Mutuelles

  • Les sociétés health tech Novadiscovery et Koelis (Lyonbiopôle) obtiennent le label French Tech

    Après avoir auditionné le P.-D.G. de Novadiscovery, François-Henri Boissel, et le P.-D.G. de Koelis, Antoine Leroy, le comité de sélection du Pass French Tech #HealthTech a décidé à l’unanimité d’intégrer les deux entreprises dans la promotion nationale 2018 du Pass French Tech, a annoncé le 10 septembre 2018 dans un communiqué le pôle de compétitivité santé de la région Auvergne-Rhône-Alpes Lyonbiopôle, qui assure depuis 2016 le rôle d’opérateur santé du Pass French Tech.

    Novadiscovery et Koelis ont notamment été sélectionnés en raison de leur chiffre d’affaires « en hyper-croissance ». Les deux lauréats bénéficieront d’un accompagnement poussé afin de poursuivre leur développement. Il s’agit des deux premières « pépites régionales » à faire leur entrée dans le cercle restreint des sociétés labellisées « French Tech », précise le communiqué.

    Novadiscovery est une entreprise lyonnaise qui a mené pour la première fois en France des essais cliniques in silico afin de prédire l’efficacité d’un médicament en amont des essais sur l’homme. Koelis est quant à elle une société basée à Meylan (Grenoble-Alpes Métropole) qui développe et commercialise des dispositifs de navigation chirurgicale pour le diagnostic et le traitement ciblé du cancer de la prostate. Les deux entreprises sont membres de Lyonbiopôle.

    Les réactions des deux lauréats

    Pour François-Henri Boissel (Novadiscovery), cette labellisation est « une très bonne nouvelle pour l’entreprise » :

    « L’internationalisation est un enjeu primordial pour notre société, qui vise notamment le marché américain où la FDA est un fervent support des approches in silico pour dé-risquer le développement de nouveaux médicaments et maximiser les chances des patients dans les essais cliniques. Aux [États-Unis], les sociétés biotech comme pharma sont, de fait, ouvertes à notre approche, exploitant la modélisation mathématique nourrie de connaissances scientifiques et cliniques. Cette dernière permet d’améliorer la probabilité de succès en réduisant les coûts et le [délai de commercialisation] de nouvelles thérapies.

    Avec le Pass French Tech, nous serons accompagnés dans cette phase d’hyper-croissance cruciale afin de choisir la bonne trajectoire pour devenir leaders mondiaux d’un marché en émergence. Le Pass et ses partenaires facilitent les démarches à tous les niveaux pour que, sur les plans stratégique, tactique et opérationnel, nous soyons en capacité de monter en puissance très rapidement. À titre d’exemple, en tant qu’opérateur French Tech, nous pourrons bénéficier de procédures accélérées pour l’obtention de visas pour des profils étrangers. Nous sommes ainsi réellement choyés pour être dans les meilleures conditions afin de développer notre entreprise ! »

    Antoine Leroy (Koelis) :

    « Lyonbiopôle m’a proposé de candidater au vu de nos bonnes performances ces 3 dernières années. Avec une croissance moyenne de chiffre d’affaires de 50 % en 3 ans, notre dossier a été retenu par le comité, d’autant qu’il porte sur un domaine touchant la santé publique et pour lequel une technologie de pointe est née en France.

    Je suis heureux et fier d’être lauréat du Pass French Tech. Il s’agit tout d’abord d’une reconnaissance des années de travail et de la réussite que nous vivons – de quoi communiquer en interne pour encourager nos 40 salariés. De plus, cette labellisation met en lumière Koelis parmi les nombreuses PME innovantes qui cherchent l’appui de partenaires pour créer ou renforcer un cercle vertueux croissance/financement. Enfin, il s’agit également d’un engagement de ma part à promouvoir et participer au réseau French Tech dans le monde. Ainsi, je me tiens à la disposition des pilotes de la French Tech pour jouer ce rôle d’ambassadeur à l’international. »

  • Servier et Poietis s’associent autour d’un projet de bio-impression 4D de tissus hépatiques

    Servier, laboratoire pharmaceutique international et Poietis, start-up spécialisée dans la production de tissus vivants bio-imprimés, ont annoncé le 19 septembre 2018 avoir conclu un partenariat scientifique pluri-annuel portant sur l’utilisation de la technologie de bio-impression 4D de Poietis pour le développement et la production de tissus hépatiques.

