Pilotage

  • Singapour : une formation en économie de la santé pour stimuler le secteur de la health tech

    Dans le cadre des efforts du gouvernement singapourien visant à développer les capacités des TIC dans le secteur de la santé, la  (SMU) va prochainement ouvrir une section en économie et en gestion de la santé.

    Au sein de cette formation, les étudiants pourront suivre des cours sur l’administration des soins, les règlementations, l’économie, la gestion et l’analyse dans le domaine de la santé, mais aussi mener un apprentissage au sein d’hôpitaux et d’autres établissements de santé de la cité-État.

    Singapour cherche à renforcer la main-d’œuvre dans le domaine de la health tech

    Face à l’escalade des coûts des soins et au vieillissement rapide de la population, Singapour redouble d’efforts pour renforcer la main-d’œuvre dans le secteur de la health tech en offrant plus de possibilités de formation, d’éducation et d’emploi, note le quotidien national The Straits Times.

    500 offres d’emploi présentées lors du Health Tech Day

    Ce nouveau parcours universitaire a été présenté en mars 2018 à l’occasion du Health Tech Day, organisé par l’Info-communications Media Development Authority (IMDA) et Integrated Health Information Systems (IHiS), une entreprise qui fournit des solutions TIC pour le secteur de la santé publique.

    Le Health Tech Day a réuni plus de quarante organisations, y compris des établissements de santé, des entreprises health tech et des partenaires de formation, afin de présenter les dernières innovations du secteur. Plus de 500 offres d’emploi dans le domaine des technologies de la santé ont été proposées au cours de l’événement.

    IHiS va former 50 professionnels du secteur

    Afin de soutenir les professionnels en milieu de carrière dans leur transition vers le secteur des soins, IHiS s’est fixé comme objectif de placer et de former cinquante professionnels, gestionnaires, cadres et techniciens au cours des deux prochaines années. Ils seront formés sur une période de trois à neuf mois pour des emplois tels que ingénieur réseau, développeur d’applications mobiles et développeur de logiciels.

    TeSA : une initiative pour aider les professionnels des TIC à se perfectionner

    Les professionnels des technologies de l’information et de la communication bénéficieront également d’une formation en cyber-sécurité, en analyse de données, en cloud computing et en développement de logiciels avec la société bio-pharmaceutique mondiale MSD, qui rejoint pour l’occasion l’initiative TechSkills Accelerator (TeSA), pilotée par l’IMDA.

    TeSA propose divers programmes pour aider les professionnels actuels des TIC et les non-professionnels du secteur à acquérir de nouvelles compétences et connaissances dans leur domaine et à rester compétitifs dans un environnement numérique à l’évolution rapide.

    MSD offrira à plus de 90 professionnels des TIC une formation et des stages à l’étranger au cours des trois prochaines années. Environ 27 000 personnes ont été formées depuis le début de l’initiative en avril 2016.

    Health tech : 1 200 emplois devraient être créés d’ici 2021

    « La technologie de la santé est un domaine passionnant où les investissements dans ce secteur ont augmenté de 7 % au cours des trois dernières années, précise Bruce Liang, directeur de l’information du ministère de la Santé singapourien (MOH) et responsable de la direction d’IHiS (source : The Straits Times). (…) La croissance [de l’industrie] devrait doubler et augmenter d’environ 13 % au cours des trois prochaines années, ce qui devrait se traduire par une demande d’environ 1 200 emplois supplémentaires dans le domaine de la santé. »

    National HealthTech Challenge : rechercher des solutions de santé innovantes

    Une nouvelle initiative, baptisée le « National HealthTech Challenge », a été lancée à la mi-mars 2018. Son objectif est d’identifier et de résoudre les problèmes de santé à travers les nouvelles technologies à l’échelle nationale.

    Organisé par IHiS, le National HealthTech Challenge rassemble des professionnels de la santé, des instituts de recherche et des acteurs de l’industrie high tech dans l’optique de faire émerger des solutions permettant de résoudre les défis les plus pressants du secteur. Les dix meilleures d’entre elles seront sélectionnées pour développer des pilotes au troisième trimestre de l’année 2018.

    Ces solutions devront être en adéquation avec les trois évolutions du secteur recherchées par le MOH :

    • 1. développer un système de santé allant au-delà des soins pour se concentrer davantage sur les résultats et donc la santé de la population ;
    • 2. agir au-delà de l’hôpital en se tournant davantage vers la communauté ;
    • 3. aller au-delà d’une offre de soins de qualité pour se concentrer sur la valeur des soins délivrés.

    Objectif : exporter les solutions singapouriennes à l’international

    « Si nous pouvons mettre en place des solutions innovantes pour relever nos défis de santé, non seulement nous pourrons offrir de meilleurs soins à notre population mais nous créerons également des opportunités économiques pour nos entreprises, leur permettant ainsi d’exporter leurs solutions vers d’autres villes du monde qui connaissent elles aussi des changements démographiques similaires [au nôtre] », a déclaré lors du Health Tech Day le ministre d’État chargé des Communications et de l’Information et de la Santé, Chee Hong Tat.

