Medtech

  • Singapore et silver tech : 3 start-up Grants4Apps ont démontré la viabilité de leurs solutions

    Bayer et NUS Enterprise, la branche entrepreneuriale de la National University of Singapore (NUS), ont annoncé fin novembre que trois équipes gagnantes du premier Grants4Apps Singapore Open Innovation Challenge de Singapour avaient démontré avec succès la viabilité de leurs prototypes visant à améliorer l’adhérence thérapeutiques chez les personnes âgées atteintes de maladies chroniques.

    Il s’agit de deux équipes singapouriennes, à l’origine des technologies EyeDEA et Glycoleap (Holmusk), et d’une équipe thaïlandaise, créatrice du dispositif Pill Pocket.

    Une subvention de 10 000 SGD attribuée aux lauréats

    Les solutions mises au point par les gagnants du concours sont particulièrement intéressantes pour les acteurs de la santé puisque l’adhérence aux médicaments est seulement de 50 % sur le long terme, indiquent les chiffres officiels.

    Dans le cadre de leurs récompenses Grants4Apps, les trois start-up lauréates ont bénéficié d’une période d’incubation au cours de laquelle Bayer et NUS Enterprise leur ont accordé une subvention de 10 000 SGD (6 230 €) et un accès à un service de mentorat, à un espace de travail mais aussi à des réseaux mondiaux et régionaux pour les aider à faire progresser leurs projets.

    Les trois équipes ont toutes terminé avec succès la phase initiale d’incubation et les deux sociétés singapouriennes ont eu l’occasion de présenter leurs prototypes et leurs résultats d’essais le 24 novembre 2017, à l’occasion de la finale du concours Modern Aging, axé sur le marché de la silver tech.

    3 solutions qui améliorent les soins à domicile pour les personnes âgées

    Les trois technologies récompensées sont les suivantes :

    Glycoleap, de la société Holmusk (Singapour)

    Il s’agit d’une application qui surveille au quotidien les habitudes alimentaires des patients diabétiques, leur taux de glucose, leurs niveaux d’activité physique, leur poids et leur adhésion aux médicaments. Comme il contrôle le niveau de glucose des patients, les diététiciens peuvent vérifier à distance si un malade a oublié de prendre son médicament.

    La plateforme GlycoLeap offre également aux patients souffrant de diabète un programme numérique structuré visant à changer leurs comportements afin de leur permettre de suivre facilement les progrès réalisés. Elle propose aussi des services de coaching pour les guider et les soutenir.

    Grâce à la sollicitation combinée de la technologie et de l’intervention humaine, l’application permet de mieux surmonter les obstacles entravant l’adhésion au traitement.

    EyeDEA (Singapour)

    EyeDEA est une solution trois-en-un qui a pour but d’améliorer l’adhésion aux gouttes ophtalmiques afin de traiter le glaucome. Elle comprend une carte de prescription de médicaments personnalisable, une boîte de rangement portable intelligente pour les gouttes oculaires et une application mobile interactive.

    La carte de prescription améliore la compréhension des patients vis-à-vis de leur maladie et la communication entre le malade et son médecin. Le dispositif peut être utilisé chez les patients âgés atteints de différents types de maladies chroniques, comme le diabète et les maladies cardiaques.

    Pill Pocket (Thaïlande)

    Pill Pocket est une solution intégrée qui fournit une assistance médicale personnalisée aux pharmaciens pour les patients souffrant d’hypertension artérielle, d’hypercholestérolémie et de diabète.

    Le dispositif comprend un chatbot lié à des services pharmaceutiques tels que les soins de suivi, le renouvellement des prescriptions de médicaments et la livraison à domicile ainsi que la prise en charge gratuite des patients.

    Pill Pocket dispose également d’une fonction de rappel qui déclenche des alertes via le chat de l’application pour rappeler aux patients qu’ils doivent prendre leur médicament.

    Grants4Apps : un programme pour développer le numérique et l’high tech

    « Le programme Grants4Apps de Bayer encourage et soutient les innovations numériques et technologiques dans le secteur des soins à travers le monde. Le premier chapitre régional du programme à Singapour nous a impressionnés par la qualité et l’originalité des idées qui ont été soumises, a déclaré Claus Zieler, vice-président et directeur des opérations commerciales de la division Asie-Pacifique de Bayer Pharmaceuticals. Au cours des derniers mois, les trois lauréats ont démontré que leurs concepts pouvaient révolutionner la prestation des soins et améliorer les résultats des traitements au profit des patients, des médecins et des soignants. Nous sommes ravis d’avoir l’opportunité de soutenir les gagnants dans l’avancement de leurs idées novatrices. »

    Grants4Apps Singapour fait partie du programme mondial Grants4Apps de Bayer, qui soutient les innovateurs pour leurs idées health tech contribuant à l’amélioration des résultats de santé ou des processus pharmaceutiques.

