation électronique en Allemagne et l’augmentation des services proposés aux hôpitaux. Le Tiers Payant a également progressé de 3,1 %, grâce à l’expansion des offres de détection des fraudes.
    • Data & Marketing :
      • Les activités Data & Marketing ont connu une hausse de 8,0 % avec un chiffre d’affaires de 59,3 millions d’euros. Le marketing a été particulièrement dynamique, avec une croissance de 20,0 %, portée par les offres de communication dans les pharmacies. En revanche, les activités Data ont légèrement reculé de 2,8 %.
    • BPO (Business Process Outsourcing) :
      • La division BPO a enregistré une forte croissance de 21,6 %, atteignant 39,9 millions d’euros. Le contrat Allianz, initié en 2023, continue de stimuler les activités, notamment dans le secteur des assurances, qui a progressé de 29,5 %.
    • Cloud & Support :
      • Cette division a poursuivi son expansion avec une augmentation de 14,5 %, atteignant 18,1 millions d’euros. La demande pour les solutions cloud a permis à cette branche de maintenir une forte dynamique au cours du semestre.

    En 2023, Cegedim avait déjà mis en place des initiatives clés, comme l’entrée en vigueur du contrat Allianz, qui a contribué à la croissance du secteur BPO. En 2024, l’acquisition de Visiodent a marqué un tournant pour Cegedim Santé, permettant à l’entreprise de renforcer ses offres dans les logiciels de gestion de cabinets dentaires. En comparaison avec 2023, Cegedim a maintenu une croissance globale en 2024, avec une expansion notable dans les divisions BPO et Cloud & Support. La baisse de certaines activités, comme Cegedim Santé, a été compensée par la diversification des services RH et la montée en puissance des nouvelles acquisitions. Les perspectives pour 2024 restent positives, avec une prévision de croissance entre 5 % et 8 % sur l’année entière​.

  • Institut Curie : 10 millions d’euros d’investissement dans les technologies de pointe

    Que « la génération qui va naître ne connaisse plus de cancers incurables »

    Le 25 mai 2024, le Pr Alain Puisieux a pris ses fonctions de président du Directoire de l’Institut Curie, succédant au Pr Thierry Philip qui occupait ce poste depuis 2013. L’occasion pour l’ensemble du directoire de présenter ses ambitions pour les années futures en matière de lutte contre le cancer : le plan Curie 2030.

    En introduction de la conférence du 12 septembre intitulée : “un monde où les cancers incurables appartiendront au passé”, le Pr Alain Puisieux explique que le cancer a été, est, et restera une pathologie avec laquelle le monde vivra. Éradiquer le cancer est donc impossible. Mieux le comprendre, le prévenir et le soigner l’est bien plus. C’est bien la distinction, et l’objectif de la feuille de route de l’Institut Curie : éradiquer les cancers, incurables.

    De grands progrès malgré des moyens limités

    Les moyens alloués à la recherche contre le cancer sont insuffisants. La France se situe à la 14e place mondiale en matière de recherche fondamentale. L’OMS place la France, en 2022, à la 12e place en termes d’innovation. 17 % seulement des fonds vont vers la recherche en biologie. Or, c’est un des leviers essentiels à l’émergence de nouveaux traitements, comme l’impact de la protonthérapie, une méthode avancée de radiothérapie de précision contre les cellules cancéreuses. L’Institut Curie est le 4e centre mondial prodiguer cette technique.

    Malgré des moyens insuffisants, la recherche contre le cancer avance. Aujourd’hui, 65 % des cancers sont guéris, contre moins de 50 % dans les années 70. Ces “progrès remarquables” sont le fruit des avancées médicales, technologiques et biologiques. Un projet en cours vise à rassembler des chimistes et des biologistes au sein d’une même structure (Pôle Chemical Biology).

