Universite

  • Les Contrepoints de la santé : réflexions autour de l’hôpital du futur et présentation d’un sondage

    A l’occasion des Contrepoints de la santé, conférence organisée à Paris le 27 mars 2018,  Frédéric Boiron, directeur général du Centre Hospitalier Régional Universitaire de Lille et Jean Sibilia, doyen de la fac de médecine de Strasbourg, président de la Conférence des doyens des facultés de médecine, ont discuté autour du thème de « L’hôpital du futur ».

    Les résultats d’un sondage BVA sur ce thème ont également été dévoilés. Celui-ci montre notamment que si le développement du numérique au sein des hôpitaux n’apparaît pas comme un vecteur majeur pour faire face aux difficultés que rencontrent les établissements, la digitalisation du parcours de soin est tout de même perçue comme une piste d’amélioration pour 33 % des personnes sondées.

    Encourager les projets RHU et IHU

    Les modérateurs ont voulu savoir si les nouvelles technologies vont, selon les deux intervenants, permettre de modifier la prise en charge des soins et leur organisation. Pour Jean Sibilia, c’est une évidence, en prenant en compte trois aspects :

    • l’aspect  cœur de métier du CHU de demain qui permet de développer des plateformes de très haut niveau pour produire des données pour le soin et la recherche. « Il ne suffit pas d’avoir du stockage mais de l’intelligence humaine et artificielle pour les traiter. Indiscutablement on est très en retard à l’hôpital. Les projets « Recherche Hospitalo-Universitaire en santé »(RHU) les projets Instituts HospitaloUniversitaires (IHU) sont à promouvoir » ;
    • la télémédecine et les objets connectés qui permettront à distance de ramener des données via le domicile des patients ;
    • le numérique pour l’apprentissage des médecins. « Ce n’est pas le futur, c’est aujourd’hui, notamment pour l’apprentissage à l’habilité chirurgicale.

    Frédéric Boiron estime que l’hôpital du futur passe par le développement via un réseau. « Il faut préserver la relation humaine certes mais il y a beaucoup de choses pour lesquelles on peut imaginer qu’à l’avenir, cela passera par un transport de l’information, d’analyse de l’information et de réponses adaptées » Il espère que les hôpitaux existeront toujours en 2050, mais qu’ils se présenteront sous une autre forme, avec une gradation entre les structures.

    Améliorer le système de santé… grâce au numérique pour prendre en charge le volet administratif

    L’enquête quantitative BVA a été réalisée par internet du 14 au 16 mars 2018 auprès de 1 006 Français âgés de 18 ans et plus.

    Elle montre d’abord un fort décrochage de l’opinion des Français sur la bonne action de l’hôpital en matière de santé : 71% d’entre eux pensent que la politique du gouvernement ne va pas dans le bon sens en matière de santé. En décembre 2017, ils n’étaient que 57 % à avoir cette opinion défavorable. 

    L’enquête a permis de déterminer ce qui, selon eux, permettrait d’améliorer le système de santé. Ils sont 49 % à penser que la solution serait une réduction des inégalités de santé, 35 % une meilleure organisation des professionnels entre eux et 27 % la réorganisation des hôpitaux pour mutualiser les plateaux techniques, avec des services numériques pour prendre en charge le volet administratif.

    Enfin, pour faire face aux difficultés de l’hôpital (déficit, malaise des personnel, expérience patients à améliorer, fermeture des services, etc.), ils préconisent « l’embauche de personnel soignant pour donner plus de temps aux soignants pour le soin aux patients » à 66 % et « le développement de maisons de santé et le renforcement de la médecine de ville pour prendre en charge les soins courants et désengorger les urgences.

    Si le développement du numérique au sein des hôpitaux n’apparaît pas comme un vecteur majeur pour faire face aux difficultés pour les personnes sondées, la digitalisation du parcours de soin est tout de même perçue comme une piste d’amélioration pour 33 % d’entre elles.

  • AI for humanity : les multiples usages de l’intelligence artificielle en santé en Israël-Ran Balicer

    Le 29 mars 2018, le sommet « AI for Humanity : l’intelligence artificielle au service de l’humain » réunissait au Collège de France plusieurs experts internationaux sur le thème de l’Intelligence artificielle. Ran Balicer, directeur de l’institut de recherche israélien Clalit, évoquait  les applications de l’intelligence artificielle en santé en Israël.

    D’après le professeur Ran Balicer, l’usage de l’intelligence artificielle et du big data en santé présente de nombreux avantages. Il permet d’adopter une approche proactive, d’individualiser les traitements, réduire la charge administrative des personnels hospitaliers, mettre en oeuvre une médecine de précision, réduire la marge d’erreurs médicales. R. Balicer illustre cela à l’aide d’exemples concrets inspirés de l’expérience hospitalière israélienne d’aujourd’hui.

