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  • L’UE lance un plan d’action pour renforcer la cybersécurité des hôpitaux

    Digitalisation et menaces croissantes 

    La digitalisation transforme le secteur de la santé avec des innovations telles que les dossiers de santé électroniques, la télémédecine et les diagnostics pilotés par l’IA. Cette transition s’accompagne de risques importants. Les cyberattaques perturbent les services vitaux, retardent des interventions médicales, et mettent en danger des vies. En 2023, les États membres ont signalé 309 incidents significatifs de cybersécurité dans les infrastructures de santé, un nombre supérieur à tout autre secteur critique. La Commission européenne a donc présenté un plan d’action de cybersécurité spécifique au secteur de la santé.

    Un plan en quatre priorités

    Le plan repose sur quatre axes principaux pour protéger les infrastructures de santé :

    1. Renforcer la prévention

    L’UE vise à améliorer la capacité des hôpitaux à prévenir les incidents, notamment via :

    • La mise à disposition de guides pratiques sur les bonnes pratiques en cybersécurité.
    • Le lancement de cybersecurity vouchers, une aide financière pour les petits et moyens hôpitaux.
    • Le développement de ressources pédagogiques pour sensibiliser les professionnels de santé.

    2. Mieux détecter et identifier les menaces

    L’Agence européenne pour la cybersécurité (ENISA) jouera un rôle en établissant un Centre paneuropéen de soutien à la cybersécurité pour les hôpitaux et prestataires de soins. Ce centre sera opérationnel d’ici 2026 et proposera un service d’alerte précoce à l’échelle européenne pour détecter les menaces en temps réel.

    3. Réagir rapidement pour minimiser l’impact

    Une réserve européenne de cybersécurité, prévue dans le cadre de l’Acte de solidarité numérique, fournira un service de réponse rapide aux incidents.
    Les États membres sont encouragés à :

    • Réaliser des exercices de cybersécurité réguliers.
    • Élaborer des playbooks pour guider les hôpitaux dans la gestion de menaces spécifiques comme les ransomwares.
    • Mettre en place des mécanismes de signalement des paiements de rançons pour permettre un suivi par les autorités.

    4. Dissuader les cybermenaces

    Pour protéger les systèmes de santé européens, l’UE mobilisera son Cyber Diplomacy Toolbox, permettant une réponse diplomatique coordonnée face aux cyberactivités malveillantes.

    Une mise en œuvre progressive et collaborative

    Le plan sera déployé progressivement à partir de 2025, avec des actions s’étendant jusqu’en 2026. Une consultation publique sera lancée dans les prochains mois pour affiner les mesures proposées et inclure les contributions des citoyens, des professionnels de santé et des acteurs du numérique. L’objectif de la Commission est de créer un environnement numérique sûr pour les patients et les professionnels de santé, tout en consolidant la résilience des infrastructures critiques face à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées.

     

  • Des chercheurs japonais développent une méthode pour détecter plus précocement la maladie d’Alzheimer

    La maladie d’Alzheimer : la forme de démence la plus répandue au Japon

    Une équipe de recherche de l’Université de Tokyo a détecté des accumulations de protéines suspectées de provoquer la maladie d’Alzheimer dans des échantillons sanguins de Japonais présentant des symptômes légers ou inexistants.

    Selon une étude du ministère japonais de la Santé, 4,6 millions de Japonais âgés de plus de 65 ans souffraient de démence en 2017, la cause principale étant la maladie d’Alzheimer. Ce chiffre pourrait atteindre 6,45 millions d’ici 2060, représentant environ une personne sur six âgée de 65 ans et plus.

    Première étude à grande échelle sur la population japonaise

    L’équipe du Département de Neuropathologie de la Faculté de Médecine de l’Université de Tokyo a développé une méthode combinant des biomarqueurs sanguins (protéines bêta-amyloïde et p-tau 217) pour améliorer la détection de l’amyloïde cérébrale chez les personnes âgées non démentes.
    L’étude transversale à laquelle ont également collaboré le Centre National de Gériatrie et de Gérontologie. et trois universités japonaises : Osaka, Kobe et Niigata. a inclu

    • Une cohorte japonaise de 474 participants
    • Trois biomarqueurs plasmatiques ont été mesurés : Aβ40, Aβ42 et p-tau 217.
    • Les résultats ont été croisés avec des données issues d’imageries TEP amyloïdes pour évaluer la performance des biomarqueurs dans la détection précoce de l’amyloïde cérébrale.

