Actualité

  • Ping An Good Doctor déploie la télémédecine en Chine pour combler le fossé rural

    Une répartition inégale des ressources humaines en santé

    Ping An Good Doctor, leader des services de santé en ligne en Chine, déploie 5 000 cabines de télémédecine dans les zones rurales pour répondre aux inégalités d’accès aux soins.

    La Chine, avec 1,4 milliard d’habitants, fait face à plusieurs défis :
    • Le vieillissement de la population : 11,9 % des Chinois ont plus de 65 ans.
    • L’augmentation des maladies chroniques, liées au mode de vie.
    • La pénurie de médecins : 1,8 médecin pour 1 000 habitants, surtout en zones rurales.
    • La concentration des hôpitaux : 72 % des établissements sont situés sur la côte est du pays.

    Des technologies avancées pour des soins accessibles en temps réel

    La plateforme de Ping An Good Doctor utilise l’IA et des capteurs biométriques pour proposer :
    • Des consultations médicales en ligne disponibles 24 h/24
    • Des services de gestion de santé incluant check-up en ligne, plans de santé personnalisés et suivi des maladies chroniques
    • Une pharmacie en ligne avec livraison à domicile en une heure

    50 millions de résidents ruraux bénéficieront de ce déploiement

    Le déploiement des 5 000 cabines de télémédecine bénéficiera à 50 millions de ruraux, améliorant l’accès aux soins. Ce projet vise à :
    • Détecter précocement les maladies en zone rurale grâce à des diagnostics à distance
    • Combler le manque de médecins dans les régions rurales
    • Réduire les inégalités de santé entre zones urbaines et rurales

    Ce projet est soutenu par le gouvernement chinois dans le cadre du plan national « Healthy China 2030 ».

  • EP PerMed : un appel à projets de 35 millions d’euros pour la pharmacogénomique en médecine personnalisée

    Renforcer la médecine personnalisée

    EP PerMed, soutenu par l’Union européenne dans le cadre d’Horizon Europe, a annoncé la prépublication de son appel à projets JTC2025. Ce programme vise à financer des projets de recherche multinationaux axés sur la pharmacogénomique et la personnalisation des traitements, afin d’accélérer l’intégration de la médecine personnalisée dans les pratiques cliniques européennes. Le budget alloué est estimé à 35 millions d’euros. 

    Les propositions devront concerner :

    • L’identification et la validation de biomarqueurs pharmacogénomiques à partir de données multi-omiques.
    • L’optimisation des traitements personnalisés en ajustant posologie et gestion des risques d’effets indésirables.
    • L’intégration de méthodologies interdisciplinaires (bioinformatique, économie de la santé, recherche clinique et préclinique).

    Calendrier

    • Mi-décembre 2024 : Publication officielle de l’appel.
    • 18 février 2025 : Clôture des pré-propositions.
    • Juin 2025 : Dépôt des propositions complètes.
    • Fin 2025 – début 2026 : Démarrage des projets sélectionnés.

    Une journée d’information dédiée à la communauté scientifique est prévue le 9 janvier 2025.

    Collaboration et participation attendue

    L’appel encourage les consortiums interdisciplinaires et intersectoriels, incluant :

    • Universités et instituts de recherche.
    • Secteur clinique et de santé publique.
    • Partenaires privés, PME et organisations de patients.

    23 pays et 10 régions européennes sont impliqués, parmi lesquels l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie. Chaque équipe sera financée par son organisme national ou régional. EP PerMed prévoit également un outil de partenariat pour faciliter la mise en relation des équipes de recherche.

     

  • Google lance un accélérateur pour des solutions d’IA générative à impact social : un appel mondial de 30 millions de dollars

    Un soutien pour des projets à fort impact

    En 2023, Google a investi dans 15 projets alimentés par l’IA, incluant des initiatives en santé numérique pour améliorer l’accès aux soins et l’expérience des prestataires. Chaque initiative a bénéficié de 3 millions de dollars en assistance technique, financement direct et crédits Google Cloud, certains projets bénéficiant même de bourses Google, mobilisant des employés à temps plein. Désormais, c’est au tour des initiatives à impact social de bénéficier du même programme, avec une dotation de 30 millions de dollars pour identifier et accompagner des organisations à but non lucratif, des entités civiques, des institutions académiques et des entreprises sociales souhaitant exploiter l’IA générative (GenAI) à des fins d’impact social. Les initiatives retenues bénéficieront d’un programme structuré de six mois comprenant mentorat, formation technique et crédits Google Cloud.