    Médecin diplômé de l’Université de Tel Aviv et titulaire d’un doctorat en santé publique de l’Université Ben Gurion du Néguev, le professeur Ran D. Balicer dirige l’Institut de recherche Clalit et le département de Health Policy Planning au sein de Clalit, organisme de santé publique couvrant près de 50% de la population israélienne. Responsable de l’organisation et de la planification des soins, il est également chargé de veiller à la qualité des soins, réduire les disparités d’accès au système de santé israélien, et en améliorer l’efficience.

    En guise d’introduction à sa keynote, le professeur Ran Balicer rappelle qu’au sein des pays développés, 30% des soins dispensés sont inutiles, de nombreux décès sont imputables à des erreurs médicales (3e cause de mortalité évitable au sein des hôpitaux), et 45% des prises en charges nécessaires ne sont pas assurées. R. Balicer en appelle à l’utilisation des outils de l’intelligence artificielle pour remédier aux insuffisances organisationnelles du système de santé. Israël est particulièrement actif en la matière.

    Le développement de l’IA en santé permet de mieux détecter les symptômes et de faire un suivi prédictif du développement d’une maladie, d’exploiter les résultats d’analyse (imagerie médicale), de formuler de nouvelles hypothèses de diagnostic et des propositions thérapeutiques plus personnalisés.

    Des multiples usages de l’intelligence artificielle en santé en Israël

    Reconnaissance d’image : Utilisation de l’IA en radiologie

    Les outils d’IA sont aujourd’hui performants en matière de reconnaissance d’images. L’IA peut lire des radiologies médicales. Israël souffre d’une pénurie de radiologues et certaines informations peuvent leur échapper. La fiabilité des outils d’IA en matière de lecture de radiologies est quasi-totale. D’après le prof. Balicer, « les algorithmes ne se contentent pas de lire les images de radiologies, ils peuvent également détecter ce que les médecins ne peuvent identifier ». A titre d’exemple, le diagnostic de l’ostéoporose est déjà réalisé en Israël au moyen de l’IA. 

    L’IA induit un changement de paradigme : d’un système de santé « réactif » (curatif) à « proactif » (préventif) 

    « The real paradigm shift is in the move from a reactive system to proactive care. Imagine you could see someone, and know that something bad is going to happen to them and that you can do something about it ». Ran Balicer

    L’IA permet de prévenir l’apparition d’une maladie ou de l’appréhender très précocement. Israël a adopté une approche proactive en santé. Le Prof. Ran Balicer illustre cette inflexion des modes de prise en charge en prenant l’exemple de l’insuffisance rénale. Quels peuvent être les usages de l’IA en ce domaine ? L’IA, couplée au traitement de base de données massives, permet de détecter, plusieurs années avant l’apparition de la maladie, le risque de contracter une insuffisance rénale à long terme et de prendre les mesures adaptées pour en réduire la gravité ou en prévenir le développement. 

    L’organisation Clalit, qui prend en charge la moitié de la population israélienne (soit près de 5 millions d’individus), utilise l’intelligence artificielle pour identifier les risques d’apparition d’une insuffisance rénale. L’organisme analyse les données de santé mises à leur disposition, appelle les patients, les incite à se rendre à l’hôpital, les sensibilise aux enjeux de cette pathologie et les encourage à adopter des comportements alimentaires sains. Un suivi de long terme de cette population est également assuré. Ceci, précise Ran Balicer, a permis de réduire significativement le recours aux dialyses parmi la patientèle à risque.

    Les usages de l’IA dans le suivi des maladies chroniques : médecine de précision, individual modeling et traitements proportionnées aux besoins des patients

    Médecin de formation, le Professeur Balicer rappelle que tout traitement médical doit être proportionné aux besoins spécifiques des patients : « When you give intensive treatment, too much is bad, too little is dangerous. The optimum point in the middle is individual and not average, because each patient is unique. There is a way with AI to take this data and have results for the individual person and not the average ».

    Les algorithmes sont aujourd’hui en mesure de traiter des millions de données de patients archivées au fil des décennies et d’en déduire le meilleure traitement pour un patient qui présenterait aujourd’hui les mêmes caractéristiques. Ce traitement est déjà opérationnel dans les hôpitaux israéliens, qui ont fait de la médecine de précision une priorité à l’image de leurs homologues nord-américains.

    « If it were not for the great variability among individuals, medicine might as well be a science, not an art ». William Osler, cité par Ran Balicer.

    Les préférences des patients peuvent être intégrées aux algorithmes 

    « Algorithmes are just opinions embedded in codes. We can embed in the codes the patients’ opinion and we can ask then what outcomes they are interested (…). Having the physician and the patient define what is important for them had a dramatic impact on what was recommended for intensive or non intensive cares ».

    Il est désormais possible d’intégrer les préférences des patients aux algorithmes et de définir des traitements adaptés à leurs souhaits (soins intensifs, etc.).

    En oncologie, rappelle le Professeur Balicer, 1/3 des traitements prescrits échouent à la première tentative. « L’usage de données individuelles permet de réduire la marge d’erreur et de soulager le travail des personnels hospitaliers ».

