Mutuelles

  • Afrique de l’Ouest : la Fondation Pierre Fabre finance une formation en e-santé à hauteur de 50 000 €

    Le Pr malien Cheick Oumar Bagayoko, médecin spécialisé en informatique médicale et pionnier de la télémédecine, a annoncé début juillet 2018 le lancement d’un diplôme universitaire en e-santé dans trois universités d’Afrique de l’Ouest :
    • l’Université de Bamako (Mali) ;
    • l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody (Abidjan, Côte d’Ivoire) ;
    • l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal).

    Afin d’ouvrir la formation à l’ensemble des pays africains, les cours (100 heures au total) seront retransmis en direct sur internet selon le principe de la visioconférence.
    Les étudiants devront par ailleurs développer une solution de e-santé sur mobile ou PC dans le cadre d’un hackathon qui sera organisé au cours du programme.

    La création d’un tel diplôme vise à former des professionnels de la santé et de l’informatique mais aussi des décideurs politiques à la mise en place de solutions de e-santé adaptées aux besoins de la région.

    Financée par la Fondation Pierre Fabre à hauteur de 50 000 euros, la première session de ce projet débutera au premier trimestre 2019.

    Une formation centrée sur l’innovation et la gestion de projet

    100 heures d’enseignements seront réparties en trois modules centrés sur :

    • les bases méthodologiques et conceptuelles de la e-santé ;
    • les domaines d’applications de la e-santé ;
    • l’innovation et la gestion de projet dans le secteur.
      « Ce dernier module doit permettre aux participants de connaître tous les aspects administratifs et d’identifier les interlocuteurs pertinents pour mener à bien un projet », souligne Cheick Oumar Bagayoko (source : Jeuneafrique.com).

    « 70 % des professeurs sont africains et connaissent les besoins du terrain »

    « Nous avons une masse critique en termes de compétences au Mali. Dans la formation, 70 % des professeurs sont africains et connaissent les besoins du terrain », précise le professeur.

    Une fois diplômés, les étudiants devront être capables de définir une stratégie en adéquation avec les besoins du marché et de fédérer une équipe afin de développer des solutions numériques adaptées aux contraintes techniques du terrain.

    Afin de vérifier ces acquis, la formation sera rythmée par un hackathon au cours duquel les élèves – regroupés en équipe – devront concevoir et développer une solution de e-santé sur mobile ou sur PC.

    Des promotions « raisonnables » de 20 à 30 étudiants

    En ce qui concerne la sélection des candidats, la priorité est d’équilibrer les profils selon les compétences. « Nous regarderons [leur] parcours et [leur] profil. L’objectif est aussi de sélectionner des personnes proches de la thématique qui peuvent agir rapidement à l’issue du diplôme », explique-t-il.

    « Nous savons que la demande va rapidement exploser mais nous prévoyons pour le moment des promotions raisonnables de 20 à 30 personnes. »

    Des cours accessibles à distance pour une envergure panafricaine

    Reconnu dans trois pays, le diplôme vise une envergure panafricaine.

    Une plateforme pour consulter des ressources documentaires

    Les étudiants, selon le concept de e-learning, pourront suivre les cours en direct sur internet, un système leur permettant par exemple de poser des questions au professeur. Ils auront en outre la possibilité de consulter des ressources documentaires sur une plateforme dédiée.

    Des sessions « physiques » seront par ailleurs mises en place pour permettre d’approfondir certains aspects à plusieurs. Ces regroupements auront lieu dans l’une des trois universités partenaires.

    Le coût du diplôme sera compris entre 500 et 1000 euros, un tarif adapté au marché universitaire africain.

  • Edouard Philippe veut transformer l’industrie de santé française grâce à l’exploitation des données

    À l’occasion du Conseil stratégique des industries de la santé, le 10 juillet 2018, Edouard Philippe, Premier ministre français, a annoncé des mesures encourageantes à l’égard des acteurs de l’industrie pharmaceutique et un engagement fort à les mettre en oeuvre, sujet convergent avec l’article de Health&Tech Intelligence intitulé Innovation et stabilité économique au cœur du Conseil stratégique des industries de santé.

    Le Premier ministre souhaite mettre l’innovation au service d’une médecine de meilleure qualité : alors que le premier volet de mesures vise à accélérer l’accès aux médicaments innovants pour les patients, Edouard Philippe veut grâce à deux autres volets de mesures impulser une transformation profonde des industries de santé.
    Il incite à :
    • dynamiser la recherche par une politique de valorisation des données de santé sous-jacente à la médecine des 4P d’une part, et favoriser des collaborations plus étroites entre le secteur privé et le secteur public d’autre part ;
    • rendre la France plus attractive à l’échelle internationale et attirer les investisseurs étrangers en transformant le tissu industriel et en facilitant les processus de bioproduction par l’émergence de filières de biotechnologies et de médicaments de thérapies innovantes (MIT).

    Optimiser la recherche : capitaliser sur les données et favoriser le transfert de technologie

    « L’étude des données en vie réelle recèle des potentialités inouïes pour améliorer la prise en charge des patients. Car l’utilisation des données n’ajoute pas simplement un outil puissant au service des épidémiologistes : elle va révolutionner les pratiques des médecins et des professionnels de santé, mais aussi les parcours de soins. Elle ouvre des horizons insoupçonnés pour développer des produits et des services – comme des applications sur smartphones – que le patient pourra s’approprier plus activement. Face à cette révolution, la France veut être aux avant-postes et organiser l’accès à ces données de façon cohérente et efficace. » Edouard Philippe, le 10 juillet 2018 au Conseil stratégique des industries de santé

    « Construire tout simplement l’une des plus grandes bases de données du monde »

    Si selon Edouard Philippe, la France dispose d’un patrimoine extraordinaire de données de santé, l’un des plus grand défis auxquels elle est confrontée réside dans la structuration et la valorisation de ces mêmes données de santé.

