Universite

  • Le Haut Conseil du DPC nomme Isabelle Monnier vice-présidente et précise sa stratégie 2018-2020

    Isabelle Monnier, responsable de la filière de formation des directeurs des soins de l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP), est nommée vice-présidente du Haut Conseil du Développement Professionnel Continu (DPC), une des instances de l’Agence nationale du DPC en charge de l’orientation du DPC. L’annonce date du 8 mars 2018 et l’arrêté ministériel annonçant sa nomination paraîtra dans les prochains jours.

    Dr Jean-Francois Thebaut est président du Haut Conseil depuis juillet 2016 mais l’instant n’avait pas encore de vice-présidente.

    La nomination d’Isabelle Monnier, infirmière de formation initiale, vient renforcer le positionnement du Haut Conseil du DPC en tant qu’instance de représentation de tous les professionnels de santé, tout mode d’exercice confondu.

    L’Agence nationale du DPC entame en lien avec le Haut Conseil une réflexion autour de cinq axes de développement du dispositif pour 2018-2020 :
    • enrichir les actions de DPC de l’expérience patient ;
    • favoriser les dynamiques interprofessionnelles ;
    • valoriser les stratégies d’apprentissage innovantes ;
    • accompagner l’innovation en santé ;
    • accompagner les transitions de carrière.

    L’objectif est de formaliser une offre de DPC progressivement plus à même d’améliorer la qualité et la sécurité des soins, de faire sens pour les professionnels et répondre aux enjeux des politiques de santé.

    Gros plan sur les axes 3 et 4 de développement en appui de la stratégie de santé

    Le Haut Conseil du DPC a formé des groupes de travail pour chacun des axes. Ceux-ci n’ont pas encore de calendrier spécifique pour remettre leurs rapports. Leur objectif commun est d’accompagner le métier des professionnels de santé (31 professions concernées) de demain.

    Valoriser les stratégies d’apprentissage innovantes

    Au sein de l’offre de DPC émergent des approches pédagogiques telles que la simulation, le Serious Game ou le principe de la classe inversée (apprendre la théorie avant de venir en formation afin que celle-ci soit focalisée sur la pratique). La réflexion engagée permettra d’identifier l’ensemble de ces méthodes et de déterminer comment les valoriser.

    Accompagner l’innovation en santé

    Le DPC doit permettre d’accompagner les impacts des innovations technologiques et organisationnelles sur les compétences et les pratiques des professionnels de santé. Dans ce cadre, il appartiendra à l’Agence d’accompagner ces évolutions par des actions ciblées.

  • Le numérique et l’IA parmi les partenariats officialisés entre la France et le Québec

    Le 7 mars 2018, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et Philippe Couillard, Premier ministre québécois, ont procédé à une cérémonie de signatures d’une série de partenariats entre les deux pays. 

    21 ententes ont été officialisées dans plusieurs secteurs-clés tels que le numérique, la recherche et l’intelligence artificielle.

    À l’occasion de sa visite officielle dans l’Hexagone, le Premier ministre québécois a présidé à la signature d’une série de partenariats institutionnels et commerciaux.

    Collaboration entre chercheurs

    Dans le domaine de la recherche, une déclaration d’intention commune a été conclue entre le Fonds de recherche du Québec et l’Inserm. Celle-ci permettra de réaliser des activités et des projets conjoints, notamment en matière de soutien à la recherche de pointe. Génome Québec a également formalisé deux collaborations, l’une avec GIP Genopole (afin de mettre en lien des chercheurs français et québécois autour d’un projet génomique) et l’autre avec le Centre d’énergie atomique. 

    Des start-ups québécoises à Station F

    Les grandes écoles sont également concernées par les partenariats : HEC Montréal a notamment signé un accord avec Station F. L’ambition de ce partenariat est d’accompagner des start-ups québécoises numériques à haut potentiel pour leur permettre d’intégrer l’incubateur Ubisoft à Station F. HEC Montréal accueillera aussi de son côté des jeunes pousses issues de cette pépinière.

    L’accompagnement des start-ups et les échanges entre incubateurs font d’ailleurs l’objet de plusieurs des partenariats signés lors de la cérémonie, par exemple entre HEC Montréal et Blue Factory (l’accélérateur de l’ESCP-Europe), l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale/HEC Montréal et Paris&Co, le Digihub de Shawanigan et Plaine Coworking, Le Camp et Creative Valley. 

  • Le Projet régional de santé de l’ARS IDF soumis à consultation des Franciliens

    Afin d’aboutir à un Projet régional de santé (PRS) qui réponde au plus près aux attentes des usagers, l’Agence régionale de santé Ile-de-France souhaite mettre à contribution les citoyens de son territoire dans l’élaboration de son plan pour la période 2018-2022.

    Depuis le 12 mars 2018, une page web sur le site de l’ARS est dédiée au recueil des propositions et observations liées au PRS, depuis laquelle tous les documents attachés au PRS sont consultables.