    Pour “faire mieux”, le Pr Alain Puisieux insiste sur la recherche fondamentale. La nécessité de comprendre, sans nécessairement avoir une application en tête dès le départ. De nombreux médicaments contre le cancer sont issus de la recherche fondamentale. Il illustre ses propos avec l’exemple de la protonthérapie, fruit de 10 années de recherche fondamentale et qui aujourd’hui offre des perspectives de traitements. 40 % des cancers sont évitables, ce qui fait de la prévention un levier essentiel pour lutter contre le cancer.

    Patients et traitements : un accompagnement global personnalisé

    L’Institut Curie place le patient au centre de son dispositif. Face à la complexité croissante des traitements, il assure une prise en charge coordonnée entre les acteurs, établissements de santé et les patients. L’institut intègre l’avis des patients et de leurs proches dans les réflexions sur les soins et la recherche, notamment à travers des programmes de sciences participatives et intégratives pour renforcer les échanges entre chercheurs et citoyens. Prédire la réponse à un traitement est l’un des éléments clés de la thérapie. L’objectif est aussi de maintenir les efforts sur la recherche des biomarqueurs.

    IA : l’Institut Curie investit pour prédire les risques et identifier les biomarqueurs

    Quelle sera la prochaine innovation marquante en matière de lutte contre le cancer ? Difficile à prédire selon le Pr Puisieux. Ce dont il est persuadé en revanche est qu’il faut intensifier les efforts en cours :

    • “Remettre la science en culture” : investir dans la recherche fondamentale (notamment en biologie), grâce à des financements, notamment pour développer des thérapies innovantes. La générosité publique contribue au tiers du budget global.
    • Favoriser la pluridisciplinarité : rassembler toutes les sciences contre les cancers. Y compris les sciences humaines et sociales, la finance et le management afin de “penser la lutte dans toutes ses dimensions”.
    • Soutenir la prévention : un programme de prévention sera déployé, couvrant les origines des cancers, les rechutes mais aussi les effets secondaires des traitements.
    • Former : investir dans la “qualité des chercheurs”, développer des partenariats et ouvrir les connaissances à l’ensemble du monde médical.
    • S’ouvrir vers l’international : continuer d’accueillir des doctorants étrangers (près de la moitié aujourd’hui). Développer et maintenir des partenariats avec des établissements internationaux.

    L’Institut mise aussi sur l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer le diagnostic, identifier de nouvelles molécules, optimiser les combinaisons thérapeutiques, prédire les cancers et personnaliser les soins. L’intensité et la diversité des applications de l’IA en cancérologie font de cette technologie un atout essentiel, précise Eric Nicolas (docteur en sciences économiques et président de WiseStratEdge), membre du Directoire, qui préfère d’ailleurs le terme “d’intelligence augmentée”. Enfin, l’Institut Curie renforce ses investissements dans les technologies de pointe. Il prévoit 10 millions d’euros pour optimiser les plateformes d’imagerie et d’analyse des cellules afin de mieux caractériser les tumeurs. Le développement des outils théranostiques et des techniques de radiothérapie, notamment avec l’IRM Linac et la protonthérapie, vise une personnalisation des traitements.

    En 2023, on dénombre 433 136 nouveaux cas de cancer en France, ce qui représente sur une année 1200 cas par jour.

     

  • IA et diagnostic : 98,2 % de taux de précision pour le modèle H-Optimus-O

    1,1 milliard de paramètres, 500 000 lames d’histopathologie

    Moins de cinq mois après sa création, la start-up parisienne Bioptimus a lancé H-Optimus-O, un modèle d’IA generative open-source pour la biologie. Ce modèle répond à cinq défis majeurs du diagnostic in vitro : la complexité croissante des analyses, l’augmentation du volume des cas, la nécessité d’automatisation, la rapidité d’exécution, et la précision des diagnostics.

