Medtech

  • Bayer Korea: 3 South Korean health tech startups join Grants4Apps program

    Bayer Korea and the Korea Trade-Investment and Promotion Agency (KOTRA) announced on April 16, 2018 that three South Korean digital health startups have been selected to join its venture acceleration program (Grants4Apps Korea) created to help promising startups to pursue their businesses in the health technology sector.

    The three winners are:
    – Is it Fresh (IoT);
    – NuriBio (cancer diagnosis);
    – Deep Medi (blood pressure device).

    The three winners will benefit from strategic support from Bayer Korea

    The three Grants4Apps Korea finalists are:

    • Is it Fresh, a company which has developed a disposable IoT sensor designed to be discarded after one-time use;
    • NuriBio, an analysis reagent developer for early cancer diagnosis;
    • Deep Medi, a company that has designed S-vital, a blood pressure measuring solution that works by using the cameras built into ordinary smartphones.

    The three startups will receive customized mentorship and consulting from employees of Bayer Korea, KOTRA and external experts from the industry? They also be able to use a working space at the Bayer Korea office for three months from April to July 2018.

    A demo day planned during the summer of 2018

    Following the program, Bayer Korea plans to organize a demonstration day in which the three selected startups will be able to present their products and hold networking sessions with investors and industry officials.

    This is the second edition of Grants4Apps Korea, the Korean version of Bayer’s global innovation program Grants4Apps Accelerator which discovers, funds and supports selected digital health tech startups around the world.

  • Etude : lA et smartphone peuvent prévoir la survenue d’une maladie cardiaque

    Mesurer la vitesse de l’onde de pouls et évaluer la rigidité artérielle ne nécessiteraient pas forcément une IRM. Des chercheurs américains sont parvenus à réaliser cet examen grâce à l’appareil photo d’un smartphone et à un algorithme spécifique. L’étude* publiée courant avril 2018 dans Scientific Reports montre que les mesures prises permettent même de prédire la survenue d’une maladie cardiaque.

    L’intelligence artificielle plutôt que l’IRM

    La raideur artérielle est un facteur de risque connu des maladies cardiovasculaires. En effet, quand les artères deviennent moins élastiques, la pression sanguine augmente, ce qui peut causer des dommages à différents organes. A l’heure actuelle, la rigidité artérielle s’évalue grâce à la mesure de la vitesse de l’onde de pouls. Cet examen peut se pratiquer de deux manières : par IRM ou tonométrie. Ces méthodes sont à la fois coûteuses et relativement compliquées, nécessitant donc l’implication de personnel formé. La tonométrie nécessite par exemple deux mesures de pression et un électrocardiogramme, et l’appareil coûte environ 15 000 euros.

    Un smartphone enregistre l’onde de pouls

    Des chercheurs américains de l’université de Caroline du Sud ont mis au point une nouvelle technique grâce à l’intelligence artificielle. Dans une étude publiée en avril 2018 dans la revue Scientific Reports (groupe Nature), les scientifiques ont testé la pertinence de cette méthode qui consiste, dans un premier temps, à capturer l’onde de pression dans la carotide grâce à l’appareil photo d’un smartphone. Dans un second temps, un algorithme développé par ces mêmes chercheurs calcule la vitesse de l’onde de pouls, et donc la rigidité artérielle, grâce à une forme d’onde non calibrée, et par conséquent facile à enregistrer via un téléphone.

    Un algorithme pour prédire le risque cardiaque

    Pour tester leur approche basée sur l’apprentissage automatique, les auteurs de cette étude ont réexaminé un jeu de données de plus de 5000 patients, enregistrées par tonométrie, issue de la célèbre Framingham Heart Study. En comparant ces vitesses d’onde de pouls enregistrées à celles estimées par l’algorithme, ils ont observé une corrélation de 85%.

    En outre, les chercheurs ont cherché à déterminer si ces estimations pouvaient être utilisées pour prédire le risque de maladies cardiovasculaires. En utilisant un échantillon de données de 4 798 patients, parmi lesquels 171 ont eu une maladie cardiovasculaire dans les 10 ans, l’équipe a constaté que leurs données issues de l’IA étaient significativement associées à un risque accru de premier événement majeur chez le patient.

