Pilotage

  • Revue de presse : les derniers mouvements d’Apple dans la santé

    Apple communique peu ou pas sur sa stratégie en règle générale et en particulier en santé.

    H&TI a analysé le 25 novembre 2016 les articles de presse des derniers mois pour retracer les récents mouvements de la société californienne dans le secteur de la santé.

    Partenariats

    • Parmi les partenariats d’Apple on peut citer le partenariat d’essais cliniques avec l’hopital Beth Israel Deaconess et une initiative de médecine de précision avec Scripps Translational Science Institute, selon Politico.
    • La société a également établi en avril 2015 un partenariat avec IBM, Johnson & Johnson et Medtronic sur la plate-forme d’informatique cognitive Watson Health Cloud. La plateforme offre des services personnalisés d’analyse de données aux cliniciens.
    • Le 17 juillet 2016 un partenariat avec GSK a été signé pour le développement d’une étude clinique sur la polyarthrite rhumatoïde via une application iPhone sur la plateforme Apple ResearchKit.

    Recrutements et acquisitions

    • Avec une équipe de santé actuelle d’environ 100 personnes, y compris des experts de dispositifs médicaux et de capteurs médicaux, Apple semble sur le point d’aller au-delà des applications de remise en forme en se concentrant désormais sur des technologies médicales et des systèmes de soutien clinique.
    • En août 2016, Apple a confirmé sa première acquisition de santé numérique, Gliimpse. La firme de Redwood, qui a recueilli environ 1 M $ en fonds de démarrage, espère faire progresser l’interopérabilité en agrégeant les données sur la santé dans un seul dossier numérique.
    • Le 31 octobre 2016, selon Mobilehealthnews, Apple a embauché le directeur de la médecine et de la stratégie mobile de Duke University, le Dr Ricky Bloomfield, qui a aidé à mettre en œuvre à la fois HealthKit et Research Kit, pour rejoindre son équipe de santé.
    • Il fait suite à l’arrivée en septembre 2016 du médecin Mike Evans, responsable de la médecine préventive numérique à Li Ka Shing Knowledge Institute à Toronto.
      • Parmi les autres recrutements, on trouve l’endocrinologue pédiatrique Rajiv Kumar en juin 2016, qui a mis en place HealthKit pour aider les patients à gérer leur diabète et Stephen Friend, président et cofondateur de Sage Bionetworks, qui a développé l’infrastructure logicielle pour certaines applications ResearchKit.
      • Selon Politico, on trouve, dans les dernières offres d’emploi publiées par Apple, un cadre de développement commercial ayant une expérience en bien-être corporatif et un expert en visualisation de données pour créer un logiciel qui fournit aux utilisateurs des informations sur leurs données de santé tout en garantissant leur confidentialité.
      • Toujours selon Politico, la société aurait également affiché, puis supprimé, une offre d’emploi pour un avocat expérimenté dans la conformité FDA et la confidentialité des données de santé.

    Applications en santé et dispositifs médicaux

    • Apple a une demande de brevet en attente pour un nouveau dispositif portable qui peut mesurer avec précision l’information électrocardiographique à travers différentes zones du corps et fournir aux médecins des lectures exécutables, selon Fortune.
    • En septembre 2016, Aetna a annoncé qu’elle couvrirait une bonne partie du coût de l’Apple Watch pour certains grands employeurs et clients individuels. L’assureur de santé prévoit également de fournir gratuitement des Apple Watch à près de 50 000 employés.
    • Apple a également introduit deux nouvelles applications de santé pour les appareils Apple – AirStrip et 3D4Medical.
      • AirStrip permet aux médecins de vérifier les horaires de rendez-vous sur une montre Apple et d’obtenir des commentaires sur les diagnostics des patients.
      • Avec le grand portefeuille 3D4Medical d’images anatomiques 3D, les médecins peuvent aider les patients à visualiser les blessures et autres conditions médicales.
    • Apple a augmenté ses exigences en ce qui concerne la santé et les applications médicales vendues dans l’App Store.
      • Dans la mise à jour App Store Review Guidelines publié début 2016, la société a averti que les applications qui pourraient fournir des données inexactes ou être utilisés pour diagnostiquer ou traiter les patients recevront un examen approfondi. Ceux qui risquent de causer des dommages physiques peuvent être rejetés.
    • Le lecteur ECG d’Apple devrait être lancé en 2017, selon Decision Resources Group.
  • NHS : nouveau partenariat avec Google DeepMind pour la détection des patients à risques

    Un partenariat de cinq ans visant à améliorer la détection des patients à risques, tel est l’objet du nouvel accord signé entre le NHS et Google DeepMind le 22 novembre 2016.

