PSY

  • Cancer : Unicancer fait 10 propositions clés aux candidats à la présidentielle

    Unicancer, la Fédération des Centres de lutte contre le cancer (CLCC), a adressé aux candidats à l’élection présidentielle ses propositions afin de faire progresser la lutte contre le cancer en France au cours du prochain quinquennat. Unicancer appelle notamment à s’appuyer sur la e-santé pour rendre les patients acteurs de leur parcours de soins, et à tirer parti de la constitution de grandes bases de données de santé.

    Les propositions d’Unicancer s’organisent autour de cinq priorités :

    • Permettre un accès à des soins de qualité pour tous sans dépassement d’honoraires
    • Répondre aux nouvelles attentes des patients
    • Soutenir la recherche et l’innovation
    • Développer la e-santé
    • Accompagner l’évolution des métiers

    Les dix propositions clés d’Unicancer

    Unicancer a élaboré au total soixante propositions, parmi lesquelles dix sont prioritaires :

    • Mieux financer l’innovation aussi bien médicale, qu’organisationnelle.
    • Profiter des opportunités créées par la e-santé pour rendre les patients acteurs de leurs parcours de soins.
    • Garantir la pérennité des Sites de recherche intégrés sur le Cancer (SIRIC).
    • Répondre à l’enjeu représenté par la constitution de grandes bases de données de santé (big data).
    • Contractualiser un financement structurel des centres experts et de recours afin qu’ils puissent développer une recherche clinique académique.
    • Garantir une prise en charge pour des malades atteints d’un cancer sans aucun dépassement d’honoraires dans tous les établissements de santé ayant une activité de cancérologie.
    • Lancer un nouveau Plan cancer au cours de la prochaine mandature présidentielle.
    • Maintenir la reconnaissance par l’État de la spécificité des CLCC.
    • Donner aux établissements de référence en cancérologie les moyens de coordonner le parcours de soins des malades de moins en moins hospitalisés.
    • Accompagner l’émergence de nouveaux métiers en cancérologie en s’appuyant sur le développement des pratiques avancées.

    Ces propositions ont été élaborées à l’issue d’une concertation impliquant patients, professionnels des CLCC et experts. Elles intègrent les principales tendances évolutives de la cancérologie identifiées par les 3 études prospectives réalisées par Unicancer en 2013, 2015 et 2016, qui visaient à analyser les principales évolutions pour les dix prochaines années dans les soins (l’augmentation de la chirurgie ambulatoire ou le développement de l’immunothérapie, ainsi que les tendances sociétales et organisationnelles telles que le renforcement du rôle du patient et la progression de la e-santé).

  • Le développement de l’ambulatoire en cancérologie : un enjeu pour les patients et les établissements

    Dans l’étude « Quelle prise en charge des cancers en 2020 ? » réalisée en 2013, Unicancer identifie six évolutions structurantes dans la prise en charge de la cancérologie d’ici 2020. Deux d’entre elles illustrent le déplacement de la prise en charge des patients hors des murs de l’hôpital. Il s’agit de la chirurgie ambulatoire et de la chimiothérapie à domicile.

    Vers la chirurgie ambulatoire

    La chirurgie ambulatoire est fortement encouragée par les pouvoirs publics. C’est désormais un enjeu majeur tant pour les établissements de santé que pour les patients. Elle suppose une organisation logistique en interne et une bonne articulation avec l’amont et l’aval.

    Avec une activité débutée en 1995, l’Institut Cancérologique de l’Ouest (ICO) Jean Bernard fait figure de pionnier avec un taux qui a dépassé les 57% dans la chirurgie du sein au premier semestre 2016. 22% des mastectomies ont été réalisées en ambulatoire en 2015, alors que cette activité n’a démarré qu’en 2013.

    …et la chimiothérapie à domicile

    Le développement des chimiothérapies orales et des thérapies ciblées, dont une partie pourra être administrée par voie orale, figure également parmi les évolutions repérées par Unicancer. En 2020, les patients continueront à être traités par chimiothérapie sous forme intraveineuse, mais certains d’entre eux recevront en plus des lignes de traitements oraux, notamment ceux présentant des maladies métastatiques. D’ici à 2020, la proportion de traitements médicamenteux par voie orale pourrait passer des 25 % actuels à 50 %, et les chimiothérapies intraveineuses diminuer de 25 %, selon Unicancer.