    Une technique fiable et peu coûteuse

    « Ce que le clinicien veut savoir, c’est si vous les aidez à améliorer les résultats », a déclaré Niema Pahlevan, professeur adjoint en aérospatiale et génie mécanique à l’université de Caroline du Sud. Et nous avons montré que c’est aussi prédictif que la tonométrie actuelle. » Dans une étude précédente, parue en septembre 2017, la même équipe avait démontré qu’une appli mobile utilisant la caméra d’un smartphone pouvait mesurer la fraction d’éjection ventriculaire en quelques minutes, de manière aussi fiable que grâce à une échographie.

    Les résultats ci-dessus montrent que cette technique, moins intrusive et plus facile à utiliser, a le potentiel de devenir une méthode fiable de mesure de la rigidité artérielle. D’autant que la taille de l’échantillon utilisé est assez grande et comprend à la fois des volontaires sains et des personnes souffrant de maladies cardiovasculaires.

  • Le bilan de 3 ans de télémédecine en Ehpad indique une économie de 197 € par acte de dermatologie

    La Mutualité française Loire – Haute Loire SSAM, membre du groupe Eovi Mcd Santé et Services a publié le 19 avril 2018 un communiqué les résultats d’une expérimentation d’installation de salles de télémédecine dédiées dans ses Ehpad depuis 2015. En 2017, ce sont 341 actes de télémédecine qui ont été réalisés dans les 10 établissements impliqués dans le projet.

    En plus de conférer des avantages aux patients et leurs aidants-familiaux, ainsi qu’aux professionnels de santé en Ehpad, une évaluation médico-économique a conforté l’acteur dans sa démarche, puisqu’elle a permis de dégager des économies financières sur les différents types de consultation réalisés via la télémédecine. Ainsi, réaliser une consultation de dermatologie via son dispositif innovant permet une économie de 197€ par acte.

    À terme, la Mutualité française Loire – Haute Loire SSAM prévoit d’étendre l’utilisation de la télémédecine à d’autres spécialités et dans d’autres structures partenaires désireuses de s’équiper en salle de télémédecine.

    Une salle de télémédecine dédiée, fruit de synergies d’acteurs locaux, territoriaux et régionaux 

    L’expérimentation a pu voir le jour grâce notamment au soutien numéraire de la Fédération Nationale de la Mutualité Française en provenance de son fonds de Développement des Services de Soins et d’Accompagnement Mutualistes.

    La Mutualité française Loire – Haute Loire SSAM qui a misé sur le développement de la télémédecine dès 2014, a également pu bénéficier d’un financement de l’ARS Pays de Loire. Ayant été la première structure à signer un contrat avec l’ARS, la Mutualité à ce titre intégré le comité stratégique dédié à ce sujet et mis en place par l’ARS.

    Réseau sécurisé et médecins du réseau mutualiste

    En 2015, l’équipement de salles dédiées à la télémédecine au sein des Ehpad a commencé. Cela passe par l’installation d’un réseau sécurisé pour garantir la sécurité de l’information médicale et d’un dispositif de visioconférence incluant une caméra équipée d’un zoom x18 pour faciliter des examens exigeant une précision visuelle conséquente comme dans le cas des escarres ou des plaies dermatologiques.

    La réalisation des actes à distances repose sur les médecins du réseau mutualiste ou des partenaires locaux (gériatres, psychologues, dermatologues, spécialistes de la douleur, etc.) qui apportent leur expertise.

    Afin de standardiser les procédures médicales, un guide de procédures des examens et un schéma organisationnel ont été élaborés.

    Bilan : 341 actes de télémédecine dans 10 Ehpad

    La dermatologie est la spécialité qui regroupe à elle seule 83% d’actes réalisés. L’expérience montre que la télé-expertise est pratiquée pour la prise en charge des plaies chroniques. 10% des actes sont des téléconsultations pour gérer les douleurs chroniques, alors que 7 % des actes sont des actes de télé-expertise dans le domaines de la psychiatrie impliquant une équipe pluridisciplinaire.

    Pour les patients qui affichent une moyenne d’âge de 95 ans, cette méthode a permis d’éviter des déplacements ou des hospitalisations.

    Les actes de télé-expertise contribuent à la formation continue des professionnels de santé en Ehpad et consolide les liens avec la médecine de ville et les hospitaliers.

    En prenant en compte les frais de transport et le temps de la prise en charge, la Mutualité française Loire – Haute Loire SSAM a comparé le coût d’une consultation avec et sans télémédecine pour un résident d’EHPAD et a pu mettre en évidence une économie de 44 euros pour une consultation de psychiatrie, 78 euros pour une consultation douleur et de 197 euros pour une consultation de dermatologie, et ce par acte réalisé.

