Actualité

  • Téléconsultation : une adoption en hausse de 13 % en 2024, avec un fort besoin en pédiatrie

    Un recours croissant, notamment en dehors des heures ouvrées

    Pour la cinquième année consécutive, l’éditeur de télémédecine Medaviz publie son étude sur l’usage de la téléconsultation en 24/7. L’analyse des données de 8 millions de bénéficiaires, issus de 80 organisations partenaires (mutuelles, assurances, écoles, etc.), montre une adoption en hausse.

    En 2024 :

    • 89 % des appels concernaient un médecin généraliste, confirmant une hausse continue depuis 2021.
    • 40 % des patients ont utilisé le service plus d’une fois, démontrant un ancrage progressif dans les pratiques.
    • 34 % des appels ont été passés en dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux, illustrant un besoin de prise en charge nocturne et le week-end.

    L’âge moyen des appelants est de 44 ans, avec une prédominance des 30-49 ans, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

    Une forte demande en pédiatrie et en gynécologie

    Si la médecine générale reste prépondérante, certaines spécialités émergent :

    • 49 % des appels spécialisés concernaient la pédiatrie, en hausse par rapport à 2023 (47 %).
    • 19 % des appels ont sollicité un gynécologue (contre 17 % en 2023).
    • La psychologie et la psychiatrie, en baisse, représentent 13 % des consultations (contre 17 % en 2023).

    Un service plébiscité par les femmes

    En 2024, 60 % des appels ont été passés par des femmes (contre 54 % en 2023) et 55 % des comptes ont été créés par des utilisatrices. Ces chiffres confirment que l’accès à la téléconsultation est une démarche majoritairement féminine, notamment pour des besoins en pédiatrie et en gynécologie.

    Une alternative efficace aux consultations en cabinet

    L’étude révèle que 81 % des appels ont permis d’éviter un rendez-vous en cabinet. La téléconsultation est perçue comme une solution complémentaire, permettant d’obtenir une réponse rapide en cas de non-disponibilité du médecin traitant, lors de déplacements ou en cas de besoin de réassurance. Le temps d’attente avant mise en relation est de 88 secondes, et la durée moyenne des échanges s’établit à 5 minutes et 14 secondes. Le service affiche un taux de satisfaction de 88 % (en progression de 3 points par rapport à 2023).

    En 2023, environ 8 % des personnes âgées de 18 ans ou plus ont consulté un médecin par vidéo en France.

     

  • Bpifrance déploie 10 milliards d’euros pour renforcer l’IA en France et soutenir les entreprises

    Un plan pour renforcer la souveraineté technologique

    Dans un contexte de compétition mondiale, la France s’appuie sur un écosystème d’IA pour renforcer sa compétitivité. En un an, l’usage de l’IA générative par les PME françaises est passé de 15 % à 31 %. Une adoption rapide mais encore incomplète. Pour accélérer cette transition, Bpifrance investira 10 milliards d’euros sur plusieurs axes stratégiques :

    • Financement en fonds propres : soutien aux startups développant des modèles d’IA avancés et infrastructures technologiques.
    • Investissements via des fonds partenaires : appui aux fonds français et internationaux spécialisés en IA.
    • Accompagnement des entreprises : aide aux sociétés à intégrer l’IA dans leur modèle économique et à anticiper les transformations sectorielles.

    Des investissements pour structurer l’écosystème IA

    Précurseur dans le financement de l’IA depuis 2015, Bpifrance a déjà investi plus d’un milliard d’euros en capital innovation, participant notamment aux levées de fonds de Mistral AI, Poolside et H Company. En 2024, le programme France 2030 a permis d’allouer 3,4 milliards d’euros au financement de projets IA innovants via des appels à projets dédiés (IA embarquée, cloud souverain, espaces de données mutualisées). Par ailleurs, plus de 150 startups d’IA a bénéficié d’investissements à travers des fonds spécialisés, notamment dans les secteurs du software B2B et de la santé.