    Ces tendances se traduisent par une augmentation des prises en charge à domicile et de fréquents allers-retours ville-hôpital. Une bonne coordination entre les équipes hospitalières, les professionnels de premier recours et le patient lui-même apparaît plus que jamais indispensable. De leur côté,les patients mieux informés se veulent de vrais acteurs de leur maladie en s’impliquant dans sa prise en charge. Dans les deux cas, l’avenir passe par le recours aux technologies du numérique.

  • Cancérologie : des outils numériques encore émergents

    Le dynamisme médical de la cancérologie contraste avec la faiblesse des outils numériques, plutôt émergents : le recours au numérique apparaît plutôt limité en dehors de quelques initiatives intéressantes comme notamment le didacticiel de l’Institut de cancérologie de l’Ouest Centre Jean Bernard et l’application Santinel de l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse – Oncopole.

    A l’Institut de cancérologie de l’Ouest Centre Jean Bernard, un didacticiel expliquant aux patientes opérées d’un cancer du sein les traitements et les conduites à tenir, remis autrefois sous la forme d’un DVD interactif, est accessible sur le site web de l’institut depuis janvier 2016. Les chirurgiens espèrent disposer prochainement d’un suivi post-opératoire par smartphone ou tablette. Le projet, aujourd’hui prêt, est en attente d’un financement.  

    L’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse – Oncopole, après les dispositifs de suivi téléphonique (AMA, COACH), vient de créer l’application Santinel, une plateforme de télésurveillance en algologie.

    Du côté des établissements privés, le centre Hospitalier Privé de l’Europe (Le Port-Marly) a développé en partenariat avec le laboratoire Roche un « serious game » dédié aux patients atteints de cancer et traités par chimiothérapie ou thérapie ciblée orale. Ce jeu interfacé avec la plateforme de coordination VivaltoLife permet une interaction en temps réel et continue entre le patient à domicile et ses professionnels de Santé, une initiative qui a été primée aux trophées de la FHP 2016 dans la catégorie « Innovation et santé connectées » en décembre 2016.

    Un essai randomisé (étude CAPRI) qui a débuté à l’Institut Gustave Roussy (Villejuif) en septembre 2016 sur mille patients recevant un traitement par voie orale devrait apporter des informations supplémentaires sur les avantages d’un suivi numérique par rapport à une surveillance traditionnelle. Cette étude va, en effet, comparer 500 patients suivis de manière habituelle à 500 patients suivis par une infirmière de coordination à l’aide d’une plateforme web ad hoc.

    Quant aux traitements administrés à domicile, ils posent des problèmes spécifiques.
    La toxicité cumulative de certains de ces traitements pris à vie, l’observance des patients sont de vrais sujets de préoccupation. Ici aussi, seule la technologie numérique peut permettre une surveillance régulière et l’éducation thérapeutique du patient à distance sans l’obliger à venir régulièrement en consultation.
    Il faut pourtant constater l’absence d’outils numériques permettant d’évaluer l’observance des patients, tel que le pilulier connecté qui a été testé dans le cadre d’une étude clinique au centre de lutte contre le cancer Jean Perrin de Clermont-Ferrand.
    L’utilisation de ce type d’outil, en routine chez nos voisins suisses, se heurte en France à des problèmes de prise en charge et de remboursement.

  • Les freins au développement du numérique en cancérologie

    Le marché de l’e-santé n’est pas encore mature et pâtit de l’absence d’un modèle économique permettant aux industriels d’avoir la garantie d’un retour sur investissement. Les outils se développent sans labellisation, ni prise en charge par les payeurs.

    Seule une reconnaissance officielle par les autorités de santé et une prise en charge par les payeurs permettront une prescription par les professionnels de santé, condition indispensable à leur déploiement en routine. L’absence d’un financement pérenne explique le fait que nombre de projets aient du mal à franchir le cap de l’expérimentation.

    Dans ce contexte, les industriels regardent les marchés étrangers. C’est le cas de Domicalis, qui a signé un accord avec Agfa Healthcare pour déployer sa plateforme numérique sur les marchés beaucoup plus porteurs à l’étranger. Les industriels s’y sentent, par ailleurs, moins bridés par une  réglementation plus souple en matière d’accès et d’utilisation des données de santé. 

