Pilotage

  • Chine : Ping An Ventures va lever jusqu’à 1,3 Md USD pour investir dans des sociétés de santé

    Début février 2018, la branche capital-risque du plus grand assureur chinois, Ping An Insurance Group, a annoncé qu’elle cherchait à lever jusqu’à 1,3 milliard de dollars US (1 million €) pour deux fonds axés sur la santé.

    Créé en 2012, Ping An Ventures investit principalement dans de jeunes start-up. Les nouveaux fonds permettront d’approfondir la pénétration du groupe dans le secteur des soins et de renforcer sa position au niveau des investissements dans les sociétés en phase de maturité.

    La plus importante levée de fonds réalisée par Ping An Ventures

    L’entreprise a pour objectif de lever entre 300 et 500 millions USD (245-408 M. €) dans un fonds en dollars américains et entre 4 et 5 milliards de yuans (500-650 M. € ; 630-790 M.USD) dans un fonds en yuans en faisant notamment appel à des sociétés de gestion de patrimoine et des investisseurs institutionnels. La récolte de fonds devrait être clôturée au cours de l’année, a indiqué à Reuters une personne proche du dossier.

    Si le but est atteint, il s’agirait des plus importantes levées de fonds réalisées jusqu’à présent par Ping An Ventures dans ces devises. Avec la somme recueillie, la société investira principalement dans des start-up centrées sur la santé, basées aussi bien en Chine qu’à l’étranger, précise Reuters.

    Ping An s’intéresse de plus en plus au marché de la e-santé

    Ce projet ambitieux de Ping An intervient alors que la valeur moyenne des investissements dans les entreprises en phase de maturité a augmenté de 40 % l’an dernier, selon la société de conseil Preqin. Les investissements de plus de 100 millions de dollars US (81,6 M. €) représentaient plus de la moitié de toutes les collectes de fonds mondiales en valeur en 2017, contre à peine 8 % en 2007.

    Cette initiative est aussi liée au fait que Ping An Insurance cherche à stimuler ses investissements directs et son expertise dans le secteur de la santé.

    Deux filiales santé du groupe devraient entrer en Bourse en 2018

    Deux filiales santé de Ping An devraient entrer à la Bourse de Hong Kong cette année : la plateforme de télé-médecine Ping An Good Doctor et Ping An Healthcare Technology, une entreprise de collecte et d’analyse de données médicales. Cette dernière a clôturé début février une levée de fonds pré-IPO de 1,15 milliard USD (940 millions €), a déclaré le groupe chinois, faisant monter sa valeur à environ 8,8 milliards de dollars (7,2 Mds €) selon certaines sources, indique Reuters.

    Par ailleurs, Ping An a lancé en 2017 Global Voyager Fund, un fonds de 1 milliard USD (800 millions €) basé à Hong Kong, dans l’optique de rechercher des opportunités financières dans les domaines de la santé et de la fintech aux États-Unis, en Israël et à Singapour.

  • China: Ping An Ventures will raise up to US$1.3 billion to invest in healthcare companies

    In early February 2018, the venture capital arm of China’s largest insurer, Ping An Insurance Group, announced that it is seeking to raise up to US$1.3 billion (€1m) in two healthcare-focused funds.

    Founded in 2012, Ping An Ventures is known to focus on early-stage investments. The new funds will deepen the group’s penetration into the healthcare sector and strengthen its position in later-stage investments.

    Ping An Ventures’ biggest dollar and yuan funds so far

    The company aims to raise between US$300 and US$500 million (€245-408m) in a dollar fund and between 4 and 5 billion yuan (€500-650m; US$630-790m) in a yuan fund. Wealth management firms and institutional investors are among the investors. The fundraising is expected to be completed within this year, told Reuters a person with direct knowledge of the matter.

    They would be Ping An Ventures’ biggest dollar and yuan funds so far. With the money raised, the company would primarily invest in healthcare start-ups in China and overseas, the source added.