    Un premier essai réussi en Asie

    Le concours inaugural a été lancé conjointement par Bayer et NUS Enterprise lors du Transforming Aging with Health Innovation Forum, organisé par le Dr. Amy Khor, ministre d’État pour le ministère de la Santé de Singapour.

    80 candidatures venues de toute l’Asie-Pacifique, notamment de Singapour, de Thaïlande, d’Inde, d’Australie, de Taïwan, de Corée du Sud et des Philippines, ont été retenues. Les trois gagnants ont été annoncés en mai à l’Innovfest Unbound 2017.

  • La Société Générale propose la solution KelDoc à ses clients professionnels de santé libéraux

    La plateforme de gestion des rendez-vous médicaux digitale KelDoc intègre la gamme des services proposés par la banque Société Générale à ses clients de profession libérale cadre de son offre Jazz Pro, annoncent les deux sociétés partenaires le 27 novembre 2017.

    La Société Générale souhaite proposer à ses clients une assistance qui leur permette d’améliorer la qualité du service rendu et de gagner du temps dans la gestion de leur rendez-vous professionnels. Ce partenariat s’explique par le fait que les libéraux constituent le tiers de sa clientèle professionnelle dont la moitié sont des professionnels de santé. C’est pourquoi la banque souhait leur proposer un service extra-bancaire optimisant leur processus.

    Avec ce partenariat, la banque espère toucher une double cible :- les professionnels de santé exerçant en libéral afin d’optimiser leur agenda et leur secrétariat médical ;- les patients en contribuant à la diffusion de la solution et leur permettant de gérer leurs rendez-vous médicaux via des canaux multiples (site web, application mobile KelDoc ou du site internet du professionnel de santé).

  • Corée du Sud : la société MediBloc lance une plateforme de données de santé centrée sur le patient

    Dans l’optique de remplacer le système d’archivage médical traditionnel utilisé par les hôpitaux, la start-up technologique sud-coréenne MediBloc a entrepris cette année de créer une nouvelle plateforme de base de données sur la santé centrée sur le patient pour que les malades aient davantage le contrôle sur leur dossier médical.

    Le dispositif se base sur l’utilisation de la technologie blockchain.

    Partage des données de santé : MediBloc veut bouleverser le système existant

    Corée du Sud : l’échange de données médicales est interdit

    En Corée du Sud, les dossiers médicaux sont gérés individuellement par les établissements de santé. Les échanges d’informations médicales privées sont interdits et les données des patients sont éparpillées entre les différents hôpitaux et cliniques.

    Objectif : placer le patient au centre du système

    MediBloc cherche à transformer ce système en plaçant les patients au centre du processus.

    Basée à Séoul et à Gibraltar, la start-up a été fondée en 2017 par le Dr. Allen Wookyun Kho, un ancien dentiste et ingénieur logiciel à Samsung Electronics, et le Dr. Eunsol Lee Lee, un médecin certifié en radiologie et en informatique biomédicale. Les deux médecins se sont associés dans l’optique d’améliorer l’écosystème médical actuel en utilisant les technologies numériques.

    Réduire les coûts inutiles grâce à la mise en place d’une base de données unique

    Le fait que les dossiers médicaux personnels soient gérés par les hôpitaux assure la protection des données mais cela entraîne des coûts inutiles pour les patients et les hôpitaux et empêche les malades d’avoir un accès complet à leurs informations de santé, constatent les deux entrepreneurs.

    Par exemple, les patients doivent souvent répéter le même examen de santé chaque fois qu’ils se rendent dans un nouvel hôpital car leur dossier n’a pas été transféré. Il n’existe pas de base de données électronique unique qui conserve l’historique de leurs antécédents médicaux.

    Contourner les restrictions en rendant le patient propriétaire de son dossier

    Malgré les avantages qu’un tel changement induit, il a été impossible jusqu’ici pour les hôpitaux de créer une base de données à accès partagé en raison des restrictions légales existant sur le traitement des dossiers de santé personnels par un tiers.

