Medtech

  • Douleur chronique : déploiement du programme numérique de l’Institut Analgesia prévu en 2018

    L’Institut Analgesia qui participe à l’émergence d’innovations dans le domaine de la douleur, a annoncé le lancement de la phase pilote de sa solution numérique pour la prise en charge de la douleur chronique à l’occasion de la journée mondiale contre la douleur, fin octobre 2017.

    Fruit de son partenariat avec bepatient conclu à l’été 2017, l’Institut Analgesia a mis au point un dispositif de e-santé innovant pour l’évaluation et la gestion de la douleur chronique au cœur duquel elle place le patient.

    L’outil en développement fait appel à la gamification et intègre une communauté de spécialiste gravitant autour du patient. La phase pilote est entamée et l’outil sera testé tout au long de la première moitié de 2018 avant d’être déployé à plus grande échelle.

    Selon la directrice opérationnelle de l’Institut Analgesia, Alice Corteval, l’objectif du programme consiste à :

    • caractériser la douleur ;
    • établir un lien entre l’ensemble des acteurs du parcours patient ;
    • permettre une gestion de la douleur par le patient lui-même.

    Gamification et réseau social pour in fine améliorer le parcours de soins

    Le programme numérique développé doit faciliter la gestion quotidienne de sa douleur par le patient lui-même. Pour cela, le programme a recours à la gamification qui embarque le patient dans différents challenges visant à diminuer son appréhension face à la douleur et le motiver à agir de façon à diminuer le ressenti de la douleur.

    Par le biais de l’application dédiée, le patient pourra avoir accès à une communauté réunie sous forme de réseau social incluant l’ensemble des patients recourant au programme et la communauté scientifique (généralistes, algologues, soignants et autres spécialistes).

    Actuellement en phase pilote, le programme sera testé en 2018 au sein d’une dizaine de centres antidouleur. Cette seconde phase de tests contribuera à amélioration de l’outil avant qu’il ne soit déployé à plus large échelle au deuxième semestre de 2018.

  • Etude : la réalité virtuelle dope les compétences et la confiance en soi des étudiants en médecine

    Former de futurs chirurgiens à des actes complexes grâce à la réalité virtuelle, c’est l’expérience qui a été conduite par des chercheurs de l’Université d’Huddersfield au Royaume-Uni.

    Les résultats de leur étude* qui ont été publiés dans le Journal of Oral and Maxillofacial Surgery apportent la preuve que l’apprentissage d’une intervention grâce à un casque de réalité virtuelle, un dispositif de reconnaissance de mouvements et des modèles anatomiques en 3D donnent davantage confiance aux étudiants que des cours traditionnels.

    La simulation numérique à l’université

    « Jamais la première fois sur le patient »… Ce principe éthique qui veut qu’un médecin ne doit jamais réaliser un acte pour la première fois sur un vrai patient dope actuellement la réalité virtuelle. Le secteur de la simulation numérique est en effet en plein développement. Presque tous les CHU disposent aujourd’hui d’un centre de simulation. Les étudiants en médecine vont donc de plus en plus pouvoir se former grâce à ces nouveaux outils. Et la qualité des soins devrait s’en trouver améliorée comme le prouve une dernière étude parue dans Journal of Oral and Maxillofacial Surgery.

    De la chirurgie maxillo-faciale virtuelle

    Des chercheurs de l’Université d’Huddersfield au Royaume-Uni ont créé un simulateur numérique de chirurgie dentaire destinée aux étudiants. But de l’opération : leur apprendre les gestes d’un intervention visant à corriger les déformations maxillo-mandibulaires. Le cours durait 45 minutes et les étudiants ont été randomisés en deux groupes : 51 suivaient un cours avec des outils de réalité virtuelle et 44 un cours traditionnel reposant sur des powerpoint. Tous les étudiants avaient le même niveau de connaissance au début de l’étude.

    Les étudiants en médecine du groupe « réalité virtuelle » se sont formés à cette chirurgie maxillo-faciale grâce à :

    • un casque Oculus Rift ;
    • un dispositif de reconnaissance des mouvements ;
    • des modèles anatomiques en 3D ;
    • la manipulation virtuelle d’instruments chirurgicaux ;
    • une vidéo en 360° d’une intervention chirurgicale en cours.

