Actualité

  • Une charte pour encadrer les médecins créateurs de contenu sur internet : enjeux éthiques et de santé publique

    Un outil contre la désinformation médicale en ligne

    Les réseaux sociaux, qui constituent aujourd’hui une source d’information importante en matière de santé pour le grand public, amplifient les risques de propagation de contenus inexacts et/ou dangereux. Ces risques concernent par exemple les pratiques de soins non conventionnelles et les actes à visée esthétique.

    Pour répondre à ces enjeux, le CNOM, en partenariat avec des médecins actifs sur ces plateformes et des experts de YouTube, a élaboré une charte déontologique. Ce document propose dix principes destinés à encadrer la production de contenus médicaux sur les réseaux sociaux, en rappelant les obligations éthiques des professionnels de santé dans ce domaine.

    Des implications pour la santé numérique

    Dans un contexte où le numérique en santé occupe une place notable, ce dispositif pourrait renforcer la confiance des utilisateurs envers les informations médicales diffusées en ligne. Les plateformes numériques nécessitent une régulation adaptée à ces usages. Une étude de l’Institut Pew (2023) montre que 72 % des utilisateurs recherchent des informations médicales sur internet avant de consulter un professionnel de santé. Cette tendance met en lumière l’importance d’un cadre éthique pour structurer les interactions.

     

     

  • Cybersécurité : un kit PCRA par l’ANS pour le médico-social

    Un outil stratégique face aux crises dans le médico-social

    Le secteur de la santé subit une pression croissante liée aux cyberattaques. Le taux d’incidents signalés est passé de 2,8 % en 2020 à 11,4 % en 2023, selon l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

    Le secteur médico-social, aussi exposé aux cyberattaques et aux crises organisationnelles, bénéficie maintenant d’un outil conçu pour garantir la continuité et la reprise d’activité en cas d’incident. Le Plan de continuité et de reprise d’activité (PCRA), initialement conçu pour le secteur sanitaire, a été adapté et enrichi pour répondre aux spécificités des structures médico-sociales. Après une phase pilote réalisée en 2024 auprès d’organismes représentatifs (Adef Résidences, APF France Handicap, IRSAM et Aidera.Var), ce kit a été finalisé et publié par l’ANS. Il intègre des outils et des méthodologies ajustés aux besoins des secteurs ; “Personnes âgées”, “Personnes en situation de handicap” et “Domicile”.

    Les contenus et objectifs du kit PCRA

    Le kit PCA/PRA inclut les outils nécessaires pour accompagner les établissements dans la rédaction et la mise en œuvre de ces plans :

    • Cadrage du projet : présentation du PCRA, mode d’emploi du kit, lexique, fiche de mission pour le responsable PCRA et retours d’expérience (RETEX) issus de la phase pilote.
      Consultez le Kit PCA/PRA : Cadrage
    • Méthodologie d’élaboration : fiches pratiques, modèle de Bilan d’Impact sur l’Activité (BIA), trame de PCRA, et autres outils méthodologiques.
      Consultez le Kit PCA/PRA : Méthodologie
    • Exemples de BIA : trois exemples concrets pour s’inspirer (services RH, réanimation, laboratoire).
      Consultez le Kit PCA/PRA : Exemples de BIA
    • Gestion et mise à jour du PCRA : méthodologie pour maintenir le PCRA opérationnel et à jour.

    Ce kit s’adresse aux gestionnaires d’organismes médico-sociaux qui souhaite sécuriser les activités critiques face aux crises susceptibles d’entraîner l’indisponibilité des systèmes d’information, des infrastructures, des ressources humaines ou des prestataires.  Il contient les éléments suivants :

    • Une note de présentation synthétique pour sensibiliser les décideurs ;
    • Une introduction aux concepts et principes du PCRA ;
    • Une méthodologie pour élaborer un plan de continuité ;
    • Des modèles de PCRA cadre et des fiches pratiques ;
    • Un outil BIA (Bilan d’Impact sur l’Activité) accompagné d’exemples concrets issus de la phase pilote.

    Les professionnels peuvent accéder à ces ressources en ligne pour initier ou améliorer leur démarche de résilience : Téléchargez le kit PCA/PRA.