    La technologie blockchain assure la sécurité des informations

    Cependant, une telle plateforme peut être mise en place si les patients eux-mêmes deviennent des propriétaires et des gestionnaires fiables de leurs dossiers médicaux. MediBloc pense être capable d’établir ce système d’enregistrement médical centré sur le patient en utilisant la technologie blockchain, c’est-à-dire une base de données ouverte et distribuée qui enregistre les informations recueillies parmi tous les participants du réseau.

    Une fois les nouvelles données enregistrées sur une blockchain, elles ne peuvent plus être modifiées, supprimées ou écrasées, un processus qui permet de les sécuriser et d’éliminer les zones ciblées par les auteurs de cyberattaques. Cela signifie que les enregistrements des données de santé sont conservés dans leur état d’origine.

    Concrètement, lorsqu’un médecin saisit les données médicales d’un patient dans la base de données blockchain, elles ne peuvent être modifiées sans que l’opération ne soit immédiatement détectée. Il n’y a pas non plus d’autorité centrale, ici l’hôpital, qui peut potentiellement mal gérer ou perdre les dossiers médicaux des patients.

    Un accord entre le médecin et ses patients

    Les médecins pourront saisir dans le système MediBloc les données médicales d’un patient si ce dernier l’accepte, y compris les résultats de diagnostics, tels que les résultats d’analyses sanguines et les données relatives à un examen d’imagerie médicale, comme les radiographies, les tomodensitogrammes et les IRMs.

    Les patients seront en mesure de gérer toutes leurs informations de santé via leur appareil mobile et pourront recevoir un traitement continu quel que soit l’établissement médical.

    MediBloc : un déploiement basé sur l’utilisation d’une crypto-monnaie

    Un système de récompense pour encourager les patients à rejoindre la base de données

    Pour encourager les utilisateurs à rejoindre sa plateforme, MediBloc prévoit d’appliquer un système de récompense basé sur sa crypto-monnaie, Meditoken. Chaque fois qu’un médecin entre les données d’un patient sur la plateforme, le médecin et le patient concernés se verront attribuer des points convertibles en Meditokens.

    Les patients pourront utiliser leurs Meditokens en espèces pour régler leurs factures d’hôpital ou se procurer divers services numériques de soins, tandis que les instituts de recherche et les entreprises intéressées pourront acheter des dossiers médicaux directement auprès des patients en les payant en Meditokens.

    Vers la mise en place d’un écosystème durable

    Dès que suffisamment d’utilisateurs auront rejoint la base de données de MediBloc, un écosystème actif de « commerce de données médicales » prendra racine, a indiqué M. Koh, précisant toutefois qu’il faudra attendre plusieurs années avant que le système atteigne ce stade (source : Koreaherald.com).

    « L’ICO est un modèle efficace de collecte de fonds »

    À l’heure actuelle, MediBloc collecte des fonds pour développer sa solution grâce à une ICO, un nouveau mécanisme de collecte de fonds par le biais duquel les nouveaux entrepreneurs vendent leurs propres crypto-monnaies aux investisseurs intéressés en échange de crypto-monnaies existantes, comme Bitcoin et Ether.

    « Une ICO est un modèle efficace de collecte de fonds pour une plateforme comme la nôtre, explique M. Koh. Nos investisseurs deviennent naturellement des utilisateurs actifs et des promoteurs de notre [produit] car la valeur de leurs Meditokens croîtra à mesure que la croissance de la plateforme augmentera. »

    Initialement, MediBloc vendait ses Meditokens uniquement en échange de la crypto-monnaie Quantum. Depuis le 27 novembre 2017, les investisseurs peuvent acheter des Meditokens en échange d’autres crypto-monnaies traditionnelles, dont Bitcoin et Ether.

    Un lancement prévu en Chine, en Asie du Sud-Est et aux États-Unis

    MediBloc espère déployer sa plateforme en Corée du Sud d’ici la fin 2018. Ensuite seulement, elle pourra exporter la solution sur d’autres marchés, comme en Chine, en Asie du Sud-Est et aux États-Unis.

  • South Korea: MediBloc launches a patient-centered health database platform

    In an effort to overturn the traditional hospital-led medical recordkeeping system, the South Korean technology start-up MediBloc set out this year to create a new patient-centered health database platform so that patients have more control over their medical records.

    The device is based on the use of blockchain technology.

