Medtech

  • « L’accréditation du Cofrac était un moyen d’asseoir notre légitimité » (David Sainati, Medappcare)

    « Malgré l’intervention dans notre activité d’un conseil scientifique composé de personnes reconnues dans le domaine de la santé, les acteurs du marché nous ont rapidement interrogés sur notre indépendance, la pérennité et la crédibilité de Medappcare, explique David Sainati docteur en pharmacie et fondateur-président de l’organisme certificateur, dans le cadre d’une interview publiée dans l’édition du 2ième trimestre 2019 du magazine du Comité français d’accréditation (Cofrac). L’accréditation était un moyen de répondre à ces questions et d’asseoir notre légitimité. »

    Cette certification vient d’être officiellement reconnue par les pouvoirs publics « après plus de 2 ans de travaux et démarches administratives« , commente à Health & Tech Intelligence David Sainati, contacté le 8 juillet 2019.

    Medappcare a décidé de se tourner vers le Cofrac fin 2017. L’association a prononcé la recevabilité du dossier en avril 2018. Elle a ensuite évalué Medappcare en novembre puis accordé l’accréditation le 28 décembre 2018. « Cette nouvelle accréditation illustre le dynamisme du Cofrac en matière de développement de nouveaux schémas d’accréditation, commente le comité (magazine). Avec les attentes du marché en matière d’objets connectés ou de signature électronique par exemple, nul doute que de nouveaux développements dans le domaine du numérique suivront d’ici quelques mois. »

    Medappcare évalue et certifie les applications mobiles et sites web dans les domaines de la santé, du handicap, de la perte d’autonomie et de la santé animale. Il propose aussi des formations aux enjeux de la santé connectée aux professionnels de santé, industriels du médicament et assureurs. David Sainati indique que la priorité de l’organisme est la promotion de sa solution, ajoutant qu’il envisage « dans un futur prochain de développer de nouveaux programmes de certification« .

    La certification d’applis mobiles et sites web de mieux-vivre, une 1ère en Europe

    De nombreuses demandes d’accréditation émanant du secteur du numérique, le Comité français d’accréditation (Cofrac) a récemment ouvert l’accréditation à la certification des prestataires de services d’information en nuage (cloud) et à celle des hébergeurs de données de santé à caractère personnel, explique l’association dans le dernier numéro de son magazine.

    « De plus en plus de certificateurs prennent également l’initiative de contacter le Cofrac pour se faire accréditer sur la base de leur propre référentiel, constitué de critères pour certains spécifiques à leur secteur d’activité. C’est le cas de Medappcare », explique le Comité, précisant que la certification d’applications mobiles et sites web de mieux-vivre « est une première en Europe ».

    Certilife : une marque développée par Medappcare pour la certification

    Pour son activité de certification, Medappcare a développé la marque Certilife. L’organisme « s’appuie sur un référentiel qu’il a construit autour de 4 thématiques proches des besoins de son marché », indique le Cofrac :

    • contenu et ergonomie, pour l’évaluation de la transparence des sources de financement, la fiabilité du contenu, le graphisme, etc. ;
    • juridique, pour l’évaluation de la protection des données personnelles et le respect de la vie privée des utilisateurs du service ;
    • sécurité numérique, pour l’architecture et l’analyse des menaces, le stockage des données et la confidentialité, etc. ;
    • santé, handicap, perte d’autonomie ou santé animale, une thématique spécifique au contenu du service (expertise des auteurs, sources bibliographiques, etc.).