    L’objectif est de proposer un modèle préclinique efficace pour la détermination de l’hépatotoxicité d’une molécule, à savoir son pouvoir de provoquer des dommages au foie, sachant que les modèles existants ont une durée de vie trop courte ou nécessitent une mise en œuvre complexe. La technologie proposée par Poietis présente le potentiel de pouvoir dépasser les limites des modèles actuels.

    Un micro-tissu permettant l’étude in vitro des phénomènes inflammatoires

    Le projet qui réunit les deux acteurs a pour objectif de garantir la sécurité non clinique des molécules produites par le laboratoire Servier.

    Traditionnellement, l’équipe en charge de  la sécurité non clinique utilise des outils classiques de toxicologie in vitro en recourant aux modèles animaux ou aux divers modèles de culture de cellules humaines, qui, du fait de leur courte longévité et complexité, présentent une utilité limitée.

    De la collaboration entre les deux acteurs est censé naître un nouveau tissu hépatique humain bio-imprimé complexe avec des lignées de cellules hépatiques humaines et des cellules immunocompétentes dans une architecture définie afin d’imiter in vitro le tissu hépatique humain et de prévoir l’hépatotoxicité des molécules.

    Réduire les effets indésirables hépatiques

    Le modèle de tissu humain permettra de :

    • faire progresser la compréhension des mécanismes d’hépato-toxicité ;
    • offrir des tests pour détecter le plus tôt possible d’éventuels effets délétères lors du développement des médicaments du laboratoire ;
    • réduire les effets indésirables hépatiques chez les patients dès la phase de tests cliniques.

    « Ce partenariat pluriannuel sur le développement de tissus hépatiques par bio-impression marque une étape importante pour le déploiement de la bio-impression 4D dans le domaine pharmaceutique. Suivant la mise en place de la collaboration avec la Katholieke Universiteit Leuven, l’université néerlandophone belge dont le siège est à Louvain, sur la bio-impression de cartilage pour la réparation tissulaire, ce nouveau partenariat scientifique avec les laboratoires Servier s’inscrit dans la stratégie de Poietis qui vise à étendre les applications de sa technologie en dehors des premières applications en dermo-cosmétique« , a ajouté le Dr Fabien Guillemot, Président et Directeur Scientifique de Poietis.

  • L’OCDE créé un groupe d’experts afin de favoriser la confiance dans l’IA

    L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a annoncé le 13 septembre 2018 la création en son sein d’un groupe d’experts dédié à l’intelligence artificielle (IA) : AIGO. Ce dernier est composé de 45 experts des pays membres de l’OCDE et de groupes de réflexion, d’associations d’entreprises, de la société civile, des syndicats et d’autres organisations internationales. Il est présidé par Wonki Min, le ministre des Sciences et des technologies d’information et de communication de la Corée.

    La formation du groupe constitue l’étape ultime de la mission de l’OCDE visant à aider les gouvernements, les entreprises, les syndicats et la société civile à optimiser les avantages de l’IA et à minimiser ses risques.

    La première réunion aura lieu les 24 et 25 septembre 2018 au siège parisien de l’OCDE.

    Un groupe composé de membres issus de 19 pays

    En 2016, le Comité de l’économie numérique de l’OCDE a entamé une réflexion sur la nécessité d’encadrer l’intelligence artificielle (IA) par le Conseil de l’OCDE et la rédaction de recommandations sur les principes de l’IA. En mai 2018, ce même comité a décidé d’instaurer un groupe d’experts (AIGO) chargé de définir les principes de l’intelligence artificielle qui pourraient être officiellement adoptés par le Conseil de l’OCDE en 2019.

    Dix-neuf pays sont représentés dans l’AIGO et aux côtés de leurs représentants siègent également des représentants de la Commission européenne, du monde des affaires et des syndicats ainsi que des entités externes telles que l’Institut des technologies électriques et électroniques (Institute of Electrical and Electronics Engineers), le Massachusetts Institute of Technology, le Berkman Klein Center de l’université de Harvard et l’Inria.

    La liste complète des membres est disponible ci-contre.