    Un accompagnement renforcé pour les entreprises françaises

    Bpifrance ne se limite pas aux investissements : l’accompagnement des entreprises est une priorité. Le programme IA Booster France 2030, lancé en 2023, propose formations et conseils pour aider les PME à exploiter leurs données et intégrer l’IA. Résultat : plus de 600 PME ont bénéficié de ce programme en 2024, et 8 000 chefs d’entreprise se sont inscrits au cursus “Intelligence Artificielle”. Un accélérateur “Transition digitale et IA” sera lancé fin 2025 pour renforcer cet accompagnement et structurer davantage l’écosystème.

    « A l’heure où tout s’accélère, la France a une place à prendre dans cette révolution. Elle compte déjà 750 startups dans l’IA et des pépites reconnues dans le monde entier. Elle s’appuie sur un écosystème solide et dispose des talents et des compétences nécessaires pour faire la différence. Grâce à nos investissements et à notre soutien continu, nous renforçons la position de la France en tant qu’acteur mondial dans ce domaine stratégique » déclare Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance.

     

  • EDSH : il n’est pas encore possible de calculer directement des IQSS et de remplacer les analyses manuelles de dossiers (Étude HAS)

    Les IQSS : un processus manuel complexe, mais essentiel à la qualité des soins

    Les IQSS sont des outils clés pour mesurer et améliorer la qualité des soins dispensés dans les hôpitaux et cliniques en France. Actuellement, ces indicateurs sont recueillis à partir des dossiers patients, un processus manuel long et coûteux en ressources humaines. Dans un contexte de tension sur les effectifs hospitaliers, cette charge administrative représente un défi pour les établissements. L’idée de la Haute autorité de santé (HAS) est donc d’exploiter les entrepôts de données de santé hospitaliers (EDSH), qui stockent des données cliniques structurées et informatisées, pour automatiser ce calcul et faciliter la collecte des informations essentielles à l’évaluation des soins.

    Un projet pilote pour tester la faisabilité d’une automatisation :

    Pendant 24 mois, les CHU de Lille, de Bordeaux, ainsi que l’AP-HP, ont travaillé avec la HAS pour explorer comment les EDSH pourraient être utilisés pour mesurer certains indicateurs de qualité. Deux expérimentations ont été menées : la première sur la mesure du délai de prise en charge des AVC et la seconde sur la capitalisation des travaux menés sur l’indicateur de prise en charge de la douleur. Les résultats montrent que si les EDSH constituent une source précieuse pour suivre la qualité des soins, plusieurs obstacles techniques et organisationnels demeurent.

    Des résultats prometteurs, mais des obstacles techniques et réglementaires

    Les travaux menés montrent que les EDSH offrent une ressource précieuse pour mesurer la qualité des soins. En permettant d’exploiter une large quantité de données en temps réel, ils peuvent faciliter le suivi des indicateurs et améliorer la réactivité des établissements dans l’adoption des bonnes pratiques. Cependant, plusieurs freins limitent encore leur plein potentiel.

    Tout d’abord, la structuration des données dans les EDSH est hétérogène et parfois insuffisante. Il n’existe pas encore d’algorithme unique capable de calculer directement un IQSS à partir de ces bases de données. Chaque établissement possède son propre mode d’organisation des données, ce qui complique leur standardisation. Ensuite, des questions réglementaires se posent quant à l’exploitation de ces données sensibles. L’accès aux EDSH est strictement encadré par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et suppose des autorisations spécifiques, ce qui peut ralentir les projets d’automatisation.

    L’étude souligne également des défis organisationnels. Pour intégrer efficacement les EDSH dans la mesure des IQSS, il est nécessaire de mobiliser des compétences variées : cliniciens, experts en informatique médicale, ingénieurs en données… Une coopération étroite entre ces différents acteurs est indispensable pour garantir la qualité des données et la pertinence des analyses.

    Une expérimentation qui ouvre la voie à de nouvelles perspectives

    Malgré ces défis, la HAS considère que l’automatisation des IQSS via les EDSH est une piste prometteuse pour l’avenir. L’étude a notamment permis d’identifier plusieurs leviers pour améliorer l’exploitation de ces bases de données. Parmi eux : une meilleure structuration des informations dans les dossiers patients, l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour traiter les données non structurées, ou encore le développement d’un cadre réglementaire plus adapté à ces nouveaux usages.