    L’usage de l’IA en santé n’est pas sans risque

    Les risques liés à l’utilisation de l’IA en santé sont de trois ordres : 

    • Respect des règles de confidentialité : au marché noir, les données de santé sont mieux valorisées que les données bancaires, concède R. Balicer. Il faut ainsi promouvoir des technologies de santé respectueuses de la confidentialité des données mais qui permettent toutefois de réaliser de réelles avancées en santé. La cybersécurité sera prochainement amenée à jouer un rôle centrale pour sécuriser l’utilisation des données. Israël est particulièrement actif en ce domaine.
    • Déficit de confiance : la culture médicale doit embrasser les nouvelles technologies. Il est indispensable de familiariser les médecins avec l’IA et d’encourager leur utilisation pour neutraliser les doutes et méfiances éventuelles suscités par cette technologie. 
    • Risques liés au maintient du statu quo : il faut aller au delà du statu quo. Ran Balicer rappelle que la médecine actuelle est perfectible et que l’usage de l’IA permet de réduire la mortalité évitable : « It is not risk free to stay where we are, people die everyday ».

  • L’Ecole Polytechnique et Google France ouvrent une chaire en intelligence artificielle

    L’Ecole Polytechnique et Google France ont annoncé jeudi 29 mars 2018 le lancement de la chaire internationale d’enseignement et de recherche en intelligence artificielle Artificial Intelligence and Visual Computing, à partir de septembre 2018.

    L’objectif : renforcer l’écosystème d’excellence en IA, en attirant les talents internationaux et en formant les chercheurs et innovateurs de demain.

    Cette nouvelle chaire sera portée par Marie-Paule Cani, professeur à l’École polytechnique, et financée par Google France afin de soutenir la formation d’une nouvelle génération de talents en intelligence artificielle en matière de formation, de recherche et de rayonnement international.

    Des actions de formation

    En formation, le nouveau programme de niveau master Artificial Intelligence and Advanced Visual Computing de l’École polytechnique, proposé en association avec Inria, l’ENSTA ParisTech et Télécom ParisTech bénéficiera du soutien de la chaire dès l’accueil de sa première promotion en septembre 2018.

    La chaire – la 25e de l’X – participera au programme de bourses qui est développé afin d’offrir l’accès à ce programme à tous les candidats prometteurs. Google France proposera également des places aux étudiants de l’X dans le cadre de ses programmes de stages de recherche.

    Enfin, des actions de sensibilisation (séminaire IA : éthique et droit, tables rondes, ateliers) seront menées pour permettre aux étudiants de se projeter dans les métiers et la recherche en intelligence artificielle.

    En lien avec la recherche

    Les projets de recherche en intelligence artificielle de l’École polytechnique seront également soutenus par la chaire à travers le financement d’un poste de jeune enseignant-chercheur à très fort potentiel qui se confrontera à de nouveaux défis posés par l’IA : il s’agira notamment de trouver comment combiner au mieux la modélisation des connaissances et du raisonnement avec les méthodes d’apprentissage pour obtenir des garanties sur le résultat, et utiliser la génération de certaines données visuelles pour éviter les biais.

    Un programme d’invitation de professeurs de renommée mondiale sera également financé par la chaire afin de soutenir ces activités de recherche et d’enrichir les enseignements proposés dans le cadre du programme de formation Artificial Intelligence and Advanced Visual Computing.

    Enfin, le mécénat de Google France permettra l’organisation de séminaire par l’X et Google autour de thématiques de l’intelligence artificielle, aussi bien sur des sujets scientifiques et techniques qu’éthiques et sociétaux.

  • L’Observatoire européen propose des outils d’évaluation de l’efficience des systèmes de santé

    Spécialisé dans l’évaluation des systèmes de santé européens, l’Observatoire européen des systèmes et des politiques de santé publie en mars 2018 un document de travail sur les méthodes d’évaluation de l’efficience des systèmes de santé.

    L’observatoire européen des politiques de santé

    D’après l’Organisation mondiale de la Santé, « la mission de l’Observatoire européen des systèmes et des politiques de santé est de promouvoir l’élaboration de politiques de la santé fondées sur des bases factuelles par une analyse complète et rigoureuse de la dynamique des systèmes européens de soins de santé ». L’Observatoire résulte d’un partenariat entre les gouvernements autrichien, belge, finnois, irlandais, norvégien, slovène, suédois, suisse, britannique, la région de Vénétie, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM), l’Organisation mondiale de la Santé, la Commission européenne, la Banque mondiale, la London School of Economics and Political Science (LSE), la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM). Basé à Copenhague, l’Observatoire européen est composé de chercheurs, juristes, et concepteurs des politiques de santé.

    Un vivier d’informations sur la e-santé et l’efficience des systèmes de santé

    De nombreux travaux publiés sur le site internet de l’Observatoire traitent des réformes organisationnelles à l’oeuvre au sein des systèmes de santé européens (« Health Systems in Transition », série annuelle), le Big Data en santé (« Harnessing Big Data for health », 2017), la e-santé (« How can e-health improve care for people with multi-morbidity in Europe? », 2017). 

