Actualité

  • Prévention : la Fondation Ramsay Santé renforce son engagement

    Un soutien aux associations françaises

    En 2023-2024, la Fondation a sélectionné six nouvelles associations œuvrant dans l’éducation à la prévention santé. Ces organisations bénéficient d’un accompagnement financier et de l’expertise des collaborateurs de Ramsay Santé. Parmi elles, Agir pour la santé des femmes, Avec nos Proches ou encore Nightline, qui agit pour la santé mentale des jeunes. En parallèle, la Fondation a travaillé à la mise en place d’un outil d’évaluation des actions associatives, afin de mieux mesurer leur impact et d’optimiser leur efficacité sur le terrain.

    Prevent2Care : accélérer l’innovation en prévention santé

    Le programme Prevent2Care a poursuivi son développement en France, avec l’accompagnement de 30 projets, dont 14 startups et 6 associations engagées en prévention santé. Le Prevent2Care Tour a permis de soutenir six associations locales en leur attribuant une dotation de 10 000 euros chacune. Ces organisations, réparties dans plusieurs régions françaises, ont été sélectionnées pour leur engagement dans des actions de sensibilisation et d’éducation à la santé.

    Des actions locales pour améliorer l’accès à la prévention

    La Fondation a poursuivi son engagement envers les publics les plus fragiles avec plusieurs initiatives :

    • Le Bus du Cœur d’Agir pour le cœur des femmes, qui a permis à 2 700 femmes en situation de précarité d’accéder à un dépistage cardio-gynécologique dans neuf villes.
    • L’association VoisinMalin, qui a réalisé des interventions auprès de 350 logements, sensibilisant les parents de jeunes issus de quartiers populaires aux risques liés aux addictions et aux écrans.
    • Un programme de sensibilisation aux écrans en partenariat avec Vivons en Forme, testé dans des écoles avant un déploiement national.

    Un engagement dans le débat public et la sensibilisation numérique

    Les Rencontres Prévention Santé, organisées pour la 7ᵉ année consécutive sous le parrainage du ministère de la Santé, ont abordé en 2024 un sujet d’actualité : les fake news en santé chez les jeunes. Un livre blanc a été publié pour synthétiser les discussions et proposer des solutions éducatives. De plus, le site Mes Questions Prévention Santé a connu une forte progression avec plus de 65 000 visites en un an, grâce notamment à l’ajout d’une nouvelle section dédiée à la santé environnementale.

    Perspectives 2024-2025 : renforcer l’impact local

    Pour l’année à venir, la Fondation prévoit de :

    • Déployer les programmes des six associations soutenues en France.
    • Lancer une formation en prévention santé avec la Croix-Rouge à destination des soignants et professionnels au contact des jeunes.
    • Relancer l’Observatoire du Stress en partenariat avec Opinion Way.
    • Repenser les Rencontres Prévention Santé en simplifiant leur format pour favoriser des débats accessibles et impactants.

    Face aux enjeux de santé publique, la Fondation Ramsay Santé réaffirme son engagement à structurer et développer des actions concrètes en prévention santé sur tout le territoire français.

    Fondation Ramsay Santé – Rapport d’activité 2023 – 2024 

     

  • Détection des fractures : le NICE autorise l’usage de l’IA dans le NHS, sous conditions

    Quatre IA validées, une autre limitée à la recherche

    D’après un document d’évaluation des technologies de la santé publié par le NICE, les solutions Rayvolve (AZmed) et TechCare Alert (Milvue) peuvent être utilisées pour tous les patients, tandis que BoneView (Gleamer AI) et RBfracture (Radiobotics) sont autorisées pour les patients à partir de deux ans. Leur approbation est valable pour une durée de deux ans. En revanche, l’IA qMSK de Qure.AI a été limitée à un usage en recherche, nécessitant des études supplémentaires avant un éventuel déploiement dans le NHS.

