Medtech

  • Été 2018 : Novartis lance Galaxies of Hope, une appli de jeu vidéo fondée sur l’expérience patients

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations de l’innovation en santé dans le domaine « technologies, solutions et outils numériques ».

    Le groupe pharmaceutique suisse Novartis a annoncé à la mi-juillet 2018 le lancement de l’application Galaxies of Hope, un dispositif façon serious game permettant aux patients et aux fournisseurs de soins de mieux comprendre les obstacles ainsi que les défis relatifs à la prise en charge des tumeurs neuroendocrines (TNE) par une approche multimodale.

    Le dispositif se base sur le vécu de plusieurs malades et professionnels de santé traitant les cancers neuroendocriniens, qui englobent plusieurs types de cancers, afin d’aider les utilisateurs (patients, proches et soignants) à mieux faire face à la maladie tout au long du parcours de soins. Le principe est de leur proposer de découvrir l’histoire personnelle de personnes ayant souffert de cette maladie rare pour mieux cerner et donc appréhender la pathologie.

    Dans le cadre du développement de cette plateforme, Novartis s’est associé avec la société de jeux vidéo américaine Numinous Games.

    L’application Galaxies of Hope sera disponible sur Google Play Store aux États-Unis dans quelques semaines.

    Découvrir le vécu d’anciens patients pour mieux affronter la maladie

    « [Pour élaborer l’application,] nous avons interrogé des patients, des soignants et des médecins et leur avons demandé de décrire, avec leurs propres mots, [ce qu’ils ont vécu tout au long du parcours de soins], ont expliqué à MobiHealthNews Amy et Rob Green, les fondateurs de Numinous Games, qui ont développé Galaxies of Hope. Ces entrevues ont éclairé la conception de cette expérience, qui, avec l’enregistrement audio de [ces] interviews, est destinée à être représentative des divers émotions, obstacles et succès exprimés par ces patients atteints de TNE, par leurs soignants et par les médecins. »

    « Un documentaire interactif »

    « Notre premier jeu vidéo, That Dragon, Cancer, racontait l’histoire de notre fils Joel et de son expérience dans la lutte contre un cancer rare du cerveau », rapportent les deux concepteurs. « Avec Galaxies of Hope, l’idée est d’offrir une vision plus large de l’expérience de nombreux patients atteints de TNE, de leurs proches et de leurs médecins. À l’instar de notre premier jeu vidéo, Galaxies of Hope ressemble un peu à un documentaire interactif mais il a été conçu en fonction de cette communauté particulière et nous espérons qu’il lui sera très utile. »

    3 modes différents

    La plateforme propose trois « pistes » (modes) différentes : patient, fournisseur de soins et soignant.

    Chaque piste est interactive et permet à l’utilisateur de parcourir une histoire, rythmée par les angoisses de la personne concernée, les difficultés rencontrées au cours du traitement, ses espoirs, etc. Les utilisateurs peuvent également parcourir différentes lumières scintillantes et, en cliquant, écouter des interviews réalisées avec des hommes et des femmes ayant été confrontés à un cancer neuroendocrinien.

    « Nous espérons que la création de cette expérience virtuelle du parcours des patients [atteints de TNE] fournira un soutien [à celles et ceux qui vivent] avec cette maladie rare [mais aussi] à celles [et ceux] qui en ont la charge et les soignent », a déclaré dans un communiqué Ameet Mallik, vice-président exécutif et responsable de l’oncologie (États-Unis) à Novartis.

    Novartis investit dans la e-santé

    L’intérêt du groupe pharmaceutique pour la health tech est grandissant. En mars 2018, l’entreprise a signé un accord avec l’Américain Pear Therapeutics, leader de la thérapeutique numérique sur ordonnance, afin de développer des applications logicielles destinées à traiter les personnes atteintes de schizophrénie ou de sclérose en plaques.

  • Été 2018 : Voluntis lance une plateforme de gestion des symptômes en oncologie baptisée Theraxium

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations de l’innovation en santé dans le domaine « technologies, solutions et outils numériques ».

    Voluntis
    , société spécialisée dans la conception et l’édition de logiciels thérapeutiques, a annoncé le 31 juillet 2018 le lancement d’une plateforme digitale d’accompagnement à la gestion des effets indésirables engendrés par les traitements utilisés en oncologie : Theraxium Oncology.

    D’après le communiqué émis par l’entreprise, ce logiciel vise à améliorer l’autonomie des patients – à les rendre acteurs des soins symptomatiques prescrits dans le cadre de leurs traitements anticancéreux, à renforcer les liens entre malades et équipes soignantes, notamment dans l’objectif de faciliter la prise de décision : cette technologie combine une application mobile destinée aux patients à un portail numérique conçu pour les professionnels.

    Initialement développée pour les patientes souffrant d’un cancer du sein ou de l’ovaire, cette technologie cible aujourd’hui les personnes atteintes par la plupart des cancers à prévalence relativement élevée et pris en charge par de nombreux traitements : la conception de Theraxium a été fondée sur des recherches menées en partenariat avec des instituts de lutte contre le cancer, des centres médicaux américains et avec le concours de nombreux patients.