    Policy brief 27 : « How to make sense of health system efficiency comparison ? »

    L’Observatoire publie en mars 2018 un document de travail sur les comparaisons internationales en matière d’efficience des systèmes de santé. Rédigé par J. Cylus, I. Papanicolas et P. C Smith, ce policy brief élabore un cadre d’interprétation des outils d’évaluation de l’efficience en santé utilisés à l’échelle internationale. Les principaux enseignements de ce document de travail se résument ainsi :

    • D’après les auteurs, l’augmentation continue des dépenses de santé impose d’améliorer l’efficience des systèmes de santé (« The inexorable growth in health expenditure has led to a widespread demand for efficiency improvements ») ;
    • Les auteurs constatent qu’il n’existe aucune métrique ni indicateur capable de présenter de manière exhaustive l’efficience d’un système de santé (« There is no single metric or set of indicators that will give the complete picture ») ;
    • Pour élaborer des indicateurs de santé plus complexes et sophistiqués, il est nécessaire de relier les bases de données les unes aux autres (« More nuance indicators require more standardized and detailed cost accounting data and linked datasets and registries »).

    Le texte est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de l’Observatoire.

  • « L’IA et la robotisation : une révolution juridique ? » Premier workshop de l’ADIJ (27 mars 2018)

    L’Association pour le développement de l’Information Juridique (ADIJ) propose à compter du 27 mars 2018 une série d’ateliers sur le thème de l’intelligence artificielle, la robotisation et le droit. La séance inaugurale du 27 mars, intitulée « l’IA et la robotisation : une révolution juridique ? » a permis d’évoquer les implications juridiques de la diffusion de l’IA en France et à l’étranger.

    La place et le rôle de l’Europe, au regard de ses partenaires asiatiques et nord-américains en matière de production et de régulation de l’Intelligence artificielle, ont notamment été évoqués. Pour les intervenants, si l’Europe n’est pas en mesure de combler son « retard » par rapport aux GAFA, elle peut être pionnière en matière de régulation de l’intelligence artificielle et de la robotisation dans les domaines de la santé, de la cybersécurité, etc. 

    Les quatre intervenants ont traité successivement « le droit de l’intelligence artificielle : cadre général et réflexion sur la personnalité juridique de l’IA » (Julia Petrelluzi, doctorante en droit de l’IA, Paris Saclay), « le droit de la robotisation : enjeux dans l’Union européenne et éléments de cadrage sur les problématiques de responsabilité » (Mari Miliotis, Avocat au Barreau de Paris), « quelle géopolitique pour la fabrication du droit de l’IA ? Réflexions sur les enjeux internationaux » (Florent Parmentier, Responsable du Policy Lab et enseignement à l’IEP de Paris) et « L’intelligence artificielle : nouvelle source de droit ? » (David Gruson, ADIJ et Chaire Santé de Sciences Po, docteur en droit).

    L’ADIJ s’est saisie à plusieurs reprises des questions de santé. Le 14 novembre 2017, elle organisait une conférence sur le thème du « Corps, nouvel objet connecté? ». L’association prépare un atelier sur le thème de l’intelligence artificielle, de la robotisation et du droit de la santé, qui aura lieu le 2 mai 2018. Les travaux de l’ADIJ sont consultables en ligne sur le site internet de l’association.

  • Ethik IA propose « 5 clés pour une régulation positive du déploiement de l’IA et de la robotisation »

    L’Initiative Ethik-IA lance un appel à commentaires à la suite de la publication d’une note de cadrage autour de cinq clés de régulation positive du déploiement de l’IA et de la robotisation en santé.

    Ces propositions ont été remises le 26 mars 2018 à Cédric Villani et s’articulent autour de cinq axes : « information et consentement du patient », « garantie humaine de l’IA », « graduation de la régulation en fonction du niveau de sensibilité des données de santé », « accompagnement de l’adaptation des métiers »et « intervention d’une supervision externe indépendante ».

    Faire de la France et de l’UE des pionniers en matière de construction des cadres juridiques entourant l’IA et la robotisation en santé

    L’initiative Ethik IA présente un double objectif. Elle vise en premier lieu à « fédérer les acteurs de la recherche et du management dans le domaine de la régulation éthique, juridique et RH du déploiement de la robotisation et de l’Intelligence artificielle en santé », rappellent ses membres dans la note de cadrage du 26 mars 2018.

    Elle affiche également un objectif opérationnel à moyen terme : la France présente une certaine avance en matière d’élaboration des cadres juridiques et sociétaux en matière de protection des données ou de télémédecine. Ethik IA entend faire de la France et de l’Union européenne des acteurs de premier plan « dans l’élaboration d’un dispositif d’acclimatation de l’intelligence artificielle en santé conforme aux exigences d’une société démocratique avancée ».

    Ethik IA formule cinq propositions dont H&TI restitue ici le contenu et les objectifs.