    L’approche de Bioptimus se distingue par son caractère open-source, favorisant la collaboration entre chercheurs, cliniciens et développeurs. H-Optimus-O, avec 1,1 milliard de paramètres, a été intensivement entraîné sur des centaines de millions d’images provenant de plus de 500 000 lames d’histopathologie issues de 4 000 cliniques et instituts en Europe, Asie et Afrique.

    Un modèle de pathologie computationnelle : 40 blocs, 24 têtes d’attention

    Le modèle repose sur une architecture de :

    • Patches d’entrée de 14×14 pixels,
    • 40 couches de modèle,
    • 24 têtes d’attention, chaque couche effectuant des calculs parallèles.

    H-Optimus-O a été validé sur cinq tâches d’identification tissulaire et six tâches de détection de biomarqueurs et de métastases dans plusieurs types de cancer.

    Diagnostics de pointe, une nouvelle norme en pathologie numérique

    Les résultats et la documentation sont disponibles sur GitHub. Grâce à un entraînement approfondi, H-Optimus-O atteint un taux de précision de 98,2 % sur des tâches de classification, démontrant son efficacité prédictive.

    En tant que modèle open-source, H-Optimus-O ouvre des perspectives cliniques prometteuses, permettant l’intégration de données biologiques plus complexes et ouvrant la voie à la médecine personnalisée et à l’innovation en biotechnologie. Il pourra être utilisé pour accélérer le développement de nouveaux modèles en pathologie numérique.

     

  • Marché des Medtechs : la France en deuxième place européenne (Facts & Figures 2024 de Medectech Europe)

    Une industrie en pleine croissance et au cœur de l’innovation

    Le secteur de la MedTech, moteur de l’innovation et du progrès scientifique, joue un rôle central dans l’économie européenne. En 2023, le marché des technologies médicales en Europe est évalué à environ 160 milliards d’euros. Les principaux pays en termes de volume de marché sont :

    1. l’Allemagne (26,5 %) ;
    2. la France (14%) ;
    3. Italie (12,3%) ;
    4. Royaume-Uni (6,8%) ;
    5. l’Espagne (6,3%).
    Marché européen des dispositifs médicaux par pays

    Avec une part de 26,1 % du marché mondial, l’Europe se classe en deuxième position derrière les États-Unis, qui dominent le marché avec 47,2 % de parts. Caractérisé par une innovation continue, ce marché est porté par des investissements conséquents en recherche et développement. En moyenne, les entreprises consacrent environ 8 % de leurs ventes à la R&D. La plupart des produits ont une durée de vie relativement courte, entre 18 et 24 mois, avant d’être remplacés par des versions plus avancées.

    En 2023, plus de 15 900 demandes de brevets ont été déposées auprès de l’Office Européen des Brevets (OEB), faisant des technologies médicales le deuxième secteur le plus actif dans ce domaine après celui des communications numériques :

    • 40 % de ces brevets proviennent des pays de l’OEB ;
    • 38 % des États-Unis ;
    • 22 % d’autres régions du monde.

    Notons qu’en 2023, l’Allemagne a remboursé 57 technologies numériques, tandis que la France en a remboursé 56. Ces technologies couvrent des domaines variés, allant de la surveillance médicale à distance à des solutions pour la santé mentale, en passant par l’oncologie et le diabète.

    Le marché européen des dispositifs médicaux a enregistré une croissance annuelle moyenne de 5,4 % au cours des dix dernières années. En 2009, la crise économique a provoqué une baisse de la demande, réduisant le taux de croissance à 1 %, le plus bas observé depuis 14 ans. Toutefois, le marché a repris en 2010, avec des taux de croissance annuels fluctuants entre 2,4 % en 2017 et 9,3 % en 2015, pour s’établir à nouveau à 2,4 % en 2023.

    Taux de croissance du marché européen des dispositifs médicaux

    Un secteur à fort impact économique et sociétal en Europe

    En plus d’être un moteur d’innovation, le secteur des technologies médicales est un employeur majeur en Europe, avec plus de 880 000 personnes employées directement :

    1. L’Allemagne reste le leader en termes d’emplois dans ce domaine avec 257 000 employés ;
    2. l’Italie arrive derrière avec  17 607 employés ;
    3. suivi du Royaume-Uni qui compte 117 200 employés ;
    4. et enfin de la France avec 84 000 employés.

