Prevention

  • Fondation Saint-Pierre : appel à projets « Grand prix de l’innovation pour la santé de l’enfant »

    La Fondation Saint-Pierre, qui fête cette année ses 100 ans avec l’Institut Saint-Pierre, crée le Grand prix de l’innovation pour la santé de l’enfant. Dans ce cadre, un appel à projets a été lancé en avril 2018. Les candidats ont jusqu’au 30 septembre pour soumettre leur dossier sur le site officiel de l’événement (voir ci-contre).

    La compétition, nationale, vise à « soutenir des innovations susceptibles d’améliorer chez l’enfant une autonomie altérée par une maladie chronique invalidante ou un handicap et (…) de le projeter positivement dans la possibilité d’une vie d’adulte autonome et actif, [par le biais de l’exploitation de nouvelles technologies] », précise l’organisation dans un communiqué.

    Les deux lauréats de cette première édition, qui seront sélectionnés parmi dix finalistes, recevront une dotation financière globale de 10 000 euros ainsi qu’un accompagnement stratégique.

    Deux catégories sont mises à l’honneur : « talents d’innovation » (dotation : 70 000 € sur 3 ans) et « espoir » (30 000 € sur 3 ans).

    Deux lauréats, deux catégories :

    Catégorie 1 : talents d’innovation

    Ce prix sera remis à une innovation déjà présente sur le marché.

    Il devra s’agir d’un nouveau produit, d’une nouvelle méthode organisationnelle d’exercice de la médecine, de nouveaux services à la santé ou encore de nouvelles méthodes ou procédés de pratiques médicales. Les innovations développées pour l’adulte mais en voie d’être étendues à l’enfant sont inclues.

    Dotation : 70 000 euros sur trois ans.

    Catégorie 2 : espoir

    Ce prix sera décerné à un projet en phase de développement de maquettes ou de prototypes porteurs d’innovation, encore ni introduits sur le marché, ni mis en œuvre.

    Dotation : 30 000 euros sur trois ans.

    Le concours national organisé par la Fondation Saint-Pierre s’adresse aux porteurs de projets de start-ups ou de laboratoires de recherche « qui se mobilisent, créent et inventent aujourd’hui le monde de demain ».

    Il offrira aux vainqueurs l’opportunité unique de pénétrer « un marché aujourd’hui peu investi mais extrêmement porteur, celui de la santé de l’enfant », commente la fondation.

    Trois objectifs majeurs recherchés pour favoriser l’autonomie des enfants

    Améliorer la qualité de vie dans son environnement.

    Cette catégorie concerne les innovations permettant l’amélioration de la qualité de vie de l’enfant, et par répercussion de sa famille, et de sa prise en charge dans son environnement à l’hôpital (serious game, système de liaison avec les parents, etc.), à son domicile (équipement robotique, domotique, adaptation du lieu de vie, etc.) ou pendant ses loisirs (prothèses, orthèses, équipements sportifs adaptés, etc.).

    Améliorer l’éducation thérapeutique

    La thématique porte sur des innovations dont le but est d’améliorer l’éducation thérapeutique pour l’enfant, sa famille ou ceux qui le prennent en charge.

    Réduire les inégalités

    Cette division cible les innovations aidant à réduire des inégalités d’accès à la santé pour les enfants qui sont éloignés d’un centre spécialisé de référence (amélioration des connexions, conseils en ligne, communication vidéo ou autre, suivi à distance, etc.).

    Tout les dossiers reçus seront évalués par des jurés indépendants sur la base de 5 critères :

    • innovation ;
    • efficacité démontrée ;
    • écoconception ;
    • pertinence du modèle d’affaires ;
    • management.

    Appel à projets : calendrier

    • Avril 2018 : ouverture de l’appel à projets ;
    • 30 septembre 2018 : clôture des candidatures ;
    • Octobre 2018 : présélection de 10 finalistes ;
    • 13 novembre 2018 : présentation des finalistes et remise des prix.
  • Asie : le montant total des investissements en health tech atteint 2,8 Mds € (S1 2018)

    Galen Growth Asia (GGA), société singapourienne spécialiste du secteur des technologies de santé, a publié le 11 juillet 2018 son bilan du premier semestre 2018 sur les investissements en health tech à travers l’Asie (2018 Half Year Asia HealthTech Investment Landscape report).

