« Il y a encore des progrès à faire en France en ce qui concerne l’accompagnement des sociétés plus matures » dans le secteur des technologies médicales, estime Bertin Nahum, P.-D.G. de la société de dispositifs médicaux Quantum Surgical et ancien dirigeant de Medtech, une entreprise rachetée en 2016 par le groupe américain Zimmer Biomet.
L’homme d’affaires partage avec Health & Tech Intelligence les ambitions de sa nouvelle société, qui développe une plateforme robotique afin de démocratiser les traitements mini-invasifs du cancer du foie, ainsi que son opinion du marché des technologies médicales. S’il reconnaît que « la France a une carte à jouer » dans le secteur et que des avancées ont été observées ces derniers temps en matière de soutien aux start-ups naissantes, il estime néanmoins que des efforts restent à accomplir en ce qui concerne le financement des sociétés dont le degré de maturité est plus avancé.
Quantum Surgical cherche à lever 50 millions de dollars US d’ici 2020
Quantum Surgical vise à démocratiser la chirurgie mini-invasive pour le traitement du cancer du foie à travers le développement d’une plateforme robotique. Pourquoi avoir choisi ce secteur précis ?
Bertin Nahum : Cette méthode est une quatrième voie proposée aux côtés de la chimiothérapie, de la radiothérapie et de la chirurgie classique, encore insuffisamment disponible. Notre mission est de développer des solutions qui permettent de bénéficier de techniques de pointe, par le biais de la robotique, de l’intelligence artificielle et du traitement d’images.
En juin 2018, votre entreprise a obtenu un premier financement de 6 millions d’euros auprès d’Ally Bridge Group. Une deuxième tranche de 4 millions suivra pour une levée de fonds globales d’environ 50 millions de dollars US (environ 42,8 M€), qui devrait être débloquée d’ici à deux ans.
Ally Bridge a l’intention de financer la totalité de la levée de fonds mais nous n’excluons pas de recueillir davantage avec d’autres investisseurs.
Pourquoi avoir tenu à rester à Montpellier, où les locaux de Quantum Surgical ont été inaugurés en avril 2018 ?
Je tenais à ce que la société soit basée à Montpellier parce qu’il y a un bel écosystème numérique et que nous y avons déjà connu un beau succès (avec Medtech). Nous disposons dans cette ville de tous les atouts pour réussir.
« Ce n’est pas mon inspiration de travailler dans un grand groupe »
Vous avez déclaré ne pas regretter le rachat de Medtech en 2016 par le groupe américain Zimmer Biomet. Cette nouvelle aventure avec Quantum, si elle s’avère être un succès, ne serait-elle pas cependant une revanche sur cet épisode passé ?
Je n’ai aucune revanche à prendre. Medtech est derrière moi, je ne regrette rien. Une nouvelle page s’est tournée. Je n’y trouvais plus vraiment mon ADN. Ce n’est pas mon inspiration de travailler dans un grand groupe (Zimmer Biomet avait proposé à Bertin Nahum de rester à la tête de Medtech). Ce qui m’intéresse c’est la création, la mise au point de nouvelles solutions.
Technologies médicales : « la France a une carte à jouer » mais…
Estimez-vous que la France est trop frileuse en matière d’innovation en santé ?
Au niveau des investisseurs, les choses s’améliorent pour trouver des fonds en phase d’amorçage. Il y a des structures qui existent en France. Il y a cependant encore des progrès à faire en ce qui concerne l’accompagnement des sociétés plus matures.
Selon vous, la France peut-elle devenir leader sur le marché de la medtech ou de la e-santé ?
La France a une carte à jouer. La French tech le démontre de par son savoir-faire mais nous ne sommes pas les seuls à se développer sur ce marché. Il va falloir savoir rester compétitif.
Démocratiser les thérapies mini-invasives pour le traitement du cancer du foie
Co-fondé en 2017 à Montpellier, Quantum Surgical est une entreprise innovante et spécialisée en robotique médicale.
Elle développe une solution unique, combinaison d’un logiciel puissant et d’une plateforme robotique pour le traitement mini-invasif du cancer du foie. Elle « permettra aux médecins de mieux planifier, traiter et évaluer les conditions », commente la société sur son site officiel.
De manière plus générale, cette dernière entend permettre une plus large utilisation de ces techniques permettant un traitement précoce du cancer du foie.
Caractéristiques principales de la solution
- robot chirurgical intuitif et polyvalent ;
- solution compatible avec les principaux systèmes d’imagerie ;
- intelligence artificielle et analyse de données afin d’améliorer la pratique ;
- solution connectée au système de l’hôpital et collaborative ;
- solution d’assistance à la planification du traitement.
Crédit photo Une : Mario Sinitaj