    Health data sharing: MediBloc wants to transform the current system

    South Korea: exchanges of medical data are prohibited

    In South Korea, personal medical records are managed individually by medical institutions. Private health information exchanges are prohibited and patient’s data usually remains scattered at various hospitals and clinics.

    Goal: to place the patient at the center of the system

    MediBloc seeks to transform this system by placing patients at the center of the process.

    Based in Seoul and Gibraltar, the start-up was founded in 2017 by Dr Allen Wookyun Kho, a former dentist and software engineer at Samsung Electronics, and Dr Eunsol Lee Lee, a certified medical doctor in radiology and biomedical informatics. The two doctors worked together to improve the current medical ecosystem using digital technologies.

    To reduce unnecessary costs with the implementation of a single database

    The fact that personal medical records have been managed by hospitals ensures data protection, but it has caused needless costs for patients and hospitals and prevents patients from having full access to their health information, the two entrepreneurs noted.

    For example, patients often have to repeat the same health exam every time they visit a new hospital, because their file has not been transferred. There is no single electronic database that holds a patient’s health record history.

    to bypass restrictions by making the patients themselves owners of their medical records

    Despite the benefits of such a change, it has been impossible for hospitals to create a shared-access database because of the restrictions on a third party’s handling of personal health records.

    Blockchain technology ensures data security

    However, such a platform can be created if the patients themselves become reliable owners and managers of their medical records. MediBloc believes to be able to build this patient-centered medical record system by using blockchain, which is an open, distributed ledger database that records the information gathered from all participants in the network.

    Once new data is saved on a blockchain, it can’t be edited, deleted or overwritten. This process secures data and eliminates centralized points that are targeted by cyberattackers. This means that health data records are kept in their original state at all times.

    Specifically, after a doctor enters a patient’s medical data into the blockchain-based database, it can’t be changed without being immediately detected. There is also no central authority, here the hospital, that can potentially mishandle or lose patients’ personal health records.

    An agreement between the doctor and his patients

    Doctors will be able to input a consenting patient’s medical data into MediBloc’s system, including diagnostic results like blood test results and medical imaging data like X-rays, CTs scans and MRIs and genetic data.

    Patients « will be able to manage all of their medical data through their mobile device, as well as receive continuous treatment at any medical institution », Mr Koh said (source: Koreaherald.com).

    MediBloc: a development based on cryptocurrency

    A reward system to encourage patients to join the database

    To encourage users to join its platform, MediBloc is planning to apply a reward system based on its cryptocurrency, Meditoken. Every time a doctor enters a patient’s data on the platform, the doctor and the patient will be compensated with points that can be converted into Meditokens.

    Patients will be able to use Meditokens like cash to pay their hospital bills or purchase various digital care services, while research institutes and other companies will be able to purchase medical records directly from patients by paying them via Meditoken.

    Towards the establishment of a sustainable ecosystem

    Once enough users get on board MediBloc’s database, an active « medical data trading » ecosystem will take root, Mr Koh said, adding that it will take several years before the system reaches this stage.

    « ICO is an effective fundraising model »

    MediBloc is currently raising funds to develop its solution through an initial coin offering (ICO), a new fundraising mechanism in which entrepreneurs sell their underlying crypto-tokens to interested investors in exchange for existing cryptocurrencies such as Bitcoin and Ether.

    « An ICO is an effective fundraising model for a platform like ours. Our investors naturally become active users and promoters of our platform, because the value of their Meditoken will rise in tandem with the platform’s growth, » Dr. Koh said.

    At first, MediBloc sold its Meditoken in exchange for only the Quantum cryptocurrency. Since November 27, 2017, investors can purchase Meditokens in exchange for other mainstream cryptocurrencies, including Bitcoin and Ether.

    An expected launch in China, Southeast Asia and the United States

    MediBloc hopes to deploy its platform in South Korea by the end of 2018. Once the system works throughout South Korea the start-up will expand to other markets such as China, Southeast Asia and the United States.

  • Editorial : des praticiens plaident pour la création d’une spécialité de « médecine virtuelle » (Jama)

    Créer une nouvelle spécialité médicale de télémédecine, c’est ce que préconisent des médecins américains du New York-Presbytarian Hospital. Dans un éditorial* publié le 27 novembre 2017 dans le Jama, ils expliquent qu’il est temps de « formaliser un programme d’études » pour préparer les nouvelles générations de médecins aux enjeux de la télémédecine.