    Les candidats devront démontrer une utilisation pertinente et innovante de la GenAI pour répondre à des problématiques dans trois domaines prioritaires de Google :

    • Connaissances et apprentissages : créer des outils permettant aux individus d’acquérir des compétences et des connaissances pour prospérer.
    • Progrès scientifiques : accélérer les percées scientifiques grâce à l’IA et renforcer les collaborations entre universités, instituts de recherche et ONG.
    • Communautés résilientes : développer des solutions pour construire des sociétés plus solides, améliorer la sécurité en ligne et renforcer la résilience face aux crises.

    Processus de sélection et accompagnement

    L’évaluation des candidatures se fera sur des critères tels que la faisabilité, l’efficacité de l’utilisation de la GenAI, le potentiel d’évolutivité et la capacité à tirer parti de l’accélérateur. Outre le financement, les projets retenus recevront un soutien de la part des employés de Google, qui travailleront bénévolement aux côtés des équipes participantes.

    Google souligne également l’importance de la formation technique pour aider ces organisations à concrétiser leurs projets.

  • Commure acquiert Memora Health pour renforcer la personnalisation des soins de santé

    Une collaboration pour des soins mieux adaptés

    Cette alliance technologique ouvre la voie à une gestion plus fluide et plus personnalisée des soins. L’intégration des outils de navigation des soins de Memora Health au moteur CommureOS renforcera la personnalisation des parcours de soins. Commure, qui propose une plateforme de développement conforme aux standards FHIR, et Memora, spécialisée dans la gestion automatisée des besoins complexes des patients, s’unissent pour offrir une solution combinée.

    La plateforme améliorée permettra aux prestataires de santé d’optimiser la coordination des soins grâce à des rappels automatisés, des communications simplifiées et des outils de suivi adaptés. L’objectif est de simplifier les flux de travail des professionnels et d’améliorer le soutien apporté aux patients tout au long de leur parcours.

    Une acquisition qui complète un portefeuille existant

    Pour Commure, cette acquisition renforce un portefeuille de solutions bien diversifié, comprenant notamment Scribe, un outil de documentation clinique alimenté par l’intelligence artificielle, et des badges connectés pour la sécurité des travailleurs de la santé. Memora vient enrichir cette offre dans les domaines de l’engagement des patients, de la gestion des revenus et des systèmes de localisation en temps réel.

    Les dirigeants des deux entreprises ont souligné les bénéfices de ce rapprochement. Tanay Tandon, PDG de Commure, évoque “une opportunité d’accroître l’impact des outils numériques sur la qualité des soins”. De son côté, Kunaal Naik, cofondateur de Memora Health, met en avant la capacité de cette intégration à “toucher des millions de patients à travers des solutions de nouvelle génération.”

    Une dynamique de croissance pour les deux entreprises

    Commure, valorisée à 3,5 milliards de dollars après plusieurs levées de fonds en 2021, a précédemment acquis Karuna Health, consolidant son expertise dans les solutions de communication pour les soins. Memora a levé 30 millions de dollars en 2022 avec le soutien de General Catalyst et d’autres investisseurs, tout en nouant des partenariats stratégiques comme celui avec PeriGen pour la santé périnatale.

  • Cyber : la Cour des comptes recommande d’instaurer des audits périodiques des établissements de santé (Rapport)

    Des infrastructures vieillissantes qui n’aident pas dans un paysage de menaces croissantes

    Depuis plusieurs années, la Cour des comptes s’intéresse aux systèmes d’information hospitaliers (SIH), notamment avec un rapport en 2016 sur leur modernisation et une analyse des groupements hospitaliers de territoire (GHT) en 2020. Son rapport publié en janvier 2025 concerne la sécurité informatique des SIH et dresse des observations sur les exercices 2019 à 2023. Ce rapport intervient aussi dans un contexte marqué par l’intensification des cyberattaques, comme celles ayant touché les centres hospitaliers de Cannes et d’Armentières en 2024.