    Dans cette optique, la HAS prévoit de poursuivre ses travaux, notamment en approfondissant l’étude sur la mesure des délais de prise en charge des AVC. Elle souhaite également explorer d’autres indicateurs et renforcer la coopération avec les établissements de santé pour généraliser ces méthodes d’automatisation.

     

  • Vers la création d’un data hub de l’enfance protégée

    La protection de l’enfance est mise en œuvre par les départements, essentiellement par le service d’Aide sociale à l’enfance (ASE), sur les signalements de ses propres services sociaux ou en application des décisions de justice (juges des enfants) pour les situations les plus graves. Les départements exercent directement les mesures de protection ou les délègue à des acteurs associatifs. Dans tous les cas elles sont exercées par des professionnels, éducateurs ou assistants sociaux, formés à l’écoute et à l’accompagnement.

    La protection de l’enfance face à de nouveaux défis

    La Caisse des Dépôts, investie dans ce secteur notamment au travers de l’action de la Banque des territoires, qui finance les investissements immobiliers, a été missionnée par les pouvoirs publics « pour contribuer à l’amélioration des conditions d’accueil et d’accompagnement, comme pour contribuer à la transformation du modèle de fonctionnement du secteur ». Celui-ci fait face actuellement à des problèmes liés à :

    • L’augmentation du nombre de mineurs accueillis à l’ASE, multiplié par1,4 entre 1998 et 2022. Fin 2022, 381 000 mineurs ou majeurs de moins de 21 ans relevaient d’une prise en charge, dont plus de la moitié sont placés en établissement. Les départements ont vu de ce fait leurs dépenses augmenter de plus de 10% en 2023 ;
    • La complexité des prises en charge : l’ASE accueille une part importante d’enfants en situation de handicap et plus de 15 000 « mineurs non accompagnés » (chiffre fin 2022) ;
    • La loi du 7 février 2022, qui généralise la protection de 18 à 21 ans et interdit le placement à l’hôtel.

    Le rapport comporte 20 propositions, assorties d’exemples d’actions déjà engagées, dans quatre domaines :

    • Augmenter, rénover et adapter le parc immobilier de l’enfance protégée, qui est vieillissant et saturé ;
    • Contribuer à l’attractivité des métiers de la prévention et de l’accompagnement ;
    • Renforcer l’accès aux droits des jeunes de l’ASE ;
    • Mettre en place des services numériques structurants.

    La place des data dans la structuration des services

    L’ASE souffre d’une sous-numérisation et d’une dispersion de ses outils métiers. Les logiciels métiers qui existent ne sont pas unifiés et sont considérés comme insatisfaisants par les professionnels. Ils assurent l’instruction du dossier et son suivi administratif mais ne sont pas adaptés pour assurer le suivi du projet pour l’enfant (PPE). Ils souffrent d’un manque d’interopérabilité sur le territoire d’un même département, entre les institutions et les acteurs de la protection de l’enfance, de même qu’entre départements. Le partage d’informations entre les services de l’ASE et les structures destinées aux enfants et les places disponibles est très peu outillé. Les travailleurs sociaux sont souvent réticents à l’utilisation d’outils numériques et au partage d’informations, qu’ils estiment peu sécurisés.

    La consolidation des données s’avère donc difficile, d’autant que la multiplicité des référentiels a produit un vocabulaire hétérogène selon les départements. Le dispositif Olinpe, piloté par la DRESS, visant à disposer de données plus précises concernant le parcours des enfants protégés se met difficilement en place.

    Le rapport souligne que « le numérique suppose des systèmes d’information centrés sur les usages, les pratiques et les situations réelles, là où les solutions logicielles, les SI métiers et leurs fonctionnalités sont centrées sur les conformités légales, règlementaires ou les procédures », ce qui ne valorise pas l’action préventive.

    Des exemples étrangers

    Certains pays se sont engagés dans le passage à la data pour parvenir à changer le paradigme d’intervention des services et faire de la prévention leur priorité.

