Pilotage

  • Stratégie e-santé 2020 : « La France ne compte plus parmi les états en pointe » (Alliance E-Health)

    « La France ne compte plus parmi les Etats les plus en pointe en matière de santé numérique », a déclaré le 5 juillet 2016 l’Alliance E-Health France qui regroupe les industries de la e-santé, en réaction à la présentation le 4 juillet 2016 par Marisol Touraine de sa « stratégie nationale e-santé 2020 ».

    « Notre pays ne peut pas miser uniquement sur l’excellence de son tissu médical et industriel, elle ne peut non plus se contenter d’expérimentations sans lendemain », ajoute l’Alliance E-health qui estime prioritaire « le développement des usages, en particulier ceux concernant le DMP, la santé connectée et la télémédecine, l’accès et la valorisation encadrée des données de santé, les solutions multi-technologiques de santé ».

    Les membres de l’Alliance E-Health France appellent à :
    • « l’installation rapide du conseil stratégique annoncé pour l’automne, sous le pilotage du ministère, qui devra impérativement être doté de pouvoirs de pilotage et de décision, et compter parmi ses membres des représentants de chaque branche des entreprises de la santé numérique présente au sein de l’Alliance »
    • « l’accélération de l’adaptation du cadre organisationnel et administratif, plusieurs projets ayant démontré leur efficacité restant bloqués par inadaptation du cadre administratif. A titre d’exemple, la généralisation du télésuivi de prothèses cardiaques, techniquement mûr, reste entravée par l’absence de tarification de l’acte médical associé et par l’incapacité de l’assurance-maladie de fonctionner sur la base d’une facturation dématérialisée »
    • « l’association des entreprises aux travaux visant à l’installation d’un cadre pérenne pour la prise en charge des solutions d’e-santé, notamment dans les travaux de co-construction annoncés par la ministre qui devront identifier des mécanismes d’évaluation solides et adaptés aux solutions d’e-santé »
    • « un appui fort des pouvoirs publics à l’export des entreprises françaises fortes de leurs réussites et de leurs expertises acquises au niveau national qui pourront se positionner dans un marché concurrentiel, stratégique et en croissance, au bénéfice de l’attractivité de la France ».

  • 4e édition des Rencontres du Progrès Médical : Paris, le 06/09/2016

    « Innover dans les dispositifs médicaux : quel avenir en France ? », c’est la problématique qui sera abordée lors de la 4e édition des Rencontres du Progrès Médical qui aura lieu le 6 septembre 2016 à Paris à l’Institut Pasteur.

    Ces rencontres, organisées par le Snitem, auront formes de débats, de tables rondes d’interventions.

  • E-santé : la fondation Pierre Fabre lance un observatoire dans les pays du sud

    Suivre les initiatives en provenance des pays d’Afrique, d’Asie du sud-est et d’Inde en matière de e-santé et plus particulièrement en :

    • formation des personnels de santé,
    • télémédecine,
    • ECC (Information, Education et Changements des Comportements)
    • suivi des patients et données médicales,

    telle est la mission que s’est donnée la fondation Pierre Fabre à travers son observatoire de la e-santé dans les pays du sud officiellement lancé le 4 juillet 2016.

    « L’objectif premier de cet observatoire est de réaliser un recensement pertinent des initiatives en matière d’e-santé, de façon à mettre ces informations à disposition de la communauté scientifique, médicale et économique et d’offrir à ces initiatives des chances de se développer, » annonce la Fondation Pierre Fabre sur son site Internet.

    Les 9 initiatives présentées à l’occasion de la conférence de lancement

    • Djantoli, Mali, Burkina Faso : application pour le suivi médical des enfants,
    • DoctorGratis, Indonésie, Nigeria : téléconseil médical pour tous,
    • E-diabete.org, Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire : formation des professionnels de santé à la prise en charge du diabète,
    • GiftedMom, Cameroun, Nigéria : application mobile/SMS pour la santé materno-infantile,
    • Jokko$anté, Sénégal : pharmacie communautaire virtuelle,
    • Mclinica, Philippines, Vietnam, Thaïlande : mise en réseau des pharmacies, des laboratoires et des patients,
    • MedTrucks, Sénégal, Mali : unités mobiles d’équipements médicaux,
    • Mos@n, Burkina Faso : application mobile pour la santé maternelle et infantile

    Partenaires et consultants de l’observatoire

    Les partenaires de l’initiative

    • Catel
    • StartupBRICS

    Les consultants

    • Bertin Nahum, PDG et fondateur de MedTech
    • Demba Diallo, Directeur associé et fondateur d’Innhotep
    • Gilles Babinet, Digital Champion pour la France auprès de la Commission européenne
    • Jean-Luc Clément, Conseiller pour la recherche de la Direction des relations européennes et internationales et de la coopération, Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
    • Mehdi Benchoufi, Président du Club Jade
  • « La France a peu de chance de devenir un acteur majeur de la santé NBIC » (Laurent Alexandre)

    « Comment la France va-t-elle survivre dans un XXIe siècle où les NBIC déterminent la puissance des nations alors que sa classe politique ignore cette problématique? « . Telle est l’interrogation soulevée par Laurent Alexandre dans un rapport d’étude du Think Tank Digital New Deal Foundation publié le 29 juin 2016.

