Medtech

  • Prévention du suicide : l’App et le site web StopBlues de l’Inserm aide les personnes en souffrance

    Dans le cadre de la prévention du suicide, l’Unité mixte de recherche 1123 – Epidémiologie clinique et évaluation économique appliquées aux populations vulnérables (ECEVE) a développé, fin 2017, l’application StopBlues, un programme de recherche interventionnelle et évaluative.
    Ce « compagnon virtuel » est chargé d’accompagner, de renseigner et de rassurer les utilisateurs en souffrance.

    L’application comporte un bouton d’urgence, pour contacter le Samu.

    L’appli STOPBLUES et son site Internet permet à son utilisateur d’avoir accès à des informations (vidéos de professionnels, de malades ou de proches), ou encore de remplir des questionnaires d’auto-évaluation de façon anonyme. un plan de soutien peut être proposé.

    Un mapping permet également de trouver à proximité des médecins, des centres médicaux psychologiques ou encore des associations.

    Des informations sont aussi destinées aux proches : signes avant-coureur, comment réagir, quels mots utiliser, comment orienter ses proches vers un médecin…, etc.

    Un outil développé pour faire face au déni

    L’Inserm rappelle que chaque année on compte en France 200 000 tentatives de suicide et 10 500 décès par suicide.

    Si les scientifiques ont eu l’idée de se tourner vers ces deux outils numériques, c’est avant tout pour dépasser un des principaux obstacles auxquels se heurte la prévention. « Aujourd’hui les personnes en souffrance psychologique sont dans le déni : 80 à 90% des personnes qui se suicident sont allées consulter un médecin, mais pour tout autre chose… Elles n’ont pas osé se confier. Ressentir un mal-être ou évoquer le suicide est encore associé à une faiblesse, alors les personnes en souffrance n’en parlent pas, jusqu’au jour décisif… » explique Karine Chevreul, professeure de santé publique et responsable du projet.

    Les chercheurs de l’Inserm projette de développer deux nouvelles appli, l’une spécifiquement dédiée à la prévention du suicide chez les 15-25 ans, l’autre en lien avec les souffrances psychiques liées au travail.

    Pour télécharger StopBlues, suivre ce lien.

  • Chambre patient connectée : appel à projets pour tester les innovations en environnement hospitalier

    Le Centre Hospitalier de Castres-Mazamet (CHIC) et l’Université d’été de la e-santé offrent l’opportunité de mettre en avant des innovations technologiques dans un environnement hospitalier. L’appel à projets a été lancé le 16 avril 2018.

    Les dispositifs seront présentés dans deux concept rooms de l’hôpital : le 2 juillet 2018 en exclusivité aux sponsors de l’évènement et aux professionnels de santé du Centre hospitalier et le 3 juillet 2018, au public de l’université et à la presse spécialisée.

    La date limite de candidature est le 31 mai 2018.

    Modalités de candidatures

    Peuvent candidater à l’appel à projets « chambre patient du futur », toute entreprise qui propose des solutions technologiques ou de service, répondant impérativement au critère suivant : utiliser ou développer des solutions issues des TIC et adaptées au monde de la santé, du bien-être social et/ou de l’autonomie.

    Un support de présentation de la solution (vidéo, plaquettes…) et une présentation de l’entreprise sont à envoyer avant le 31 mai 2018 à contact@universite-esante.com

    • Étude et sélection des projets : du 1er juin au 11 juin 2018
    • Installation des équipements : le lundi 2 juillet 2018 au matin (frais de déplacements et d’installation à la charge de l’entreprise).

    Des retours des participants de l’édition 2017

     « Présenter la solution de divertissements multimédia et d’informations médicales MultiMed à des professionnels et au grand public, lors de l’Université d’été de Castres-Mazamet, a permis à TMM Software de poursuivre ce qui fait la pertinence de ses solutions e-santé : rester au plus près des usages pour permettre une meilleure expérience utilisateur, en recueillant lors de ces démonstrations, les avis des professionnels de santé et des patients », a expliqué Sophie Leroux-Romanens, directrice communication de TMM Groupe.

    « La salle connectée a été une excellente opportunité de présenter in-situ nos écrans tactiles aux professionnels de santé susceptibles de les utiliser. La mise en situation est la meilleure des démonstrations », Franck Boulanger, Président de R&A.

  • Ambra Health (US) to launch its cloud medical imaging platform in Japan

    Ambra Health, which developed a cloud-based, medical image management suite, announced on April 12, 2018 that it has signed a distribution agreement with MC Healthcare, one of Japan’s largest medical distributors, and a subsidiary company of Mitsubishi Corporation, to offer its medical imaging platform in Japan.

    Ambra Health’s technology is MC Healthcare’s first digital health solution offered in the Japanese market.

    Medical imaging: a collaboration between the 8,000+ hospitals across Japan

    The healthcare industry in Japan is characterized by similar trends occurring in the United States, including the strong need for collaboration among regional networks of healthcare providers.

    For the medical imaging industry, this means that the 8,000+ hospitals across Japan have now to work together to make access to prior medical imaging flow seamlessly, a challenge that cloud platforms like the one that Ambra created are built to address.

    The overall enterprise image management market in Japan represents a significant market opportunity (US$430 million ; €348 million) that is currently dominated by on-premise, closed, server-based systems which make true interoperability an expensive challenge to overcome.

    Ambra solution enables secure data exchange

    « In Japan, performing efficient medical care is critical to reducing high costs. Hospitals in particular can act as a leader in this area, and are expected to have secure and efficient technology, including image management. Ambra provides a way to securely exchange patient information and allow for regional collaborations, » said Osamu Miyashita, CEO of MC Healthcare (source: Prnewswire.com).