    La démarche pour obtenir l’accréditation « nous a permis d’acquérir davantage de maîtrise dans notre domaine »

    « L’obtention de l’accréditation a nécessité un gros travail car je voulais que la première évaluation soit la bonne. J’ai mis un point d’honneur à être en règle sur tous les points et ça a fonctionné, commente David Sainati. Cela nous a permis de nous améliorer, d’aller plus loin dans les process et d’acquérir davantage de maîtrise dans notre domaine. »

    « Il y a actuellement beaucoup de start-ups et de fonds d’investissement qui se lancent dans la santé connectée, contextualise le président de Medappcare, un secteur encore immature dans lequel une certification accréditée a donc une grande valeur ajoutée. À l’heure où ces outils se développent en nombre, l’enjeu est de leur proposer une solution qui les fera progresser en qualité. »

    L’organisme nouvellement certifié n’a pas encore signé de nouveau dossier sous accréditation « mais la demande arrive », précise David Sainati. « On observe de plus en plus d’appels d’offres qui requièrent une certification accréditée, et ce sont quasiment trois à quatre demandes de renseignements que nous recevons sur le sujet chaque semaine », note-t-il.

  • Observatoire de la e-santé pays du Sud : 5 projets récompensés pour réduire les inégalités de soins

    Une solution numérique de collecte et de partage des données de santé locales, un service de télé-expertise en dermatologie ou encore une application de gestion des épidémies liées au contact avec les animaux. Tels sont les projets récompensés par la Fondation Pierre Fabre à l’occasion de la conférence annuelle de l’Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud, qui s’est tenue le 1er juillet à Lavaur, dans le Tarn, au siège de la fondation.

    5 lauréats ont été retenus : mHealth (Burkina Faso), LeDA (Burkina Faso), Smartphone Tele-Dermatology Service ‘Mongolie), Khushi Baby (Inde) et AfyaData – Promoting Proper Management of Zoonotic diseases (Tanzanie).

    Les porteurs de ces projets vont bénéficier d’un accompagnement d’un an avec un financement de 100 000 euros au total pour soutenir le développement de leur initiative.

    « L’édition 2019 a été très riche en échange sur le partage de données et le renforcement des compétences, deux enjeux majeurs de la transformation des stratégies de santé pour une e-santé efficiente et durable, commente Béatrice Garrette, directrice générale de la Fondation Pierre Fabre. L’implication de tout un chacun est essentielle [pour] que la pyramide sanitaire, en cours de déploiement, dans chaque pays du Sud soit fiable et de qualité. Le renforcement des compétences par la formation et l’implication de tous est clé dans la culture de la e-santé. Les cinq projets récompensés illustrent parfaitement ces deux axes. »

    Burkina Faso : mHealth et IeDA

    MHealth : plateforme SMS et Android développée à l’initiative du ministère de la Santé burkinabé

    L’objectif de cette solution, simple d’utilisation, est de permettre aux agents de santé de faire remonter les informations sanitaires (nombre de consultations, âge des patients, pathologies identifiées…) des zones rurales du Nord du pays vers les autorités locales et nationales.

    Le dispositif vise à renforcer le système d’information nationale et ainsi à améliorer le suivi de l’état sanitaire du patient. Par son biais, les prises de décisions par les autorités sanitaires et la gestion des stocks de médicaments sont facilitées.

    leDA (Integrated e-Diagnostic Approach) : guide et soutient les agents de santé communautaire lors des consultations d’enfants de moins de 5 ans

    La solution a été mise en place par l’ONG Terre des Hommes et co-construite avec le ministère de la Santé. Par le biais de cette plateforme, les agents de santé communautaires qui interviennent dans les villages les plus reculés du pays lors des consultations d’enfants de moins de 5 ans sont guidés  par le biais d’un protocole de prise en charge précis accessible sur tablette, alimentées par panneaux solaires.

    IeDA est intégré au système d’information sanitaire du Burkina Faso. L’outil envoie en temps réel les informations recueillies au niveau central sur l’actions des agents de santé et sur les données sanitaires collectées.

    L’initiative a été évaluée par la London School of Hygiene & Tropical Medecine et le Centre Muraz, une institution nationale de recherche pour la santé du Burkina Faso.

    Mongolie : Smartphone Tele-Dermatology Service

    Smartphone Tele-Dermatology Service est un programme de télé-expertise en dermatologie ciblant les populations vivant dans les régions rurales et isolées de Mongolie. Il est porté par l’Université nationale des sciences médicales.