  • Singapore: New course in health economics to boost health tech sector

    As part of the Government of Singapore’s efforts to develop ICT capabilities in the healthcare sector, the Singapore Management University (SMU) will soon offer a major in health economics and management.

    Within this training course, students will learn about healthcare care administration, politicy, economics, management and analytics, with work-based learning in hospitals and other healthcare institutions of the city-state.

    Singapore to boost the health tech workforce

    As healthcare costs increase and population ages rapidly, Singapore is stepping up its efforts to strengthen the health tech workforce by providing more training, education and job opportunities, the national daily newspaper The Straits Times said.

    500 job opportunities offered at Health Tech Day

    The new university course was presented in March 2018 on the occasion of Health Tech Day, which was organized by the Info-Communications Media Development Authority and Integrated Health Information Systems (IHiS), a company that provides ICT solutions for the public health sector.

    Health Tech Day brought together more than forty organizations, including healthcare institutions, health tech companies and training partners, to showcase the latest product innovations in the sector. More than 500 job opportunities in the health tech sector were offered during the event.

    IHiS will train 50 professionals in the health tech sector

    To support mid-career professionals in their transition to the healthcare sector, IHiS has set a target to place and train fifty professionals, managers, executives and technicians over the next two years. They will be trained over a period of three to nine months for jobs such as mobile application developer, software developer and network engineer.

    TeSA: an initiative to help ICT professionals improve their skills

    Information and communication technology professionals will also benefit from training in in-demand skills in cyber security, data analytics, cloud computing and software development, with global biopharmaceutical company MSD joining the TechSkills Accelerator (TeSA), an initiative driven by Infocomm Media Development Authority (IMDA).

    TeSA offers a variety of programs to support current ICT professionals and non-ICT professionals to upgrade and acquire new skills that are in demand, and to stay competitive in the fast-moving digital landscape.

    MSD will provide more than 90 ICT professionals with on-the-job training and overseas attachments over the next three years. Approximately 27,000 people have been trained since the initiative started in April 2016.

    Health tech: 1,200 jobs should be created by 2021

    « Health tech is an exciting space to be in now. Investments in this sector grew by 7 % over the last three years, » said Bruce Liang, chief information officer of the Ministry of Health (MOH) and chief executive officer of IHiS (source: The Straits Times). « (…) The growth is expected to double and grow by some 13 per cent in the next three years. The trajectory growth would translate to a demand of approximately 1,200 more health IT jobs. »

    National HealthTech Challenge: To seek innovative health solutions

    A new initiative, called the National HealthTech Challenge, which aims to identify and solve healthcare challenges through technology on a national scale, was launched in mid-March.

    Organized by IHiS, the National HealthTech Challenge brings together healthcare professionals, research institutes and tech industry players to come up with solutions to the industry’s most pressing challenges. Ten will be selected for pilots in the third quarter of 2018.

    The challenge is themed to align with MOH’s three shifts:

    • 1. Beyond healthcare to health;
    • 2. Beyond hospital to community;
    • 3. Beyond quality to value.

    To export Singaporean products internationally

    « If we can innovate new solutions to tackle our healthcare challenges, not only can we provide better care for our people, we also create economic opportunities for our companies to export their solutions to other cities around the world that are also experiencing similar demographic shifts, » Minister of State for Communications and Information and Health Chee Hong Tat said at Health Tech Day.

  • Transformation du système de santé : nomination des responsables de la formation des professionnels

    Le ministère des Solidarités et de la Santé a publié dans un communiqué du 3 avril 2018 les noms des trois responsables de la consultation sur la formation des professionnels de santé, dans le cadre des chantiers de la Stratégie de transformation du système de santé. 

    Il s’agit du Professeur Antoine Tesnière, de Stéphanie Rist, députée du Loiret et d’Isabelle Riom, interne en médecine générale.

    Les premières orientations de ce chantier seront rendues en mai 2018.

    Les responsables des autres chantiers de la Stratégie de transformation du système de santé, avaient été dévoilés par Agnès Buzyn, la Ministre des solidarités et de la santé le 9 mars 2018.

    Les missions des pilotes du chantier sur la formation des professionnels

    Numerus clausus, première année, coopération entre professionnels de santé grâce aux pratiques avancées en soins infirmiers, articulation enseignement/recherche pour l’ensemble des formations aux professions de santé : la réforme de la formation est une étape indispensable pour permettre au système de santé de s’adapter aux évolutions des besoins des patients.

    Antoine Tesnière, Stéphanie Rist et Isabelle Riom devront construire, en consultant les parties prenantes, la feuille de route opérationnelle favorisant une plus grande homogénéité des formations, une meilleure coopération entre les différents métiers de la santé, des conditions d’études favorables à l’épanouissement des étudiants, etc.

    Les étudiants en santé seront associés à cette réflexion conjointement menée par le ministère des Solidarités et de la Santé et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Ce chantier sera étroitement lié avec celui de la transformation du travail et des métiers dans le secteur public hospitalier.

  • Un Conseil national de la e-santé dans l’objectif de consolider l’écosystème français

    Le Conseil National de la e-Santé (CNeS) est une nouvelle instance scientifique et technologique à but non lucratif.