    Des résultats prometteurs 

    Les résultats, publiés dans la revue Alzheimer’s Research and Therapy, montrent

    • Une aire sous la courbe (Area under Curb ou AUC) de 0,936 : pour le modèle combinant p-tau 217/Aβ42, APOE un gène associé au risque de la maladie d’Alzheimer), âge et sexe dans l’ensemble de la cohorte japonaise.
    • Une aire sous la courbe de 0,958 : pour le modèle combinant p-tau 217, Aβ40, Aβ42, APOE, âge et sexe, spécifiquement dans le groupe japonais sain de totu trouble Alzheimer.

    L’analyse combinée des biomarqueurs plasmatiques Aβ et p-tau 217 démontre une forte capacité discriminante, permettant de différencier avec précision les individus présentant des dépôts amyloïdes cérébraux, signes précurseurs de la maladie d’Alzheimer, de ceux qui n’en présentent pas

    Vers un diagnostic précoce et un traitement plus efficace

    Cette avancée est prometteuse, d’autant que le médicament Leqembi, développé par le laboratoire japonais Eisai et la biotech américaine Biogen, a été lancé l’année dernière au Japon pour traiter les patients présentant des dépôts de bêta-amyloïdes. Toutefois, son utilisation nécessite actuellement des procédures invasives coûteuses, comme des scanners et des ponctions lombaires. Un test sanguin simple pourrait donc simplifier et améliorer considérablement le diagnostic et le traitement de la maladie d’Alzheimer.

     

  • Compétences élargies des infirmiers en pratique avancée (IPA) : ce que prévoit le nouveau décret

    Une “victoire” pour l’ordre des infirmiers 

    Depuis le 22 janvier 2025, les infirmiers en pratique avancée (IPA) disposent de nouvelles prérogatives leur permettant de recevoir directement des patients et de prescrire des soins, sans validation médicale préalable. Cette mesure, prévue par la loi Rist de 2023 et traduite par un décret, répond à l’urgence d’améliorer l’accès aux soins, notamment pour les patients atteints de pathologies chroniques sans médecin traitant. Ces compétences élargies concernent les IPA exerçant dans des structures coordonnées telles que les hôpitaux, les centres de santé, et les maisons de santé. Les IPA en exercice libéral restent exclus du dispositif.

    @ Compte X du Ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder

    L’Ordre national des infirmiers (ONI) qualifie cette évolution de « victoire » pour la profession et les patients. Selon l’ONI, cette mesure est une réponse directe à la saturation des structures de soins et à la diminution du nombre de médecins disponibles, particulièrement dans les zones sous-dotées.

    Des compétences renforcées 

    Le métier d’infirmier en pratique avancée, créé en 2018, nécessite deux années de formation supplémentaires. Ces professionnels interviennent dans des domaines variés tels que les pathologies chroniques stabilisées, l’oncologie, la néphrologie, et les urgences. Le décret élargit également leurs possibilités en supprimant l’obligation de faire signer un protocole d’organisation des soins par un médecin. Toutefois, la liste des médicaments et soins accessibles à leur primo-prescription devra être précisée dans un arrêté ministériel à venir. Malgré cet élargissement, la formation des IPA reste insuffisante. En 2023, seulement 1 700 professionnels avaient été formés, loin de l’objectif gouvernemental initial de 3 000 prévu pour 2022. La Cour des comptes qualifiait alors la mise en œuvre de cette profession de « laborieuse ».

    Réactions contrastées au sein des professions de santé

    Si les infirmiers saluent majoritairement cette avancée, les critiques sont nombreuses chez certains médecins. Le Dr Sophie Bauer, présidente du Syndicat des Médecins Libéraux, met en garde contre des risques de « perte de chance pour les patients » en raison de prescriptions réalisées sans diagnostic médical préalable. Le ministre de la Santé a déclaré que « les concertations se poursuivent » afin de préciser les modalités d’application et d’assurer une coordination efficace entre IPA et médecins.