    Un outil utilisable par les patients

    L’utilisation de Theraxium implique pour les patients de renseigner manuellement ou par l’intermédiaire de capteurs des données relatives à leurs symptômes.

    En retour, ils reçoivent des recommandations correspondant à leur actuel état de santé, fondées sur les guidelines américaines et anglaises et prenant en compte le schéma de soins mis en place par l’équipe médicale et soignante.

    Une plateforme également destinée aux professionnels

    Le dispositif, capable de transmettre – par l’intermédiaire d’un site web – aux professionnels de santé les données renseignées par les patients, peut permettre aux équipes médicales et soignantes de suivre en temps réel l’évolution des symptômes connus par leur patientèle. 

    Ainsi à même d’identifier les patients à traiter en priorité, l’oncologue peut intervenir rapidement pour modifier les traitements ou améliorer la coordination de ses actions avec l’ensemble des membres de l’équipe et avec les patients.

  • Été 2018 : Gestion de crise – l’appli Entr’Actes vise à connecter plus facilement les médecins

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations en santé dans le domaine « technologies, solutions et outils numériques ».

    Début août 2018, l’application numérique Entr’Actes, développée par des professionnels de santé de l’Essonne pour faciliter la coordination des soins et des professionnels afin d’améliorer le suivi des patients, a activé ses contacts pour essayer de mieux faire face aux défis relatifs à la période estivale, en particulier l’épisode de canicule qui a touché l’ensemble de la France, mettant sous « tension [le] système de soins ».

    Dans un communiqué envoyé le 3 août 2018, les responsables du programme expliquent qu’il est essentiel de « mobiliser et [d’]optimiser les compétences des professionnels disponibles » afin de mieux gérer les crises du secteur. « Faciliter la mise en relation pour mutualiser nos ressources sur le territoire est un gage d’une meilleure efficience dans la prise en charge de nos patients fragilisés », précise-t-elle.

    2 800 professionnels sont déjà connectés à la plateforme Entr’Actes, disponible sur Apple Store ou Play Store. Innovant, le service mis en place il y a deux ans a néanmoins un coût. Fin juin 2018, le centre hospitalier Sud francilien (CHSF) de Corbeil-Essonnes a été déconnecté du réseau. La décision a été prise par l’éditeur, « faute d’accord de financement avec le centre hospitalier ».

    Entr’Actes : une application prometteuse mais qui a un coût

    Depuis deux ans, l’association essonnienne Espace vie, à l’origine de la plateforme Entr’Actes, demande aux établissements de santé de contribuer à son service numérique, permettant de laisser leurs patients quitter le centre de soins plus tôt, tout en continuant de recevoir les informations de leurs dossiers médicaux.

    Après deux ans d’utilisation de l’application, le CHSF de Corbeil-Essonnes a été déconnecté du réseau en juin 2018 car aucun accord de financement n’a pu être trouvé entre le centre et l’éditeur.

    « Notre objectif est que la situation soit rétablie au plus vite »

    « Notre objectif est que la situation soit rétablie au plus vite, a déclaré Damien Nicolini, infirmier et président de l’association Espace vie (source : Le Parisien). Notre service, qui s’est considérablement développé, recense [de nombreux] professionnels de santé. Tout ceci a un coût : des personnes sont mobilisées 24h/24h et 7j/j. Il faut payer des ingénieurs, héberger des données de manière extrêmement protégée… Nous ne pouvons pas payer seuls ces services. »

    Le responsable explique que, pour les hôpitaux, l’association évalue le coût mensuel aux gains d’une journée d’hospitalisation. « Tous les établissements avec qui nous travaillons ont adhéré. Malgré plusieurs relances, seul le CHSF a refusé. »

    Suivi des patients : le CHSF collabore avec d’autres acteurs de l’hospitalisation à domicile

    La direction du Centre hospitalier sud francilien a répondu qu’elle n’avait pas à « commenter le modèle économique de l’application Entr’Actes ». « L’association Espace vie fait partie des partenaires auxquels notre établissement fait appel pour organiser le retour à domicile, a-t-elle expliqué. Mais l’établissement travaille également avec l’Association pluriprofessionelle Evry santé (APES) et différents acteurs de l’hospitalisation à domicile comme Santé services et les soins infirmiers à domicile de la Fondation œuvre de la Croix Saint-Simon. »

    Pour compléter son dispositif, le CHSF indique également entretenir « des liens étroits avec le service de retour à domicile des patients hospitalisés de la Caisse d’Assurance maladie ».

  • Été 2018 : Natural Cycles devient la 1ère appli de contraception à obtenir l’approbation de la FDA

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations en santé dans le domaine « technologies, solutions et outils numériques ».

    Le 10 août 2018, la Food and Drug Administration (FDA) a donné pour la première fois son approbation pour la mise sur le marché d’une application pour smartphone de contrôle de la fertilité destinée aux femmes âgées de plus de 18 ans et non ménopausées.