    Les médecins d’un groupe de 3 hôpitaux londoniens (la Royal Free London NHS Foundation qui comprend l’hôpital Barnet, le Chase Farm et le Royal Free) pourront utiliser l’application Streams utilisant l’intelligence artificielle de DeepMind, pour recevoir des alertes sur l’état de santé de patients souffrant de problèmes rénaux.

    Une utilisation des données de 1,6 millions de patients du NHS

    • L’application de DeepMind utilisera les données de 1,6 millions de patients du NHS afin de détecter les premier signes de maladie ou de dégradation de l’état de santé.
    • Cet accord remplace celui signé le 29 septembre 2015 entre DeepMind et le NHS.
    • DeepMind avait suspendu l’utilisation de son application Streams, co développée avec le NHS, en juillet 2016, après de vives critiques sur le partage des données des patients britanniques par le NHS.
    • DeepMind annonçait alors attendre l’enregistrement de son application auprès de l’autorité régulatrice britannique (MHRA). Autorisation accordée depuis.
    • L’autorité indépendante britannique en charge de l’information et des droits (ICO) avait annoncé en mai 2016 l’ouverture d’une enquête sur cet accord de partage de données, en collaboration avec le National Data Guardian (agence nationale en charge de la protection des données de santé), afin d’en vérifier la conformité avec la loi sur la protection des données (Data Protection Act).

    A l’occasion de la signature de cet accord, Mustafa Suleyman, co-fondateur de DeepMind a déclaré que les critiques négatives qui ont entouré l’accord avec le NHS sont « pilotés par un groupe cherchant à imposer ses propres intérêts. »

  • XIe séminaire franco-américain d’économie & politiques de santé le 14/12/16 à Paris Descartes

    Le XIème séminaire annuel franco-américain d’économie et politiques de santé, ayant pour thème « Valeurs, prix et négociation des innovations thérapeutiques », aura lieu le 14 décembre 2016 à l’Université Paris Descartes, présidée par Frédéric Dardel.

    Dédié à la problématique de la valeur et de la négociation des prix des médicaments innovants, cet événement réunit des orateurs internationaux venant partager leurs visions et expériences afin de proposer une compréhension des mutations en cours et une réflexion active pour de solutions de réorganisation.

    L’inscription est obligatoire avant le 4 décembre 2016, payante :
    – Professionnels : 250€
    – Inscription de soutien : montant libre au delà du montant « professionnels »
    – Étudiants & académiques : 30 places mécénat,

    Exclusivement en ligne à l’adresse: « DescartesBerkeleyStrasbourg@gmail.com ».

    La liste des intervenants

    – Patrick Errard, Président du Leem

    – Virginie Lefebvre-Dutilleul, Avocat associé, Ernst & Young

    – Noël Renaudin, Past-President, CEPS

    – Eric Le Berrigaud, Head of European Equities, Bryan, Garnier & Co

    – Francis Megerlin, Pr à l’Université de Strasbourg

    – EUCOR (The European Campus), CEIE, Senior Fellow, Berkeley Center for Health Technology, UC Berkeley

    – Jens Grueger, PhD, Vice President, Global Pricing and Market Access, Roche Pharmaceuticals, Basel- Kimberly MacPherson, Associate Director of Health Management, Haas School of Business, Co-Director, Berkeley Center for Health Technology, University of California, Berkeley

    – Ruth Lopert, Pr ad., George Washington University, Deputy Director, Pharma Policy & Strategy, Pharmaceuticals & Health Technologies Group, Management Sciences for Health

    – Jean-Noël Bail, vice-président, GSK France- Frédéric Chassagnol, directeur Accès au marché et valorisation, Roche France