    Le groupe constitué va se réunir encore une fois au Massachusetts Institute of Technology à Cambridge en janvier 2019 afin de soumettre ses préconisations au secrétariat de l’OCDE, qui façonnera les recommandations pour le conseil. 

    La prochaine étape : un observatoire de l’IA

    L’OCDE va également créer un Observatoire des politiques sur l’IA. Ce dernier réunira des comités de l’ensemble de l’OCDE ainsi que des représentants d’autres parties prenantes. Il incarne un triple objectif :

    • identifier les applications prometteuses de l’IA ;
    • cartographier leur impact économique et social ;
    • diffuser les informations à grande échelle.
  • #FASN2018 : pour 94 % des acteurs de la santé, le numérique peut améliorer le parcours patient

    À l’occasion de l’étape du 20 septembre 2018 centrée sur l’hôpital du futur de la campagne Faire avancer la santé numérique (FASN), Care Insight a mené une enquête auprès des acteurs de la santé afin mettre en évidence leurs attentes pour l’hôpital, leur perception des innovations organisationnelles ou technologiques hospitalières.

    Ainsi, les réponses d’environ 300 personnes à un questionnaire diffusé entre juillet et septembre 2018 sur le site de la campagne FASN et sur les réseaux sociaux ont permis de constater que les acteurs de la santé attendent une optimisation des échanges entre professionnels à l’hôpital ainsi que de nouvelles mesures réglementaires à mêmes de favoriser l’innovation hospitalière, l’émergence de solutions numériques qui pourraient contribuer à fluidifier le parcours patient à l’hôpital.

    En effet, seuls 8% des répondants trouvent le partage d’informations au sein des hôpitaux publics « complètement efficient », et pour 44% d’entre eux, la priorité que devrait traiter le grand plan hôpital annoncé par le gouvernement en septembre 2018 est la coordination des professionnels, devant l’augmentation des effectifs salariés (22%), la modernisation de la tarification hospitalière (21%) et la réduction des déficits publics (7%). 

    De plus, 70% des participants au sondage estiment que les réglementations en vigueur ne favorisent pas l’innovation hospitalière alors que pour 94% d’entre eux, les solutions numériques peuvent contribuer à améliorer le parcours patient à l’hôpital. 59% des répondants leur trouverait même un « énorme potentiel » d’amélioration du parcours patient.

    En outre, Care Insight a interrogé les acteurs sur leur perception des regroupements hospitaliers sur les territoires, et 59% des répondants ont affirmé cette logique « compatible avec les hôpitaux de proximité préconisés par le récent rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie » .

  • Le secrétaire d’État à la Santé britannique promeut la coopération entre le Royaume-Uni et la Chine

    Matthew Hancock, secrétaire d’État britannique à la Santé et aux Services sociaux, est en Chine pour promouvoir la coopération entre les deux pays en matière d’innovation dans le secteur des soins, a annoncé son Département dans un communiqué publié le 17 septembre 2018. « Il voyage avec certaines des plus grandes entreprises technologiques du Royaume-Uni pour développer des opportunités commerciales », est-il précisé.

    Au cours de sa visite, le secrétaire d’État rencontrera à Pékin le ministre chinois de la Santé, Ma Xiaowei, pour discuter de la manière dont les deux pays peuvent collaborer dans l’optique d’aider les patients à vivre plus longtemps, en meilleure santé et plus heureux « en exploitant le potentiel de la technologie« . « En tant que leaders mondiaux, le Royaume-Uni et la Chine doivent travailler en étroite collaboration pour aborder les nouveaux [enjeux] de santé tels que la résistance croissante aux antibiotiques, le vieillissement de la population et la puissance de la technologie », a-t-il déclaré (communiqué).

    Matthew Hancock a également participé du 18 au 20 septembre 2018 au Forum économique mondial de Tianjin, qu’il a co-présidé, notamment pour défendre les innovations mises en œuvre dans son pays dans le domaine des soins. « Je veux que le Royaume-Uni dispose du système de santé le plus avancé au monde et [cette visite est] une excellente occasion de défendre nos secteurs des sciences de la vie et de la health tech d’envergure mondiale. »

    Un accord de collaboration déjà signé avec la France (IA et numérique)

    Ce n’est pas la première fois que Matthew Hancock est chargé par le gouvernement britannique de renforcer les liens avec un autre pays dans le domaine des nouvelles technologies. Le 5 juillet 2018, il a signé à Paris deux mémorandums d’entente axés sur l’intelligence artificielle (IA) et le numérique avec le secrétaire d’État chargé du Numérique français, Mounir Mahjoubi, à l’occasion du colloque Digital France (voir article en lien ci-contre intitulé « Une alliance franco-britannique pour l’IA : mutualiser pour s’imposer à l’échelle internationale »).