    Développement selon deux axes

    Le groupe Eovi Mcd Santé et Services avec la Mutualité française Loire – Haute Loire SSAM, prévoit d’un côté d’ouvrir la télémédecine à des spécialités telles la médecine générale, les soins bucco-dentaires et la dermatologie.

    En parallèle, le groupe Eovi Mcd Santé et Services entend poursuivre l’équipement d’autres établissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes, au nombre de 35, ainsi que dans des structures partenaires, en y installant des salles de télémédecine dédiées.

  • Data : les montres connectées pour personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer

    Dans la rubrique Data du 25 avril 2018, H&TI a répertorié les différentes montres connectées actuellement disponibles sur le marché français – caractéristiques, prix, contact -, toutes développées par des entreprises ou des start-ups françaises ou belges.

    Le tableau récapitulatif est disponible via ce lien.

  • 6 montres connectées pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer

    Un million de personnes sont atteintes par la maladie d’Alzheimer en France. Depuis longtemps, les personnes désorientées vivant à domicile s’équipent de médaillons connectés (entre 500 et 700 000 utilisateurs) mais ceux-ci peuvent être stigmatisants, ne fonctionnent pas au delà des limites du domicile et peuvent généralement pas détecter automatique les chutes. 

    Ainsi sont nées ces dernières années des montres connectées et intelligentes, et plus discrètes. Pour signaler une alerte, il suffit, la plupart du temps à la personne âgée d’appuyer sur un bouton. Ces montres peuvent aussi repérer automatiquement les chutes et donner l’alerte directement aux aidants. Elles peuvent souvent aussi être utilisées en institution.

    H&TI a répertorié les différentes montres connectées actuellement disponibles sur le marché français – caractéristiques, prix, contact -, toutes développées par des entreprises ou des start-ups françaises ou belges.

  • Le CHU Bordeaux teste le télé-suivi en chirurgie ambulatoire grâce à un partenariat avec Satelia

    La plateforme de Satelia, start-up qui vise à optimiser le lien patient-hôpital dans le cadre des soins en ambulatoire, est en train d’être testée au Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, rapporte un communiqué de presse de la société en date du 19 avril 2018.

    Surfant sur la vague du développement de la télémédecine, la plateforme proposée par Satelia, Satelia Ambu, propose un suivi des patients soumis à un acte de chirurgie dans les phases pré et post-opératoires en facilitant la communication et l’échange d’informations nécessaires propres à chacune de ces phases.

    La start-up souhaite déployer son outil dans d’autres services hospitaliers et l’implanter dans les établissements publics et privés.

    Un outil d’échange d’informations médicales

    Satelia, start-up lancée fin 2017, a mis au point une plateforme permettant au patient d’être en contact avec les professionnels de santé impliqués dans sa prise en charge en amont et en aval d’un acte chirurgical effectué en ambulatoire.

    En amont de l’intervention, le patient renseigne un formulaire à destination de l’anesthésiste via l’application Satelia. L’analyse de ses données débouche sur l’envoi d’instructions visant à lui indiquer les interdits, les point de vigilance et les modalités pratiques autour de l’opération.

    À la suite de l’intervention, à des périodes établies par les professionnels de santé responsables de son suivi (J+1, J+7, etc.), le patient reçoit un questionnaire qu’il doit remplir en procédant à une auto-évaluation des éléments tels le niveau de douleur, l’état du pansement, ou la présence de symptômes tels des vomissements, un saignement ou un œdème.

    Un tableau de bord de suivi de patients opérés en ambulatoire

    Les informations renseignées par le patient sont envoyées vers la plateforme à destination des professionnels de santé, à travers laquelle ces derniers visualisent les résultats.

    En cas de réponse pouvant porter à croire qu’un événement anormal affecte l’état de santé du patient, les algorithmes intégrés à la plateforme alertent le professionnel de santé, en faisant apparaître un voyant rouge ou orange dans le tableau de bord, permettant ainsi à l’infirmier chargé du suivi de prendre contact avec le patient afin de s’assurer de son état.

    Gain en temps et efficacité de l’accompagnement, mais un intérêt pour la recherche aussi

    Selon les fondateurs, Nicolas Pagès, interne en anesthésie-réanimation, et Paul Tiba, directeur d’une compagnie aérienne de rapatriement sanitaire, cet outil permet:

    • un gain de temps pour les professionnels de santé grâce au recueil ciblé des informations auprès des patients, aussi bien en amont qu’en aval de l’intervention ;
    • un accompagnement du patient grâce à un contact facilité et la disponibilité des informations en tout temps ;
    • le recueil de données médicales anonymisées aux fins de recherche.