    Si cette démarche a été créée officiellement le 10 août 2017 avec élection d’un bureau fondateur suite à une assemblée générale constitutive, elle a été lancée jeudi 29 mars 2018, à Reims, à l’occasion du Take Care Show.

    L’objectif est de consolider un écosystème pour soutenir et faire avancer efficacement le développement de la e-santé, en réunissant des experts, des compétences et des talents (uniquement des personnes physiques) dans les différents domaines impliqués et en ayant une représentation de l’ensemble des professions et métiers concernés.

    Autre ambition de ce Conseil, la création d’un label indépendant, CeSanté, officiel et gratuit, qui sera lancé le 1er juin 2018.

    Les principaux objectifs du conseil national de la e-santé

    Voici les mission du Conseil :

    • une réflexion interprofessionnelle globale et neutre autour de la e-santé ;
    • la rédaction de notes stratégiques, de rapports et de recommandations sur le développement de la e-santé ;
    • l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques ;
    • l’organisation événements pour promouvoir la recherche, la réflexion ou l’échange autour de la e-santé;
    • la coordination et publication d’articles et d’études scientifiques en santé numérique ;
    • toutes opérations, y compris expérimentales ou de recherches, ayant pour objet l’étude et/ou la mise en œuvre de ces recommandations ;
    • la vulgarisation et communication auprès du grand public, la formation post-universitaire des professions médicales et paramédicales.

    Plus de 80 acteurs du secteur de la e-santé impliqués

    Marc Soler, Nicolas Bondu, Adnan El Bakri, Wassim Badiou, Xavier Schneider, Eudes Ménager, Sophie Sergent, Anca Petre, Denise Silber, Benjamin De Viaris, Charles Nahmanovici, Jacques Durand, Hélène Decourteix, entre autres, font partie des membres fondateurs. 

    Les membres actuels ont été réunis par cooptation. Plus de 80 experts de tout horizon sont désormais impliqués et, selon l’association, les portes sont grandes ouvertes pour tous ceux qui souhaiteraient rejoindre le conseil.

    Composition du bureau

    • Docteur Wassim Badiou, gynécologue, est le président du Conseil national de la e-santé ;
    • Olivier Ami, gynécologue, directeur de l’intelligence artificielle chez le moteur de recherche Qwant est trésorier ;
    • Adnan El Bakri, PDG d’InnovHealth est le porte-parole du CNeS.

    Le conseil participera activement au e-Health World à Monaco  (31 mai – 1er juin 2018).

    Plus d’informations sur la page Facebook de l’association.

  • Appel à experts : la Commission européenne en train de constituer une Alliance européenne de l’IA

    La Commission européenne a lancé début mars 2018 un appel à experts en intelligence artificielle pour constituer un groupe de haut niveau. Le groupe sera amené à ouvrir le débat autour du développement et de l’impact social et économique de l’IA dans le cadre d’un forum réunissant tous types d’acteurs impliqués dans le secteur.

    Le groupe d’experts, qui sera constitué à l’issue de l’appel à candidatures prenant fin le 9 avril 2018, jouera le rôle de groupe de pilotage afin d’animer ce débat.

    Dans les mois qui viennent, au cours de l’été 2018 la Commission européenne va dévoiler sa stratégie européenne globale de l’IA.

    L’alliance européenne de l’IA (The European AI Alliance)

    Au vu du développement de l’IA dans divers secteurs, dont la santé, la Commission européenne se saisit de la thématique et met en place des instances pour examiner les sujets associés et pour donner des orientations.

    Cette initiative s’inscrit dans le sillon des actions de la Commission européenne telles que le parti pris d’investir dans la recherche et l’innovation, et la création du marché unique numérique qui illustrent son engagement vis-à-vis du numérique, un domaine dans lequel elle souhaite intensifier ses efforts.

    Un groupe de pilotage IA

    Le premier jalon de sa stratégie en IA consiste en la constitution d’un groupe de pilotage composé d’experts. À ce titre un appel à experts en IA a été ouvert début mars 2018 afin de recruter une trentaine de spécialistes dans le domaine. Chaque membre élu sera missionné pour une période de 2 ans et devra prendre part aux rencontres organisées, 4 à 7 au total étant actuellement prévues.

    Les candidatures sont à transmettre à la DG CNECT (Direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies) avant le 9 avril 2018 à l’adresse mail suivante : CNECT-HLG-AI@ec.europa.eu

    La candidature peut également être soumise par courrier : European Commission, DG CONNECT, Unit A1 – Robotics and Artificial Intelligence – secretariat, 10, rue Robert Stumper, L-2557 Luxembourg.

    Toutes les informations liées à l’appel aux candidatures et les formulaires à utiliser sont disponibles ici.

    Objectifs du groupe

    Les objectif du groupe de haut niveau sont au service de la future Alliance européenne de l’IA, à qui il doit préparer le terrain.

    L’Alliance est imaginée comme un forum multipartite engagé dans une large discussion ouverte sur tous les aspects du développement de l’IA et son impact sur l’économie et la société. C’est pourquoi la Commission considère la participation de tous les acteurs, y compris les entreprises, les universitaires, les décideurs politiques, les organisations de consommateurs, les syndicats et d’autres représentants de la société civile, comme essentielle.