    « En l’état actuel, la France a peu de chance de devenir un acteur majeur de la santé NBIC. La marginalisation de la médecine française et de l’industrie européenne de la santé peuvent être spectaculaires à moyen terme », poursuit-il.

    Parmi les risques pointés dans le rapport:

    • Une France décalée où  » les acteurs de la e-santé n’ont jusqu’à présent créé que peu de valeur »,
    • « L’erreur de la loi Touraine » qui, dans son article 47, « prévoit la création d’un système national des données de santé (SDNS) ouvert,
    • La crainte que les GAFA soient les seuls à avoir la capacité de traiter cette masse considérable de données diffusées gratuitement,
    • La “désanonymisation” de ces données si elles sont croisées par des organisations privées comme Google ou Facebook. Le secret médical s’en trouverait ainsi de facto brisé. »

    La réflexion présentée dans ce rapport d’étude repose sur la menace de “tsunami pour la santé” que représentent les NBIC et les GAFA. Pour Laurent Alexandre, « La santé va être confrontée à de grands bouleversements :

    • La remise en cause du rôle des professionnels de santé traditionnels avec la “watsonisation et la robotisation de la médecine”.
    • La profonde mutation sociale liée à l’utilisation des biotechnologies sur l’homme, l’homme augmenté et l’eugénisme et l’apparition d’écarts entre les pays.
    • La prédominance des GAFA sur la santé.

    Les enjeux des bouleversements à venir dans le secteur de la santé

    La médecine marginalisée et le transfert du pouvoir médical

    • La prise en charge du diagnostic par la machine, vers la « watsonisation » de la médecine:
      • « D’ici à 2030, plus aucun diagnostic médical ne pourra être fait sans système expert. Les médecins signeront des ordonnances qu’ils n’auront pas conçues. »
    • La robotisation de la chirurgie:
      • « Les prochaines générations de robots chirurgicaux vont dépasser puis remplacer les chirurgiens d’ici 2035. »

    L’homme augmenté, un possible toboggan transgressif en matière de bio-enhancement

    • Les techniques scientifiques d’eugénisme bientôt mises au point:
      • « Le coût de l’eugénisme baisse rapidement, ce qui va rendre plus facile sa diffusion. »
    • L’inéluctabilité des bébés à la carte:
      • « Des techniques seront opérationnelles en routine sur l’embryon humain dans dix à quinze ans. »
    • Un gouffre inégalitaire et une humanité à deux vitesses:
      • « Tous les pays ne défendent pas la même position en matière de bio-éthique ».

    Le retard de la France

    • « La méfiance française envers le progrès, dont le principe de précaution est le symbole et le moteur, accélère notre déclin relatif économique et technologique. »
    • La loi Touraine risque de verrouiller l’accès aux données médicales [en donner les clés au GAFA, ndlr] et de tuer dans l’œuf l’industrie française des algorithmes médicaux. »

    Des solutions complexes à mettre en œuvre mais indispensables

    Accompagner les professionnels de santé dans une redéfinition de leur rôle

    Elaborer un nouveau système de santé pour le monde post-révolution NBIC : créer des plateformes innovantes de santé

    Une politique ambitieuse de modernisation du système de santé pour permettre la création de plateformes dans un cadre maîtrisé.

  • M-santé : la mesure de la tension artérielle, première attente des utilisateurs (enquête Allianz)

    • Mesure de la tension artérielle,
    • Diabète,
    • Qualité du sommeil,

    telles sont les 3 principales attentes des utilisateurs en ce qui concerne les applications de santé et la santé connectée selon un enquête publiée le 16 juin 2016 par Allianz Worldwide Partners et Monolith Partners, et conduite entre le 26 avril et le 2 mai 2016 auprès de 1102 propriétaires d’Apple Watch.

    • 26% des personnes interrogées placent la mesure de la tension en tête de leurs attentes,
    • 12% indiquent le suivi du diabète,
    • 11% désignent la mesure de la qualité du sommeil.

    Parmi les autres enseignements de l’enquête :

    • 36% des personnes interrogées se sont déclarées inquiètes du vol de leur données personnelles à travers leurs appareils connectés,
    • Pour 85% des ces personnes, l’inquiétude se porte essentiellement sur leurs informations bancaires et financières. 79% s’inquiètent de l’usurpation d’identité.
    • 16% des personnes interrogées ont déjà recours à un service de protection des données. 28% se déclarent prêt à souscrire à ce type de service dans le futur.