    Le rapport s’ouvre sur un constat : en 2023, les hôpitaux représentaient 10 % des victimes de rançongiciels en France, une proportion alarmante. Parmi les causes de l’augmentation des cyberattaques en direction des systèmes d’informations hospitaliers, la Cour des comptes pointe des infrastructures numériques vieillissantes, avec plus de 20 % des équipements informatiques obsolètes. Les budgets alloués au numérique, représentant seulement 1,7 % des dépenses d’exploitation des établissements de santé (contre 9 % dans le secteur bancaire), accentuent la vulnérabilité. Ces failles engendrent des interruptions de service prolongées, des vols de données sensibles et des coûts financiers importants, jusqu’à 10 millions d’euros par crise, auxquels s’ajoutent 20 millions d’euros de pertes de recettes dans certains cas.

    La Cour qui salue une réponse qu’elle qualifie de tardive :

    Après avoir dresse l’état des SIH en France, la Cour explore les mesures nécessaires pour renforcer la réponse nationale face à ces menaces. Elle met en lumière l’évolution récente du cadre juridique européen, notamment avec la directive NIS 2, qui impose des standards élevés de cybersécurité aux établissements de santé. En France, une réorganisation de la gouvernance a été amorcée, mais le rapport insiste sur la nécessité de la parachever.

    Le programme quinquennal, baptisé Care, qui a été lancé pour financer la modernisation des infrastructures numériques des hôpitaux et qui vise à renforcer la résilience des systèmes jusqu’en 2027 est salué par la Cour. Elle souligne cependant qu’il intervient tardivement et que des axes d’amélioration, notamment dans la coordination des audits techniques et la pérennisation des financements doivent être déployés au-delà de cette échéance. Le rapport appelle ensuite à une stratégie nationale d’audit et de certification renforcée. La montée en puissance d’un volet numérique dans la certification des établissements, piloté par la Haute Autorité de santé (HAS) et l’Agence du numérique en santé (ANS), est saluée, mais il reste nécessaire d’harmoniser les démarches d’audit à l’échelle nationale.

    Faire évoluer les pratiques des établissements :

    Dans un deuxième temps, le rapport examine les leviers permettant d’améliorer la cybersécurité au niveau local et régional. Une action clé est d’harmoniser les interventions des agences régionales de santé (ARS) et des groupements régionaux d’appui au développement de l’électronique en santé (Grades). Actuellement, ces réponses varient fortement selon les régions, certaines ARS étant bien mieux équipées en compétences et ressources que d’autres.

    Le rapport insiste également sur la nécessité de mutualiser les compétences dans les groupements hospitaliers de territoire (GHT). Cela inclut l’unification des directions des systèmes d’information et la généralisation des bonnes pratiques, comme la segmentation des réseaux ou la sécurisation des accès. La mise en place de dossiers patients informatisés mutualisés, tout en augmentant l’efficacité, doit être accompagnée d’une gestion rigoureuse des risques liés à la convergence des systèmes.

    La formation et la sensibilisation du personnel hospitalier sont identifiées comme des priorités. La rareté des ressources humaines compétentes en cybersécurité appelle à des efforts accrus pour attirer et former des talents.

    L’instauration d’audits périodiques obligatoires dans les établissements de santé parmi les 4 recommandations de la Cour

    Après avoir alerté sur l’urgence de renforcer la sécurité informatique des hôpitaux pour garantir la continuité des soins et protéger les données des patients et la nécessité de mettre en oeuvre des initiatives prometteuses par le biais de coordinations accrues entre les acteurs nationaux et locaux, un financement pérenne et une mobilisation collective, la Cour des comptes formule quatre recommandations prioritaires pour renforcer la sécurité des SIH.

    1️⃣ Elle propose la création d’un groupe national d’expertise, chargé d’évaluer les pertes de recettes en cas de cyberattaques majeures et de développer des mécanismes d’accompagnement financier pour les hôpitaux les plus touchés. Cette structure permettrait d’assurer un soutien rapide et adapté en cas de crise.