     

  • NeuroClues, un dispositif d’eye tracking certifié pour améliorer le diagnostic des maladies neurologiques

    Une innovation au service du diagnostic neurologique

    NeuroClues, société européenne de MedTech, a reçu la certification MDR en janvier 2025, autorisant la commercialisation de son dispositif d’eye tracking en Europe. Ce système utilise l’intelligence artificielle pour analyser les mouvements oculaires, identifiés comme des biomarqueurs fiables des maladies neurodégénératives. L’approche cherche à réduire les retards diagnostiques, souvent liés à la complexité des observations cliniques actuelles, où les erreurs de diagnostic concernent près de 30 % des cas. En 10 minutes, le dispositif extrait des données précises, permettant d’appuyer les décisions des professionnels de santé.

    Une intégration clinique soutenue par la recherche

    NeuroClues repose sur des décennies de travaux scientifiques concernant les mouvements oculaires et s’associe à plusieurs institutions en Europe et aux États-Unis. En France, l’entreprise collabore avec l’Institut du Cerveau de Paris et explore l’intégration de sa solution dans la méga-cohorte Constances, qui regroupe 220 000 participants. Ce projet, s’inscrivant dans le cadre de France 2030, prévoit l’enregistrement de 25 000 sujets pour établir des normes de mouvements oculaires et améliorer les capacités diagnostiques.

    Un déploiement ciblé 

    La certification MDR ouvre la voie à une commercialisation auprès des neurologues, neuro-ophtalmologues et spécialistes des troubles du mouvement. En plus des syndromes parkinsoniens, l’appareil trouve des applications potentielles dans les diagnostics liés aux démences, aux affections cérébelleuses ou encore en médecine sportive.

    Une levée de fonds pour soutenir le projet

    NeuroClues prévoit de lever 10 millions d’euros pour structurer ses activités et accélérer son déploiement. L’entreprise ambitionne de renforcer son équipe commerciale et de développer sa présence sur le marché européen. Pour accompagner cette phase, Bart Stulens, ancien cadre de Medtronic, a été nommé directeur commercial. Son expérience dans la gestion des lancements de dispositifs médicaux sera mise au service de l’expansion de l’entreprise.

    Le dispositif de NeuroClues, conçu pour être utilisé en complément des pratiques cliniques actuelles, pourrait améliorer la détection précoce et le suivi des maladies neurologiques. Il s’inscrit dans une approche visant à réduire l’errance diagnostique.

     

  • Encadrer l’IA, simplifier les démarches d’exercice des droits… la Cnil publie son plan stratégique 2025-2028

    4 axes pour “protéger les données de chacun”

    L’essor des technologies comme l’intelligence artificielle (IA), l’Internet des objets (IoT) ou les identités numériques bouleverse les usages tout en générant de nouvelles vulnérabilités. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) s’inquiète de l’intensification des cyberattaques et des violations de données, qui menacent autant les particuliers que les organisations. Dans son plan stratégique pour la période 2025-2028 publié le 16 janvier 2025, la Cnil révèle que 61 % des Français déclarent avoir été victimes d’une cyberattaque au cours de l’année écoulée, et que 67 % des vols de données restent indétectés pendant plus de 100 jours. Face à ces chiffres, la Commission a, entre 2022 et 2024, effectué 1 006 contrôles, engagé 495 mises en demeure et prononcé 150 sanctions pour un montant cumulé de 245 669 800 euros.

    Quelques chiffres clés du bilan 2022-2024 de la Cnil - @Cnil
    Quelques chiffres clés du bilan 2022-2024 de la Cnil – @Cnil

    “Encadrer l’IA” comme recommandation de la Cnil :

    Le plan stratégique 2025-2028 de la Cnil s’articule autour de quatre axes majeurs, chacun porteur d’objectifs spécifiques pour répondre aux enjeux de la protection des données dans un monde numérique en rapide mutation. Le premier axe vise à renforcer les droits des personnes, en mettant l’accent sur la simplification des démarches pour exercer leurs droits et sur une sensibilisation accrue à la gestion des données personnelles. Le deuxième axe ambitionne d’accompagner les acteurs publics et privés dans leur conformité aux règles de protection des données, en proposant des outils pratiques et en favorisant l’intégration du respect de la vie privée dès la conception des projets.

    Le troisième axe met en avant la sécurisation des usages numériques. La Cnil s’engage à encourager l’adoption de mesures de cybersécurité robustes et à soutenir les initiatives technologiques garantissant la confidentialité des données. Enfin, le quatrième axe est dédié à l’innovation et à l’anticipation des défis émergents : il propose d’encadrer les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle et les identités numériques, tout en participant activement à l’élaboration de régulations européennes adaptées aux réalités technologiques. Ces axes, complémentaires, traduisent la volonté de la Cnil de conjuguer protection des droits, accompagnement des acteurs et soutien à l’innovation responsable.