    L’Australie a mis en place une plate-forme web Child Link Digital Access Solution pour collecter des données sécurisées sur les enfants protégés à destination des professionnels autorisés à les consulter (enseignants, infirmières…). Elle leur permet de visualiser le parcours d’un enfant, de mieux appréhender ses besoins et de mettre en place à un stade précoce le soutien nécessaire. Cette plateforme a réduit considérablement le nombre d’enfants entrant dans le système de protection de l’enfance, grâce à une augmentation des mesures de prévention.

    Au Royaume-Uni, le programme Data to insight, soutenu par 50 collectivités locales, met à disposition des professionnels plusieurs outils de traitement de données, sur la base de données collectées par le Department for Education et l’organisme de contrôle, l’Office for Standards in Education. Un ambitieux programme de formation des professionnels des collectivités à la science des données est destiné à lever les freins à l’utilisation de ces outils.

    Des premiers démonstrateurs dans le cadre de France 2030

    Deux millions d’euros ont été engagés en 2024 pour lancer un projet numérique avec pour objectif de passer d’une gestion de l’urgence à une gestion plus préventive et, à terme, à des prises en charge moins nombreuses ou moins lourdes. Cela passerait par la mise en place d’une plateforme « espace numérique partagé de l’enfant », alimentée par le dossier numérique de l’enfant. Une triple interface est prévue : une à destination du jeune, à destination des différents professionnels (travailleurs sociaux, EN, Justice, famille, santé…) et une interface pour le département comme outil de pilotage de sa politique.

    Le projet a été conçu avec l’ensemble des acteurs concernés. Une étude de préfiguration a fixé les objectifs de cette action, dont l’expérimentation se déroulera de janvier à octobre 2025, dans quatre départements.

     

  • eNov30 : la stratégie de Softway Medical pour renforcer la santé numérique d’ici 2030

    Une vision pour répondre aux défis de la santé

    Depuis 25 ans, Softway Medical anticipe les mutations du secteur et développe des solutions numériques adaptées aux besoins des professionnels de santé. Avec eNov30, le groupe structure son action autour de cinq objectifs clés :

    • Soutenir les médecins avec des outils d’IA sécurisés pour des décisions médicales plus éclairées.
    • Libérer du temps médical pour recentrer les soignants sur les soins aux patients.
    • Améliorer la qualité de vie au travail (QVT) grâce à des solutions ergonomiques et adaptées.
    • Valoriser la donnée de santé pour accélérer la recherche clinique.
    • Accélérer la transition vers la médecine préventive des 6P (personnalisée, préventive, prédictive, participative, pertinente et basée sur des preuves).

    Le Lab Innovation, un moteur de co-construction

    Softway Medical mise sur une approche collaborative pour accélérer ses innovations. Dès 2025, le groupe lance le Lab Innovation, un espace réunissant experts médicaux, industriels et start-up pour concevoir et tester de nouvelles solutions. Ce Lab s’accompagne d’un investissement massif avec 150 recrutements par an et un engagement financier de 50 millions d’euros sur plusieurs années.

    “Réunir ceux qui connaissent les problématiques et ceux qui proposent des solutions est essentiel. Ce Lab nous permet d’expérimenter et d’affiner les innovations avant leur déploiement.”
    — Sherley Brothier, CPTO du Groupe Softway Medical

    Des innovations grâce à des bases technologiques solides

    Softway Medical s’appuie sur des socles technologiques modernes pour accélérer l’implémentation d’innovations stratégiques :

    • Une plateforme No-code permettant aux établissements de personnaliser leurs logiciels sans compétence en développement.
    • L’IA générative appliquée aux soins, avec la production automatisée de résumés cliniques en croisant les données du DMP, des urgences et des consultations.

    Ces avancées facilitent la tâche des soignants et ouvrent la voie à une gestion plus fluide et efficace du parcours patient.