  • Medtronic rachète HeartWare International Inc. pour 1,1Mds $ (990M €)

    Un accord de fusion entre Medtronic et HeartWare International Inc., spécialiste de technologies non-invasives dans le traitement des maladies cardio-vasculaires, a été annoncé le 27 juin 2016.

    Selon les termes de l’accord Medtronic doit lancer une OPA sur les actions émises et en circulation d’HeartWare au prix de 58 $ par action en cash. L’opération est estimée à environ 1,1Mds $ (990M €).

    L’acquisition devrait être finalisée au cours du deuxième trimestre de l’exercice fiscal de Medtronic qui se termine le 28 octobre 2016.

    Le prix de l’action d’Heartware au Nasdaq était aux alentours de 31 $ la veille de l’annonce.

  • Concours IBM Watson Xprize : 5M $ pour des projets utilisant l’IA et l’informatique cognitive

    5M $ (4,5M €) c’est le montant des prix mis en jeu par IBM Watson dans le cadre de son concours Xprize ouvert aux candidatures depuis le 23 juin 2016 jusqu’au 1er décembre 2016.

    Le concours IBM Watson Xprize est une compétition d’une durée de 4 ans au cours de laquelle des équipes de développeurs sont invitées à librement tirer partie des technologies d’intelligence artificielle et d’informatique cognitive pour développer des applications sur les thématiques de la santé, l’éducation, l’énergie ou l’environnement.

    Déroulement :

    • les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 1er décembre 2016,
    • les candidats ont jusqu’au 1er mars 2017 pour soumettre un projet détaillé de développement pour leur solution,
    • 3 tours de sélection sont organisés chaque automne. Un panel d’experts choisira les 10 meilleures équipes qui pourront concourir aux différents événements de Watson et recevront des prix intermédiaires,
    • les 3 derniers finalistes participeront à la cérémonie du grand prix organisée sur la scène de TED2020. Les équipes seront jugées sur leur projet et son potentiel.

    Le gagnant recevra 3M $ (2,7M €), le second 1M $ (900 000 €) et le 3e, 500 000 $ (450 000 €). 500 000 $ additionnels seront répartis pour des projets marquants au cours de la compétition et des prix intermédiaires.

    Xprize est une organisation à but non lucratif spécialisée dans l’organisation de concours internationaux destinés à répondre aux grands enjeux de la société.

    Parmi les autres concours Xprize :

    • Google Lunar  (30M $)
    • NRG COSIA (20M $)
    • Global Learning (15M $)
    • Qualcomm Tricorder (10M $)
    • Shell Ocean Discovery (7M $)
    • Barbara Bush Foundation Adult Literacy (7M $)
  • Partenariat entre McKesson et Change Healthcare pour fonder une nouvelle société dans l’IT santé

    Un nouvelle entreprise regroupant les activités IT de l’entreprise pharmaceutique McKesson et celles de Change Healthcare (anciennement Emdeon), tel est l’objet du partenariat signé entre les deux sociétés le 28 juin 2016.

    Cette nouvelle entreprise fusionne la majorité des activités de Change Healthcare, à l’exception de ses services de paiement et de remboursement et de routage pour les pharmacies, et la plupart des activités IT de McKesson, sauf RelayHealth Pharmacy et sa division de solutions d’information pour les entreprises.

    La nouvelle entité représente un chiffre d’affaires de 3,4Mds $ (3Mds €). McKesson et Change Healthcare détiendront respectivement 70% et 30% de la nouvelle société. Elle recevront respectivement 1,25Mds $ (1,13Mds €) et 1,75 Mds $ (1,57Mds €) une fois l’accord finalisé.

    Les dirigeants des deux entreprises prévoient une augmentation du chiffre d’affaires de 150M $ (135,4M €) grâce aux synergies ainsi créées.

  • Les cyber-attaques contre les hôpitaux se multiplient (Etude TrapX Security, 27 juin 2016)

    Les systèmes d’information et les appareils médicaux des hôpitaux sont susceptibles d’être pénétrés par d’anciennes versions de logiciels malveillants permettant de dérober les informations des patients, révèle l’étude MEDJACK 2 publiée le 27 juin 2016 par la société de cyber-sécurité TrapX Security.

    Les appareils médicaux qui utilisent de vieux systèmes d’exploitation — certaines versions de Windows, jugées dépassées, sont actuellement ignorées par les logiciels de sécurité — sont vulnérables aux attaques de plus en plus sophistiquées des hackers. En camouflant de vieux logiciels malveillants, qui ne sont plus suivis par les systèmes anti-virus, les hackers réussissent à contourner les systèmes de sécurité traditionnels et à accéder à des données sensibles, montre le rapport de TrapX Security.