    Ping An is increasingly attracted to the eHealth market

    Ping An project comes as the average value of late-stage investments globally surged by 40% last year, according to Preqin, a source of data and intelligence for the alternative assets industry. Investments of US$100 million-plus (€81.6m) made up more than half of all global VC fundraising by value in 2017, versus barely 8% in 2007.

    This initiative also come as Ping An Insurance, the largest insurance company by market value in China, is seeking to boost its direct investments and expertise in the healthcare sector.

    Two health subsidiaries should go public in 2018

    Two Ping An healthcare-related subsidiaries plan to go public in Hong Kong this year: Ping An Good Doctor, a telemedicine platform, and Ping An Healthcare Technology, a medical data collection and analysis business. In early February, the latter completed a US$1.15 billion (€940m) pre-IPO fundraising round, Ping An said, raising its value to about US$8.8 billion (€7.2b) according to sources, Reuters said.

    In addition, Ping An launched in 2017 Global Voyager Fund, a Hong Kong-based US$1billion (€800m) fund to scout for healthcare and fintech assets in the United States, Israel and Singapore.

  • Nokia entame une revue stratégique de son activité de santé numérique

    L’entreprise Nokia a annoncé le mercredi 14 février 2018 le lancement d’une revue stratégique de son activité de santé numérique, pouvant conduire ou non à une « transaction ou d’autres changements », a déclaré Nokia dans un communiqué de presse.

    La santé numérique fait actuellement partie de son unité Nokia Technologies. L’entreprise précise que ses brevets, partenariats en matière de marque et ses filiales de licence technologique ne seraient pas affectés par l’examen stratégique. Nokia avait procédé au rachat en 2016 de la start-up française Withings pour un montant total de 170 millions d’euros, dans le but de s’implanter sur le marché des objets connectés en e-santé.

    Nokia a également annoncé la suppression de 425 postes en Finlande (sur un total de 6 300 employés du groupe présents dans ce pays), dans le cadre du plan d’économies de 1,2 milliard d’euros annoncé à la suite de l’acquisition en 2016 de son concurrent franco-américain Alcatel-Lucent.

  • Alliance eHealth : des investissements sont nécessaires pour appuyer la transformation de la santé

    L’Alliance eHealth France, en réponse à l’annonce de la transformation du secteur de la santé du Premier ministre et de la ministre de la Santé, publie dans un communiqué du 14 février 2018 les réactions que cette annonce lui inspire.

    L’association représentant les industriels du numérique en santé, constituée de LESISS, du Leem, du Snitem et de SYNTEC Numérique, salue les réformes annoncées du système de santé et manifeste sa volonté d’être associée à la réflexion qui doit être engagée avec les acteurs.

    Par ailleurs, les industriels rappellent qu’une transformation telle que celle annoncée doit être soutenue financièrement et mettent en garde contre le manque d’investissement de soutien afin de maintenir la position de la France sur l’échiquier international.

    La mission « E-santé » chapeautant les instances pilotant le numérique en santé saluée

    Si l’Alliance se réjouit de la prise en compte de la nécessité de donner une place prioritaire au numérique en santé, elle émet des réserves quant au succès de la mission si elle ne s’accompagne pas d’un appui financier.

    L’Alliance eHealth salue :

    • la formulation des 3 objectifs concrets pour l’année 2018 concernant les données médicales devant être disponibles en ligne, la dématérialisation des prescriptions et le partage de l’information entre l’ensemble des professionnels de santé ;
    • l’instauration de la mission « E-santé » auprès de la ministre de la Santé, qui constitue une réponse de longue date de la part de l’industrie de regrouper les instances pilotant le numérique en santé.

    L’association profite de cette occasion pour affirmer sa position quant à la nécessité de poursuivre le développement de nouvelles solutions numériques et de la télémédecine en particulier, au service d’un meilleur suivi médical et d’un parcours de soins plus efficace, et ce au-delà de la généralisation de la téléconsultation.