    Il s’articule autour de cinq axes, parmi lesquels le rôle du Francilien comme acteur de sa santé et l’accès égal et précoce à l’innovation, et repose sur trois documents dédiés au Projet régional de santé à moyen terme (2018-2022), à long terme (à horizon 2027) et à un public en particulier, à savoir aux plus démunis.

    Impliquer le citoyen

    L’ARS a publié sa proposition de PRS et tous les documents annexes le 9 mars 2018 sur son site en affirmant sa volonté d’aller au-delà de l’obligation légale de consultation de la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie, les Conseils départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie, le Préfet de région, les Collectivités territoriales de la région et le Conseil de surveillance de l’ARS Île-de-France.

    Cette décision s’inscrit dans sa volonté d’affirmer les citoyens franciliens comme acteurs de leur propre santé disposant de 3 mois pour partager et communiquer leurs souhaits et préoccupations.

    En amont, l’ARS s’est déjà rapprochée d’acteurs locaux afin d’identifier leurs priorités propres en matière de santé pour les intégrer dans la version actuelle du PRS. Il s’agit notamment des professionnels de santé sans implication institutionnelle préalable ou des habitants de quartiers défavorisés dans huit communes via la Fédération régionale des associations de médiation sociale et culturelle d’Île-de-France.

    « Améliorons la santé des Franciliens » : 5 axes et 3 documents

    Intitulé « Améliorons la santé des Franciliens », le PRS actuel reflète 5 axes prioritaires définis par l’ARS d’Ile-de-France :

    • améliorer l’organisation des parcours de santé sur les territoires ;        
    • améliorer la réponse aux besoins de la population ;
    • favoriser un accès égal et précoce à l’innovation et aux produits de la recherche ;
    • rendre chaque Francilien acteur de sa santé et de la politique sanitaire ;
    • mobiliser les politiques publiques au service de la santé.

    Il se décline en trois documents :

    • « Améliorons la santé des Franciliens – Horizon 2027 » constitue le Cadre d’orientation stratégique qui détermine les objectifs stratégiques et les résultats attendus à 10 ans ;
    • « Améliorons la santé des Franciliens – Plan d’action 2018-2022 »  est le schéma régional de santé fixant pour les 5 premières années les objectifs opérationnels et les prévisions d’évolution en fonction du Cadre d’orientation stratégique ;
    • « Améliorons la santé des Franciliens – Accompagnement des plus démunis », décrit le programme régional d’accès à la prévention et aux soins, décliné du Schéma régional de santé spécifiquement pour faciliter l’accès égal au système de santé.

  • Santé populationnelle : la FHF dresse des pistes pour renforcer les liens Ville – Hôpital

    Le rapport de la Fédération Hospitalière de France (FHF) sur le lien ville-hôpital rassemble 17 propositions pour déployer des projets médicaux en lien avec l’ensemble des acteurs de santé.

    Le 9 mars 2018, la FHF a présenté ce rapport issu d’une mission confiée au Dr Jean-Pierre Jardry, médecin généraliste libéral et administrateur de la FHF.

    Au cœur des propositions, des solutions innovantes comme la plateforme ZEPRA du Groupement de Coopération Sanitaire Rhône-Alpes (GCS SISRA), qui permet l’échange de messages et de documents de manière sécurisée, ou comme la plateforme web de lien Ville-Hôpital du CHIC de Créteil.

    À l’issue de la constitution des groupements hospitaliers de territoire (GHT), Frédéric Valletoux, président de la FHF, a confié au Dr Jean-Pierre Jardry la réalisation d’un rapport afin que l’hôpital s’engage dans une dynamique renforcée permettant aux partenaires de s’organiser ensemble pour travailler davantage à la mise en œuvre du parcours de soins. « L’ambition est de construire un parcours de santé simplifié, facilité et cohérent pour le patient, coordonné entre les professionnels de ville et l’hôpital public ».

    7 clés pour renforcer le lien ville-hôpital, 4 axes et 17 propositions

    Le rapport Jardry constitue une étape de la construction du lien ville-hôpital vers une responsabilité populationnelle, notion portée par la FHF dans sa plateforme politique publiée en 2017. La responsabilité populationnelle implique l’obligation de maintenir et d’améliorer la santé et le bien-être de la population d’un territoire donné. « Notre système de santé fait face aujourd’hui à des défis qui ne pourront être relevés que si l’hôpital et la ville travaillent en synergie au service d’une stratégie territoriale de santé », a déclaré Frédéric Valletoux.

    Sept mots-clés du renforcement du lien ville-hôpital

    • Liberté
    • Faire du patient le dénominateur commun
    • Dialoguer
    • Confiance et respect
    • Co-construire
    • Valoriser les actions communes
    • Coordonner

    Quatre axes et 17 propositions :

    Axe 1 : Faciliter les liens entre la ville et l’hôpital – Avoir une vision pragmatique

    Proposition 1 : Rendre obligatoire la communication des résultats médicaux aux médecins généralistes. Réciproquement, rendre obligatoire la transmission des éléments aux Centres hospitaliers avant une admission.