    Le boum de la télémédecine

    Aujourd’hui, 30 à 50% des consultations médicales pourraient être faites à distance. Et grâce au développement des dispositifs de télésurveillance, la part des actes pouvant être pratiqués via la télémédecine pourraient augmenter. Selon les Drs Michael Nochomovitz et Rahul Sharma du New York-Presbytarian Hospital, c’est une des raisons qui plaident pour la création d’une nouvelle spécialité médicale.

    Dans l’éditorial publié, les deux praticiens expliquent tout d’abord qu’au cours des 50 dernières années, les spécialités médicales se sont développées au rythme frénétique des avancées scientifiques. Chaque spécialité a, en fait, été découpée en plusieurs « sous-spécialités ». L’arrivée de nouvelles techniques d’imagerie, des robots chirurgicaux et de la laparoscopie a par exemple donné naissance à la chirurgie oncologique, à la radiologie interventionnelle ou encore à la chirurgie du colon et du rectum.

    Vers une formation de « medical virtualist » (médecin virtuel)

    Plusieurs arguments plaident, selon eux, pour la création d’une telle spécialité :

    • le marché mondial de la télémédecine devrait progresser de 30% entre 2017 et 2022 ;
    • presque toutes les disciplines médicales proposent des soins virtuels ;
    • les entreprises mettent sur pied des centres de télésanté pour leurs salariés ;
    • les patients plébiscitent ce mode de prise en charge ;
    • des cursus de formation ont été créés par des acteurs privés, mais ils ne sont validés par aucune société savante.

    Pour les Drs Michael Nochomovitz et Rahul Sharma, il est donc temps de créer une nouvelle spécialité de « medical virtualist ». « Ce terme pourrait être utilisé pour décrire les médecins qui passent la majorité ou la totalité de leur temps à prendre en charge leurs patients sur un support virtuel. Un consensus professionnel sera nécessaire pour définir un ensemble de compétences de base à développer dans le temps », écrivent les auteurs de l’éditorial. Or, pour le moment, les médecins dispensent des soins dans un univers virtuel « sans formation officielle », regrettent-ils.

    Selon eux, cette formation devra définir :

    • les bonnes conditions d’un examen physique à distance ;
    • comment impliquer le patient ou un proche lors d’une consultation virtuelle ;
    • les limites juridiques et cliniques d’un tel exercice, etc.

    Et ces compétences devront être partagées par les médecins, les infirmières, les pharmaciens, les nutritionnistes et praticiens d’autres spécialités, puisque la prise en charge est aujourd’hui multidisciplinaire.

    Des soins virtuels en complément du face à face

    Les auteurs de l’éditorial appellent les pionniers de la télémédecine, les sociétés savantes et les associations médicales à travailler avec les organismes de formation pour mener à bien ce chantier. À leurs yeux, c’est essentiel, car si la télémédecine continue à apporter les preuves de sa pertinence médico-économique, une proportion importante de la nouvelle génération de médecins deviendra des « medical virtualist ».

    Avec l’aide d’avatars

    Cependant, ils tiennent à souligner que cette médecine à distance n’a pas vocation à remplacer la médecine basée sur la rencontre en face à face. « Les médecins dirigeront des équipes composées à la fois de professionnels dans des cabinets médicaux et des ressources de surveillance à distance », pronostiquent-ils. Ces tâches de télémédecine pourraient même être délégués à « des assistants numériques ou des avatars ».

  • Diabète : la plateforme numérique de gestion du diabète d’OnDuo intègre Insulia de Voluntis

    Voluntis, l’éditeur de logiciels compagnons et notamment d’Insulia aidant les diabétiques à définir le dosage quotidien d’insuline adéquat, a annoncé le 28 novembre 2017 l’intégration de cette solution à la clinique virtuelle d’OnDuo, le fournisseur de la plateforme numérique proposant des solutions d’aide à la gestion du diabète de type 2.

    Le partenariat concerne le marché américain et sera déployé dans le cadre de projets pilotes mis en œuvre par les prestataires et financeurs de soins dès 2018.

    Pour le PDG de Voluntis, Pierre Leurent, ce partenariat montre comment en plaçant le patient au centre du soin sa qualité de vie peut être améliorée notablement tout en diminuant la charge qui pèse sur les financeurs des soins.

    Ce partenariat intervient 12 jours après l’annonce de l’agrément de la FDA et du marquage CE de la combinaison d’Insulia et deux deux insulines basales, Basaglar et Tresib.