    Mises en garde et recommandations : les financements et une stratégie pluriannuel font défaut

    Les industriels du numériques mettent toutefois en garde contre l’impact négatif d’un manque de soutien financier adéquat et font des propositions de planification de la stratégie de transformation comme suit :

    • un changement d’échelle est nécessaire et les investissements actuellement alloués au virage numérique en sont pas à la hauteur de la mission ;
    • le développement d’une filière industrielle d’excellence en e-santé est nécessaire ; il faut capitaliser sur les savoir-faire nationaux reconnus dans le cadre de la réorganisation de l’offre de soins ;
    • un plan pluriannuel de développement du numérique en santé doit être élaboré au plus vite pour éviter à la nation d’être dépassé par les États qui ont déjà inscrit le progrès du numérique en santé et les moyens financiers associés dans leur stratégies nationales.
  • Data : BC Platforms noue un partenariat avec Pfizer et Amgen pour gérer leurs données de santé

    BC Platforms, société spécialisée dans les solutions de gestion de données génomiques fondées sur les données du monde réel, a signé le 13 février 2018 un contrat avec Pfizer Finlande pour lui fournir un service de gestion de ses données liées aux maladies cardiovasculaires.

    Ce contrat intervient un mois après la signature d’un contrat similaire avec Amgen Finlande, le 9 janvier 2018, à qui BC Platforms offrait ses services de recherche médicale reposant sur le big data dans les maladies cardiovasculaires et l’oncologie. Ces partenariats reposent sur l’exploitation des données massives des centres de soin et de recherche finlandais au profit de la recherche clinique.

    Pfizer Finlande souhaite améliorer la compréhension des pathologies cardiovasculaires

    Pfizer Finlande va s’appuyer sur la plateforme BCRQUEST.COM afin d’exploiter les données sur les maladies cardiovasculaires et plus exactement la fibrillation auriculaire. La population de données à exploiter a été recueillie par l’hôpital universitaire de Turku et par d’autres centres de soin, auprès de patients souffrant de ladite pathologie, et qui auront été anonymisées au préalable.

    Le partenariat impliquera également Microsoft dont la contribution passera par la mise à disposition de sa plateforme cloud Microsoft Azure.

    Étant donné qu’il s’agit d’une des premières causes de mortalité dans le monde, Pfizer souhaite approfondir sa compréhension des pathologies cardiovasculaires, des maladies complexes afin de proposer les meilleurs traitements possibles.

    BC Platforms se félicite d’avoir été choisi par le leader des traitements des maladies cardiovasculaires et souligne l’opportunité que représente ce type de partenariat dans le domaine de l’exploitation des données fournies par des systèmes de santé innovants et l’optimisation de la recherche et des résultats cliniques.

    À noter que Pfizer et BC Platforms font partie du projet FinnGen, un des plus grands projets de recherche au monde visant à améliorer la santé humaine grâce à la recherche génétique.

    Amgen s’associe avec BC Platforms pour améliorer sa recherche clinique en oncologie

    Amgen a recours à la plateforme de BC Platforms pour étudier les données sur les maladies cardiovasculaires et osseuses, les hémopathies malignes et d’autres types de cancer.

    Amgen s’appuie sur BCRQUEST.COM à deux fins notamment :

    • générer des données probantes du monde réel pour trouver et étudier des groupes de patients sur la base de données cliniques et génétiques combinées ;
    • effectuer des analyses de faisabilité en temps réel pour le recrutement d’essais cliniques et d’autres études axées sur les données.

    En Finlande, une législation favorable à l’utilisation des données de santé, comme en témoigne l’inscription de l’exploitation des données génomiques dans sa stratégie nationale, concerne non seulement l’utilisation des données cliniques à des fins de recherche publique, mais également de recherche privée.

    BC Platforms a mis en place et ouvert un réseau mondial de biobanques avec Microsoft afin de fournir des données de cohortes génomiques et cliniques pour la recherche et le développement pharmaceutique.