    Proposition 2 : Organiser un accueil des soins non programmés à l’hôpital.

    Proposition 3 : Simplifier les échanges avec l’hôpital pour les libéraux, notamment avec une personne identifiée comme leur interlocuteur institutionnel.

    Proposition 4 : Favoriser la recherche clinique sur les soins primaires.

    Proposition 5 : Adopter des protocoles communs entre professionnels hospitaliers et de ville.

    Axe 2 : Investir pour la ville

    Proposition 1 : Investir pour un système d’information commun.

    Proposition 2 : Mettre à profit le foncier hospitalier pour les maisons de santé pluridisciplinaire et les centres de santé.

    Proposition 3 : Investir collectivement dans la coordination par des contrats d’objectifs avec l’assurance maladie.

    Proposition 4 : Expérimenter un financement à la population soignée.

    Axe 3 : Territorialiser les enjeux de santé

    Proposition 1 : Favoriser l’exercice mixte entre ville et hôpital.

    Proposition 2 : Créer des parcours de formation médicale à l’échelle territoriale.

    Proposition 3 : Favoriser la place des acteurs de la ville dans le cadre des réflexions issues des GHT.

    Proposition 4 : Accompagner, en partenariat, les besoins de consultations avancées de spécialité sur les territoires en tension.

    Axe 4 : Organiser la gouvernance Ville-Hôpital

    Proposition 1 : Renforcer le lien entre acteurs locaux par la constitution de commissions territoriales de santé (élus, ville, CH, usagers, etc.).

    Proposition 2 : Favoriser les projets et accords communs médecine de Ville et Hôpital dans les pouvoirs publics.

    Proposition 3 : Favoriser l’élargissement de la gouvernance des GHT à la médecine de ville.

    Proposition 4 : Créer des espaces de concertation entre acteurs institutionnels nationaux et régionaux.

    À moyen terme, la FHF souhaite poursuivre le travail en incluant les professionnels de ville médicaux et non médicaux (pharmaciens, infirmier(e)s, kinésithérapeutes, etc.). Elle va également proposer à ses adhérents la « Charte du lien ville-hôpital », reprenant les 7 clés identifiées pour construire un espace de travail commun avec les professionnels de ville. 

    Retrouvez le rapport complet en cliquant sur ce lien.

  • MiMédI, un projet de la région BFC autour du bioréacteur de production de médicaments innovants

    Le projet MiMédI (Microtechniques pour les médicaments innovants), réunissant 10 acteurs de la région Bourgogne Franche-Comté autour de la mise au point d’un bioréacteur, a donné naissance à une production de médicaments innovants locale qui seront testés par le Centre Hospitalier Universitaire de Besançon, comme l’a annoncé ce dernier le 15 février 2018.

    L’association est née du désir de réponde à l’enjeu de l’industrialisation des médicaments innovants, véritable défi pour les acteurs des filières. Le projet mobilise une dotation de 13,6 millions d’euros en provenance des fonds FEDER et du fonds régional d’innovation Bourgogne Franche-Comté.

    Les ambitions nourries résident dans :
    • l’optimisation de la fabrication médicaments innovants par l’apport des microtechniques pour en réduire les coûts de fabrication ;
    • la contribution à l’émergence et à la diffusion des thérapies innovantes personnalisées au service de la médecine de demain.

    Une salle blanche miniature pour vaincre les barrières à l’entrée

    Cette mobilisation vise à vaincre le principal obstacle caractérisant la filière du biomédicament innovant, à savoir d’importantes barrières à l’entrée. C’est pourquoi 6 entreprises, 3 académiques et un organisme de transfert de technologie se sont fédérés pour se mettre au service d’un projet visant à permettre un accès plus rapide des patients aux nouveaux traitements personnalisés à un prix abordable pour les patients et supportable par les systèmes de santé.

    MiMédI a été monté dans le cadre du programme de spécialisation intelligente (RIS3) pour un coût total de 13,6 millions d’euros financé à hauteur de 75 % par les fonds FEDER et cofinancé en partie par la région.

    Acteurs mobilisés autour du processus de production industrialisée

    Cette mission de construction d’un bioréacteur pour une production de médicaments innovants qui soit maîtrisée et à grande échelle est menée par les sociétés ILSA, chef de file du projet, SMALTIS, AUREA Technology, Diaclone, BioExigence, MED’INN’ Pharma.

    Dans la catégorie acteurs académiques et société de transfert on compte l’Établissement Français du Sang Bourgogne Franche-Comté, l’institut FEMTO-ST (UMR 6174), l’UMR 1098 « Interactions Hôte-Greffon-Tumeur & Ingénierie Cellulaire et Génique », FEMTO Engineering et le CIC Inserm 1431 du CHU de Besançon.