    Des critères stricts pour un déploiement sécurisé

    L’utilisation de ces technologies est soumise à l’obtention des certifications réglementaires requises, notamment le DTAC (Digital Technology Assessment Criteria) du NHS England. De plus, leurs développeurs doivent fournir chaque année des données de suivi au NICE sous peine de perdre leur recommandation. Les directives actuelles du NICE exigent qu’un radiologue, un radiographe ou un autre professionnel formé valide les diagnostics avant la sortie du patient, garantissant ainsi la fiabilité des résultats fournis par l’IA.

    Un enjeu clinique et financier majeur

    Selon le NICE, les technologies d’IA pourraient améliorer la détection des fractures sans augmenter le risque d’erreurs diagnostiques. Les fractures non diagnostiquées représentent actuellement 3 % à 10 % des erreurs médicales aux urgences. Une étude du NHS en 2022 a révélé que les réclamations pour négligence liées à ces erreurs ont coûté 1,1 million de livres sterling, un montant évitable selon l’organisme.

    Des bénéfices attendus pour le système de santé

    Le NICE souligne plusieurs avantages potentiels de ces outils :

    • Réduction des écarts de prise en charge, notamment entre différentes régions.
    • Diminution des erreurs diagnostiques, améliorant ainsi la qualité des soins.
    • Moins de consultations répétées aux urgences ou de rappels à l’hôpital après un examen radiologique.

    Pour une intégration à grande échelle, il reste nécessaire de collecter des données supplémentaires sur la précision des diagnostics, l’impact clinique et les coûts associés à ces technologies.

     

  • VIDAL et ArcaScience : une IA pour améliorer la détection des interactions médicamenteuses

    Un enjeu pour l’internationalisation de VIDAL

    Dans le cadre de son expansion internationale, VIDAL, spécialiste des bases de données sur les produits de santé, renforce la qualité de ses informations sur les interactions médicamenteuses. L’objectif : limiter les risques iatrogènes en fournissant un sourcing scientifique spécifique à chaque IAM référencée. La diversité des bases de données internationales et l’évolution constante des connaissances rendent cette tâche complexe. VIDAL a donc fait appel à ArcaScience, expert en intelligence artificielle appliquée au domaine médical, pour automatiser et fiabiliser la veille bibliographique sur les IAM.

    Une IA pour hiérarchiser et analyser les publications scientifiques

    La solution développée par ArcaScience repose sur l’intelligence artificielle et l’analyse de données issues de sources comme PubMed, ClinicalTrials.gov et Medline. Son fonctionnement repose sur plusieurs modèles avancés :

    • Stratification : hiérarchisation des publications selon leur niveau de preuve scientifique ;
    • Traitement du langage naturel (NLP) : classification du contenu lié aux IAM et évaluation des implications thérapeutiques ;
    • Reconnaissance d’entités nommées (NER) : mise en lien des interactions médicamenteuses avec les caractéristiques des patients.

    Un système de cotation, élaboré avec les experts de VIDAL, classe les articles en fonction de leur pertinence et de leur impact clinique, assurant une évaluation robuste et fiable des interactions détectées.

    Des résultats prometteurs et un déploiement en cours

    Après une phase d’expérimentation, l’algorithme d’ArcaScience a démontré sa capacité à détecter avec précision les IAM déjà connues en France et à en identifier de nouvelles sur le marché international. Trois mois après son lancement, VIDAL accélère désormais l’intégration de cette solution à ses bases de données, renforçant la sécurité des prescriptions pour les professionnels de santé en France et à l’étranger. Grâce à cette collaboration, VIDAL et ArcaScience posent les bases d’une approche innovante et automatisée de la surveillance des interactions médicamenteuses.

     

  • La Corée du Sud déploie un système national de prévention des épidémies basé sur l’intelligence artificielle

    Un pays confronté à des risques épidémiques récurrents

    Le gouvernement sud-coréen lance un système national de surveillance et de prévention des épidémies fondé sur l’intelligence artificielle (IA) pour détecter et contenir les menaces sanitaires en temps réel. Avec 51,7 millions d’habitants, la Corée du Sud est régulièrement touchée par des épidémies de grippe, rougeole, tuberculose et maladies zoonotiques. Le MERS en 2015 a causé 38 décès et un impact économique de 8,6 milliards de dollars, tandis que la pandémie de Covid-19 a affecté 600 000 personnes et entraîné 1 500 décès.