    À titre de comparaison, l’industrie pharmaceutique emploie environ 900 000 personnes dans l’ensemble du continent. En termes de contribution économique, le secteur de la MedTech génère une valeur ajoutée estimée à 177 000 € par employé, ce qui en fait un des secteurs les plus productifs d’Europe. 37 000 entreprises sont actives dans ce domaine en Europe, dont 90 % sont des petites et moyennes entreprises (PME), avec une majorité d’entre elles qui comptent moins de 50 employés.

    Les dépenses en technologies médicales représentent environ 7,9 % des dépenses totales de santé, soit une moyenne de 304 € par habitant en Europe. Malgré une variation entre les pays, les investissements dans ce secteur continuent de croître à un rythme constant. Le marché européen a connu une croissance annuelle moyenne de 5,4 % au cours des 10 dernières années, malgré un ralentissement temporaire en 2009 lié à la crise économique mondiale. Parallèlement, le marché des diagnostics in vitro (IVD) a lui aussi progressé avec un taux de croissance moyen de 4,3 % au cours de la même période, atteignant un pic en 2021 en raison de la pandémie de COVID-19.

    Sur le plan commercial, l’Europe bénéficie d’un excédent commercial de 11 milliards d’euros en 2023 pour les dispositifs médicaux. Les principaux partenaires commerciaux sont :

    • les États-Unis (40,4 %) ;
    • la Chine (11 %) ;
    • le Japon (5,4 %).
    Principales destinations européennes d’exportation des MedTech

    En termes d’importations, l’Europe continue de s’approvisionner principalement auprès des États-Unis (45,4 %) et de la Chine (14,6 %). Ce dynamisme commercial, associé à une régulation stricte et harmonisée à travers l’Union européenne, permet à l’Europe de maintenir sa position de leader dans le secteur de la MedTech tout en garantissant des normes élevées de sécurité et de performance pour les patients.

     

  • AAP télésanté : 8 initiatives soutenues par l’ARS Bretagne et la Préfecture de région

    Objectifs de l’appel à projets

    L’appel à projets, publié fin 2023, s’inscrit dans le projet régional de santé 3 (2023-2028) et le contrat de plan État-région Bretagne 2021-2027. Il vise à :

    • Intégrer la télésanté dans l’offre de soins pour améliorer la qualité des prises en charge;
    • Tester de nouvelles organisations pour développer l’accès aux soins et améliorer les conditions de travail des professionnels;
    • Capitaliser sur ces expérimentations pour identifier les modèles d’organisation les plus efficaces et pertinents.

    Les projets ciblent les patients ayant des difficultés de mobilité, les malades chroniques, et ceux vivant dans des zones sous-denses médicalement ou des quartiers prioritaires.

    Projets sélectionnés

    • Offre de téléexpertise en psychiatrie et pédopsychiatrie pour les médecins généralistes de Lorient-Quimperlé (Morbihan) — EPSM Sud Bretagne.
    • Téléexpertise pour améliorer l’accès aux soins sur le territoire de Pontivy-Loudéac (Morbihan, Côtes d’Armor) — GHT Centre Bretagne.
    • Dispositif de téléconsultation assistée en médecine générale, basé sur des points d’accès locaux — URPS Médecins, Infirmiers et Pharmaciens de Bretagne.
    • Expérimentation de téléconsultation assistée en gériatrie à domicile (Finistère) — GCS et Médico-Social Comète.
    • Développement de la télésanté à Landerneau (Finistère), incluant téléexpertise en gériatrie, cardiologie, et psychiatrie, ainsi que des téléconsultations en orthopédie — CHU de Brest et Centre Hospitalier de Landerneau.
    • Réseau territorial de télésanté pour les EHPADs (Ille-et-Vilaine) — CHU de Rennes, FIGAR.
    • Télésurveillance médicale en oncologie sur le territoire Sud Finistère — GHT, Union Hospitalière de Cornouaille.
    • Maintien de l’accès à l’échographie par téléassistance à Redon (Ille-et-Vilaine) — Centre Hospitalier Inter-Communal de Redon-Carentoir.