    À terme, les partenaires espèrent :

    • développer de nouveaux process de production avec la mise au point d’un bio-réacteur intégrant différents modules spécifiques à chacune des étapes de production d’un biomédicament ;
    • produire des lots cliniques qualifiés en vue de leur évaluation dans les essais à conduire sur l’animal et l’homme.

    Le CHU de Besançon validera la sécurité et l’efficacité de la production

    À l’issue de la production et de la qualification des médicaments innovants, ces derniers seront évalués dans le cadre d’études cliniques au sein du Centre d’Investigation Clinique du CHU (CIC Inserm 1431) via son module « Biothérapies » qui se chargera notamment des phase I et II nécessaires à l’évaluation clinique de ces nouveaux médicaments.

    En prenant part à ce projet mêlant biothérapies et innovations technologiques, le CHU de Besançon revendique sa position de meneur dans la dynamique de l’écosystème régional.

  • L’ASIP fait le bilan provisoire de la convergence des SI des GHT et identifie les défis persistants

    Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) ont été introduits par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé. La loi prévoit la mutualisation des systèmes d’information des GHT. L’Agence des Systèmes d’information partagés de Santé a été missionnée en 2016 par la Direction générale de l’offre de soins pour accompagner les acteurs concernés par la convergence des systèmes d’information des GHT.

    Dans un document de travail publié le 27 février 2018, l’ASIP Santé rappelle que « la convergence SI des GHT doit permettre d’améliorer la prise en charge des patients, par un partage de l’information médicale entre établissements du GHT, offrir aux professionnels de santé des applications uniformes sur l’ensemble du GHT et mutualiser les moyens liés aux SI ».

    Ce document, destiné aux directeurs des systèmes d’information d’établissements de santé d’un groupement hospitalier de territoire (GHT), constitue un « point d’étape de la convergence SI des GHT ». Ce point d’étape offre une synthèse chiffrée des actions engagées à l’échelle des comités régionaux et un rappel des défis se présentant actuellement aux GHT.

    La mission de l’ASIP Santé consiste à organiser et animer des comités régionaux SI GHT permettant d’assurer le suivi de la convergence des systèmes d’information, en partenariat avec les Agences régionales de santé (ARS). Une seconde campagne de comités régionaux s’est tenue de septembre à décembre 2017.

    Cette campagne a permis de dresser un point d’étape, téléchargeable sur le site de l’ASIP Santé.

    L’ASIP Santé identifie quatre chantiers à mener pour la convergence SI des GHT

    • Définir une stratégie SI en équipe et la mettre en oeuvre ;
    • Mener les démarches en intégrant une réflexion sur l’urbanisation des SI de GHT, des SI régionaux et des SI nationaux ;
    • Construire un socle technologique et de sécurité convergent ; 
    • Construire un socle fonctionnel convergent. 

    Chantier 1 : Définir une stratégie SI en équipe et la mettre en oeuvre

    L’élaboration d’un schéma directeur du système d’information (SDSI) et l’alignement des acteurs concernés à travers un pilotage commun représentent, selon l’ASIP, « les premières étapes indispensables au projet de convergence du SI de GHT ».

    Synthèse chiffrée des projets existants : L’ASIP fournit plusieurs indicateurs chiffrés relatifs aux initiatives engagées par les GHT à ce jour pour définir une stratégie SI : 

    • 76% des GHT ont créé une instance opérationnelle pilotant la convergence SI ;
    • 40% des GHT ont nommé un DSI de GHT et 53% sont en cours de nomination ; 
    • des postes de chefs de projet SI GHT, chargés d’animer les équipes et de piloter les projets de convergence, ont été ouverts ;
    • La majorité des GHT constitue une DSI de GHT de manière incrémentale ; 
    • Une minorité de GHT fusionne actuellement leurs équipes dans une DSI commune ; 
    • Plusieurs GHT structurent une DSI commune centre de service, tournée vers l’usager.

    Défis persistants : l’ASIP Santé précise que le rapprochement des équipes au sein d’une DSI commune implique une réflexion sur le volet RH.

    Chantier 2 : Intégrer une réflexion sur l’urbanisation des SI

    L’ASIP rappelle qu’au delà du GHT, il est indispensable que « la mise en place du SI de GHT soit réalisée en cohérence avec son environnement régional ou national. L’objectif est de limiter les redondances et les surcouches applicatives ». Les GHT peuvent s’inspirer du guide de l’ASIP Santé « Intégrer le système d’information de son établissement dans l’espace e-santé » publié le 28 décembre 2017.

    Synthèse chiffrée des projets en cours : actuellement, certains GHT « envisagent de capitaliser sur des projets existants », explique l’ASIP. Parmi ces projets : le dossier médical partagé, le MS Santé, la mise en oeuvre de l’identifiant national de santé, les applications prévues dans le cadre des Services numériques d’appui à la coordination (SNACs). D’autres GHTs privilégient des « démarches communes pour favoriser l’urbanisation des SI », comme la sélection d’un même prestataire AMOA entre GHT d’une même région.