    Résultats :

    • les membres du groupe « réalité virtuelle » (RV) auto-déclaraient une meilleure confiance en soi que les étudiants formés classiquement (différence significative) ;
    • le contrôle des connaissances révèle une meilleure acquisition des procédures chirurgicales grâce à la RV ;
    • le temps de formation par RV était moindre, alors que le résultat final était meilleur.

    Cet essai randomisé témoigne de la pertinence de la réalité virtuelle dans la formation médicale. Elle agit à la fois sur la confiance en soi et sur l’apprentissage technique des compétences. Cependant, cet essai ne compte qu’une centaine d’étudiants en médecine.

    D’autres travaux de recherche devront être menés pour évaluer la VR en formation initiale et continue, et le bénéfice économique notamment devra être mesuré, d’autant que des résistances subsistent dans la communauté médicale.

  • HAD : la HAS met à disposition l’outil ADOP-HAD pour aider à l’orientation des patients

    L’HAD reste sous-utilisée et encore trop peu connue par les professionnels de santé, pointe la Haute Autorité de Santé, qui a développé un outil en ligne d’aide à la décision pour les médecins prescripteurs. ADOP-HAD va leur permettre d’estimer si un patient est éligible ou non à cette modalité d’hospitalisation.

    L’outil est disponible en ligne (voir lien ci-contre) et est compatible avec les ordinateurs, les téléphones portables et les tablettes.

    La HAS a présenté ce nouvel outil le 6 décembre 2017 à l’occasion d’un atelier lors des Universités d’hiver de l’hospitalisation à domicile organisées par la Fédération Nationale des Établissements d’Hospitalisation à Domicile – FNEHAD.

    Améliorer la connaissance de cette forme d’hospitalisation auprès des professionnels de santé

    L’hospitalisation à domicile – mise en place uniquement sur prescription médicale et avec l’accord du patient et du médecin traitant – permet d’éviter ou de raccourcir une hospitalisation conventionnelle en offrant aux patients la possibilité d’être soignés sur leur lieu de vie. Depuis 2009, elle est reconnue en France comme une modalité d’hospitalisation à part entière. Les soins prodigués se différencient de ceux habituellement dispensés à domicile par la complexité et la fréquence des interventions, mais la modalité d’hospitalisation offre les mêmes conditions de sécurité et de qualité des soins que celles exigées dans un établissement hospitalier.

    Malgré une dynamique volontariste des pouvoirs publics de développer cette modalité d’hospitalisation sur l’ensemble du territoire, l’hospitalisation à domicile occupe encore une place marginale dans le parcours de soins en raison notamment d’une méconnaissance de sa spécificité de la part des professionnels de santé. Face à ce constat, la HAS s’est proposé de clarifier les critères d’orientation des patients et, par le développement d’un outil en ligne, d’aider à la décision d’orientation des patients en HAD à destination de l’ensemble des médecins prescripteurs (de ville ou à l’hôpital).

    Objectifs :

    • sensibiliser les professionnels de santé à l’existence de cette alternative et à la possibilité d’y recourir quand cela est justifié ;
    • répondre à la demande croissante des patients qui souhaitent être soignés à domicile. 

    Mieux évaluer l’éligibilité d’un patient à une hospitalisation à domicile

    Facilement accessible, ADOP-HAD permet aux prescripteurs d’identifier rapidement les patients pour lesquels une demande de prise en charge en HAD est pertinente. Grâce à cet outil, les médecins peuvent tester l’éligibilité à cette modalité d’hospitalisation de tous les patients quelle que soit leur provenance : domicile, hôpital et établissements médico-sociaux ou sociaux avec hébergement.

    L’outil peut être utilisé en amont de la décision d’orientation du patient pour permettre :

    • d’envisager la sortie du patient le plus tôt possible au cours d’une hospitalisation conventionnelle avec hébergement afin de favoriser un retour précoce à domicile ;

    • d’éviter une hospitalisation conventionnelle avec hébergement au profit d’une prise en charge du patient sur son lieu de vie.