    A platform adapted to the Japanese market needs

    The Ambra platform has been fully localized for the Japanese market: it is APPI compliant, run from a data center in Tokyo for optimized performance, and features a Japanese language user interface.

    Ambra’s device is now available in eight languages: English, Japanese, German, Spanish, Portuguese, Dutch, Chinese and Arabic.

    « Ambra’s imaging solutions have solved a number of pain points for leading US healthcare providers, resulting in more efficient image exchange and storage, significant cost savings and improved patient experiences, » said Morris Panner, CEO of Ambra Health.

    Example of use: the case of Sagara Women’s Healthcare Group

    Sagara Women’s Healthcare Group (SWHG) in Kagoshima, Japan, a leading hospital specializing in breast cancer and women’s health, is one of the first healthcare centers which has adopted Ambra’s industry imaging exchange solutions for its mobile mammography services. In order to encourage women to be screened for breast cancer, Sagara has deployed mammography vans that travel throughout the city so that women do not have to go to the hospital for medical examination.

    Until now, patients’ data and imaging had to be recorded on DVDs which then had to be driven back to the hospital for review was a long and potentially error-prone process that was expensive.

    Imaging is transmitted directly to the hospital via the cloud

    With Ambra Health’s technology, imaging taken in the mobile mammography van is uploaded directly to the cloud, allowing instant routing of mammography images through the web via a mobile wireless hotspot to Sagara Hospital, speeding time-to-care delivery and increasing efficiency of the medical checkup business.

  • Silver éco : Medi’Pep, le robot qui fait le bilan de santé des personnes âgées dépendantes

    La start-up française Spin’r a annoncé dans un communiqué de presse du 18 avril 2018 la commercialisation de son robot intelligent d’assistance du personnel médical.

    Le robot baptisé Medi’Pep, développé en partenariat avec Softbank Robotics et Conserto, est capable de procéder à des consultations médicales pour venir en appui des équipes médicales en établissements.

    Optimiser les ressources et robotiser les établissements

    Le robot qui a été développé depuis une base de robot humanoïde Pepper est disponible dans une version exclusivement à destination des professionnels de santé et notamment du personnel soignant des Ehpad, Ehpa, maisons de retraite et résidences services.

    Il est autonome, donc fonctionne sans la présence d’un membre du personnel médical, mais nécessite une source d’énergie électrique. Livré prêt à l’emploi, il est paramétrable selon les besoins de chaque établissement.

    Il est prévu qu’une version grand public pour accompagner les seniors soit développée d’ici un an selon les équipes de Spin’r.

    La version à destination des professionnels est une réponse, selon ses créateurs, à la modernisation du système de santé français, et en tant que tel peut être financé dans le cadre du processus de modernisation que met en place une structure d’accueil des personnes âgées.

    Accompagner les résidents dépendants

    Il est à la disposition des résidents de jour comme de nuit pour leur permettre d’évaluer leur état de santé et signaler toute situation alarmante au personnel médical.

    Au travers d’une série de questions qu’il pose à une personne âgée manifestant un besoin de soin, il peut faire un bilan de santé.

    Medi’pep dipose des fonctionnalités suivantes à destination des équipes :

    • gestion des autorisations de prise en charge ;
    • gestion des circuits d’information (choix des systèmes et intervenants cibles) ;
    • traçabilité des inconnus et des intrus ;
    • mesure des paramètres vitaux;
    • vérification automatique des mesures incohérentes ;
    • envoi automatisé des rapports avec mesures effectuées ;
    • alerte en cas de situation d’urgence ;
    • suivi de l’historique par résident;
    • impression des rapports.
  • Start-ups : implicity et VitaDX parmi les 8 lauréats du Soft landing program de MedTech Boston 2018

    En mars 2018, Bpifrance, Medicen Paris Région, le French Tech Hub et le MedNest ont lancé un appel à candidatures afin d’accompagner les entreprises de la medtech (dispositifs médicaux, objets connectés et outils de diagnostic) et de la e-santé dans le Soft landing program de Medtech Boston, destiné à les aider à développer leurs solutions innovantes en Amérique du Nord.

    Huit entreprises ont été sélectionnées parmi les vingt start-ups et PME candidates, selon plusieurs critères : le caractère innovant de leur solution, l’expertise de leur équipe et leur potentiel de développement aux Etats-Unis. Les lauréats ont été dévoilés le 16 avril 2018.

    Participation au World Medical Innovation Forum à Boston

    Medtech Boston est un programme dédié aux entreprises medtech et e-santé qui a pour objectif d’accompagner les entreprises dans le développement de leurs solutions innovantes sur le marché nord-américain. Les huit lauréats de cette troisième édition ont été dévoilés à l’occasion du bootcamp préparatoire ; ils participeront à un programme intensif en marge de l’événement World Medical Innovation Forum à Boston du 23 au 27 avril 2018. Organisée par Partners Healthcare, un conglomérat d’hôpitaux de la région de Boston, la conférence sera consacrée aux avancements et opportunités créés par l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé.

    En amont de cette mission d’immersion au cœur de l’écosystème nord-américain de la santé, les 8 start-ups bénéficient d’une journée de coaching aux pratiques du business aux Etats Unis, organisée par Bpifrance, leur permettant d’être directement opérationnelles dès leur arrivée à Boston.

