Prevention

  • État de l’Union 2026 : la santé prioritaire pour l’IA, un plan européen contre les canicules annoncé

    La santé figure parmi les cinq secteurs retenus pour accélérer l’usage de l’IA industrielle, avec les transports, l’agroalimentaire, l’industrie manufacturière avancée et la défense et l’espace. Dans son discours sur l’état de l’Union du 16 septembre, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, fixe à novembre l’annonce des initiatives sectorielles. Les États membres, les eurodéputés, les industriels et les entrepreneurs seront invités à y participer.

    La mammographie comme cas d’usage

    La présidente prend le dépistage du cancer du sein comme exemple : l’IA doit aider à détecter davantage de cancers, plus tôt, et soutenir les choix diagnostiques et thérapeutiques des médecins. Elle défend une assistance aux professionnels, et non leur remplacement.

    Dans sa réaction au discours, le commissaire à la Santé Olivér Várhelyi rattache cette priorité au paquet santé proposé le 16 décembre 2025. Le Biotech Act vise à accélérer les autorisations d’essais cliniques entre pays et à faciliter l’accès des entreprises aux investissements. La révision des règles sur les dispositifs médicaux prévoit notamment la numérisation des procédures et des délais plus prévisibles pour les évaluations de conformité. Le plan Safe Hearts prévoit aussi de mobiliser l’IA et les outils numériques pour la prévention, la détection et le traitement des maladies cardiovasculaires. Várhelyi y associe l’Espace européen des données de santé pour la réutilisation des données en recherche et en innovation.

    Canicules : préparer les soins primaires, l’hôpital et les urgences

    Ursula von der Leyen annonce également un plan européen contre les canicules, avec quatre priorités : alerte précoce, préparation sanitaire, adaptation et rafraîchissement urbains, protection des personnes vulnérables. Elle évoque des hôpitaux et des établissements pour personnes âgées exposés à des températures dangereuses pendant l’été.

    L’avis adopté le 30 juillet 2026 par le Comité de sécurité sanitaire précise plusieurs mesures d’organisation : tester régulièrement les plans chaleur-santé, coordonner les autorités sanitaires et la protection civile, et former les soignants aux pathologies liées à la chaleur. Il recommande une coordination entre soins primaires, hôpitaux et services d’urgence pour absorber les hausses de fréquentation.

    Les recommandations portent aussi sur le suivi des stocks de solutés intraveineux, de solutions de réhydratation et de dispositifs de refroidissement. Elles prévoient de respecter les conditions de stockage des médicaments et dispositifs médicaux, et d’adapter les traitements lorsque la situation clinique le justifie, notamment pour les patients atteints de maladies chroniques.

    Sources : discours sur l’état de l’Union, 16 septembre 2026 ; avis du Comité de sécurité sanitaire, 30 juillet 2026 (fiabilité : officielle) ; publication d’Olivér Várhelyi sur LinkedIn (fiabilité : déclarative).

  • Un rapport propose d’imposer aux complémentaires 2 % de dépenses de prévention

    Un rapport commandé par le gouvernement a été remis le mercredi 23 septembre. Signé par Élisabeth Hubert, Franck Von Lennep, Nicolas Bouzou et Stéphane Junique, président du groupe VYV, il propose que les complémentaires santé prennent en charge certains remboursements aujourd’hui partagés avec l’Assurance maladie. Selon le rapport, environ 5 milliards d’euros de dépenses seraient ainsi transférés.

    Si ces propositions étaient reprises, les complémentaires deviendraient le financeur principal de plusieurs postes de dépenses et devraient consacrer au moins 2 % de leurs dépenses à la prévention.

    • La prévention deviendrait une dépense obligatoire : Les complémentaires devraient consacrer « à minima » 2 % de leurs dépenses à la prévention. Elles pourraient aussi accorder des « bonus prévention » (des remises aux assurés qui suivent des « parcours prévention »).
    • Les premiers jours d’arrêt maladie à la charge des complémentaires : Les indemnités journalières des premiers jours d’arrêt maladie seraient versées par les complémentaires. Or les entreprises paient les cotisations des complémentaires avec les salariés. Si les arrêts courts pèsent sur le coût du contrat, les employeurs auraient un intérêt à en réduire le nombre. Selon les auteurs, ce transfert devrait ainsi les pousser à en faire plus en matière « de prévention et de maîtrise de l’absentéisme ».
    • Un rôle élargi en échange d’obligations nouvelles : En 2024, les complémentaires ont financé 12,8 % des dépenses de santé. Elles prendraient intégralement en charge l’optique et l’audioprothèse, dont elles assurent déjà respectivement 68,2 % et 50,6 % du financement. Pour compenser, les experts suggèrent de baisser la taxe de solidarité additionnelle, qui représente 6 milliards d’euros par an.
    • Les transports sanitaires non urgents changeraient de payeur par étapes : Les complémentaires deviendraient entièrement responsables des transports sanitaires non urgents, selon un calendrier progressif : « d’abord les transports programmés ponctuels, puis les transports liés aux séances répétitives et les transports de patients dialysés ».
    • La lettre de mission demandait aussi des propositions sur le « traitement et partage des données » : La presse ne précise pas ce que recommande le rapport sur ce point. Or cibler la prévention ou conditionner un bonus suppose d’exploiter des données de santé. Selon une contribution de l’association Action Patients, la Mutualité française juge difficile l’accès des mutuelles au Système national des données de santé (SNDS).