    Développer des solutions technologiques respectueuses de la vie privée des patients

    Le secteur de la santé, particulièrement exposé aux cybermenaces, constitue une priorité stratégique pour la Cnil. L’interconnexion croissante entre dispositifs médicaux, hôpitaux et bases de données génère des opportunités mais aussi des risques majeurs. Une fuite de données de santé peut avoir des conséquences désastreuses, à la fois pour la confidentialité des patients et pour la continuité des soins.

    Pour répondre à ces enjeux, la Cnil soutient le développement de solutions technologiques respectueuses de la vie privée, comme les Privacy Enhancing Technologies (PETs), et encourage l’adoption de bonnes pratiques dès la conception des outils numériques. Elle insiste également sur l’importance de renforcer la sensibilisation des professionnels de santé, souvent en première ligne face aux cyberattaques, et des patients, qui doivent être informés des risques liés à la gestion de leurs données personnelles.

    Faire de chaque citoyen, un acteur de la cybersécurité

    L’un des objectifs clés de ce plan stratégique est de transformer chaque individu et organisation en acteur de la cybersécurité. Dans ce sens, Cnil prévoit de :

    • Développer des outils pédagogiques pour les petites entreprises et collectivités locales, souvent les plus vulnérables aux attaques ;
    • Continuer de contrôler et de sanctionner les acteurs négligents pour faire respecter les normes de sécurité ;
    • Participer à l’élaboration de standards européens pour intégrer les exigences de protection des données dans les certifications.

    Dans le secteur de la santé, la CNIL met l’accent sur la nécessité de créer des solutions innovantes capables de sécuriser les informations sensibles tout en facilitant l’accès et l’usage des données pour les professionnels et les patients.

  • Maiia et deuxiemeavis.fr : un partenariat pour simplifier l’accès à l’expertise médicale

    Faciliter la prise en charge des cas complexes

    Maiia, plateforme développée par Cegedim Santé, ajoute une nouvelle fonctionnalité à son service Agenda premium grâce à son partenariat avec deuxiemeavis.fr. Les professionnels de santé pourront demander un avis spécialisé directement depuis le dossier patient. Ce service s’adresse aux cas médicaux complexes nécessitant l’expertise d’un spécialiste. Il repose sur une méthodologie structurée : le patient complète son dossier médical (questionnaire, comptes rendus, imageries) qui est transmis à un expert sélectionné parmi 350 médecins référencés. L’avis est rendu sous 7 jours et transmis au médecin via MSSanté ainsi qu’au patient via un espace sécurisé.

    Un service intégré dans le parcours de soins : Après la demande du médecin, le patient prend ensuite en charge la constitution de son dossier en ligne. Ce fonctionnement offre :

    • Une continuité dans la prise en charge médicale ;
    • Une implication active du patient dans son parcours de soins ;
    • Une assistance pour les professionnels confrontés à des cas complexes.

    Un outil pour renforcer les décisions médicales

    Cette intégration améliore l’accès à l’expertise médicale pour les patients en réduisant les contraintes géographiques ou financières, tout en simplifiant la pratique des professionnels grâce à une interface simple pour gérer les demandes et les retours. Dans 75 % des cas, l’avis spécialisé est conforme à celui du médecin demandeur, apportant une confirmation utile dans des situations souvent délicates. Les divergences donnent lieu à des échanges entre les professionnels et le patient pour ajuster la stratégie de prise en charge.

     

  • BioMérieux enrichit son diagnostic syndromique des infections respiratoires

    Infections respiratoires aigues : plus de 4 millions de décès chaque année dans le monde

    BioMérieux lance aux États-Unis le BioFire Spotfire Respiratory/Sore Throat Panel Mini. Le laboratoire français, leader du diagnostic in vitro, dévoile une nouvelle solution diagnostique syndromique. Récemment autorisé par la FDA via la procédure 510(k) et bénéficiant de la dérogation CLIA, le BioFire Spotfire Respiratory/Sore Throat Panel Mini garantit des diagnostics fiables et rapides, adaptés à tout environnement. Responsables de plus de 4 millions de décès annuels, les infections respiratoires aiguës représentent une cause majeure de mortalité, notamment dans les pays en développement. Parmi les agents les plus virulents figurent le virus de la grippe aviaire H5N1, le coronavirus SARS-CoV et le virus respiratoire syncytial (VRS).