    Afin de les mettre au service du développement de la nouvelle médecine des 4P (prédictive, préventive, personnalisée et participative), il propose trois leviers :

    • enrichir les bases de données de façon à incorporer toutes les informations liées au parcours de soins ;
    • faciliter les autorisations de traitement de ces données ;
    • créer un Health data Hub, une infrastructure de données de santé exploitées grâce aux méthodes et aux outils les plus innovants, notamment l’intelligence artificielle.

    Soutenir la dynamique de recherche française en facilitant le transfert de technologies

    Le Premier ministre souhaite renforcer les collaborations entre la recherche publique et le secteur privé afin d’améliorer le transfert de la propriété intellectuelle. Il a indiqué à ce titre que la mise en œuvre du dispositif du mandataire unique émanant du projet de loi PACTE doit permettre de résoudre le problème des coûts de gestion et du ralentissement du transfert de technologie vers les entreprises dus au transfert de licences.

    Dans le cadre du dispositif unique, un responsable unique sera chargé de la gestion et de la valorisation de l’ensemble de la propriété intellectuelle issue d’un laboratoire.

    Le projet de loi PACTE doit aussi favoriser les allers-retours des chercheurs entre le public et le privé et faciliter la création d’entreprises par des chercheurs.

    Enfin, concernant la recherche et le monde académique, le Premier ministre souhaite que :

    • des métiers de haute technologie dans l’industrie de la santé soient valorisés auprès des étudiants et des doctorants ;
    • des formations pluridisciplinaires valorisant des métiers de bio-production et de bio-informatique soient développées.

    Transformer le tissu industriel en investissant dans les biotech et les MTI (médicaments de thérapie innovante)

    Le Premier ministre français souhaite voir la France tirer profit de l’avènement des biothérapies et des biotechnologies et la voir passer au premier rang mondial en nombre de sociétés (elle occupe actuellement le 3ème rang mondial) et en nombre de produits (elle est actuellement 2ème).

    Sa stratégie générale vise à ancrer durablement la production et l’industrialisation sur le territoire français en créant des écosystèmes de visibilité mondiale.

    400 millions d’euros à destination des Pôles de compétitivité 

    Edourad Philippe souhaite donner une nouvelle ambition aux pôles de compétitivité pour renforcer leur efficacité. À cet effet, il a également annoncé la publication dans les prochains jours du cahier des charges de la phase IV des pôles de compétitivité, en concertation avec les régions.

    Il a également annoncé un investissement à hauteur de 400 millions d’euros au profit des projets collaboratifs issus des pôles de compétitivité.

    Accroître les investissements : 2 milliards d’euros pour deux fonds dédiés

    Le Premier ministre souhaite mobiliser les outils du Programme d’investissement d’avenir (PIA) et du Grand plan d’investissement au service du secteur de la santé. 

    Ainsi, il a d’ores et déjà annoncé :

    • le lancement d’Innobio II, un nouveau fonds de capital-risque à destination des entreprises de la santé, avec l’appui de Bpifrance et de Sanofi ;
    • la redynamisation du Fonds accélération biotech santé (FABS) qui vise à accélérer le développement de projets des instituts hospitalo-universitaires et des laboratoires d’excellence.

    Au total, ces deux fonds permettent de mobiliser plus de 2 milliards d’euros d’investissements dans le secteur de la santé.

    Faire émerger une filière biotech et faire de la France le leader mondial de la filière médicaments de thérapie innovante (MTI)

    Edouard Philippe souhaite que les acteurs se mobilisent pour créer un pôle d’excellence mondial de recherche et de production dans le domaine des biotechnologies et notamment dans le secteur de la production de bio-médicaments.

    Il souhaite encourager notamment l’émergence des MTI, tels les prélèvements de cellules qui sont traitées puis réinjectées dans le corps du malade, en s’engageant à simplifier et réduire les délais de production et d’industrialisation avec la mise en place d’un fast track (évaluation rapide) d’ici janvier 2019.

    L’objectif est d’être compétitif en proposant des prix de bio-médicaments « 100 fois moins chers ». Pour y arriver, le Premier ministre propose que les grands défis du Fonds pour l’innovation et l’industrie, à hauteur de 140 millions d’euros par an, viennent potentiellement soutenir ces ambitions en matière de bioproduction.

  • Bilan en demi-teinte du recours aux consultants par les établissements de santé (Cour des comptes)

    En France, le recours à des prestataires extérieurs est une pratique répandue au sein des établissements publics de santé. Les chambres régionales et territoriales des comptes ont cherché à en évaluer la pertinence dans plusieurs études, publiées au cours des derniers mois. La chambre régionale des comptes Île-de-France en propose la synthèse pour identifier les « principales lacunes et faiblesses » du recours aux cabinets de conseil. Un référé signé par Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, a été adressé à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, pour lui faire part de ses recommandations en la matière. La ministre dispose d’un délai de deux mois pour y répondre.

    Finalisé le 23 avril 2018, ce référé est consultable sur le site internet de la Cour des comptes depuis le 9 juillet 2018. Dans un communiqué également daté du 9 juillet, la juridiction financière constate que « les productions des consultants donnent des résultats souvent peu satisfaisants, au regard des prestations attendues, et la régularité des marchés publics est parfois incertaine. Le recours important à ces prestations appauvrit par ailleurs les compétences internes des établissements, alors que celles-ci permettraient de traiter la plupart des sujets d’expertise ».

    La Cour formule trois recommandations visant notamment à mutualiser les compétences au niveau des groupements hospitaliers de territoire (GHT).

    Les établissements publics de santé recourent souvent à des prestataires extérieurs

    Une pratique répandue au sein des établissements publics de santé…

    « Désormais répandue au sein de tous les établissements publics de santé » d’après la Cour des comptes, la pratique du recours à des prestataires extérieurs répond à deux types de logiques :

    • des missions de mise en conformité à un cadre légal, comme dans le cas de la certification des comptes ;
    • des missions de conseil, dont la juridiction proposait la définition suivante dans un rapport de 2014 : « prestations intellectuelles confiées à des personnes extérieures à l’administration, que celles-ci soient privées ou publiques, et dans lesquelles la part de « conseil » est supérieure à celle de « service » à proprement parler ».

