Les enjeux liés au numérique ont fait partie des thématiques centrales du World Health Summit (WHS), un sommet international qui a réuni plus de 2 000 décideurs et représentants de l’industrie de santé du 14 au 16 octobre 2018 à Berlin et auquel Health & Tech Intelligence a assisté. De nombreuses opportunités ont été identifiées par les participants telles que l’amélioration des résultats pour le patient et des systèmes de sécurité par le biais de dispositifs permettant de limiter les erreurs médicales et du développement de la médecine de précision.
Les professionnels de la santé présents se sont accordés cependant sur le fait qu’il existait des freins au déploiement du digital en santé, avec en tête l’absence d’infrastructures adaptés, l’hétérogénéité des organismes de régulation en Europe, le manque de standards mais aussi de transparence des algorithmes basés sur l’intelligence artificielle.
Parmi les intervenants figurait Sanofi, qui – pour faire face à ces enjeux – a récemment signé un partenariat avec le groupe américain Palantir, leader dans le domaine du traitement des big data, en vue du développement d’une plateforme collectant des données en phase 2 et en phase 3 d’essais cliniques aux États-Unis. Cet outil vise à faciliter la collaboration avec les chercheurs et connecte les différentes sources de données afin de mieux les analyser. Par sa mise en place, une interaction continue avec les organismes régulateurs comme la FDA est par ailleurs permise.
Santé et numérique : 7 changements majeurs à venir d’ici 2025 selon Sanofi
Dans le cadre d’une conférence du World Health Summit (WHS) portant sur les défis liés au développement du numérique dans la santé, Bernard Hamelin, responsable de la division « génération de preuves » (global head evidence generation) chez Sanofi, a mis en évidence 7 changements auxquels, selon lui, l’industrie devra faire face d’ici 2025 :
- des populations de patients parfaitement connectés et numériquement avertis ;
- une complexité scientifique croissante dans la pratique clinique ;
- une adoption généralisée de technologies perturbatrices ;
- un accès au marché encore plus complexe ;
- un obstacle croissant au respect de la transparence ;
- un besoin continu de faire plus avec moins ;
- le passage à un monde constitué de multiples spécificités locales comme en Chine.
Pour rester leader, le groupe français investit dans l’IA
Afin de préserver sa bonne position dans le secteur de la santé, le groupe pharmaceutique français investit dans le numérique, en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) et de l’analyse de données. Parmi ses dernières grandes opérations en la matière se démarque son partenariat avec le géant Palantir, n°1 mondial du traitement des big data, pour le déploiement d’une plateforme aux États-Unis connectant les différentes sources de données afin de mieux les analyser.
Plateformes d’intégration : la France largement devancée par les États-Unis
Ce genre d’outil est plus difficile à instaurer dans l’Union européenne en raison des différences de gouvernance existants dans les pays membres. Bernard Hamelin estime d’ailleurs que l’un des points faibles de la France sur le marché réside dans la production de plateformes d’intégration telles que celles proposées par Palantir.
« La qualité de ces plateformes est essentielle pour une analyse réussie des données, expliquait-il le 11 octobre 2018 à Paris à l’occasion d’une table ronde sur la santé et l’IA organisée dans le cadre de l’événement Inno Generation de Bpifrance (article en lien ci-contre). Or, sur ce point, ce sont les États-Unis les leaders – Palantir en tête – donc les boîtes françaises travaillant sur l’IA se tournent vers des solutions étrangères. C’est un problème ! Les industriels français devraient se pencher sur ce sujet. »
Sanofi : lauréat des Trophées eCAC40
La « politique numérique ciblée » de Sanofi a été saluée par le jury de la cinquième édition des Trophées eCAC40, organisés par Les Échos dans l’optique de récompenser la maturité numérique des grandes entreprises françaises. Le groupe a reçu le prix de l’audace du concours lors d’une cérémonie spéciale organisée le 9 octobre 2018 à Paris.
WHS : une sommet international rassemblant 2 000 acteurs clés du secteur
Créé en 2009 à Berlin à l’occasion du 300e anniversaire de la Charité (Universitätsmedizin), le World Health Summit vise à améliorer la santé pour tous dans le monde entier et à trouver des moyens rapides et efficaces de faire progresser la médecine dans les zones qui en ont le plus besoin.
Ce sommet international réunit environ 2 000 décideurs et représentants de tous les secteurs liés à la santé. En provenance de plus de 80 pays, ses participants abordent les problèmes les plus pressants auxquels seront confrontés les systèmes de santé au cours de la prochaine décennie et au-delà. L’événement réunit ainsi :
- des chercheurs de haut niveau et des membres de la communauté scientifique ;
- des décideurs politiques de haut niveau ;
- des dirigeants et des représentants des systèmes de santé ;
- des leaders des industries liées à la santé et au secteur de la technologie ;
- des représentants de fondations et de la société civile ;
- des étudiants et de jeunes professionnels provenant d’un large éventail de domaines liés à la santé.
Environ 70 % des participants viennent de l’Union européenne, les 30 % restants provenant d’Amérique du Nord, D’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique et d’Australie.