  • Afrique de l’Ouest : vers une numérisation globale des systèmes d’information hospitaliers

    De plus en plus de systèmes d’information axés sur la santé (SIS) se développent actuellement en Afrique de l’Ouest. Les dispositifs mis en place visent à améliorer la productivité des professionnels de la santé et la relation médecins-patients, encore trop négligée dans les systèmes de santé africain.

    Cette évolution fait partie des initiatives répondant à l’une des priorités fixées dans le cadre du programme de développement durable établi par l’Organisation des nations unies, soit l’amélioration de l’accès aux soins.

    La modernisation des hôpitaux africains doit être accélérée

    Les hôpitaux africains doivent aujourd’hui faire face à de nombreux défis, liés notamment :

    • à la formation et à la compétences des personnels de santé ;
    • à la légitimité des intervenants dans la chaîne de soins ;
    • à la logistique des centres de soins et des hôpitaux de districts ;
    • à la qualité de la prise en charge du patient ;
    • à la relation entre les soignants et les malades ;
    • à l’accompagnent des familles.

    Le principal objectif est d’améliorer la performance globale des organismes de soins en Afrique, et en particulier dans l’ouest du continent.

    La numérisation des systèmes hospitaliers fait partie des priorités en Afrique

    L’une des solutions envisagées par les spécialistes du secteur est d’investir dans le numérique.

    L’ensemble des challenges à relever pour un développement réussi de la e-santé dans des économies en développement « se traduit aussi bien en termes de coûts structurels et financiers qu’en termes sanitaires, techniques et organisationnels, voire bien évidemment en termes sociopolitiques, économiques et de santé publique », résument des spécialistes du secteur dans une analyse centrée sur le déploiement de la santé numérique en Afrique de l’Ouest (The Conversation, novembre 2017).

    Une transformation difficile

    « Le déploiement de systèmes e-santé peut être l’opportunité (…) de replacer le patient au cœur du dispositif. »

    Les experts à l’origine de l’analyse rappellent cependant que les tentatives de réformes hospitalières entamées depuis les années 1990 pour moderniser le système hospitalier africain n’avaient pas réellement affecté les stratégies organisationnelles.

    Ils précisent qu’il y a eu des tentatives intéressantes amorcées dans certains pays mais qu’elles ont finalement échoué. Les spécialistes prennent en exemple le cas du Burkina Faso, où les données de santé issues de projets pilotes n’ont pas produit l’impact attendu en raison, entre autres, du manque de fiabilité des informations collectées et d’une insuffisance au niveau de l’informatisation des processus.

    « Ces projets se résument souvent à des initiatives isolées, fragmentées et centrées sur la gestion comptable et administrative plutôt que sur la gestion globale du dossier e-santé. »

    E-santé : l’émergence de quelques projets prometteurs

    Les auteurs de l’analyse ont néanmoins observé que d’autres projets centrés sur la santé numérique, plus prometteurs, étaient en train d’être développés dans différents pays africains, bien qu’ils soient embryonnaires et dédiés à une zone géographique restreinte.

    Voici quelques exemples, parmi les plus encourageants :

    Des résultats encourageants mais des défis restent à relever

    Le système d’information mise en place au sein de l’HN-BC présente certaines limites, telles qu’un manque d’implication de certains acteurs du secteur et une hiérarchisation encore trop accentuée au niveau organisationnel, mais il a tout de même la capacité d’entraîner la délivrance de meilleurs résultats pour les patients et, en particulier :

    • une meilleure traçabilité du parcours patient en interne avec une prise en charge plus sécurisée du patient ;
    • une meilleure collaboration entre les fournisseurs des soins ;
    • une meilleure transparence des coûts de production.

    L’amélioration de la relation médecins-patients est l’une des préoccupations majeures

    Reste encore à travailler la qualité de la relation soignants-patients, notamment en permettant aux malades d’intervenir sur le système d’information en leur créant un compte personnel.

    Le développement de nouvelles solutions, comme le « livret d’accueil » créé en 2014 par l’HN-BC, pourraient permettre de résoudre les problèmes persistants.

    Le livret d’accueil est un outil conçu pour améliorer la communication entre les professionnels de la santé et les patients. Une fois validé, il est placé au chevet du malade. Il donne au patient un accès à toutes les informations enregistrées par l’équipe médicale sur son séjour au sein de l’hôpital.