    Un outil simple d’utilisation

    ADOP-HAD se présente sous la forme d’un algorithme avec différents critères de sélection à cocher visant à déterminer la pertinence du recours à l’hospitalisation à domicile.

    Centrés sur les besoins en soins des patients, les critères prennent en compte sa situation clinique, mais aussi d’autres aspects tels que le niveau de dépendance ou la vulnérabilité psycho-sociale.

    Ces critères ont été définis à partir de la spécificité des soins administrés en HAD et de façon à englober la diversité des modes de prise en charge qui y sont autorisés.

    En pratique

    Le prescripteur répond à des questions successives (maximum 8 clics) du type « l’état de santé du patient nécessite-t-il l’administration de médicaments de la réserve hospitalière ? »,  « l’état du patient répond-il à l’une des situations suivantes « , etc.

    Au terme de l’évaluation, un document PDF est proposé qui récapitule le résultat et les différents critères sélectionnés. Celui-ci peut être conservé dans le dossier patient et utilisé dans les échanges avec l’équipe de l’hospitalisation à domicile pour décider de l’admission effective du patient. 

  • Mon Carnet AVK, lauréat du prix Galien 2017 dans la catégorie e-santé

    Le palmarès du prix Galien a été révélé le 6 décembre 2017 : dans la catégorie e-santé, c’est Sébastien Faure, professeur de pharmacologie à l’université d’Angers qui est lauréat pour le développement de son application mobile pour la gestion des anticoagulants AVK.

    L’unité de formation et de recherche (UFR) en santé et le département pharmacie de l’université d’Angers ont lancé cet application gratuite en novembre 2015, en partenariat avec la société Observia, l’application gratuite « Mon carnet AVK » pour suivre le traitement des patients sous anti-vitamines K.

    Cette application a aussi pour objectif de renforcer autour d’elle la coopération entre professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmières, biologistes) qui accompagnent les personnes traitées par des AVK.

    L’application permet de conserver au format numérique les résultats du test sanguin INR (International normalized ratio) réalisé chaque mois, en fonction des doses de médicaments ingérées par le patient, et donc d’évaluer l’efficacité du traitement par anti-vitamines K (AVK).

    Mon carnet AVK intègre une fonction agenda et une option de rappel automatique pour les examens de laboratoire prévus et les prises quotidiennes de médicament.

    Les données collectées par cette application sont hébergées en local sur le téléphone mobile ou la tablette de l’utilisateur et ne seront jamais utilisées à des fins commerciales.

    L’application est téléchargeable gratuitement sur l’App Store (iOS).

    Mon carnet AVK, un outil d’anticipation du risque hémorragique

    Plus d’un million de personnes sont traitées par un anticoagulant de la famille des AVK selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

    Ce traitement présente un risque hémorragique qui entraîne plus de 70 000 hospitalisations et plus de 5 000 décès par an.

  • VR : Toyota conçoit T-HR3, un robot humanoïde contrôlable à distance via une plateforme

    Toyota, le constructeur automobile, qui a investi depuis 2014 la sphère de la robotique, a dévoilé son robot de troisième génération, T-HR3. Il se présente comme un robot-assistant, contrôlable à distance par un humain via un socle-plateforme de commande et à l’aide d’un casque de réalité virtuelle.
    Il a été présentée à l’occasion de la Foire internationale de robotique de Big Sight à Tokyo, qui a eu lieu du 29 novembre au 2 décembre 2017.

    T-HR3 est d’abord destiné au secteur des soins à domicile. Il est également adapté à l’utilisation hospitalière, mais le fabricant ne s’y limite pas, car il peut également trouver sa place dans les secteurs de la construction et de l’espace.

    Depuis 2011, Toyota s’est lancé dans la conception des robots humanoïdes les destinant prioritairement à l’assistance médicale : assistance dans la rééducation locomotrice ou transport de patients. 

    Sa troisième génération de robot permet de le piloter à distance via le socle qui peut accueillir le robot ou un humain. L’humain peut commander les mouvements des bras et des jambes du robot, grâce aux capteurs placés sur ses propres membres. Ses mouvements sont transférés par la plateforme du socle au robot pour reproduction immédiate : bouger, marcher, saisir, etc.