    Bien que la santé ne fasse pas partie des priorités de ces accords, elle constitue le secteur dans lequel les innovations en IA seront les plus perceptibles dans les mois à venir, avait alors déclaré Mounir Mahjoubi à Health & Tech Intelligence.

  • Dispositifs médicaux : Accuron MedTech Group ouvre un centre technologique de pointe à Singapour

    Accuron MedTech Group, le plus grand fabricant d’appareils médicaux d’Asie du Sud-Est, a annoncé le 13 septembre 2018 l’ouverture officielle de son nouveau centre de technologie (Technology Centre) à Singapour. « [Cette inauguration] marque une étape importante dans notre engagement à identifier et à développer des technologies de haute qualité qui [bouleversent le secteur médical] à Singapour et en Asie du Sud-Est », a déclaré Abel Ang, P.-D.G. du groupe.

    Le centre fournit des installations d’incubation et des services commerciaux qui seront mis à la disposition des sociétés dans lesquelles Accuron MedTech a investi.

    L’entreprise a une stratégie clairement définie pour investir dans des sociétés technologiques « hautement innovantes [ayant un fort impact sur le secteur] », complémentaires de ses activités centrées sur l’urologie et qui feront figure de catalyseurs de croissance pour ses opérations internationales.

    Plus tôt cette année, Accuron MedTech a révélé avoir investi 20 millions de dollars singapouriens (environ 12,5 M €) conjointement avec SEEDS Capital, la branche « investissement » d’Enterprise Singapore – l’agence gouvernementale chargée du développement des entreprises -, afin d’identifier et de booster la croissance de start-ups à fort potentiel basées au sein de la cité-État asiatique.

    Un centre unique pour renforcer les synergies entre les sociétés du groupe

    Depuis 2014, Accuron MedTech a effectué plus de 10 investissements stratégiques dans des sociétés innovantes, notamment dans AWAK Technologies et Advent Access, spécialisées dans les maladies rénales, ainsi que dans ASLAN Pharmaceuticals, une entreprise de biotechnologie experte en oncologie cotée au NASDAQ.

    Par l’inauguration de ce centre à Singapour, Accuron MedTech vise à renforcer les synergies entre les sociétés de son portefeuille en les rassemblant sur un lieu physique commun de plus de 2 000 mètres carrés (22 000 pieds carrés).

    Éviter les dépenses inutiles lors de la commercialisation d’un dispositif à l’international

    En évoluant au sein de cet espace unique, les différentes entreprises qui l’occupent ont ainsi la possibilité de se concentrer sur l’innovation de leurs produits sans avoir à engager des dépenses inutiles en capital ou en main-d’œuvre lorsqu’elles chercheront à commercialiser leurs dispositifs médicaux sur le marché mondial.

    Un centre de pointe

    AWAK Technologies, une société qui exploite une technologie de régénération pour l’insuffisance rénale terminale, est la première entreprise du portefeuille d’Accuron MedTech à transférer son siège au sein des nouveaux locaux.

    Les sociétés présentes sur le nouveau site pourront accéder aux multiples salles blanches et profiter des capacités de fabrication avancées du centre (prototypage rapide, fabrication clé en main, impression 3D, etc.). Elles pourront aussi tirer parti des ressources commerciales du groupe (R&D, finance, ressources humaines, business development).

    Un espace extensible

    Au fur et à mesure que les différentes entreprises du groupe migreront vers le centre technologique singapourien, il sera possible d’augmenter l’espace disponible de 50 %, précise Accuron MedTech.

  • Google inaugure son centre de recherche fondamentale en IA à Paris

    Google a ouvert son laboratoire de recherche en intelligence artificielle (IA) à Paris le 18 septembre 2018. Il s’agit de la réalisation de l’engagement pris de la part de Google à l’occasion du sommet Choose France ! (Choisissez la France !) regroupant les dirigeants d’entreprises mondiaux, organisé en janvier 2018 par Emmanuel Macron à Versailles.