    Un potentiel encore à concrétiser

    Le décret marque une étape dans l’évolution des compétences des infirmiers, mais sa portée reste conditionnée à une mise en œuvre effective et à une concertation approfondie. Avec une formation encore insuffisante en nombre et des zones d’exclusion pour les IPA libéraux, cette réforme, bien que prometteuse, ne résoudra pas à elle seule les problèmes structurels du système de santé français. Les attentes sont désormais tournées vers les prochains textes, notamment sur la liste des prescriptions autorisées, pour consolider cette évolution.

  • Programme HIIT 2025 : appel à candidatures pour accompagner 24 startups MedTech

    Un programme pour façonner la santé de demain

    Placée sous le haut patronage d’Emmanuel Macron, cette initiative bénéficie du soutien stratégique de partenaires tels que le ministère de la Santé, PariSanté Campus et l’Hôtel-Dieu. L’objectif du HIIT est d’offrir aux startups des ressources, des expertises et des réseaux pour relever les défis technologiques et sociétaux de la médecine de demain. Alexandra André, Directrice Générale de la French Tech Grand Paris, met en avant la mission du programme : “Dans un contexte où l’intelligence artificielle et les technologies numériques redéfinissent la médecine, notre rôle est d’accélérer l’impact des startups pour répondre aux enjeux de santé publique.”

    Une semaine d’accompagnement intensif et pluridisciplinaire

    La troisième édition du HIIT se déroulera du 19 au 23 mai 2025. Pendant ces cinq jours, les participants bénéficieront d’une combinaison de :

    • Conférences et tables rondes en matinée, avec des experts partageant leur vision stratégique.
    • Ateliers personnalisés en après-midi, pour approfondir les problématiques spécifiques des startups.

    Parmi les thématiques abordées :

    • Collaboration avec les utilisateurs (patients et soignants).
    • Contraintes réglementaires (marquage CE, SMQ, AI Act).
    • Accès au marché (modélisation des prix, remboursement).
    • Feuilles de route du numérique et politiques de santé.
    • Financements dilutifs et non dilutifs.

    Des opportunités au-delà de la session intensive

    Le HIIT va au-delà de cette session intensive en proposant des événements tout au long de l’année :

    • Une soirée partenaires, lors de l’annonce des lauréats.
    • Des rendez-vous réguliers pour les alumni, afin de favoriser les échanges et la collaboration.

    Les startups sélectionnées bénéficieront ainsi d’un accompagnement continu, intégré dans un écosystème dynamique d’experts, de chercheurs et de soignants.

    Modalités et critères de sélection

    L’appel à candidatures est ouvert aux startups francophones de la e-santé en phase préclinique, présentant un potentiel de développement élevé. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 28 février 2025 pour déposer leur dossier.

    Les 24 startups sélectionnées seront dévoilées le 10 mars 2025 au salon MedInTechs, au Parc Floral de Paris.

    Pour candidater et rejoindre le programme : Postulez ici.

  • SOG Health (GERS), RCAN Guyane, Contact (SOS Médecins)… 20 entrepôts de données de santé ont été créés en 2024

    La majorité des entrepôts créés sont franciliens

    Sur les 20 entrepôts de données de santé créés en 2024, 13 sont implantés en Île-de-France. Les 7 autres EDS créés en 2024 sont implantés dans le Grand-Sud (4), le Grand-Est (1), ainsi qu’en dehors de la France métropolitaine (2). Les dernières informations communiquées par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), au travers de sa cartographie des entrepôts de données de santé publiée en novembre 2024 et qui n’a pas été mise à jour depuis, montrent que sur ces 20 nouveaux EDS, 11 ont été créés par des organismes publics, – comme le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le CHU de Montpellier, ou encore le CH de Cayenne –,  contre 9 par des organismes privés, comme Cerbaliance ou France Tissue Bank.

    Dans cet article, Health&Tech Intelligence publie la cartographie des entrepôts de données de santé créés en 2024 :

    Nom de l’entrepôt  Responsable de l’entrepôt  Description de l’entrepôt

    RCAN GUYANE

    Centre hospitalier de Cayenne Il a pour but de réaliser un état des lieux de la situation épidémiologique de la Guyane concernant les cancers, par le recueil de tous les nouveaux cas à partir du 1er janvier 2003.
    EDS Logipren

    LOGIPREM-F

    Il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations dans le domaine de la santé et en particulier concernant l’amélioration des pratiques de soins en néo-natologie et pédiatrie.
    SOG Health

    Groupement pour l’Elaboration et la Réalisation de Statistique (GERS)

    Il a pour but la collecte et la mise à disposition à des fins de recherche des données de vie réelle de ventes et de délivrances de produits aux clients de pharmacies partenaires.