    L’importance d’une collaboration entre les sociétés high tech et l’industrie de la santé

    La collaboration entre le secteur de l’high tech et l’industrie de la santé apparaît aujourd’hui comme essentielle pour moderniser les centres hospitaliers d’Afrique de l’Ouest.

    Le rôle des start-up dans le domaine de la heath tech est aussi primordial, qu’il s’agisse de sociétés locales ou étrangères.

  • E-pocrate 2017 : concours pour une meilleure santé grâce à IA, réalité virtuelle, big data, IoT

    La 3e édition du concours en innovation e-santé, E-pocrate, met au cœur de la réflexion sur la médecine du futur et la façon dont les nouvelles technologies – big data, machine learning, robotique, réalité virtuelle, blockchain et objets connectés – la façonnent et l’améliorent.

    Sponsorisés par le Groupe Pasteur Mutualité, Lilly, fabricant de médicaments et onepoint, le spécialiste de la transformation numérique, trois prix spéciaux sont décernés cette année. Deux d’entre eux mettent en avant les projets portant sur la prise en charge des maladies chroniques et l’IA, alors que le dernier est hors catégorie et est réservé à un projet coup de cœur.

    Les participants sont invités à proposer des solutions qui vont changer la pratique de la médecine aussi bien dans les modes de prises en charge qu’en termes de lieux de la médecine, de rôles que tout un chacun peut avoir dans la gestion de pathologies, bref à utiliser le meilleur des nouvelles technologies pour offrir une meilleure santé au plus grand nombre.

    Modalités de participation

    Les équipes de 2 à 5 membres dont la composition reste ouverte devront proposer des solutions innovantes en apportant des réponses aux questions suivantes :

    • Quel sera l’avenir du parcours de soin et comment pourra-t-il être amélioré grâce à ces technologies ?
    • Comment les nouvelles technologies pourront-elles modifier l’avenir de la médecine ?
    • Quelle sera la place et l’utilité des objets connectés pour les patients ou les professionnels de santé ? 
    • En quoi les nouvelles technologies permettront-elles d’aider et de mieux accompagner les patients ?

    Calendrier

    • 14 janvier 2018 : création d’équipes en ligne et dépôt de dossiers comprenant une présentation du projet en 5 slides maximum via le modèle de présélection à télécharger ci-contre ;
    • 22 janvier 2018 – 04 mars 2018 : soumission d’une présentation des projets retenus plus complète (20 slides maximum) ;
    • 29 mars 2018 : présentation des projet par les équipes finalistes lors de la grande finale dans les locaux de onepoint.

    Prix et dotations

    En outre des trois prix des partenaires, les équipes finalistes remporteront les prix suivants :

    • 1er prix : 2000 € de bons cadeaux ;
    • 2e prix : 1000 € de bons cadeaux ;
    • 3e prix : 800 € de bons cadeaux ;
    • 4e prix : 500 € de bons cadeaux ;
    • 5e prix : 300 € de bons cadeaux.
  • Valeur, données et IA au coeur de « Digital Disruption-Health&Tech for People », Paris, le 13/12/2017

    La conférence internationale intitulée « Health & Tech for People, Digital Disruption » organisée par Care Insight et son Cercle des décideurs Numérique et Santé à Paris le 13 décembre 2017 se propose d’examiner l’approche de « digital disruption » en santé et de découvrir de nouveaux moyens d’amélioration de l’organisation des soins et de la prévention, à travers trois axes principaux:

    • les attentes des citoyens-patients ;
    • la façon dont le digital bouscule le parcours patient ;
    • le value-based care comme solution pour la e-santé.

    Des experts français et internationaux représentant gouvernements, professionnels de santé, industrie et associations vont se côtoyer pendant l’événement. Olivier Véran prononcera le discours d’ouverture et des intervenants tels Tim Greacen, Gérard Vincent, Francesca Colombo, Detlev Ganten ou Ain Aaviksoo se réuniront pendant une journée pour animer les ateliers et conférences.

    Le programme complet est disponible ici.

    Programme

    Au programme 3 keynotes d’introduction, 8 conférences, 3 tables rondes et 6 sessions simultanées.

    Les sessions couvrent des thèmes tels la révolution sanitaire à travers le soin centré sur le patient, les résultats du patient, ou encore les innovations comme moteurs de la transformation du système de soin et de la construction d’un système de santé efficace et durable.

    Au cour des ateliers, les 6 thématiques suivantes seront abordées :

    • la continuité des soins ;
    • les thérapies numériques ;
    • le bien-être ;
    • la révolution de l’analyse des données ;
    • l’IA et deep learning (apprentissage profond) ;
    • les essais cliniques.