    Google a constitué une équipe parisienne de cinq chercheurs, avec l’objectif d’en recruter une dizaine de plus d’ici la fin 2018, dans un bâtiment rénové de 6 000 m2 adossé au siège de Google France à Paris.

    Les axes de recherche annoncés sont la santé, l’environnement, la vision par ordinateur et l’art.

    Un plan d’investissement d’envergure

    À l’occasion du sommet Choose France ! de janvier dernier, Sundar Pichai, PDG de Google, a annoncé un plan d’investissement d’envergure en France qui s’articule autour de 3 piliers :

    • la formation en région ;
    • l’ouverture d’un centre de recherche en IA en France ;
    • l’agrandissement des locaux parisiens pour accueillir plus de 1 000 salariés supplémentaires dont un quart sera constitué par des chercheurs et ingénieurs.

    En juin 2018, Google a ouvert son premier atelier numérique dédié à la formation à Rennes. Un programme de formation a été établi et est destiné aussi bien aux professionnels qu’aux étudiants et aux chercheurs d’emploi.

    L’inauguration des nouveaux locaux et le lancement du centre de recherche en IA boucle la boucle.

    Le site parisien rénové et les équipes renforcées

    Actuellement, au sein du centre de recherche, cinq chercheurs ont été recrutés parmi lesquels :

    • Cordelia Schmid, experte mondiale en vision par ordinateur également employée d’Inria ;
    • Jean-Philippe Vert, chercheur en apprentissage automatique et bio-informatique qui officie en parallèle en tant que professeur à Mines ParisTech ;
    • Olivier Pietquin qui va se concentrer sur l’apprentissage par renforcement, tout en enseignant à l’École Polytechnique.

    Renforcement de l’écosystème français

    À l’occasion de l’inauguration de nouveaux locaux, Delphine Gény-Stephann, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances a été conviée. L’ouverture du centre de recherche fondamentale consacré à l’IA constitue selon elle « un signal fort de l’attractivité de la France dans un secteur technologique de pointe. Les axes de recherche stratégiques retenus à ce jour – santé, environnement, vision par ordinateur, art – viendront renforcer l’expertise de l’écosystème français dans ces secteurs d’activité« .

  • Korian crée une agence digitale interne et noue des partenariats avec Pharmagest et Patientys

    L’entreprise française de gestion de maisons de retraites médicalisées et de cliniques spécialisées Korian a annoncé par communiqué le 13 septembre 2018 la création en son sein d’une agence digitale interne baptisée « Korian Solutions ».

    Dans l’objectif d’accélérer la digitalisation de ses activités, cette agence aura pour mission :
    • d’élargir l’offre de services à domicile de l’entreprise, qui présente le développement de nouveaux services à domicile à même de fluidifier le parcours de soins comme un de ses axes de travail prioritaires ;
    • d’optimiser l’efficacité opérationnelle et la qualité du service clients de Korian ;
    • d’améliorer la qualité de vie des résidents et notamment la communication ainsi que les échanges avec leurs proches.

    En outre, la stratégie de digitalisation de Korian repose également sur la formation de nouveaux partenariats avec des acteurs de la e-santé tels que Pharmagest et Patientys, sur la poursuite de collaborations plus anciennes comme avec MedGo et Doctolib, ainsi que sur la mise en place d’un établissement expérimental digitalisé.
    En effet, le groupe prévoit d’ouvrir en novembre 2018 en Île-de-France une maison de retraite médicalisée pilote qui sera le premier établissement entièrement connecté de Korian et qui intégrera pour les tester des solutions que l’entreprise compte déployer dans l’ensemble de ses établissements en France puis en Europe.

    Nouveaux partenariats et projets

    Afin de développer des solutions innovantes de maintien à domicile, Korian a récemment noué deux partenariats avec les entreprises Pharmagest et Patientys, explique le communiqué.

    Partenariat avec Pharmagest

    Dans l’objectif d’utiliser la solution de téléassistance Carelib, de Pharmagest, en cliniques de SSR et en maisons de retraites médicalisées, un partenariat a été signé entre les deux entreprises le 11 septembre 2018.