    Le groupe de pilotage va dans un premier temps élaborer des recommandations sur :

    • le développement futur de politiques liées à l’IA (les prochaines étapes) ;
    • les questions éthiques, juridiques et sociétales liées à l’IA, y compris les défis socio-économiques (proposer des lignes directrices pour les questions éthiques);
    • la façon de mieux interagir avec un plus large éventail de parties prenantes dans le contexte de l’Alliance AI.

    Les actions à venir : constitution, feuille de route et lignes directrices à horizon 2020

    Au cours du printemps 2018, les modalités autour de l’Alliance seront rendues publiques et des parties prenantes, acteurs volontaires, pourront manifester leur souhait de s’y rallier via une plateforme en ligne.

    Une feuille de route décrivant les engagements et les ateliers prévus du groupe doit être publiée également.

    À l’été 2018, une proposition de lignes directrices concernant l’éthique en IA devrait voir le jour. Une série de consultations auront lieu avant d’être présentée à l’occasion de la première assemblée annuelle de l’Alliance AI début 2019.

    Au printemps prochain, le projet de recommandations pour les prochaines étapes traitant des défis et opportunités à moyen et à long terme liés à l’IA devraient être publiées, comprenant également des contributions visant à informer des activités au-delà de 2020.

  • Mission Villani : l’IA pour une médecine prédictive et personnalisée et un système de santé efficace

    Cédric Villani a livré le 28 mars 2018 son rapport dans le cadre de la mission de réflexion, confiée en septembre 2017 par le Premier ministre, Edouard Philippe, sur l’intelligence artificielle pour proposer une stratégie française en la matière.

    Le rapport comporte un volet santé dans lequel Cédric Villani souligne la capacité de l’IA à permettre une médecine prédictive et personnalisé au service d’une prise en charge plus efficace adossée à la maîtrise de leurs données de santé par les patients.

    Les professionnels de santé sont concernés par l’IA en termes de formation, mais également d’usage afin de valider par le biais d’expérimentations en conditions réelles avec les patients. De façon plus générale, le système de santé aurait à profiter de l’IA dans le cadre de l’élaboration élaboration d’outils de pilotage économique et médical plus précis, ou en aval de politiques de préventions sanitaires prédictives.

    « L’IA au service de la médecine » 

    Vers une médecine prédictive et personnalisée

    L’intelligence artificielle permet d’assurer un « suivi personnalisé et en temps réel du patient, un préalable pour une médecine personnalisée et prédictive ».

    Les auteurs du rapport rappellent que l’identification des symptômes du patient ne se fait plus seulement lors de la consultation médicale, mais à travers divers capteurs intégrés (objets de quantified self, apps de santé sur smartphone), ou à son environnement (objet de mesure du stress sonore, de relevé de chutes, etc.). Ces outils permettent d’agréger une grande quantité de données et de les exploiter à l’aide de traitements automatisés. L’analyse de ces informations permet d’établir une image précise du patient (Deep Patient), de prédire l’apparition ou l’évolution d’une maladie et ainsi, d’adapter sa prise en charge par les professionnels de santé.

    L’avènement de l’intelligence artificielle en santé impose de repenser les modes de transmission des données par le patient. « L’enjeu est d’impliquer et d’encapaciter les individus dans la production de ces informations tout en veillant à limiter les risques d’intrusion dans la vie privée ». L’émergence de la médecine prédictive, poursuit le rapport, nécessite que l’on « surveille et analyse en permanence notre état physiologique à la recherche d’un pré-symptôme ou d’une prédisposition à une maladie ». Les patients doivent être accompagnés dans la collecte et le décryptage de ces informations. La mission Villani propose à cette fin de :

    • lancer un nouveau chantier accompagnant le Dossier Médical Partagé (DMP) : production d’informations et de données de santé utilisables à des fins d’IA pour améliorer les soins, leurs coordinations et participer à des projets de recherche et d’innovation d’IA en santé ;
    • faire évoluer l’usage du DMP : ce dernier serait élargi et deviendrait un espace sécurisé où les individus peuvent stocker leurs données, en ajouter, autoriser leur partage à d’autres acteurs (médecins, chercheurs, membres de l’entourage, etc.) et de les récupérer pour créer d’autres utilisations ;
    • déployer des outils techniques d’automatisation de la codification des informations produites par les patients en données pertinentes pour le suivi médical ;
    • sensibiliser les patients à la maîtrise de leurs données de santé (data literacy appliquée en santé).

    Une réorganisation des pratiques médicales autour du patient

    Le développement de l’IA va faire évoluer les pratiques des professionnels de santé, qu’il s’agisse de l’aide au diagnostic, à l’élaboration d’un traitement ou du suivi du patient. 