    Les limites du diagnostic in vitro pour les infections respiratoires

    Les méthodes classiques, comme les cultures bactériennes ou les tests sérologiques, présentent des limites :

    • Délais prolongés, nécessitant parfois plusieurs jours pour un résultat.
    • Sensibilité variable, particulièrement au début de l’infection.
    • Manque de standardisation, entraînant des performances inégales entre laboratoires.

    Une avancée en biologie moléculaire : la PCR multiplex

    Le nouveau panel utilise la technologie PCR multiplex pour identifier plusieurs agents pathogènes en un seul test, à partir d’un échantillon unique. Conçu pour une utilisation en point de soins sur la plateforme BioFire Spotfire, il garantit une sensibilité et une spécificité accrues, même dans les infections polymicrobiennes.

    3 Performances clés

    Ce panel cible cinq pathogènes viraux et bactériens majeurs : le VRS, les virus de la grippe A et B, les rhinovirus humains, et Streptococcus pyogenes. Les performances incluent :

    • Sensibilité : 98,7 %
    • Spécificité : 98,4 % sur échantillons nasopharyngés
    • Temps de réponse : résultats en 15 minutes.

    Une dynamique d’innovation continue : Ce nouveau panel complète l’offre de BioMérieux pour les infections respiratoires, après le BioFire Respiratory 2.1 plus (23 pathogènes en 45 minutes) et le BioFire FilmArray Pneumonia Panel Plus (27 agents pathogènes et 7 marqueurs de résistance).

     

  • Déploiement du DUI dans le médicosocial : plus de 1000 nouveaux ESSMS embarqués en 2025 et une réforme à venir du modèle de financement

    Le volet social et médico-social de la stratégie nationale du numérique en santé, lancée en 2021, vise à équiper tous ESSMS d’un dossier usager informatisé (DUI) et à accélérer les usages du numérique au bénéfice des professionnels et des usagers.

    Un appel à projet national est lancé chaque année par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et la Délégation du numérique en santé (DNS). Des appels à projets régionaux sont par ailleurs publiés par les agences régionales de santé afin de déployer cette stratégie.

    40 projets nationaux, embarquant près de 4500 ESSMS, ont ainsi été financés, essentiellement en investissement, mais selon des modalités différentes suivant la taille des structures.

    En 2024 suite au nouvel appel à projets national lancé en mai, les ESSMS ont pu de nouveau déposer un dossier de demande d’adhésion au programme ESMS numérique.

    « Pour sécuriser ces projets, qui sont par nature complexes et risqués », les ESSMS ont été invités à se regrouper. L’appel à projet visait à « encourager les organismes gestionnaires de grande taille ou des regroupements de 50 ESSMS ou plus à déployer une solution de DUI dans leurs établissements et services sur plusieurs régions voire sur l’ensemble du territoire ».

    La commission de sélection des projets nationaux a retenu 7 projets, qui seront financés pour un montant de plus de 8 millions d’euros. Ils embarquent 1019 structures sur tout le territoire :

    • Près de 700 services à domicile gérés par la Croix Rouge Française, l’Union nationale des ADMR et DomusVi ;
    • Plus de 260 établissements ou services du secteur de l’insertion, avec des projets portés par Cités Caritas, Emmaüs Solidarités et l’association Aurore ;
    • Plus de 70 établissements et services pour personnes en situation de handicap, gérés par la Croix Rouge Française.

    Le prochain appel à projets national sera publié le 15 février 2025 pour poursuivre la généralisation du programme ESMS numérique sur tout le territoire. Il s’agira du dernier financé par le Ségur.

    La DNS en faveur d’une refonte du modèle de financement des programmes du numérique dans les ESSMS

    Plusieurs dispositifs de financement soutiennent la transformation numérique des établissements de santé et médico-sociaux:

    • SONS (système ouvert et non sélectif), qui finance la mise à jour des logiciels respectant des critères établis par les pouvoirs publics ;
    • SUN-ES (Ségur usage numérique en établissements de santé), qui finance sa suite Hop’EN 2 dans les établissements, sous réserve de l’atteinte de cibles d’usage, ;
    • HospiConnect, qui vise à sécuriser et simplifier l’identification électronique des professionnels dans les établissements sanitaires et médico-sociaux ;
    • Les différentes vagues d’appels sur les tiers-lieux d’expérimentation.