    La société ambitionne de devenir la principale plateforme analytique mondiale dans le domaine de la santé d’ici 2020, en donnant accès à pléthore de données génomiques et cliniques et d’échantillons provenant de plus de 5 millions de sujets, toutes consolidées au sein d’un réseau mondial de biobanques.

  • Intelligence artificielle : le NHS encourage la collaboration entre l’Inde et le Royaume-Uni

    Une délégation britannique, composée de représentants des meilleurs hôpitaux du National Health Service (NHS) et des principaux fournisseurs de soins du Royaume-Uni, s’est rendue en Inde du 4 au 8 février 2018 pour encourager l’innovation dans le domaine de la santé.

    Dirigée par le président du NHS England, Sir Malcolm Grant, la délégation a concentré son attention sur les technologies de santé novatrices telles que l’intelligence artificielle (IA) et la promotion de la collaboration entre les deux pays.

    Le NHS souhaite soutenir l’Inde dans la transformation de son industrie de santé

    Une attention particulière portée sur l’IA et la réalité virtuelle

    Le haut-commissariat britannique en Inde a déclaré que la mission était focalisée « sur l’innovation dans les soins et [qu’elle avait pour objectif de répondre] aux besoins changeants de l’offre médicale car les technologies (…) telles que l’intelligence artificielle (IA), les capteurs portables et la réalité virtuelle [devenaient] de plus en plus courantes. »

    Réduire les coûts et proposer des soins plus personnalisés grâce à aux nouvelles technos

    Les délégués médicaux britanniques ont expliqué à leurs homologues indiens comment ils pouvaient réduire les coûts au sein de l’industrie, augmenter l’accès aux soins dans les zones reculées et fournir des solutions de soins plus personnalisées grâce aux nouvelles technologies.

    Health tech : le NHS collaborera avec l’Inde pour déployer de nouvelles solutions

    Le NHS dispose d’un « solide héritage dans le développement (…) de la technologie »

    « Alors que le National Health Service fête son 70e anniversaire, il continue d’être classé parmi les plus importants systèmes de santé au monde, a déclaré Sir Grant dans un communiqué (source : Digitalhealth.net). Nous sommes fiers de notre solide héritage dans le développement de la science et de la technologie mais nous continuons à investir dans l’innovation pour améliorer [l’offre de soins délivrée] aux patients et relever les défis du XXIe siècle. »

    Inde : une industrie de la santé de plus en plus tournée vers la health tech

    La délégation commerciale britannique a assisté aux événements suivants :

    • une conférence organisée à Delhi sur l’avenir des soins avec des directeurs d’hôpitaux, des instituts médicaux, des universités et des sociétés de soins ;
    • une table ronde à Delhi avec dix directeurs d’hôpitaux locaux ;
    • au sommet India-UK Createch, qui s’est tenu à Bombay le 6 février 2018. L’événement avait pour but d’explorer les avantages de la convergence de la créativité et de la technologie (Createch) au sein de l’industrie de santé et plus précisément la manière dont cette fusion permet la création de nouveaux produits, services et expériences à valeur ajoutée.
    • Elle a également visité à Hyderabad (sud de l’Inde) le site d’un hôpital Apollo. Les hôpitaux Apollo sont les premiers centres de soins hyper spécialisés du pays à proposer des services axés sur la médecine moderne.

    Par le biais de cette visite commerciale, le NHS souhaite « développer l’intérêt commun et croissant entre l’Inde et le Royaume-Uni en ce qui concerne les derniers systèmes intelligents et les nouvelles solutions novatrices [disponibles sur le marché] en matière de soins », a ajouté Sir Malcolm Grant.

  • Artificial intelligence: NHS encourages collaboration between India and the United Kingdom

    A UK delegation composed of representatives from top NHS hospitals and leading healthcare providers in the UK visited India from February 4-8th to encourage innovation in the field of health.