    – Yannick Sabatin, Strategic planning and Innovation Director, Celgene France

    – Jean-Michel Descoutures, pharmacien CH Argenteuil (95), coordinateur médicaments, Réseau des acheteurs hospitaliers

    – Frédéric Dardel, Président de l’université Paris Descartes

    – François Lhoste, Pr à l’université Paris Descartes, co-directeur SMIS ESSEC

    – Pr Jean-Yves Pabst (EUCOR, CEIE)

    – Pr James C Robinson

    Le détail du programme de ce séminaire est disponible via le lien ci-dessous :
    Programme détaillé du XIe séminaire annuel franco-américain

  • Dossier patient informatisé : partenariat entre Nexus France et Enovacom

    Compléter son offre de gestion de DPI Emed et renforcer sa démarche d’accompagnement auprès de tous les établissements de santé, publics ou privés, tel est l’objet du partenariat signé par Nexus France avec Enovacom le 24 novembre 2016.

    Cette association permettra la remontée automatique des données vitales patients depuis les dispositifs biomédicaux dans le dossier patient Emed.

    Depuis 2014, Enovacom propose le logiciel d’interopérabilité biomédicale Patient Connect qui permet de connecter tout type d’appareils biomédicaux (moniteurs, ECG, tensiomètres, …) aux dossiers patients et dossiers de spécialités informatisés.

  • Data : L’écosystème d’Alphabet Inc. (Google) dans la santé et les sciences de la vie

    • Google Ventures en 2009, devenu GV en 2015,
    • Google X en 2010, devenu X depuis 2015
    • Calico en 2013,
    • DeepMind racheté en 2014,
    • Google Life sciences, division de Google X jusqu’en août 2015, puis Verily Life Sciences depuis décembre 2015,

    telles sont les principales sociétés et filiales d’Alphabet Inc. (ex. Google) actives dans le secteur de la santé et des sciences de la vie.

    Depuis 2010, au travers des ces entités, Alphabet Inc. multiplie les partenariats technologiques, les investissements, et les associations de type joint ventures dans tous les secteurs de la technologie en santé.

    Rien qu’avec les investissements de GV, c’est plus de1,5 Mds $ (1,42Mds €) qui ont été injectés dans des entreprises du secteur de la santé depuis 2010.

    H&TI a rassemblé ces informations pour établir une cartographie de cet écosystème en croissance.

  • Cancer : initiative commune d’IBM Watson Health et du Broad Institute d’Harvard et du MIT

    Aider les chercheurs à découvrir pourquoi les tumeurs cancéreuses développent des résistance aux traitements, tel est l’objectif de l’initiative en recherche annoncée le 10 novembre 2016 par IBM Watson Health et le Broad Institute d’Harvard et du MIT.

    Cette collaboration, dotée d’un budget de 50M $ (46,9M €) va fournir à Watson de nombreuses données génomiques anonymisées afin d’étudier plusieurs milliers de tumeurs résistantes.

    Le 17 octobre 2016, IBM annonçait un autre partenariat avec la société Quest Diagnostics et le Memorial Sloan Kettering Cancer Center, pour faire avancer le séquençage et la recherche génétique sur le cancer.

    Le Broad Institute collabore également avec Intel depuis le 17 novembre 2016, dans un projet sur 5 ans doté de 25M $ (23,5M €) pour aider les chercheurs à analyser d’importants volumes de données génétiques.

    Selon l’American Cancer Society, le développement de résistances des cancers aux traitements causeraient 600 000 décès chaque années aux Etats-Unis.

    Pour aider les scientifiques à comprendre ces mécanismes encore peu connus, le Broad Institute va générer des données issues du séquençage de tumeurs prélevées sur des patients ayant d’abord bien répondu au traitement et ont développé une résistance dans un second temps. Ces données seront analysées par Watson afin d’identifier les schémas génétiques

  • Télémédecine : la FHF déplore « l’absence de déverrouillage du modèle économique » dans le PLFSS

    « L’absence persistante de modalités tarifaires stables demeure un obstacle de taille pour permettre le développement des activités de télémédecine », affirme la FHF dans un communiqué du 22 novembre 2016, visant les mesures concernant le développement de la télémédecine contenues dans le projet de PLFSS 2017 en cours d’examen au Parlement.