    L’opérateur à distance a un contact visuel avec l’environnement du robot via le casque de réalité virtuelle et un écran dont est équipée la tête du robot.

  • VR : la première chirurgie recourant à la réalité mixte d’Hololens et d’Holoportal réalisée à l’AP-HP

    L’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé que la première chirurgie intégrant la réalité mixte fournie par la technologie holographique d’Hololens de Microsoft et la plateforme Holoportal développée par TeraRecon a eu lieu le 5 décembre 2017 à l’hôpital d’Avicenne, au sein du service de chirurgie orthopédique et traumatologique et orchestrée par le Dr Thomas Grégory, chef de service.

    La solution de réalité mixte repose sur la technologie Hololens qui se présente sous forme de casque de réalité virtuelle, dont est équipé le chirurgien, et qui est connecté à la plateforme Holoportal, une solution de TeraRecon élaborée en coopération avec Vizua et ayant recours à la technologie Cloud Azure de Microsoft.

    Cette expérience a fait appel aux technologies immersives et collaboratives permettant :
    • la visualisation en temps réel des informations médicales du patient incluant rapports médicaux, bilans biologiques numérisés, imagerie 2D (coupes radiologiques natives) ou encore scanners et IRM ;
    • la communication en simultanée via Skype avec des chirurgiens localisés dans 3 pays différents.

    La réalité mixte immersive et collaborative

    L’hôpital d’Avicenne souhaite se positionner avec cette réalisation comme un site pilote pour l’utilisation de la réalité mixte de Microsoft en pratique courante, dans les spécialités chirurgicales et médicales à actes techniques. Son principal avantage est qu’elle améliore la visualisation des images médicales du patient.

    Le Dr Grégory a pu visualiser sous forme d’hologrammes les modélisations en 3D des clichés anatomiques de son patient qui ont été à la fois projetées dans le bloc opératoire à destination de l’ensemble de l’équipe. En outre des informations du dossier médical accessible via la plateforme Holoportal, certaines données du patient étaient projetées directement sur ce dernier.

    C’est grâce à la plateforme HoloPortal spécifiquement développée par TeraRecon, spécialisé en imagerie médicale, et Vizua, société de réalité augmentée, qui repose sur la puissance de calcul du Cloud Azure de Microsoft, que le chirurgien peut visualiser en temps réel les données. Il a pu à la fois échanger avec 5 confrères en Angleterre, en Corée du Sud et aux États-Unis.

  • Handicap : Auticiel développe des tablettes pour améliorer l’apprentissage des personnes autistes

    L’association La Bourguette Autisme, qui compte 9 établissements pour personnes atteintes de Troubles envahissants du développement (TED) et pour enfants polyhandicapés en France, teste depuis un an les solutions numériques pour l’autonomie et l’apprentissage des personnes autistes de la société Auticiel dans l’Unité d’Enseignement Maternelle Autisme du Petit jardin à Montfavet, dans le Vaucluse.

    Lors d’une conférence co-organisée par La Bourguette et Auticiel le 21 novembre 2017 à Montfavet, les deux partis ont fait le point sur « L’apport des nouvelles technologies numériques et l’apprentissage des personnes autistes ». Cette expérience a révélé des bienfaits évidents sur l’apprentissage et sur l’autonomie des enfants autistes concernés.

    Les tablettes numériques et application d’Auticiel permettent notamment la mise en place d’un système de communication individualisé en fonction des besoins spécifiques d’accompagnement de chaque enfant.

    Les tablettes Amikeo : l’amélioration de l’apprentissage des relations sociales

    L’expérimentation démontre qu’après quelques séances de prise en main et d’utilisation des applications «récréatives» de la tablette Amikeo, l’enfant peut rapidement atteindre des objectifs en lien avec son Projet Personnalisé d’Accompagnement.

    Grâce à une dizaine d’applications personnalisables, l’enfant peut ainsi progressivement apprendre à identifier, trier et classer les informations par catégories, enrichir son vocabulaire, apprendre à gérer les situations du quotidien, reconnaître puis comprendre les émotions, chez lui comme chez les autres.