    Le montant total des financements réalisés depuis le début de l’année (107 transactions) s’élève à plus de 3,3 milliards de dollars US (2,824 Mds €), une somme bien plus importante que celle prédite par GGA pour cette période au cours du premier trimestre 2018 (1,5 Md US$ ; 1,283 Md €). C’est un « record », commente Julien de Salaberry, P.-D.G. et fondateur de Galen Growth Asia. « L’élan est tel que nous prévoyons un financement global de 5 milliards US$ (4,279 Mds €) pour le deuxième semestre. »

    EN BREF :
    • Ping An Hao Daifu (Good Doctor) a enregistré la plus importante introduction en bourse (IPO) du secteur en Asie (1,1 milliard US$ ; 941,298 millions €) ;
    • renforcement de l’attrait des investisseurs pour les entreprises en phase de croissance : la valeur des transactions augmentent et la distribution globale des financements dans les opérations de croissance représente 30 % du financement total. Cependant, l’intérêt des entreprises pour la santé numérique « reste timide » dans la zone Asie-Pacifique.
    • Le marché indien représente 35 % du volume des transactions.

    Principaux enseignements

    « Un niveau de financement sans précédent »

    Le montant global des financements du premier semestre (S1) 2018 dans le secteur de la health tech en Asie atteint plus de 3,3 milliards US$ (2,824 Mds €), soit plus de 550 millions US$ (470,7 M€) supplémentaires par rapport à l’année 2017 (2,4 x la somme totale du S2 2017).

    Selon les prévisions de GGA, il devrait atteindre 5 Mds US$ (4,279 Mds €) d’ici la fin de l’année.

    « Après neuf trimestres consécutifs de croissance (…), la dynamique continue et place l’écosystème [de la health tech en Asie] au deuxième rang mondial en termes de valeur des transactions. »

    Des transactions d’une valeur moyenne de 26,5 M€

    La croissance rapide de la valeur totale des transactions au cours de cette période s’accompagne d’une croissance plus lente du nombre total d’opérations : hausse de 24 % par rapport au second semestre 2017.

    La valeur moyenne des transactions s’élève à 31 M$ (26,5 M€), contre 16 M$ (13,7 M€) au deuxième semestre de l’année 2017.

    Un appétit grandissant des investisseurs

    • Les opérations de dernière phase (série E et au-delà) au trimestre 2 (T2) 2018 représentent environ 7 % de tous les nouveaux tours de financement en volume, soit une hausse de 75 % par rapport au premier trimestre 2018 grâce à une forte activité au niveau des introductions en bourse.
    • Les opérations concernant les sociétés en phase de croissance représentent environ 30 % du volume total des transactions, les opérations relatives aux entreprises en phase de démarrage représentant le reste (environ 62 %).

    La Chine domine le marché mais l’Inde y prend une place de plus en plus importante

    • La part totale des transactions en valeur réalisées en Chine représente un taux « incroyable » de 32 % (hors trois valeurs aberrantes/outliers) et 40 % du volume total des transactions.
      La Chine a par ailleurs enregistré la plus importante entrée en bourse de l’histoire de la région, Ping An Hao Daifu ayant levé 1,1 milliard US$ (941,298 millions €) dans le cadre de son IPO (Ping An Good Doctor).
    • L’écosystème de l’Inde « occupe probablement la deuxième place la plus importante » du marché, enregistrant un volume constant d’environ 35 % du volume total des transactions.

    Parcours du patient : l’un des secteurs les plus attractifs en health tech

    Les catégories liées au parcours du patient continuent d’être prédominantes dans les 5 premières catégories par volume de transactions. Exemple : les applications liées à la génomique se retrouvent en 4ième position en termes de volume de transaction.

    Entrées en bourse

    « Alors que les États-Unis ne [prévoient pas] beaucoup d’activité IPO dans le secteur de la santé numérique en 2018, après le succès de l’introduction en bourse de Ping An Good Doctor (Ping An Hao Daifu), qui a recueilli 1,1 Md$ (941,298 M€), nous prévoyons d’autres introductions en bourse au deuxième semestre 2018, y compris celle de We Doctor (GuaHao) qui a récemment levé 500 millions de dollars (428 M€) dans le cadre d’une levée de fonds pré-IPO. »

    Écosystème de la health tech en Asie-Pacifique

    • Selon le rapport, 5 marchés abritent 81 % de toutes les start-ups connues dans le secteur de la health tech en Asie :
      • Inde (32 %) ;
      • Chine (22 %) ;
      • Singapour (11 %) ;
      • Japon (8 %) ;
      • Australie (8 %).
    • Singapour continue d’être un lieu attractif pour les entreprises en raison de son cadre juridique solide, de sa stabilité économique et du soutien apporté par le gouvernement.
    • L’Indonésie maintient sa position sur les marchés en développement, reflétant l’innovation locale en raison de sa démographique (taux de fécondité en baisse), du poids que représentent pour la société certaines maladies, notamment chroniques, et de son infrastructure sanitaire limitée.
  • Asia: half year health tech funding reaches €2.8 billion (Galen Growth Asia)

    Galen Growth Asia (GGA), a Singapore-based health technology expert company, released its 2018 Half Year Asia Health Tech Investment Landscape report on July 11, 2018.