    Les limites du système de surveillance actuel

    Le système de surveillance épidémiologique, géré par les Centres de contrôle et de prévention des maladies en Corée du sud sous la supervision du est l’agence nationale de santé publique du pays (KDCA), repose sur :

    • Des données de santé publique avec des données émanant d’hôpitaux et de cliniques,
    • Des systèmes de traçage basés sur géolocalisation, paiements bancaires et vidéosurveillance
    • Des capteurs environnementaux surveillant la qualité de l’air et les conditions sanitaires.

    Cependant, ce dispositif présente plusieurs limites :

    • Une dépendance au traçage manuel, nécessitant jusqu’à une heure par cas
    • Des risques d’erreurs humaines dans l’analyse des données
    • Une Infrastructure limitée en zones rurales, compliquant le suivi en temps réel

    Un dispositif optimisé par l’IA

    Le nouveau système centralise en temps réel les données issues de diverses sources. Il repose sur :

    • Big Data, machine learning et IA pour modéliser la propagation des maladies
    • Capteurs IoT mesurant en continu les paramètres environnementaux
    • Systèmes de géolocalisation pour identifier rapidement les clusters

    Une coopération public-privé pour une surveillance renforcée

    Des entreprises technologiques collaborent avec des acteurs publics comme l’Institut Pasteur de Corée (IPK)placé sous l’égide du ministère de la Science et de la Technologie le ministère de la Science et de la Technologie. La nouvelle plateforme de surveillance a pour objectifs de :

    • Réduire la propagation des maladies en accélérant détection et réponse
    • Renforcer les infrastructures de santé pour limiter les cas graves et la mortalité
    • Anticiper les épidémies grâce à l’analyse de données en temps réel
    • Optimiser les coûts et réduire l’impact économique des crises sanitaires

     

  • Insuffisance cardiaque : la télésurveillance de Satelia réduit de 36 % la mortalité des patients

    Une avancée pour la prise en charge de l’insuffisance cardiaque

    Conduite sur quatre ans dans plus de 300 centres français, l’étude TELESAT-HF est la plus grande jamais réalisée en Europe sur la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque. Elle a impliqué des experts de renom, issus du CHU de Bordeaux, du CHU de Nancy, de l’AP-HP et de l’Hôpital Paris Saint-Joseph.

    Les 5 357 patients suivis par Satelia Cardio, en plus des soins conventionnels, ont vu leur risque de décès réduit de 36 %, soit un décès évité tous les 10,5 patients suivis. L’effet est encore plus marqué chez les patients les plus fragiles :

    • -44 % de mortalité pour ceux ayant été hospitalisés une fois dans l’année précédente ;
    • -48 % de mortalité pour ceux ayant été hospitalisés deux fois ou plus dans les 12 derniers mois.

    Une réduction des hospitalisations et des passages aux urgences

    Le programme de télésurveillance Satelia a également démontré son impact sur la prévention des hospitalisations :

    • -17 % de passages aux urgences pour l’ensemble des patients suivis ;
    • -36 % chez les patients les plus à risque (hospitalisés au moins une fois l’année précédente).

    Concrètement, cela signifie une hospitalisation évitée tous les 16 patients suivis.

    Comment fonctionne Satelia Cardio ?

    Le dispositif repose sur une surveillance des symptômes et du poids du patient à une fréquence variable, adaptée à la gravité de sa maladie. Accessible aux patients numériques et non numériques, il fonctionne via une application mobile, un ordinateur ou un téléphone fixe pour ceux en situation d’illectronisme.

    Les données collectées sont analysées par un algorithme d’intelligence artificielle, développé avec plusieurs CHU français, qui attribue un score de risque aux patients. Ce système permet aux cardiologues de se concentrer sur les patients nécessitant une intervention rapide, optimisant ainsi leur charge de travail.

    Le Dr Hélène Benchimol, co-auteur de l’étude et praticienne au GHT Saintes-Jonzac-Royan, témoigne :
    “Suivre 400 patients à domicile est un défi, mais grâce à la télésurveillance, je peux identifier chaque semaine les 10 ou 20 patients dont l’état se dégrade, bien avant qu’ils ne se retrouvent aux urgences. C’est une révolution en matière de prévention et de suivi.”