    Test  : un suivi plus régulier et efficace grâce à une réponse spontanée

    Début mars 2018, grâce à un partenariat avec le CHU de Bordeaux, une phase test a été lancée. Au bout d’un mois, fin mars 2018, une cinquantaine de patients ayant subi une chirurgie au sein avaient déjà fait l’objet d’un suivi via les outils décrits.

    Un suivi sur une période de 6 jours s’étalant du à J-1 de l’opération et allant jusqu’à J+1 a permis d’avoir une réponse valide du patient dans 4 cas sur 5, alors que la méthode traditionnel de suivi par téléphone permettait d’atteindre 1 patient sur 2.

    Élargissement à d’autres spécialités, l’oncologie et la cardiologie étant les spécialités prioritaires

    Les fondateurs espèrent développer leur activité selon deux axes – en déployant leur solution dans les services d’autres spécialités, en visant dans un premier temps l’oncologie et la cardiologie, et en multipliant les établissements qu’ils soient privés ou publics.

  • « Grâce aux objets connectés, le patient devient membre actif de l’équipe de soin » (L. Beyala, AP-HP)

    Ingénieure biomédicale, Laure Beyala a travaillé dans plusieurs industries biotechnologiques avant de soutenir sa thèse à l’École centrale Paris en 2015, récompensée par une distinction de la commission européenne IERC, qui analyse les risques émergents des dispositifs médicaux connectés. 

    Cette thèse a été publiée en janvier 2018 aux éditions ISTE sous le titre « Les objets connectés en santé – risques, usages et perspectives ».

    Celle qui gère actuellement le Digital Medical Hub, la plateforme d’analyse des objets en santé de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, propose dans cet ouvrage une cartographie et une analyse des risques liés à l’utilisation d’un dispositif médical connecté ainsi qu’une compréhension de toutes les situations dangereuses et actions à mettre en place pour y pallier.

    Dans l’interview que Laure Beyala a accordée à H&TI, elle explique comment les objets connectés sont amenés à révolutionner le système sanitaire, par exemple en faisant du patient « un membre actif de l’équipe de soin », capable d’approuver ou de contester des diagnostics et de participer à l’amélioration de la recherche. Elle parle également des évolutions probables des objets connectés et du marché et conseille les promoteurs de ces dispositifs médicaux de mettre en place des infrastructures réseaux « robustes et fiables » pour protéger au mieux les données personnelles des patients.

    Pourquoi avoir choisi comme sujet de thèse – aujourd’hui devenu un ouvrage – les objets connectés en santé ?

    La technologie des objets connectés connaît aujourd’hui un essor remarquable dans le domaine sanitaire. Elle est désormais perçue comme un système complémentaire pour la prise en charge des patients. Elle pourra à court, moyen et long terme permettre d’améliorer la relation patient-professionnel de santé.

    Ces dispositifs médicaux connectés semblent parfois intuitifs pour l’utilisateur mais la connaissance de leurs fonctionnalités, ainsi que les risques d’usage notamment liés à la confidentialité des données stockées, à sa disponibilité, à l’intégrité de la donnée et à son interopérabilité restent encore mal connus.

    Cet ouvrage apporte un éclairage inédit sur les risques émergents liés à l’utilisation d’un dispositif médical connecté. Il propose une cartographie et une analyse des risques liées à l’utilisation d’un dispositif médical connecté ainsi qu’une compréhension de toutes les situations dangereuses et actions à mettre en place pour y pallier.

    Le lecteur pourra aisément se forger une opinion sur les opportunités d’une telle offre dans le domaine de la santé. Il aura une large vision lui permettant de faire la distinction entre les objets connectés (leurs applications) du bien-être et les dispositifs médicaux connectés.

    Quels sont, d’après vos recherches, les principaux avantages des objets connectés ?

    L’usage des objets connectés dans le domaine de la santé va permettre de faciliter une surveillance continue des patients en temps réel. Ces objets connectés sont d’ailleurs une solution pour les déserts médicaux… Les données collectées via ces capteurs intelligents aideront les médecins à poser rapidement des diagnostics et des pronostics, à réagir plus rapidement dans les situations d’urgence et améliorer globalement la prise en charge des patients.

    Sont-ils fiables, notamment en ce qui concerne les données et résultats obtenus ?