  • Les chiffres-clefs de la cancérologie

    En 2015

    • 385 000 nouveaux cas estimés en France.
    • 149 500 décès estimés.
    • Âge médian au décès en France métropolitaine : 73 ans chez l’homme et 77 ans chez la femme.
    • 48 000 patients inclus dans les essais cliniques en cancérologie.
    • 928 établissements de santé autorisés à prendre en charge des patients atteints de cancers.

    Par ailleurs, en 2020, 50% des patients atteints d’un cancer seront pris en charge en chimiothérapie orale (source : Nations Unies).

    Perspective 2025

    • 75% de chirurgie ambulatoire dans le cancer du sein.
    • 50% des traitements médicamenteux administrées par voie orale.
    • 25% de diminution des chimiothérapies intraveineuses.

  • Présidentielle : la FHF présente une plateforme de propositions autour de 12 orientations politiques

    Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, et David Gruson, délégué général, ont présenté le 3 février 2017 la plateforme de propositions de la FHF pour 2017-2022, autour de 12 orientations politiques visant à déverrouiller le système de santé et de 50 mesures à prendre pour ce faire.

    Partant du constat que les hôpitaux sont « proches du burn-out », la FHF souhaite « donner de l’oxygène à l’hôpital » et « garantir l’accès aux soins efficaces », en donnant des « marges d’autonomie et de confiance » aux professionnels sur les territoires.

    1. Réaffirmer la primauté des missions de service public

    La FHF souhaite que soit réinstaurée l’obligation pour tous les acteurs financés sur des fonds publics de participer aux missions de service public, notamment en matière de permanence des soins.

    2. Organiser les soins sur le principe de la responsabilité populationnelle

    La FHF prône une nouvelle organisation du système de santé basée sur la réponse aux besoins de la population sur un territoire donné. Cette responsabilité, territoriale, qui recouvre à la fois l’amélioration de l’expérience individuelle des patients et l’amélioration de la santé de la population d’un territoire dans son ensemble, doit également permettre des gains d’efficience.

    3. Enclencher un « temps 2 » des GHT

    La FHF souhaite que la médecine de ville soit systématiquement associée aux GHT, sans réglementation pour ne pas figer les choses. Frédéric Valletoux estime que « les GHT seront un échec si l’offre hospitalière reste dans un entre-soi sans ouverture aux autres ».

    La FHF propose également que les établissements qui le souhaitent puissent s’engager sur un « chemin d’intégration territorial », appuyé sur une stratégie définie au niveau territorial, et pouvant, ou non, aboutir à une fusion.

    4. Prendre soin des professionnels de santé

    La FHF émet des propositions pour développer la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, mieux prévenir les risques professionnels, simplifier les évolutions de carrière, etc.

    5. Améliorer l’attractivité médicale des établissements

    Il s’agit à la fois d’agir sur la qualité de vie au travail des médecins hospitaliers, mais aussi d’apporter des réponses spécifiques pour les disciplines les plus en crise, par exemple en plafonnant les différences de rémunération avec le secteur privé ou en mettant en place un opérateur parapublic pour moraliser le marché de l’intérim.

    6. Donner plus d’autonomie aux établissements dans leur action

    La FHF propose en particulier la création d’un « dispositif d’autonomie avancée » permettant aux établissements, à l’échelle du GHT, d’avoir plus de souplesse, en sortant du code des marchés publics et du cadre de recrutement et de rémunération de la fonction publique hospitalière.

    7. Adapter les ordonnances Debré pour consolider les CHU

    La FHF préconise une régionalisation du périmètre des circonscriptions d’internat et une coordination des stratégies des CHU au niveau des grandes régions. Elle souhaite également la création d’un fonds de soutien aux projets de développement des établissements de santé à l’export.

    8. Définir des modalités de financement rénovées

    La FHF propose une adaptation de la T2A pour y inclure un volet incitatif à l’engagement dans la territorialité, ainsi qu’une réflexion sur la définition d’objectifs régionaux de dépenses d’Assurance maladie.

    9. Renforcer la place des indicateurs de résultats dans l’évaluation

    La FHF appelle notamment à ce que la qualité et la pertinence soient intégrées dans les modèles de rémunération et à ce que les indicateurs de résultats soient privilégiés dans l’évaluation.