    8 start-ups lauréates du MedTech Boston 2018

    Au cours du World medical Inovation Forum, les lauréats participeront à des ateliers dédiés au système de remboursement, à l’organisation du système de santé américain et aux stratégies de levée de fonds, ainsi qu’à des sessions de mentoring et de pitchs lors de deux événements dédiés aux technologies de la santé. Grâce à ce programme, les huit start-ups bénéficieront d’une meilleure visibilité sur le marché nord-américain.

  • Etude : effet modeste d’une appli sur l’adhérence au traitement contre l’hypertension (Jama)

    Une étude* randomisée publiée dans le Jama Internal Medicine a démontré qu’une application mobile pouvait améliorer l’observance médicamenteuse chez des patients présentant une hypertension mal contrôlée. Cependant, l’amélioration est modeste et elle ne se traduit par un bénéfice clinique. Le recours à l’application ne modifiait pas la tension artérielle systolique.

    L’hypertension affecterait 34% de la population américaine de plus de 20 ans et serait responsable de 73000 décès par an. Un meilleur contrôle de la pression artérielle représente donc un enjeu de santé publique de premier ordre. Or, parmi les patients souffrant d’une hypertension mal contrôlée, la moitié d’entre eux ne suivent pas correctement leur traitement. L’amélioration de l’adhérence constitue donc un levier d’action majeur.

    Des applis au service de l’autosurveillance de la tension

    Dans ce contexte, le recours aux applications mobiles est recommandé dans la mesure où elles peuvent faciliter l’éducation thérapeutique, rappeler les prises de médicaments, assurer un suivi des résultats ou encore faciliter les interactions sociales propices à la motivation. Et les applications mobiles ne manquent pas. Il y en aurait plus d’une centaine dédiée à l’hypertension. Pourtant, d’après une étude datant de 2015, parmi les utilisateurs d’applis, seulement 20% des patients avaient été conseillés par leur médecin.

    Une étude sur 411 patients

    Des chercheurs américains de la Harvard Medical School ont donc mis sur pied une étude incluant 411 patients, entre 18 et 75 ans, ayant une hypertension artérielle mal contrôlée. Ils ont tous reçu un moniteur de pression artérielle bluetooth. Ces derniers ont ensuite été randomisés en deux groupes : un groupe bénéficiait de l’application Medisafe (Medication Adherence Improvement Support App For Engagement-Blood Pressure) et les autres n’avaient aucun suivi particulier. Les membres du groupe d’intervention devaient saisir manuellement leur liste de médicaments et à chaque qu’ils prenaient leur traitement.

    L’appli envoyait des alertes pour leur rappeler de prendre leurs médicaments et génèrait des rapports hebdomadaires d’adhérence. Le suivi de la pression artérielle est également assuré mais dans cette étude, Medisafe n’était pas synchronisée avec le brassard et ne communiquait pas avec un professionnel de santé. Enfin, les patients pouvaient désigner un « ami » qui recevait les alertes et pouvait fournir un soutien.

    Une évaluation de suivi était effectuée à :

    • – 4 semaines : mesure de la pression artérielle
    • – 8 semaines: mesure de la pression artérielle
    • – 12 semaines : mesure de la pression artérielle + de l’adhérence + de la connaissance de l’hypertension

    Des résultats mitigés

    • Résultats sur l’observance

    Au début de l’étude, le niveau d’adhérence moyen était de 6 dans le groupe d’intervention et de 5,7 dans le groupe contrôle. Après 12 semaines de suivi, l’adhérence moyenne a augmente de 0,4 dans le groupe ayant bénéficié de l’appli alors qu’elle n’a pas évolué dans le groupe contrôle.

    • Résultats sur le contrôle de la pression

    Au départ, la pression artérielle systolique moyenne était de 151,4 (9,0) mm Hg dans le bras d’intervention et de 151,3 (9,4) mm Hg chez les témoins. Après 12 semaines de suivi, elle avait diminué de 10,6 (16,0) mm Hg dans le groupe d’intervention et de 10,1 (15,4) mm Hg dans le groupe témoin.

    • Un bon contrôle de la pression artérielle à 12 semaines a été atteint par 35,8% dans le groupe intervention et 37,9% dans le groupe témoin

    La nécessaire implication des professionnels de santé

    «L’étude MedISAFE-BP est, à notre connaissance, la première étude clinique randomisée à rapporter l’effet d’une plateforme mobile autonome sur l’observance du traitement et le contrôle de la pression artérielle, ont déclaré les auteurs de cet essai. Nous avons constaté une amélioration significative de l’adhésion au traitement, mais aucune différence de pression artérielle systolique entre les groupes d’intervention et de contrôle. « 

    Pour améliorer l’impact clinique de telles applications, les chercheurs préconisent de personnaliser encore davantage ces outils. Ils émettent, par ailleurs, l’hypothèse que les résultats seraient meilleurs si l’autosurveillance de la tension était liée à un contrôle par des professionnels de santé. Ils rappellent, enfin, que l’étude n’a évalué que Medisafe et qu’il ne faut pas généraliser ces résultats à l’ensemble des applications mobiles.

  • Médecine factuelle : Roche recherche des start-up pour développer les activités de Flatiron en Inde

    La multinationale suisse Roche recherche des start-up en Inde pour aider l’entreprise à introduire la médecine factuelle (EBM) au sein du pays grâce à la technologie développée par Flatiron Health, expert en DSE, a indiqué à la mi-avril 2018 Lara Bezerra, la nouvelle directrice générale de Roche en Inde.

    Roche veut développer les logiciels de DSE Flatiron sur le marché indien

    Mme Bezerra a précisé que dans le cadre de sa stratégie à long terme, la société souhaitait développer sur le marché indien l’activité de Flatiron Health, une société health tech basée à New York et acquise en février 2018 par le groupe suisse pour 1,9 milliard de dollars (1,5 Md €).