    Une réforme renvoyée au débat présidentiel

    Stéphanie Rist a estimé dans Les Échos que la démarche « peut faire sens », à condition d’être « sûr que cela n’entraverait pas l’accès des Français aux soins ». Elle y voit toutefois un sujet relevant de la présidentielle plus que du budget de la Sécurité sociale 2027.

    Source : AFP, dépêche reprise franceinfo (23.09.2026) – fiabilité : presse.

  • Vitality et Google étendent aux États-Unis Vitality AI, leur plateforme de prévention santé

    Le 17 septembre, le groupe Vitality, spécialiste des programmes de prévention adossés à l’assurance, et Google ont annoncé l’extension aux États-Unis de Vitality AI. Construite sur Google Cloud et les modèles Gemini, cette plateforme propose à chaque membre des recommandations, un accompagnement et des récompenses personnalisés pour l’inciter à adopter des comportements favorables à sa santé. L’offre s’adresse désormais à grande échelle aux assureurs santé et aux employeurs américains, alors que plus de 210 000 personnes aux États-Unis ont déjà reçu une action personnalisée depuis juin 2025.

    Pourquoi cela compte : selon Vitality, des récompenses de 19 à 31 dollars, adressées aux bonnes personnes, suffiraient à accroître nettement le recours au dépistage. Pour un financeur de la prévention, l’enjeu serait donc de mieux cibler plutôt que de payer davantage, à condition d’exiger des preuves solides : la plupart des résultats publiés restent déclaratifs.

    De petites récompenses suffisent, si elles visent la bonne personne

    Vitality AI part des données de chaque membre : antécédents, habitudes de vie, facteurs de risque, soit plus de 2 800 variables selon l’entreprise. À partir de ce profil, la plateforme choisit une seule action à lui proposer, celle qu’il a le plus de chances d’accepter et qui lui est le plus utile : un dépistage, un bilan, un objectif de marche. Une récompense en argent accompagne la proposition.

    Vitality avance des chiffres pour montrer que le montant importe moins que le ciblage. Une récompense de 31 dollars a augmenté de 52 % la probabilité qu’un membre réalise un test de cholestérol, par rapport à un membre sans récompense. Pour les dépistages des cancers du col de l’utérus et colorectal, 19 à 25 dollars ont suffi. Sur l’année 2025, l’entreprise attribue à ces incitations 23 302 dépistages de plus que la tendance des années précédentes, soit une hausse de 5,5 %, 219 cancers ou anomalies détectés et, par estimation, six décès évités.

    Des résultats d’un niveau de preuve inégal

    Ces chiffres ne reposent pas tous sur le même niveau de vérification. Selon le communiqué, trois indicateurs ont été examinés par des tiers :

    • une baisse moyenne de 4 % des coûts de sinistres, examinée par Arbital Health ;
    • un retour sur investissement de 180 %, également examiné par Arbital Health ;
    • une réduction de 15 % des coûts ajustés au risque chez les membres les plus engagés, validée par le Validation Institute.

    Les autres résultats sont issus des données internes de Vitality, sans revue extérieure mentionnée. Le taux de « 99,2 % de précision » correspond, d’après l’entreprise, à l’avis de 686 médecins sur des rapports générés par la plateforme, testés auprès de plus de 1 300 salariés du groupe Discovery. Il renseigne sur la qualité perçue des recommandations plutôt que sur un bénéfice clinique mesuré.

    Le programme de marche, qui ferait passer de 4 900 à 6 900 pas par jour, a été analysé chez environ 1 500 membres l’ayant suivi au moins cinq semaines. Les membres qui ont abandonné en cours de route ne sont pas comptés, ce qui peut conduire à surestimer l’effet. Enfin, la baisse de 5 % des sinistres hospitaliers liée au sommeil est présentée par Vitality comme une association, sans que le lien de cause à effet soit établi.