     

  • L’IA médicale en France : 6,9 millions d’euros investis dans le projet PARTAGES

    Un écosystème en plein essor

    En six ans, la France est passée de la 13ᵉ à la 5ᵉ place du Global AI Index, et s’impose comme le premier hub européen en IA générative. Avec plus de 1 000 start-ups spécialisées, dont Mistral AI, Hugging Face et Dataiku, elle attire aussi les investisseurs : 1,9 milliard d’euros levés en 2024, et des engagements financiers d’ampleur, notamment de Microsoft (4 milliards d’euros), Amazon (1,2 milliard) et Telehouse (1 milliard). Les grandes entreprises ne sont pas en reste : Thales, Iliad ou encore CMA-CGM se positionnent sur le marché, tandis que la France demeure la première destination européenne pour les investissements étrangers en IA, selon le baromètre EY.

    Nouvelles priorités stratégiques

    Malgré ces avancées, la concurrence mondiale s’intensifie. Pour éviter un retard technologique, le gouvernement mise sur quatre axes prioritaires :

    • Renforcer les infrastructures : Extension des supercalculateurs Jean Zay, Adastra et Alice Recoque, soutien aux acteurs français du cloud et développement de 35 sites dédiés aux centres de données.
    • Former et retenir les talents : Objectif 100 000 personnes formées par an d’ici 2030, développement des IA Clusters, simplification des visas pour les chercheurs étrangers.
    • Accélérer l’adoption de l’IA : Incitations pour les entreprises et intégration de l’IA dans les secteurs stratégiques.
    • Garantir une IA fiable et sécurisée : Création de l’Institut national pour l’évaluation et la sécurité de l’IA (INESIA), chargé de la régulation et de l’évaluation des modèles d’IA.

    L’État veut généraliser l’IA dans l’administration

    L’intelligence artificielle est aussi appelée à jouer un rôle dans la transformation des services publics. Plusieurs ministères expérimentent déjà des outils basés sur l’IA :

    • Éducation : recours à des assistants pédagogiques et automatisation de certaines tâches administratives.
    • Justice : anonymisation des décisions et transcription assistée des audiences.
    • Intérieur : utilisation de l’IA pour l’analyse des images de vidéosurveillance et la détection des feux de forêt.
    • Emploi : développement d’algorithmes d’appariement entre offres et demandes d’emploi.

    L’IA au service du diagnostic et de la recherche médicale

    L’essor des modèles d’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de détection et de prévention des maladies. Dans ce cadre, le projet PARTAGES, porté par le Health Data Hub et financé à hauteur de 6,9 millions d’euros, réunit 20 hôpitaux et 10 équipes de recherche, en partenariat avec Mistral AI. Son objectif est de développer un modèle de langage spécialisé en santé, adapté au français, pour assister les professionnels dans l’analyse des données médicales et la rédaction de comptes rendus. D’autres initiatives visent à améliorer l’interprétation des examens médicaux. L’Assurance Maladie et la Haute Autorité de Santé lancent ainsi une expérimentation sur l’usage de l’IA dans l’analyse des électrocardiogrammes (ECG). L’objectif est de faciliter l’accès à cet examen pour le dépistage des maladies cardiovasculaires et d’en améliorer l’interprétation en médecine générale.

    L’IA transforme les pratiques médicales, mais son adoption suppose une formation adaptée des professionnels de santé. Dès la rentrée 2025, l’apprentissage du numérique et de l’IA deviendra obligatoire dans le premier cycle des études médicales. Un investissement de 119 millions d’euros vise à former 500 000 professionnels en cinq ans, incluant médecins, personnels paramédicaux et ingénieurs en santé numérique.

    Un leadership européen à consolider

    Si la France affiche des ambitions élevées, plusieurs défis restent à relever. L’accès aux talents, la consommation énergétique des modèles d’IA et la régulation des usages figurent parmi les questions. Sur ce dernier point, l’IA générative suscite des préoccupations croissantes, notamment sur la protection des données et les biais algorithmiques. Avec la création de l’INESIA, premier institut européen dédié à la sécurité de l’IA, la France entend se positionner dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.

    Au-delà du territoire national, la France veut jouer un rôle dans la stratégie européenne. Elle s’appuie sur :

    • L’initiative AI Factories, qui vise à structurer un réseau de hubs spécialisés en IA en Europe.
    • La Boussole de Compétitivité, lancée par la Commission européenne pour harmoniser les stratégies IA des États membres.
    • Une IA durable, avec un effort sur la sobriété énergétique et l’intégration de critères environnementaux dans le développement des technologies.