    L’étude TELESAT-HF démontre que la télésurveillance améliore l’autonomie des patients, réduit les hospitalisations et allège la pression sur les urgences. Contrairement aux dispositifs nécessitant des objets connectés, Satelia mise sur une approche éthique et accessible, centrée sur l’éducation thérapeutique et l’implication du patient. Avec ces résultats, Satelia Cardio s’impose comme un pilier essentiel de la prise en charge des maladies chroniques, ouvrant la voie à une adoption élargie en France et à l’international.

     

  • Hopia lève 3,5 M€ pour optimiser la gestion des plannings en santé

    Optimiser la gestion des plannings en santé 

    Fondée en 2021 par deux ingénieurs de CentraleSupélec, Hopia s’attaque à un problème du secteur hospitalier : la gestion des plannings du personnel soignant. Un cadre de santé peut y consacrer jusqu’à 80 % de son temps, au détriment du suivi médical et organisationnel. Pour y remédier, la start-up a développé une solution SaaS qui intègre des algorithmes avancés prenant en compte :

    • Les contraintes individuelles (temps de repos, pénibilité, préférences) ;
    • Les impératifs collectifs (continuité des soins, priorisation des actes) ;
    • Les ajustements en temps réel liés aux imprévus du quotidien hospitalier.

    Contrairement aux solutions classiques basées sur l’apprentissage machine, Hopia s’appuie sur l’intelligence artificielle symbolique, qui modélise le raisonnement humain sous forme de règles et de concepts. Ce choix technologique permet une meilleure prise en compte des aléas et une plus grande flexibilité dans l’organisation des soins.

    Un déploiement en pleine expansion

    Déjà adoptée par plus de 20 établissements dont le CHU de Brest, les Hospices Civils de Lyon et les groupes Vivalto et Elsan, la solution Hopia est utilisée par 80 équipes médicales. L’entreprise ambitionne désormais d’élargir son marché aux Ehpad, centres de radiologie et structures pour personnes handicapées. Grâce à cette levée de fonds, Hopia prévoit de tripler son nombre de clients d’ici fin 2025 et de doubler son effectif, passant de 20 à 40 salariés.

    Vers une nouvelle solution centrée sur le parcours patient

    Hopia travaille également sur une seconde solution visant à fluidifier le parcours des patients nécessitant plusieurs examens et consultations. L’objectif : éviter qu’un patient ne se retrouve démuni après une prescription médicale, en facilitant la coordination des rendez-vous et des actes médicaux. Avec cette double approche – planification des ressources humaines et optimisation du parcours patient – Hopia ambitionne de devenir un acteur de l’organisation des soins en France, en améliorant à la fois les conditions de travail des soignants et l’expérience des patients.

     

  • Fusions & acquisitions en santé : un ralentissement en 2024, mais une reprise attendue en 2025

    Un marché en mutation, des transactions plus sélectives

    2025 pourrait marquer une reprise du marché, portée par un regain de visibilité et des opportunités émergentes. D’après le rapport Firepower 2025 publié par EY, si le volume des transactions reste stable, leur valeur est en baisse. Les laboratoires et entreprises du secteur se concentrent sur l’intégration des acquisitions précédentes et évitent les mégafusions risquées. L’objectif : recentrer leur portefeuille sur des domaines thérapeutiques porteurs et optimiser la rentabilité des actifs existants.

    Les acteurs historiques du médicament, confrontés à l’expiration de brevets stratégiques, doivent composer avec la concurrence croissante des biosimilaires et des nouveaux entrants en biotechnologie. Dans ce contexte, plutôt que d’absorber des concurrents de grande taille, ils privilégient des acquisitions ciblées et des collaborations avec des startups innovantes, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle et des biotechnologies émergentes.

     2025 : vers une reprise des transactions ?