    Ces missions de conseils représentent moins de 1 % du budget global de l’établissement. Le montant de marchés de conseils en stratégie de très grands établissements peut cependant parfois dépasser le million d’euros, précise la Cour.

    … qui concerne tous les domaines de la gestion hospitalière

    La Cour des comptes identifie ensuite les principaux champs d’activité couverts par les missions de conseil. Il s’agit principalement des domaines financier, juridique, stratégique, managérial, organisationnel, de ressources humaines et d’investissement.

    Les résultats des travaux des consultants ne sont pas à la hauteur des prestations attendues, d’après la Cour des comptes

    Les résultats des missions de conseil sont jugés « décevants »…

    Les chambres régionales des comptes ont montré que les productions des consultants présentaient souvent les lacunes suivantes :

    • les rapports de mission utilisent les données internes à l’établissement ;
    • les consultants se contentent de copier des informations connues ;
    • ils reprennent des notes ou des conclusions existantes sans en formuler de nouvelles ;
    • « les études financières sont peu approfondies et leurs appréciations parfois erronées » ;
    • en matière d’audit financier, la présentation des résultats « est souvent décevante » ;
    • en matière de conseil stratégique, « la qualité des travaux est souvent faible (…) ».

    … et « la régularité des marchés parfois incertaine »…

    En matière de marchés de conseil, la Cour constate, sur le fondements des études réalisées par le chambres territoriales de comptes, que certains établissements de santé sont susceptibles de s’écarter du cadre strict de la commande publique. Elle relève à ce titre :

    • des recours abusifs à la procédure adaptée ou à la procédure allégée de l’article 30 du code des marchés publics ;
    • des attributions contestables au regard des règles de mise en concurrence.

    D’un point de vue procédural, elle constate que : 

    • les délais ménagés aux candidats pour la remise des offres « sont fréquemment insuffisants » ;
    • les critères de sélection sont « souvent contestables » ;
    • certaines demandes de prestations de conseils sont « peu précises dans les cahiers des charges ».

    … Ces lacunes conduisent à affaiblir les établissements de santé lorsque les recours aux prestataires extérieurs sont trop fréquents

    Selon la juridiction financière, le recours aux prestataires extérieurs conduit à affaiblir les établissements publics de santé dans la mesure où :

    • ces établissements ne cherchent plus à valoriser le domaine d’expertise concerné dans leur politique de recrutement ou de formation ;
    • ils parviennent de moins en moins à assurer leur rôle de maître d’ouvrage dans la conduite de ces marchés ;
    • « le recours mal maîtrisé aux consultants, en sus des dépenses immédiates liées à chaque contrat, constitue une source de charges à plus long terme, en raison, notamment, de la perte de compétence qui en résulte », conclut la Cour.

    Les ressources internes sont insuffisamment formées et les ressources externes mal employées

    Les chambres régionales et territoriales des comptes ont montré que les compétences existaient au sein des établissements publics de santé et qu’elles permettraient d’éviter le recours à des marchés publics de conseil. La Cour en conclut donc à la sous-utilisation des ressources des hôpitaux, qui « dispose(nt) des instruments et des méthodes pour réaliser leur propre autodiagnostic de leurs forces et faiblesses ».

    « Les lacunes éventuelles pourraient être palliées par des formations adéquates et un renforcement des équipes. » Cour des comptes

    « Les ressources externes fournies par les autorités de tutelle devraient être mieux exploitées »

    En lien avec la modernisation du système de santé engagée au cours des dernières années, plusieurs opérateurs publics et acteurs apportent d’ores et déjà un soutien aux établissements publics de santé, soutien dont les « bénéfices » ont été relevés dans plusieurs rapports des chambres régionales et territoriales des comptes.

    Parmi les opérateurs publics et agences concernés, la Cour souligne notamment l’apport de l’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP), du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG), de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH), de la Haute autorité de santé (HAS), du Comité pour la performance et la modernisation hospitalière (COPERMO), et de l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (ASIP).

    La Cour propose de mobiliser les Groupements hospitaliers de territoire pour mutualiser les compétences

    La Cour des comptes a élaboré un tableau dans lequel elle évalue la pertinence du recours à des missions de conseil externes selon les domaines d’intervention des établissements intégrés à des GHT (cf. ci-dessous). Il ressort de cette analyse que le recours à des prestataires extérieurs s’avère pertinent en cas d’absence manifeste de ressources internes et lorsque la fonction n’est pas mutualisée, comme dans le cas de la gestion des ressources humaines (« pertinence forte »).

    Trois recommandations pour optimiser le recours aux consultants extérieurs

    Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, dispose d’un délais de deux mois pour faire connaître sa réponse à Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes.

    Le référé de la Cour  est consultable et disponible au téléchargement en suivant ce lien.

  • Le groupe australien de e-santé HealthEngine accusé de partager les données des patients

    HealthEngine, le plus grand service de rendez-vous médicaux en ligne d’Australie, a annoncé début juillet 2018 des « changements majeurs » dans son fonctionnement à la suite de révélations selon lesquelles il partageait les informations médicales des utilisateurs de sa plateforme avec des cabinets d’avocats spécialisés en dommages corporels et d’autres tiers.

    L’entreprise a déclaré qu’elle cesserait de partager les données des particuliers et arrêterait la publicité sur son site. Objectif : rétablir la confiance dans l’entreprise, a commenté son P.-D.G., Marcus Tan.