    Alors que la compétition mondiale s’intensifie, la France doit encore prouver sa capacité à transformer ses avancées en résultats. L’adoption massive de l’IA dans l’économie et l’administration pourrait être un accélérateur, mais le défi reste de concilier innovation, souveraineté et cadre éthique robuste.

    Faire de la France une puissance de l’IA – Comité interministériel de l’Intelligence artificielle – 6 février 2025

     

  • Tempus lance Olivia : une application IA de conciergerie santé pour centraliser les données des patients

    Une plateforme unique pour centraliser les données de santé

    Grâce à l’intelligence artificielle, cet outil vise à améliorer l’accès, la compréhension et l’utilisation des informations de santé, offrant ainsi un accompagnement personnalisé aux utilisateurs. L’un des principaux atouts d’Olivia est son intégration avec plus de 1 000 systèmes de santé via les dossiers de santé électroniques (DSE). Cette connectivité permet aux patients de :

    • Synchroniser les données issues d’appareils de santé connectés pour un suivi quotidien ;
    • Télécharger et organiser leurs dossiers médicaux, y compris résultats de laboratoire, rapports d’imagerie et résumés de consultations ;
    • Accéder aux images DICOM (imagerie médicale standardisée) et les partager directement avec leur équipe de soins.

    L’application structure ces informations dans une chronologie dynamique, permettant aux patients de visualiser et suivre l’évolution de leur état de santé de manière intuitive.

    Une intelligence artificielle au service des patients

    Grâce à ses capacités IA, Olivia ne se contente pas d’agréger les données, elle aide aussi les patients à mieux comprendre leur santé. Parmi ses fonctionnalités avancées :

    • Un assistant intelligent capable de répondre aux questions sur les dossiers médicaux, d’en extraire des résumés et de proposer des analyses personnalisées.
    • Une connexion à clinicaltrials.gov pour informer les patients des essais cliniques pertinents en fonction de leur profil médical.

    Par exemple, un patient peut simplement demander : “Résume-moi mon état de santé”, et l’application générera une synthèse claire et exploitable des informations contenues dans ses dossiers médicaux.

    Selon Eric Lefkofsky, fondateur et PDG de Tempus : “L’IA est en train de transformer les soins de santé. Olivia ne se contente pas d’organiser les informations, elle devient un véritable partenaire proactif qui aide les patients à naviguer avec clarté et confiance dans leur parcours de soins.”

     

  • Inserm : un nouvel algorithme pour le dépistage de la maladie d’Alzheimer

    Un enjeu pour la prise en charge précoce

    La maladie d’Alzheimer est caractérisée par l’accumulation de peptides amyloïdes bêta dans le cerveau, entraînant la destruction progressive des neurones impliqués dans la mémoire et les fonctions cognitives. Cette accumulation débute plusieurs années avant l’apparition des premiers symptômes, ce qui en fait une cible essentielle pour les traitements émergents, notamment certains anticorps monoclonaux déjà autorisés en Europe.

    Actuellement, le diagnostic repose sur des techniques invasives comme la ponction lombaire ou l’imagerie par TEP-amyloïde, difficiles à généraliser en routine. Face à ces limites, une équipe de l’Inserm au sein du centre de recherche Bordeaux Population Health (BPH, unité 1219 Inserm/Université de Bordeaux), dirigée par Carole Dufouil, a développé un modèle prédictif permettant d’évaluer le risque de dépôts amyloïdes cérébraux chez des patients présentant des troubles de la mémoire. Ces travaux, menés dans l’équipe PHARes (Recherche translationnelle en santé des populations) en collaboration avec le Centre d’investigation clinique de Bordeaux (CIC 1401 Inserm/CHU de Bordeaux), ont été portés par Lisa Le Scouarnec, doctorante, épidémiologiste et biostatisticienne. Validé sur la cohorte Memento et confirmé sur l’Amsterdam Dementia Cohort, ce modèle repose sur des critères sociodémographiques, biologiques et cliniques, offrant une alternative plus accessible aux méthodes de diagnostic actuelles.