    L’année 2025 pourrait marquer un tournant. Avec l’arrivée d’une nouvelle administration aux États-Unis en janvier, certains obstacles réglementaires pourraient s’atténuer, rendant les transactions plus fluides. Par ailleurs, les grandes entreprises, après une année d’observation, pourraient relancer des acquisitions stratégiques pour maintenir leur compétitivité. L’essor des technologies numériques appliquées à la santé, combiné aux progrès de l’IA et des biotechnologies chinoises, ouvre également de nouvelles perspectives. Ces domaines suscitent un intérêt de la part des investisseurs, qui y voient des relais de croissance à long terme.

    Cas français : recentrage et restructuration

    En France, l’année 2024 a été marquée par plusieurs annonces de cessions stratégiques. Sanofi, par exemple, est en négociations pour céder une participation majoritaire dans Opella, valorisée à environ 16 milliards d’euros. Ce mouvement illustre une tendance plus large des laboratoires pharmaceutiques à rationaliser leur portefeuille, en se séparant de certaines filiales pour mieux se recentrer sur leurs axes de développement prioritaires.

    D’autres groupes pourraient suivre cette dynamique, notamment dans un contexte où la rentabilité des médicaments matures est sous pression et où les nouvelles thérapies nécessitent des investissements conséquents en R&D.

    Une stratégie plus sélective pour une croissance durable

    Si 2024 a été une année de prudence, marquée par une reconfiguration des stratégies d’investissement, 2025 pourrait voir un rebond des transactions. Toutefois, les entreprises privilégieront une approche plus sélective, misant sur des acquisitions ciblées, des alliances stratégiques et l’exploration de nouvelles opportunités technologiques et géographiques.

  • Grandes tendances de la e-santé : Gen AI, EDS, marché healthtech santé mentale parmi les 10 tendances pour 2025

    Lors de la conférence annuelle “Les grandes tendances de la e-santé” organisée par Interaction Healthcare et  qui s’est tenue le 28 janvier 2025, les dynamiques émergentes et les grands enjeux du secteur du numérique en santé pour les années à venir ont été mis en lumière. Parmi les points clés abordés par Romain Bonfillon, rédacteur en chef de Mind Health, et  Ludmila Potiron, cheffe du pôle “Export Santé” chez Business France Amérique du nord, lors de la dernière session de la matinée, voici les dix grandes tendances qui redéfiniront la santé numérique en 2025 :

    1️⃣ Les jumeaux numériques, leviers de la médecine personnalisée :

    L’un des développements les plus prometteurs dans le domaine de la santé numérique est celui des jumeaux numériques. Ces modèles virtuels d’organes ou de patients entiers permettent de simuler des traitements et d’adapter les soins à chaque individu. Lors de la conférence, plusieurs experts ont souligné l’importance croissante des jumeaux numériques dans la médecine personnalisée, notant que leur développement est indissociable d’une gestion optimisée des données de santé, notamment au travers de “référentiels spécifiques à l’oncologie, à la psychiatrie et à d’autres pathologies.”

    2️⃣ IA générative : quelles régulations après les premiers déploiements ?

    L’intelligence artificielle (IA) générative a fait ses preuves dans plusieurs domaines de la santé, notamment en recherche médicale et en gestion des données. Cependant, après les premiers déploiements, une question essentielle demeure : quelles régulations mettre en place pour encadrer ces technologies ? Les intervenants ont évoqué le besoin d’une gouvernance claire pour garantir la qualité et la sécurité des données traitées par l’IA, soulignant que la mise en place d’une “stratégie nationale” pour les données santé est primordiale.

    3️⃣ Les thérapies digitales ont-elles trouvé leur modèle ?

    L’un des sujets centraux de la conférence a été la place des thérapies digitales dans les parcours de soin. Si leur efficacité ne fait plus de doute, la question de leur modèle économique reste ouverte. Les débats ont porté sur la pérennisation des financements, les acteurs de terrain et le rôle crucial de l’accompagnement des patients. De plus, le recours à la “souveraineté des données” a été mentionné pour assurer la protection des utilisateurs.

    4️⃣ Comment l’IA transforme les essais cliniques en accélérant le recrutement des patients ?