    Défis persistants : parmi les défis se présentant aujourd’hui aux GHT identifiés par l’ASIP : la nécessité d’ « acquérir une visibilité sur les stratégies nationales et régionales pour pouvoir se coordonner avec elles », et la mise en oeuvre éventuelle de « solutions transitoires » 

    Chantier 3 : Construire un socle technique et de sécurité convergente 

    La mise en place d’un socle technique commun permet d’assurer le recueil, le stockage, la distribution et l’échange de données utiles au fonctionnement des établissements de santé parties au GHT. L’élaboration d’une politique de sécurité du SI du GHT au cours des mois à venir s’avère également essentielle.

    Synthèse chiffrée des projets engagés  :

    • 74% des GHT ont aménagé l’interconnexion des réseaux ;
    • 57% des GHT tendent à externaliser l’hébergement des données de santé.

    Défis persistants : l’ASIP Santé rappelle que l’hébergement des données de santé constitue « un défi majeur ». Les GHT doivent satisfaire aux exigences de conformité (certification et agrément) en cas d’internalisation. Une estimation précise des moyens nécessaires à la mise en oeuvre de solutions externalisées doit également être réalisée. A l’ASIP de rappeler que les GHT doivent se conformer au nouveau cadre de régulation introduit par le RGPD et recruter leur RSSI pour assurer la sécurité des SI.

    Chantier 4 : Construire un socle fonctionnel convergent 

    La construction d’un socle fonctionnel convergent vise à « répondre aux besoins des professionnels de santé et des équipes » exprimés dans le cadre des ateliers menés autour du Projet Médical Partagé (PMP) et de la mise en oeuvre des fonctions mutualisées.

    Synthèse des démarches engagées par les GHT : Plusieurs GHT se sont équipés d’applications uniques, tel le DPI. En support de leur PMP, les GHT envisagent de mettre en place un dossier patient informatisé unique.

    Parmi les défis persistants identifiés par l’ASIP : Les GHT doivent avoir une vision plus précise des solutions technologiques proposées par les éditeurs de logiciels. Les applications doivent être capables de couvrir l’ensemble des activités MCO/PSY/EHPAD.

  • 85 % des utilisateurs de la prise de rendez-vous en ligne de l’AP-HP recommandent le service

    80 000 rendez-vous ont été pris en ligne depuis que le service a été inauguré dans les établissements de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) selon un communiqué de cette dernière en date du 20 février 2018.

    Dans le cadre d’une enquête de satisfaction, sur 25 000 usagers interrogés, 85% ont exprimé leur souhait de recommander le service utilisé et 58% des utilisateurs ont attribué au service la note maximale de 10/10.

    Une seconde enquête est programmée par l’AP-HP à l’automne 2018.

    Service satisfaisant du point de vue des utilisateurs

    Service fourni en partenariat avec Doctolib et disponible à ce jour dans 22 établissements sur les 39 qui composent l’AP-HP, il apparaît comme plébiscité par les 25 000 usagers ayant accepté de partager leur retour d’expérience.

    Les principaux résultats de l’enquête dévoilent :

    • 85% des utilisateurs désireux de recommandent le service attribuent une note d’au moins 8/10 ;
    • 1/3 des utilisateurs n’aurait pas choisi de consulter au sein de l’AP-HP sans l’existence du service.

    Parmi les traits du service les plus appréciés, on compte :

    • l’ergonomie de la plateforme de pris de rendez-vous ;
    • la facilité d’accès aux consultations ;
    • le récapitulatif des informations communiquées avant le rendez-vous ;
    • le rappel de rendez-vous par SMS ;
    • l’existence d’une liste d’attente permettant d’avoir un rendez-vous avancé en cas de désistement.

    Évolutions et suivi du service

    Une seconde enquête afin d’évaluer la satisfaction des usagers et l’impact des améliorations sera menée à l’automne 2018.

    Parmi les évolutions visant à améliorer la qualité du service, l’AP-HP cite la possibilité pour les patients d’indiquer le nom du médecin qui les a adressé à un praticien de l’AP-HP.

  • Usagers et professionnels, 2 axes de réfléxion du groupe de travail sur l’avenir du système de santé

    De la démarche personnelle engagée par le président du Syndicat des Managers Publics de Santé, Jérémie Sécher, en collaboration avec Philippe Denormandie, chirurgien orthopédique et directeur des relations santé de MNH GROUP, est née l’initiative du groupe de réflexion sur l’avenir du système de santé qui vise notamment à repenser la place et le rôle du service public à moyen et long terme. L’initiative a vu jour une semaine après l’annonce de la stratégie de transformation du système de santé par le Premier ministre Édouard Philippe, le 21 février 2018.

    Réfléchir à l’organisation du soin, des parcours, la place du patient, le rôle de l’hôpital et du CHU de demain, du réseau sanitaire au service du patient à l’échelle de l’établissement ainsi que du territoire, tels sont les objectifs du groupe. Les paradigmes de la réalité hospitalière ont subi des modifications fondamentales et le système de santé ne peut pas les ignorer. Pour les appréhender, le groupe entame une réflexion autour des notions du temps et du sens pour repenser le rôle de l’hôpital de demain.