    Clé 1 : Information et consentement du patient

    • Il convient d’informer préalablement le patient du recours à un dispositif d’IA ;
    • Des modalités d’information « particulières » doivent être aménagées pour garantir l’effectivité du recueil du consentement de patients vulnérables ;
    • Celles-ci peuvent inclure : le recours à une personne de confiance, à des dispositifs de recueil à priori pour un ensemble d’options de solutions prise en charge ou à des dispositions de protection renforcée pour les personnes vulnérables.

    Clé 2 : Garantie humaine de l’Intelligence artificielle

    • Ethik-IA propose d’instaurer des procédés de vérification régulière des options de prise en charge proposées par le dispositif d’IA ;
    • Elle préconise également d’aménager une capacité d’exercice d’un second regard médical humain à la demande d’un patient et/ou d’un professionnel de santé.

    Clé 3 : Graduation de la régulation en fonction du niveau de sensibilité des données de santé

    • Cette régulation doit être proportionnée au degrés de sensibilité des données de santé au regard des principes du droit bioéthique ;
    • Des normes de bonnes pratiques peuvent être élaborées.

    Clé 4 : Accompagnement de l’adaptation des métiers

    • La note de cadrage rappelle que « les effets du recours à un dispositif d’intelligence artificielle ou de robotisation sur les conditions d’exercice doivent (…) faire l’objet de modalités d’anticipation et d’accompagnement ».
    • A cet effet, Ethik-IA propose qu’une partie des gains générés par le recours à l’IA soient mobilisés pour le financement de cet accompagnement.
    • Ce dernier peut se traduire par la formation (initiale ou continue) des professionnels aux enjeux de l’IA et de la robotisation et par le soutien à l’émergence de nouveaux métiers dans le champ sanitaire et médico-social.

    Clé 5 : Intervention d’une supervision externe indépendante

    • Des études d’évaluation seront diligentées par une entité externe indépendantes pour évaluer les effets du déploiement de l’IA et de la robotisation en santé.
    • Elle sera également chargée de soutenir la recherche scientifique en la matière.

    Répondre à l’appel à commentaires

    Tout commentaire relatif aux propositions formulées par Ethik-IA ou à l’initiative peuvent être adressées à David Gruson, membre du Comité de direction de la Chaire santé de Sciences Po Paris (gruson.david@yahoo.fr) ou à Judith Mehl, présidente d’Ensemble Concernés (mehljudith@gmail.com).

  • Appel à candidatures du NHS England, « Clinical Entrepreneur Programme »

    Lancé en 2016 par le NHS England, le Clinical Entrepreneur Programme vise à soutenir les professionnels de santé souhaitant développer une solution innovante ou une entreprise spécialisée dans la conception de nouveaux produits.

    Les candidatures sont ouvertes du 5 mars au 31 mars 2018.

    Clinical Entrepreneur Training

    Conçu et proposé par le NHS England et Health Education England, le Clinical Entrepreneur Training Programme se propose d’aider les médecins et professionnels de santé à développer leurs projets entrepreneuriaux.

    Parmi les nombreux partenaires du programme, on compte le National Institute for Health Research, General Medical Council, Cabinet Office, UKTI/Healthcare UK, Innovate UK, AHSN networks, NHS providers, NICE, MoD, Public Health England, NHS improvement, NHS digital, etc.

    Candidats éligibles

    Les médecins généralistes et spécialistes, dentistes et chercheurs peuvent soumettre leur candidature jusqu’au 31 mars 2018. L’édition 2018 de l’appel à candidature se caractérise par son ouverture aux infirmiers, sages-femmes, pharmaciens, et autres professionnels de santé impliqués dans le développement d’innovations cliniques. Les entreprises dont l’activité et/ou l’offre de services se proposent d’améliorer les soins dispensés aux patients peuvent également soumettre leur candidature.

    D’après le NHS, près de 25% des médecins en voie de finalisation de leur formation initiale n’occupent pas immédiatement de poste clinique spécialisé à l’issue de leur formation et 5% des jeunes médecins renoncent temporairement ou définitivement à exercer la médecine pour mener à bien d’autres projets professionnels. Le NHS reconnaît qu’il est « difficile de suivre le rythme des transformations technologiques à l’œuvre au sein du système de santé ». Il s’avère nécessaire, dans ce contexte, de soutenir les projets des professionnels et de les intégrer au sein du système national de santé.

    Les candidats retenus bénéficieront du soutien du NHS de septembre 2018 à août 2019.

    • À la clé, des services d’accompagnement proposés

      • Dégager du temps aux professionnels de santé pour leur permettre de développer leurs projets entrepreneuriaux – de l’ordre de 3,6,12 mois ;
      • Mentoring et coaching – assuré par une équipe pluridisciplinaire composée de professionnels financiers, commerciaux, médicaux, académiques, etc. ;
      • Stages financés – au sein de l’industrie, du secteur des services, du secteur public, etc.  ;
      • Formation – formation universitaire proposée et formation pratique : cas pratiques se présentant aux entrepreneurs, comment bâtir une start-up, etc. ;
      • Conseils de financement – aide à la levée de fonds et recherche de financement ;
      • Evénements de Networking – évènements régionaux et nationaux.