    Une plateforme basée sur le machine learning

    Flatiron est l’un des leaders du marché des logiciels de dossiers de santé électroniques (DSE) spécifiques à l’oncologie et fait également figure d’expert dans le domaine de la conservation et du développement de données probantes pour la recherche sur le cancer.

    L’entreprise a mis au point une plateforme conçue pour apprendre de l’expérience de chaque patient, permettant ainsi aux médecins d’établir des diagnostics plus rapidement et avec plus de précision.

    « (…) Nous avons réalisé que tout ce qui était entrepris en Inde ne pouvait être mener à bien sur le court terme. Nous devons donc penser sur le long terme. Nous cherchons donc de quelle manière nous pouvons développer au mieux la technologie Flatiron en Inde, a déclaré Mme Benzerra (source : The Economic Times – India). Peut-être qu’une start-up basée en Inde pourrait travailler avec Flatiron. Nous examinons toutes les options. »

  • Evidence-based medicine: Roche is looking for startups to develop Flatiron activities in India

    Swiss healthcare group Roche is looking for startups in India that will help the company to bring evidence-based medicine (EBM) in India through the technology developed by Flatiron Health, an EHR software expert, said in mid-April 2018 Lara Bezerra, the new managing director of Roche in India.

    Roche wants to develop Flatiron’s EHR software in the Indian market

    Ms. Bezerra said in a statement that as part of its long-term strategy, the firm wanted to bring in India applications of Flatiron Health, a New York-based health tech company acquired in February 2018 by the Swiss group for US$1.9 billion (€1.5 billion).

    A platform based on machine learning

    Flatiron is one of the market leaders in oncology-specific electronic health record (EHRs) software as well as the curation and development of real-world evidence for cancer research.

    The company has developed a platform designed to learn from the experience of every patient, allowing doctors to make more accurate diagnoses.

    « (…) We realized that whatever you do in India you can’t do in short term. So we have to think something long term. So we are looking how we should bring Flatiron tech to India, » said Lara Benzerra (source: The Economic Times – India ). « Maybe there is startup in India that can work with Flatiron so we are looking at all these options. »

  • Etude : le deep learning pourrait transformer les smartphones en microscope

    Des chercheurs américains de l’université de Californie (UCLA) ont développé une technique permettant d’améliorer la qualité de photos prises par des smartphones. Grâce au deep learning, la résolution de l’image est équivalente à celle des images de microscope. Cette technologie pourrait aider les pays en développement à poser des diagnostics médicaux de haute qualité. Leurs travaux* ont été publiés le 15 mars 2018 dans ACS Photonics, la revue de l’American Chemical Society.

    Le deep learning au service des pays pauvres

    Les pays en développent souffrent de manque d’équipements sanitaires. Or, pour poser un diagnostic, des outils de haute technologie s’avèrent souvent nécessaires. Le deep learning pourrait contribuer à combler le fossé entre pays riches et pays pauvres.

    Des chercheurs américains de l’Ecole Samueli du Génie et des Sciences appliquées de l’Université de Californie (UCLA), et tout particulièrement Aydogan Ozcan, professeur de génie électrique et informatique, ont mis au point des innovations dans le domaine de détection et de la microscopie mobiles. Ils s’intéressent tout particulièrement aux dispositifs de diagnostics médicaux portatifs pour les pays en développement.

    Si la qualité des images réalisées par des smartphones dans le cadre de dépistage (notamment dans les pays pauvres) a déjà fait l’objet de nombreuses publications, les travaux publiés le 15 mars dans ACS Photonics, la revue de l’American Chemical Society, explorent une voix encore plus exigeante.

    Les chercheurs de l’UCLA avaient pour objectif de tirer parti du deep learning pour élever les capacités d’un appareil photo de smartphone standard jusqu’au niveau d’un microscope de laboratoire. A l’heure actuelle, les interfaces d’imagerie optique des téléphones mobiles ne sont pas conçues pour la microscopie et produisent des distorsions dans l’imagerie microscopique.

    Un dispositif imprimé en 3D et peu coûteux

    Pour palier ce handicap, les chercheurs relevé plusieurs défis :

    • la mise au point d’une pièce qui peut être placée sur l’objectif du smartphone afin d’augmenter la résolution et la visibilité des petits détails, jusqu’à une échelle d’environ un millionième de mètre.
    • Sa fabrication : elle est imprimée en 3D, ce qui permettait de la fabriquer pour un coût de 100 $ seulement.
    • Le développement d’un code informatique basé sur l’apprentissage en profondeur pour améliorer la qualité des photos prises avec un smartphone

    Les chercheurs fait appel à l’intelligence artificielle, et plus particulièrement au deep learning, pour atteindre vraiment la précision des images de laboratoire. « Grâce à l’apprentissage en profondeur, nous cherchons à combler le fossé entre les microscopes bon marché basés sur les téléphones portables et les microscopes de table standard à l’aide de lentilles haut de gamme », a déclaré Aydogan Ozcan, principal auteur de l’étude.

    Les chercheurs ont pris des photos d’échantillons de tissus pulmonaires, de sang et de frottis vaginaux, en utilisant d’abord un microscope standard de laboratoire, puis un smartphone équipé d’un accessoire de microscope imprimé en 3D. Les chercheurs ont ensuite transféré les images dans un système informatique qui «apprend» comment améliorer rapidement les images du téléphone mobile.

    Des smartphones aussi précis que des microscopes

    La technique améliore tellement la résolution et les détails de couleur des images du smartphone qu’elles se rapprochent de la qualité des images des microscopes de laboratoire. Elle s’est même révélée efficace avec des images de moindre qualité, qui avaient été compressées pour être plus facilement stockées et transférées.