    La généralisation de l’outil dans les autres établissements de l’association

    Les premiers retours soulèvent la nécessité d’informer, sensibiliser et de rassurer les différents publics touchés par cette problématique, comme l’a évoqué Pascal Fauvel, directeur du Pôle Ressource Petite Enfance de l’association, lors de la conférence bilan : » lI existe aujourd’hui un réel intérêt porté aux outils numériques. Cet intérêt est accompagné de nombreuses questions concernant les limites et écueils de ces supports, le temps à mobiliser pour leur mise en œuvre, le moyens financiers nécessaires… Cependant, aucun doute n’est permis désormais sur la capacité de ces outils à soutenir et étayer l’ensemble des apprentissages des personnes présentant des troubles du spectre autistique ».

    L’association La Bourguette pense étendre l’utilisation des tablettes au sein de ses différents établissements, pour aider également les enfants scolarisés, adolescents et adultes dans leurs apprentissages et le développement de leur autonomie. 

    Un fonctionnement sous forme d’abonnement mensuel

    La Bourguette fait partie d’un réseau d’établissements et d’aidants familiaux et d’usagers qui ont permis de tester et d’améliorer les applications.

    « Notre projet date de 2011, au moment de l’arrivée des tablettes en France, précise Sarah Cherruault, fondatrice d’Auticiel. Notre spécificité est double puisqu’il s’agit d’applications d’aide/compensation à l’autonomie et que celles-ci sont extrêmement personnalisables pour s’adapter à tous les profils – l’environnement de la personne, ses besoins et ses capacités. » 

    En France, 200 000 enfants et adultes utilisent Amikeo, selon Sarah Cherruault. 200 établissements médico-sociaux qui ont été formés et accompagnés à l’usage du numérique. La tablette, sa coque et son logiciel sont aussi accessibles au grand public (395 euros pour la tablette « mobilité », 549 euros pour la tablette « confort). S’ajoute un abonnement mensuel de 9,99 euros pour l’ensemble ds programmes, avec l’envoi de statistiques mensuelles de progression.

    Des applications Auticiel pour smartphone sont aussi disponible sur les stores.

  • Etude : les patients plébiscitent les applis mobiles pour les soins psycho-oncologiques

    Les femmes souffrant de cancer considèrent les applications mobiles de psycho-oncologie comme des outils pertinents. Dans une étude* publiée le 24 novembre dans le Journal of Medical Internet Research Cancer, des chercheurs allemands montrent que les applications sont surtout plébiscitées pour gérer l’anxiété, les symptômes dépressifs et la qualité de vie. Les patientes estiment que les applis sont plus efficaces que les sites internet, les blogs ou les consultations en ligne.

    Cancer : le fort besoin de suivi psychologique

    Un tiers des femmes souffrant de cancer développent des troubles anxieux ou encore des symptômes dépressifs. La moitié de l’ensemble de ces patientes éprouvent le besoin d’un suivi psycho-oncologique. Bien que ces soins se soient développés ces dix dernières années, une majorité de patientes n’a pas accès à ce type de prise en charge. C’est pourquoi des outils virtuels – applications mobiles, sites, consultations en ligne ou encore emails – peuvent en partie combler les manques. Encore faut-il que ces outils répondent aux attentes des patientes…

    Des outils virtuels pour gérer la détresse psychologique

    Des chercheurs allemands du département de psychothérapie et de médecine psychosomatique de l’hôpital universitaire de Tübingen ont donc lancé une étude transversale visant à évaluer les besoins de soins psycho-oncologiques des femmes souffrant de cancer, en fonction de leur niveau de détresse psychologique. Une photographie qui devrait permettre de développer des applications mobiles, mais aussi des sites ou des blogs répondant à leurs besoins. 

    Un total de 716 femmes souffrant d’un cancer du sein et/ou d’un cancer gynécologique ont donc répondu à un questionnaire en ligne. Elles ont été recrutées via différents canaux : les réseaux sociaux, des plateformes de patients, des conseillers dans des centres oncologiques… Dans un premier temps, elles devaient classer par ordre d’importance leurs besoins psycho-oncologiques. Dans un second temps, elles étaient invitées à auto-évaluer leur niveau de détresse psychologique. D’autres outils permettant de mesurer leur qualité de vie et leurs besoins de suivi psychologique ont été utilisés.