    Si la Fédération « salue la généralisation du cadre expérimental de la télémédecine à tout le territoire, introduite par l’article 47 du PLFSS », elle « déplore l’absence de déverrouillage complet du modèle économique de la télémédecine tant attendu par les établissements, les équipes soignantes et les patients, à l’heure de la mise en place des stratégies de groupes des groupements hospitaliers de territoire ».

    Selon la FHF, le développement de la télémédecine permettrait:
    • De répondre notamment à la problématique de la désertification médicale de certains territoires
    • De réduire les coûts de transports évitables
    • De renforcer la coopération inter-établissements,
    • De constituer le levier indispensable de transformation opérationnelle du système de soins
    • D’offrir possibilités immenses de remodelages innovants et efficients des organisations

    « Au terme de plus de 300 expérimentations portées par les acteurs de santé et dont ont pu bénéficier les patients, aussi bien dans le champ sanitaire que dans le secteur médico-social et social, il devient impératif que ce levier numérique puisse s’intégrer pleinement dans la pratique médicale », souligne la Fédération dans son communiqué.

  • « Des soins de plus grande qualité coûtent moins cher ! » (Dr. Peter Edelstein, CMO Elsevier)

    • Une approche populationnelle pour améliorer les résultats,
    • Une plus grande responsabilisation du patient,
    • Un changement des mentalités des professionnels de santé et une révolution culturelle,

    telles sont les grandes tendances dans les systèmes de santé à travers le monde selon le Dr. Peter Edelestein, directeur médical d’Elsevier, qu’H&TI a rencontré lors de son passage à Paris le 9 novembre 2016.

    Les principales déclarations à retenir :

    « Nous devons arrêter de considérer la santé comme une simple relation patient-docteur, et commencer à parler de population. Les patients et les médecins seuls ne peuvent pas venir à bout d’épidémies comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires, Alzheimer ou le cancer ».

    « Il s’agit également de parler de réduction des coûts des soins, et d’envisager enfin le fait que nous devons plus responsabiliser le patient sur sa santé et la question des soins. ».

     » La technologie est un excellent véhicule. Mais une information sérieuse, actualisée et basée sur la preuve est la solution. Le manque de technologie ne doit certainement pas être utilisé comme une excuse à la mauvaise qualité des soins. « 

    Quelles sont les grandes tendances en santé aujourd’hui ?

    Même s’il existe de nombreuses différences entre les pays, et parfois à l’intérieur même de pays comme l’Inde ou la Chine, nous observons plusieurs grandes tendances.

    D’abord, nous devons arrêter de considérer la santé comme une simple relation patient-docteur, et commencer à parler de population. Les patients et les médecins seuls ne peuvent pas venir à bout d’épidémies comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires, Alzheimer  ou le cancer.

    Il s’agit également de parler de réduction des coûts des soins, et d’envisager enfin le fait que nous devons plus responsabiliser le patient sur sa santé et  la question des soins.

    Il est cependant politiquement risqué d’oser dire aux gens qu’ils doivent prendre soin d’eux. Et les médecins n’aiment pas qu’on leur dise comment ils doivent pratiquer. Ce sont des experts qui ne veulent pas recevoir de conseils.

    Quelles sont les origines de ces tendances ?

    Tout a commencé aux Etats-Unis avec la réforme de l’« Affordable Care Act » (Obamacare). Avant cela, les Etats-Unis ont connu deux réformes majeures du système de santé qui n’ont pas tenu dans le temps. Obamacare, même si elle nécessite de profondes évolutions, n’a pas disparu pour deux raisons principales :

    Ce qui n’était abordé que dans les discussions entre économistes a commencé à apparaître à la télévision, dans les journaux et les magazines: 17% du PIB américain est consacré aux soins. Pour 100 $ dépensés, 17$ vont à la santé. Les gens ont d’abord commencé à dire que c’était beaucoup trop. Puis ils se sont ravisés en se disant que cela valait bien le meilleur système de santé du monde. Le problème c’est que ce dernier point est faux.