    Cet outil, qui « assure un suivi personnalisé, améliore la coordination des intervenants au domicile [et] permet de maintenir le lien avec la famille et les aidants grâce à [une] connexion à un réseau social dédié [ainsi qu’à] une plateforme de téléassistance », est en effet testé par Korian dans certains établissements du Grand Est et d’Île-de-France en vue d’un déploiement commercial en 2019.

    Collaboration avec Patientys

    Un deuxième partenariat, signé avec Patientys, du groupe Webhelp, vise d’abord à lancer la plateforme collaborative de mise en place de services de maintien à domicile Hénéa, qui permet aux seniors ainsi qu’à leurs proches mais aussi à leur équipe médicale et de soins de dialoguer entre eux.

    En outre, cette collaboration permettra à Korian de tester deux autres projets de Patientys : 

       • Seniors 360, une « infoligne » dédiée aux seniors et aux aidants animée par des infirmières expertes des solutions d’aide à domicile et d’hébergement ainsi que des questions médicales ou administratives ;

       • Mon infirmière, qui consiste en un outil de suivi de santé et de coordination du parcours de soin à destination des seniors en perte d’autonomie. À cette solution devrait prochainement être ajoutées d’autres innovations digitales (IoT, robotique) dans un volet hors soin.

    Des partenariats et projets anciens se poursuivent

    Avec la start-up medGo

    Korian poursuivra son partenariat avec la start-up MedGo, qui vise à déployer une plateforme de gestion des remplacements des collaborateurs soignants et hôteliers (voir l’article ci-contre intitulé « Gestion des remplacements : Korian noue un partenariat avec MedGo »).

    Avec Doctolib

    Un partenariat signé au premier semestre de l’année 2018 avec Doctolib a pour objectif le développement d’une solution adaptée aux services d’hospitalisation de jour.

    Réseau social Korian Générations, en partenariat avec Famileo

    Une collaboration plus ancienne, convenue en 2017, sera maintenue avec Famileo pour continuer d’améliorer le réseau social Korian Générations, censé favoriser les liens entre les résidents et leurs familles.

  • Singapour : 4 sociétés de télémédecine rejoignent un programme d’expérimentation du gouvernement

    Quatre nouveaux fournisseurs de services de télémédecine ont rejoint le 7 septembre 2018 le nouveau programme du ministère de la Santé (MOH) Licensing Experimentation and Adaptation Programme (LEAP). Lancé en avril, le LEAP sera maintenu jusqu’à ce que les actes de télémédecine soient officiellement autorisés en vertu de la loi sur les services de santé de la cité-État.

    Les quatre acteurs en question sont les sociétés de télémédecine MyDoc et Doctor Anywhere, l’application de livraison de médicaments à domicile Speedoc et MaNaDr, qui permet notamment aux patients de prendre des rendez-vous en ligne et de discuter à distance avec un médecin.

    Deux autres sociétés avaient déjà intégré le programme. Il s’agit de Ringmd, un dispositif mobile via lequel les patients peuvent réaliser des appels vidéo avec un généraliste basé à Singapour, et de WhiteCoat, une plateforme virtuelle proposant des consultations de télémédecine.

    LEAP : un programme pour expérimenter les modèles de soins innovants

    Lancé en 2018 par le ministre d’État à la Santé singapourien, le Dr Lam Pin Min, le Licensing Experimentation and Adaptation Programme (LEAP) est « une initiative de sandbox réglementaire qui permet de développer en toute sécurité des modèles de soins innovants dans un environnement contrôlé », explique le ministère de la Santé (MOH) sur son site web.

    Contexte

    « Au cours des dernières années, Singapour a connu une croissance dans le secteur de la télémédecine, les acteurs publics et privés étant apparus pour offrir une variété de services aux patients », relève le MOH, soulignant que la télémédecine permettait d’offrir une meilleure commodité aux patients et une meilleures accessibilité aux offres de soins et aux médicaments.

    La médecine mobile (visites à domicile), par ailleurs, « offre une plus grande accessibilité aux patients qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas se rendre dans un hôpital ou une clinique, en amenant des praticiens à leur chevet », ajoute le ministère.

    Modalités du programme

    Dans le cadre du programme LEAP, le ministère de la Santé va se concentrer sur la mise en place d’un cadre réglementaire relatif aux services de télé-consultation et de médecine mobile, en invitant les fournisseurs concernés à participer à son expérimentation.