    « S’il n’est pas question de remplacer les médecins par la machine, l’enjeu est bien d’organiser des interactions vertueuses entre l’expertise humaine et les apports de l’IA dans l’exercice quotidien de la médecine » Mission Villani, p.197

    D’après la mission Villani, les évolutions récentes de l’IA laissent à penser que les professions médicales les plus impactées seront les spécialités fondées sur l’analyse de signaux et d’imagerie médicale comme la radiologie et la dermatologie. Les professionnels de santé seront amenés à « jouer un rôle fondamental dans l’expérimentation et l’entraînement des IA à des fins médicales dans des conditions réelles ». Avant d’envisager le déploiement de l’IA dans un contexte médical, la mission Villani propose de : 

    • transformer les voies d’accès aux études de médecine : diversifier les profils étudiants, intégrer dans les formations médicales des étudiants spécialisés en informatique et en IA (création de double cursus, reconnaissance d’équivalence). La mission Villani en appelle également à la fin de la « logique de compétition » tout au long du cursus universitaire, qui peut s’avérer préjudiciable au développement de coopérations interdisciplinaires et « structure les postures d’autorité médecins – patients » ;
    • former les professionnels de santé aux usages de l’IA, de l’IoT et du Big Data en santé : la mission propose de valorise les compétences d’empathie avec les missions (telles que les expériences virtuelles permettant de mieux comprendre la vie des patients).
    • clarifier la responsabilité médicale des professionnels de santé en cas d’utilisation des technologies fondées sur l’IA : la responsabilité médicale peut être actuellement engagée en raison d’une faute ou d’un manquement déontologique. Pour la mission, « en l’absence de la reconnaissance de la personnalité juridique autonome pour l’algorithme et le robot, il serait envisageable de tenir le médecin pour responsable de l’utilisation des programmes, algorithmes et systèmes d’IA, sauf défaut de construction de la médecine ».

    Fluidifier les expérimentations en temps réel avec les patients et les professionnels de santé

    La mission Villani préconise de faciliter les expérimentations de technologies IA en temps réel et au plus près des usagers du système de santé en « créant les conditions règlementaires et organisationnelles nécessaires ». Les expérimentations sont nécessaires car elles permettent « d’améliorer la pertinence du système et son adéquation avec les besoins de terrain ». Elles permettent également de « faciliter son appropriation et à terme, de sécuriser le marché ». Il convient ainsi de : 

    • permettre les expérimentations en conditions réelles pour les technologies d’IA en santé, au sein des CHU et des lieux d’expérimentations locaux en santé, voire jusqu’aux professionnels ;
    • s’appuyer sur les organisations et communautés professionnels de santé pour identifier des partenaires potentiels.

    L’IA au service des politiques de santé

    « L’automatisation va entraîner une recomposition des missions et des interactions des acteurs engagés dans la conduite des politiques de santé ».

    Mieux anticiper et cibler les politiques de santé pour renforcer l’efficience du système

    L’IA constitue un levier d’action de la puissance publique pour : 

    • mener des politiques de préventions sanitaires prédictives, plus ciblées et plus individualisées ;
    • mieux gérer et anticiper les demandes de soin sur le territoire ;
    • mieux prévoir les situations d’affluence aux urgences ou les taux d’hospitalisation et faciliter la gestion des flux hospitaliers ;
    • élaborer des outils de pilotage économique et médical plus précis.

    Ceci nécessite d’instaurer une véritable gouvernance des données de santé et d’accompagner la transformation des métiers (médicaux et administratifs).

    Assurer une veille de la donnée de santé et réformer sa gouvernance

    Le pilotage des données de santé est actuellement assuré par plusieurs acteurs, dont l’Institut national des données de santé, l’ASIP Santé, l’Administrateur général des données, la mission Etalab, etc.

    La mission Villani en appelle à la clarification de cette gouvernance pour « énoncer des lignes directrices fortes et proposer une offre de services lisibles ».

    Mettre en place une plateforme pour le système de santé adaptée aux usages liés à l’IA

    Unique au monde, le Système national des données de santé (SNDS) « n’est pas adapté au développement de l’IA dans le secteur de la santé » à plus d’un titre. Les raisons de cette inadéquation sont explicitées dans le rapport aux pages 200 et 201. Ainsi, pour développer le potentiel de l’IA en santé, la France doit se doter de nouvelles infrastructures d’information sur un modèle de plateforme. À cette fin, la France doit :  

    • créer une plateforme d’accès et de mutualisation des données pertinentes pour la recherche et l’innovation en santé, ayant vocation à se substituer à terme au socle du SNDS ;
    • mettre en place des procédures d’accès fluides à cette plateforme pour développer de nouvelles approches fondées sur l’IA ;
    • développer une offre lisible d’accès aux bases de données hospitalières (Hospital as a Platform) et inciter les hôpitaux à organiser des data science bowl ou challenge autour des jeux de données à l’image de ce qu’organise le National Cancer Institute ou le projet national patient-centered clinical research network américain ;
    • étendre les données recueillies par la plateforme au-delà des données médico-administratives.

  • Emmanuel Macron annonce un effort de 1,5 Md€ pour le développement de l’IA sur le quinquennat

    Les grandes annonces d’Emmanuel Macron, président de la République, concernant le secteur de la santé faites à l’occasion de son discours sur l’IA le 29 mars 2018 au Collège de France sont :
    • la constitution d’un hub de recherche au meilleur niveau mondial en IA en France, grâce à la mise en place d’un programme national, coordonné par l’INRIA, la création d’un programme de chaires individuelles afin d’attirer les meilleurs chercheurs mondiaux, et le doublement des capacités des formations en IA ;
    • la stratégie française de développement de l’IA doit s’appuyer sur une politique volontariste en matière de données avec notamment la création du Health Data Hub, structure partenariale entre producteurs et utilisateurs des données, qui pilotera l’enrichissement continu et la valorisation du système national des données de santé ;
    • l’ensemble du plan Intelligence Artificielle représentera sur le quinquennat un effort spécifique de près de 1,5Md€ de crédits publics dont près de 400M€ sous forme d’appels à projet et de défis d’innovation de rupture.