    Le groupe de réflexion s’est engagé à formuler des recommendations opérationnelles pour début mai 2018 à destination notamment des pouvoirs publics.

    Le rapport de l’usager-patient avec l’établissement au cœur de la réflexion

    La motivation du groupe, dont les membres actuels sont listés ci-dessous, consiste à apporter une réponse collective et convergente aux défis que rencontrent les professionnels de santé hospitaliers et s’inscrit dans la discussion actuelle autour de la transformation du système de santé. Les membres du groupe sont différents acteurs de la santé issus du monde hospitalier et des représentants d’usagers.

    Le travail du groupe s’articule autour de 2 axes principaux avec en perspective l’élaboration d’un livrable rapide à destination du public et des autorités à horizon Hôpital expo 2018. Il inclura des propositions opérationnelles et très probablement des études d’appui.

    Les deux thématiques qui vont alimenter la réflexion des hospitaliers tournent autour de :

    • l’impact des nouvelles attentes des usagers, du nouveau rapport aux technologies de l’information, des télécommunications et de l’émergence des collectifs et des associations sur le système hospitalier à l’échelle des établissements, d’une part, et des territoires, d’autre part ;
    • la façon dont on peut redonner du temps et du sens aux professionnels de santé.

    Les membres placent au cœur de leur démarches les usagers, car toutes les réformes de l’organisation hospitalières n’ont de sens que si elles sont au service des usagers. L’usager et ses rapports à l’hôpital seront examinés à travers le prisme des paradigmes régissant la vie des établissements qui sont en train de se métamorphoser.

    Le professionnel n’est plus le détenteur de la connaissance

    Le constat est fait d’une rupture dans la démarche du patient envers sa santé, résultat notamment de l’accès du patient à une grande quantité d’informations en amont de la rencontre avec le professionnel de santé qui influe sur la relation soignant-soigné où le patient veut être acteur et constructeur de la décision clinique et qui doit être empreinte de croyance, au sens de la confiance en le médecin, en le système de soin.

    Ce changement a des conséquences à différents niveaux – le professionnel de santé n’est plus le détenteur de la connaissance, mais doit posséder de bonnes compétences pour construire une relation permettant un parcours clinique efficace et garant de résultats. L’implication du patient est nécessaire dans un processus de décision totalement nouveau qui a un impact sur le rapport avec le médecin, avec les professionnels et l’établissement de santé et aussi sur l’organisation des soins et les structures de santé de façon globale.

    La question se pose de savoir quel sens doit être donné aux organisations de santé pour répondre à ces nouvelles exigences du patient.

    Cette question du rapport au soin a un lien direct avec une deuxième notion structurante, celle du temps.

    La temporalité du soin et le temps administratif

    Les professionnels de santé n’ont pas le temps d’exercer leur métier.

    Le temps est la grande interrogation des professionnels de santé tous secteurs confondus. Qu’il s’agisse du temps matériel dont les professionnels disposent, que l’on organise, ou du temps immatériel qui est la sérénité du professionnels le plaçant dans de bonnes dispositions face à son patient pour une relation de qualité.

    Le Dr Denormandie évoque la pénétration du digital dans les soins et le temps que les soignants passent face à un écran et non pas face aux patients, notamment pour gérer les tâches administratives. Il souligne l’influence de cet aspect sur le rapport des médecins à leurs patients et les rapports entre les professionnels de santé eux-mêmes.

    Pour bien comprendre les rapports entre ces différentes catégories, le groupe de réflexion se propose d’établir un portrait sociologique des différents intervenants et de redéfinir le sens des missions et du relationnel à différents niveaux – hôpital-ville, entre différentes catégories professionnels, etc.

    Une réflexion plurielle face à une perte de sens généralisée et un cadre de soins profondément modifié

    Les différentes catégories de professionnels de santé sont unanimes et partagent la sensation de perte de sens dans la cadre de l’exercice de leur métier.

    Les professionnels de santé adoptent une démarche unie et pluri-professionnelle pour agir sur l’adaptation du modèle de soin en prenant en compte les problèmes au sein des établissements de santé et les nouvelles exigences posées par l’évolution de la société :

    • la gestion des maladies chroniques nécessitant des prises en charge innovantes ;
    • le besoin d’une réponse collective de plusieurs spécialités face à des pathologies nouvelles ;
    • l’individualisation des thérapies pour une réponse optimale par le patient ;
    • les modèles de formation professionnelle enfermés dans une approche de silos entre catégories professionnelles et loin d’un modèle de transmission de compétences transversales ;
    • la synchronisation du temps médical, administratif et de soin à l’hôpital et l’impact sur les équipes ;
    • la capacité à travailler ensemble et la création de conditions favorable à l’émergence de la cohésion d’équipe ;
    • la nécessité de réorganisation des parcours et des structures pour une réponse médicale adaptée et efficace face à des changements de paradigmes de soins majeurs ;
    • la modification de l’offre et de l’organisation de soin au sein de l’établissement et au sein des territoires ;
    • la prévalence des nouvelles technologies dans la société contemporaine ;
    • les attentes du patient vis-à-vis du médecin qui le suit ;
    • les risques psycho-sociaux chez les professionnels et la détection de situations anormales ;
    • la motivation professionnelle de jeunes praticiens et des perspectives d’évolution de carrière ;
    • l’usage comme partie prenante dans l’élaboration des stratégies d’établissements de santé.