    Développement de la télésanté en Bretagne

    A travers cet appel à projet, les administrations bretonnes renforcent la couverture médicale du territoire et confirment leur volonté de proposer des alternatives numériques pour lutter contre la désertification médicale. Pour l’ARS Bretagne la télésanté permet d’assurer des soins à distance tout en maintenant les exigences de qualité et de sécurité. En plus de la téléconsultation et de la téléexpertise, elle inclut des activités de télésurveillance médicale et de téléassistance. Ces initiatives permettront d’identifier les conditions de réussite pour un déploiement plus large de la télésanté à travers la région.

  • JO : prise en charge anticipée numérique de dispositifs médicaux

    Objectifs de l’arrêté et conditions de prise en charge 

    L’arrêté vise à encadrer la prise en charge anticipée de la télésurveillance médicale, une méthode qui permet aux professionnels de santé de suivre à distance l’état de santé des patients à l’aide de dispositifs numériques. Cette prise en charge s’adresse aux patients atteints de cancers traités par des méthodes systémiques, tels que :

    • La chimiothérapie;
    • les thérapies ciblées;
    • l’hormonothérapie;
    • l’immunothérapie.

    Elle concerne également ceux sous traitement combiné ou associant une irradiation. 

    Pour bénéficier de cette prise en charge, les patients doivent remplir plusieurs critères d’éligibilité, notamment être majeurs, consentants, disposer d’un équipement numérique (smartphone, tablette ou ordinateur) et être suivis dans le cadre de leur traitement conventionnel. Les patients de moins de 18 ans, traités exclusivement par chirurgie ou radiothérapie, ou incapables d’utiliser le dispositif de télésurveillance pour des raisons physiques ou psychiques, ne sont pas éligibles. 

    L’arrêté définit également les spécifications techniques minimales des dispositifs médicaux numériques utilisés pour la télésurveillance. Le dispositif “Continuum+ Connect” par exemple, est conçu pour collecter et transmettre des données de santé à distance via une interface dédiée pour les patients et une autre pour les professionnels de santé.

    Voici les spécifications techniques minimales des dispositifs médicaux numériques mentionnées dans l’arrêté :

    • Type de dispositif : application web de télésurveillance médicale (exemple : “Continuum+ Connect”).
    • module d’alerte : statut de dispositif médical pour l’analyse des constantes physiologiques, des événements indésirables et de la douleur, permettant d’assigner un niveau d’alerte.
    • interfaces :
      • interface “patient/domicile” pour la collecte et transmission des données des patients.
      • interface “opérateur” pour les professionnels de l’équipe de télésurveillance.
      • interface pour les “professionnels de santé” désignés, non responsables de la télésurveillance.
    • données collectées : réponses à un questionnaire sur les effets indésirables, constantes physiologiques, douleur, etc.
    • compatibilité : dispositifs marqués CE pour les accessoires de collecte associés.
    • fonctionnalités : saisie, transmission des données et gestion des alertes.
    • exigences de formation : professionnels formés au dispositif et à l’oncologie, avec une mise à jour régulière des compétences.

    Responsabilités des professionnels et modalités de prescription

    Les professionnels de santé impliqués dans la télésurveillance, tels que les oncologues, les infirmiers ou les pharmaciens hospitaliers, doivent être formés à l’utilisation des dispositifs médicaux numériques et à l’oncologie. Ils sont responsables du suivi des patients, de l’analyse des données transmises, et de l’accompagnement thérapeutique, qui vise à aider les patients à mieux comprendre leur maladie et à gérer leur traitement.