    L’IA se distingue particulièrement dans le domaine des essais cliniques, où elle permet de cibler plus efficacement les patients éligibles, réduisant ainsi le temps et les coûts associés. La conférence a abordé la question de l’optimisation des “entrepôts de données de santé”, facilitant ainsi l’accès rapide et sécurisé aux profils de patients, ce qui pourrait accélérer de manière significative le recrutement.

    5️⃣ Santé mentale : face aux besoins immenses, le marché healthtech décolle-t-il ?

    Le secteur de la santé mentale, avec ses besoins grandissants, bénéficie d’une attention particulière dans le cadre des innovations en healthtech. Lors de la conférence, il a été souligné que la mise en place de “thérapies digitales” adaptées pourrait jouer un rôle clé dans la prise en charge à distance, tout en mettant en avant l’importance de l’adaptation des modèles en fonction des “besoins spécifiques en psychiatrie.”

    6️⃣ Comment la prévention s’ancre dans les parcours de soins ?

    La prévention devient un axe stratégique dans les parcours de soins, notamment grâce aux technologies numériques. Lors des échanges, il a été rappelé qu’intégrer la prévention dans le parcours de soins global nécessite de faciliter l’accès aux “données disponibles” et d’assurer l’interopérabilité des systèmes, en vue d’une prise en charge préventive plus fluide.

    7️⃣ Biomarqueurs digitaux : les nouvelles voies du diagnostic

    Les biomarqueurs digitaux sont en passe de révolutionner les méthodes diagnostiques, en permettant une détection plus précise et en temps réel de certaines pathologies. Les intervenants ont mis en avant l’utilisation des “données artificielles” pour renforcer ces approches, en particulier dans des domaines complexes comme la cancérologie, où la gestion des données d’imagerie est essentielle.

    8️⃣ Financements : le temps des incertitudes

    Bien que de nombreuses innovations en santé numérique aient vu le jour, la question des financements reste une problématique majeure. Comme mentionné lors de la conférence, la pérennisation de ces financements est indispensable, notamment pour maintenir les projets d’envergure qui nécessitent des investissements lourds, sans pour autant compromettre la qualité des soins.

    9️⃣ EDS : les enjeux de leur développement

    Les entreprises de santé digitale sont en pleine croissance, mais leur développement doit faire face à de nombreux défis. L’un des points soulevés lors de la conférence est la question de l’interopérabilité des systèmes et de la gouvernance des données. Pour réussir, il est nécessaire de “fédérer les acteurs de terrain” et d’assurer une gestion collaborative des données à travers des “référentiels communs.”

    🔟 La médecine de précision en oncologie

    La médecine de précision, notamment en oncologie, est l’un des domaines les plus avancés grâce au numérique. L’utilisation des données génomiques et des jumeaux numériques permet d’optimiser les traitements en fonction des caractéristiques individuelles des patients. Les experts de la conférence ont souligné que la mise en place d’une “stratégie de référentiels dédiés à l’oncologie” serait un facteur clé pour accompagner cette évolution.

  • Protection sociale en Europe : la France en tête des dépenses en 2023 (dossier de la DREES)

    Des écarts marqués entre les pays européens

    Les pays d’Europe du Nord et de l’Ouest investissent davantage dans la protection sociale que ceux d’Europe de l’Est. En moyenne, les prestations sociales s’élèvent à 10 540 euros par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA) dans l’UE-27, tandis qu’en France, elles atteignent 12 960 euros PPA. L’Italie et l’Espagne se situent à des niveaux intermédiaires, tandis que les pays d’Europe de l’Est consacrent des budgets nettement inférieurs à la protection sociale.

    Une reprise des dépenses en Europe, mais un recul en France

    Après une baisse de 3,3 % en 2022, les dépenses de protection sociale sont quasi-stables en 2023 dans l’UE-27 (+0,1 % en euros constants). Toutefois, cette tendance reste en deçà de la progression annuelle moyenne de 1,7 % observée entre 2012 et 2022. La Pologne (+8,2 %), la Slovaquie (+7,8 %) et Chypre (+5,9 %) enregistrent les plus fortes hausses. En revanche, la France affiche une baisse des dépenses pour la deuxième année consécutive (-1,9 % en 2023), principalement due à un recul des dépenses pour la maladie (-3,2 %) et la vieillesse-survie (-1,0 %).