    Les modalités de candidature et le contenu du programme sont décrits sur le site internet du NHS England.

  • L’hôpital digital, la télémédecine et les données au cœur de Paris Healthcare Week, 29-31/05, Paris

    Organisé par la Fédération Hospitalière de France, le Paris HealthCare week du 29 au 31 mai 2018, regroupe les salons HôpitalExpo, GeronthandicapExpo, HIT (Health-ITExpo) et le salon Infirmier avec environ 800 exposants.

    • HIT Expo est le salon dédié aux TIC, aux systèmes d’information et à la e-santé. Il regroupe, en 2018, 350 exposants (institutionnels, services, conseils, formations, éditeurs de logiciels, intégrateurs informatiques, fabricants IT, solutions e-santé, etc.) dans des villages thématiques, des start-ups, des parcours experts et des conférences ou tables rondes sur des sujets d’actualité. 
    Des agoras permettront des retours d’expérience portant, par exemple, sur l’Intelligence artificielle, l’Ehpad numérique, l’imagerie, la sécurité et les blockchains, les systèmes d’information et les GHT mais aussi sur les objets connectés, la télémédecine, etc.

    • HôpitalExpo regroupe des exposants représentant l’ensemble de l’écosystème hospitalier : institutionnels, services, conseils, formations, hôtellerie, logistique, équipements et matériels médicaux, aides techniques, bâtiments, plateaux techniques, architecture, hygiène… Des agoras et des débats y seront proposés ainsi que retours d’expérience entre professionnels pour parler des solutions pour répondre aux enjeux de l’hôpital : structuration des Groupements hospitaliers de territoire (GHT), construction des parcours et des filières de soins, développement de l’ambulatoire, essor de la télémédecine, maîtrise des problématiques de développement durable, etc.

    • GerontHandicapExpo regroupe des exposants représentant l’ensemble de l’écosystème médico-social. Des agoras et des débats seront organisés autour du management, de l’architecture, de la construction, de la transformation, de la prise en charge… Cinq espaces thématiques d’exposition : bâtiment et plateau technique ; hôtellerie et logistique ; équipement, matériel médical et aide technique ; service, conseil, formation et institutions ; IT, systèmes d’information et e-santé.

    • Salon Infirmier : des tables rondes, des conférences mais aussi de nombreux ateliers et démonstrations : simulation de situations de soins, ateliers pratiques de prise en charge des brûlures, soins à domicile pour l’exercice libéral, procédures au bloc opératoire etc. 

    Parmi les autres grands événements au cœur de ce grand rendez-vous francophone de l’écosystème de santé, le 38e séminaire annuel – Hospital 21 du groupe de travail Santé Publique de l’Union Internationale des Architectes (UIA), qui  réfléchira notamment  notamment le thème de l’hôpital digital tandis que Art of D.A.T.E abordera à la fois la question de l’évolution et performances des CHU français et le Big Data en santé, avec comme problématique clé : « Des hôpitaux peuvent s’avérer obsolètes le jour même de leur inauguration. Le temps nécessaire de la conception à la livraison des bâtiments est de plus en plus en décalage par rapport au rythme de l’innovation ».

    Pour obtenir un badge visiteur, suivre le lien ci-contre.

    Extrait du programme

    • Conférences libres, communes aux 4 salons

    Mardi 29 mai 2018

    11h15- 12h : Le virage numérique : quelles stratégies et quels services pour les patients et partenaires des établissements de santé ?

    13h15-14h E-santé : Etat des lieux et perspectives du point de vue de l’assureur

    Mercredi 30 mai 2018

    9h15-10h Cybermenaces : Votre système d’information est-il assez sécurisé ?

    10h15-11h SSO Enovacom : une solution d’authentification forte pour simplifier la vie de la DSI et de l’équipe soignante

    10h15-11h Malades chroniques : comment la télémédecine améliore la qualité de leur parcours de soin et de leur confort de vie

    11h15-12h De l’agrément à la certification, l’expérience du Mipih en hébergement de données de santé

    11h15-12h L’impact médico-économique de la télémédecine chez TokTokdoc

    13h15-14h Fluidification des parcours : préparer et sécuriser le retour à domicile via une plateforme digitale et un télésuivi infirmier (Maela et Santéos)

    14h15-15h Mise en place de Doctolib dans un CHU

    15h15-16h La mise en place du Télésuivi dans la prise en charge du patient atteint du syndrome d’apnées du sommeil (Philips)

    15h15-16h Les technologies de l’information et de la communication intégrées aux bâtiments au service des aidés et des aidants.

    16h15-17h Sécurisation des échanges de données patient entre professionnels de santé, expérience réussie en oncologie médicale (PandaLab)

    16h15-17h Comment le numérique participe à renforcer le lien humain entre les professionnels, les résidents et les familles, en établissement et à domicile ?