    En cette journée dédiée à la question de l’intelligence artificielle, le Président de la République s’est également rendu à l’Institut Curie, centre de lutte contre le cancer qui conjugue des activités de recherche et de soin en cancérologie. Il y a rencontré cinq starts-ups du secteur de la e-santé : Owkin, BioSerenity, Rythm, Therapixel et Cardiologs.

    « Grâce à l’IA, la médecine va devenir de plus en plus personnalisée »

    Lors de sa visite à l’institut Curie, centre spécialisé dans la lutte contre le cancer et pionnier dans l’utilisation de l’IA et dans la numérisation des dossiers médicaux, le Président était accompagné d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé et de Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur.

    « Avec L’IA, on est à l’aube d’une révolution dans la médecine, qui va devenir de plus en plus personnalisée », a souligné Alain Livartowski, pneumologue. Mais « il est nécessaire que l’innovation soit au service du patient », a-t-il précisé, en présentant MyCurie, l’application qui est l’ interface entre le patient et l’hôpital.

    L’appli MyCurie, qui permet aujourd’hui de prendre des rendez-vous ou de rédiger de comptes-rendus médicaux, permettra demain d’assurer un suivi des patients dans leur vie quotidienne afin d’individualiser les diagnostics et les traitements sur la base des découvertes permises par l’IA, tout en réduisant les contraintes (moins de visite à l’hôpital) et en améliorant l’acceptabilité des traitements.

    Emmanuel Macron a ensuite rencontré les représentants de Bioserenity, qui produit des vêtements connectés dédiés à l’analyse de l’épilepsie, Rythm, start-up spécialisée dans la neurotechnologie  ayant conçu un bandeau connecté suivant et analysant les ondes cérébrales en temps réel pendant le sommeil, Therapixel, qui développe des algorithmes d’intelligence artificielle capables d’augmenter le taux de détection de cancers à partir de mammographies de dépistage, Cardiologs, qui développe un outil de diagnostic médical automatique pour interpréter les électrocardiogrammes et Owkin, spécialiste d’IA qui collabore avec l’Institut Curie pour améliorer le diagnostic et le traitement de cancer.

    Une série d’annonces au Collège de France

    Un hub de recherche et une simplification des démarches de création de start-ups pour les chercheurs

    Lors de son discours, le Président a insisté sur la compétition mondiale exacerbée autour de l’intelligence artificielle et sur l’ambition française de se situer au meilleur niveau de maîtrise d’une technologie de rupture essentielle pour la compétitivité de nos entreprises. « En la matière, l’excellence de l’école française en mathématiques et en informatique représente un atout majeur, comme en témoignent les nombreux Français occupant des postes à responsabilité dans les plus grandes entreprises mondiales en IA (Facebook, Samsung, Deepmind, etc.) », a-t-il rappelé, en exprimant la volonté de la France de constituer un hub de recherche au meilleur niveau mondial en IA grâce à la mise en place d’un programme national, coordonné par l’INRIA, et incarné par la mise en place d’un réseau emblématique d’instituts dédiés – 4 ou 5 localisations en France -, la création d’un programme de chaires individuelles afin d’attirer les meilleurs chercheurs mondiaux ou encore le doublement des capacités des formations en IA.

    Cet investissement s’accompagnera d’une mise à niveau des capacités de calcul destinées à la recherche. Afin de garantir la fertilisation croisée entre public et privé et que de cette excellence de la recherche naissent de futurs champions industriels, le Président a annoncé des mesures destinées à augmenter la porosité des parcours entre recherche publique et monde industriel : simplification des démarches de création de start-ups pour les chercheurs, accélération des procédures en confiant le soin aux universitaires et organismes de contrôler la conformité aux règles du projet du scientifique et d’en appeler à la commission de déontologie uniquement lorsque cela est vraiment nécessaire, et relèvement de 20 à 50% du temps que peut consacrer un chercheur à une entité privée.

    Des débats autour de l’accès aux données

    La stratégie française de développement de l’IA s’appuiera sur une politique volontariste en matière de données :

    • extension du service public de la donnée, avec un nombre accru de bases sur lesquelles les diffuseurs publics s’engagent sur un haut niveau de performance et de disponibilité (au nombre de 9 aujourd’hui) ;
    • mise en place d’un appel à manifestation d’intérêt pour la création de plateformes de partage de données entre acteurs, par secteur ou cross-secteur ;
    • ouverture pro-active mais maîtrisée de certaines données agrégées sur fonds publics : données des projets de recherche financés sur fonds publics, dans le cadre d’un plan « open science » ou encore données des opérateurs de transport à des fins de recherche et d’intérêt général.