    The half year (H1 or Q1) funding (107 deals) reaches more than 3.3 billion US dollars (€ 2.824 billion), it’s a « record-breaking » score, noted Julien de Salaberry, CEO and founder of GGA, much more than what their Q1 2018 prediction for this period said ($1.5B ; €1.283B). « The momentum is such that we are predicting a year end bonanza of US$5B (€4.279B) for the second half of the year. « 

    BRIEFLY :
    • Ping An Hao Daifu closed Hong Kong’s biggest IPO in the health tech sector in Asia (US$1.1B; €941.298M).
    • There is a strengthening of investor appetite for growth stage ventures: deal value has grown and the overall distribution of funding in growth stage deals has accounted for 30 % of total funding. However, enterprises’ digital health focus remains « largely timid » in Asia-Pacific.
    • The Indian market represents 35% of deal volume share.

    Key trends

    « Funding reaches unprecedented levels »

    H1 2018 funding romps in at half time at US$3.3B (€ 2.824 billion), more than $550M (€470.7M) higher than 2017 full year (2.4 x H2 2017).

    According to GGA, it is on track to reach US$5 billion (€4,279B) by the end of the year.

    « After 9 consecutive quarters of deal value growth, the robust momentum continues and places the Asia [health tech] ecosystem at #2 in the world by deal value. »

    An average deal value of €26.5M

    The rapid growth in deal value total during this period is accompanied by a slower growth in the total number of transactions: an increase of 24% vs the second half (H2) of 2017.

    The average deal value has reached $31 million (€26.5M), up from $16 million (€13.7M) in H2 2017.

    Maturing investor appetite

    • Last stage deals (Series E and beyond) in Q2 2018 represent about 7% of all new venture rounds by volume, up 75% vs Q1 2018 due to a strong IPO activity.
    • Growth stage deals in turn account for about 30% of deal volume, with early stage deals accounting for the remainder (about 62%).

    China dominates the market but India is taking an increasingly important place

    • Total deal share by value made in China represents an « incredible » 32% (excluding three outliers) and 40% of total deal volume.
      China was also home to the largest IPO in history for the region: Ping An Hao Daifu raised $1.1 billion (€941.298M) as part of its IPO .
    • India’s ecosystem « holds its position as probably the second largest », recording a steady 35% of total deal volume.

    Patient journey: one of the most attractive sectors

    Categories related to patient journey continue to be predominant in the top 5 categories by deal volume. Example: genomics related applications related to genomics is now 4th by deal volume.

    IPO

    « Although the US does not expect to see much digital health IPOactivity in 2018, after the success of the Ping An Good DoctorIPO which raised $1.1B (941,298€ M), we expect further IPOs in H2 2018including We Doctor (GuaHao) which recently raised $500M (€428M) inits pre-IPO round. »

    Asia-Pacific health tech ecosystem

    • According to the report, 5 markets are home to 81% of all known start-ups in the health tech sector in Asia:
      • India (32%);
      • China (22%);
      • Singapore (11%);
      • Japan (8%);
      • Australia (8%).
    • Singapore continues to be an attractive location for ventures because of its strong legal framework, economic stability and incentives by governments.
    • Indonesia maintains its position in developing markets, reflecting local innovation due to its demographic (declining fertility rate), the burden of some diseases, especially chronic diseases, and limited health infrastructure.
  • Fonds InnoBio 2 : Bpifrance et 5 laboratories pharma réunissent 250 M€ pour la biotech et la e-santé

    Dans un communiqué du 12 juillet 2018, Bpifrance a annoncé la création du fonds d’investissement InnoBio 2 porté par Bpifrance et 5 laboratoires pharmaceutiques –  Sanofi, Boehringer Ingelheim, Takeda, Ipsen et Servier – qui à terme sera doté d’une somme totale comprise entre 200 et 250 millions d’euros.

    Cette annonce fait suite aux engagements pris par Edouard Philippe, Premier ministre français, à l’occasion du Conseil stratégique des industries de santé du 10 juillet 2018. InnoBio 2 vise à soutenir le développement de sociétés innovantes sur le territoire français dans le secteur des sciences de la vie. Il vise avant tout le domaine des produits biopharmaceutiques et du développement des bioprocédés. La nouveauté de cette version réformée réside dans l’extension de la liste des projets éligibles à la santé numérique et les médicaments de prescription.