    En utilisation un smartphone et l’application Derma, les médecins de villages sont guidés dans leurs consultations en envoyant les informations pertinentes et les photos des affections cutanées de leurs patients sur une plateforme sécurisée, à laquelle ont accès les dermatologues installés dans les grandes villes du pays. Ces derniers renvoient leurs diagnostics et recommandations aux médecins de villages pour améliorer la prise en charge des patients.

    Du fait que des spécialistes partagent leur point de vue avec des généralistes, le dispositif permet ainsi en parallèle d’améliorer la formation médicale.

    Le projet est actuellement en phase pilote dans plus d’une vingtaine de villages.

    Inde : Khushi Baby, un pendentif pour collecter les données de santé des jeunes enfants

    Khushi Baby est un pendentif équipé d’une puce NFC qui permet de stocker les informations de santé des jeunes enfants qui la portent. Le dispositif a été conçu pour surmonter les difficultés de vaccination des jeunes enfants, de collecte de données et de sensibilisation.

    Les informations recueillies sont accessibles sur une application mobile pour les agents de santé et par le biais d’un tableau de bord pour les autorités sanitaires.

    Les pendentifs sont waterproof, ne nécessitent pas de batterie et coûtent moins d’un dollar à produire. La solution est adaptée aux us locaux puisque le fil noir utilisé ressemble à celui des colliers que les bébés de cette région de l’Inde portent pour éloigner la malchance.

    L’initiative a bénéficié d’un premier accompagnement par l’Observatoire en 2017 pour développer l’application en Inde, au Rajasthan. Le dispositif a été testé avec succès en phase pilote. Le nouvel accompagnement de la fondation a pour objectif d’aider les porteurs du projet à développer la solution à grande échelle et à y intégrer de nouvelles fonctionnalités.

    Tanzanie : AfyaData pour promouvoir la gestion adéquate des zoonoses*

    L’initiative AfyaData est une application de gestion des épidémies liées à la proximité des populations avec les animaux.

    Grâce aux informations récoltées sur les symptômes, aux coordonnées GPS et aux photos envoyées par les patients, les professionnels de santé, propriétaires de bétails, vétérinaires et rangers de parcs nationaux reçoivent les informations relatives à la maladie suspectée et la procédure à suivre pour éviter une épidémie.

    Ce projet de recherche opérationnelle est un support de gestion des épidémies mobilisant tous les acteurs du terrain et décisionnels.

  • Matrice santé & numérique : 5 projets sont nés du programme porté par Matrice (École 42) et Roche

    Uway (appli pour améliorer la prise en charge aux urgences), Protocolr (assistant virtuel de la recherche clinique), Welcome Doctor (plateforme pour faciliter la mobilité des médecins), Désertix (plateforme de partage de données pour lutter contre les déserts médicaux) et Qapla (appli pour simplifier le suivi pédiatrique) sont les projets entrepreneuriaux qui ont vu le jour dans le cadre du programme de formation « Matrice santé & numérique », lancé en septembre 2018 par Matrice, le programme d’entrepreneuriat de l’École 42, et Roche, investisseur mondial en R&D dans le secteur de la santé. Les initiatives ont été présentées le 4 juillet 2019, date de fin de la formation, lors d’un événement dédié.

    Les étudiants ont travaillé pendant 10 mois en équipe pour développer leurs idées, accompagnés tout au long de cette période par des collaborateurs Roche qui souhaitaient s’investir. Dans ce cadre, 5 projets ont été développés et consolidés.

    « Ce partenariat illustre comment un grand groupe comme Roche peut travailler avec des étudiants dans une dynamique d’open innovation pour répondre aux besoins d’un marché spécifique, celui de la santé, avec la technologie », commente le service communication de l’entreprise pharmaceutique.