    Fin juin, the ABC – principale source d’information en Australie – a dévoilé que la société avait canalisé des centaines de données sur la santé de ses usagers vers le cabinet d’avocats multinational australien Slater and Gordon et expliquait aux annonceurs qu’elle pouvait cibler les utilisateurs grâce à une stratégie de marketing basée sur leurs symptômes et leurs conditions médicales.

    Le ministre de la Santé australien, Greg Hunt, a ordonné à la commissaire à l’information du pays d’enquêter sur l’entreprise et a demandé à l’Agence de la santé numérique australienne (ADHA) de procéder à un « examen urgent » de sa relation avec HealthEngine, avec qui elle avait établi un partenariat.

    Slater and Gordon avaient une relation étroite avec HealthEngine

    La relation de HealthEngine avec des tiers a été révélée dans des documents secrets obtenus par the ABC, montrant que Slater and Gordon avaient eu une relation étroite avec le service en 2017.

    Dans le cadre de son programme pilote, le groupe de santé numérique transmettait au cabinet une liste quotidienne de clients potentiels, en fonction de leurs informations médicales personnelles. Elle aurait envoyé des données sur 200 utilisateurs par mois en moyenne à Slater and Gordon entre les mois de mars et d’août l’année dernière. Au total, 40 personnes seraient devenues des clients du cabinet, ce qui représente des frais juridiques estimés à 500 000 AU$ (317 000 € ; 372 000 US$).

    L’entreprise d’avocats a refusé de commenter à the ABC ses liens avec HealthEngine.

    HealthEngine fait l’objet d’un examen de la part de la profession médicale 

    Plusieurs médecins du pays ont annulé leurs abonnements à la plateforme

    Cette annonce survient alors que HealthEngine fait l’objet d’un examen minutieux de la part de la profession médicale au sujet de sa gestion de l’information médicale sensible des patients.

    Plusieurs médecins du pays ont annulé leurs abonnements à la plateforme à la suite des récentes révélations.

    Des utilisateurs ont porté plainte

    Les informations de the ABC ont été étayées par le témoignage d’utilisateurs australiens ayant porté plainte, qui assurent avoir été contactés par des cabinets d’avocats après avoir utilisé l’application HealthEngine, les encourageant à réclamer des dommages corporels ou professionnels.

    Aucun des utilisateurs de l’application avec qui the ABC a échangé n’a déclaré savoir que ses informations seraient distribuées à des tiers.

    L’entreprise assure qu’elle n’avait transmis des données qu’avec le « consentement exprès » des utilisateurs

    • La société basée à Perth, qui appartient en partie au grand groupe de télécommunications australien Telstra et à SevenWest Media, la plus grande entreprise de médias du pays, a maintenu qu’elle n’avait transmis des informations médicales personnelles qu’avec le « consentement exprès » des utilisateurs (source : Abc.net.au). Son P.-D.G., Marcus Tan, a donc admis que la société avait fourni des informations aux avocats mais n’a pas précisé quand ils avaient cessé cet arrangement.
    • L’entreprise a insisté sur le fait que sa politique d’utilisation des données étaient clairement expliquées aux utilisateurs via un simple formulaire pop-up disponible sur l’application.
    • Elle a également conclu un accord de partage de données avec le système de dossiers médicaux numériques My Health Record du gouvernement fédéral, géré par l’Agence de la santé numérique australienne. Cependant, elle a affirmé qu’elle n’était pas en mesure d’accéder directement aux données sur les patients détenues par My Health Record ou l’ADHA.

    Réaction : HealthEngine annonce un changement de business modèle

    Des changements pour rétablir la confiance dans l’entreprise

    HealthEngine a toutefois récemment annoncé que l’entreprise cesserait de partager les données des utilisateurs et supprimerait la publicité de son site web.

    Dr Tan a déclaré dans un communiqué que ces changements visaient à rétablir la confiance dans l’entreprise.

    Les relations de HealthEngine avec des tiers ne représenteraient qu’une partie de son business modèle

    Marcus Tan a insisté sur le fait que les relations de HealthEngine avec des tiers ne représentaient qu’une partie de son business modèle. « Notre cœur de métier reste centré sur la mise en relation des patients et des praticiens et sur l’aide aux Australiens pour accéder plus facilement aux soins, ce qui ne changera pas et nous permettra de continuer à réussir. »

    Dans le cadre de son système de prise de rendez-vous en ligne avec des médecins généralistes, des dentistes, des physiothérapeutes et d’autres médecins, HealthEngine demande à ses utilisateurs de renseigner des détails concernant leurs symptômes et leurs conditions médicales, y compris des informations pour savoir s’ils ont été blessés ou victimes d’un accident de la circulation.

    En vertu des changements apportés à son business modèle, la société devrait :

    • supprimer de façon permanente les évaluations des cliniques de son site web à la suite d’une enquête réalisée par le grand groupe médiatique australien Fairfax qui a révélé plus tôt en juin qu’elle avait modifié les avis négatifs des patients pour les faire paraître positifs (l’entreprise a depuis présenté ses excuses et retiré les commentaires de son service) ;
    • mettre en place un groupe consultatif pour travailler avec les prestataires de santé, les groupes de consommateurs et les régulateurs afin de « s’assurer que [ses] futurs produits et services soient informés par le biais de consultations plus larges ».

    Interrogé par the ABC, l’analyste IT Justin Warren pense que l’entreprise n’a pas eu d’autre choix que d’entreprendre des changements après avoir été confronté à de fortes critiques à la fois des utilisateurs et des médecins. « Ils ont insisté sur le fait qu’ils n’avaient rien fait de mal et je ne vois pas pourquoi ils auraient changé leur business modèles à moins que cette réaction ne commence à [l’affecter]. »

    Le ministre de la Santé ordonne une enquête

    La profession soutient la décision du ministre

    L’Australian Medical Association (AMA) a soutenu la semaine dernière la décision du ministre de la Santé d’ordonner une enquête de la Commission de la vie privée. « Nous attendons avec impatience de voir le rapport [du Commissaire à l’information] sur HealthEngine et nous travaillerons en étroite collaboration avec le ministre et le gouvernement pour assurer la protection de la vie privée des patients, a déclaré le président de l’AMA, Tony Bartone. Se pose aussi la question sérieuse du potentiel des tiers à bénéficier de l’accès aux informations confidentielles et privées des patients. »

  • Australia: Digital health group HealthEngine accused of sharing patient data with lawyers

    Australia’s biggest online doctor-booking service HealthEngine announced in early July 2018 « major changes » in its business following revelations it shared medical information of users of its platform with plaintiff law firm Slater and Gordon and other third parties.