    Le ralliement d’autres souscripteurs institutionnels et pharmaceutiques est attendu pour arriver à atteindre la dotation souhaitée.

    « La France, un pays de premier plan pour l’innovation en sciences de la vie » (N. Dufourcq)

    « Le lancement d’InnoBio 2 confirme le succès rencontré par le premier fonds, devenu un fonds de place et jouant un rôle prépondérant dans un écosystème de start-ups de sciences de la vie désormais d’envergure mondiale. Ce nouveau fonds permettra de consolider la position de la France comme un pays de premier plan pour l’innovation en sciences de la vie. », commente Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance.

    Pour rappel, le premier fonds InnoBio avait été lancé en 2009 et doté de 173 millions d’euros. Grâce à ce fonds, 18 investissements visant des sociétés françaises de biotechnologies totalisant un montant de plus de 150 millions d’euros ont été réalisés.

    Bpifrance rappelle également que sur ces 18 participations, 11 ont donné lieu à des projets aujourd’hui cotés en Bourse. Par ailleurs, douze autres partenariats ont été signés avec des laboratoires pharmaceutiques.

    Priorité aux premiers et seconds tours de table

    Les investissements du fonds InnoBio 2 ont vocation à soutenir avant tout les entreprises prêtes à lancer le développement clinique de leurs produits et services innovants en vue de générer des plus-values.

    La nouvelle version du fonds dont la durée initiale est fixée à dix ans est prorogeable deux fois d’un an.

  • Innovations en santé : Sanofi augmente sa participation à 2 fonds d’investissement à hauteur de 208M€

    À l’issue du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) qui s’est tenu le 10 juillet 2018 à Matignon, Sanofi a annoncé qu’il allait renforcer sa participation dans deux fonds d’investissement dédiés à l’innovation dans le secteur de la santé.

    • Le groupe pharmaceutique va augmenter de 145 à 330 millions de dollars US (123,93 à 282 millions d’euros) la capacité d’investissement de Sanofi Ventures, son fonds de capital risque, dont le champ d’action est élargi à la santé digitale.

    • Il a également conclu un protocole d’accord avec Bpifrance pour lancer le fonds InnoBio 2, auquel il contribuera à hauteur de 50 millions d’euros. Objectif : investir, notamment dans le secteur du numérique, et soutenir le développement de sociétés innovantes en santé, en France et plus largement en Europe.

    Montant global de la somme investie : environ 208 millions d’euros.

    Plusieurs laboratoires augmentent leurs investissements en France

    À la suite du CSIS, d’autres laboratoires ont souhaité marquer leur approbation aux mesures en faveur des industries du médicament et du dispositif médical présentées par le Premier ministre, Édouard Philippe, en choisissant le 10 juillet 2018 pour annoncer des investissements en France :

    • Merck MSD investira 80 millions d’euros d’ici à la fin de l’année notamment dans une soixantaine d’essais cliniques et 10 millions d’euros dans le secteur des données de santé ;
    • Novartis a dévoilé un partenariat avec Cell4Cure – filiale spécialisée dans les thérapies cellulaires et géniques créée en 2010 par le groupe biopharmaceutique français LFB – afin de produire dans l’Essonne, à destination de l’Europe, ses traitements personnalisés du cancer, tels que Kymriah, une thérapie permettant de reprogrammer les cellules immunitaires d’une personne malade pour qu’elles puissent détruire les cellules cancéreuses mortelles ;
    • Celgene, qui va débuter un essai clinique avec un même type de produit, envisage de multiplier par deux son investissement en recherche clinique au cours des trois prochaines années.
  • Singapour : 3 start-ups en e-santé lèvent une somme globale de plus de 11,2 millions d’euros

    Trois start-up health tech basées à Singapour ont levé début juillet 2018 une somme globale de plus de 13 millions US$ (11,2 M€) :

    • Doctor Anywhere, une start-up de télémédecine proposant des consultations par vidéo, a recueilli 4,1 millions de dollars américains (3,5M€) dans un tour de série A dirigé par la société singapourienne Kamet Capital Partners. Cette somme l’aidera à développer ses produits et services de santé ainsi qu’à élaborer de nouvelles solutions de e-santé dans l’optique d’améliorer l’accessibilité des soins au sein de la cité-État, à étoffer son équipe et à explorer de nouveaux secteurs d’activité.