    Google Cloud en infrastructure, Vitality en consolidateur

    L’accord illustre un partage des rôles. Google apporte l’infrastructure et les modèles d’IA ; Vitality apporte des données longitudinales sur ses membres et la relation commerciale avec les financeurs. Vitality se renforce parallèlement, avec une croissance de 22 % de son chiffre d’affaires américain sur un an et les acquisitions récentes d’Icario, Ramp Health et WellSpark. Dans ce schéma, l’avantage concurrentiel se situerait moins dans le modèle d’IA, accessible chez un fournisseur de cloud, que dans les données comportementales accumulées et l’accès aux assurés.

    Ce que cela change

    Assureurs et mutuelles : le modèle suggère de tester des micro-incitations ciblées sur les dépistages les moins suivis, en mesurant l’écart à une tendance de référence.

    Employeurs : l’argument de Vitality porte aussi sur la productivité, avec 4,4 jours productifs récupérés par salarié et par an.

    Start-up de la prévention : l’accès aux données longitudinales et à un canal de distribution deviendrait un critère de différenciation plus décisif que la technologie elle-même.

    Acteurs publics du dépistage : en France, selon Santé publique France, la participation au dépistage organisé du cancer colorectal atteint 30,7 % sur 2024-2025, sous le seuil européen acceptable de 45 %. Ce faible taux en fait un terrain d’expérimentation pour le ciblage des relances.

    Source : Vitality, communiqué de presse (17 septembre 2026) · fiabilité : officielle.

     

  • Prévention : « ce qui n’est pas mesuré n’est pas valorisé », pointe le rapport du député Isaac-Sibille

    Prévention : « ce qui n’est pas mesuré n’est pas valorisé », pointe le rapport du député Isaac-Sibille

    Le député Cyrille Isaac-Sibille (Les Démocrates, Rhône) a présenté ce 16 septembre 2026 les conclusions de la mission que lui a confiée le Premier ministre Sébastien Lecornu en janvier. Remis à Matignon le 13 juillet, ce rapport de 350 pages s’appuie sur 327 auditions, 15 déplacements et 147 contributions écrites en six mois. Il formule 48 propositions en quatre axes : accès aux soins, action sur les lieux de vie, priorisation de quelques enjeux de santé publique, pilotage par la donnée et la science.

    « tout ce qui n’est pas mesurable n’est pas valorisable, tout ce qui n’est pas mesuré n’est pas valorisé ».

    Premier constat : la France conduit un nombre important d’actions de prévention, au point que les auteurs indiquent qu’il n’est pas possible d’en établir un recensement exhaustif. Leur analyse pointe cependant un défaut de méthode et d’évaluation.

    Nombre d’interventions ne reposent pas sur un cadre méthodologique défini ou sur des actions dont l’efficacité a été démontrée. Le rapport propose de passer d’une logique fondée sur la conviction qu’une action sera utile à une logique centrée sur les résultats : préciser en amont les effets attendus et déterminer les moyens de les mesurer. Les auteurs appellent aussi à prendre en compte le coût de l’inaction dans l’évaluation des politiques publiques, au même titre que celui des mesures de prévention.

    Le rapport défend le concept de « prévention primordiale », qui consiste à intervenir sur les environnements dans lesquels les comportements se construisent plutôt qu’à solliciter uniquement les choix individuels.

    Pourquoi cela compte : un référentiel national resserré, distribué via les contrats locaux de santé, donnerait aux territoires un langage commun et mesurable pour justifier leurs actions de prévention plutôt que de les défendre au cas par cas. Les collectivités déjà engagées dans un contrat local de santé seraient les premières à pouvoir s’appuyer sur ces indicateurs pour négocier des moyens.

    Un fil de responsabilité territorial à retisser

    Le diagnostic tient en une image : la prévention française aurait « des musiciens volontaires mais éparpillés », sans chef d’orchestre ni partition commune, ni stratégie unifiée, ni moyens dédiés, ni mesure systématique des résultats. Le Sénat dressait un constat proche dans son propre rapport d’information, publié en juillet. Pour combler ce manque reliant objectifs, moyens, territoires et résultats, la mission propose une conférence nationale de santé désormais annuelle (contre tous les cinq ans aujourd’hui) et une Direction générale de la santé « réarmée ». Au niveau local, elle veut généraliser et rendre opposables les contrats locaux de santé, présentés comme le « bras armé territorial » de la prévention, adossés à un tableau de bord croisant données sanitaires, sociales et environnementales.