    Les objets connectés en santé et leurs applications mobiles s’intègrent progressivement dans la prise en charge médicale des patients ainsi que dans la relation entre professionnels de santé et-patients. A propos de leur fiabilité, pour le moment nous n’avons pas de protocole standard qui garantirait la fiabilité scientifique de ces capteurs intelligents.

    Par ailleurs, la HAS a publié en novembre 2016 un référentiel de bonnes pratiques pour aider les concepteurs à proposer des solutions technologies fiables.

    Ce référentiel met en avant un certain nombre de critères :

    • Fiabilité et qualité des informations délivrées, interprétation humaine par un professionnel identifiable,
    • Performances techniques de l’application, précision des mesures et absence d’effets secondaires indésirables,
    • Sécurité et confidentialité, chiffrement des données, utilisation de pseudonymes,
    • Facilité d’utilisation, ergonomie, adaptation aux personnes en situation de handicap, assistance technique.

    Quelles sont les évolutions probables dans les prochaines années pour ce marché ?

    Les objets connectés en santé et leurs applications mobiles vont progressivement drainer l’industrie de santé et bouleverser le système des soins en plaçant la donnée au centre de tout. A ce sujet, la société d’études Grand View Research, estime notamment, qu’à l’horizon 2020, on compterait 161 millions d’objets connectés en santé dans le monde. Par ailleurs, selon une étude publiée par le cabinet d’étude suisse Soreon Research, spécialisé sur les questions de santé, la santé connectée pourrait retarder les décès et/ou prévenir les complications de 1,3 million de personnes d’ici 2020. 

    J’encourage donc tous les promoteurs de ces dispositifs connectés de santé à mettre en place des infrastructures réseaux robustes et fiables qui allient connectivité, collecte, traitement, stockage et protection des données à caractère personnel.

    Au cœur de votre ouvrage, on trouve une étude que vous avez menée et qui souligne les risques liés aux objets connectés. Comment s’est déroulée votre enquête ?

    Pour mener à bien cette étude, j’ai eu à collaborer avec une équipe pluridisciplinaires composée de pharmaciens, d’ingénieurs et de médecins comme le Dr Benjamin Pitrat, psychiatre et addictologue à l’AP-HP, co-fondateur d’Ad Scientiam, société spécialisée dans la collecte de données médicales, qui a d’ailleurs signé la préface de mon livre.  

    Au cours de ces travaux, j’ai identifié trois classes de risques : des risques acceptables, des risques tolérables sous contrôle et des risques inacceptables. Dans cette dernière catégorie, on retrouve tous les risques liés à l’intégrité des données, à la sécurité et la confidentialité des données sensibles, ces risques sont communément appelés « risques émergents » liés à l’usage des objets connectés.

    Vous avez notamment réalisé une cartographie des risques liés à l’utilisation des thermomètres sans contact. Quelles en sont les conclusions ?

    Pour réduire les risques majeurs liés à l’usage des objets connectés tels que des thermomètres connectés sans contact, les prometteurs de ces dispositifs devraient proposer des algorithmes décisionnels suffisamment robustes qui permettront à la fois d’assurer la sécurisation ou la protection des données sensibles de l’appareil et d’optimiser la fiabilité des mesures.

    Vous soulevez le problème du partage de données et avez analysé les risques émergents de façon globale : l’intrusion, les virus, la cybercriminalité, l’image de marque. Pouvez-vous brièvement expliquer ces risques ?

    Dans Les objets connectés en santé, je souhaite attirer l’attention des lecteurs sur le fait que la collecte de données à caractère personnel, via des capteurs intelligents, expose l’utilisateur à des attaques protéiformes. Dans le domaine de la santé, je pense notamment à des erreurs de diagnostics et de pronostics à cause de l’introduction d’un ou plusieurs fichiers malicieux dans un serveur de données médicales, ou encore à des préjudices potentiels comme les divulgations de données des patients, du marketing manipulateur et influenceur, voire au profilage social discriminatoire…

    Dans un autre chapitre, vous prenez comme exemple le cas Ebola. En quoi les objets connectés peuvent-ils jouer un rôle dans la prise en charge de cette pathologie  ?

    Ebola est un virus responsable de plus de 11 000 morts d’après l’OMS. L’une des solutions technologiques envisageables pour surveiller la température des personnes atteintes de ce virus serait une prise de température à distance, sans contact en utilisant des objets connectés de santé à l’instar des thermomètres sans contact connectés.

    « Le patient devient membre actif de l’équipe de soin », écrivez-vous. C’est-à-dire ? Est-ce que cela va bouleverser le secteur de la santé et la médecine ?