    • Homage, à l’origine d’une application connectant les personnes âgées ayant besoin de soins à des praticiens, a levé 4,15 millions de dollars US (3,6M€) dans une ronde de financement (série A) co-dirigée par la société de capital risque sud-asiatique Golden Gate Ventures et HealthXCapital, un fonds de capital risque axé sur la health tech. Cette levée de fonds servira à mener à bien les projets d’expansion de la start-up dans la région Asie-Pacifique, en forgeant des partenariats technologiques plus forts et en formant les professionnels de soins utilisant la plateforme.

    • La start-up de technologie médicale et de diagnostic du cancer Clearbridge BioMedics a récolté 4,8 millions US$ (4,1M€) dans le cadre d’une levée de fonds pré OPI soutenue par des professionnels médicaux en oncologie et des investisseurs centrés sur les secteurs des soins et de la biotechnologie. La somme recueillie permettra de soutenir le développement des activités de Clearbridge et de ses innovations technologiques, le recrutement de nouveaux talents et les dépenses liées à son entrée en bourse, prévue pour le dernier trimestre de 2018.

  • Singapore: 3 eHealth startups raise a total of more than US$13m

    Three Singapore-based health tech start-ups raised in early July 2018 a total amount of more than 13 million US$ (€1m):

    • Doctor Anywhere , a telemedicine start-up offering video-based consultations, raised US$ 4.1 million (€3.5m) in a Series A round led by Singapore-based Kamet Capital Partners. This amount will help it to continue developing its products and services in order to help boost healthcare accessibility in the city-state, grow its team and explore new business verticals.

    • Homage, a mobile app that connects elderly people in need of on-demand caregiving services with practitioners, raised US$4.15 million (€3.6m) in a Series A co-led by South Asian venture capital firm Golden Gate Ventures and HealthXCapital, a health tech-centric venture capital fund. These founds will go towards the firm’s expansion plans in the Asia Pacific region, forging stronger technology partnerships, and training the care professionals using the platform.

    • Medical technology and cancer diagnostics firm Clearbridge BioMedics raised US$4.8 million (€4.1m) in pre OPI round backed by oncology medical professionals and investors focused in healthcare and biotechnology. The funds raised will be used to support Clearbridge’s business expansion, technology development, talent recruitment, and expenses related to its potential listing, scheduled for the last quarter of 2018.

  • « L’intelligence humaine doit rester décisionnaire » face à l’IA en santé(Colloque Ethik IA-Sénat) 1/2

    L’initiative Ethik-IA organisait au Sénat, le lundi 2 juillet 2018, un séminaire intitulé « Pour une régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé : le temps est compté ! ».

    Health & Tech Intelligence vous propose une synthèse en deux parties des interventions de la table-ronde intitulée « IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ? ».

    Cette première table-ronde réunissant les personnalités suivantes : Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute autorité de santé ; Thomas LONDON, Directeur Santé chez Mc Kinsey ; Pr Lydia MORLET, Institut Droit Santé Paris-Descartes ; Fabrice WAECHTER, Président de l’ADIJ ; David FAJOLLES, Professeur Affaires publiques Sciences Po Paris ; Michel BALLEREAU, Président COS AFNOR, Délégué général FHP ; Magali LEO, Renaloo ; Yvanie CAILLE, Directrice générale de l’INDS ; Jérôme CHEVILLOTE, Directeur General Electrics France.

    Face à l’IA, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire », M. Lenoir-Salfati, Directrice de l’Agence nationale du DPC

    Une étude récente a montré qu’un système d’IA commettait moins d’erreurs que des dermatologues lors du diagnostique du mélanome

    En guise d’introduction, Michèle Lenoir-Salfati, Directrice générale de l’Agence nationale du développement professionnel continu, a évoqué les conséquences de l’irruption de l’intelligence artificielle sur les ressources humaines hospitalières, médicales et médico-sociales. 

    L’IA fait désormais partie intégrante de la recherche et de la pratique médicales. L’intervenante évoque une étude, parue le 28 mai 2018 dans la revue Annals of Oncology, intitulée « Man against machine: diagnostic performance of a deep learning convolutional neural network for dermoscopic melanoma recognition in comparison to 58 dermatologists », dont les conclusions montrent deux choses :

    • l’IA est capable d’assurer le dépistage du mélanome ;
    • elle le fait également « mieux » que la quasi totalité des 58 dermatologues sollicités dans le cadre de cette enquête.

    Les chercheurs en concluent donc à l’utilité du recours à l’IA par les professionnels de santé lors de la phase de diagnostique clinique.