    De façon plus générale, le Président a évoqué l’ouverture d’un débat à l’échelle européenne sur l’accès aux données privées (notamment celles des très grands acteurs) et leur exploitation à des fins d’intérêt général. Le Président a insisté sur le domaine de la santé « l’un des secteurs où la France possède un »avantage comparatif significatif, eu égard à la taille critique de ses bases de données ». La base de données de l’assurance-maladie ou encore celle des hôpitaux comptent en effet parmi les plus larges du monde.

    Le Président a annoncé la création du Health Data Hub pour y inclure à terme l’ensemble des données remboursées par l’assurance-maladie, les données cliniques des hôpitaux, des données de la médecine de ville et des données scientifiques issues de cohortes ; l’Institut National des Données de Santé continuera d’être le garant du respect des règles d’accès aux données de santé.

    Un effort spécifique de 1,5Md€

    L’Intelligence Artificielle sera le premier champ d’application du Fonds pour l’innovation et l’industrie de 10Md€ mis en place en début d’année. Sur les revenus de ce fonds, co-piloté par le Ministre de l’Économie et des Finances et la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, une enveloppe de 100M€ sera isolée dès cette année pour contribuer à l’amorçage et la croissance des start-ups en IA françaises.

    Plus globalement, il consacrera via Bpifrance 70M€ par an à l’émergence de start-ups dites deep technology dans notre pays.

    Des enjeux éthiques d’importance

    Le Président a insisté, enfin, sur les enjeux sociaux, éthiques et démocratiques de l’IA. À ce titre, il a rappelé l’origine très humaine de l’intelligence artificielle et la nécessité de la programmer selon les valeurs que nous souhaitons promouvoir : un impératif de transparence, de loyauté et de légalité des algorithmes. Il a évoqué le lancement d’une réflexion au niveau mondial sur leur contrôle et leur certification. 

  • L’Ecole Polytechnique et Google France ouvrent une chaire en intelligence artificielle

    L’Ecole Polytechnique et Google France ont annoncé jeudi 29 mars 2018 le lancement de la chaire internationale d’enseignement et de recherche en intelligence artificielle Artificial Intelligence and Visual Computing, à partir de septembre 2018.

    L’objectif : renforcer l’écosystème d’excellence en IA, en attirant les talents internationaux et en formant les chercheurs et innovateurs de demain.

    Cette nouvelle chaire sera portée par Marie-Paule Cani, professeur à l’École polytechnique, et financée par Google France afin de soutenir la formation d’une nouvelle génération de talents en intelligence artificielle en matière de formation, de recherche et de rayonnement international.

    Des actions de formation

    En formation, le nouveau programme de niveau master Artificial Intelligence and Advanced Visual Computing de l’École polytechnique, proposé en association avec Inria, l’ENSTA ParisTech et Télécom ParisTech bénéficiera du soutien de la chaire dès l’accueil de sa première promotion en septembre 2018.

    La chaire – la 25e de l’X – participera au programme de bourses qui est développé afin d’offrir l’accès à ce programme à tous les candidats prometteurs. Google France proposera également des places aux étudiants de l’X dans le cadre de ses programmes de stages de recherche.

    Enfin, des actions de sensibilisation (séminaire IA : éthique et droit, tables rondes, ateliers) seront menées pour permettre aux étudiants de se projeter dans les métiers et la recherche en intelligence artificielle.

    En lien avec la recherche

    Les projets de recherche en intelligence artificielle de l’École polytechnique seront également soutenus par la chaire à travers le financement d’un poste de jeune enseignant-chercheur à très fort potentiel qui se confrontera à de nouveaux défis posés par l’IA : il s’agira notamment de trouver comment combiner au mieux la modélisation des connaissances et du raisonnement avec les méthodes d’apprentissage pour obtenir des garanties sur le résultat, et utiliser la génération de certaines données visuelles pour éviter les biais.

    Un programme d’invitation de professeurs de renommée mondiale sera également financé par la chaire afin de soutenir ces activités de recherche et d’enrichir les enseignements proposés dans le cadre du programme de formation Artificial Intelligence and Advanced Visual Computing.

    Enfin, le mécénat de Google France permettra l’organisation de séminaire par l’X et Google autour de thématiques de l’intelligence artificielle, aussi bien sur des sujets scientifiques et techniques qu’éthiques et sociétaux.

  • French Tech : nouvelle feuille de route annoncée par le Secrétaire d’État au Numérique

    Mounir Mahjoubi, le Secrétaire d’État au Numérique a annoncé le recrutement d’un nouveau directeur de la French Tech dans les prochaines semaines ainsi que l’élaboration d’une nouvelle feuille de route de la French Tech censée voir le jour avant fin mai 2018.

    Le Secrétaire d’État au Numérique a rencontré le 27 mars 2018 les directeurs délégués des métropoles French Tech et a échangé avec chacun d’eux sur les dynamiques en cours dans les territoires, les attentes et les problématiques rencontrées.

    À cette occasion, le secrétaire d’État a évoqué les prochaines étapes sur la French Tech. Le nouveau directeur de la French Tech devrait être recruté dans les semaines à venir, alors que la nouvelle feuille de route de la French Tech, en train d’être élaborée en consultation avec les parties prenants, doit être dévoilée avant la fin du mois de mai 2018.