    Il collaborera avec les fournisseurs retenus pour :

    • définir des conditions limites claires pour la pratique de ces deux exercices particuliers ;
    • entreprendre des stratégies de gouvernance clinique et des données ;
    • établir des stratégies d’atténuation des risques pour les patients.
  • L’Institut Pasteur investit 9M€ dans un centre dédié à l’analyse et au stockage de données « omics »

    L’Institut Pasteur a inauguré le 13 septembre 2018 deux nouveaux bâtiments « Omics » dédiés à la production, au stockage sécurisé et harmonisé ainsi qu’à l’analyse de données massives engendrées par des travaux de génomique (séquençage et analyse de l’ADN de cellules), d’épigénomique (analyse des modifications épigénétiques de l’ADN), de transcriptomique (étude de l’ARN), de protéomique (étude de l’ensemble des protéines d’une entité biologique), de métagénomique (caractérisation des communautés de micro-organismes) et de génotypage (analyse des polymorphismes génétiques).

    Cette nouvelle structure, conçue et bâtie dans un contexte d’amélioration des techniques de séquençage, d’émergence du big data en santé et dans les sciences de la vie, et dans une volonté de favoriser la pluridisciplinarité ainsi que l’ouverture de la science, accueillera notamment :
    • des experts du séquençage dans un pôle « Biomics » ;
    • des mathématiciens, statisticiens et informaticiens capables d’exploiter ces données au sein d’un « hub ».
    En effet, la capacité à générer des données massives dans les sciences de la vie a profondément transformé les approches en recherche et en santé publique, qui doivent, pour pouvoir conserver et exploiter ces données, s’ouvrir à l’interdisciplinarité, aux échanges entre disciplines ainsi qu’entre équipes de professionnels.

    C’est pourquoi l’Institut Pasteur, pour s’adapter à ces changements et à l’apparition de cette nouvelle biologie dite « computationnelle », a transformé une ancienne résidence universitaire en un pôle d’expertise dont la construction aura coûté 9 millions d’euros financés par des dons du public, s’est doté de nouveaux séquenceurs à haut débit, et a recruté environ 40 experts amenés à travailler :
    • avec les équipes de recherche de l’Institut Pasteur et du Réseau international des instituts Pasteur, qui disposeront ainsi d’un accès facilité à des solutions de production, de stockage et d’analyse des données ;
    • avec les partenaires de l’Institut Pasteur, dans le cadre de recherches ou de missions de santé publique.

    À quels types de travaux de recherche et de santé publique serviront ces nouvelles installations ?

    Selon Olivier Schwartz, directeur scientifique de l’Institut Pasteur et responsable de l’unité « virus et immunité », de telles installations permettront à l’institut de réaliser 3 grands types de travaux.

    1. Séquencer à échelle industrielle des échantillons de micro-organismes (virus, bactéries, parasites, champignons)

    Un séquençage systématique, harmonisé selon un cahier des charges précis de toutes les collections de l’Institut Pasteur ainsi que de tous les échantillons reçus par l’Institut, devrait permettre de prévoir l’émergence d’épidémies, de caractériser ces épidémies et d’analyser la sensibilité des pathogènes aux molécules thérapeutiques afin de guider la conception de vaccins et de traitements adaptés.

    Aussi, l’un des enjeux d’un tel programme de séquençage est de pouvoir répondre plus facilement et plus rapidement à des besoins de santé publique urgents.

    2. Analyser le contenu de cellules afin de les comparer entre elles

    Si l’analyse du contenu de cellules procaryotes (bactéries) ou de virus peut permettre de comparer le génome de milliers de pathogènes entre eux afin, par exemple, de repérer l’apparition d’un gène de résistance aux traitements, l’analyse du contenu de cellules eucaryotes (notamment comme les cellules animales ou humaines) tumorales et leur comparaison à des cellules issues de tissus normaux pourrait par exemple aider à comprendre les processus de tumorisation. L’enjeu serait notamment de pouvoir bloquer ce processus pathogène éventuellement de façon personnalisée, adaptée à une tumeur particulière d’un patient donné.

