Tous les fournisseurs de soins de Singapour pourraient bientôt être tenus d’enregistrer les données de leurs patients sur le dossier national de santé numérique (NEHR), dans le but d’offrir de meilleurs soins aux citoyens de la cité-État.
La mesure devrait être introduite en 2018 à travers un projet de loi sur les services de santé, a déclaré le ministre de la Santé Kim Yong Gan lors de la première conférence FutureHealth qui s’est tenu à l’école de médecine Lee Kong Chian de Nanyang, le 8 novembre 2017.
Vers la mise en place de dossiers numériques exhaustifs
« Les patients ne peuvent réaliser tout le potentiel du NEHR que si les informations [accessibles] sont complètes. Et pour que les données de la NEHR soient complètes, chaque fournisseur et professionnel de la santé doit fournir des informations pertinentes », a déclaré M. Gan (source : Channelnewasia.com).
Le ministère de la Santé entend donc franchir une nouvelle étape importante dans le cadre du développement de NEHR en exigeant « la contribution obligatoire de tous les [professionnels de la santé], comme les fournisseurs de soins et les laboratoires, afin d’améliorer l’exhaustivité des dossiers ».
Seuls 3 % des prestataires de soins privés participent au NEHR
Lancé en 2011, le NEHR est une plateforme qui rassemble des informations sur les patients, telles que la liste des médicaments qu’ils prennent et leurs résultats de tests en laboratoire, provenant de différents fournisseurs de soins. L’information est ensuite partagée entre les différents fournisseurs concernées.
Actuellement, la contribution au système est volontaire. Quasiment tous les établissements publics fournissent des données mais seulement 3 % des prestataires de soins privés le font aussi. Cela représente une lacune importante, estime Integrated Health Information Systems (IHiS), l’agence nationale de technologie de la santé qui gère le NEHR.
Dans le secteur des soins primaires, par exemple, pour lequel 80 % des Singapouriens sollicitent des médecins généralistes d’établissements privés, moins de 70 médecins généralistes cliniciens sur les 1 600 pratiquant à Singapour fournissent des données au NEHR.
Tous les médecins ne sont pas encore passés au numérique
La principale explication serait que tous les généralistes ne sont pas encore passés au numérique. Selon les chiffres officiels, environ 20 % des prestataires de soins privés dépendent encore d’un système papier. Et même si certains sont équipés, ils devront s’assurer que leurs systèmes informatiques soient compatibles avec le NEHR.
Un fonds de 20 M. SGD pour couvrir le coût de la mise à niveau
Afin de couvrir le coût de la mise à niveau, un nouveau fonds de 20 millions SGD (12,5 M €) sera mis en place par le ministère de la Santé, ainsi qu’un soutien technique et clinique.
Vie privée : les autorités singapouriennes rassurent les patients
Depuis la création du NEHR, des préoccupations concernant la protection de la vie privée ont émergé. Les autorités ont indiqué qu’il existait des garanties pour assurer que seules les personnes qui fournissent des soins aux patients aient accès à leurs dossiers.
Un accès sécurisé et des contrôles réguliers
Par exemple, les fournisseurs de soins utilisent un compte personnel pour se connecter au système. Les informations sensibles sont cachées et les médecins qui ont besoin de ces informations doivent utiliser leur numéro de licence médicale pour y accéder.
Bruce Liang, P.-D.G. d’IHiS, a également précisé que de nombreux audits et de multiples vérifications sont régulièrement effectuées pour identifier une éventuelle faille dans le système de sécurité.
Le ministère de la Santé va entamer des discussions avec les acteurs du secteur
Les autorités s’entretiendront avec les parties prenantes du secteur dans les mois à venir. Elles vont également réfléchir à un moyen permettant aux patients de savoir qui a eu accès à leurs informations.
Les établissements de santé auront probablement deux à trois ans pour se mettre à jour et s’assurer de répondre aux exigences imposées par le ministère de la Santé si la loi est adoptée.