    Les modalités de raisonnement des IA sont « opaques »

    « L’irruption de l’intelligence artificielle interroge l’expérience professionnelle. Elle étonne, fascine et inquiète » les professionnels amenés à y recourir. Michèle Lenoir-Salfati.

    La Directrice générale de l’Agence nationale du Développement professionnel continu met en évidence trois difficultés induites par l’IA pour les professionnels agissant de les champs médical et médico-social :

    • Quelle confiance faut-il accorder aux outils de l’intelligence artificielle ?
      • L’IA utilise des algorithmes de deep learning dont le fonctionnement n’est que partiellement compris. Leurs concepteurs admettent qu’il existe une « opacité » constitutive de cet apprentissage profond (deep learning) et qu’ils ignorent les modalités de raisonnement d’une IA ;
      • A ce titre, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire » rappelle l’intervenante, ce qui nécessite d’entretenir et de pérenniser le dialogue interdisciplinaire entre les logiciens, éditeurs, concepteurs, informaticiens et éthiciens.
    • Il convient par ailleurs « de former les professionnels de santé aux enjeux, usages et outils de l’IA », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, rappelle Mme Lenoir-Salfati.
      • L’Agence nationale du DPC a, à ce titre, pris un arrêté relatif au développement professionnel pour y intégrer l’IA et ses usages. Sa parution au Journal Officiel est imminente ;
      • L’Agence nationale du DPC entend également élaborer des référentiels d’usages, de compétences et de formation à destination des professionnels, et mobiliser de nouvelles ressources pour développer ses compétences en matière d’IA sur les volets théoriques et pratiques.
    • Enfin, les professionnels de santé doivent être en mesure de faire face à ces évolutions. L’oratrice considère que l’IA aura des conséquences sur la répartition des compétences entre professionnels de santé.
      • Des protocoles de coopérations doivent ainsi voir le jour, inspirés notamment de l’article 59 de la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (dite loi « HPST ») ;
      • L’IA sera un « levier de nouvelles prises en charge interdisciplinaires », conclut-elle.

    Table-ronde 1 : IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ?

    Session coordonnée par Maître Delphhine JAAFAR (Cabinet Vatier) et Julia PETRELLUZZI (Ethik IA)

    Selon quelle périodicité évaluer des technologies en évolution constante ? – Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute Autorité de Santé

    De la conception à l’utilisation des algorithmes

    Cette position exprimée par le Dr Adenot lors du colloque, est complétée par la « Contribution de la HAS aux débats des Etats-généraux des lois de Bioéthique » (audition du 27 avril 2018), dont le contenu est accessible ici.

    Mme Adenot rappelle que de nombreuses normes existent pour la conception et la gestion de logiciels et dispositifs médicaux. Il en va autrement pour la conception et la gestion des algorithmes d’intelligence artificielle. « Il n’existe en effet pas de disposition spécifique à l’IA », rappelle la HAS lors de son audition du 27 avril 2018.

    Cependant, les dispositions de la loi informatique et libertés (article 34) et du RGPD s’appliquent à l’IA, car il s’agit de traitement de données, notamment concernant les obligations du responsable de traitement sur la qualité des données.

    La HAS recommandait à ce titre que :

    • les acteurs soient formés, y compris à l’éthique ;
    • des bonnes pratiques de développement de l’IA soient édictées, et qu’un cadre normatif soit éventuellement créé ;
    • que la recherche IA soit encouragée, y compris dans le domaine éthique.

    L’évaluation de l’algorithme

    Plusieurs questions se posent pour la HAS quant à l’évaluation des algorithmes :

    • La question du périmètre de l’évaluation

    La finalité de l’évaluation réalisée par la HAS est d’identifier et de quantifier les bénéfices cliniques pour le patient et la collectivité de toute intervention en santé. Le processus de production de cette intervention est toutefois exclu du champ d’évaluation de la HAS.

    • La question du rythme et de la fréquence de l’évaluation

    Comment évaluer des technologies évolutives ? S’agissant de logiciels et d’algorithmes en constante évolution par adjonction de nouvelles données, Isabelle Adenot considère que l’évaluation devrait théoriquement intervenir en continu afin de rendre compte « réellement » du service rendu par l’outil. Cela s’avère délicat, sauf à opérer par « versioning » ou « intégrer les apports de l’intelligence artificielle au cœur même de l’évaluation », rappelle la HAS dans sa contribution aux Etats généraux de la Bioéthique.

    Ainsi, « le fabricant ou le fournisseur doit se voir imposer de réaliser des contrôles et des évaluations périodiques et traçables, pour garantir l’absence de dégradation de son « produit » », à travers notamment une « garantie de non régressivité », préconisée par Isabelle Adenot.