    Qu’est-ce que la French Tech ?

    Pour rappel, la « French Tech » désigne tous ceux qui travaillent dans ou pour les start-ups françaises en France ou à l’étranger. Les entrepreneurs en premier lieu, mais aussi les investisseurs, ingénieurs, designers, développeurs, grands groupes, associations, medias, opérateurs publics, instituts de recherche… qui s’engagent pour la croissance des start-up d’une part et leur rayonnement international d’autre part.

    L’initiative French Tech se donne aussi un objectif transversal : renforcer la lisibilité et la cohérence des actions publiques en faveur des start-ups. Elle ne crée pas de nouvelle organisation ni de nouvel outil public, mais elle est portée par une petite équipe, la Mission French Tech, qui travaille en lien serré avec les Directions des Ministères de l’économie et des finances (Direction générale des entreprises, Direction générale du trésor), des Affaires Etrangères et avec le Commissariat Général à l’Investissement. Ses partenaires, les piliers de l’initiative, sont les opérateurs nationaux, qui, sous la bannière commune « French Tech » coordonnent leurs actions en faveur des start-ups : la Caisse des dépôts, Bpifrance et Business France.

  • Ethik IA propose « 5 clés pour une régulation positive du déploiement de l’IA et de la robotisation »

    L’Initiative Ethik-IA lance un appel à commentaires à la suite de la publication d’une note de cadrage autour de cinq clés de régulation positive du déploiement de l’IA et de la robotisation en santé.

    Ces propositions ont été remises le 26 mars 2018 à Cédric Villani et s’articulent autour de cinq axes : « information et consentement du patient », « garantie humaine de l’IA », « graduation de la régulation en fonction du niveau de sensibilité des données de santé », « accompagnement de l’adaptation des métiers »et « intervention d’une supervision externe indépendante ».

    Faire de la France et de l’UE des pionniers en matière de construction des cadres juridiques entourant l’IA et la robotisation en santé

    L’initiative Ethik IA présente un double objectif. Elle vise en premier lieu à « fédérer les acteurs de la recherche et du management dans le domaine de la régulation éthique, juridique et RH du déploiement de la robotisation et de l’Intelligence artificielle en santé », rappellent ses membres dans la note de cadrage du 26 mars 2018.

    Elle affiche également un objectif opérationnel à moyen terme : la France présente une certaine avance en matière d’élaboration des cadres juridiques et sociétaux en matière de protection des données ou de télémédecine. Ethik IA entend faire de la France et de l’Union européenne des acteurs de premier plan « dans l’élaboration d’un dispositif d’acclimatation de l’intelligence artificielle en santé conforme aux exigences d’une société démocratique avancée ».

    Ethik IA formule cinq propositions dont H&TI restitue ici le contenu et les objectifs.

    Clé 1 : Information et consentement du patient

    • Il convient d’informer préalablement le patient du recours à un dispositif d’IA ;
    • Des modalités d’information « particulières » doivent être aménagées pour garantir l’effectivité du recueil du consentement de patients vulnérables ;
    • Celles-ci peuvent inclure : le recours à une personne de confiance, à des dispositifs de recueil à priori pour un ensemble d’options de solutions prise en charge ou à des dispositions de protection renforcée pour les personnes vulnérables.

    Clé 2 : Garantie humaine de l’Intelligence artificielle

    • Ethik-IA propose d’instaurer des procédés de vérification régulière des options de prise en charge proposées par le dispositif d’IA ;
    • Elle préconise également d’aménager une capacité d’exercice d’un second regard médical humain à la demande d’un patient et/ou d’un professionnel de santé.

    Clé 3 : Graduation de la régulation en fonction du niveau de sensibilité des données de santé

    • Cette régulation doit être proportionnée au degrés de sensibilité des données de santé au regard des principes du droit bioéthique ;
    • Des normes de bonnes pratiques peuvent être élaborées.

    Clé 4 : Accompagnement de l’adaptation des métiers

    • La note de cadrage rappelle que « les effets du recours à un dispositif d’intelligence artificielle ou de robotisation sur les conditions d’exercice doivent (…) faire l’objet de modalités d’anticipation et d’accompagnement ».
    • A cet effet, Ethik-IA propose qu’une partie des gains générés par le recours à l’IA soient mobilisés pour le financement de cet accompagnement.
    • Ce dernier peut se traduire par la formation (initiale ou continue) des professionnels aux enjeux de l’IA et de la robotisation et par le soutien à l’émergence de nouveaux métiers dans le champ sanitaire et médico-social.

    Clé 5 : Intervention d’une supervision externe indépendante

    • Des études d’évaluation seront diligentées par une entité externe indépendantes pour évaluer les effets du déploiement de l’IA et de la robotisation en santé.
    • Elle sera également chargée de soutenir la recherche scientifique en la matière.

    Répondre à l’appel à commentaires

    Tout commentaire relatif aux propositions formulées par Ethik-IA ou à l’initiative peuvent être adressées à David Gruson, membre du Comité de direction de la Chaire santé de Sciences Po Paris (gruson.david@yahoo.fr) ou à Judith Mehl, présidente d’Ensemble Concernés (mehljudith@gmail.com).