    « Une grande partie de ces programmes se base sur un modèle de calcul basé sur l’activité », qui génère « quantité de situations qui ne paraissent pas adaptées » et parfois même des « aberrations que nous remonte l’écosystème », a expliqué Matthieu Faure, directeur de projets, lors du Conseil du numérique en santé (CNS) le 17 décembre dernier. La DNS lancera au premier trimestre 2025 des travaux afin de « remettre à plat le modèle de financement actuel ».

    Sur l’appel à projet 2024 :

    https://www.cnsa.fr/appels-projets/esms-numerique-appel-projets-national-2024

    Sur le Ségur du numérique en santé pour le secteur social et médico-social :

    https://esante.gouv.fr/sites/default/files/media_entity/documents/fiche-pratique-segur-numerique-medicosocial-mars24-%281%29.pdf

  • AWS et General Catalyst : une alliance stratégique pour transformer la santé grâce à l’IA

    Déployer l’IA pour des soins personnalisés et une efficacité accrue

    AWS et General Catalyst s’allient pour codévelopper des outils intégrés qui exploitent les capacités de l’IA générative et des technologies cloud. Cette collaboration vise des avancées dans plusieurs domaines, soins prédictifs et personnalisés, interopérabilité des données de santé, efficacité opérationnelle et clinique, diagnostics avancés, engagement des patients tout au long de leur parcours de soins.

    Les solutions seront alimentées par des technologies comme Amazon Bedrock, Anthropic et Mistral AI, avec des modèles spécifiques. Selon AWS, cette alliance permet de tirer parti de l’étendue de ses services cloud et de son expertise en IA, offrant flexibilité et sécurité pour des déploiements rapides à grande échelle.

    General Catalyst prévoit d’intégrer ses entreprises partenaires, telles que Commure et Aidoc, aux capacités d’IA et de données d’AWS. Commure apporte sa suite Copilot, qui centralise les flux de travail des soins de santé pour une meilleure coordination. Et Aidoc, avec sa plateforme aiOS, propose des solutions de diagnostic assistées par l’IA, particulièrement utiles pour les images médicales.

    Une vision commune pour transformer les soins

    Matt Garman, PDG d’AWS, souligne que cette collaboration répond à un objectif commun, à savoir “améliorer les résultats des patients et démocratiser l’accès à des soins de qualité grâce à l’IA”. De son côté, Hemant Taneja, PDG de General Catalyst, affirme que l’IA, lorsqu’elle est déployée à grande échelle, peut “révolutionner” les systèmes de santé.

    Des initiatives alignées sur une tendance plus large

    • En 2024, GE HealthCare a collaboré avec AWS pour intégrer l’IA dans ses flux de travail diagnostiques, en utilisant notamment les modèles d’Amazon Bedrock et SageMaker.
    • General Catalyst a levé 8 milliards de dollars pour financer des projets innovants, incluant l’IA et les soins de santé.
  • QALO dévoile un anneau intelligent (sans frais d’abonnement) en silicone pour le suivi de la santé

    Un nouvel acteur sur le marché des anneaux intelligents

    Après Oura ou Happy Health, c’est au tour de QALO, entreprise spécialisée dans les anneaux en silicone, d’annoncé la sortie de son anneau connecté QRNT, un dispositif de suivi de santé sans frais d’abonnement. L’anneau, équipé de nanotechnologie, permet de mesurer plusieurs paramètres biométriques comme la fréquence cardiaque et sa variabilité, la saturation en oxygène, les phases de sommeil, ou encore le niveau de stress.

    Les données collectées sont accessibles via une application gratuite, ce qui distingue le QRNT de nombreux concurrents nécessitant des abonnements mensuels. Pour une touche esthétique, QALO propose des housses interchangeables pour personnaliser son anneau.

    « En combinant notre matériau en silicone signature avec une technologie de pointe, nous avons créé un produit qui incarne notre vision de rendre le style personnalisé et le bien-être accessibles à tous. » Jacob Brewer, président de WIN Brand Group, propriétaire de la marque QALO.

    Reste à voir si cette stratégie saura séduire un public de plus en plus attentif à la simplicité d’usage et à la gestion des données personnelles dans les dispositifs connectés.

    Selon Research and Markets, le marché des anneaux intelligents est évalué à 232,12 millions de dollars en 2023, et devrait atteindre 455,56 millions de dollars d’ici 2029, avec un taux de croissance annuel de 11,90 %.