    Jeudi 31 mai 2018

    10h15-11h Innovation technologique & cas d’usages : depuis l’expérimentation jusqu’à la mise production de soins personnalisés (DELL)

    11h15-12h La santé connectée au service des patients : des appareils biomédicaux connectés à l’IoT, il n’y a qu’un pas (Enovacom)

    11h15-12h AI In Healthcare – How data science platform and AI will enable data scientists and clinicians to develop groundbreaking solutions for healthcare (Philips)

    11h15-12h Echange de données, identification, traçabilité : les standards en réponse aux enjeux des GHT (GS1 France)

    12h15-13h Valoriser les données hospitalières à l’aide de l’intelligence artificielle : enjeux, méthodes, cas concrets et retours d’expérience (Alicante)

    14h15-15h L’innovation en santé, une véritable réponse aux enjeux budgétaires ? (Ugap et DoctoLib)

    Conférences organisées par la FHF

    Mercredi 30 mai 2018

    14h – 17h – Piloter son territoire par les données de santé (Accès payant)

    • La gestion des données dans les systèmes de santé étrangers
    • Les enjeux du big data en santé
    • Les acteurs territoriaux devant la donnée : quelles innovations dans la gestion locale ?
    • Le traitement de la donnée de santé dans un territoire : l’expérience des ORS
    • L’éthique du traitement de la donnée
    • La donnée, un outil pour la médecine préventive
    • Big data et santé : quels usages futurs ?

    17h30 – 19h00 – Fonds FHF : l’innovation frugale : innover en faisant des économies ! (Accès gratuit)

    Découvrez cinq innovations qui améliorent l’efficience des établissements de santé tout en générant des économies :

    • Apitrak pour géolocaliser le matériel médical et optimiser son partage et son stockage.
    • Around Innovation sert à transformer le temps d’attente des usagers en le valorisant en temps administratif, de prévention et d’éducation thérapeutique.
    • Keldoc, permet de réduire le nombre de rendez-vous non-honorés.
    • SI-LAB, a pour objectif l’augmentaction de l’activité des laboratoires de biologie médicale.
    • Whoog, pour constituer l’équipe renfort d’un établissement et réduire l’impact de l’absentéisme.

    10 villages dont 3 d’intérêt pour les acteurs de la e-santé :

    •  Le Village & Showroom Catel : Solutions de télésanté, télémédecine, applications, plateformes web, objets connectés, 

    • Le Village start-up : Act&Care, Ambulines, Bipsoin, Cerebellis, Colnec Health, DirectoSanté, Dispo Matching, Galéon, Healthy Mind, Immersive Thérapy, InnovSanté, Mapui, Medelse, Medeo Health, Medgo, Medikstaff, Medipix, Medisanté, Mediveille, Mercidocteur, Mypl, Osimis, Pandalab, Santé Net, Tilak Healthcare, Waryme, Yello…

    • Le Village UGAP « Territoire de santé numérique ».

    Programme complet disp. via ce lien.

  • L’IGAS publie un cahier dédié à l’organisation et aux processus de travail dans un hôpital

    L’Inspection générale des Affaires sociales a publié le 21 mars 2018 un « Cahier d’aide à la construction du contrôle de l’organisation et des processus de travail dans une unité d’hospitalisation ». Etabli dans le cadre de la Mission Permanente Inspection Contrôle de l’IGAS et validé par l’Inspection en janvier 2018, le Cahier s’adresse à divers acteurs institutionnels, dont les Agences régionales de santé (pour exercer leurs missions de contrôle et de contractualisation) et les établissements de santé souhaitant disposer d’un outil d’auto-évaluation.

    Ce cahier s’inscrit dans l’accompagnement méthodologique des services d’inspection-contrôle des agences régionales de santé (ARS) par la Mission Permanente Inspection-Contrôle (MPIC) de l’IGAS. Il actualise le guide relatif au contrôle des établissements de santé.

    Conçu à la demande des ARS, le cahier concerne une unité de soins de médecine ou de chirurgie, en hospitalisation complète ou de jour. Il décrit les étapes de prise en charge d’un patient, et l’organisation des ressources et du système de management mis en place dans l’unité. Enfin, il aborde les processus liés à la prescription, la préparation et l’administration de produits pharmaceutiques.

    Le cahier est disponible au téléchargement sur le site de l’IGAS.

  • Les outils numériques du bon usage du médicament pour lutter contre l’iatrogénie médicamenteuse

    L’iatrogénie médicamenteuse est responsable chaque année de plus de 10 000 décès, plus de 130 000 hospitalisations et près de 1,3 million de journées d’hospitalisation, qui dans 45 à 70 % des cas seraient évitables – tels sont les constats du « Colloque Bon Usage » organisé par le Collectif bon usage du médicament, ce 22 mars 2018.

    C’était l’occasion d’exposer les résultats des 3 ans de travail écoulés, comme la création de l’application « HelloDoc Prévention », et à la fois de proposer de nouvelles pistes de réduction des conséquences liées à l’iatrogénie à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui a introduit le colloque.

    Le Collectif préconise, entre autres, le recours généralisé aux logiciels d’aide à la prescription, l’accélération du partage des données patients entre professionnels de santé grâce au DMP, et l’interopérabilité des messageries sécurisées entre professionnels de santé pour échanger en temps réel.