    La prescription de la télésurveillance est initialement prévue pour une période d’essai de 1 mois, renouvelable jusqu’à 6 mois en fonction de l’intérêt et de l’adhésion du patient à ce type de suivi. Le consentement du patient est obligatoire pour toute collecte et transmission de données. 

    Vers une intégration durable de la télésurveillance médicale

    Cet arrêté s’inscrit dans une démarche de modernisation du suivi médical, renforçant l’intégration des technologies numériques dans le parcours de soins. Il contribue à améliorer l’accessibilité et la qualité des soins tout en garantissant la sécurité et la confidentialité des données des patients. Avec cet arrêté, la télésurveillance médicale bénéficie d’une prise en charge anticipée à des tarifs similaires à ceux de la télésurveillance de droit commun : un forfait de 28 euros par patient et par mois pour l’équipe médicale et un forfait technique de 50 euros TTC par patient et par mois pour maintenir la plateforme en conditions opérationnelles. Ce cadre, prévu pour une durée d’un an, permettra de confirmer l’inscription dans le droit commun après évaluation par la Haute Autorité de Santé (HAS) des bénéfices médicaux apportés. Cette initiative, inscrite dans le cadre de la stratégie d’accélération “Santé numérique” du plan France 2030, vise à faciliter l’adoption de solutions innovantes et à soutenir leur intégration durable dans le système de soins.

  • Diagnostic des maladies chroniques : une nouvelle architecture IoT-IA

    Le Nouvel Algorithme SH-CHO au Cœur du Nouveau Système

    Une équipe d’universitaires chinois et américains propose un cadre innovant pour les systèmes de santé intelligents, en exploitant l’Internet des objets (IoT) et une approche avancée d’intelligence artificielle (IA) pour améliorer le diagnostic du diabète et des maladies cardiovasculaires.

    Les maladies cardiovasculaires et le diabète sont parmi les pathologies chroniques les plus complexes à diagnostiquer, surtout lorsqu’elles sont associées à d’autres affections. Selon le National Diabetes Statistics Report des CDC, 30,7 % des adultes diabétiques aux États-Unis ne sont pas correctement diagnostiqués en raison de données incomplètes ou mal interprétées. De plus, entre 20 % et 30 % des cas de maladies cardiovasculaires échappent au diagnostic dans les systèmes de soins primaires, particulièrement dans les régions à infrastructure technologique limitée.

    Pour répondre à ce défi, des chercheurs des universités médicales de Guangxi et des postes et télécommunications de Nanjing, en collaboration avec des informaticiens du département d’ingénierie informatique de l’Université de Californie, ont développé une nouvelle architecture IoT-Fog intégrant une IA de pointe. Cette architecture utilise le calcul en périphérie (Fog Computing) pour traiter efficacement de vastes volumes de données médicales.

    Le modèle proposé inclut plusieurs étapes essentielles : la collecte des données, le prétraitement, la classification et le réglage des paramètres vitaux.

    • Les dispositifs médicaux connectés à l’IoT, tels que les capteurs portables, recueillent des données sur divers paramètres vitaux comme la température corporelle, la glycémie et la pression artérielle.
    • Ces données sont transmises via des réseaux sans fil à des systèmes de traitement basés dans le Cloud.
    • Elles sont ensuite utilisées pour entraîner des algorithmes d’IA reposant sur l’algorithme d’optimisation Smart Healthcare-Crow Search Optimization (SH-CSO), qui ajuste les paramètres du modèle, tels que les poids et les biais des réseaux neuronaux, afin d’optimiser la classification des données médicales.

    Performance et Limites

    L’étude publiée dans l’Ain Shams Engineering Journal montre que l’algorithme SH-CSO atteint des taux de précision de 97,26 % pour le diabète et 96,16 % pour les maladies cardiaques, surpassant les méthodes de diagnostic traditionnelles. Ce modèle prometteur offre une précision accrue et une réduction des erreurs diagnostiques pour les systèmes de santé intelligents.