    Des priorités resserrées et un retard français à combler

    Plutôt que de disperser l’effort, l’axe 3 propose de concentrer l’action sur cinq priorités : littératie en santé, vaccination, santé mentale, bien vieillir et santé environnementale. Sur la littératie en santé, le retard français est jugé sévère : contrairement à l’Australie, déjà à son deuxième ou troisième plan national, la France n’a presque rien structuré, ni à l’école ni dans le parcours de soins. Le rapport pointe aussi un déficit en sciences de l’implémentation (la discipline qui étudie comment une intervention prouvée efficace se déploie sur le terrain) faute de quoi la France resterait dans une « course aux bonnes idées » plutôt qu’une logique de preuve.Uun service public de santé pour l’enfance et la jeunesse

    Le rapport estime que les politiques de prévention restent insuffisamment organisées autour des enfants, des jeunes et des étudiants, alors que le système consacre une part importante de ses ressources aux personnes déjà malades et plus âgées. Parmi ses propositions figure donc la création d’un service public de santé pour l’enfance et la jeunesse. Celui-ci aurait pour objectif de créer un continuum entre les différents dispositifs existants, sans nécessairement les fusionner, depuis la naissance jusqu’à l’entrée dans la vie active.

    Le rapport évoque également la création d’un statut d’emploi permettant de renforcer l’attractivité des carrières dans la prévention, sur le modèle de statuts professionnels existant à l’hôpital.

    Vers un « marché de la prévention » financé à la performance

    Autre ligne de force : sortir la prévention de la logique du pilote isolé pour « l’industrialiser », c’est-à-dire produire des interventions standardisées et évaluées à l’échelle nationale, passer d’une « éthique de la conviction » à une « éthique de la responsabilité », où chaque action doit démontrer un résultat. Le financement suivrait : réinvestissement des gains objectivés des actions de prévention dans leur propre développement, et obligation pour les complémentaires santé de consacrer explicitement une part de leurs dépenses (de l’ordre de 2%) à la prévention. Le rapport propose aussi de faire converger les services de prévention en santé au travail avec la réparation des risques professionnels, aujourd’hui traités séparément.

    Piloter la prévention par la donnée et l’IA

    Le quatrième axe du rapport porte sur le pilotage par la donnée et la science. La mission demande un référentiel national d’indicateurs simplifié, jugés aujourd’hui trop nombreux et trop peu visibles, et s’appuie sur l’autorisation récente de croiser les données de l’Assurance maladie pour lutter contre la fraude comme préfiguration d’un usage plus large au service de la prévention. Sur l’intelligence artificielle, la mission adopte une position mesurée : la prévention algorithmique n’est pas une alternative aux politiques universelles mais un complément, avec un avertissement, le marché avance plus vite que l’État ne régule, ce qui appelle un encadrement rapide des offres privées. Ce constat rejoint celui de la Société française de santé publique, qui alerte, dans sa contribution à la mission, sur le risque qu’une prévention individualisée devienne une activité commerciale échappant à tout contrôle public. Le rapport reconnaît lui-même le risque d’inégalités d’un ciblage algorithmique mal encadré : des actions très individualisées bénéficieraient d’abord à ceux qui ont déjà accès à l’information et aux outils numériques, creusant l’écart plutôt qu’en le comblant.

    Les recommandations en un coup d’œil :

    • Rendre la conférence nationale de santé annuelle et réarmer la Direction générale de la santé.
    • Généraliser et rendre opposables les contrats locaux de santé, bras territorial de la prévention.
    • Créer un tableau de bord territorial croisant données sanitaires, sociales et environnementales.
    • Concentrer l’action sur cinq priorités : littératie en santé, vaccination, santé mentale, bien vieillir, santé environnementale.
    • Développer les sciences de l’implémentation pour combler le retard français.
    • Industrialiser la prévention : passer d’une logique de conviction à une logique de résultats évalués.
    • Réinvestir les gains objectivés des actions de prévention dans leur propre financement.
    • Imposer aux complémentaires santé une part explicite de leurs dépenses consacrée à la prévention.
    • Faire converger prévention en santé au travail et réparation des risques professionnels.
    • Simplifier et rendre visible le référentiel national d’indicateurs de suivi de la prévention.
    • Étendre le croisement des données de santé, aujourd’hui utilisé contre la fraude, au pilotage de la prévention.
    • Encadrer la prévention algorithmique comme un complément, non une alternative, aux politiques universelles.

    Les auteurs estiment enfin que les effets d’une politique de prévention ne doivent pas nécessairement être attendus pendant plusieurs générations. La littérature internationale documente, selon eux, des interventions susceptibles de produire des résultats en quelques mois ou quelques années. Les territoires ultramarins par exemple figurent parmi les expériences examinées par la mission. Le rapport cite notamment La Réunion comme un exemple de politique de prévention décentralisée, sans en détailler publiquement les modalités à ce stade.

    Source : Cyrille Isaac-Sibille, rapport de mission gouvernementale « Construire un système de prévention primordiale », remis au Premier ministre le 13 juillet 2026 et présenté à l’Assemblée nationale le 16 septembre 2026 (communiqué) · fiabilité : officielle ; rapport non publié en ligne à ce jour.