    Synthèse des 4 projets en image

    Uway : appli pour améliorer la prise en charge aux urgences

    Protocolr : assistant virtuel de la recherche clinique

    Welcome Doctor : plateforme pour faciliter la mobilité des médecins

    Désertix : plateforme de partage de données pour lutter contre les déserts médicaux

    Qapla : appli pour simplifier le suivi pédiatrique

    Un programme en 4 phases

    « Matrice santé & numérique » : 26 étudiants, 50 collaborateurs, 8 écoles et universités

  • DM connecté, serious game… 4 solutions décrochent les Trophées de la e-santé 2019 (Castres)

    E-Stella (Smices Surgical), Emy (Fizimed), OdySight (Tilak Healthcare) et Sanivet (centre NeoCare de l’école vétérinaire de Toulouse) sont les 4 projets de santé numérique lauréats des Trophées de la e-santé 2019.

    Le jury a reçu au total plus de 80 candidatures, dont 20 % issues de l’international, a-t-il été précisé le 2 juillet à l’occasion de l’Université d’été de la e-santé de Castres, lors de la présentation des 12 finalistes. Les catégories récompensées les années précédentes ont été supprimées. Au final 4 prix ont été décernés :

    • Le grand prix : e-Stella (Smices Surgical, société montpelliéraine) :
    E-Stella est une application qui permet de quantifier avec précision la stéatose d’un foie en vue d’une transplantation. Le dispositif est « en cours d’enregistrement CE en tant que dispositif médical de classe IIa comme outil d’aide à la décision unique au monde par application smartphone pour les transplantations hépatiques, conformément aux exigences essentielles de la directive 93/42/CEE », précise Smices Surgical sur son site web.

    • Argent : Emy (Fizimed, start-up strasbourgeoise incubée à Tech Care Paris) :
    Emy a été conçu pour aider les femmes à lutter contre les fuites urinaires en améliorant le contrôle de leur périnée grâce à une sonde médicale connectée dédiée à la rééducation périnéale à domicile.

    • Bronze : OdySight (start-up Tilak Healthcare) :
    OdySight est un serious game développé pour aider le suivi des maladies chroniques ophtalmiques. La solution a été testée lors d’une étude clinique satisfaisante menée au centre hospitalier des Quinze-Vingts (Paris), dont les résultats ont été présentés fin 2018.

    • Le prix des internautes : Sanivet (centre NeoCare de l’école vétérinaire de Toulouse)
    La troisième journée de l’événement était centrée sur le numérique dans la santé animale. Dans ce cadre, les internautes ont voté en majorité pour le projet Sanivet, une plateforme d’aide à la visite sanitaire comprenant, entre autres, une application mobile de visite d’élevages canins et félins.

  • 51 % des étudiants réticents à la consultation en ligne (enquête Heyme)

    Plus de la moitié des étudiants sont réticents à l’idée de consulter un médecin en ligne : par manque de confiance (42 %) ou par peur d’un manque de sécurité en ce qui concerne l’exploitation de leurs données personnelles (9 %). C’est ce qui ressort de l’enquête sur la santé des étudiants et des lycéens menée par la mutuelle Heyme et publiée le 3 juillet 2019.

    Parmi les 31 % de sondés qui seraient prêts à consulter en ligne, 7 % indiquent l’avoir. Un pourcentage modeste mais encourageant pour la Smerep, qui a fait de la santé numérique une de ses priorités en développant des projets de cyber-éducation.

    L’enquête, réalisée auprès de 841 lycéens et étudiants, s’intéresse à la santé en général avec un focus sur la santé numérique.
    Née en juin 2019 de la fusion de la Smerep et de la MEP, Heyme est la première mutuelle dédiée aux jeunes.

    34 % des sondés passent entre 2 et 4h / jour sur leur smartphone

    Le volet « santé numérique » de l’enquête réalisée par Heyme montre dans un premier temps que les étudiants et les lycéens utilisent beaucoup leur smartphone.

    • 34 % des sondés passent entre 2 et 4 heures par jour devant leur petit écran et 23 % y passe plus de 6 heures.

    Ce chiffre est à mettre en parallèle avec le fait que 55 % des jeunes interrogés déclarent avoir des problèmes de sommeil, d’abord à cause du stress, et que près d’un tiers estiment être stressés ou angoissés toute l’année.