    The company said it will stop sharing personal data and will remove advertising from its website. The goal is to restore trust in the company, said its CEO, Marcus Tan.

    In late June, Australia’s leading source of information the ABC revealed that the company had funneled hundreds of users’ health data to the Australian multinational law firm Slater and Gordon and boasted to advertisers that it could target users with a marketing based on their symptoms and medical conditions.

    Australian Health Minister Greg Hunt has ordered the country’s Information Commissioner to investigate the company and asked the Australian Digital Health Agency (ADHA) to conduct an « urgent review » of its relationship with HealthEngine, with whom it has partnered.

    Slater and Gordon had a referral relationship with HealthEngine

    HealthEngine’s relationship with third parties was revealed in secret documents obtained by the ABC showing that Slater and Gordon had a referral relationship with the service in 2017.

    As part of its pilot program, the digital health group provided the firm with a daily list of prospective clients, based on their personal health information. It passed on details of an average of 200 users a month to Slater and Gordon between March and August last year. In total, 40 people would have become clients of the firm, yielding a projected AU$500,000 (€317,000; US$372,000) worth of legal fees.

    The law firm has declined to comment to ABC about its relationship with HealthEngine.

    HealthEngine is under review from the medical profession

    Several doctors in the country have canceled their subscriptions to the platform

    This announcement comes as HealthEngine is under scrutiny from the medical profession over its handling of patients’ sensitive medical information.

    Several doctors in the country have canceled their subscriptions to the platform following these revelations.

    Users have complained

    ABC’s information was supported by the testimony of Australian complainants who said they have been contacted by law firms after using the HealthEngine app, encouraging them to pursue personal or workplace injury claims.

    None of the users of the application the ABC spoke to said they were aware their information would be given to third parties.

    The company said it had transmitted data only with the « express consent » of users

    • The Perth-based company, which is partly owned by Australia’s leading telecommunications group Telstra and SevenWest Media, country’s biggest integrated media companies, has maintained that it has only ever passed on personal medical information with « express consent » of users (source: Abc.net.au). Therefore, its CEO Marcus Tan admitted the company had provided information to lawyers, but did not specify when they ceased that arrangement.
    • The company insisted that its data usage policy is clearly explained to users via a simple pop-up form available on the app.
    • It also has a data-sharing arrangement with the Federal Government’s My Health Record digital medical record system, managed by the Australian Digital Health Agency (ADHA). However, it  said it was not able to directly access patient data held by My Health Record or the ADHA.

    Action: HealthEngine announces changes in business model

    Changes to restore trust in the company

    HealthEngine, however, has recently announced that the company will stop sharing users’ data and will remove advertising from its website.

    Dr. Tan said in a statement that these changes were aimed to rebuild trust in the company .

    HealthEngine’s relationships with third parties were only a part of its business model

    Marcus Tan emphasized that HealthEngine’s relationships with third parties only ever accounted for a portion of its broader business model. « Our core business remains centred around [sic] connecting patients and practitioners and helping Australians access health care more easily. This will not change, and will enable us to continue to be successful. »

    As part of its online booking appointments system with general practitioners, dentists, physiotherapists and other medical practitioners, HealthEngine asks its users to provide details about their symptoms and medical conditions, including information on whether they have suffered a workplace injury or been in a traffic accident.

    Under the changes to its business model, the company will:

    • permanently remove reviews of clinics from its website, following an investigation made by the largest media companies in Australia and New Zealand Fairfax that revealed earlier in June that the firm had been tampering with negative patient reviews to make them appear positive (company has since apologized and removed the reviews from its service);
    • set up an advisory group to work with health providers, consumer groups and regulators to « ensure [its] future products and services are informed by consulting more widely. »

    Interviewed by the ABC, IT analyst Justin Warren believes that the company had no choice but to make changes after facing a backlash from both users and doctors. « They have been adamant that they’ve done nothing wrong, and I can’t see why they would have changed their business model unless this reaction was starting to affect that business model. »

    Health Minister has ordered investigation

    The Australian Medical Association backed the Minister’s decision

    The Australian Medical Association (AMA) last week backed the Health Minister’s decision to order the Privacy Commission investigation. « We look forward to seeing the [Information Commissioner’s] report on HealthEngine and we will work closely with the minister and the government to ensure that patient privacy is protected, » said AMA president Tony Bartone. « There is also the serious matter of the potential of third parties to profit from having access to confidential and private patient information. »

  • Innovation et stabilité économique au cœur du Conseil stratégique des industries de santé

    Le huitième Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) a eu lieu le 10 juillet 2018 à l’Hôtel Matignon à Paris et marque un tournant dans le dialogue entre l’État et les entreprises du médicament, selon le communiqué diffusé par le Leem. Il rompt avec les éditions précédentes notamment en ce qu’il a permis la prise de mesures opérationnelles à l’égard de l’industrie pharmaceutiques associée à un calendrier.

    Une instance de pilotage et de suivi rattachée à Edouard Philippe, Premier ministre, incarnée par Jean-Luc Belingard, président du Conseil stratégique des industries de santé, a été mise en place afin de s’assurer de la réalisation des mesures et des décisions qui ont été arrêtées, dont le Leem se félicite, et qui visent à :
    • garantir un accès plus rapide à l’innovation pour les patients ;
    • donner plus de visibilité aux industriels qui ont besoin de sortir du court terme pour se projeter en fixant les planchers des dépenses et de croissance.