    Oui, en effet, la santé connectée va bouleverser le domaine médical. Grâce à l’utilisation des objets connectés en santé, le patient devient membre actif de l’équipe de soin, c’est-à dire qu’il s’implique de plus en plus dans sa prise en charge et le suivi de sa maladie. Les données collectées par des objets connectés vont conduire les patients à développer des connaissances sur certaines maladies et ils pourraient donc contester ou approuver certains diagnostics médicaux.

    Par ailleurs, à travers l’usage des objets connectés en santé, les patients peuvent désormais participer à l’amélioration des recherches sur des pathologies rares en faisant don des données de santé qu’ils génèrent via des capteurs intelligents.

    Où en est-on des labels pour des objets connectés ? Vous-même, au sein du Digital Medical Hub, la plateforme d’analyse des objets en santé de l’AP-HP, travaillez-vous sur ce sujet ?

    Les objets connectés et leurs applications mobiles représentent une nouvelle ère dédiée à la révolution numérique. Etant donné que dans la sphère médicale, ces dispositif connectés permettent d’enregistrer, de transférer des données sensibles des patients, je pense qu’il est impératif de mettre en place des labels ou des référentiels qui vont permettre d’évaluer la sécurité informatique, les valeurs d’usages, la conformité réglementaire, la déontologie, l’éthique et la fiabilité clinique.

    Plusieurs organismes ont déjà mis en place des labels qui permettent d’évaluer les objets connectés et leurs applications mobiles. Je pense notamment à Zur Institute et iMedicalApps aux Etas-Unis, à l’Agency of Healthcare Quality of Andalusia (AppSaludable) en Espagne, à DMD santé, au Groupe Pasteur Mutualité, à Medappcare en France et à Medical App Checker au Pays-Bas.

    La plupart de ces organisations permettent d’évaluer différents axes dont l’éthique, la sécurité informatique, l’aspect technique, juridique, la conformité réglementaire, l’ergonomie, les valeurs d’usage et la déontologie. Je rajoute que ces évaluations s’adressent uniquement aux objets connectés et leurs applications n’ayant pas de finalité médicale.

    C’est dans cette perspective qu’est né le Digital Medical Hub (DMH) de l’AP-HP, une plate-forme dont l’ambition est de se positionner comme un centre de référence pour le développement et la validation clinique des objets connectés. Elle s’adresse aux promoteurs académiques et industriels (centres de recherche, start-ups, scale-ups, PME, etc.). Le développement et la validation des appareils connectés de santé sont structurés par une approche multidisciplinaire comportant l’évaluation des usages et représentations ainsi qu’un volet pédagogique.

    Pour conclure, parlons du transhumanisme. D’après vous, les objets connectés sont un premier pas vers ce mouvement.

    Le transhumanisme a pour objectif d’améliorer les performances physiques et mentales d’un humain par le biais des NBIC. Je pense que les objets connectés constituent un pas vers ce mouvement dans le sens où, à l’heure actuelle, ils se démocratisent et proposent des fonctionnalités diverses qui permettent de faciliter ou d’améliorer les capacités de l’être humain. Par exemple, plusieurs promoteurs industriels développent des bracelets intelligents dans le domaine du bien-être équipés d’une technologie qui permet aux utilisateurs de mesurer leurs indicateurs de santé (fréquence cardiaque au poignet , température de la peau, nombre de pas …) et de détecter de façon précoce certaines pathologies difficiles.

    Toutes ces nouvelles avancées technologiques sont en train de repousser les limites de nos capacités morales et physiques. Cela représente une nouvelle ère pour l’humanité et il va falloir s’adapter à ce nouveau paradigme…

    Les objets connectés en santé – Risques, usages et perspectives, Ed. ISTE (e-book 9,90€, format papier 35€), disp. via ce lien.

     

  • Etude : une appli renforce la sécurité des sièges auto pour bébés

    Un essai* mené auprès de 700 participants a évalué la pertinence d’une application mobile dédiée au bon usage des sièges auto pour enfants. Elle a permis d’améliorer les bonnes pratiques chez les parents, telles que le choix d’un siège adapté au poids de l’enfant. Ces bons usages se sont maintenus pendant plus de six mois. Les chercheurs espèrent diminuer le nombre d’accidents mortels dont sont victimes les enfants sur la route. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 12 avril 2018 dans l’American Journal of Preventive Medicine.