    C’est la deuxième raison. Quand nous avons commencé à étudier les résultats pour les 10 principales pathologies, nous nous sommes aperçus que nous n’étions jamais premiers;  plutôt classés 50e. C’est un peu comme payer pour une voiture qui ne marche pas. Une fois que le public a pris conscience de ça, il a commencé à se poser des questions.

    En 1999, l’Institut de médecine a publié une étude célèbre : « l’erreur est humaine ». L’article montrait que la 3e cause de décès aux États-Unis pour les adultes, ce sont les erreurs évitables à l’hôpital. Entre 200 000 et 400 000 Américains meurent prématurément chaque année. Le coût de ces décès est estimé à 1 billion de $ par an.

    On sait parfaitement que quand des pays comme la France publieront à leur tour ce type de données, les chiffres ne seront pas meilleurs. Ils seront peut-être pires.

    Quand ce genre d’information est diffusé auprès du public, à savoir que les gens paient pour de la mauvaise qualité, cela les met en colère et leur donne un peu plus de pouvoir. Cela n’est pas arrivé partout encore. Mais c’est arrivé en Australie par exemple. L’Australie a récemment publié le taux de morts prématurées : 18000 par an. 50 000 complications évitables. Les gens sont au courant désormais. Même la Chine commence à  publier ses chiffres.

    C’est ce constat qui a conduit les Etats-Unis à s’engager dans cette voie il y a plusieurs années : Il y a beaucoup de problèmes et cela doit changer en profondeur.

    Que faut-il faire pour que cela change ?

    Certains pays comme la Grande-Bretagne ou l’Espagne commencent à réaliser ce qui se passe. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? La première chose à regarder c’est le système : Pourquoi continuer à payer pour de très mauvais soins ? C’est parce que le principal système utilisé dans le monde est le paiement à l’acte.

    Prenons un exemple :

    • Votre père vient me voir avec un grave cancer colorectal.
    • Je dois opérer en urgence, mais j’ai bu un peu trop de vin ce soir-là, je fais du mauvais travail et provoque une complication.
    • Après l’opération, il va donc en soins intensifs.
    • Le 3e jour de son séjour en soins intensifs, une infirmière lui administre la mauvaise dose de médicament, provoquant une insuffisance rénale.
    • Il est mis sous dialyse.
    • Entre temps, j’ai effectué une seconde opération pour réparer l’erreur commise lors de la 1re.
    • Deux semaines plus tard, il quitte les soins intensifs, et 5 semaines plus tard, il quitte l’hôpital pour 3 mois de suivi et de rééducation.

    Tout le monde serait d’accord pour dire qu’il s’agit de très mauvais soins. Pourtant, je suis payé la 1re opération et pour la seconde qui n’a servi qu’à réparer les erreurs de la 1re. L’hôpital est payé pour la dialyse malgré l’erreur commise par l’infirmière et pour le séjour en soins intensifs inutile. La rééducation est également payée.

    Revenons un peu en arrière :

    • Le patient vient me voir avec un grave cancer.
    • J’opère et ne commets pas d’erreur.
    • Il ne va jamais en soins intensifs, ne reçoit jamais de mauvaise dose de médicament, rentre chez lui au bout de 6 jours, sans rééducation.

    Des soins de plus grande qualité coûtent moins cher!

    Revenons encore plus loin en arrière :

    • 3 ans plus tôt, son médecin traitant lui prescrit une coloscopie. Les polypes sont retirés. Il n’a jamais de cancer.

    Cela revient un peu à dire, « je n’ai pas les moyens de me payer une Dacia. Heureusement je peux me payer une Ferrari à la place, parce que c’est moins cher. Payer pour la chose juste coûte moins d’argent et fait que les gens sont en meilleure santé.

    La clé pour en arriver là, c’est l’information. Elsevier fournit de l’information. Il y a 100 ans, le seul moyen de trouver l’information, c’était dans les livres. Aujourd’hui, tout est digital. Notre business c’est l’information sérieuse, actualisée et basée sur la preuve.

    La technologie n’est-elle pas plutôt la clé ?