    Une méthode développée à partir de la cohorte Memento

    Les chercheurs ont construit et testé leur modèle sur les données de la cohorte Memento, une étude lancée en 2011 ayant suivi 2 323 patients présentant des troubles cognitifs légers. Parmi eux, 853 individus ont bénéficié d’un dosage des dépôts amyloïdes, permettant de comparer les prédictions du modèle à la réalité clinique.

    Six versions de l’algorithme ont été testées, intégrant différentes combinaisons de variables :

    • Critères sociodémographiques et cognitifs (âge, sexe, IMC, niveau d’éducation, tests de mémoire).
    • Facteurs génétiques (présence de l’allèle ApoE4).
    • Biomarqueurs sanguins (concentration de protéines amyloïdes bêta et Tau).
    • Données d’imagerie (atrophie de l’hippocampe, microhémorragies cérébrales).

    Un modèle validé et applicable en clinique

    Les résultats ont montré que les modèles intégrant le gène ApoE4 et/ou des biomarqueurs sanguins étaient les plus performants pour prédire un seuil pathologique de dépôts amyloïdes. Ces conclusions ont été confirmées sur une seconde cohorte indépendante, l’Amsterdam Dementia Cohort, renforçant la robustesse du modèle.

    Toutefois, les chercheurs privilégient la version basée uniquement sur les biomarqueurs sanguins, jugée plus éthique et plus facilement applicable en routine. Bien que sa précision soit inférieure aux techniques actuelles d’imagerie ou de ponction lombaire, elle permettrait d’exclure un risque chez environ 30 % des patients et d’éviter ainsi des examens inutiles.

    Vers un dépistage simplifié et généralisable

    L’équipe bordelaise poursuit ses travaux pour améliorer la performance de l’algorithme en intégrant de nouveaux biomarqueurs, notamment pTau217, une variante prometteuse de la protéine Tau. L’objectif à terme est de proposer un outil rapide, fiable et accessible, facilitant l’identification des patients à risque et accélérant leur prise en charge. Ce modèle prédictif pourrait jouer un rôle dans la démocratisation du dépistage et l’optimisation des stratégies thérapeutiques.

    Environ 900 000 personnes seraient touchées par la maladie d’Alzheimer en France, avec 225 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année.

    Source : Development and assessment of algorithms for predicting brain amyloid positivity in a population without dementia. L. Le Scouarnec et coll. Alz Res Therapy, 11 octobre 2024 ; doi:10.1186/s13195-024–01595‑5

  • Paris-Saclay Cancer Cluster : un biocluster au service de l’innovation en oncologie

    Une dynamique au service de l’innovation en oncologie

    Chaque année, le cancer touche plus de 430 000 nouvelles personnes en France et reste la première cause de mortalité prématurée. Si la France bénéficie d’une recherche d’excellence en oncologie, la transformation des découvertes scientifiques en solutions thérapeutiques reste un défi. PSCC s’est donné pour mission de combler cet écart en rassemblant chercheurs, cliniciens, entreprises et institutions pour accélérer le développement de traitements et diagnostics innovants.

    « Accélérer l’innovation signifie connecter les meilleurs talents, technologies et ressources pour transformer les découvertes scientifiques en solutions tangibles », souligne le Pr Eric Vivier, président du PSCC. Installé sur le Campus Grand Parc à Villejuif, à proximité de Gustave Roussy et des principaux centres de recherche européens, le biocluster se structure pour devenir un pôle de référence en oncologie.

    2024 : une année structurante pour le PSCC

    En 2024, le PSCC a franchi des étapes en consolidant son offre autour de quatre axes stratégiques :

    Un soutien renforcé aux start-ups et au financement de l’innovation

    • 61 start-ups accompagnées, réparties entre biotech et medtech, développant des solutions thérapeutiques de précision et des innovations technologiques pour le parcours patient.
    • 118 millions d’euros levés par 13 start-ups soutenues par le PSCC.
    • 300 expertises mobilisées, incluant mentorat, masterclasses et hackathons.
    • 20 associations de patients intégrées au processus d’accompagnement des start-ups.