     

  • Etude : l’IA générative pour combler le fossé linguistique dans les récits médicaux

    Données médicales non structurées : une mine à explorer

    Les récits médicaux sont essentiels pour identifier correctement l’état de santé d’un patient, car ils fournissent des informations sur sa situation actuelle ainsi que sur l’évolution de son état de santé. Cependant, ces récits sont souvent vagues et difficiles à catégoriser. En effet, les données non structurées, telles que les récits médicaux, restent difficiles à générer. Cependant, elles sont importantes, car le contexte narratif fournit des informations essentielles.

    Les modèles de langage peuvent être utilisés pour extraire des éléments de ces récits. Cependant, un problème majeur réside dans le manque de données pour entraîner ces modèles dans des langues autres que l’anglais. Cela peut entraîner un biais lorsqu’il s’agit de former des modèles. Il est donc nécessaire de développer une méthode pour créer des récits synthétiques de haute qualité.

    Générer des récits fictifs grâce à l’IA

    Des chercheurs allemands du Stuttgart Cancer Center et de l’université de Stuttgart ont donc mené une étude afin d’évaluer la capacité l’IA générative à créer des récits médicaux synthétiques en allemand à partir de données réelles de patients, tout en protégeant leur confidentialité. En effet, la plupart des ensembles de données biomédicales annotées sont disponibles en anglais. Ce manque de données freine le développement de modèles d’IA biomédicale pour des langues autres que l’anglais. L’objectif de leur étude était donc de tirer parti des outils d’IA générative comme ChatGPT pour créer un jeu de données ressemblant étroitement à des récits cliniques authentiques et démontrer que la génération de données peut constituer une alternative viable à l’accès à des données qui, autrement, seraient indisponibles. Les normes strictes de protection des données de santé les rendant par ailleurs difficiles d’accès.

    Si l’utilisation de l’IA pour générer des textes médicaux a montré un énorme potentiel, elle soulève cependant des questions éthiques, notamment en ce qui concerne la protection des données personnelles et la production de contenu trompeur ou incohérent.

    Concrètement, les chercheurs ont donc mis au point une méthode pour générer des récits médicaux en allemand, décrivant l’état de patients imaginaires, à partir de données issues d’un groupe de patients réels. Ces récits médicaux générés ont ensuite été annotés automatiquement, ce qui permet de former des outils de reconnaissance d’entités nommées. Ce que la Cnil définit comme une « sous-tâche d’extraction d’informations qui cherche à localiser et classifier les mentions d’entités nommées dans du texte non structuré en catégories prédéfinies ». L’évaluation de la performance de ces outils repose sur 3 mesures :

      • La précision : C’est la proportion des entités correctement identifiées parmi celles que le modèle a classées comme pertinentes.
      • Le rappel : C’est la proportion des entités réellement présentes dans le texte et que le modèle a bien identifiées.
      • Le score F1 : il combine la précision et le rappel en une seule métrique.

    Les résultats de leur étude ont été publiés le 28 décembre dans la revue BMC Medical Informatics and decision making.

    Résultats : précis mais loin d’être exhaustif

      • Le modèle de reconnaissance d’entités nommées obtient une précision de 0,8. Cela signifie que 80 % des entités que le modèle a identifiées étaient correctes.
      • Dans tous les scénarios, le rappel restait faible, ce qui indique que les modèles sont « prudents » et ont du mal à reconnaître toutes les entités biomédicales sur des données réelles.
      • Le score F1 était de 0,3, ce qui suggère que le modèle n’identifie qu’une faible partie des entités.

    Ces résultats montrent que les modèles sont prudents et ne marquent que les entités pour lesquelles il est presque certain.  Ils privilégient la précision au détriment de l’exhaustivité. En outre, les auteurs mentionnent plusieurs limitations : des récits générés manquant des nuances, un style naïf, ne correspondant pas à l’expertise requise dans la documentation médicale…

    Cependant, ils estiment que cette méthode qu’ils surnomment le « standard en aluminium » a le potentiel de synthétiser des données non structurées et de les utiliser pour l’entraînement de modèles de machine learning tout en protégeant la confidentialité des patients. Ainsi « certaines tâches dans les hôpitaux, comme la rédaction des lettres de sortie, pourraient être automatisées, réduisant ainsi la charge de travail des professionnels de santé. »

    * The aluminum standard: using generative Artificial Intelligence tools to synthesize and annotate non-structured patient data.

    Diaz Ochoa, J.G., Mustafa, F.E., Weil, F. et al.

    BMC Med Inform Decis Mak 24, 409 (2024). https://doi.org/10.1186/s12911-024-02825-4