    Selon les professionnels de santé, tous ces éléments ont besoin d’être interrogés et leur rôle dans la santé ainsi que leurs interactions et rapports qui les animent, redéfinis.

    Oui au numérique s’il peut être synonyme de gains de temps

    Le numérique, les systèmes d’information et les outils au service de la traçabilité introduisent trop de contraintes pour les professionnels de santé. Pour sortir de cette perception de charge numérique, il faut penser les outils numériques dans une logique d’usage afin qu’ils ne constituent pas une perte de temps, mais un moyen d’en gagner. Selon le Dr Denormandie, il faut sortir de la logique technologique et adopter celle de l’usage pour produire des outils adaptés.

    Par ailleurs, les directions d’établissement manque de visibilité sur l’utilité que peuvent présenter certains nouveaux outils et la façon dont ils pourraient être implémentés dans la finalité de faciliter le quotidien des professionnels. Le groupe envisage de se pencher sur la question et de guider les professionnels dans les usages qu’ils pourraient faire de nouveaux outils numériques.

    Les membres actuels du groupe de réflexion

    Les promoteurs du groupe de réflexion, qui n’a toujours pas de nom officiel, ont souligné leur volonté d’associer l’ensemble des acteurs et des professionnels de santé. C’est pourquoi la composition du groupe est appelée à évoluer en enrôlant de nouveaux membres.

    Actuellement, il se compose des membres suivants:

    • Jérémie SECHER, Directeur d’établissements, Président du Syndicat des Manageurs Publics de Santé (SMPS)
    • Dr Philippe DENORMANDIE, Chirurgien orthopédique, Conseiller Médical, Directeur Relations Santé MNH GROUP
    • Pr Laurent BERTOLETTI, Médecin Pneumologue, CHU de Saint Etienne
    • Dr Rachel BOCHER, Médecin Psychiatre, Présidente de l’Intersyndicat National des Praticiens Hospitaliers (INPH)
    • Guy COLLET, ancien Conseiller FHF et Directeur d’ARH
    • Philippe EL SAIR, Directeur Général du CHU de Brest
    • Dr Bruno FAGGIANELLI, Médecin urgentiste, Président de CME, Secrétaire Général, Association des Médecins Urgentistes de France (AMUF)
    • Dr Pierre FOUCAUD, Médecin, CH de Versailles, ARS Ile-De-France
    • Thierry GAMOND RIUS, Directeur d’établissements, Président de la Conférence Nationale des Directeurs de Centres Hospitaliers (CNDCH)
    • Marie HIANCE, Déléguée Nationale du Syndicat des Manageurs Publics de Santé (SMPS)
    • Laurent HOUDART, Avocat, Cabinet HOUDART
    • Dr Jean Patrick SALES, Chirurgien, Vice-Président Comité Économique des Produits de Santé
    • Thomas SANNIE, Représentant des usagers, Président de l’association française des hémophiles, Représentant des usagers au conseil d’administration de l’AP-HP
    • Dr Pierre SIMON, Médecin, ancien Président de la Société Française de Télémédecine
    • Guillaume WASMER, Directeur d’établissements, Administrateur de la Fédération Hospitalière de France (FHF).

  • Agence nationale de santé publique : la composition du conseil d’administration modifiée

    La composition du conseil d’administration de l’Agence nationale de santé publique (Santé publique France) est modifiée comme suit, par arrêté de la ministre des Solidarités et de la Santé, publié le 22 février 2018.

    Sont nommés membres du conseil d’administration de l’Agence nationale de santé publique :
    • en qualité de représentant de l’État : M. Jérôme Salomon, en tant que suppléant, représentant de la ministre des solidarités et de la santé, en remplacement de M. Benoît Vallet ;
    • en qualité de représentant des partenaires institutionnels de l’agence Mme Anne Bouygard, en tant que suppléante, représentant les agences régionales de santé, en remplacement de Mme Cécile Courrèges ;
    • en qualité de personnalité qualifiée choisie en raison de ses compétences dans les domaines relevant des missions de l’agence M. Roger Salamon, en remplacement de M. Jérôme Salomon.

  • Le NHS England envisage d’introduire le modèle américain des ACOs en Grande-Bretagne (Consultation)

    Le NHS England lance une seconde concertation publique à destination des professionnels de santé et des usagers du système de santé pour évaluer les modalités de transposition des Accountable Care Organizations (ACOs) au modèle britannique. Des voix se sont élevées en Grande-Bretagne contre ce mode d’organisation des soins.