    La e-santé au chevet de la sécurité routière

    Eduquer, informer, prévenir… dans tous ces domaines sanitaires, les applications mobiles offrent de grands espoirs. La sécurité routière n’échappe pas à la e-santé. Alors que les portables et la conduite ne font pas bon ménage, des nombreuses applications mobiles ont été développées pour enseigner les règles élémentaires de prévention sur la route. C’est le cas de l’appli « Safety in Seconds » développée par des chercheurs américains de l’école de santé publique Bloomberg de l’université Johns Hopkins de Baltimore. Elle a été conçue pour promouvoir l’utilisation correcte des sièges auto chez les parents.

    Une appli dédiée au bon usage des sièges auto

    En effet, malgré des améliorations importantes de la sécurité routière au cours des dernières décennies, les collisions de véhicules continuent d’être la principale cause de décès chez les jeunes enfants. Les erreurs commises par les parents dans le choix du type de siège expliquent en partie ces décès. La National Highway Traffic Safety Administration a estimé, par exemple, que seulement 46% des enfants âgés de 4 à 7 ans sont placés dans les sièges d’appoint appropriés et 24% utilisent prématurément une ceinture de sécurité.

    L’application Safety in Seconds, qui fonctionne sur iPhone et Androïd, forme les parents de différentes façons :

    • des quiz sur les pratiques et les croyances concernant les sièges auto
    • des conseils de sécurité personnalisés
    • un lien vers un « portail parent » en ligne
    • des messages de rappel sur l’évolution du siège auto au fur et à mesure de la croissance de l’enfant 

    Les chercheurs ont mené une étude contrôlée et randomisée pour mesurer son efficacité. Ils ont recruté un total de 742 parents d’enfants de 4 à 7 ans aux urgences du Johns Hopkins Children’s Centre et de l’Arkansas Children’s Hospital. Ils ont ensuite été randomisés en deux groupes, la moitié recevant l’appli Safety in Seconds, et l’autre moitié servant de groupe contrôle. Ensuite, les chercheurs ont analysé 4 types de comportements et ont mesuré leur évolution à 3 puis 6 mois :

    • le choix du bon siège ou de la bonne technique pour attacher l’enfant dans la voiture en fonction de son âge et de son poids,
    • le maintien permanent sur la banquette arrière,
    • l’inspection du siège auto par un technicien de la sécurité routière,
    • le bouclage de la ceinture

    Les résultats de cette expérimentation ont été publiés le 12 avril 2018 dans l’American Journal of Preventive Medicine. 

    Deux fois plus de comportements vertueux

    Au bout de trois mois, les parents qui avaient l’application Safety in Seconds avaient nettement amélioré leurs comportements. A l’exception du bouclage de la ceinture de sécurité de l’enfant – une pratique déjà largement rentrée dans les moeurs-, les trois autres attitudes s’étaient nettement développées. Globalement, l’augmentation était à peu près le double de celle observée dans le groupe témoin. À six mois, les parents se montraient toujours plus vertueux dans dans domaines : disposer du bon siège auto et le faire inspecter.

    Les pédiatres appelés à distribuer l’appli

    « Avec une application comme celle-ci, nous pouvons atteindre un grand nombre de personnes avec des messages adaptés à chaque individu, et cette étude montre que cette approche a été très efficace pour accroître la sécurité des enfants », a expliqué Andrea C. Gielen, professeur et directeur du Johns Hopkins Centre for Injury Research and Policy à l’école Bloomberg. Un essai clinique à plus grande échelle a été lancé. En outre, les moyens de distribuer l’appli à un large panel de parents sont à l’étude. Les pédiatres pourraient être sollicités.

  • Appel à projets : de la télémédecine aux serious games aux Trophées de la e-santé 2018

    Ouvert à toutes les parties prenantes de l’écosystème de l’innovation en e-santé – entrepreneurs, chercheurs, patients, professionnels de santé, étudiants – ayant développé un outil ou une application en matière de e-santé, les Trophées de la e-santé ont pour objectif de favoriser les usages du numérique dans les systèmes de santé, du soin, de l’autonomie et du bien-être.

    Ils récompensent des projets dans 9 catégories auxquels s’ajoutent 3 prix spéciaux. La date limite de dépôt des candidatures est le 30 avril 2018 à minuit. Ils seront remis dans le cadre de l’Université d’été de la e-santé qui a lieu à Castres-Mazamet du 3 au 5 juillet 2018.