    • La question de la finalité des outils d’intelligence artificielle

    La finalité des outils d’intelligence artificielle doit être prédéterminée et l’absence de modification (comme le prévoient la loi Informatique et Libertés et le RGPD) doit être garantie, afin d’éviter que l’intelligence artificielle apprenante invente des recoupements de données indésirables.

  • « Il existe un impératif moral à digitaliser notre système de santé » (Colloque Ethik IA – Sénat) 2/2

    L’initiative Ethik-IA organisait au Sénat, le lundi 2 juillet 2018, un séminaire intitulé « Pour une régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé : le temps est compté ! »

    Cet article constitue la suite de la synthèse des interventions de la première table-ronde intitulée « IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ? », que vous propose Health & Tech Intelligence.

    Chaque orateur disposait de cinq minutes pour exposer sa vision des enjeux juridiques, éthiques et économiques de l’IA en santé.

    Table-ronde 1 : IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ?

    Session coordonnée par Maître Delphine JAAFAR (Cabinet Vatier) et Julia PETRELLUZZI (Ethik IA)

    « Il existe un impératif moral à réaliser la transformation digitale de notre système de santé », Thomas LONDON, Directeur Santé chez Mc Kinsey

    Thomas London considère qu’il existe « un impératif moral à réaliser la transformation digitale de notre système de santé », à plusieurs titres :

    • notre système n’est pas soutenable à moyen terme, sa digitalisation permettrait de dégager des économies importantes ;
    • l’accès aux soins s’améliore en France mais n’est pas encore intégralement assuré (pour des raisons géographiques, sociologiques ou économiques). Les outils digitaux facilitent l’accès à l’information des patients ;
    • il existe une « tension palpable » sur les ressources humaines médicales et médico-sociales ;
    • la digitalisation du système de santé permettrait de répondre à une préoccupation croissante des décideurs politiques et professionnels de santé, à savoir la qualité des actes médicaux dispensés : il existe une variabilité importante dans les prises en charge, selon les établissements et les professionnels, rappelle l’intervenant. Cette variabilité se traduit par des taux de mortalité évitable parfois élevés. Thomas London préconise à ce titre d’automatiser certains processus pour en réduire la variabilité.

    Une étude réalisée par le cabinet McKinsey en 2013 (« Accélérer la mutation numérique des entreprises : un gisement de croissance et de compétitivité pour la France) a montré que le potentiel de création de valeur des technologies du numérique d’ici 2023 est chiffré à 1 000 milliards d’euros (tous secteurs confondus).

    Le Global Institute de la société McKinsey a réalisé une étude sur les conséquences des nouvelles technologies sur les ressources humaines, publiée en mai 2018 (intitulée « Skill shift : automation and the future of the workforce » et consultable ici). Ses conclusions se veulent « rassurantes ». L’étude rapporte un « effet net neutre ou positif » des technologies numériques, lesquelles n’induisent pas un chômage de masse mais renforcent l’efficacité, la qualité et la soutenabilité du système de santé.

    « Les stratégies européennes de soutien à l’innovation ne sont pas viables » David FAJOLLES, Professeur Affaires publiques Sciences Po Paris

    Les stratégies de soutien à l’innovation au sein de l’Union européenne sont-elles viables ? Professeur d’affaires publiques à l’IEP de Paris, David Fajolles juge que la politique de soutien à l’innovation en Europe est lacunaire, sinon « risquée ».

    Il rappelle que les États-membres se sont alignés sur la politique insufflée par la Commission européenne, qui propose une stratégie de communication proactive des données. L’Europe manque de capital risque disponible pour l’IA. Le European Tech Report (2017) a montré que le dispositif d’accompagnement des start-up est optimal en phase initiale (early stage), mais moins efficace lors du passage à échelle. Ce cocktail « risqué » peut, à termes, placer l’Europe à la remorque d’États plus innovants, comme la Chine ou les États-Unis et en faire « l’idiot éthique du village » mondial.

    Combler le retard français en matière d’IA, Michel BALLEREAU, Président COS AFNOR, Délégué général FHP

    Si la France « sait innover », d’après Michel Ballereau, elle accuse un certain retard en matière d’IA et doit « revenir dans le concert international » sous peine de s’en voir rapidement exclure.