    Introduits aux Etats-Unis pour Medicare par l’Affordable Care Act (2010), les ACOs sont des groupes de prestataires de soins (médecins, hôpitaux, etc.), qui se réunissent sur la base du volontariat pour dispenser des soins coordonnées de qualité à l’échelle d’un territoire et bénéficient de financements publics annuels.

    Les Accountable Care Organizations (ACO) aux Etats-Unis

    Le système de santé américain présente le niveau de dépense de santé le plus élevé au monde (17,2% du PIB en 2016 selon l’OCDE) et par habitant, pour des résultats de santé globalement inférieurs aux autres pays développés. Les ACOs ont été créées par le Patient Protection and Affordable Care Act (2010) pour Medicare pour tenter de contenir l’augmentation des dépenses de santé aux Etats-Unis.

    Le Center for Medicare and Medicaid Services (CMS) définit les ACOs comme des groupes de médecins, hôpitaux ou autres offreurs de soins, qui se réunissent volontairement pour délivrer des soins coordonnées de haute qualité à leurs patients Medicare. Les ACOs américains relèvent exclusivement du programme fédéral Medicare traditionnel (Part A & B) et s’adressent aux assurés pris en charge par des offreurs de soins payés à l’acte.

    Les participants de l’ACO, sélectionnés par le CMS à l’issue d’un appel à candidature annuel et signataires d’un contrat de trois ans, sont collectivement responsables (accountable) de l’intégralité de la prise en charge des patients qui leur sont assignés. Les prestataires de soins sont payés à l’acte par Medicare au cours des trois années. Le financement est indexé sur des indices de performance et de qualité. Les ACOs se démarquent des modèles d’organisation des soins antérieurs à plusieurs titres : 

    • une ACO est responsable de l’intégralité de la prise en charge de ses patients, que cette prise en charge soit assurée par un membre de l’ACO ou non;
    • 75% de l’instance dirigeante est constituée de professionnels de santé membres de l’ACO;
    • les modalités d’organisation internes sont laissées à l’appréciation de chaque ACO.

    Le CMS dénombre aujourd’hui 561 ACOs aux Etats-Unis, aux contours et formes variables. La France s’y intéresse de près, l’article 35 du Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 proposait d’offrir une base légale permettant d’expérimenter un dispositif d’ACO à la française. Un rapport administratif publié en novembre 2017 par le Ministère des Solidarités et de la Santé interrogeait les « modalités de transposition au système de santé français » des ACOs.

    La Grande-Bretagne envisage pour sa part de le transposer en droit britannique et de l’intégrer au système de soins national, non sans difficulté.

    Le NHS (re)lance une consultation sur la transposition des ACOs en Grande Bretagne

    Le National Health Service britannique s’est saisi de la question dès 2014, en faisant de l’intégration des offres de soins l’un des objectifs prioritaires de son programme Five Year Forward Review. Le gouvernement britannique juge que les ACOs constituent à ce jour l’un de vecteurs d’intégration des soins les plus pertinents.

    Chaque ACO signe un contrat pluriannuel définissant les objectifs qui lui sont assignés dans le respect du budget imparti. En août 2017, le NHS England a publié un projet de contrat permettant aux Clinical Commissioning Groups (agences rattachées au NHS en charge de la planification et de la délivrance des soins sur un territoire donné) de constituer des ACOs sur leur territoire respectif.

    Le gouvernement britannique a lancé une consultation publique de près de deux mois entre le 11 septembre et le 3 novembre 2017 pour amender la version initiale du projet de contrat établi par le NHS. Point de désaccord majeur : la clause qui prévoyait la dissolution du contrat qui relie un médecin généraliste au NHS s’il rejoint une structure ACO.

    Les membres de l’opposition parlementaire travailliste ont déploré l’insuffisance des débats autour des ACOs. Le 25 janvier 2018, le NHS a annoncé le lancement d’une seconde consultation de trois semaines aux termes de laquelle le contrat dans sa version amendée deviendra effectif. Deux procédures judiciaires ont été ouvertes contre l’initiative, illustrant les difficultés de transposition du modèle américain en Grande-Bretagne. Les réticences portent sur le contenu du projet de contrat et sur les modalités pratiques de consultation :

    • 999 Call for the NHS : les membres de cette campagne contestent la légalité du dispositif ACO. Le fait de substituer au mode de financement actuel fondé sur le paiement à l’acte, un budget annuel alloué à un ACO (comme le prévoit le projet de contrat) constitue à leur sens une violation de la législation en vigueur. 
    • JR4NHS : quatre requérants (médecins et/ou professeur de médecine) contestent la légalité de la procédure consultative engagée par le NHS entre septembre et novembre 2017.

    Les requérants seront auditionnés les 14 mars et 28 avril 2018. L’issue des auditions ne devraient pas compromettre la mise en oeuvre du contrat ACO, qui laisse présager d’évolutions profondes du système de santé britannique.