    Les sondés semblent conscients de l’impact que peut avoir une importante utilisation de leur smartphone sur leur santé. Deux tiers d’entre eux pensent que cela joue sur leur capacité de concentration et d’attention, 62% sur leur qualité de sommeil et environ la moitié sur l’apparition de maux de tête ou de douleurs oculaires.

    51 % des étudiants sont réticents aux consultations en ligne

    Plus de la moitié des étudiants interrogés sont réticents à l’idée de consulter un médecin en ligne : d’abord par manque de confiance (42 %) mais aussi par peur pour la sécurité de leurs données personnelles (9 %). Un cinquième ne savaient d’ailleurs pas que cela était possible.

    En parallèle, plus de 80 % des étudiants ne vont pas systématiquement chez le médecin généraliste quand ils sont malades, d’abord parce qu’ils minimisent la gravité (57 %) mais aussi parce qu’ils pratiquent l’auto-médication (39 %).

    Sur les 31 % qui se sentent prêts à consulter en ligne, 7 % l’ont déjà fait. Une première encourageante pour la Smerep, qui a fait de la santé numérique un axe majeur de prévention, notamment avec la création d’une cabine de e-santé, basée dans le centre de Paris. Un axe qui va être renforcé par des messages de prévention et d’information sur la e-santé et les téléconsultations qui seront notamment accessibles sur son application smartphone.

  • Étude : l’évaluation des applis souffre d’un manque de standardisation (Nature Digital Medicine)

    Les applications de santé mentale les plus téléchargées sont celles qui mettent l’accent sur la relaxation, la pleine conscience et les compétences en matière de méditation. Ces résultats issus d’une étude* publiée le 17 juin 2019 dans Nature Digital Medicine montrent par ailleurs que les outils de mesure de la qualité et de l’efficacité de ces outils ne sont pas du tout standardisés. Les chercheurs de l’université de Washington qui ont réalisé ces travaux insistent sur la nécessité de fournir aux consommateurs et aux cliniciens des conseils actualisés et validés scientifiquement.

    Le marché foisonnant des applications de santé mentale

    Plus de 10 000 applications de santé mentale sont disponibles sur l’Apple store et Google Play. L’offre est donc pléthorique mais ces applis ont été très peu évaluées et réglementées. En conséquence, les décisions d’achat et de téléchargement sont souvent prises sur des éléments faciles à identifier, tels que le titre, le logo, le prix et le nombre d’étoiles affichées.

    Afin de permettre aux consommateurs de faire des choix plus éclairés, un certain nombre de cadres systématiques (avec et sans avis d’experts) ont été créés pour classer les applications de santé en fonction des problèmes de santé mais aussi en fonction de leurs exigences en terme de sécurité / confidentialité, des preuves d’efficacité, de la facilité d’utilisation et de l’interopérabilité. Cependant, à ce jour, il n’existe pas de méthode universellement acceptée et rien ne dit que les outils existants ne se contredisent pas.

    441 applis analysées

    Par ailleurs, nous manquons de données sur leur utilisation dans « la vraie vie ». Et nous ignorons si la popularité d’une appli mobile repose sa qualité intrinsèque. Des scientifiques de l’université de Washington ont donc mené une recherche visant, d’une part, à savoir quelles sont les applications les plus téléchargées dans le domaine de la santé mentale et du comportement, et, d’autre part, à comparer les évaluations des applications les plus populaires. Trois systèmes d’évaluation ont été analysés.

    Les résultats de cette étude portant sur 441 applications de santé mentale ont été publiés le 17 juin 2019 dans Nature Digital Medicine.

    Résultats : des évaluations totalement contradictoires

    • Les 2 applis les plus populaires étaient dédiées à l’entraînement cognitif. La 1ère d’entre elles cumulait 42,3 millions de téléchargements.
    • 3 domaines étaient particulièrement populaires : la relaxation, la pleine conscience et les compétences en matière de méditation.
    • Les applis les plus téléchargées étaient aussi celles qui étaient les plus utilisées.
    • Les notes d’évaluation pour les 10 applis les plus utilisées variaient considérablement d’un cadre d’évaluation à un autre.