    3. Stocker, classer, ordonner, analyser les données produites par des techniques d’imagerie macro ou microscopiques

    Les données générées par des techniques d’imagerie médicale ou microscopique s’accumulent et le progrès des techniques accroissant la définition des images rend parfois les clichés de plus en plus complexes à lire et à analyser. Si en enjeu réside dans la capacité à stocker de telles données de façon sécurisée, un autre consiste en le développement de solutions d’aide à la lecture d’images complexes, d’aide à la recherche ou d’assistance aux professionnels de santé (diagnostic, préparation d’interventions chirurgicales, etc.).

    Finalement, il s’agit de développer dans les différents domaines d’expertise de l’institut une démarche intégrée, qui va de l’échantillon vers l’interprétation des résultats.

    Pourquoi centraliser les installations dans un seul pôle d’expertise ?

    La centralisation de tels moyens vise d’abord à optimiser le séquençage et l’analyse des données pour accélérer les recherches et faciliter la réponse de l’Institut Pasteur à des urgences de santé publique : l’accélération du séquençage et de l’analyse augmente l’accessibilité à de tels services pour de nombreuses équipes de recherche ainsi que pour des acteurs de la santé publique en France et dans d’autres pays. La mutualisation des moyens permet en outre la coordination des 33 établissements de l’institut, répartis dans 26 pays du monde.

    De plus, la polarisation des installations garantit un stockage des données sécurisé, des données qui n’ont pas à sortir de l’Institut Pasteur. Ainsi, d’après Olivier Schwartz, une des ambitions de l’Institut Pasteur est d’héberger une base de données cliniques et comportementales sécurisée et européenne sur l’autisme.

    Enfin, il s’agit de réussir à séquencer toutes les collections d’échantillons de l’institut afin de valoriser ces dernières et de pouvoir accéder plus facilement à ces collections, alors que le transport des échantillons demeure problématique en 2018, notamment pour des raisons réglementaires.

    Intérêt de santé publique : l’exemple de la plateforme P2M

    P2M est une plateforme de microbiologie mutualisée à destination de l’ensemble des 14 centres nationaux de référence (CNR) de l’Institut Pasteur accueillie au sein du pôle « Omics » à des fins de santé publique : elle permet de séquencer rapidement – 20 000 à 26 000 séquences d’acides nucléiques peuvent y être déterminées et analysées chaque année – selon un cahier des charges précis et à bas coût des échantillons de pathogènes repérés dans la population et transmis par des hôpitaux, des médecins, des laboratoires de ville, l’Inra, le Cirad, etc., aux CNR.

    Elle a été mise en place récemment après la preuve de concept, en 2015, de l’intérêt du séquençage à haut débit des échantillons transmis par les centres nationaux de référence : un séquençage de qualité et rapide (la séquence du génome de bactéries telles que les Listeria monocytogenes peut être déterminée en 5 jours et analysée 10 jours après réception de l’échantillon), suivi de la comparaison du génome du pathogène étudié à celui d’autres pathogènes enregistré dans une banque de données, permet d’identifier rapidement l’agent d’une épidémie potentielle ou d’infections nosocomiales ainsi que ses sensibilités ou, au contraire, ses résistances aux traitements connus.

    En effet, la technique de séquençage de nouvelle génération (NGS) utilisée par les équipes de P2M permet de réaliser le séquençage du génome de centaines micro-organismes pathogènes en même temps, de visualiser rapidement les séquences d’ADN ou d’ARN décelées et de comparer ces séquences à celles d’autres pathogènes envoyés simultanément à l’institut ou archivées dans une banque issue du séquençage des collections de l’Institut Pasteur, en cours de réalisation.

    Les équipements qui ont permis d’industrialiser un tel procédé de séquençage ont été financé par MSD Avenir. Tout d’abord développés par la société Integragen pour la cristallographie, ils permettent aujourd’hui, en biologie moléculaire, de travailler avec de très faibles volumes d’ADN initiaux pendant 20 à 36 heures consécutives. Ainsi, la plateforme est capable de répondre à des urgences sanitaires telles que l’affaire Lactalis, survenue au cours de l’été 2018.

    Outre la dotation de la plateforme en matériel de pointe, les personnels formés à l’utilisation de tels outils et suffisamment importants pour faire face à des crises de santé publique (épidémies, contamination de produits agro-alimentaires, etc.) constituent une richesse de la plateforme, rappelle Vincent Enouf, responsable de la plateforme de microbiologie mutualisée de l’Institut Pasteur.