    Led by chairman of NHS England Sir Malcolm Grant, the delegation focused on disruptive health technologies such as artificial intelligence (AI) and promoted collaboration between the two countries.

    NHS would like to support India to transform its health industry

    A special focus on AI and virtual reality

    The British High Commission in India stated that the mission was focused on « innovation in healthcare » and it was intended to « address the changing needs of medical provision as disruptive technologies such as artificial intelligence (AI), wearable sensors, and virtual reality become increasingly commonplace. »

    To reduce costs, improve access to health and offer more personalized care via new technology

    The UK healthcare delegates explained to their Indian counterparts how they could reduce costs in the industry, increase access to care in remote areas, and provide more personalized care solutions through new technology.

    Health Tech : NHS wants to work closely with India to deploy new solutions

    The NHS has a « strong heritage in science and technology development »

    « As the National Health Service reaches its 70th anniversary year it continues to be ranked amongst the foremost health systems in the world, » Sir Malcolm Grant said in a statement (source: Digitalhealth.net). « We are proud of our strong heritage in science and technology development, but we continue to invest in innovation to improve patient care and meet the challenges of the 21st century. »

    India: Healthcare industry increasingly focused on health tech

    The trade delegation attended the following events:

    • A conference in Delhi focused on the future of healthcare with senior management of hospitals, medical institutes, colleges and healthcare companies;
    • A round-table meeting in Delhi with ten local hospitals’ CEOs;
    • The India-UK Createch Summit, held in Mumbai on February 6th 2018. The event aimed to explore the convergence of creativity and technology (Createch) and how it’s enabling the creation of new value-added products, services and experiences.
    • It also visited the site of an Apollo hospital in Hyderabad (southern India). Apollo Hospitals are the country’s leading super specialty hospital which give patients the best of modern healthcare.

    Through this trade visit, NHS wants to « nurture the common and growing interest between India and the UK regarding the latest smart systems and pioneering new healthcare solutions, » Sir Malcolm Grant added.

  • Santé populationnelle : est-elle transposable au modèle français ? La FHF s’interroge

    Un sondage rendu public le 6 février 2018 réalisé par le Deloitte Center for Health Solutions pour le compte de NEJM Catalyst, révèle que les financeurs et pourvoyeurs de soins américains concentrent désormais l’essentiel de leurs efforts sur le « population health management ». 

    Le concept de population health management (PHM) consiste à suivre la trajectoire d’une population présentant un même profil de santé et à adapter les stratégies de soins et de suivi en fonction de ses besoins. Si ce concept a été développé aux Etats-Unis, le Canada francophone, au début des années 2000, a adopté une notion similaire – celle de « responsabilité populationnelle en santé – dont la France et la Grande-Bretagne s’inspirent actuellement.

    La Fédération hospitalière de France a fait de la santé populationnelle une priorité politique pour la période 2017-2022. Elle élabore actuellement un guide sur le sujet à l’usage des acteurs du système de santé, à paraître en mai 2018.

    Dans un entretien accordé à H&TI en juillet 2017, Antoine Malone, directeur de projets à la FHF, définissait l’approche populationnelle en santé de la manière suivante : « La responsabilité populationnelle vise à suivre la trajectoire du patient sur l’ensemble de la chaîne de création de valeur, et à répondre ainsi au défi posé par la triple transition épidémiologique, démographique et technologique via des systèmes intégrés. Elle se distingue donc de la notion de parcours par une intégration complète de l’ensemble des services et acteurs autour des besoins des patients et de la population, avec eux et pour eux. »

    Genèse nord-américaine du concept de population health management 

    Un concept développé aux Etats-Unis pour structurer un système de soins intégrés

    Développé aux Etats-Unis au cours des années 1990, le concept de population health management (PHM) est l’extension du disease management (qui renvoie au ciblage de patients atteints d’une maladie définie) à une population spécifique pour une pathologie donnée, par exemple tous les assurés diabétiques d’une région.