    THIN

    Groupement pour l’Elaboration et la Réalisation de Statistique (GERS) Il rassemble des données de vie réelle de suivi des patients, collectées chez les médecins libéraux de ville, à des fins de recherche et d’études non interventionnelle.
    EDS Cerba Cerbaliance Il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations dans le domaine de la santé, de réalisation d’études de faisabilité et à des fins de pilotage de l’activité des laboratoires de biologie médicale du groupe Cerballiance.
    L’entrepôt du CNRS Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

    Déclaré conforme au référentiel EDS, l’entrepôt a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations concernant la trisomie 21 et les déficiences intellectuelles d’origine génétique.

    L’entrepôt de l’Institut Jérôme Lejeune

     

    Institut Jérôme Lejeune

    Déclaré conforme au référentiel EDS, il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations concernant la trisomie 21 et les déficiences intellectuelles d’origine génétique.

    L’entrepôt de l’Institut Mutualiste Montsouris Institut Mutualiste Montsouris

    Déclaré conforme au référentiel EDS, il contient les données médicales et administratives des patients collectées lors de leur venue dans l’établissement, pour consultation ou hospitalisation et, selon les cas, des données provenant des études cliniques. Le but de l’entrepôt est de mener des études à grande échelle et faire avancer la recherche médicale, mais aussi d’améliorer l’organisation des soins et la prise en charge des patients en utilisant des données qui n’étaient pas collectées pour cette finalité initialement.

    Contact SOS Médecins Il a pour but de l’amélioration des pratiques et de la prise en charge médicale, ainsi que le partage des données à des tiers à des fins de recherche en santé.
    EDS Curie Institut Curie Il contient les données médicales et administratives des patients collectées lors de leur venue dans l’établissement, pour consultation ou hospitalisation et, selon les cas, des données provenant des études cliniques. Le but de l’entrepôt est de mener des études à grande échelle et faire avancer la recherche médicale, mais aussi d’améliorer l’organisation des soins et la prise en charge des patients en utilisant des données qui n’étaient pas collectées pour cette finalité initialement.
    L’entrepôt du Groupe de Recherche en Réanimation Respiratoire du patient d’Onco-Hématologie (GRRR-OH)
    Groupe de Recherche en Réanimation Respiratoire du patient d’Onco-Hématologie (GRRR-OH) N.C
    L’entrepôt de l’Université Sorbonne-Paris-Nord Université Sorbonne-Paris-Nord N.C

    FREDD

    Institut nationale de la santé et de la recherche médicale (Inserm) Il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations concernant les maladies rares de l’œil.

    BOOST DATAS

    Gustave Roussy Il a pour but d’optimiser la recherche sur l’ostéosarcome et de proposer une prise en charge adaptée aux patients qui en sont atteints.
    L’entrepôt du centre hospitalier de Saint-Denis CH de Saint-Denis N.C

    Data – Life Sciences 

    France Tissue Bank

    Il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations dans le domaine de la santé et principalement dans le domaine de la cancérologie.

    DAT’AIDS

    DAT’AIDS

    Il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations concernant l’infection au virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et autres infections sexuellement transmissibles.

    eDOL

    CHU de Montpellier Il contient les données médicales et administratives des patients collectées lors de leur venue dans l’établissement, pour consultation ou hospitalisation et, selon les cas, des données provenant des études cliniques. Le but de l’entrepôt est de mener des études à grande échelle et faire avancer la recherche médicale, mais aussi d’améliorer l’organisation des soins et la prise en charge des patients en utilisant des données qui n’étaient pas collectées pour cette finalité initialement.
    L’entrepôt du centre hospitalier Charles Perrens CH Charles Perrens N.C
    L’entrepôt des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS)
    Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) Il contient les données médicales et administratives des patients collectées lors de leur venue dans l’établissement, pour consultation ou hospitalisation et, selon les cas, des données provenant des études cliniques. Le but de l’entrepôt est de mener des études à grande échelle et faire avancer la recherche médicale, mais aussi d’améliorer l’organisation des soins et la prise en charge des patients en utilisant des données qui n’étaient pas collectées pour cette finalité initialement.
  • « Invitation à commentaire public » : l’OMS vise une transformation du numérique en santé