    Les engagements pris ont pour ambition également de replacer la France dans une positon de leadership international dans le domaine des sciences du vivant, alors qu’une trentaine de dirigeants mondiaux de groupes pharmaceutiques assistaient au CSIS.

    Les mesures plus englobante visant l’excellence de la recherche et des industries de santé françaises seront traitées dans un deuxième article.

    C’est à l’attractivité de la France et du développement des solutions de santé de demain que le CSIS de 2018 a été dédié.

    Garantir un accès plus rapide à l’innovation pour les patients

    Un accès plus rapide à l’innovation passe par les mesures suivantes.

    Renforcement de l’accès aux produits innovants en réduisant les délais d’évaluation

    Il s’agit d’œuvrer en vue de réduire les délais d’accès des patients aux nouveaux médicaments mis sur le marché. Une des condition nécessaire à cet objectif est le respect du délai de 180 jours fixé par la réglementation européenne entre l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) et la publication de prix au Journal Officiel qui marque l’accès réel des patients aux produits.

    Le Leem souligne que la France est actuellement classée 18ème à échelle européenne avec une moyenne de 530 jours séparant l’obtention de l’AMM et la mise sur le marché (106 jours en Allemagne et 111 au Royaume-Uni).

    Le Premier ministre s’engage à ce que les 180 deviennent la norme d’ici 2022.

    Étendre le dispositif d’ATU aux extensions d’indications thérapeutiques

    L’autorisation temporaire d’utilisation (ATU) est un dispositif français permettant  aux patients d’avoir accès aux nouveaux traitements les plus innovants. Depuis le début de l’année 2018, 500 ATU ont été délivrées, mais ces autorisations sont réservé uniquement aux premières indications thérapeutiques des produits innovants.

    Ayant fait ses preuves, mais n’étant plus adapté aux développements cliniques actuels notamment en cancérologie, le Premier ministre propose de l’ouvrir aux extensions d’indications, mesure qui sera inscrite dans le PLFSS de cette année. Cela donnera la possibilité à un patient de bénéficier d’un médicament présent sur le marché pour une indication donnée (cancer du poumon) pour un autre type de cancer pour lequel il s’avère efficace.

    Le Premier ministre s’engage en outre à instaurer une autorisation analogue à l’ATU aux dispositifs médicaux (DM).

    Renforcement du dialogue entre les pouvoirs publics et les industries de santé : visibilité avec des planchers de dépenses et de croissance

    L’objectif de ce renforcement de dialogue entre l’administration, les industriels et les acteurs du système de santé, voulu par le Premier ministre et exposé lors de sons discours, vise à rendre la régulation du marché pharmaceutique plus simple et plus prévisible.

    Il s’agit là d’une réponse aux exigences de la campagne présidentielle de 2017 formulées par l’industrie pharmaceutique.

    Voici les mesures phares de ce volet :

    • rénovation en profondeur du dispositif de régulation lors du vote de la LFSS à l’automne 2018 : à la demande des industriels, le Premier ministre promet une seule enveloppe globale au lieu de deux, représentant l’ensemble du chiffre d’affaires, pour une meilleure lisibilité ;
    • instauration d’une visibilité sur 3 ans avec la fixation du plancher de progression des dépenses de médicaments remboursés par l’Assurance-maladie : 1% par an au minimum pour la période 2019-2021 ;
    • fixation d’un plancher de 3% de croissance par an sur les 3 prochaines années pour les médicaments innovants ;
    • réformer l’évaluation scientifique de l’assurance maladie des produits de santé en instaurant la Valeur Thérapeutique Relative afin de rendre le mécanisme de remboursement plus prévisible pour les industriels ;
    • refonte des orientations du Comité Économique des Produits de Santé responsable de la politique économique des produits de santé et notamment des prix afin de rendre notamment les critères d’accès au remboursement plus lisibles.

    Patrick Errard, président du Leem, résume ainsi ce CSIS : « Le Leem salue l’esprit de réforme qui anime le gouvernement. Celui-ci a envoyé des signaux forts et encourageants pour le secteur. Ce CSIS jette les bases d’une transformation en profondeur du dialogue entre l’État et l’industrie. Ce sont bien sûr des annonces concrètes, opérationnelles rapidement mais c’est surtout une feuille de route durable en termes de politique industrielle pour refaire de la France, dans les années qui viennent, une terre d’innovation et d’excellence en santé. Nous serons attentifs aux côtés de l’État au déploiement le plus rapide et le plus efficace possible des mesures actées dans ce CSIS. Nous continuerons néanmoins à plaider sans relâche pour un retour de la croissance, condition indispensable pour que la France se repositionne dans le concert des nations innovantes. »

  • La FESP et l’I2ML s’associent pour développer des services à domicile numériques en Occitanie

    La Fédération du service aux particuliers (FESP) et l’Institut méditerranéen des métiers de la longévité (I2ML) ont signé le 4 juillet 2018 une convention de partenariat pour développer conjointement des services à domicile innovants autour du numérique en Occitanie.

    Cette alliance témoigne de la volonté des deux acteurs à s’engager pour la conception d’offres de services à domicile construites avec et pour les usagers. La FESP est la première fédération professionnelle d’entreprises de services à la personne et l’I2ML est la fondation partenariale de l’Université de Nîmes consacrée au vieillissement et à la silver économie.

    En outre, les deux partenaires souhaitent agir comme le maillon reliant les acteurs technologiques et les fournisseurs de services à domicile autour de sujets comme la recherche, l’expérimentation et la formation professionnelle. Tout ceci afin de permettre l’émergence de projets transversaux porteurs d’innovation et structurants pour l’offre de la région.