    Le PHM est un mode d’organisation et de financement des soins, dont la finalité première est d’aider les professionnels de santé et les financeurs à évaluer le profil de santé et les besoins de populations présentes sur un territoire défini, dans une logique curative et préventive. L’objectif du PHM est de segmenter des populations de patients atteints de la même maladie, d’évaluer leurs besoins et de leur dispenser des soins adaptés.

    L’objectif financier du modèle, tel qu’il a été développé aux Etats-Unis, consiste à réduire les dépenses en prévenant les risques d’apparition de pathologies au sein de populations « bien-portantes » et d’améliorer le suivi et l’état de santé de populations atteintes de maladies chroniques. La logique inhérente au dispositif est préventive : le ciblage de population doit permettre d’identifier et de combler les failles dans la prise en charge de populations à risque ou « bien-portantes ».

    Rôle fondamental des outils numériques dans l’approche populationnelle

    Le concept de « Population Health Management » a été consacré en droit américain par le Patient Protection and Affordable Care Act (PPACA) promulgué le 30 mars 2010. Il repose sur plusieurs leviers technologiques, financiers et institutionnels : 

    • technologiques : le PHM repose sur de puissants systèmes d’agrégation et de traitement des données issues de sources multiples, permettant d’identifier et de segmenter les populations selon leur profil médical sur un territoire défini, d’analyser leurs besoins, de dispenser les soins appropriés, d’assurer leur suivi de long terme et de prédire l’évolution de leur état de santé. 
    • financiers : le système repose sur des indicateurs de performance et des leviers financiers incitatifs visant à encourager les médecins à faire porter leurs actions sur les populations les plus malades ou reléguées aux marges du système de soins (car défavorisées, ou mal informées, etc.).
    • institutionnels : les données permettant de faire émerger le profil sanitaire d’une population donnée à l’échelle d’un territoire proviennent de multiples sources : les acteurs institutionnels pourvoyeurs de données doivent accepter de mutualiser ces données et d’engager une dynamique partenariale.

    Une approche québécoise centrée sur la « responsabilité des parties prenantes » 

    Le Québec a développé au cours des années 2000 un concept proche intitulé « responsabilité populationnelle en santé », qui met en avant la notion de responsabilité des acteurs du systèmes de santé (médecins, assureurs, acteurs de la prévention). L’objectif de la « responsabilité populationnelle » est d’assurer un état de santé maximal chez la population d’un territoire, compte tenu des ressources disponibles. Elle est destinée à coordonner l’offre de soins et de services médico-sociaux en fonction d’une population donnée plutôt qu’en fonction d’un individu. 

    La notion de « responsabilité » constitue la clé-de-voute de ce modèle. Elle est fondée sur l’idée que les autorités locales ont une responsabilité vis-à-vis de leurs administrés, et doivent garantir l’accessibilité aux services concernés, mener des actions de prévention et prévenir les ruptures dans la prise en charge. La responsabilité populationnelle en santé et ses déclinaisons canadiennes ont fait l’objet de plusieurs travaux d’évaluation.

    L’imputabilité change avec la responsabilité populationnelle : les acteurs du territoire doivent s’organiser pour améliorer l’expérience de soins du patient et la santé de la population. L’approche populationnelle doit permettre de générer une triple amélioration de la prise en charge, du bien-être au travail et de l’équilibre budgétaire du système. C’est une modalité de transformation du système, comme l’expliquait Antoine Malone dans l’entretien accordé à H&TI en juillet 2017.

    Un concept transposable au contexte français ?

    La FHF s’est saisie de la question et l’a érigée en priorité politique pour la période 2017-2022

    La Fédération hospitalière de France (FHF) a repris à son compte le concept de « responsabilité populationnelle » – inspiré du modèle québecois.