    Vers une transformation numérique coordonnée des systèmes de santé

    Le Conseil scientifique de l’OMS soulignait que les technologies numériques peuvent “transformer les systèmes de santé mondiaux en améliorant l’accès, la qualité et l’efficacité des services”. Toutefois, l’intégration de ces outils reste inégale, limitée par des infrastructures fragmentées, une connectivité insuffisante et un financement inadapté, particulièrement dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI).

    Le rapport de janvier 2025, intitulé Advancing the Responsible Use of Digital Technologies in Global Health – A report of the World Health Organization Science Council, appelle à une approche coordonnée et centrée sur les individus pour intégrer ces solutions. Les gouvernements, les institutions internationales et le secteur privé doivent agir ensemble pour surmonter les obstacles identifiés, notamment le manque de normes d’interopérabilité, l’insuffisance de la formation des professionnels de santé et l’absence d’évaluation systématique des investissements numériques.

    Gouvernance, investissement … Les obstacles à surmonter

    Les consultations ont identifié plusieurs freins majeurs :

    • Infrastructure numérique insuffisante : Manque de systèmes interconnectés et de normes pour partager et analyser les données de santé.
    • Formation et adoption : Absence de programmes structurés pour doter les professionnels de santé de compétences numériques adaptées.
    • Disparités d’accès : Inégalités géographiques et socio-économiques limitant l’accès équitable aux technologies numériques.
    • Manque de gouvernance : Cadres réglementaires inadéquats pour garantir la sécurité et la confidentialité des données.
    • Sous-investissement chronique : Faiblesse des ressources financières nationales et privées, entravant le développement des infrastructures numériques.

    Recommandations pour une adoption responsable

    Connecter : Promouvoir des écosystèmes numériques interopérables

    • Normes et interopérabilité : L’OMS recommande le développement de cadres internationaux soutenant l’intégration des données de santé, basés sur des standards comme Fast Healthcare Interoperability Resources (FHIR).
    • Approche centrée sur les individus : Déployer des dossiers de santé personnels interopérables pour améliorer la qualité et la continuité des soins, y compris à l’échelle transfrontalière.
    • Renforcement des capacités de surveillance : Utiliser des outils numériques pour collecter des données populationnelles et renforcer la résilience face aux menaces sanitaires.

    Éduquer : Former les professionnels et les patients

    • Compétences numériques : Intégrer des formations sur les technologies de santé dans les cursus des professionnels de santé et créer des parcours professionnels pour les spécialistes en santé numérique.
    • Sensibilisation du public : Développer des initiatives pour améliorer la littératie numérique des patients, en réduisant les barrières d’accès.

    Investir : Augmenter les ressources et stimuler les partenariats privés

    • Infrastructures publiques numériques : Mobiliser des financements pour développer des plateformes nationales de santé numérique, notamment dans les PRFI.
    • Engagement du secteur privé : Créer un cadre réglementaire stable et transparent pour inciter les entreprises à investir dans des solutions numériques sûres et efficaces.

    Évaluer : Suivre et optimiser les impacts

    • Recherche et évaluation continue : Intégrer des mécanismes d’évaluation des impacts économiques, sociaux et éthiques dès la conception des politiques numériques.
    • Inclusion des PRFI dans la recherche globale : Encourager une collaboration internationale pour inclure ces pays dans les efforts de recherche et les bases de données mondiales.

    Une opportunité de contribution, ouverte à tous

    Le rapport met en évidence que la santé numérique ne doit pas être perçue comme une dépense, mais comme un investissement stratégique.

    Jusqu’au 29 janvier 2025, les professionnels de santé, les institutions, les États membres et les citoyens sont invités à soumettre leurs commentaires.