    C’est une erreur de conception que j’entends souvent : « certes, nous avons une mauvaise qualité de soins, trop d’examens prescrits, beaucoup d’argent dépensé. Mais tout va bien se passer puisque nous venons d’investir dans un système de dossier médical électronique. »

    Les Etats-Unis ont investi des milliards de dollars dans les dossiers médicaux électroniques, juste pour s’apercevoir qu’ils n’ont pas rendu les soins meilleurs. Ce sont juste des véhicules pour transporter l’information. La technologie est un excellent véhicule. Mais l’information sérieuse, actualisée et basée sur la preuve est la solution. Donc si vous n’avez pas de dossier médical électronique, ce n’est pas grave. Il y a toujours le cloud, les smartphones, du papier, des crayons. Les dossiers médicaux électroniques rendent juste les choses plus faciles. Développer l’infrastructure ne doit pas empêcher d’accéder à l’information.

    Comprenez-moi bien. Nous encourageons vivement le développement de la technologie. La force du dossier médical électronique comparé aux imprimés est inimaginable. La télémédecine permet désormais à un médecin de consulter des personnes isolées à l’autre bout du pays ou du monde. Mais le manque de technologie ne doit pas être utilisé comme une excuse à la mauvaise qualité des soins. Ce n’est pas acceptable. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

    Il est question de réformes importantes, voire de changements culturels profonds. Comment y parvient-on ?

    La France pourrait le faire dès demain si elle le décidait. En réalité, changer trop rapidement, légiférer du jour au lendemain, est une erreur. La seule chose que je souhaite est de voir la France s’engager sur cette voie et avancer lentement, mais sûrement. Je pense que le pays est prêt pour cela. Les gens savent que des mesures doivent être prises.

    Le soin basé sur la valeur est la base de toute réforme de santé. Mais cela demande également un changement complet de modèle. Nous avons besoin de passer d’un modèle réactif, précis et efficient à un modèle proactif, préventif et de suivi, hors les murs de l’hôpital. C’est l’exemple que j’ai donné sur le cancer colorectal.

    L’objectif de ce type de réforme dans des pays comme les États-Unis ou la France, qui comptent de nombreux hôpitaux, est de réduire de presque 20% le nombre de lits. Certains visent encore plus haut, car ce n’est pas si compliqué.

    Aux États-Unis, 10% des hospitalisations sont dues au fait que les gens prennent mal leur traitement. La moitié des Américains sous traitement ne le prend pas correctement, conduisant à 125 000 décès chaque année, coûtant 289Mds $. Si nous éduquions mieux et récompensions les gens, nous pourrions fermer près de 10% des lits dans nos hôpitaux! Donnez une balance aux malades du cœur; donnez la bonne technologie aux diabétiques pour mesurer leur glycémie… Il y a là un vrai retour sur investissement, et les gens iront mieux. Pourquoi ne pas commencer immédiatement ?

    Comment s’assurer que les professionnels de santé utilisent la bonne information?

    Nous utilisons un protocole précis que nous appelons « order sets ». Cet order set dit : »dans cet hôpital, pour chaque patiente admise avec un cancer du sein, voilà ce que la recherche et la documentation disponible suggère que vous fassiez. » Cela n’est pas contraignant, vous pouvez choisir de suivre les suggestions ou pas, vous en avez le droit. Mais si vous le ne faites pas, vous devez l’écrire et le justifier. Il y a une fenêtre où vous pouvez écrire « je comprends la suggestion, mais j’utilise un produit différent parce que j’ai déjà soigné cette patiente et je sais qu’elle est allergique. » Cela ne remplace pas le médecin. Mais ce dernier ne peut plus ignorer l’information. Les ordres peuvent être modifiés à tout moment simplement en poussant un bouton, si une nouvelle étude est publiée ou s’ils doivent être adaptés à la pratique d’un établissement.

  • « Better quality costs less » (Dr. Peter Edelstein, CMO Elsevier)

    • population health for better good outcomes
    • less money
    • accountability by patient
    • the challenges of change to doctors, nurses and patient

    are the common themes and and main challenges for healthcare according to Peter Edlestein, CMO at Elsevier. H&TI met him while he was in Paris on November 9th.

    Interview highlights:

    « We need to get away from healthcare being the doctor and the patient and talk about populations. Doctor and patient alone, can’t solve the pandemic of diabetes, the pandemic of heart failure, alzheimer’s or cancer ».