    « L’IA peut améliorer le recours aux soins » en matière d’insuffisance rénale chronique, Magali LEO, Renaloo

    Membre de l’association de patients Renaloo, Magali Leo rappelle que les personnes souffrant d’insuffisance rénale chronique subissent aujourd’hui des prises en charge relativement lourdes (à raison de 3 séances hebdomadaire de dialyse d’une durée chacune de 4h) et coûteuses pour les patients et l’Assurance maladie. Les modes de rémunération actuels sont peu propices à la rénovation des formes de prise en charge car ils favorisent les traitements non autonomes.

    Le recours en l’IA en matière d’insuffisance rénale chronique s’avère à ce titre pertinent. Il permettrait aux patients de réaliser leur dialyse à domicile, d’écourter les durées de traitement et d’en alléger le coût total. Par ailleurs, Magalie Leo regrette que les données compilées dans le registre « Rein » ne soient accessibles qu’au niveau régional, rendant à l’heure actuelle difficile la mise en place de dispositifs de prise en charge autonome au niveau national.

    « La mission de préfiguration du Health Data Hub rendra ses conclusions en septembre 2018 » – Yvanie CAILLE, Directrice générale de l’INDS

    Depuis 2016, les acteurs de santé peuvent avoir accès au Système National des Données de Santé (SNDS), ce qui permet de chaîner :

    • les données de l’Assurance Maladie (base SNIIRAM) ;
    • les données des hôpitaux (base PMSI) ;
    • les causes médicales de décès (base du CépiDC de l’Inserm) ;
    • les données relatives au handicap (en provenance des MDPH – données de la CNSA) ;
    • un échantillon de données en provenance des organismes d’Assurance Maladie complémentaire.

    Directrice générale de l’INDS, Yvanie Caille salue la création récente du Health Data Hub dédié à l’intelligence artificielle en santé. Elle rappelle également le rôle essentiel des CHU, qui disposent d’entrepôts de données importants (notamment à l’AP-HP) et l’existence de cohortes et registres nationaux.

    Elle souhaiterait « faciliter les synergies » entre les bases de données de santé. A ce titre, la mission de préfiguration du Health Data Hub rendra ses conclusions dans le courant du mois de septembre 2018.

    « Les industriels sont partisans d’une régulation minimaliste des technologies » Jérôme CHEVILLOTE, Directeur General Electrics France

    Directeur de General Electrics France, Jérôme Chevillote rappelle que les industriels doivent assumer une double responsabilité : « catalyser les innovations et les rendre accessibles au monde ». Cette mission nécessite :

    • de pouvoir agir selon un principe d’efficience ;
    • d’évoluer vers « des pratiques quantitatives » ;
    • d’associer les patients aux processus de conception des outils en les faisant participer à des évaluations proactives pour réduire les risques.

    Dès lors, pour le Directeur de General Electrics France, les industriels sont partisans d’une régulation minimaliste des technologies (de santé).


    Les deux tables-rondes suivantes portait sur les thématiques suivantes :

    • « IA, robotisation et accompagnement à la transformation des métiers du champ sanitaire et médico-social : comment mettre en œuvre une RSE digitale en santé? »
    • « IA, robotisation et innovation en santé : comment prendre le tournant de la médecine algorithmique et valoriser l’expertise française dans un contexte mondialisé » ?

    Les actes du colloque seront publiés à l’automne 2018.

  • La CNAM préconise de soutenir les expérimentations organisationnelles (« Charges et produits » 2018)

    La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) présente au Gouvernement et au Parlement ses propositions relatives à l’évolution des charges et produits au titre de l’année suivante et aux mesures nécessaires pour atteindre l’équilibre prévu par le cadrage financier pluriannuel des dépenses d’assurance maladie, dans un rapport intitulé « Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses » publié le 29 juin 2018.

    À partir d’analyses réalisées sur l’évolution des dépenses et des pratiques, et en s’appuyant sur les recommandations françaises et internationales, le rapport Charges et produits pour l’année 2018 présente des propositions et des pistes de réflexion visant à améliorer la qualité et l’efficience des soins, et à optimiser les dépenses de santé.

    Parmi ces propositions :
    – Poursuivre le virage ambulatoire et l’adaptation des prises en charge en établissement ;
    – Renforcer les actions de pertinence des produits de santé et favoriser une adoption plus large des médicaments génériques et biosimilaires ;
    – Améliorer la pertinence et le bon usage des soins ;
    – Lutter contre la fraude et les abus en ville et à l’hôpital ;
    – Créer un dispositif d’appui à l’expérimentation et à la diffusion d’innovations organisationnelles ;
    – Soutenir le système d’innovation français ;
    – Soutenir la recherche et les actions d’évaluation dans des services de santé.

    L’édition 2018 du rapport est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de la CNAM.