  • Le Cercle Galien recommande de former rapidement les PS à l’IA avec une vision européenne (rapport)

    « Former rapidement les professionnels de santé aux évolutions de l’intelligence artificielle (IA), des technologies numériques basées sur l’utilisation des algorithmes et des bases de données, et de la réglementation en la matière avec une vision européenne. » C’est l’une des 6 recommandations du Cercle Galien, présentée dans son rapport annuel 2019 « La région, pivot de la gouvernance – Système de santé : Que faut-il nationaliser ? Que faut-il décentraliser ?« , publié le 16 janvier 2020.

    Alors que le Prix Galien met en lumière les innovations disponibles pour les patients en France, le Cercle Galien a été fondé pour soulever les enjeux de l’innovation en santé, identifier ses impacts sur le système de soins et suggérer des réponses pour en assurer l’essor.

    Dans ce rapport 2019, le groupe de réflexion émet 6 recommandations : 
    • 1. mettre en œuvre une gouvernance régionale décisionnaire avec notamment la nomination d’un directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) irrévocable conjointement par la ministre de la Santé et le président du conseil régional, avec l’édition d’une feuille de route ;
    • 2. contractualiser avec les conseils régionaux pour porter des objectifs nationaux et mettre en œuvre des projets issus des territoires ;
    • 3. déployer des services de proximité ;
    • 4. généraliser au niveau régional des expérimentations locales sur le financement (forfaits, capitation, épisodes de soins…) ;
    • 5. coordonner le secteur médico-social départemental avec les régions afin de garder une cohérence dans les prises en charge et les parcours ;
    • 6. valoriser la data et l’intelligence artificielle, et accompagner les évolutions des métiers des professionnels de santé au niveau national.

    Sont par ailleurs mis en avant dans ce document des exemples de nouveaux dispositifs déployés depuis quelques années au Danemark, au Portugal et aux Pays-Bas concernant la prise en charge du diabète. Des modèles à même d’inspirer le système français selon le Cercle Galien. A contrario, le rapport revient en détail sur l’échec du projet de centralisation du système de soins en Finlande.

    Les 6 recommandations du Cercle Galien

    6. valoriser la data et l’intelligence artificielle, et accompagner les évolutions des métiers des professionnels de santé au niveau national :

    • former rapidement les professionnels de santé aux évolutions de l’intelligence artificielle (IA), des technologies numériques basées sur l’utilisation des algorithmes et des bases de données, et de la réglementation en la matière avec une vision européenne.

    1. mettre en œuvre une gouvernance régionale décisionnaire avec notamment la nomination d’un directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) irrévocable conjointement par la ministre de la Santé et le président du conseil régional, avec l’édition d’une feuille de route :

    • objectif : renforcer l’autonomie des acteurs de santé et leur capacité d’initiative et de coopération au service du parcours en faisant évoluer le rôle des ARS.

    Afin d’encourager une véritable coopération des acteurs, le Cercle Galien estime que le rôle des ARS doit évoluer « vers une dimension moins régulatrice, privilégiant davantage l’accompagnement et la facilitation des projets, tout en conservant en ligne de mire l’équité d’accès aux soins et à l’innovation ».

    2. contractualiser avec les conseils régionaux pour porter des objectifs nationaux et mettre en œuvre des projets issus des territoires :

    • faire notamment évoluer les projets régionaux de santé (PRS) pour s’adapter aux spécificités des bassins de population au sein de chaque région ;
    • donner aux régions des compétences et des marges de manœuvre fortes en matière de prévention en s’appuyant sur leurs spécificités épidémiologiques et les acteurs régionaux :
      • le cercle cite les prérogatives actuelles (enseignement secondaire et supérieur, formation professionnelle, apprentissage et alternance, transports…) comme exemples possibles pour la mise en place des actions de prévention « ambitieuses et efficaces ».

    3. déployer des services de proximité :

    • développer des équipes mobiles régionales dédiées à des priorités sanitaires afin de favoriser un accès aux soins dans tous les territoires en s’inspirant des expérimentations en cours :
      • exemple : projet d’équipe mobile de soins bucco-dentaires en Ehpad pour mettre en place une prise en charge quand l’offre de soins est insuffisante ou quand les déplacements sont impossibles en mixant les approches (consultations à distance grâce à la télémédecine, par exemple, et unités mobiles avec prise en charge au plus près des patients isolés) ;
    • élaborer des registres de données de santé et les analyser afin de proposer au niveau régional des organisations innovantes type parcours, avec des degrés de recours adaptés en s’appuyant sur les data et l’intelligence artificielle (IA) et rendre obligatoire l’interopérabilité des systèmes pour accroître le partage des données ;
    • organiser des concertations par région, puis nationales, des professionnels de santé sur ces questions de services de proximité et les parcours.