    Cette technologie spécifique est juste une sorte de mise à niveau pour les caméras de smartphone, mais « nous croyons que notre approche est largement applicable à d’autres systèmes de microscopie à faible coût qui utilisent, par exemple, des lentilles ou des appareils photo bon marché, et pourrait faciliter le remplacement des microscopes de table haut de gamme avec des alternatives mobiles rentables », ont déclaré les auteurs de l’étude. L’utilisation en routine d’un tel dispositif dans des zones défavorisées du globe reste cependant inconnue.

    La recherche a été soutenue par la National Science Foundation et le Howard Hughes Medical Institute.

  • Nous proposons aux entreprises un service d’accompagnement santé personnalisé (F. Reinaud, Concilio)

    Née de la rencontre d’un médecin urgentiste bien « connecté » qui faisait profiter ses proches de son réseau et de ses conseils, Florian Reinaud, et d’un polytechnicien, Georges Aoun, spécialiste en e-commerce qui voulait trouver la meilleure façon d’assurer une prise en charge optimale en cas de problèmes de santé, Concilio est une plateforme numérique qui propose un accompagnement en santé complet à destination des entreprises, lancée en 2017.

    Les co-fondateurs ont accordé une interview à deux voix à Health&Tech Intelligence, à l’occasion de l’intégration d’un service de téléconsultation à leur plateforme au début du mois de mars 2018.

    Ils définissent leur façon d’envisager l’accompagnement en santé et abordent les programmes de coaching et de prévention proposés depuis la plateforme Concilio. Ils partagent la façon dont ils perçoivent l’évolution du numérique en santé et l’apport de la téléconsultation en médecine, avec le modèle économique à y associer pour en garantir l’efficacité, ou encore sa répercussion sur la relation patient-médecin. Ils soulignent par ailleurs l’intérêt pour leur plateforme de la part de PME soucieuses d’offrir des conditions de travail à la hauteur des attentes des salariés d’aujourd’hui.

    Florian Reinaud, l’un des co-fondateurs de Concilio, est un médecin urgentiste « défroqué » depuis 15 ans, qui a intégré le monde du capital–risque en investissant dans les start-ups des sciences de la vie. Il a commencé par les innovations biotech et liées au développement du médicament, pour passer dans les medtech et les dispositifs médicaux avant des’intéresser il y a quelques années aux nouveaux services fondés sur l’usage des nouvelles technologies pour améliorer l’efficience du système de soins. À l’époque en poste chez Innovation Capital, avec son équipe, il a levé le 1er fonds en Europe totalement dédié à la e-santé.

    Georges Aoun, le deuxième co-fondateur, vient du monde du digital où il a commencé avec le lancement du premier fournisseur Internet, Havas on line (HOL), qui proposait de l’internet illimité et à haut débit, où haut débit voulait dire 56Ko pour un abonnement de 45 francs. Scrutant la façon dont la technologie façonne les manières d’accéder à l’information et de consommer des services, il a participé au développement de nombreux services B2C innovants qui ont marqué les années 2000. Les nouvelles technologies comme façon d’améliorer l’efficacité des produits et services traditionnels sont un leitmotiv dans son parcours : il a lancé Amazon en France, filiale dont il a été directeur général, pour se diriger dans le développement de nouveaux services financiers sur mobile en Afrique et en Amérique du Sud et enfin devenir directeur de développement chez PayPal.

    Quelles sont les raisons qui ont motivé la création d’une conciergerie numérique de services de santé ?

    Florian Reinaud : Comme beaucoup de médecins, j’ai été régulièrement sollicité par des proches confrontés à un problème de santé et qui avaient besoin de mes conseils, aussi bien en termes de diagnostic que de traitement, ou que je les oriente vers un spécialiste. Ce conseil informel peut avoir une véritable influence sur l’évolution de la pathologie, mais n’est donc accessible qu’à une catégorie de privilégiés. C’est face à ce constat d’un système de soin à deux vitesses, où les usagers doivent recourir à une source d’information externe, qu’est née l’idée de la plateforme Concilio. Je voulais proposer une plateforme où les utilisateurs pouvaient prétendre au même niveau d’information, de transparence et d’accompagnement en santé.

    Georges Aoun : Pour ma part, n’ayant pas de connaissance médicale, je me suis rendu compte que, dans le domaine de la santé, l’accès facilité à une multitude d’informations était souvent anxiogène, car il n’est pas facile de naviguer sur les nombreux forums et d’avoir du recul sur la pertinence des informations fournies.

    Je me suis intéressé à la façon dont, en tant qu’utilisateur, dans le cas où je suis confronté à un problème de santé grave ou léger, je peux avoir accès au meilleur de la santé, en termes d’information, de prise en charge ou d’aiguillage.

    J’ai eu l’opportunité de rencontrer Florian Reinaud fin 2014 et nous avons alors décidé de monter un projet ensemble.

    Quels sont les besoins non satisfaits par les solutions actuellement disponibles sur le marché qui sont à la base de la construction de votre solution ?

    Florian Reinaud : Aujourd’hui nous assistons à une surspécialisation des médecins spécialistes et l’identification des médecins avec une grande connaissance dans un domaine spécifique n’est pas facile. Un médecin généraliste ne dispose pas d’un réseau exhaustif dans toutes les spécialités. Pour éviter l’errance en consultant plusieurs spécialistes avant de trouver celui qui convient le mieux, on aide les patients à s’orienter de façon efficace et rapide au sein du système de santé qui a par ailleurs des débouchés formidables.