    2️⃣ Le rapport insiste également sur la nécessité de pérenniser le programme Care qui prévoit une enveloppe de 750 millions d’euros sur cinq ans pour moderniser les infrastructures numériques des établissements de santé. La Cour recommande de garantir ce financement jusqu’en 2027, afin de maintenir la dynamique engagée.

    3️⃣ La troisième recommandation porte sur l’instauration d’audits périodiques obligatoires dans les établissements de santé. Ces audits viseraient à évaluer systématiquement leur niveau de cybersécurité et à intégrer leurs résultats dans les critères de certification de la HAS. Cette approche permettrait de renforcer la transparence et d’encourager des efforts constants en matière de protection informatique.

    4️⃣ Enfin, la Cour préconise un renforcement de la gouvernance des groupements hospitaliers de territoire. En dotant les GHT de la personnalité morale, il serait possible de faciliter la mutualisation des ressources et d’accélérer la convergence des systèmes d’information, encore marqués par une hétérogénéité importante.

    La nécessité d’une coordination européenne :

    Le rapport souligne également l’importance d’une mobilisation collective pour relever les défis croissants de la cybersécurité dans les établissements de santé. Il insiste sur l’opportunité offerte par la transposition de la directive européenne NIS 2, qui pourrait permettre de rehausser les standards de protection et de mieux coordonner les efforts à l’échelle nationale et européenne.

  • Doctolib déploiera, dès février 2025, une garantie de paiement des complémentaires santé pour sécuriser la pratique du tiers payant

    Sécuriser la facturation des professionnels de santé : en déploiement progressif jusqu’en février 2025

    Doctolib annoncé le lancement d’une garantie de paiement des complémentaires santé qui sera progressivement déployée auprès de l’ensemble des utilisateurs d’ici février 2025. Cette solution, actuellement en phase de bêta-test auprès d’une centaine de soignants, vise à pallier les difficultés rencontrées par les professionnels de santé lors de l’application du tiers payant intégral. Actuellement, environ 6 % des paiements réalisés par les complémentaires santé sont rejetés, obligeant les soignants à initier des procédures de recouvrement souvent longues et complexes. Cette charge administrative conduit de nombreux praticiens à renoncer à certaines factures impayées.

    Un dispositif technique pour simplifier le tiers payant intégral

    Avec cette nouvelle garantie de paiement, Doctolib propose un outil intégré à sa plateforme permettant de :

    • Vérifier en temps réel les droits du patient.
    • Connaître le montant couvert par la complémentaire santé au moment de la facturation.
    • Assurer la prise en charge pour chaque facture, réduisant les risques de rejet.
    • Sécuriser les revenus des soignants, avec un gain potentiel de 100 € mensuels préservés pour certaines professions, comme les masseurs-kinésithérapeutes.

    Cette simplification administrative répond à une demande récurrente des médecins libéraux, souvent confrontés à des rejets de paiement chronophages.

    Un levier pour améliorer l’accès aux soins

    Au-delà des bénéfices pour les soignants, cette initiative pourrait avoir un impact positif sur l’accès aux soins. En France, près d’un quart des patients renonce à des soins ou à des équipements médicaux pour des raisons financières, souvent liées à l’obligation d’avancer les frais. Avec cette garantie de paiement, les patients n’auront plus à avancer la part couverte par leur complémentaire, réduisant ainsi les inégalités sociales d’accès aux soins.

    Selon Jean-Urbain Hubau, Directeur général France de Doctolib : « Cette nouvelle solution était très attendue par nos utilisateurs. Elle offrira une gestion simplifiée des paiements et réduira drastiquement les tâches administratives des soignants tout en garantissant un accès aux soins sans avance de frais pour les patients. »

     

  • La FDA publie 7 directives pour encadrer l’utilisation de l’IA dans le développement de médicaments

    7 directives pour cadrer l’usage de l’IA

    Depuis quelques années – et encore plus depuis l’émergence de l’IA générative -, l’intelligence artificielle s’impose comme un atout important dans le cycle de vie des produits pharmaceutiques, notamment grâce à la découverte de molécules ou aux essais numériques permettant de tester virtuellement l’efficacité d’un médicament. Son potentiel d’amélioration du développement, de la fabrication et de la surveillance post-commercialisation des médicaments est salué, grâce, entre autres, à sa capacité à traiter d’énormes ensembles de données. Toutefois, cette adoption rapide n’est pas sans poser des défis. Les modèles d’IA, bien qu’efficaces, peuvent produire des résultats biaisés ou imprécis, avec des implications graves sur les décisions prises.