    Inscription

    L’inscription se fait via le lien indiqué ci-contre et vaut 590 euros.

    Renseignement

    Pour tout renseignement, le formulaire de contact accessible via le lien ci-contre peut être rempli.

  • NEHR : le partage de données bientôt obligatoire pour les professionnels de la santé à Singapour

    Tous les fournisseurs de soins de Singapour pourraient bientôt être tenus d’enregistrer les données de leurs patients sur le dossier national de santé numérique (NEHR), dans le but d’offrir de meilleurs soins aux citoyens de la cité-État.

    La mesure devrait être introduite en 2018 à travers un projet de loi sur les services de santé, a déclaré le ministre de la Santé Kim Yong Gan lors de la première conférence FutureHealth qui s’est tenu à l’école de médecine Lee Kong Chian de Nanyang, le 8 novembre 2017.

    Vers la mise en place de dossiers numériques exhaustifs

    « Les patients ne peuvent réaliser tout le potentiel du NEHR que si les informations [accessibles] sont complètes. Et pour que les données de la NEHR soient complètes, chaque fournisseur et professionnel de la santé doit fournir des informations pertinentes », a déclaré M. Gan (source : Channelnewasia.com).

    Le ministère de la Santé entend donc franchir une nouvelle étape importante dans le cadre du développement de NEHR en exigeant « la contribution obligatoire de tous les [professionnels de la santé], comme les fournisseurs de soins et les laboratoires, afin d’améliorer l’exhaustivité des dossiers ».

    Seuls 3 % des prestataires de soins privés participent au NEHR

    Lancé en 2011, le NEHR est une plateforme qui rassemble des informations sur les patients, telles que la liste des médicaments qu’ils prennent et leurs résultats de tests en laboratoire, provenant de différents fournisseurs de soins. L’information est ensuite partagée entre les différents fournisseurs concernées.

    Actuellement, la contribution au système est volontaire. Quasiment tous les établissements publics fournissent des données mais seulement 3 % des prestataires de soins privés le font aussi. Cela représente une lacune importante, estime Integrated Health Information Systems (IHiS), l’agence nationale de technologie de la santé qui gère le NEHR.

    Dans le secteur des soins primaires, par exemple, pour lequel 80 % des Singapouriens sollicitent des médecins généralistes d’établissements privés, moins de 70 médecins généralistes cliniciens sur les 1 600 pratiquant à Singapour fournissent des données au NEHR.

    Tous les médecins ne sont pas encore passés au numérique

    La principale explication serait que tous les généralistes ne sont pas encore passés au numérique. Selon les chiffres officiels, environ 20 % des prestataires de soins privés dépendent encore d’un système papier. Et même si certains sont équipés, ils devront s’assurer que leurs systèmes informatiques soient compatibles avec le NEHR.

    Un fonds de 20 M. SGD pour couvrir le coût de la mise à niveau

    Afin de couvrir le coût de la mise à niveau, un nouveau fonds de 20 millions SGD (12,5 M €) sera mis en place par le ministère de la Santé, ainsi qu’un soutien technique et clinique.

    Vie privée : les autorités singapouriennes rassurent les patients

    Depuis la création du NEHR, des préoccupations concernant la protection de la vie privée ont émergé. Les autorités ont indiqué qu’il existait des garanties pour assurer que seules les personnes qui fournissent des soins aux patients aient accès à leurs dossiers.

    Un accès sécurisé et des contrôles réguliers

    Par exemple, les fournisseurs de soins utilisent un compte personnel pour se connecter au système. Les informations sensibles sont cachées et les médecins qui ont besoin de ces informations doivent utiliser leur numéro de licence médicale pour y accéder.

    Bruce Liang, P.-D.G. d’IHiS, a également précisé que de nombreux audits et de multiples vérifications sont régulièrement effectuées pour identifier une éventuelle faille dans le système de sécurité.

    Le ministère de la Santé va entamer des discussions avec les acteurs du secteur

    Les autorités s’entretiendront avec les parties prenantes du secteur dans les mois à venir. Elles vont également réfléchir à un moyen permettant aux patients de savoir qui a eu accès à leurs informations.

    Les établissements de santé auront probablement deux à trois ans pour se mettre à jour et s’assurer de répondre aux exigences imposées par le ministère de la Santé si la loi est adoptée.