    Bâtir une filière industrielle dynamisant la région

    Face à la réalité démographique de l’Occitanie caractérisée par une population parmi les plus âgées de toute la France, les deux associations regroupant des acteurs de la silver économie à l’échelle de toute la région, souhaitent renforcer la coopération entre leurs membres pour faire émerger des projets de recherche « vecteurs d’innovation ».

    Dans le cadre des projets visant à répondre aux besoins et usages du terrain, les deux partenaires espèrent aussi voir émerger des start-ups occitanes qui porteront différents projets de développement de services dans un « environnement toujours plus numérique ».

    L’Occitanie est en train d’élaborer sa feuille de route « silver économie ». La FESP tout comme l’I2ML sont partie prenantes de ce processus de réflexion régionale et souhaitent voir leur partenariat  intégré à la dynamique économique et sociale de la région.

  • Une alliance franco-britannique pour l’IA : mutualiser pour s’imposer à échelle internationale

    L’IA et le numérique constituent un axe de collaboration franco-britannique formalisé sous forme de deux mémorandums d’entente signés par le secrétaire d’État en charge du Numérique français, Mounir Mahjoubi, et son homologue britannique, Matthew Hancock, à l’occasion du Colloque Digital France –  Royaume-Uni, à Paris le 5 juillet 2018.

    L’objectif de la rencontre et de l’engagement mutuel entre les deux pays est de construire ensemble des solutions visant à améliorer la gouvernance numérique et à accroître l’innovation bilatérale dans le domaine de l’IA. La coopération sera déclinée dans les sphères gouvernementale, académique et industrielle. Ainsi, le premier Mémorandum dans l’open source implique une collaboration pour une démocratie ouverte, alors que que le deuxième Mémorandum entre le Alan Turing Institute (R.-U.) et l’Institut Dataia (Inria) permettra de mutualiser les talents.

    Interrogé par Health&Tech Intelligence sur l’apport de cette collaboration dans le secteur de la santé, Mounir Mahjoubi déclare que bien qu’elle ne figure pas parmi les priorités des mémorandums, elle constitue le secteur dans lequel les innovations en IA seront les plus perceptibles dans les mois à venir.

    Il rappelle enfin qu’il est nécessaire, à l’heure actuelle, de travailler sur les modalités d’exploitation des données et d’œuvrer pour l’inclusion numérique et l’appropriation des nouvelles technologies sur le terrain.

    Créer un pôle européen en IA sur l’axe franco-britannique fondé sur l’éthique

    D’après les deux secrétaires d’Etat, cette association stratégique entre les deux pays est fondée sur le partage de valeurs communes, de mêmes ambitions, la propension à travailler dans une approche collaborative et à être leaders dans le domaine de l’IA.

    Dans cette dynamique, les deux secrétaires d’État ne comptent pas contourner les considérations éthiques, mais en faire « un moteur de l’innovation« . « En France comme au Royaume-Uni, l’innovation rime avec éthique, inclusion et démocratie ouverte », déclare Mounir Mahjoubi. Son homologue britannique confirme ce point de vue : « Éthique robuste équivaut à des technologies robustes. Il ne s’agit pas de sacrifier l’éthique à l’innovation ou inversement. Si nous parvenons à un cadre éthique solide, l’innovation elle-même en sera renforcée. »

    Les deux secrétaires d’État se sont félicités que Londres et Paris soient les deux plus grands hubs technologiques de l’Union européenne et émis le souhait de voir ces capitales devenir capitales mondiales de l’IA.

    Quid de la santé ?

    Les memorandums signés le 5 juillet ne visent pas la santé directement, mais celle-ci se verra impactée par l’IA et les données dans la mesure où les innovations à venir dans les prochaines années auront toutes à voir avec l’IA et les données, selon Mounir Mahjoubi : « le secteur de la santé est le secteur-clé du développement de l’IA dans les mois à venir avec un bénéfice direct et manifeste pour les citoyens »,  déclare-t-il.

    Les données, le nerf de la guerre

    Le recours à l’IA permettra de lutter contre les cancers en les diagnostiquant à un stade plus précoce. Mais y arriver suppose l’exploitation de données massives en amont. Mounir Mahjoubi souligne que la France s’est beaucoup trop longtemps dédiée à empêcher l’utilisation des données, mais qu’aujourd’hui l’enjeu est tout autre : on œuvre à comprendre comment les exploiter de la façon la plus responsable et la plus sûre possible pour construire des outils d’IA à des fins de recherche.

    Les préoccupations qui ont marqué les premiers échanges ayant abouti à la signature du Mémorandum d’entente entre le Alan Turing Institute et l’Institut Dataia placé sous l’égide de l’Inria étaient d’ordre éthique.

    La question centrale que se posaient ces institutions depuis une décennie était de savoir comment utiliser les données sensibles que sont les données de santé tout en ayant des exigences éthiques très élevées notamment sur le plan de la performance des outils construits, porteurs d’innovation.

    Les quatre axes des deux mémorandums d’entente signés

    Matthew Hancock, secrétaire d’État au Numérique, à la Culture, aux Média et au Sport du Royaume-Uni a esquissé les axes généraux qui chapeautent les deux mémorandums d’entente qu’il a signés avec son homologue français, Mounir Mahjoubi. Il s’agit de favoriser la collaboration franco-britannique dans le domaine de l’IA aussi bien sur le plan du développement des technologies qu’au regard des aspects éthiques qui y sont associés.

    Voici les quatre axes poursuivis :

    • numériser les services gouvernementaux et les démarches administratives en :
      • proposant des services administratifs numériques de meilleure qualité ;
      • développant les compétences digitales des citoyens par la formation ;
      • stimulant l’écosystème des start-ups et encourageant le recours à l’innovation et aux technologies émergentes ;
      • adoptant une stratégie de standards ouverts (« open standards« ) dans le domaine de l’IA, des données, des algorithmes et des logiciels afin de promouvoir l’interopérabilité des technologies les rendant internationalisables ;
    • favoriser la recherche collaborative en IA notamment grâce à la coopération entre deux institutions nationales spécialisées dans la science des données et l’IA, le Alan Turing Institute du côté britannique, et l’Institut Dataia du côté français, sur les thèmes de l’équité et de la transparence dans la conception et la mise en œuvre d’algorithmes ;
    • réduire l’exclusion numérique et développer des compétences numériques ;
    • légiférer sur le numérique pour trouver des solutions globales répondant aux défis globaux posés par l’émergence de nouvelles technologies et la transformation digitale de la société.

