Un maillon hospitalier fortement ancré dans les territoires ruraux
Réformés en 2019, les HPR constituent le premier niveau de la gradation des soins hospitaliers. En 2024, la France compte 308 établissements labellisés dans les données étudiées par la Drees, dont 85 % sont publics. Leur implantation les distingue nettement du reste de l’offre hospitalière : 56 % sont situés en zone rurale, contre seulement 7 % des établissements publics non HPR.
Ce positionnement répond notamment aux situations de faible densité médicale et d’éloignement des établissements de recours. Dans certains territoires, la distance avec l’établissement disposant d’une activité de médecine le plus proche peut atteindre plusieurs dizaines de kilomètres. Dans une récente étude publiée en septembre 2026, la Drees identifie ainsi 47 départements combinant une offre HPR supérieure à la moyenne, une population relativement âgée et un caractère rural marqué.
Une offre adaptée à une patientèle plus âgée :
Le profil des patients confirme cette fonction de proximité. En 2024, l’âge moyen des patients accueillis en court séjour dans les HPR publics atteint 70 ans, contre 50 ans dans les autres établissements publics. En moyen séjour, il s’élève à 74 ans contre 67 ans. Cette patientèle explique aussi l’importance du SMR et des USLD dans leur capacité d’accueil : 46 % des lits sont consacrés au SMR, contre 11 % dans les établissements publics non HPR.
Cette spécialisation s’accompagne toutefois d’un accès plus limité aux plateaux techniques lourds. Seuls 19 % des HPR disposent d’un scanner et 5 % d’une IRM, contre respectivement 75 % et 63 % des établissements publics non HPR.
La télémédecine comme interface avec le recours
C’est dans cet écart entre proximité et spécialisation que la télémédecine prend tout son sens. 20 % des HPR déclarent demander des téléconsultations, contre 11 % sollicités pour en réaliser. La Drees y voit surtout un rôle d’intermédiaire permettant d’accéder à des expertises disponibles dans d’autres établissements.
L’étude dessine ainsi moins un « petit hôpital » qu’un point d’articulation territorial, chargé de maintenir une capacité de prise en charge au plus près de populations rurales et âgées tout en s’appuyant sur les établissements de recours lorsque le niveau de spécialisation l’exige.
Source : Drees, Études et Résultats n°1382, « Hôpitaux de proximité (HPR) : des établissements de santé de premiers recours, surtout en zone rurale et pour une patientèle âgée » (septembre 2026) · fiabilité : statistique publique officielle

