Le Pr malien Cheick Oumar Bagayoko, médecin spécialisé en informatique médicale et pionnier de la télémédecine, a annoncé début juillet 2018 le lancement d’un diplôme universitaire en e-santé dans trois universités d’Afrique de l’Ouest :
• l’Université de Bamako (Mali) ;
• l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody (Abidjan, Côte d’Ivoire) ;
• l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal).
Afin d’ouvrir la formation à l’ensemble des pays africains, les cours (100 heures au total) seront retransmis en direct sur internet selon le principe de la visioconférence.
Les étudiants devront par ailleurs développer une solution de e-santé sur mobile ou PC dans le cadre d’un hackathon qui sera organisé au cours du programme.
La création d’un tel diplôme vise à former des professionnels de la santé et de l’informatique mais aussi des décideurs politiques à la mise en place de solutions de e-santé adaptées aux besoins de la région.
Financée par la Fondation Pierre Fabre à hauteur de 50 000 euros, la première session de ce projet débutera au premier trimestre 2019.
Une formation centrée sur l’innovation et la gestion de projet
100 heures d’enseignements seront réparties en trois modules centrés sur :
- les bases méthodologiques et conceptuelles de la e-santé ;
- les domaines d’applications de la e-santé ;
- l’innovation et la gestion de projet dans le secteur.
« Ce dernier module doit permettre aux participants de connaître tous les aspects administratifs et d’identifier les interlocuteurs pertinents pour mener à bien un projet », souligne Cheick Oumar Bagayoko (source : Jeuneafrique.com).
« 70 % des professeurs sont africains et connaissent les besoins du terrain »
« Nous avons une masse critique en termes de compétences au Mali. Dans la formation, 70 % des professeurs sont africains et connaissent les besoins du terrain », précise le professeur.
Une fois diplômés, les étudiants devront être capables de définir une stratégie en adéquation avec les besoins du marché et de fédérer une équipe afin de développer des solutions numériques adaptées aux contraintes techniques du terrain.
Afin de vérifier ces acquis, la formation sera rythmée par un hackathon au cours duquel les élèves – regroupés en équipe – devront concevoir et développer une solution de e-santé sur mobile ou sur PC.
Des promotions « raisonnables » de 20 à 30 étudiants
En ce qui concerne la sélection des candidats, la priorité est d’équilibrer les profils selon les compétences. « Nous regarderons [leur] parcours et [leur] profil. L’objectif est aussi de sélectionner des personnes proches de la thématique qui peuvent agir rapidement à l’issue du diplôme », explique-t-il.
« Nous savons que la demande va rapidement exploser mais nous prévoyons pour le moment des promotions raisonnables de 20 à 30 personnes. »
Des cours accessibles à distance pour une envergure panafricaine
Reconnu dans trois pays, le diplôme vise une envergure panafricaine.
Une plateforme pour consulter des ressources documentaires
Les étudiants, selon le concept de e-learning, pourront suivre les cours en direct sur internet, un système leur permettant par exemple de poser des questions au professeur. Ils auront en outre la possibilité de consulter des ressources documentaires sur une plateforme dédiée.
Des sessions « physiques » seront par ailleurs mises en place pour permettre d’approfondir certains aspects à plusieurs. Ces regroupements auront lieu dans l’une des trois universités partenaires.
Le coût du diplôme sera compris entre 500 et 1000 euros, un tarif adapté au marché universitaire africain.