    La Food and drug administration (FDA), qui a reçu depuis 2016 plus de 500 soumissions de médicaments dont la découverte a été permise grâce à l’IA, est consciente de ces enjeux. C’est pourquoi elle a publié, en ce début d’année 2025, un projet de directives sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le développement de médicaments. Ce document s’inscrit dans une démarche proactive visant à répondre à l’accélération de l’usage de l’IA dans les soumissions réglementaires de médicaments, tout en assurant la sécurité et l’efficacité des produits médicaux.

    Un guide allant de la question d’intérêt de l’IA à l’adéquation du modèle :

    Le guide de la FDA propose une approche méthodique, reposant sur sept directives, pour sept étapes clés, afin d’établir la crédibilité des modèles d’IA. Il débute par la définition de la question d’intérêt, qui consiste à préciser le problème ou la décision que le modèle doit adresser. Par exemple, un modèle peut être utilisé pour identifier les patients les plus à risque de développer des effets secondaires graves liés à un médicament.

    1️⃣ La première étape consiste à définir la question d’intérêt. Cela signifie identifier précisément le problème ou la décision que le modèle doit traiter. Par exemple, un modèle peut être conçu pour analyser les données de patients atteints d’une pathologie chronique afin de prédire ceux qui risquent de développer des complications graves suite à un traitement particulier. Cette étape est cruciale, car elle détermine la finalité du modèle et oriente les choix méthodologiques qui suivront.

    2️⃣ Ensuite, il est essentiel de délimiter le cadre d’utilisation du modèle. Ce cadre inclut la description de son rôle, son champ d’application, et la manière dont il interagira avec d’autres sources d’information, comme les bases de données cliniques ou les outils statistiques déjà en place. Par exemple, un modèle utilisé pour évaluer l’efficacité d’un traitement spécifique doit être adapté aux caractéristiques de la population concernée, que ce soit des patients atteints de cancer à un stade avancé ou des patients pédiatriques. Il doit également être compatible avec les systèmes de gestion des données hospitalières, afin d’assurer une intégration fluide dans les processus existants.

    3️⃣ L’évaluation des risques est une étape clé du processus. Cette évaluation porte sur les conséquences potentielles d’une erreur du modèle et sur son influence dans le processus décisionnel. Si un modèle d’IA est utilisé pour des tâches secondaires, comme le classement de données administratives, les risques associés à une erreur seront relativement faibles. En revanche, lorsqu’un modèle intervient dans des décisions cliniques critiques, telles que l’adaptation d’une dose de chimiothérapie en fonction de paramètres biologiques, les risques sont considérablement amplifiés. Une erreur pourrait entraîner des complications graves pour le patient, nécessitant une supervision humaine renforcée et une validation rigoureuse des algorithmes.

    4️⃣ Une fois ces bases posées, la FDA recommande l’élaboration d’un plan détaillé de validation. Ce document doit expliquer en profondeur comment les données seront sélectionnées, comment le modèle sera entraîné, et quelles méthodes de test seront employées pour garantir sa fiabilité. Par exemple, si le modèle est conçu pour prédire les réactions indésirables à un médicament, il devra être entraîné sur un ensemble de données représentatives de la diversité des patients susceptibles de recevoir ce traitement, en tenant compte des variables comme l’âge, le sexe, ou des antécédents médicaux.

    5️⃣ Après la mise en œuvre du plan, l’étape suivante est l’exécution de ce plan. Cette étape consiste à appliquer rigoureusement les méthodologies prévues, en testant le modèle sur des données d’entraînement et de validation, tout en analysant ses performances. Toute divergence par rapport au plan initial doit être consignée et expliquée pour garantir une transparence totale.

    6️⃣ L’étape suivante est la documentation des résultats obtenus. Un rapport exhaustif doit être produit, décrivant les performances du modèle, ses limites éventuelles, et tout écart par rapport au plan initial. Cette transparence permet aux régulateurs d’évaluer si le modèle remplit les critères de sécurité et de pertinence définis au préalable.