    « Nos résultats montrent que les évaluations faites par 3 systèmes différents sont globalement incohérentes et souvent contradictoires, et ceci même avec les applications les plus populaires qui ne reçoivent pas des scores uniformément favorables », écrivent les auteurs de l’étude. Ils insistent sur « la fiabilité globale faible à moyenne » de ces outils qui sont censés aider les utilisateurs et les soignants à faire le tri dans l’offre des applications de santé mentale.

    Des critères subjectifs et un manque de normes

    Selon eux, cette faible fiabilité serait en partie due à des indicateurs subjectifs et peu mesurables tels que l’expérience utilisateur. Cependant, même pour des indicateurs objectifs, les résultats ne sont pas concordants. « En fin de compte, les divergences entre les cadres sont très probablement dues au manque actuel de domaines de consensus et de normes pour les applications de santé comportementale », estiment-ils.

    En outre, ces cadres d’évaluation ne sont que peu utilisés. Le plus fréquenté, Psyberguide, a été visité par un total de 68 041 utilisateurs entre novembre 2018 et janvier 2019, contre 42 millions de téléchargements de l’appli la plus populaire. Ainsi, les utilisateurs chercheraient des avis auprès de sources extérieures aux référentiels de notation.

    Une autre problématique est mise en évidence : les applis les plus populaires ne portent pas sur des traitements solides et validés pour la santé mentale. « Les promotions réussies d’applications basées sur des preuves nécessiteront probablement une collaboration continue et significative entre cliniciens, leaders d’opinion et professionnels de l’expérience utilisateur numérique, » concluent les auteurs de l’étude.

  • Étude : la mesure de la fréquence cardiaque par smartphone aussi précise qu’avec un ECG (Nature)

    Une large étude montre pour la première fois qu’un smartphone équipé d’un capteur de photopléthysmographie est capable de mesurer le rythme cardiaque avec le même degré de précision qu’un ECG traditionnel. Plus 65 000 personnes ont fourni plus de 3 millions de données sur une période de 3 ans. Les résultats de ces travaux, baptisés Health eHeart* et menés par des chercheurs de l’université de Californie, ont été publiés le 25 juin 2019 dans Nature Digital Medicine.

    L’enregistrement du rythme cardiaque, un outil précieux

    La fréquence cardiaque (FC) est un signe vital facilement disponible qui contient des informations pronostiques importantes. Cependant, sa mesure dans un contexte de soins, au cabinet ou à l’hôpital, n’est pas toujours très fiable. C’est ce que l’on appelle le fameux effet « blouse blanche ». Afin d’enregistrer une mesure la plus proche possible de la vraie vie, des appareils d’auto-mesure se sont développés. D’autant que la fréquence cardiaque prise en ambulatoire s’est avérée être un facteur de prédiction plus fort de la mortalité toutes causes confondues que la fréquence cardiaque au repos en clinique.

    Une très large étude sur 70 000 personnes

    Récemment, une technologie permettant de mesurer le rythme cardiaque sans le moindre contact s’est développée et des capteurs sont actuellement équipés de capteurs de photopléthysmographie. Et les patients veulent que les médecins les aident à interpréter les données de fréquence cardiaque recueillies par leurs appareils.

    Des chercheurs de l’université de Californie ont mis sur pied l’étude Health eHeart, une cohorte en ligne de type Framingham, pour comparer les mesures de la FC par smartphone via la photopléthysmographie à l’électrocardiogramme. Ils ont tout d’abord testé la technologie de photopléthysmographie sur smartphone auprès de 50 participants. Puis ils ont analysé 3 144 332 lectures de données d’un smartphone provenant de près de 70 000 personnes et ils les ont combinées avec des données de santé et démographiques sur ces patients. La moitié d’entre eux étaient en bonne santé mais ils souffraient surtout d’hypertension, d’hypercholestérolmie et d’artyhmie.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 25 juin 2019 dans Nature Digital Medicine.