    Modalités de participation :

    • Focus des retours : Les sections de contexte et d’introduction sont ouvertes uniquement aux corrections factuelles, tandis que les conclusions et recommandations peuvent faire l’objet de commentaires plus approfondis.
    • Instructions précises : Les contributeurs doivent fournir leur nom, titre, affiliation et des propositions claires, en citant le numéro de page et de ligne concerné.
    • Confidentialité assurée : Les noms des contributeurs resteront confidentiels.

    Les soumissions doivent être envoyées par courriel à sciencecouncil@who.int à l’aide du formulaire prévu, disponible sur la page dédiée de l’OMS.

     

  • Pharma : une dynamique d’emploi menacée par des conditions économiques incertaines (Leem)

    Une croissance de l’emploi malgré les défis sectoriels

    Avec 108 600 salariés répartis sur l’ensemble du territoire, l’industrie pharmaceutique connaît une progression constante de l’emploi salarié depuis six ans. En 2023, la croissance de 2,4 % dépasse largement celle de l’ensemble de l’industrie (1,1 %) mentionne le Leem dans son dossier publié le 19 janvier. Cette tendance repose sur plusieurs facteurs :

    • Une proportion élevée de cadres (58 % des effectifs),
    • Un turnover faible et stable à 9,7 %,
    • Une création nette de 2 000 postes en CDI et 200 en CDD en 2023.

    Ces résultats traduisent la capacité du secteur à s’adapter et à anticiper les mutations sociétales et technologiques, en intégrant des besoins croissants dans les domaines du numérique et de l’environnement.

    Nouveaux métiers et opportunités pour l’avenir

    L’intégration des technologies numériques et des enjeux environnementaux génère des besoins spécifiques. D’ici à 2030, l’industrie prévoit la création de 3 000 emplois dans le numérique et de 2 000 dans l’environnement. Ces nouveaux métiers, ainsi que l’émergence d’innovations comme les thérapies géniques ou cellulaires, offrent des opportunités pour diversifier les profils des salariés recrutés. Le secteur s’appuie également sur des transitions sociétales, telles que l’insertion des jeunes en alternance et l’allongement des carrières des séniors, pour renouveler et enrichir ses compétences.

    Des perspectives fragilisées par un environnement défavorable

    Malgré cette dynamique, le secteur alerte sur les menaces pesant sur sa compétitivité. Des décisions en matière de fiscalité et de régulation pourraient réduire les perspectives d’emploi, comme le souligne le baromètre d’attractivité publié en 2024 par le Leem :

    • La France recule au 3e rang européen pour les essais cliniques,
    • Moins de 10 % des nouveaux médicaments sont produits en France, contre 25 % en Allemagne.

    La mise en œuvre des recommandations du rapport « Financement et régulation des produits de santé », publié en août 2023, est jugée indispensable pour maintenir l’attractivité du secteur et soutenir l’innovation.

    Un appel à une régulation mesurée pour pérenniser la croissance

    Pour préserver cette dynamique, les entreprises du médicament insistent sur l’importance d’un environnement économique stable et compétitif. Laurence Peyraut, directrice générale du Leem, souligne la nécessité d’une visibilité à long terme pour anticiper les transitions et mettre en place des programmes de formation et de transformation adaptés.

    Dans ce contexte, le secteur appelle à une régulation mesurée qui permette de conjuguer innovation, création d’emploi et stabilité économique. Sans cela, les gains observés ces dernières années pourraient être rapidement remis en cause.

     

  • Permanence des soins en établissements de santé : le secteur hospitalier appelle à une « réorganisation volontariste » des schémas territoriaux

    Une enquête représentative pour une meilleure compréhension des organisations

    La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a publié en début d’année les résultats d’une enquête nationale sur la permanence des soins en établissements de santé (PDSES). Menée au printemps 2024, cette étude offre un panorama inédit depuis plus de dix ans. Avec une participation élevée de 743 établissements, représentant 985 sites, et 11 339 lignes recensées (dont 9 906 exploitables), les résultats sont jugés représentatifs des organisations en place. Cette étude prend en compte la permanence des soins (prise en charge de nouveaux patients) et la continuité des soins (suivi des patients hospitalisés) pendant les nuits, week-ends et jours fériés, permettant ainsi une vision complète de l’activité.

    Une charge de travail concentrée dans le secteur public

    Les chiffres clés : Les établissements publics jouent un rôle central dans la permanence des soins.