    Cependant, des limitations persistent, notamment des préoccupations concernant la sécurité des données en raison de la vulnérabilité des systèmes IoT souvent exposés à des cyberattaques via des canaux publics non sécurisés. La variabilité des données collectées constitue également un défi. Il est donc crucial de poursuivre les recherches pour améliorer ces algorithmes et étendre leur application à d’autres maladies chroniques.

  • Prévention : AIS et HCSP appellent à une ambition politique coordonnée de financement des actions soutenues par le numérique

    Des défis de santé publique de plus en plus complexes

    Le Think Tank Health&Tech a accueilli le Pr Didier Lepelletier, président du Haut conseil de la santé publique (HCSP), et le Dr Lise Alter, directrice générale (DG) de l’Agence de l’innovation en santé (AIS) à l’occasion d’une rencontre le 12 septembre à ParisantéCampus. Les échanges orchestrés par Anne-Marie Armanteras, présidente du Think Tank, a porté sur l’importance d’une politique de prévention en appui de la stratégie d’accélération de l’innovation en prévention, récemment dévoilée par l’AIS.

    Didier Lepelletier a d’abord mis en avant l’ampleur des travaux du HCSP en 2023, avec 50 saisines réparties sur plusieurs domaines : la santé environnementale, les maladies infectieuses, l’évaluation des plans de santé publique, la prévention et la promotion de la santé, ainsi que la santé de l’enfant ou encore les produits biologiques. Il a, par ailleurs, souligné que les défis de santé publique à venir sont complexes, exacerbés par plusieurs facteurs, tels que les évolutions démographiques, les changements environnementaux, les innovations technologiques et les inégalités sociales. Parmi les principaux enjeux qu’il a ainsi identifiés :

    • le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques ;
    • le risque de pandémies et la persistance des maladies infectieuses ;
    • les inégalités sociales et l’accès aux soins ;
    • la santé mentale ;
    • l’impact des changements climatiques sur la santé environnementale ;
    • la transformation numérique et la cybersécurité en santé ;
    • l’innovation et l’éthique en santé ;
    • et la résilience des systèmes de santé.

    Réduire l’écart entre espérance de vie et espérance de vie sans incapacité :

    En France, un des objectifs majeurs en matière de santé publique, selon Didier Lepelletier, est de réduire l’écart entre l’espérance de vie (EV) et l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), cela signifie non seulement prolonger la vie, mais surtout améliorer sa qualité de vie pour les individus, en leur permettant de vivre en bonne santé le plus longtemps possible. C’est là que la prévention peut jouer un rôle clé, car elle vise notamment à éviter l’apparition ou l’aggravation de maladies chroniques ou invalidantes.

    Evolution de l'espérance de vie en France, chez les hommes et les femmes - @ InseeEvolution de l’espérance de vie en France, chez les hommes et les femmes – @ Insee

    Renforcer la prévention permettrait également de limiter les hospitalisations inutiles, en anticipant les problèmes de santé avant qu’ils ne nécessitent une intervention médicale lourde. Cela s’inscrit dans une approche globale de la santé publique, visant à réduire la pression sur les hôpitaux et à promouvoir des soins de proximité plus efficaces et personnalisés.

    Mener une politique interministérielle de prévention est un des virages importants que le HCSP appelle fortement pour rendre le système de santé soutenable. Parmi les indicateurs à infléchir, il partage notamment les données publiées récemment par l’Assurance maladie en termes de coûts du système de santé.