    Résultats : le smartphone concurrence l’ECG

    • Les valeurs enregistrées via smartphone et grâce à une ECG avaient une très bonne concordance (0,9), avec une différence médiane de 2,7 battements par minute ;
    • La fréquence cardiaque variait beaucoup au cours de la journée (pics entre 5h et 17h), au cours de la semaine (moins élevée le week-end) et au cours de l’année (valeurs plus élevées en hiver) ;
    • Le fait d’être une femme, ou encore d’être origine hispanique ou d’avoir un IMC élevé était associé à une pression artérielle élevée.

    Des données en vie réelle pour la recherche

    Ces travaux démontrent que la fréquence cardiaque mesurée par smartphone grâce à la photopléthysmographie est fortement corrélé à celui de l’ECG de référence.

    « Cette étude fournit la première et la plus grande description de valeurs du rythme cardiaques réelles issues d’un smartphone », notent ses auteurs. En outre, « nous décrivons comment des facteurs démographiques et médicaux affectent ces normes, notamment l’âge, le sexe, la race/ethnie, les caractéristiques anthropométriques, l’activité physique et l’état de la maladie, ajoutent-ils. Ces données fournissent des données de référence en vie réelle pour les patients et les médecins et jettent les bases de la recherche future ».

  • USA : la FDA signale une faille de sécurité affectant certaines pompes à insuline de Medtronic

    La société Medtronic procède au rappel de certains anciens modèles de sa pompe à insuline connectée MiniMed, en raison de failles de sécurité. La FDA, qui a révélé cette information dans un communiqué daté du 27 juin 2019, recommande aux patients utilisant ces appareils d’en changer pour un modèle plus récent, même sans avoir établi à ce jour qu’un patient ait pu subir un préjudice concret à cause de ces failles. Medtronic a identifié 4 000 patients susceptibles d’utiliser des pompes à insuline Minimed 508 et Minimed Paradigm, vulnérables à ce problème.

    Les risques potentiels sont liés à la communication sans fil entre les pompes à insuline MiniMed de Medtronic et d’autres dispositifs tels que les glucomètres, les systèmes de surveillance du glucose en continu ainsi que la télécommande et le dispositif USB CareLink utilisés avec ces pompes. L’autorité américaine redoute que les failles de sécurité identifiées dans le dispositif permettent à une personne autre qu’un patient ou un professionnel de santé de se connecter à une pompe MiniMed à proximité et d’en modifier les paramètres. Un pirate informatique pourrait ainsi administrer trop d’insuline à un patient, entraînant une hypoglycémie, ou interrompre l’administration d’insuline, engendrant une hyperglycémie et une acidocétose diabétique (accumulation d’acides dans le sang).

    « La FDA appelle les fabricants du monde entier à rester vigilants au sujet de leurs dispositifs médicaux, à surveiller et à évaluer les failles de sécurité potentielles, et à être proactifs en matière de communication sur ces vulnérabilités et les mesures correctives, déclare le Dr Suzanne Schwartz, responsable de l’Office des partenariats stratégiques et de l’innovation technologique de la FDA. Tout dispositif médical connecté à un réseau de communication, wifi, internet public ou personnel, peut présenter des risques de sécurité exploitables par des utilisateurs non autorisés », rappelle-t-elle, soulignant cependant que « l’utilisation accrue de la technologie sans fil et des logiciels dans les dispositifs médicaux permet également de proposer des soins plus sûrs, plus pratiques et plus rapides ».

  • USA : des Apple Stores commencent à commercialiser les glucomètres connectés One Drop

    Après avoir vendu des glucomètres connectés One Drop par le biais de son site web, Apple commence à commercialiser ces mêmes produits dans certains de ses stores physiques. La nouvelle a été annoncée fin juin 2019 par CNBC. Il s’agit du seul dispositif dédié aux personnes atteintes de diabète vendu dans les magasins en ligne et physiques du géant américain.