    7️⃣ Enfin, une fois toutes ces étapes réalisées, il est impératif d’évaluer l’adéquation du modèle à son usage prévu. Cela implique de vérifier qu’il répond bien aux besoins identifiés dans le cadre d’utilisation et qu’il est capable de fournir des résultats fiables et reproductibles. Par exemple, un modèle qui aurait montré une précision élevée dans des essais préliminaires, mais qui échoue à maintenir ce niveau dans des environnements réels, pourrait ne pas être jugé adapté pour une autorisation réglementaire.

    Cette approche globale permet, selon la FDA, de réduire les risques associés à l’utilisation de l’IA dans un domaine aussi sensible que celui des médicaments. Elle constitue une feuille de route claire pour s’assurer que ces technologies émergentes soient utilisées de manière éthique, efficace et sécurisée.

    Un point d’attention donné aux risques liés à l’IA

    L’utilisation des modèles d’IA dans des environnements aussi sensibles que celui des médicaments comporte des risques significatifs. Les biais algorithmiques, liés à des données d’entraînement non représentatives ou mal équilibrées, peuvent entraîner des résultats inéquitables, excluant certaines populations ou faussant les conclusions cliniques. Une erreur dans un modèle d’IA utilisé pour recommander des traitements pourrait exposer les patients à des effets secondaires inutiles ou réduire l’efficacité du traitement.

    La FDA insiste donc sur l’importance de surveiller les performances des modèles déployés tout au long de leur cycle de vie. Les données évoluent constamment, et des changements contextuels, comme l’introduction de nouveaux traitements ou des évolutions dans les protocoles médicaux, peuvent affecter la fiabilité des modèles. Une maintenance régulière, incluant des mises à jour des algorithmes et des revalidations périodiques, est donc indispensable.

    La FDA encourage les collaborations

    Le guide encourage les développeurs et sponsors à engager des discussions précoces avec l’agence pour définir les attentes en matière d’évaluation. Ces échanges, qui peuvent avoir lieu à différents stades du développement des modèles, permettent de garantir que les méthodologies adoptées sont alignées avec les exigences réglementaires.

    Ce cadre proposé par la FDA constitue une avancée importante pour intégrer l’IA dans la régulation des médicaments. En assurant la crédibilité et la sécurité des modèles, il ouvre la voie à une adoption plus large de ces technologies, tout en garantissant que les décisions prises reposent sur des bases fiables et robustes.

     

  • Qualité des soins en 2024 : des résultats encourageants malgré des disparités à corriger

    Une amélioration globale des indicateurs de qualité des soins

    En 2024, la HAS a mesuré 21 indicateurs de qualité et de sécurité des soins, couvrant la médecine-chirurgie-obstétrique (MCO), les soins médicaux et de réadaptation (SMR), l’hospitalisation à domicile (HAD) et la psychiatrie. Les résultats, disponibles sur le service Qualiscope, révèlent une amélioration générale de la satisfaction des patients, avec des scores de 79,5/100 en chirurgie ambulatoire, 76,7/100 en SMR et 74,8/100 pour les hospitalisations longues en MCO. La participation des patients aux enquêtes de satisfaction a également progressé, avec 1,35 million de réponses, dont 760 000 issues de la chirurgie ambulatoire. Près de 91 % des établissements affichent des résultats satisfaisants en chirurgie ambulatoire, contre 66 % en MCO.

    Certification : un bilan globalement positif mais contrasté

    Près de 70 % des décisions de certification ont été rendues en 2024. Le bilan est globalement favorable, 87 % des établissements obtenant des résultats positifs, dont 23 % avec la mention « Haute qualité des soins ». Toutefois, 13 % des structures n’atteignent pas les standards exigés, 9 % étant certifiées sous conditions et 4 % non certifiées. Les meilleurs résultats sont observés dans les CHU et centres de lutte contre le cancer, tandis que les établissements psychiatriques et certaines régions comme les DOM, hors La Réunion, affichent des performances inférieures.