    Inclusion et appropriation, enjeux actuels du numérique

    Une stratégie à échelle supranationale visant à rendre l’accès aux technologies numériques existe, que le Royaume-Uni et la France ont traduite en stratégies nationales.

    L’objectif poursuivi jusqu’à il y a peu consistait en la construction d’une infrastructure nationale donnant accès aux outils numériques à des populations résidant dans des zones qualifiées de désert numérique.

    Mounir Mahjoubi et Matthew Hancock s’accordent à dire qu’aujourd’hui la priorité n’est plus portée sur l’infrastructure, mais sur l’inclusion et l’utilisation.

    Mounir Mahjoubi rappelle le résultat d’un sondage réalisé à échelle nationale dont il ressort qu’un Français sur cinq, donc 20% de la population, ne sait pas utiliser une interface numérique et que les efforts à venir doivent porter sur la résolution de la problématique de l’appropriation des nouvelles technologies qui passe par la formation. Il rappelait que c’était l’objet de la Stratégie nationale pour un numérique inclusif.

    Il a rappelé également que le gouvernement a missionné les départements et régions pour identifier les publics ne maîtrisant pas les outils numériques afin de mettre en place des structures de formation gratuite.

  • Université d’été de la e-santé : 12 innovations récompensées aux Trophées de la e-santé 2018

    À l’occasion de la douzième édition de l’Université d’été de la e-santé (3-5 juillet 2018) qui s’est tenue comme chaque année à Castres, les Trophées de la e-santé ont récompensé le 4 juillet les meilleures innovations en santé numérique. Parmi plus de 150 projets déposés, 12 ont été couronnés.

    Le concours récompense des projets innovants destinés aux patients ou aux professionnels de santé. Parmi plus de 150 dossiers reçus, 27 finalistes avaient été sélectionnés. 9 projets ont été distingués dans huit catégories et 4 ont reçu le prix des internautes, le coup de cœur du jury (2 lauréats) et le Grand Prix Pierre Fabre.

    Les lauréats 2018 sont :

    • Grand Prix Pierre Fabre : Lucine ;
    • Coups de cœur du jury : Professeur Fizzgobble (par InconitO) et START project ;
    • Prix des internautes : Efelya ;
    • Prix intelligence artificielle et big data : Lucine ;
    • Prix télémédecine : Deuxièmeavis et Doctrin ;
    • Prix m-santé professionnels de la santé : Scientifeet ;
    • Prix m-santé patients/grand public : Deepsen ;
    • Prix coordination des soins : Postelo ;
    • Prix autonomie/maintien à domicile : Cross Brain ;
    • Prix objets connectés de santé : Meersens ;
    • Prix serious game : Covirtua Cognition.

  • Télémédecine : le groupe britannique Medopad lève 24M€ et s’exporte aux États-Unis

    Le groupe health tech Medopad (Londres) – qui a récemment levé 28 millions USD (24M€) dans un tour de financement de série A – ouvrira un bureau à New York au sein du laboratoire en innovation JLABS de Johnson & Johnson (J&J) au cours du mois de juillet 2018, a récemment annoncé le co-fondateur et P.-D.G. de la société, Dan Vahdat.

    Dans le cadre de ce lancement aux États-Unis, Medopad embauchera des talents spécialistes du secteur de la santé d’ici la fin de l’année et bénéficiera pour le développement de ses activités d’un écosystème dynamique dans le domaine de l’industrie des sciences de la vie. 

    Développer la télésurveillance pour améliorer les résultats en santé

    « C’est une opportunité fantastique pour Medopad car nos valeurs et notre vision sont en adéquation avec le leadership de J&J [avec l’objectif central commun d’aider à] créer un monde où les gens peuvent vivre plus longtemps. Nous travaillons en partenariat avec des sociétés pharmaceutiques, des fournisseurs de soins et des établissements universitaires américains tels que l’université Johns Hopkins, où Medopad est utilisée pour connecter à distance les cliniciens aux patients et recueillir des preuves concrètes. Nous sommes impatients de renforcer ces liens et de conduire des changements plus innovants pour obtenir de meilleurs résultats en santé. »

    Medopad exploite l’intelligence artificielle sur sa plateforme de recueil de données et cherche à connecter les patients avec les professionnels de la santé en temps réel.

    Medopad multiplie les connexions avec les États-Unis

    Plus tôt cette année, Medopad a rejoint Plug and Play, une plateforme d’innovation mondiale basée dans la Silicon Valley (Californie).

    Grâce au programme, axé sur le développement des affaires, Medopad sera en mesure de sécuriser les pilotes, les POC et les investissements issus du vaste réseau de Plug and Play (plus de 220 partenaires commerciaux).

    « Le secteur de la santé est hautement réglementé et profondément complexe, le changement est plus lent que nécessaire, analyse Dan Vahdat. Notre solution de surveillance des patients (…) aidera à faire évoluer de bonnes idées [de leur conception en laboratoire à leur développement sur le marché]. »

    New York : un marché considérable en télésurveillance

    la ville abrite la plus grande concentration d’institutions académiques au monde, ce qui en fait un tremplin idéal pour intégrer le marché américain ; elle compte également le plus grand nombre de sociétés spécialisées dans le secteur des biosciences à travers le pays (plus de 120 entreprises). »Le marché de la télésurveillance des patients est au moins huit fois plus important aux États-Unis qu’au Royaume-Uni », note par ailleurs Dan Vahdat (communiqué).