    4. généraliser au niveau régional des expérimentations locales sur le financement (forfaits, capitation, épisodes de soins…) :

    • qualité et pertinence doivent être les fils rouges de toute prise en charge dans une logique de parcours et à toutes les étapes du parcours, en privilégiant la logique de résultat et les bonnes pratiques médicales ;
    • faire émerger un véritable modèle économique pour des centres de santé de premier recours, qui répondent aux besoins de proximité des patients :
      • des initiatives intéressantes ont été déployées sur les territoires mais leur modèle économique demeure fragile. Pourtant, de telles structures de proximité sont attendues par les citoyens : composées d’une équipe pluridisciplinaire, appuyée sur des pratiques avancées pour libérer du temps médical, avec imagerie et biologie médicale sur place, elles répondent aux besoins et désengorgent les urgences ;
    • diversifier les modes de financement en allant vers des forfaits mixtes plus ambitieux que ceux mis en place actuellement afin de décloisonner les financements, permettant ainsi d’éviter des forfaits séparés entre ville et hôpital, entre privé et public, etc., pour accompagner les patients tout au long de leurs parcours de soins.

    5. coordonner le secteur médico-social départemental avec les régions afin de garder une cohérence dans les prises en charge et les parcours :

    • la région est le bon niveau de décentralisation du fait de sa taille critique pour penser le système de santé et le secteur médico-social, dans un cadre général fixé par l’État portant sur la lutte contre les inégalités et l’équité d’accès aux soins. La région constitue une unité de référence car elle investit à la fois dans la santé, dans la mobilité et le logement, des déterminants forts et à part entière de la santé des citoyens ;
    • favoriser une pleine appropriation des outils d’organisation de l’offre de santé et médico-sociale par les acteurs, en privilégiant la liberté d’initiative et les modèles innovants ;
    • avec la loi de santé se développent des outils prometteurs (hôpitaux de proximité, CPTS, etc.) : ils ne seront pleinement opérationnels que s’ils :
      • communiquent entre eux, proposent une vision moderne du système de santé (réponse fine aux besoins des territoires, développement du « hors les murs »…) ;
      • s’affranchissent d’une vision territoriale centrée sur les seuls GHT pour permettre la coopération de tous les acteurs sanitaires et médico-sociaux sans distinction de statut.
  • Team-up for start-up : contribuer au développement de projets health tech, le 28/01/2020 à Paris

    Bpifrance organise le 28 janvier 2020 à l’Institut Pasteur la soirée Team-up for start-up, l’occasion pour les acteurs du secteur (industriels, incubateurs, fonds, etc.) de rencontrer des start-ups health tech et de proposer leurs compétences pour accélérer le développement de ces jeunes sociétés.

    « Cet événement vise à offrir aux porteurs de projets et aux jeunes start-ups en incubation ou en accélération l’opportunité de rencontrer des personnes intéressées pour contribuer à leur développement comme ressource extérieure, associé ou co-fondateur potentiel« , précise Bpifrance sur son site web.

    Les inscriptions, gratuites mais obligatoires (nombre de place limité), sont à réaliser avant le 17 janvier 2020 par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

    Programme

    • 17h-18h : accueil des contributeurs

    • 18h-20h : pitchs des porteurs de projets (3 minutes chacun) suivis de discussion en table ouverte

  • 18ème Forum Paris Biotech Santé : « La France, start-up nation en santé ? », le 24/01/20 à Paris

    Paris Biotech Santé, un incubateur et une pépinière de start-ups innovantes en santé, organise son 18ème forum le 24 janvier 2020 sur la thématique « La France, start-up nation en santé ? ». Cette matinée sera rythmée par 2 tables rondes portant sur le financement des jeunes entreprises : la première sera centrée sur le marché français, la seconde sur l‘international.

    Les inscriptions, gratuites mais obligatoires, sont à réaliser en ligne via ce lien.

    Programme

  • TakeCareShow 2020, journée nationale sur la e-santé : le 10 octobre à Reims (inscriptions ouvertes)

    La 3ème édition du TakeCareShow, journée nationale de la e-santé organisée par Innovhealth et Hélium, aura lieu le 10 octobre 2020 au Centre des congrès de Reims.

    Le TakeCareShow a pour objectif de rassembler l’ensemble des professionnels de la santé et de la e-santé (hôpitaux, assurances, mutuelles, fabriquant d’objets connectés, acteurs de la silver économie, etc.), qui présenteront les dernières technologies développées au niveau mondial.

    La journée est rythmée par des conférences, des débats et des tables rondes portant sur la santé de demain à échelle internationale. Pour l’édition 2020, un espace salon sera mis en place pour proposer aux professionnels et au grand public de découvrir les dernières innovations du secteur.