    Des disparités sectorielles et des points à améliorer

    Certains indicateurs restent préoccupants. En psychiatrie, malgré une amélioration de l’évaluation cardiovasculaire et métabolique (69 % des patients évalués, +9 points depuis 2021), la gestion des comorbidités et des risques d’addictions nécessite encore des efforts. En prévention des infections, la consommation de solutions hydroalcooliques a baissé pour la deuxième année consécutive, atteignant seulement 79 % des objectifs fixés. Le taux de vaccination antigrippale des soignants reste insuffisant, avec seulement 19 % des établissements atteignant un niveau convenable.

    Des innovations numériques pour une amélioration continue

    La HAS a intégré l’intelligence artificielle dans l’outil e-Satis pour faciliter l’analyse des commentaires des patients. Cet algorithme, opérationnel depuis septembre 2024, permet de mieux identifier les points forts et axes d’amélioration des établissements à travers des analyses thématiques automatisées.

    En 2025, la HAS prévoit de nouveaux indicateurs pour mieux évaluer la qualité perçue, notamment l’expérience des patients en psychiatrie et l’hygiène des mains dans les établissements. Un sixième cycle de certification sera lancé, intégrant des critères renforcés sur la santé mentale, les soins critiques et l’usage des dispositifs médicaux numériques.

     

  • Une correction des biais et de meilleurs cadres réglementaires pour une meilleure utilisation de l’IA en santé (rapport Bipartisan House Task Force)

    La transparence et l’inclusion humaine pour une maximisation des bénéfices de l’IA

    L’intelligence artificielle (IA) se positionne comme une technologie phare capable de redéfinir les contours des politiques publiques et des secteurs stratégiques tels que la santé, l’économie, et la sécurité nationale, du moins, c’est ce que souligne la Bipartisan House Task Force dans son rapport sur l’IA publié en décembre 2024. Pour la task force, cette technologie a la capacité de transformer la société en améliorant la productivité, en accélérant l’innovation et en permettant des solutions plus rapides et moins coûteuses à des problèmes complexes. Toutefois, elle indique que cette révolution technologique s’accompagne de risques majeurs, notamment des biais algorithmiques, des atteintes potentielles à la vie privée et des risques de discrimination.

    Pour maximiser les bénéfices de l’IA tout en limitant ses dangers, la task force propose une gouvernance responsable basée sur des principes tels que la transparence, la protection de la vie privée, et l’inclusion humaine dans les processus automatisés. Cette approche repose sur une flexibilité permettant de s’adapter à l’évolution rapide des technologies tout en assurant que leur déploiement reste centré sur l’humain et ses besoins. L’objectif est de poser les bases d’une adoption éthique et durable de l’IA, alignée sur les priorités économiques et sociétales des États-Unis​.

    Un potentiel dans tous les pans de la santé

    Le rapport explore plusieurs domaines, de la propriété intellectuelle à l’usage gouvernemental, en passant par l’agriculture et l’éducation. Dans le domaine de la santé, il explore en profondeur les avantages, les défis et les opportunités offerts par l’intelligence artificielle. Pour la task force, l’IA s’annonce comme un catalyseur de transformation pour les systèmes de soins, en introduisant des avancées significatives à chaque étape du parcours médical, de la recherche clinique aux soins directs aux patients. Grâce à sa capacité à analyser rapidement de vastes quantités de données, l’IA permet une meilleure précision dans les diagnostics, améliore l’efficacité des processus médicaux et accélère la découverte de traitements innovants. Sur 20 pages, cette partie du rapport montre le potentiel que pourrait avoir une utilisation de l’IA en santé, en explorant plusieurs pans comme le diagnostic, l’usage administratif, la décision clinique, ou encore le développement de dispositifs médicaux.

    L’un des exemples les plus marquants présents dans le rapport est le potentiel de l’IA à optimiser le développement de nouveaux médicaments. En analysant des données massives issues d’essais cliniques et de bases de données génétiques, les systèmes d’IA peuvent identifier des candidats prometteurs plus rapidement que les méthodes traditionnelles. La task force s’est basée sur une étude récente qui montre que ces dernières années, de plus en plus de molécules ont été découvertes grâce à l’IA (67 en 2023) et que désormais certaines ont été lancées sur le marché, alors que précédemment elles se contentaient de participer à des essais cliniques.