    10. Accompagner et promouvoir le secteur médico-social public

    La FHF propose, entre autres, la mise en place du 5e risque, et un déverrouillage des trois secteurs tarifaires dans les Ehpad.

    11. Renforcer la e-santé dans les territoires de santé

    La FHF préconise la création d’instances régionales de pilotage de la e-santé pour définir une feuille de route commune, dont la maîtrise d’ouvrage sera confiée aux GHT.

    12. Approfondir la démocratie sanitaire

    La FHF souhaite notamment améliorer les conditions de participation des usagers dans les établissements de santé.

  • Le numérique et la cancérologie « hors les murs »

    La prise en charge en cancérologie a évolué de manière considérable ces dernières années. Un véritable changement de paradigme. Le malade passe de moins en moins de temps à l’hôpital avec le développement de la chirurgie ambulatoire ou de nouvelles techniques de radiothérapie. Des thérapies ciblées et des chimiothérapies sont de plus en plus souvent administrées par voie orale à domicile.

    Le parcours de soins longtemps centré sur l’hôpital se déroule désormais principalement en dehors. Des évolutions qui manquent aujourd’hui d’un réel accompagnement numérique.

  • Dossier : le numérique et la cancérologie « hors les murs »

    La prise en charge en cancérologie a évolué de manière considérable ces dernières années, avec le développement de la chirurgie ambulatoire ou de nouvelles techniques de radiothérapie. Le parcours de soins longtemps centré sur l’hôpital se déroule désormais principalement en dehors, mais ces évolutions manquent aujourd’hui d’un réel accompagnement numérique.

  • ARS Ile-de-France : le projet régional de santé 2018-2022 structuré autour cinq axes stratégiques

    Christophe Devys, directeur général de l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France, a présenté les cinq grands axes du projet régional de santé (PRS) francilien 2018-2022 lors de ses vœux aux partenaires le 31 janvier 2017.

    L’ARS Ile-de-France prévoit de finaliser d’ici à l’été 2017 son PRS, après une période de consultation de trois mois minimum. Il se composera d’un cadre d’orientations stratégiques et d’un schéma régional de santé unique à 5 ans.

    Cinq axes pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé

    Christophe Devys a indiqué que les cinq axes du PRS 2018-2022 s’inscriraient dans un objectif de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé en Ile-de-France.

    Des parcours structurés à partir du domicile

    Constatant que les parcours des usages et des patients continuent souvent à s’apparenter à des « labyrinthes », l’ARS Ile-de-France souhaite promouvoir une approche des parcours autour du domicile de l’usager et de ses choix. Cela passera notamment par une optimisation de la visibilité et de la lisibilité des leviers d’amélioration des parcours, et par un renforcement de l’animation territoriale.

    Une réponse plus pertinente et plus efficiente aux besoins de la population

    Le deuxième axe du PRS s’articulera autour de l’amélioration qualitative de la réponse aux besoins des Franciliens : amplification du virage ambulatoire, priorisation des moyens sur les populations et les territoires les plus fragiles, soutien aux dispositifs permettant le maintien à domicile, et politique de ressources humaines en santé.

    L’innovation comme axe de transformation du système de santé francilien

    Christophe Devys a indiqué que l’innovation constituerait un axe du PRS sous toutes ses dimensions : organisationnelle, diagnostique, thérapeutique et technologique. Soulignant les atouts que constituent les nombreux centres de recherche en santé et le tissu industriel dense de la région, il a évoqué le rôle majeur que peut jouer l’ARS dans le développement et la diffusion des innovations sur les territoires.

    L’empowerment du patient pour améliorer le système de santé

    Le quatrième axe du PRS francilien aura pour objectif de rendre le patient acteur de sa santé : réduction des inégalités d’accès à l’information pertinente, via les outils numériques et des relais d’information locaux, amélioration des actions de promotion et d’éducation à la santé, et renforcement de la participation des Franciliens à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques de santé, notamment par de nouvelles modalités de participation citoyenne.

    Une action coordonnée sur l’ensemble des déterminants de santé

    Le cinquième et dernier axe du PRS vise à favoriser la prise en compte systématique des enjeux sanitaires dans les politiques publiques ayant un impact en santé (urbanisme, éducation, etc.) pour améliorer l’état de santé des Franciliens et réduire les inégalités de santé.