    Le programme détaillé de l’événement sera dévoilé ultérieurement. Les inscriptions, gratuites, sont d’ores et déjà ouvertes. Elles sont à réaliser en ligne en suivant ce lien.

  • Invitation H&TI Morning : Swedish health data strategy, le health data hub suédois (23/10/19)

    H&TI a le plaisir de vous inviter à une matinale dédiée à la data en Suède le 23 octobre 2019 au 103, rue de Grenelle à Paris de 10 heures à midi. Après la session portant sur le plan santé digitale du NHS, nous avons le plaisir de recevoir M. Lars Lindsköld, senior advisor healthcare à l’AI Innovation of Sweden, pilote du « health data hub » (HDH) suédois et auteur de AI and Machine Learning for Decision Support in Healthcare, édité en 2018.

    Il présentera notamment la stratégie mise en place pour centraliser les données, ainsi que les aspects techniques et les modes de financements des projets suédois et définira les clés de succès de la mise en œuvre. Nous nous interrogerons sur la transférabilité de ce modèle au moment où le HDH français va naître.
    Les échanges auront lieu en anglais.

    Pour vous inscrire, merci d’envoyer un mail à Azeline.martino@care-insight.fr.

  • La DGOS lance un nouvel AAP sur la convergence des SI des GHT (14 M€) – deadline le 18/11/19

    La DGOS lance un appel à projets (AAP) pour « soutenir la traduction opérationnelle » de la convergence des systèmes d’information (SI) des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Dans une instruction datée du 6 septembre 2019 sont définis la répartition de l’enveloppe de 14 millions d’euros (2019-2020) entre les différentes régions, les thématiques éligibles, les montants forfaitaires pour chaque thématique, le calendrier de mise en œuvre de l’AAP et les modalités de gestion par les agences régionales de santé (ARS). Cette instruction est publiée en complément des mesures prises dans le cadre du programme Hop’en, précise la DGOS.

    Sont éligibles à l’accompagnement financier national 2019-2020 les opérations de convergence des SI hospitaliers suivantes :
    • la mise en place d’une équipe commune chargée des SI du GHT (thématique n°1) ;
    • l’outillage des fonctions support mises en commun au sein du GHT (thématique n°2) ;
    • la mise en place d’un socle technologique commun (thématique n°3).

    Le barème forfaitaire national par thématique est détaillé en annexe 1 de l’instruction.

    L’enveloppe sera déléguée en 2 temps : « 50 % dès 2019 de délégation des financements « aides à la contractualisation » et les sommes complémentaires lors des circulaires budgétaires de délégation des financements « aides à la contractualisation » (…), au regard de l’avancement des projets accompagnés. Les sommes non consommées pourront être réallouées à d’autres régions », est-il expliqué dans l’instruction.

    Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 18 novembre 2019. Les GHT peuvent répondre à l’appel en ligne (modalités précisées dans l’instruction). Les notifications seront adressées aux GHT le 2 décembre. Si leur candidature est retenue, « la première partie des financements (50 %) leur sera allouée dans les jours qui suivront, avant la fin de l’année », indique la DGOS.

    Des projets de convergence des SI des GHT sont menés depuis 2016

    Des projets de convergence des SI des établissements appartenant au groupement sont menés depuis 2016 dans le cadre de la mise en place des GHT.

    Pour rappel, le programme Hop’en succède au programme « Hôpital numérique », qui a dédié 400 millions d’euros à la modernisation des systèmes d’information hospitaliers (SIH) de 2012 à 2017.

    Ce programme est doté d’une enveloppe de 420 millions d’euros dans le cadre du grand plan d’investissement (GPI), notamment pour accélérer la transformation numérique des établissements de santé publics et privés. Pour les établissements publics, ces financements peuvent être alloués à un groupement hospitalier de territoire (GHT) ou à une partie des établissements (un ou plusieurs) du groupement.

    Une 1er AAP lancé en 2017 pour accompagner la mise en œuvre opérationnelle des projets médico-soignants partagés des GHT

    Fin 2017, la DGOS avait lancé un premier appel à projets (AAP) pour accompagner la mise en œuvre opérationnelle des projets médico-soignants partagés des GHT.

    Doté de 25 millions d’euros, il était réparti en 16 thématiques, dont 4 portaient sur les SI des GHT.

    Un appel à projet géré par chaque ARS

    Le présent AAP est géré par les ARS. Chacun d’entre elles dispose d’une enveloppe régionale disponible jusqu’à fin 2019 pour l’amorçage et fin 2020 pour l’usage. Cette enveloppe est calculée en fonction du volume d’activité des établissements publics de santé parties aux différents GHT (annexe 2).