    • 69 % des lignes de garde et d’astreinte sont assurées par le public,
    • 85 % des patients sont pris en charge par ces structures pendant les plages de permanence (83 % pour les nouveaux cas).

    En comparaison, les établissements à but non lucratif prennent en charge 6 % des patients et les structures privées à but lucratif 9 %. Ces chiffres révèlent une inégale répartition des charges et des ressources entre les différents secteurs, avec une concentration des efforts sur le secteur public, notamment pour les urgences psychiatriques, où il est l’unique acteur.

    Focus sur les urgences psychiatriques : Les passages aux urgences psychiatriques ont augmenté de 21 % depuis 2019 selon l’enquête. Ce domaine, déjà sous tension, nécessite une attention particulière et une mobilisation renforcée de l’ensemble des acteurs de santé.

    Vers une réorganisation territoriale de la permanence des soins

    L’enquête met en lumière des disparités entre les moyens mobilisés et les réalités des besoins locaux. Ces constats appellent, pour la FHF, une révision des schémas territoriaux de PDSES autour de principes clés :

    • Adapter les moyens aux lignes les plus actives pour garantir une répartition juste et efficace des ressources.
    • Réunir les conditions techniques et humaines nécessaires pour couvrir toutes les obligations de permanence des soins, sans refus ni transfert évitable de patients.
    • Assurer la prise en charge complète des besoins des patients, incluant le traitement des comorbidités, dans un contexte de vieillissement démographique et de progression des maladies chroniques.

    Ces réorganisations devront s’appuyer sur une transparence pour favoriser une meilleure allocation des ressources.

    Un appel à l’action pour soutenir le secteur public

    Les responsables médicaux et les directions hospitalières insistent sur l’urgence de ces réorganisations. Sans une redistribution équitable des charges et des ressources, les tensions actuelles risquent de s’aggraver, compromettant la qualité et la sécurité des soins. Dans cette perspective, et selon la FHF, l’enquête de la DGOS peut constituer une base pour engager des discussions au sein des territoires et adapter les schémas de PDSES aux besoins réels de la population.

     

  • Les nouvelles orientations du Gouvernement en matière de santé, de vieillissement et de handicap

    Augmentation plus forte des dépenses de santé

    Afin de se prémunir d’un nouveau rejet du PLFSS, le Premier ministre a annoncé une hausse significative d’un demi-point de l’objectif national de dépenses d’assurances maladie (Ondam), qui passera de 2,8 à 3,3%, « ce qui permettra d’améliorer les conditions de travail des soignants et de protéger les plus fragiles ».

    La répartition de ce surplus d’environ 900 M€ de dépenses de santé sera soumise à l’appréciation des députés à partir du 3 février prochain. M. Bayrou a d’ores et déjà annoncé qu’il ne reprendrait pas les mesures de déremboursement de certains médicaments et de consultations du précédent projet.

    Des mesures symboliques pour les seniors et le handicap

    Le Premier ministre a mis l’accent sur la nécessité d’aborder la question du financement des établissements de santé et médicosociaux sous l’angle pluriannuel, une approche qui est d’ailleurs déjà actuelle.

    Sur le sujet du vieillissement, il a seulement annoncé vouloir « avancer » en « ouvrant le dialogue » avec les départements et les parlementaires sur le bien vieillir et le maintien à domicile. C’est dire qu’une loi « grand âge » n’est pas encore d’actualité.

    En faveur des personnes handicapées, a été annoncée l’organisation rapide d’un comité interministériel du handicap, ainsi qu’une mesure spécifique : le remboursement intégral des fauteuils roulants dès 2025. L’école inclusive bénéficiera de l’ouverture de 2000 postes supplémentaires pour accompagner les élèves en situation de handicap.

    La question des retraites remise en chantier

    La question des retraites fera l’objet d’un « rapport flash » de la Cour des comptes, destiné à alimenter la réflexion d’un « conclave » en vue soit d’une nouvelle loi, soit d’une insertion de nouvelles dispositions dans le PLFSS 2026. D’ici là, la loi actuelle continuera de s’appliquer.