    Christophe Devys a indiqué souhaiter une concertation large, notamment via les conseils territoriaux de santé.

    Bilan 2016 : PTA, TSN, GHT et gestion des crises

    Christophe Devys est également revenu sur l’année 2016. Pour l’ARS Ile-de-France, elle s’est notamment caractérisée par la mise en place de deux plateformes territoriales d’appui, dans l’ouest du Val de Marne et dans le nord des Yvelines, et par la constitution de 15 GHT. En ce qui concerne les PTA, il a rappelé l’enjeu de « la convergence des différents dispositifs territoriaux d’appui » dans les années à venir.

    Soulignant le fait que l’ARS Ile-de-France « peut être en pointe sur l’innovation en santé », il a pris pour exemple l’expérimentation TSN TERRe-SANTE et la mise en place du Lab Santé.

    En matière de prévention, Christophe Devys est revenu sur l’ouverture de la première salle de consommation de drogues à moindre risque et sur l’amélioration du dispositif de dépistage du VIH.

    Enfin, il a évoqué la mobilisation de l’ARS dans la gestion de crise, qu’il s’agisse des crues de mai-juin 2016 ou des risques d’attentat.

  • 15 % des médecins font un usage professionnel des objets connectés (étude MACSF-Withings)

    15 % : tel est le pourcentage de médecins qui font un usage professionnel d’objets connectés, selon l’étude publiée par la MACSF et Withings le 1er février 2017 .

    Réalisée auprès de 1037 professionnels de santé adhérents de la MACSF, cette étude montre qu’un grand nombre de médecins utilisent les objets connectés et applications mobiles, mais que la responsabilité du professionnel de santé, la protection des données et l’avenir de la relation médecin-patient en ralentissent l’usage.

    Une utilisation personnelle importante, peu de recommandations auprès des patients

    Un quart des professionnels de santé utilisent pour leur propre compte des objets connectés tels que des traqueurs d’activités, et 15% déclarent en faire un usage professionnel pour le diagnostic, le suivi à distance des patients ainsi que la prévention primaire et secondaire.

    Concernant les applications de santé, ils sont près des deux tiers à les utiliser, pour des renseignements encyclopédiques et de l’aide au diagnostic majoritairement.

    Ils restent néanmoins très peu prescripteurs de ces solutions: 63% d’entre eux ne les conseillent jamais et seulement un sur dix les recommandent. Parmi elles, ils conseillent majoritairement le glucomètre (51%), le tensiomètre (39%) et le traqueur d’activité (36%). Dans le cadre des maladies chroniques, les médecins conseillent les applications mobiles surtout pour informer le patient, lui faire changer ses attitudes et pour le suivi à distance.

    De façon générale, les professionnels de santé sont convaincus de l’utilité des objets connectés et des applications. Quatre médecins sur dix pensent ainsi que les objets connectés vont réduire le nombre d’hospitalisation, et 80% d’entre eux pensent qu’ils augmentent l’implication du patient. Ils sont majoritairement convaincus que les objets connectés présentent des intérêts pour améliorer la prévention, identifier de nouveaux risques et calculer l’impact d’une politique publique de santé. 

    Des freins perçus à l’utilisation des objets connectés et applis

    Les auteurs de l’étude constatent un décalage générationnel dans les usages : 72% des médecins de 30 ans utilisent des applications dans leurs pratiques professionnelles contre 61% pour l’ensemble des professionnelles de santé. Un médecin sur quatre de plus de 50 ans pense que les objets connectés dégradent la relation avec le patient contre un sur six pour la population globale.

    L’environnement du professionnel de santé a également un impact: un tiers des médecins en établissement de santé ont un point de vue positif sur les objets connectés alors qu’ils sont deux fois moins en cabinet.

    Le manque de confiance est le premier frein à l’utilisation des objets connectés. Ils sont 40% à penser que le secret médical est menacé. Ensuite vient le problème de la responsabilité. Les professionnels de santé pensent majoritairement que la responsabilité de divulgation de données doit peser sur l’hébergeur et 36% pensent qu’elle doit peser sur le fournisseur de l’objet. Ils ne sont qu’un tiers à penser qu’ils engagent leur responsabilité lorsqu’ils utilisent des objets connectés ou des applications.