    Chaque ARS « est chargée d’instruire les candidatures reçues et de sélectionner les projets qui seront accompagnés dans le respect des critères d’éligibilité, des conditions de financements présentées et selon ses propres procédures », indique la DGOS.

    Lors du processus de sélection, chaque ARS devra associer et informer les représentants locaux des établissements éligibles. Chaque agence est également chargée d’assurer le suivi des projets et de valider le paiement des tranches supplémentaires pour que les sommes afférentes puissent être déléguées, est-il précisé.

    La DGOS assure de son côté le suivi des délégations financières et le calendrier global de l’AAP. Elle est est ainsi responsable :

    • de la mise à disposition d’une plateforme permettant le dépôt et le suivi des dossiers ;
    • de la consolidation des éléments remontés par les ARS ;
    • du suivi du respect des enveloppes régionales par les ARS.

    Une enveloppe déléguée en 2 temps

    • Pour chaque projet (un même GHT peut être accompagné au titre de plusieurs projets), un financement d’amorçage est attribué dès la sélection du projet : ce premier financement forfaitaire s’élève à 50 % des sommes totales.
    • Les sommes restantes seront attribuées à mesure que les GHT concernés présenteront les éléments de preuve de l’atteinte de paliers définis. Ce sont les ARS qui définissent les modalités de suivi des projets et de vérification de l’atteinte des paliers en question.

    Modalités de candidature

    Les candidatures peuvent être envoyées jusqu’au 18 novembre 2019. Chaque GHT doit candidater auprès de l’ARS de laquelle relève son établissement support.

    Chaque GHT peut candidater pour plusieurs projets :

    • il peut s’agir de plusieurs projets relevant de la même thématique : par exemple, un GHT qui souhaite mettre en place à la fois un réseau de téléphonie commun mais aussi homogénéiser ses référentiels et nomenclatures, peut déposer 2 projets au titre de la thématique n° 1 ;
    • il peut s’agir de plusieurs projets correspondant à différentes thématiques.

    Le nombre de projets auxquels candidate chaque GHT, n’est pas limité.

    Critères d’éligibilité :

    Pour candidater, les GHT doivent remplir les critères d’éligibilité suivants et les justifier dans leur dossier de candidature sur l’outil de dépôt et/ou sur l’observatoire des systèmes d’information de santé (oSIS) selon les conditions :

    • le projet médical partagé et le projet de soins partagé ont été approuvés (la décision d’approbation des avenants concernés, par l’ARS concernée, peut par exemple être jointe au dossier) ou, à défaut, ont été transmis à l’ARS et fait l’objet d’un premier dialogue de gestion ;
    • le DSI de GHT est nommé (la décision de nomination de ce responsable peut par exemple être jointe au dossier) ;
    • l’ensemble des indicateurs des 3 onglets de la convergence GHT doivent être remplis sur oSIS ;
    • le schéma directeur des systèmes d’information du GHT a été validé, conforme aux objectifs du projet médical partagé.
      • Ce schéma directeur doit reprendre a minima les éléments de la fiche pratique 2 du guide méthodologique « Stratégie, optimisation et gestion commune d’un système d’information convergent d’un GHT » et présente en annexe 4 (cette fiche présente les éléments suivants : introduction au SDSI, état des lieux des différents SI, objectifs, le système d’information cible, les projets du schéma directeur, évaluation, pilotage du système d’information) et doit être déposé par l’établissement support sur l’oSIS dans l’espace dédié.

    « Chaque ARS peut définir, au regard de ces critères et d’éléments complémentaires définis régionalement en cohérence avec la politique nationale du numérique en santé, un cadre de candidature plus précis (notamment quant au contenu du dossier de candidature) », note la DGOS.

    Candidater :

    Les dossiers de candidatures doivent être déposés sur l’espace de candidature en ligne disponible pour sa région sur le site démarches-simplifiées (voir annexe 5). « Afin de pouvoir accéder à cet espace et remplir le formulaire de candidature, chaque GHT doit désigner le référent du projet qui pourra demander la création d’un compte usager directement sur le site », est-il indiqué.

    Les éléments complémentaires régionaux et les modalités de sélection des projets formalisés doivent être transmises par chaque ARS au bureau PF5 de la DGOS (dgos-si-ght@sante.gouv.fr) pour adaptation du formulaire de candidature à la région concernée.

    Modalités de sélection :

    Lors du processus de sélection, les ARS devront prêter une attention particulière :

    • à la robustesse et au réalisme des projets déposés ;
    • à la soutenabilité du projet, au terme de son financement par le présent dispositif (au regard notamment des dépenses pérennes et récurrentes induites) ;
    • à l’articulation avec d’autres modalités de financement ou d’accompagnement déjà octroyées ou envisagées, notamment du précédent appel à projet GHT.