     9 catégories

    • Télémédecine
    • MSanté patient / Grand public : comprend toutes les applications fonctionnant sur tablettes, smartphones, utilisables par un ou des patients, citoyens en vue d’améliorer leur santé ;
    • MSanté Professionnel de santé : comprend toutes les applications fonctionnant sur tablettes, smartphones utilisables par un professionnel de santé (médical ou paramédical) en vue d’améliorer la qualité de sa pratique ;
    • Intelligence artificielle & Big Data / Data ;
    • Coordination des soins : comprend les plateformes numériques destinées à coordonner l’intervention entre professionnels de santé et éventuellement avec leur patient ;
    • Autonomie / maintien à domicile : comprend les services, solutions, matériels, dispositifs pour favoriser le maintien à domicile, prévenir les chutes, améliorer les conditions d’isolement, équiper l’habitat de divers capteurs sécurisant le lieu de vie des personnes seules ou handicapées ;
    • Objets connectés de santé : Le trophée sera délivré à l’objet le plus pertinent et le plus qualitatif (innovations technologiques, impacts santé, perspectives économiques) ;
    • Serious game santé ;
    • e-Santé animale : Cette catégorie comprend tous les services, outils, solutions qui contribuent à la transformation numérique de la prise en charge de la santé et du bien-être dans le secteur animalier (animaux de rente, de compagnie et sauvages.

    3 Prix spéciaux

    • Le Grand prix Pierre Fabre
    • Le prix des internautes
    • Le prix coup de cœur du Jury

    Dotation

    Les lauréats des Trophées de la e-santé 2018 bénéficieront d’une présentation publique retransmise en direct sur la web TV e-santé et les lauréats se verront décerner, lors de la soirée du mercredi 4 juillet 2018 organisée dans le cadre de l’Université de la e-santé 2018, le Trophée et une dotation en numéraire remise par le parrain de chaque catégorie. Le Grand Prix est doté de 4 000€ et les autres catégories de 2 000€ chacune.

    Pour la catégorie e-santé animale les auditions devant jury ainsi que la remise du prix se tiendront le 5 Juillet 2018, dans le cadre de la thématique e-santé animale de l’Université d’été de la e-santé. La dotation sera de 2 000€ pour le lauréat.

    • Les lauréats bénéficieront également d’un accompagnement avec le parrain de leur catégorie. Cet accompagnement sera principalement basé sur du conseil et du soutien stratégique pour structurer le projet ou l’activité du lauréat. 

    Pour postuler, suivre ce lien.

  • Visiomed Group commercialise sa station de téléconsultation dédiée aux officines

    Visiomed Group a annoncé mi-avril 2018 espérer déployer au sein des officines françaises, d’ici fin 2018, 300 stations de téléconsultation construites autour de sa solution VisioCheck. La commercialisation de cette solution à destination des pharmaciens avait été annoncée dans le cadre du salon PharmagoraPlus qui s’est tenu à Paris les 7 et 8 avril 2018.

    C’est à l’occasion du salon que des commandes fermes et engagements de commandes ont été enregistrés. Ce qui permet au fabricant d’estimer que d’ici deux à trois ans les commandes seront multipliées par dix.

    Les pharmaciens, futurs acteurs clé dans les soins de proximité

    La station de télémédecine VisioCheck de Visiomed Group pèse moins de 300 grammes et contribue à maintenir les soins dans les zones de désertification médicale en équipant les pharmaciens.

    Les stations commandées seront livrées et installées dans les pharmacies à compter de septembre 2018.

    Le PDG de Visiomed Group, Eric Sebban, a déclaré : « Nous sommes convaincus que le pharmacien sera un acteur incontournable du déploiement de la e-santé en général et de la télémédecine en particulier. Nous leur proposons de mettre ensemble, de façon extrêmement simple et accessible, l’innovation au service de la santé de tous ».

    Un abonnement tout compris

    Le modèle économique de la solution à destination des pharmaciens est associé à un abonnement à hauteur de 599€HT/mois pour une période 2 ans qui implique les services d’installation et de mise en service ainsi que les accessoires nécessaires. Il couvre également la formation des équipes officinales ainsi qu’une assurance contre les dommages.

    En aval de l’installation, l’abonnement proposé donnera aux pharmaciens un accès illimité à la plateforme médicale de Visiomed Group avec des médecins disponibles 24/7, 365 jours par an.

    3 000 stations d’ici 2 à 3 ans

    Visiomed Group annonce se fixer l’objectif de déployer 3 000 stations de téléconsultation VisioCheck au sein du réseau des officines françaises d’ici 2 à 3 ans.