    La FHF publiait le 28 mars 2017 sa « plateforme politique » pour la période 2017-2022, en vue d’impulser « un nouvel élan rassembleur au sein du système de santé » dans le contexte de l’élection présidentielle de 2017. La Fédération identifiait ainsi 12 priorités, dont la deuxième proposait « d’engager une révolution dans l’organisation de notre système en le fondant sur le principe de la responsabilité populationnelle ».

    La FHF a dégagé cinq lignes directrices permettant de mettre en oeuvre la santé populationnelle en France

    La responsabilité populationnelle recouvre plusieurs enjeux. La FHF en retient une définition analogue au modèle canadien. La responsabilité populationnelle en santé implique selon elle « l’engagement de l’ensemble des acteurs du territoire autour d’objectifs communs pour l’amélioration de la santé de la population sur leur territoire. Elle leur demande d’agir collectivement afin de rendre accessible un ensemble de services sociaux et de santé pertinents et coordonnés ».

    La Fédération dégage cinq lignes directrices pour traduire le concept de responsabilité populationnelle en action : aligner les standards de qualité sur les standards mondiaux, placer les professionnels de santé au coeur de la démarche populationnelle, intégrer la qualité aux objectifs des territoires de santé, développer « massivement » les enquêtes et recherches médico-économiques territorialisées, développer à l’échelle territoriale les outils incitatifs nécessaires à l’atteinte des objectifs qualité.

    Responsabilité populationnelle en santé dans le contexte français : un guide en préparation, à paraître en mai 2018

    Antoine Malone, directeur de projet à la FHF, prépare actuellement un guide dédié à la responsabilité populationnelle, à l’usage des professionnels de santé et des acteurs institutionnels. Elaboré en collaboration avec trois étudiants et un tuteur de l’Executive MBA Santé Paris Dauphine (Université Paris Dauphine), ce document examinera la mise en oeuvre pratique de la responsabilité populationnelle dans un contexte français. Ce guide sera rendu public en mai 2018, à l’occasion de Hôpital Expo.

    Ce guide interrogera les modalités de transposition de ce modèle nord-américain au contexte socio-sanitaire français et ses applications possibles en France à travers, notamment, les GHT.

  • 63 % des Français favorables au développement de la e-santé (Sondage Odoxa)

    L’institut Odoxa a rendu public le jeudi 15 février 2018 les résultats d’une enquête sur la e-santé, réalisée auprès d’un échantillon de 982 Français par internet les 7 et 8 février 2018.

    Il ressort de cette enquête que l’essor de la e-santé est bien perçu par 63% des personnes interrogées. En revanche, les Français ont une connaissance et un usage encore inégaux des outils de la e-santé, invitant davantage de « communication et d’information » de la part des pouvoirs publics et des acteurs privés.

    Si le développement de la e-santé est globalement bien perçu, les innovations en la matière sont inégalement connues

    L’essor de la e-santé est globalement bien perçu

    Le développement de la e-santé constitue une source d’espoir pour 63% des personnes interrogées. Parmi elles, les jeunes sont les plus optimistes (72%), talonnés de près par les CSP+ (70%), les hommes (68%) et les femmes (58%). Les personnes âgées de plus de 65 ans se montrent positives, bien que d’une courte majorité : 55% des seniors interrogés se disent optimistes.

    Les innovations en e-santé sont inégalement connues

    Les personnes interrogées connaissent les dispositifs de télémédecine et des objets connectés : 75% d’entre elles en ont déjà entendu parler. En revanche, la chirurgie augmentée et le big data en santé leur sont moins familiers : 62% des sondés ignorent l’existence de la chirurgie augmentée. Seuls 28% d’entre eux déclarent connaître le big data en santé.

    Pour progresser, l’usage des outils de e-santé doit être encouragé par les secteurs public et privé

    Un usage encore modéré des outils de santé

    Seuls 37% des sondés disent se servir « souvent » ou « de temps en temps » d’objets connectés pour suivre leur santé ou leur activité physique. Les jeunes les utilisent en majorité (60%) tandis que les CSP+ y ont recours pour une petite moitié d’entre eux (46%). A Emile Leclerc, directeur d’études à Odoxa, de conclure : « de l’information et de la communication sont donc toujours nécessaires ».