    « We’re also talking about reducing the costs for care, and finally starting to accept that we must shift some of the responsibility for health and healthcare on the patient ».

     » Technology makes care better. But the lack of technology cannot be an excuse for poor care. That’s not acceptable. »

    What are the biggest challenges in healthcare  today?

    Even though there are many individual differences between countries, and in countries like India or China, differences between regions, consistently we see several common themes.

    First, we need to get away from healthcare being the doctor and the patient and talk about populations.  Doctor and patient alone, can’t solve the pandemic of diabetes, the pandemic of heart failure, alzheimer’s or cancer.

    We’re also talking about reducing the costs for care, and finally starting to accept that we must shift some of the responsibility for health and healthcare on the patient.

    But, finally, wether you’re in France or in the US, It’s politically risky to tell people they have to take care of themselves. That’s not true everywhere, like in Asia where some countries can just make rules, but that’s not how we function in Europe or North America. Doctors don’t want to be told how to practice. They’re experts they don’t want advice, because we’re actually worried we could be wrong. And I’m a surgeon I understand that.

    When did it start ?

    It all started in the US with the affordable care act (Obamacare). Why did that happen? The US had already 2 major healthcare reforms that lasted for a few years and went away This one didn’t go away for a couple of reasons:

    What use to be only to talk to economists, the cost of healthcare, was suddenly appearing on TV in the newspapers and magazines. And even though my mother doesn’t understand the graphs of percentage of healthcare vs. GDP, she knows it’s up here and everyone tells that 17% of GDP go in healthcare. The government was quite successful in simplifying the argument and saying every hundred dollars that America spend in anything, 17 is for healthcare. People started saying : « that’s way too much! » But then they said, « it isn’t too much because we have the best healthcare in the world ».

    And that’s the second reason. It’s not true. We started looking at outcomes for the top 10 diseases, and we were never number one. We often ranked number 50, but we weren’t even close on many things. So it’s like you pay more money for a car that is broken down. Once the public started seeing this, it started to wonder.

    In 1999 a famous paper was published by the Institute of Medicine: « To err is human ». It showed that the 3rd leading cause of death in the US for adults are preventable errors in the hospitals. Between 200 and 400 000 Americans die a year at a cost of over 1 trillion $ a year.

    And now we know that when countries like France publish that data, if they do, the figures will be the same or worse than in the US.

    When this kind of information gets into the public, that they’re paying for things that aren’t good, people gets hurt, it angers and empowers them. That has not happened in every country yet, but it’s happened in Australia where they recently released the annual preventable death rate as 18000 a year with 50000 major preventable injuries. Now the people know. Even China released some of their premature death data.

    That’s what led the movement in the US many years ago:  there are many problems and it conceptually has to change.

    What about Europe ?

    Europe is starting to see this, particularly the UK and Spain. What does that mean when you start realizing it? The first thing you do is to look at the system : why are we paying a lot for terrible care ? That’s because the system that’s widely used in the world can be called fee for service.

    Let’s take an example: Your father comes to me with a big cancer in his intestine, blocking it. I have to do an emergency surgery that night. I have had a little too much French wine, I don’t do a good job and cause an injury. So now, after the surgery, he goes to an ICU. His third day in the ICU, the nurse gives him a wrong dose of medicine and his kidneys shut down. Now, he is on dialysis. Meanwhile, I have to perform a second operation to fix the mistake I made in the first one. Two weeks later he leaves the ICU, 5 weeks later, the hospital, he is in rehabilitation for 3 months. Would you agree for him that’s bad quality? Of course. Still, I get paid for all that, so does the hospital, I get paid for the 1st operation, I get paid for the second operation to fix my mistake, I get paid for the dialysis because the nurse made a mistake, I get paid for the ICU he didn’t need, I get paid for the rehab he didn’t need.

    Let’s backup : He comes in with a big cancer, I do a good job, no errors, he never goes to the ICU, never gets the wrong medication, and goes home in 6 days without rehab. Better quality, costs less.

    Backup further :3 years ago, as he’s supposed to, his primary care physician had him a colonoscopy, they removed the polyp, he never gets cancer at all.