    En termes d’offre, si on parle de recommandation de spécialiste, nous sommes les seuls à le faire de façon objective et exhaustive, et si on parle de téléconsultation, nous sommes la seule plateforme qui propose, après la téléconsultation, un rendez-vous avec un spécialiste si nécessaire.

    L’idée est d’accompagner les utilisateurs en cas de problème de santé, mais également lorsqu’ils n’en ont pas pour les aider à rester en bonne santé.

    Quels sont les services que vous proposez depuis la plateforme Concilio ?

    Florian Reinaud : Nous proposons aux entreprises un service d’accompagnement santé personnalisé à destination de leurs salariés. Nous sommes là pour les utilisateurs quels que soient leurs besoins en termes de santé.

    En termes de services purement médicaux, nous permettons aux bénéficiaires de la plateforme d’accéder à un médecin généraliste pour une consultation physique ou une téléconsultation. Il en va de même pour des rendez-vous auprès des médecins de spécialité avec qui les utilisateurs peuvent échanger à distance en cas de besoin de renseignements ou directement en consultation. S’il y a besoin d’une consultation, nous proposons au patient un choix entre trois médecins de notre réseau, sélectionnés en tenant compte de la pathologie, du périmètre géographique et du délai d’attente.

    La plateforme inclut des « briques » coaching et bien-être qui concernent la prévention et de nouveaux services vont arriver.

    Nous avons imaginé Concilio comme un tiers de confiance en matière de santé, un lieu indépendant des assureurs et de l’employeur, qui se positionne également comme un partenaire santé pour les utilisateurs, car nous proposons un accompagnement aux salariés d’entreprises ayant contracté le service, mais également à leur famille et belle-famille.

    Georges Aoun : Nous avons souhaité un service le plus international possible, qui s’adapte aux différents systèmes de santé et qui véhicule la même valeur pour l’utilisateur final.

    L’idée n’est pas de révolutionner la médecine, mais plutôt d’en tirer le meilleur dans chaque pays en termes d’informations fournies, de parcours et de soins, car être bien aiguillé en amont permet de réduire le stress, de mettre le patient dans de bonne dispositions au regard de sa prise en charge et, nous sommes convaincus, d’améliorer les résultats du système de santé sans changer les investissements, mais en parvenant à un rendement optimisé.

    Certains professionnels de santé sont peu enclins aux nouvelles technologies et les voient même comme un fardeau dans leur pratique quotidienne ? Pour vous le numérique dans la santé a été une évidence ?

    Florian Reinaud : Nous nous positionnons en complète bienveillance et neutralité vis-à-vis des médecins et nous n’ajoutons pas de complexité à sa mission, bien au contraire.

    Quand un patient a eu un délai trop long pour accéder à un médecin, il a certainement été confronté à l’angoisse suscitée par son problème de santé. Mais si on lui permet de s’adresser à un spécialiste du domaine qui lui explique les tenants et les aboutissants de la maladie, le patient arrive à la consultation rassuré et avec les idées claires sur son état et sur les questions clés à poser le jour de la consultation. Les médecins apprécient, car cela permet au patient d’être partie prenante de la décision médicale et les résultats cliniques s’en trouvent améliorés.

    De façon plus large, l’idée que je me fais des nouvelles technologies et des services médicaux associés est incarnée par leur capacité à permettre au médecin de revenir à sa fonction principale – celle de conseil, de réassurance, de gestes techniques et de diagnostic. Les nouvelles technologies peuvent être utilisées comme des garde-fous par les médecins pour ne pas oublier certains aspects ou arriver à mettre le doigt sur des aspects auxquels le médecin ne penserait pas de prime abord, mais elle n’entraveront ni ne remplaceront la relation de confiance fondamentale entre le patient et le médecin.

    Les chatbots ne vont pas se substituer au médecin, mais peuvent aider ce dernier à déblayer le terrain, lui suggérer des diagnostics en repérant des signes subtils d’une maladie et orienter l’examen du patient.

    Georges Aoun : Nous utilisons la technologie pour permettre aux patients d’accéder aux soins, mais également dans un contexte où l’information médicale est disponible facilement et peut être anxiogène, pour apporter une touche humaine en permettant un accès rapide à un médecin généraliste. Son rôle sera d’accompagner le patient en le guidant, en le rassurant et en le préparant à la consultation avec le spécialiste. C’est l’accompagnement que nous proposons qui est le plus de notre service.

    Comment avez-vous procédé à la constitution de votre réseau de médecins généralistes et spécialistes ?

    Florian Reinaud : Le réseau Concilio c’est de plus de 18 000 médecins, avec lesquels nous n’avons aucun lien financier. Ils sont localisés dans une soixantaine de pays majoritairement en Europe de l’Ouest et en France particulièrement. Le réseau a été constitué en deux temps. Nous avons souhaité identifier les médecins les mieux adaptés aux différentes problématiques de santé et avons adopté pour cela l’approche de la nomination par les pairs, où les médecins recommandaient des confrères dans leur spécialité ou dans les sous-spécialités associées. Le répertoire établi n’est pas public et en cela garantit l’impartialité des médecins.

    Les recommandations sont, dans un deuxième temps, validées par une analyse automatisée fondée sur un algorithme qui recoupe la sélection de médecins avec leur corpus académique comprenant des publications et des études cliniques auxquelles ils ont participé afin de valider leur intégration au réseau.

    Georges Aoun : Notre approche a consisté à croiser la recommandation anonyme entre pairs avec les données publiquement accessibles dans divers pays couverts, extraites par des algorithmes développés en coopération avec un laboratoire de l’École Polytechnique.