    L’essor de la e-santé doit résulter d’un effort conjoint des secteurs public et privé

    65% des personnes interrogées considèrent que la e-santé se développera efficacement par une bonne coopération entre les secteurs public et privé. Seuls 24% d’entre elles pensent que le public doit encadrer le développement de la e-santé pour prévenir le risque de dérives ou d’abus. 10% des sondés y sont défavorables.

  • L’URPS Médecins libéraux Ile-de-France signe une charte de bonnes pratiques e-RDV médicaux

    Alors que de nombreux médecins et patients utilisent des plateformes de rendez-vous en ligne, par Internet ou par Appli mobile, la commission Nouvelles technologies de l’URPS Médecins Ile-de-France, a souhaité promouvoir un contexte de confiance dans l’usage de ces nouveaux outils.

    Ainsi, ses représentants ont signé, jeudi 15 février 2018, la première charte pour la protection des utilisateurs et des patients, en présence des éditeurs de plateformes de prise de rendez-vous en ligne.

    L’objectif de la charte e-RDV Médicaux est d’engager les plateformes à adopter les principes du Conseil de l’Ordre des médecins et de bonnes pratiques.

    Genèse du projet

    Fin 2016 : constat de l’apparition d’un marché non structuré, avec plus de 50 outils disposonibles du le marché et une dificulté pour les médecins libéraux de choisir.

    Courant 2017 : L’URPS Médecins décide de recenser ces solutions en lançant une étude de marché de 15 plateformes de rendez-vous en ligne.

    Il s’agit de Allodocteur.fr, Doc.fr, Docavenue.com, Docteuralphonse.fr, Accueilpro.fr, Doctolib.fr, GPSsante.fr, KelDoc.fr, Madeformed.com, MonDocteur.fr, Pagesjaunesdoc.fr, Rendezvousfacile.com, Rdv-med.fr, Rdvmedicaux.com, RDVsanté.fr.

    Le constat de cette étude est qu’il y a « un manque de transparence, un flou contractuel et que certains annuaires présentent des zones d’ombre ».

    Il est décidé de co-construire une charte de bonnes pratiques avec les plateformes.

    Les points clés de la charte de confiance e-RDV médicaux

    • Pour le médecin, un espace de présentation accessible  à tout moment pour mise à jour ;

    • un médecin ne doit pas être associé à un contenu publicitaire ;

    • pas de dépôt d’avis de patients ;

    • accès facile à l’annuaire de médecins du Conseil de l’Ordre des médecins ;

    • pas de mise en avant de certains médecins contre rémunération ;

    • respect des spécialités médicales définies par le Conseil de l’Ordre ; 

    • respect du secret médical et confidentialité des données; 

    • accessibilité de la plateforme (pas de coût supplémentaire pour le patient). 

    En plus, l’URPS demande une transparence quant aux sources de financement des sites et les liens capitalistiques éventuels avec des structures publiques ou privées en relation avec le domaine de la santé.

    Enfin, la Charte e-RDV Médicaux précise qu’un contrat doit être signé entre la plateforme et le médecin, contenant la durée d’engagement, un préavis de résiliation de 30 jours maximum et la réversibilité des données au terme du contrat. 

    Les signataires de la charte au 15 février 2018 sont : Alaxione.fr, AlloDocteur.fr, Calendovia.com, DocAvenue.com, Doctolib.fr, Docteur-rendez-vous.fr, Keldoc.com, LogicRdv.fr, Madeformed.com, MonDocteur.fr.

    3333tel.com et Pagesjaunesdoc.fr signeront dans les prochains jours. 

    L’URPS actualisera son étude de marché en 2018 et  effectuera un suivi détaillé de l’évolution des plateformes suite à la signature de la charte.