    Nombre de molécules découvertes par les entreprises de biotechnologie basées sur l'IA et qui sont entrées dans les essais cliniques - @ResearchGate
    Nombre de molécules découvertes par les entreprises de biotechnologie basées sur l’IA et qui sont entrées dans les essais cliniques – @ResearchGate

    Plusieurs obstacles à surmonter : le manque de normes, de confidentialité, les biais…

    Malgré ces avantages, le rapport met en lumière plusieurs défis qui freinent l’adoption généralisée de l’IA dans le secteur de la santé. L’un des principaux obstacles est l’absence de normes harmonisées pour les données médicales et les algorithmes, ce qui limite l’interopérabilité entre les systèmes et complique le partage des informations essentielles. Cette fragmentation freine l’intégration fluide des solutions d’IA dans les infrastructures de santé existantes. De plus, la confidentialité des données des patients demeure une préoccupation majeure, exacerbée par la complexité croissante des systèmes d’IA. Les biais algorithmiques sont également un risque sérieux, susceptibles d’aggraver les inégalités dans les soins si les modèles sont mal conçus ou entraînés sur des données non représentatives.

    Pour surmonter ces défis, le rapport insiste sur plusieurs mesures stratégiques. Il recommande de promouvoir des normes rigoureuses pour garantir que les systèmes d’IA soient sécurisés, efficaces et équitables. La gestion des risques associés à ces technologies doit inclure des mécanismes pour identifier et corriger les biais, protéger les données sensibles et prévenir les résultats discriminatoires. Par ailleurs, un soutien accru à la recherche sur l’IA médicale est essentiel pour développer des applications innovantes et améliorer les solutions existantes. Le rapport propose également de clarifier les cadres réglementaires pour déterminer les responsabilités légales en cas de dysfonctionnement ou d’usage inapproprié des systèmes d’IA dans le domaine de la santé.

    La task force soutient que si les recommandations du rapport sont mises en œuvre, l’IA pourrait devenir un pilier central de la transformation des systèmes de santé, renforçant la qualité des soins tout en maintenant la confiance des patients et des professionnels de santé dans ces outils novateurs​.

  • WellTheory lance un programme pour relier maladies auto-immunes et déséquilibres hormonaux chez les femmes

    Une réponse aux besoins des femmes atteintes de maladies hormonales

    WellTheory, société californienne spécialisée en santé numérique, annonce un programme dédié aux femmes souffrant de troubles hormonaux tels que l’endométriose ou le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ce programme s’attaque à un point, parfois aveugle, dans les soins : le lien entre les déséquilibres hormonaux et les maladies auto-immunes. L’approche repose sur des tests hormonaux précis (cortisol, métabolites) combinés à un accompagnement. Chaque patiente bénéficie de plans de soins individualisés incluant :

    • Suivi des habitudes en nutrition, stress, sommeil et activité physique.
    • Protocoles de suppléments personnalisés.
    • Accompagnement continu via appels vidéo, messageries et outils de suivi des symptômes.

    Le programme cherche à améliorer non seulement la prise en charge des symptômes, mais aussi la qualité de vie globale des patientes. Les résultats seront mesurés selon des paramètres variés : bien-être rapporté, données cliniques, productivité au travail, entre autres.

    Comprendre le lien entre hormones et immunité

    Des études montrent que les hormones jouent un rôle dans la régulation du système immunitaire. Des perturbations hormonales, par exemple durant la grossesse ou la ménopause, peuvent déclencher ou aggraver des maladies auto-immunes. « Les soins de santé traditionnels abordent rarement ce lien. Nous voulons changer cela » explique Ellen Rudolph, PDG et cofondatrice de WellTheory.

    Une initiative guidée par l’expérience personnelle

    Ce programme a une résonance pour Ellen Rudolph, elle-même confrontée au SOPK dès l’âge de 25 ans, avant un diagnostic de maladie auto-immune. Son expérience personnelle – années de symptômes inexpliqués et absence de réponses claires – a motivé la création d’un programme axé sur la recherche des causes.

    D’après la Autoimmune Association, sur les plus de 50 millions d’Américains qui souffrent d’une maladie auto-immune, 80 % sont des femmes.