    L’appareil One Drop fonctionne avec des applications complémentaires sous iOS (iPhone) et Watch OS (Apple Watch) pour suivre l’évolution de la glycémie. Les informations du glucomètre sont conservées dans une application dédiée ainsi que dans l’appli Health (Apple) du patient.

    Les utilisateurs bénéficient également d’un an de coaching via le programme One Drop, qui comprend des outils numériques pour le suivi de la prise de médicaments, de l’alimentation et de l’activité physique. Le kit One Drop coûte 69,95 dollars US, soit environ 61,70 euros.

    L’utilisateur du dispositif doit se piquer pour récupérer une goutte de sang pour qu’elle soit analysée par l’outil. Le géant américain travaille sur un dispositif invasif, capable de contrôler la glycémie de manière continue. Tim Cook, le P.-D.G. d’Apple, a indiqué que ses équipes étaient en train de tester un tel produit.

    Apple avait précédemment stocké le lecteur de glycémie de Sanofi pour iPhone, autorisé en 2012.

  • La digitalisation du parcours de santé, un enjeu de « souveraineté » (étude Sopra Steria/Ipsos)

    « Rien ne s’oppose à une digitalisation massive du parcours de soin des patients et c’est bien là que le bât blesse. » C’est ce qu’affirment Sopra Steria Consulting et Ipsos dans une étude sur la digitalisation du parcours de santé en Europe. Cette enquête, publiée le 20 juin 2019, a été menée pendant un an dans 6 pays européens (la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Norvège, la Belgique et l’Espagne), auprès de 35 experts en santé et de 1 200 Européens âgés de 18 ans et plus. Ses auteurs demandent aux décideurs de chaque pays « une volonté politique forte » pour éviter « un morcellement des initiatives qui rend l’interopérabilité impossible ». 

    « Le virage de la digitalisation du parcours de santé doit être pris urgemment, sous peine de perdre notre souveraineté digitale », estiment les auteurs. Face à des GAFAM qui ont pris beaucoup d’avance grâce à leurs investissements massifs dans les outils digitaux mais aussi l’élaboration de partenariats avec les plus grandes universités et de nombreux établissements hospitaliers, « il est urgent de réagir », notent-ils. Si ces grands groupes arrivent à proposer demain des outils digitaux « clé en main » permettant aux patients d’exploiter leurs données de santé, « il est probable que bon nombre d’entre eux les leur confieront », expliquent-ils. L’enquête montre que les Européens font encore peu confiance aux GAFAM mais ses auteurs pensent que « la situation pourrait changer très rapidement ».

    77 % des Européens pensent que la digitalisation améliorera la qualité du système de santé

    • Près de 8 Européens sur 10 (77 %) considèrent que « la digitalisation améliorera la qualité du système de santé ».
    • Les attentes des citoyens sont fortes notamment en matière de prévention (77 %), de suivi des maladies chroniques (74 %), de pertinence des diagnostics (73 %), d’accompagnement des personnes en perte d’autonomie (71 %), de rapidité de la prise en charge (69 %) ou encore de qualité du suivi après une hospitalisation (66 %).

    Télémédecine, IA, échanges de données : près d’un Européen sur deux insatisfaits

    • Près de la moitié des Européens « ne sont pas satisfaits des dispositifs actuels » de télémédecine (49 %), du niveau d’utilisation de l’intelligence artificielle pour améliorer la prévention, le diagnostic ou le traitement (44 %) ou encore des échanges de données de santé entre les différents professionnels de santé ou avec leurs patients (43 %).

    Le DMP plébiscité

    • Les Européens plébiscitent le dossier médical partagé, un dispositif qu’ils jugent utile pour accéder à l’historique de soins (92 %), pour renforcer la coordination entre les professionnels de santé (91%), et améliorer la prévention (80 %).
      • En ce sens, la majorité des Européens (74 %) interrogés souhaiteraient donner accès à leur dossier médical électronique aux professionnels de santé qui les suivent. Près d’un Européen sur deux (47 %) et près d’un Français sur deux (48 %) estime que le dossier médical partagé n’est pas suffisamment développé.