    Vieillesse et santé : principaux postes de dépenses

    Le risque vieillesse-survie représente 47 % des prestations sociales dans l’UE-27, essentiellement sous forme de pensions de retraite. En France, ce poste reste dominant, suivi du risque maladie-soins de santé, qui représente 31 % des dépenses, contre 30 % en moyenne en Europe.

    Une structure de financement en évolution

    La protection sociale repose sur deux grandes sources de financement : les cotisations sociales et les contributions publiques issues de l’impôt. Depuis les années 2000, la part des cotisations employeurs tend à diminuer au profit des contributions publiques. En France, la réforme de 2018 a renforcé cette tendance avec le remplacement des cotisations salariales maladie et chômage par une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG).

    Alors que la protection sociale constitue un pilier du modèle européen, les écarts de dépenses et de financement reflètent des choix politiques et économiques distincts entre les pays. La France, malgré son niveau de dépenses élevé, connaît une tendance au repli qui interroge sur l’évolution de son modèle social.

    Etude de la DREES : La protection sociale en Europe en 2023

     

  • Rééducation cardiaque numérique : un programme prometteur pour les patients en Asie

    Maladies cardiovasculaires : une cause majeure de décès en Chine et aux Philippines

    Des chercheurs chinois et philippins ont étudié les retours des patients chinois atteints de coronaropathies sur un programme de rééducation cardiaque numérique dirigé par des infirmières.

    La Chine dénombre 290 millions de patients souffrant de maladies cardiovasculaires, dont 11 millions de cas de coronaropathie. Ces pathologies représentent respectivement 46,74 % et 44,26 % des décès en milieu rural et urbain. Aux Philippines, environ 3,5 millions de personnes sont affectées par des maladies cardiovasculaires, qui constituent l’une des principales causes de mortalité, représentant près de 35 % des décès annuels, selon l’Organisation mondiale de la santé.

    Les limites de la réadaptation cardiaque traditionnelle

    La réadaptation cardiaque conventionnelle inclut :

    • L’entraînement physique supervisé, réduisant la mortalité cardiaque de 26 %
    • L’éducation thérapeutique pour sensibiliser aux facteurs de risque et promouvoir un mode de vie sain
    • Le soutien psychologique pour gérer le stress et l’anxiété

    Cependant, ces programmes sont limités par un accès restreint dû à la disponibilité limitée des centres spécialisés et des disparités régionales.

    Le programme de rééducation cardiaque numérique

    Les chercheurs de l’École des sciences infirmières de Tung Wah College, de l’Université des Philippines et du Département des sciences infirmières de Tongji Hospital en Chine ont développé un programme numérique pour combler les lacunes des services traditionnels et encourager les changements de comportement chez les patients atteints de coronaropathie. Ce programme NeCR (Nurse-led eCardiac Rehabilitation) inclut :

    • Un site web éducatif et des ressources pour les patients
    • Un dispositif de télésurveillance pour suivre les signes vitaux et l’activité physique
    • Une salle de discussion en ligne pour favoriser le soutien entre patients.

    Les résultats de l’étude 

    L’étude, publiée dans Public Health Nursing, a impliqué 167 patients, dont 31 remplissaient les critères d’éligibilité. Finalement, 18 patients ont accepté de participer aux entretiens qualitatifs. La majorité des participants (77,8 %) étaient des hommes, âgés de 55,8 ans en moyenne.
    Les résultats clés sont les suivants :

    • 88,9 % des participants ont enregistré leurs données d’activité physique et leur régime alimentaire
    • Une augmentation moyenne de 3 078 pas par jour a été mesurée deux semaines après l’intervention
    • Seuls 22,2 % ont renseigné leurs scores de stress
    • Tous sauf deux ont rejoint le groupe de discussion sur WeChat.

    Des améliorations nécessaires au programme

    Bien que le programme ait comblé les lacunes des services traditionnels, des améliorations sont nécessaires :

    • Une simplification de l’interface du site
    • Une meilleure gestion des symptômes durant l’exercice
    • Un renforcement de la sécurité des espaces de soutien en ligne pour protéger les données personnelles.