    It’s like saying, well I can’t afford a Kia, thank god I can afford a Ferrari, because it’s cheaper.

    Pay the money to do the right thing, it’ll cost you less and they’ll be healthier.

    And the key for that is information. At Elsevier we provide information. A hundred years ago, the only one way to get information was in books, now it’s digital. We’re in the information business, current credible evidence based information.

    What about technology?

    One of the most common misperception I hear is “yes we have all these different bad care, too many tests, too much money spent, but it’s all going to be ok because we bought an electronic health record system.

    In the US we spent billions of dollars 10 years ago on EHRs only to found out they didn’t make healthcare better and didn’t cure cancer. They actually did very little, because they’re just vehicles for information. Technology is a good vehicle but current credible evidence based information is the solution. So if you don’t have EHR everywhere, that’s ok, we have the cloud, we have pencils and papers. EHRs are just better. While you are getting infrastructure, you should still getting information. Stop blaming infrastructure.

    Don’t get me wrong. We strongly encourage better technology. The power of EHR compared to print can’t even be imagined. Telemedicine now allows a cancer expert to consult with someone on a remote Island in Asia. Technology makes care better. But the lack of technology cannot be an excuse for poor care. That’s not acceptable.

    Don’t put the cart before the horse. Some believe the answer is the technology, and the answer is the information. Technology cannot be longer an excuse to bad clinical care that cost too much.

    This about deep reforms and even a cultural changes. How can it be achieved ?

    France could do this tomorrow if they chose to do it. But the reality is that trying to change too quickly, making rules overnight, is a mistake. Only I want to see is France start and slowly move forward, and I think you’re ready. People know that something needs to be done.

    What is the basis of healthcare reform? value based  care, but also a philosophical shift in the model. We need to move away from what we call reactive, acute, efficient care to proactive, out of hospital preventive and maintenance care.

    If you get to the basic of healthcare reform in most countries like the US or France, that have many hospitals, the goal is to reduce the number of beds by about 20%. Some say more.

    What happened in the US. 10% of all hospitalization in the US are related to the fact that  people don’t take their prescription medicines correctly. Half of al Americans on prescription medication  don’t take them correctly, it directly leads to 125 000 deaths a year, an cause 289 billion $ . So, if we simply educated and incented people to take their medication correctly we could close up to 10% of our hospital beds. Now, take very heart failure patient and give them a bathroom scale. Take every diabetic and give them the technology to do their glucose. There’s a real ROI, and people are doing better. Why don’t do this ? I’m passionate about it because people are dying.

    How do you get the doctors and physicians to use this information ?

    In the United States we don’t have orders written by hands. But we use what we call order sets. Order sets say, “ in this hospital, whenever you admit a breast cancer patient, here’s what evidence suggests you should do”. You don’t have to, you can chose not to, but we keep a record of what you do and don’t and we’re allowed to ask you why? You may be right to do differently, but you just have to write it down. “I understand the suggestion, but I use a different dose because I treated this patient before and he needs a smaller dose. It doesn’t replace the doctor. But the doctor cannot ignore the information. The doctors are empowered.

  • Sigfox lève 160 M$ (151 M€) pour développer son réseau IoT dans 60 pays

    Etendre son réseau de communication pour les objets connectés dans 60 pays, tel est l’objectif que va servir la levée de fonds de 160 M$ (151 M€) annoncée par Sigfox le 18 novembre 2016.

    Salesforce, Total, Henri Seydoux, co-fondateur de Parott, Alto Invest, Swen CP, Tamer Group, Bpifrance, Elliott, Intel Capital, Air Liquide, Idinvest Partners et IXO ont participé au financement.

    Cette levée de fonds intervient moins de deux ans après une première levée de 115 M$ (108,5 M€) en février 2015.

    Lancé en 2009 par Ludovic Le Moan, Sigfox déploie un réseau de communication qui permet aux objets connectés d’envoyer de courts messages sur des longues distances. Le réseau fonctionne sur une énergie à basse consommation qui permet de réduire les coûts d’installation et évite les rechargements de batterie trop fréquents.

    Sigfox a levé près de 300 M$ (283 M€) à ce jour et revendique un réseau opérant dans 26 pays.