    Résultats

    L’évaluation des besoins d’intervention psycho-oncologiques à l’aide d’applications mobiles a fait ressortir 5 priorités :

    • gestion de l’anxiété (96,8%)
    • capacité à faire face (96,8%)
    • amélioration de la qualité de vie (94,4%)
    • gestion de sentiments dépressifs (94,2%)
    • capacité à faire face à une nouvelle vie (93,4%)

    Les applis mobiles jugées pertinentes

    A l’inverse, les patientes sont moins en attente d’applications mobiles centrées sur la spiritualité ou encore la sexualité. Les chercheurs émettent l’hypothèse que les malades préfèreraient évoquer ces thèmes en face à face.

    Par ailleurs, les patientes participant à cette étude considèrent, dans leur ensemble, que les outils virtuels comme pertinents pour une prise en charge psycho-oncologique. Mais, tous les outils ne se valent pas à leurs yeux. Elles les ont classées selon leur degré de pertinence :

    • 77,7% pour les applis
    • 67,7% pour les blogs et les chats
    • 55,8% pour les mails
    • 52% pour les consultations en ligne
    • 41,5% pour les vidéoconférences

    Par ailleurs, le degré de détresse psychologique des patientes n’avait pas d’influence sur leurs besoins en soins psycho-oncologiques. Cette étude semble mettre en évidence un certain consensus sur le sujet.

    Les auteurs de ces travaux tiennent également à souligner que chez les patientes souffrant de cancer, l’auto-gestion des symptômes est perçue positivement. Tout naturellement, les offres de soins virtuels reçoivent un accueil lui aussi positif. « Ces résultats doivent donc encourager le développement d’applications mobiles dédiées à la psycho-oncologie, déclarent-ils. Elles devraient en outre réduire les obstacles qui se dressent dans l’accès à ces soins. »

  • AlterEgo propose de soigner la schizophrénie par la réalité virtuelle et la robotique

    Soigner les pathologies sociales par la réalité virtuelle, tel est l’objectif du projet européen AlterEgo, mené au Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier.

    Présentée à Lyon lors du 9e congrès de psychiatrie qui s’est tenu du 29 novembre au 2 décembre 2017, AlterEgo est une méthode de détection et de traitement des troubles mentaux. Cette stratégie thérapeutique, basée sur la théorie de la similarité appliquée au mouvement, est testée depuis 2013 sur une cohorte de patients atteints de maladies mentales comme la schizophrénie. En mettant à contribution la robotique humanoïde et la réalité virtuelle, AlterEgo permet de contribuer à la rééducation des déficits relationnels qui accompagnent ces pathologies.

    L’enregistrement de milliers de mouvements par les chercheurs pour animer des avatars virtuels

    La recherche est basée sur la théorie de la ressemblance. Issue des neurosciences, elle suggère qu’il est plus facile d’interagir avec quelqu’un à l’apparence similaire à la nôtre. “Si un avatar me ressemble ou s’il fait les mêmes mouvements que moi en même temps, je vais mieux retenir ce qu’il va me dire, donc la thérapie sera peut-être plus efficace”, indique Delphine Capdevielle, psychiatre au CHU de Montpellier. 

    À partir de volontaires sains, les chercheurs ont tout d’abord enregistré des milliers de mouvements mettant en jeu leurs membres supérieurs. Ces données ont ensuite servi à constituer une base de données destinée à animer des avatars virtuels et des robots. Ceux-ci ont été utilisés pour reproduire ces mouvements dans le but d’interagir avec une cohorte de patients schizophrènes.

    Après une période de tests de six mois, les chercheurs sont parvenus à mettre au point et valider une nouvelle méthode de détection et de traitement des carences relationnelles associées à la schizophrénie. Ces travaux ont en outre permis d’identifier chez ces patients une signature motrice individuelle de la santé mentale.