    Il propose également à horizon 2019, l’organisation d’un premier Congrès interdisciplinaire consacré au bon usage du médicament.

    Un Collectif pour le Bon Usage du Médicament

    Né en 2015, le Collectif Bon Usage du Médicament rassemble l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament : médecins, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, acteurs de la protection sociale et du service à la personne, industriels, éditeurs de bases de données et de logiciels d’aide à la prescription.

    Durant 3 ans, le Collectif a mis en œuvre un vaste programme d’actions auprès du grand public et des professionnels de santé, qui a contribué à un meilleur usage du médicament.

    Des indicateurs ont été suivis et montrent qu’une coopération décloisonnée peut apporter des améliorations et générer des économies pour l’Assurance maladie :

    • la consommation médicamenteuse des personnes âgées de plus de 65 ans a diminué ;
    • de nombreuses associations médicamenteuses à risque ont diminué (anti-inflammatoires, diurétiques, anti-arythmiques, digitaliques, anticoagulants oraux, neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs, etc.) ;
    • des économies significatives pour l’Assurance maladie ont été générées. Selon le Collectif,  l’essentiel des économies potentielles (chiffrables en centaines de millions d’euros) provient de la diminution du nombre d’hospitalisations. Par ailleurs, sur la base de la réduction du nombre de boîtes de médicaments consommées chez les personnes âgées de plus de 65 ans dans la population française, le Collectif avance les chiffres suivants :
      • entre le 2ème semestre 2014 et le 2ème semestre 2015 : 74 millions d’euros ont été économisés ;
      • entre le 1er semestre 2015 et le 1er semestre 2016, 185 millions d’euros ont été économisés.

    Actions menées par le Collectifs s’appuyant sur le numérique

    Reflexeiatrogenie.com

    Le collectif a procédé à la création d’un site à destination des professionnels de santé pour le sensibiliser au sujet. « Reflexeiatrogenie.com » a été lancé en 2015 et met à disposition de l’ensemble des professionnels de santé les nombreux outils spécifiques existants ou élaborés par le Collecti. f• Fin 2018, le site va s’élargir au grand public et ambitionne de devenir le site référentiel du bon usage du médicament.

    HelloDoc Prévention et Memo Vidal, 2 apps à destination des médecins

    Le Collectif a conclu un partenariat avec les éditeurs de bases de données et de logiciels d’aide à la prescription pour développer des applications capables de détecter les interactions entre les médicaments quelle que soit leur source de prescription. Ceci permet permet aujourd’hui à la plupart des médecins généralistes de pouvoir réellement piloter l’ensemble des traitements pris par leurs patients.

    HelloDoc Prévention tient compte des traitements du patient prescrits par un médecin et les intègre au processus de vérification du LAP (Logiciel d’Aide à la Prescription) lors de la prescription d’un nouveau produit. Memo Vidal, quant à elle,  propose 22 mémos gériatriques contextuels, sélectionnés par le Comité scientifique VIDAL Recos pour leur pertinence, activables et désactivables en un clic.

    Enfin, pour sensibiliser et former les pharmaciens, un module de e-learning a été réalisé et déployé dans les officines en partenariat avec l’UTIP Association (association de formation professionnelle continue pour les pharmaciens).

    Les préconisations du Collectif en vue de réduire les décès et les hospitalisations dus au mauvais usage du médicament reposant sur les outils numériques

    À l’issue des travaux menés pendant 3 ans, le Collectif a abouti à la rédaction de 10 préconisations, dont trois portant sur l’usage du numérique :

    •  Généraliser dans les logiciels d’aide à la prescription, la détection des interactions médicamenteuses quelle que soit la source de prescription :
      • la plupart des logiciels d’aide à la prescription n’alertent le médecin que sur les interactions détectées parmi les médicaments prescrits par lui seul, alors que de nombreux patients, notamment âgés, ont recours à plusieurs médecins (généralistes, spécialistes) susceptibles de prescrire des médicaments ;
      • tous les logiciels d’aide à la prescription doivent intégrer les données fournies par l’assurance maladie afin d’alerter sur les interactions médicamenteuses contre-indiquées détectées parmi tous les médicaments prescrits, quel que soit le prescripteur.
    • Accélérer, via le DMP, la mise à disposition des outils de partage des données patients entre professionnels de santé et œuvrer à leur bonne utilisation. Le DMP permettrait de limiter le risque iatrogénique grâce à la connaissance partagée entre professionnels de santé de la liste exhaustive des médicaments prescrits et des paramètres biologiques des patients nécessaires à l’adaptation de la prescription ;
    • Rendre interopérables les messageries sécurisées entre professionnels de santé afin de permettre une confidentielle en temps réel :
      • rendre interopérables les différentes messageries sécurisées existantes sur le territoire, entre elles et avec la MSsanté (messagerie historique des professionnels de santé proposée par l’ASIP et les Ordres professionnels) ;
      • permettre que l’annuaire national des professionnels de santé puisse être accessible sur toutes les messageries.