    Une modulation des tarifs encadrée dans les Ehpad

    Il convient aussi de noter la parution le 1er janvier du décret n° 2024-1270, relatif aux tarifs afférents à l’hébergement dans les établissements pour personnes âgées dépendantes habilités au titre de l’aide sociale à l’hébergement. Le décret modifie les conditions dans lesquelles certains Ehpad peuvent pratiquer des tarifs d’hébergement différents, selon que leurs résidents bénéficient ou non de l’aide sociale à l’hébergement : la majoration de tarif pour les personnes qui ne perçoivent pas cette aide devra être au maximum de 35 %.

    https://www.info.gouv.fr/actualite/ce-quil-faut-retenir-de-la-declaration-de-politique-generale-de-francois-bayrou

    Décret n° 2024-1270 du 31 décembre 2024 relatif aux tarifs afférents à l’hébergement dans les établissements pour personnes âgées dépendantes :

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050934893

     

  • Déficit de l’AP-HP : 460 M€ en 2024, malgré un rebond d’activité et des efforts structurels

    Activité en hausse, mais charges alourdies

    Le conseil de surveillance de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a approuvé le 20 décembre 2024 son état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) pour 2025. Pour 2024, un déficit de 460,6 M€ est attendu, soit une dégradation de 62 M€ par rapport à 2023 et un écart de 166 M€ par rapport aux objectifs fixés dans son plan global de financement pluriannuel (PGFP). Ce déficit intervient malgré une hausse de l’activité et des gains de performance interne à hauteur de 143 M€, notamment grâce à l’amélioration du codage, de la facturation et à des mesures de sobriété énergétique.

    Une stratégie de relance des effectifs en marche

    Depuis fin 2021, l’AP-HP a entrepris une restructuration pour pallier la crise des ressources humaines. Entre mai 2019 et mai 2023, la perte de 2 000 infirmiers a réduit les effectifs de 11 %, entraînant une baisse des capacités de soin. En réponse, la stratégie « 30 leviers pour agir ensemble » a été lancée fin 2022. Objectif : attirer et fidéliser le personnel soignant. En deux ans, l’AP-HP a reconstitué plus de 50 % des effectifs infirmiers manquants, permettant la réouverture de 600 lits. Des tensions subsistent dans des filières comme la gériatrie, la psychiatrie ou la neurologie, ainsi que parmi les manipulateurs en électroradiologie médicale (MERM), les infirmiers de bloc opératoire et les préparateurs en pharmacie.

    Les causes d’un déficit 

    Trois facteurs expliquent la détérioration des comptes pour 2024 :

    • Charges structurelles des CHU : L’insuffisante compensation des hausses salariales du Ségur de la santé, combinée à l’inflation de 2022-2023, représente 121 M€ de charges supplémentaires.
    • Masse salariale : Les écarts entre dépenses de personnel (intérim, heures supplémentaires) et recettes d’activité ont ajouté 20 M€ au déficit.
    • Amortissements comptables : Une part accrue des investissements allouée aux équipements plutôt qu’aux travaux lourds a augmenté les charges d’amortissement de 23 M€.

    Objectifs 2025 : réduction du déficit et soutien à la relance

    Pour 2025, l’AP-HP prévoit de réduire son déficit à 358 M€, grâce à un plan d’action structuré :

    • Recrutement ciblé : Une augmentation de 1 040 équivalents temps plein (ETP) non médicaux est prévue, dont 600 infirmiers, 100 aides-soignants et 115 autres professionnels paramédicaux pour répondre aux tensions. 250 postes renforceront les équipes de suppléance, limitant le recours à l’intérim.
    • Capacité d’accueil accrue : 500 lits supplémentaires, dont 330 en médecine-chirurgie-obstétrique, seront rouverts.
    • Optimisation des performances internes : Un objectif de gain de 121 M€ est fixé, notamment via des améliorations en codage et facturation.
    • Maintien des investissements : 650 M€ seront consacrés à la modernisation des infrastructures et des équipements.

    Un nouveau plan de financement attendu en 2025

    Face à l’alourdissement structurel des charges, l’AP-HP repousse sa trajectoire de retour à l’équilibre. Un nouveau PGFP pour 2025-2029, prenant en compte le sous-financement des mesures salariales décidées depuis 2020, sera présenté en juin 2025.

    Les discussions avec l’État seront déterminantes pour assurer la soutenabilité de la dette et maintenir les investissements nécessaires à la modernisation des CHU.