    Effectifs, dépenses moyennes par patient et dépenses totales en 2019 pour chaque catégorie de pathologies, traitements chroniques ou épisodes de soins - @ Assurance maladie
    Effectifs, dépenses moyennes par patient et dépenses totales en 2019 pour chaque catégorie de pathologies, traitements chroniques ou épisodes de soins – @ Assurance maladie

    👉 Pour aller plus loin :

    L’Innovation au cœur de la stratégie de prévention

    Lise Alter a, de son côté, mis en avant la pertinence de la stratégie d’accélération de l’innovation en prévention. Elle a expliqué que de nombreux projets innovants échouent à atteindre leur plein potentiel en raison d’un modèle économique inadéquat, et a insisté sur le rôle central des acteurs locaux et régionaux dans la prévention, précisant que les start-ups seules ne peuvent pas porter cet enjeu. Lise Alter a d’ailleurs rappelé que l’AIS travaille sur un projet de jumeau numérique au niveau national, développé avec l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) : un exemple de modélisation des impacts des projets en matière de santé publique.

    C’est dans ce sens que s’inscrit l’appel à projet (AAP) “Challenge prévention”, qui vise à encourager l’innovation dans ce domaine, notamment par le numérique, “avec ou sans intelligence artificielle”. Afin d’anticiper les difficultés et maximiser les bénéfices collectifs de cet AAP, la DG de l’AIS a insisté sur l’importance de l’accompagnement méthodologique dont bénéficieront les porteurs des projets qui seront sélectionnés.

    👉 Pour aller plus loin :

    Le numérique et l’IA pour une prévention personnalisée

    Au HCSP comme à l’AIS, le numérique et l’IA sont perçus comme des leviers pour adapter la prévention aux spécificités des populations, contrairement aux approches “égalitaires” traditionnelles, qu’ils viennent compléter et non remplacer. Didier Lepelletier prend l’exemple des actions de vaccination pour démontrer qu’une approche personnalisée peut coexister avec des mesures universelles comme des campagnes à grande échelle. Le “Domiscore”, un outil destiné à évaluer les risques à domicile, intégré dans la Stratégie nationale de santé (SNS), en est un exemple concret. Tout ceci justifie l’importance accrue qui est accordée à la recherche en santé publique et à l’exposome (un concept englobant l’ensemble des expositions à des facteurs environnementaux que subit un organisme humain, depuis sa conception jusqu’à sa fin de vie).

    Quels financements pour les innovations en prévention ?

    Pour Lise Alter, le financement des innovations en santé est un véritable “nerf de la guerre”. Beaucoup de modèles de financement actuels sont centrés sur les actes thérapeutiques, “sans prendre en compte l’impact préventif d’éviter des maladies”. Il est donc indispensable, selon elle, de mettre en place des modèles de financement spécifiques pour ces nouveaux enjeux.

    Pour y répondre, l’AIS propose des modalités de financement transitoires et adaptées, “comme cela se fait déjà pour les médicaments, afin de soutenir les innovations, telles que l’IA, qui offrent une valeur ajoutée significative”.

    La nécessité d’un cadre politique incitatif :

    En réponse à une dernière question d’Anne-Marie Armanteras, les deux intervenants se sont accordés à dire que la prévention et l’innovation en santé exigent une mobilisation coordonnée des acteurs, des territoires et un cadre politique incitatif, afin de financer efficacement ces initiatives décisives pour l’avenir de la santé publique : inciter les acteurs du secteur, donc, notamment les industriels, à accompagner et à investir dans projets et initiatives de prévention.

    “Cette synergie permettra, conclut Didier Lepelletier, de personnaliser la prévention, d’améliorer la surveillance épidémiologique et de mieux cibler les interventions de santé. La convergence entre industriels et Recherche est également déterminante pour accélérer le virage préventif. Les outils numériques facilitent la collecte et l’analyse des données pour améliorer la prévention, la recherche oriente ces innovations en identifiant les priorités et en validant leur efficacité. Il souligne également “l’ attention particulière” qu’il faut porter “aux enjeux d’éthique, de biais et d’accessibilité”.

     

    👉 La présentation du Pr Didier Lepelletier lors de ce rendez-vous du Think Tank peut être consultée ici.