    L’objectif : un modèle économique permettant de rendre l’outil accessible à tous

    Prochaine étape pour les chercheurs : continuer à développer une technologie encore plus fiable, plus efficace, plus adaptable, et moins chère pour permettre aux patients de l’utiliser chez eux. “Cette petite architecture, on peut aujourd’hui la télécharger en ligne sur le site web du projet”, souligne Benoît Bardy, chercheur à l’université de Montpellier spécialisé en sciences du mouvement humain, et coordinateur du projet Alterego. “Puis on peut l’implémenter sur des plateformes qui sont très différentes. Par exemple avec la petite webcam de son smartphone, avec son ordinateur, ou avec son système de home cinema à la maison, sans nécessairement devoir aller à l’hôpital”. “Nos patients n’ont pas d’argent ou très peu, insiste Delphine Capdevielle. Donc la question de faire en sorte que cela puisse être gratuit, remboursé, ou pris en charge facilement pour nos patients sera une question à résoudre afin de ne pas créer d’autres inégalités, alors que celles-ci sont déjà nombreuses pour ces patients”.

    Le projet a mobilisé 3 M€ de fonds européens.

  • Observance thérapeutique : la société irlandaise HealthBeacon cherche à lever 5 millions d’euros

    HealthBeacon, société irlandaise spécialisée dans les technologies de santé, a annoncé le 22 novembre 2017 qu’elle cherchait à lever 5 millions d’euros pour se développer au niveau mondial et ainsi atteindre un capital de plus de 8 millions d’euros.

    L’entreprise a récemment développé une plateforme technologique, connue sous le nom de « Smart Sharps System », qui aide les patients à respecter l’observance de leurs traitements par le biais de rappels numériques.

    Des rappels automatiques pour éviter les oublis

    HealthBeacon, qui a fait partie des finalistes de la compétition nationale Irish Times Innovation Awards 2017, a levé plus de 3 millions d’euros à ce jour grâce à des investisseurs comme Elkstone Partners et Oyster Capital.

    Les dispositifs connectés améliorent l’observance thérapeutique

    HealthBeacon souligne que plusieurs études cliniques ont démontré que seulement 50 à 70 % des patients prenaient correctement leur traitement médicamenteux. Les appareils connectés intelligents ont démontré une capacité à améliorer l’observance thérapeutique jusqu’à 27 %, indique une étude menée en 2010 par le Partners Centre for Connected Health (États-Unis).

    Smart Sharps System : un soutien numérique au quotidien

    Smart Sharps System est une application numérique connectée au calendrier personnel du patient précisant quand tel ou tel médicament doit être pris par le malade.

    L’outil envoie des rappels à l’utilisateur pour l’aider à bien suivre son traitement sur le long terme et ainsi à éviter les oublis. Il a été conçu en tenant compte des retours des usagers et en accordant la priorité à l’autonomie des patients.

    Depuis son lancement, 96 % des testeurs ont adopté l’outil conçu par HealthBeacon dans le cadre de leur traitement, précise la société.

    HealthBeacon : vers un développement aux États-Unis

    La solution numérique est déjà disponible en Europe, mais HealthBeacon cherche désormais à la développer à échelle mondiale, en commençant par les États-Unis. La société a récemment révélé son intention d’ouvrir des bureaux à Boston (États-Unis) et à Montréal (Canada).

    « Nous sommes ravis d’annoncer la prochaine phase d’investissement de HealthBeacon alors que nous continuons à évoluer vers une connexion mondiale des soins en participant au déploiement d’une gestion intelligente des médicaments pour les patients (…), a déclaré Jim Joyce, chef de la direction de l’entreprise irlandaise (source : Irishtimes.com). Notre technologie offre de puissantes perspectives aux médecins en leur fournissant des données en temps réel sur leurs patients. »

    E-santé : l’Irlande, un marché producteur de start-up innovantes

    « L’Irlande s’appuie sur sa réputation dans les domaines des sciences de la vie et de la technologie médicale en produisant des sociétés de santé numériques de qualité telles que HealthBeacon, capables de faire face à la concurrence internationale », se réjouit de son côté Liam Kiely, directeur des finances à Cantor Fitzgerald, qui doit mener le futur tour de table de financement de la start-up.