    Pouvez-vous me parler de vos programmes de prévention et de coaching numériques ?

    Florian Reinaud : Nous avons développé nos services propres ou en partenariat avec d’autres entreprises qui avaient déjà mis au point des produits de qualité. Le partenaire qui dans le secteur de la prévention et du coaching santé numérique nous a paru le plus compétent est Betterise avec qui on a travaillé pour personnaliser un programme via la plateforme numérique, MyConcilio, qui est ultra-personnalisée. En fonction des intérêts de l’utilisateur répertoriés grâce à un questionnaire, de sa géolocalisation, du temps qu’il fait, la plateforme va proposer des activités appropriées parmi plus d’un million de contenus qu’elle intègre. Tout cela est accessible via un ordinateur ou un mobile.

    Le programme de coaching, accessible via des applications, regroupe une cinquantaine de vidéos qui visent à répondre à des demandes ponctuelles comme être accompagné pour perdre quelques kilos, améliorer sa nutrition ou réduire sa consommation d’alcool. Dans un esprit ludique, un programme de quelques dizaines de séances va accompagner l’utilisateur au quotidien. Il a la possibilité d’y connecter tous ses objets connectés personnels pour un meilleur résultat.

    Georges Aoun : Notre programme qui a le plus de succès actuellement est celui qui paradoxalement aide à « se déconnecter », car les gens utilisent énormément les outils digitaux et n’arrivent pas à décrocher. En tête de peloton, également les programmes liés aux thématiques comme le bien-être, la nutrition et l’alimentation avec un programme qui adapte mon alimentation à la saison en proposant des recettes appropriées.

    Florian Reinaud : Cet accompagnement quotidien qui permet de rendre service aux utilisateurs, sert à la fois à mieux les connaître et leur faire des propositions pertinentes, mais surtout d’être présent pour qu’en cas de problème de santé, ils pensent à faire appel à nous.

    Pourquoi avez-vous souhaité ajouter la téléconsultation et comment celle-ci s’intègre à l’ensemble de vos services ?

    Georges Aoun : Comme notre service est avant tout un service B2B permettant aux employeurs d’en faire bénéficier leurs salariés, ce sont les employeurs qui nous ont adressé la remarque que leurs salariés sur des sites isolés ne pouvaient pas bénéficier des mêmes services que le reste des équipes. C’est de là qu’est née l’idée de l’inclusion de la téléconsultation à notre offre afin que les salariés sur des lieux isolés puissent également accéder à un généraliste.

    Florian Reinaud : Nous proposons un service qui permet de communiquer avec un médecin généraliste et d’obtenir une ordonnance si besoin est. Mais, ce qui manque pour aller au-delà pour les 30 à 40% des cas où une consultation s’avère nécessaire, c’est l’accompagnement jusqu’au bout de la chaîne. C’est pourquoi nous recommandons des médecins généralistes ou spécialistes dans un périmètre géographique le plus proche possible.

    La téléconsultation chez nous n’a pas vocation à remplacer une consultation physique et n’a pas la même finalité. Jamais la téléconsultation ne remplacera une consultation physique, mais elle peut constituer une étape indispensable dans le parcours pour répondre à des questions en début d’une maladie ou résoudre des situations stressantes au quotidien en évitant les pertes de temps aux salariés ou des déplacements chronophages qui peuvent être liés à des problèmes logistiques. C’est un outil en amont de la consultation physique qui permet de délivrer des conseils pertinents. Il ne s’agit pas de la même chose.

    Notre contrat avec l’ARS est un gage de qualité et différencie notre service du simple télé-conseil.

    Georges Aoun : De la même façon qu’en e-commerce, on est à l‘aube d’un changement d’attitude.

    Si on s’intéresse au modèle scandinave, l’intérêt d’intégrer la téléconsultation au système de soins est avéré, car elle crée de la valeur ajoutée en permettant de désengorger les urgences et de traiter 60-70% des cas de visite chez un généraliste plus rapidement et de façon efficace.

    Elle a sa place dans le système de soin, et si elle a sa place, c’est qu’elle a de la valeur. Ensuite, son destin dépendra de la volonté des usagers qui voudront y recourir ou pas.

    Le modèle économique adopté in fine va supposer une juste rétribution de tout le circuit et il va forcément évoluer. Les usages dans le temps, une fois le service rentré dans les mœurs, vont le façonner, de même que la politique du remboursement une fois qu’elle aura trouvé la forme la plus appropriée.

    Et concrètement, si un utilisateur a besoin d’un service, comment cela se passe ?

    Florian Reinaud : Une fois la demande formulée via la plateforme, un conseiller rappelle l’utilisateur pour confirmer la demande, explique le déroulé des événements et propose le lendemain, via l’espace personnel et sécurisé de l’utilisateur, un certain nombre de médecins recommandés.

    Pour chacune des pathologies Concilio a constitué un répertoire de médecins et en cas de problème remonté par un utilisateur de la plateforme, notre équipe va en identifier certains en fonction de la demande et prendre contact avec leurs secrétariats médicaux. En se fondant sur une approche statistique, nos équipes ont plus de chances d’obtenir un rendez-vous rapidement en bénéficiant d’une annulation ou en rappelant plusieurs fois.

    Nous avons pu établir que dans la plupart des cas, le rendez-vous médical est toujours obtenu sous 15 jours et au cas où le délai serait plus long, il existe toujours la possibilité de parler avec un médecin entre-temps pour évacuer l’angoisse.

    Quels modèles économiques avez-vous instaurés ?