    « Nous avons constaté dès notre premier rapport [en juin 2015, ndlr] que des attaques ciblant des appareils médicaux dans les hôpitaux n’étaient pas détectées avant plusieurs mois. Au cours de l’année qui vient de s’écouler, un grand nombre de ces affaires ont été relatées dans les médias. Des preuves confirment que des attaques sophistiquées ciblent les professionnels de santé et sont susceptibles d’accéder à des informations sensibles sur les patients qui valent beaucoup d’argent sur le marché noir. Medjack 2 montre une vraie tendance à la hausse de ces attaques », déclare Greg Enriquez, Pdg de TrapX Security.

    Le secteur de la santé constitue la première cible des cyber-attaques dans le monde selon le rapport annuel d’IBM Cyber Security Intelligence Index 2016.

    Un analyste de Kaspersky démontre la facilité à pénétrer le réseau d’un hôpital

    Lors du Security Analyst Summit 2016 qui s’est déroulé du 7 au 11 février 2016 à Tenerife en Espagne, Sergey Lozhkin, expert en sécurité informatique chez Kaspersky, un des principaux éditeurs d’antivirus et spécialiste de la cybersécurité, a démontré, en accord avec la direction d’un établissement, à quel point il est facile de pénétrer le réseau wi-fi d’un hôpital et d’accéder à certains de ses appareils (Scanner, IRM) à l’aide d’un simple ordinateur portable. La même semaine, Le centre médical presbytérien d’Hollywood a payé une rançon de 17 000 $ (15 320 €) pour récupérer le contrôle de son système informatique hacké et paralysé pendant une semaine par un logiciel de racket (ransomware).

    Selon un article du Monde du 24 février 2016, les hôpitaux français ne seraient pas épargnés, le journal citant Cedric Cartau, responsable sécurité des systèmes d’information au CHU de Nantes et Pays de la Loire: «Il y a environ mille hôpitaux en France, mais à peine cinquante responsables sécurité des systèmes d’information. La situation n’est pas plus enviable dans les structures privées, et c’est encore pire dans le médico-social. Dans 95 % des cas, il n’y a personne pour se préoccuper de sécurité informatique ».

    Selon Sergey Lozhkin, une des meilleures défenses contre ces intrusions consisterait à mener des audits préventifs sous forme de tests de pénétration (comme il l’a montré dans son exemple) afin de déceler les failles et les corriger au plus vite.

    Une étude montre l’inquiétude des DSI

    Les DSI admettent investir des millions à fonds perdus dans une cybersécurité qui se révèle inopérante sur la moitié des attaques selon une étude mondiale menée auprès de 500 DSI publiée en février 2016 par le cabinet d’étude Vanson Bourne.

    Les principales conclusions de cette étude :

    • 87 % des DSI sont convaincus de l’inefficacité de leurs mécanismes de défense puisque ceux-ci sont incapables d’analyser le trafic réseau crypté pour y déceler d’éventuelles attaques.
    • 90 % des DSI ont déjà essuyé ou s’attendent à essuyer une attaque dissimulée dans du trafic crypté.
    • 86 % des DSI estiment que les clés de cryptage et certificats numériques dérobés sont en passe de représenter un marché extrêmement lucratif pour les pirates.
    • 79 % des DSI conviennent que leur stratégie d’accélération de l’informatique et de l’innovation est en danger car leurs initiatives introduisent des vulnérabilités nouvelles.
  • E-santé : les pistes de l’Institut Montaigne pour un leadership français

    • L’automatisation des processus, à l’hôpital comme en ville, pour la prise de rendez-vous, la gestion du dossier patient, le développement des produits de santé (par exemple pour la collecte des données et le suivi des essais cliniques).
    • L’amélioration des prises en charge et des parcours patients grâce à une fluidification des échanges de données et d’informations avec le recours aux téléconsultations et au télésuivi des patients
    • L’utilisation de la donnée et les approches analytiques pour élaborer des outils d’aide à la décision permettant de comparer les données de leurs patients à des jeux de données massifs et prendre en compte pleinement les connaissances scientifiques disponibles,
    ce sont les trois axes principaux définis par l’Institut Montaigne dans son rapport de juin 2016 « pour faire de la France un leader du numérique en santé ».

    Le rapport met en avant une étude réalisée en 2014 par le NHS (National Health Service), système de santé publique du Royaume-Uni, qui évaluait des gains d’efficacité de l’ordre de 6% à 10% des coûts grâce à une meilleure exploitation des outils numériques, soit une économie annuelle comprise entre 15 milliards et 25 milliards d’euros.