    Le développement de plateformes scientifiques de pointe

    Cinq plateformes technologiques ont été mises en place et financées pour favoriser :

    • L’oncologie de précision grâce aux analyses cellulaires, à la génomique et à l’imagerie avancée.
    • La mise en œuvre de modèles précliniques ex vivo et le développement de la thérapie cellulaire et génique.
    • L’accélération des essais cliniques précoces, en collaboration avec les principaux centres hospitaliers partenaires.

    Un site stratégique : le Campus Grand Parc

    En janvier 2025, le PSCC a emménagé sur le Campus Grand Parc, à Villejuif, un site de 100 000 m² dédié aux biotechnologies et aux équipes industrielles de R&D. À quelques mètres de Gustave Roussy, ce campus offre un accès direct aux infrastructures, aux experts et aux essais cliniques.

    Une dynamique renforcée avec les acteurs industriels et investisseurs

    • GSK rejoint le PSCC en tant que mécène et investit 2,5 millions d’euros pour soutenir les activités du biocluster.
    • Des rencontres stratégiques entre start-ups et grands groupes pharmaceutiques favorisent le financement et le développement de nouveaux projets.
    • Un premier comité investisseur a réuni en septembre 2024 des business angels et des fonds spécialisés en santé.
    • L’association PSCC Connect, qui regroupe plus de 150 membres issus du secteur, facilite la mise en réseau des acteurs de l’innovation.

    2025 : de nouvelles ambitions pour structurer l’écosystème

    L’année 2025 sera marquée par deux initiatives :

    • Le lancement d’une plateforme dédiée aux données de santé en oncologie, pour améliorer l’exploitation des données de vie réelle et accélérer le développement d’algorithmes d’intelligence artificielle.
    • La mise en place d’un laboratoire centralisé (central lab.) sur le Campus Grand Parc, destiné à optimiser les phases précliniques et cliniques des innovations thérapeutiques.

     

  • Emmanuel Macron annonce des investissements pour l’oncologie et l’IA

    Un engagement renouvelé pour la lutte contre le cancer

    Le président a salué les efforts des chercheurs, soignants et entrepreneurs engagés dans cette bataille, rappelant l’importance de la stratégie décennale de lutte contre le cancer annoncée en 2021 et dotée de 1,7 milliard d’euros. Un point d’étape prévu cet été permettra d’évaluer les progrès de cette stratégie, notamment en matière de prévention et de détection précoce. Macron a insisté sur l’augmentation de certains cancers et la nécessité d’une action renforcée.

    Le Paris-Saclay Cancer Cluster (PSCC), annoncé en 2021 et opérationnel depuis 2023, constitue un biocluster pour l’innovation en oncologie. Il rassemble chercheurs, entreprises et startups pour développer de nouvelles méthodes thérapeutiques, notamment basées sur l’intelligence artificielle. Lors de sa visite, le président a participé à la pose de la première pierre d’un bâtiment consacré à l’innovation médicale et scientifique, marquant une étape dans le développement du cluster.

    L’intelligence artificielle au service de la médecine

    L’IA est déjà utilisée par près de la moitié des soignants pour le diagnostic, la détection des maladies et la chirurgie assistée. Emmanuel Macron entend accélérer son intégration en facilitant l’accès aux données de santé, en réduisant les délais des essais cliniques et en renforçant les synergies entre public et privé. En amont du sommet international sur l’intelligence artificielle, il a annoncé la création de nouvelles chaires d’excellence et le développement de capacités de calcul pour stimuler la recherche en santé.

    Macron a souligné la nécessité d’évoluer vers une médecine plus préventive et personnalisée, optimisant les soins tout en réduisant les coûts. L’IGR et le PSCC incarnent cette révolution, en développant des approches innovantes et en attirant les meilleurs talents. Enfin, le président a confirmé le maintien des 1,7 milliard d’euros alloués à la stratégie décennale de lutte contre le cancer et a insisté sur la nécessité d’attirer davantage d’investissements privés et philanthropiques.