    Georges Aoun : Notre modèle de commercialisation se rapproche de celui de l’assurance voyage : l’utilisateur peut l’acheter lui-même, il peut en bénéficier via un partenaire, comme dans le cadre de son forfait carte bleue, ou bien dans le cadre de services proposés par son employeur. C’est ce dernier volet qui est en train de se développer le plus, car les entreprises se préoccupent de plus en plus de la qualité de la vie au travail ainsi que de leur responsabilité en tant qu’employeur en termes de risques psycho-sociaux.

    Une entreprise choisit un bouquet de services modulaires qu’elle va proposer à ses salariés. Nous construisons avec chaque entreprise la combinaison de services la plus adaptée. Le financement des services choisis, généralement la totalité, peut être fait de deux façons. Il peut prendre la forme d’une licence qui donne accès aux services à la totalité des collaborateurs ou bien repose sur une estimation du niveau de consommation, modèle proche des cartes prépayées. Dans ce cas-là, Concilio met en place des « packs d’actes » qui sont achetés et mis à dispositions des collaborateurs.

    À titre d’exemple, pour une entreprise d’environ 500 personnes et pour tous les services, cela revient à quelques dizaines d’euros par collaborateur et par an. Les collaborateurs bénéficient quant à eux d’un service totalement gratuit sans reste à charge.

    En accès individuel, comme nous proposons un service à vocation internationale, on a quelques clients particuliers, Européens ou originaires de pays européens émergents, résidant à l’étranger et bénéficiant d’abonnements familiaux. Dans ce contexte, les services font l’objet de devis spécifiques.

    Qui sont vos clients aujourd’hui et avez-vous pu établir une typologie ?

    Georges Aoun : Aujourd’hui, on commercialise en France et à l’international. En B2B, on couvre une dizaine de milliers d’utilisateurs qui peuvent potentiellement accéder à la plateforme. Nous avons en ce moment une quinzaine d’entreprises qui utilisent Concilio.

    Les contrats ont généralement une durée d’un an et sont renouvelables, mais des clients ont déjà signé pour trois ans.

    Il est trop tôt pour établir une typologie d’entreprises clientes, mais puisqu’il s’agit de services universels, ce sont les structures qui placent le bien-être de leurs salariés au cœur de leurs préoccupations et ont des politiques fortes dans les domaines de la RSE, de la qualité de vie au travail et de la marque employeur. Actuellement, ce sont plutôt des PME et des filiales de grands groupes qui ont un circuit de décision plus court que les grands groupes.

    Nous sommes également en discussion avec des assurances et mutuelles qui pourraient intégrer les services de Concilio à leurs offres.

    Avez-vous des projets de développement ?

    Georges Aoun : Comme le produit a été conçu pour pouvoir être exporté à l’international dès le début, nous visons un nouveau marché international en B2B incluant des pays où il est possible de commercialiser le produit avec notre modèle réplicable et « scalable ».

    En parallèle, nous avons en tête des services qui tournent tous autour du renforcement de la plateforme et apportent une réponse à des besoins en santé dans la catégorie des risques psycho-sociaux ou du suivi de santé avec des produits tels que les carnets médicaux.

    Nous venons de lancer, dans une autre gamme de produits de prévention pour répondre cette fois-ci à une problématique d’entreprise, un bilan de santé complet premium.

    En ce qui concerne les risques psycho-sociaux, les employeurs ayant l’obligation de s’assurer du bien-être de leur salariés, avec le cadre juridique et social en train de se mettre en place, ils auront pour obligation d’élaborer des procédures de prise en charge du burn-out et du harcèlement, thématiques clés dans le domaine socio-professionnel.

    Or, à ce jour, il n’y a pas d’offre structurée pour traiter ces problématiques et y apporter une réponse en partant de la source et qui s’inscrit dans la durée. Nous travaillons sur une offre qui permet de recueillir la remontée d’une situation alarmante et qui propose des solutions médicales avec l’association de professionnels de santé reconnus pour la stabiliser et traiter à long terme. Cela permet au salarié de disposer d’un point de déclaration, d’être immédiatement pris en charge au cours d’une phase de stabilisation, pour enfin bénéficier d’un suivi psychologique ou psychiatrique dans le temps.

    Florian Reinaud : Comme dans le cas de la téléconsultation, l’objectif est de proposer un accompagnement médical personnalisé et aller au-delà d’un service d’orientation et d’accueil.

    En tant que médecin et industriel, comment voyez-vous l’évolution du numérique en santé ?

    Florian Reinaud : La santé est une des dernières grandes industries qui n’a pas encore complètement intégré la dimension numérique. Je ne crois pas personnellement à une ubérisation de la santé et la manipulation par des acteurs non compétents. Je crois plutôt aux outils qui vont davantage aider le médecin dans ce qu’il sait faire de mieux et apporter une valeur ajoutée au bénéfice de leurs patients.

    Je n’imagine pas une relation complètement digitalisée, mais des outils qui permettront aux patients d’être plus autonomes, plus impliqués dans leurs traitements, plus parties prenantes dans leur parcours de soin, plus à pied d’égalité avec le professionnel de santé, position qui le placerait dans un échange équilibré.

    Georges Aoun : L’évolution des usages sera fonction de la capacité des nouvelles technologies à accompagner le patient dans l’accès et l’arbitrage vis-à-vis de l’information dont il dispose pour lui permettre de réduire son stress. En parallèle, une pléthore de services nouveaux viendra compléter ce qui existe en fonction des besoins spécifiques qui apparaîtront. Il est normal qu’une opposition émerge au départ, mais on finira par comprendre que le offline et le online vont converger dans la façon de gérer l’accès au système de santé et à l’information.