    Cette application, baptisée « Natural Cycles », est fondée sur un algorithme à même de prévoir par un calcul, pour une femme donnée et sur la base de mesures de température, les jours du cycles associés à une forte probabilité de fertilité pendant lesquels un dispositif de contraception (préservatif, etc.) est à utiliser.

    Si la population générale semble de plus en plus demandeuses d’applications d’accompagnement à la prise de décision en santé, telles que des applications de rappel de prise de pilule contraceptive, d’incitation à pratiquer une activité physique adaptée et à adopter un régime alimentaire équilibré, etc., la FDA rappelle que l’utilisation de telles dispositifs n’est pas anodine.
    Concernant Natural Cycles et comme pour tout dispositif médical de contraception, il est par exemple important de connaître sa fiabilité, son efficacité en tant que contraceptif (indice de Pearl) ainsi que certaines contre-indications et précautions d’emplois.

    Principes d’utilisation de Natural Cycles approuvés par la FDA

    Le fonctionnement de l’application repose sur la prise quotidienne, le matin au lever, par l’utilisatrice de sa température corporelle au moyen d’un thermomètre basal (plus sensible et précis que les thermomètres basiques). Le résultat doit être entré dans l’application afin que celle-ci puisse modéliser le cycle et indiquer correctement à l’utilisatrice quand elle doit utiliser une protection ou non.

    Fiabilité et efficacité de la méthode

    « Les consommateurs utilisent de plus en plus de nouvelles technologies pour s’informer et soutenir chaque jour leurs prises de décision en santé et cette nouvelle application peut constituer une méthode efficace de contraception si elle est utilisée soigneusement et correctement. Cependant, les femmes devraient être informées du fait qu’aucune méthode de contraception n’est parfaitement efficace : un risque de grossesse non désirée demeure inhérent à l’utilisation même correcte de ce nouveau dispositif », explique Terri Cornelison, directeur adjoint au département de santé des femmes du Center for Devices and Radiological Health (CDRH) de la FDA. 

    Aussi, il est nécessaire de quantifier l’efficacité de la méthode et d’estimer ce risque de survenue d’une grossesse non désirée malgré une utilisation correcte de l’application. Pour évaluer l’efficacité de Natural Cycles, une étude clinique a donc été menée : 15 570 femmes ont utilisé l’application pendant une durée moyenne de 8 mois et le nombre de grossesse survenue pendant cette période a ensuite été mesuré. 

    Les résultats ont révélé que pour 100 femmes utilisant correctement le dispositif pendant 1 an, 1,8 femme en moyenne tombait enceinte soit à cause d’une erreur de prédiction de l’application menant à un rapport sexuel pendant un jour proche de l’ovulation, soit à cause d’un échec de la méthode de contraception utilisée un jour où l’outil avait recommandé d’utiliser une protection.

    Ce chiffre s’élève à 6,5 % pour les femmes n’utilisant pas le dispositif correctement (rapport sexuel non protégé pendant des jours de grande fertilité, etc.).

    Contre-indications et précautions d’emplois précisées par la FDA

    La FDA précise que Natural Cycles ne doit pas être utilisé par des femmes pour qui une grossesse serait à risque, pour elle ou pour le fœtus, ou suivant concomitamment un traitement hormonal inhibiteur de l’ovulation.

    En outre, cette application ne protège pas des infections sexuellement transmissibles (IST), actuellement en recrudescence.

    Ainsi, si l’approbation de la FDA aboutit à la mise sur le marché de Natural Cycles, elle vise en outre à encadrer et à sécuriser son utilisation par les patientes américaines.

  • Été 2018 : appel à projets à destination des start-ups spécialisées dans les DM de e-santé

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations en santé dans le domaine « acteurs » et « écosystèmes ».

    L’Agence professionnelle d’organisation de congrès MCO Congrès, qui se fixe pour mission d’accompagner les associations, les sociétés savantes et autres acteurs de l’innovation, a annoncé qu’elle organisera les 19 et 20 novembre 2018 l’événement INNOV’inMED dans le palais du Pharo, à Marseille.

    Selon MCO, l’événement a vocation à fédérer les acteurs des secteurs de la e-santé, des biotechnologies et des sciences de la vie, tels que les professionnels de la santé, les acteurs institutionnels et académiques en charge de la recherche et de la valorisation de l’innovation (universités, incubateurs, CHU, clusters, instituts de recherches, biotech, medtech, start-ups, etc.) et leurs accompagnants (structures d’aides, investisseurs, conseils financiers et juridiques).

    Au cours de ces deux journées se tiendra un challenge start-ups baptisé « INNOV’inMED Awards ». Il permettra aux start-ups et porteurs de projets de dispositifs médicaux de e-santé d’augmenter la visibilité de leur solution innovante digitale ou utilisant l’intelligence artificielle. 
    Il leur sera notamment donné la possibilité, dans le cadre de ce concours, de présenter leurs idées en présence d’un auditoire d’investisseurs internationaux et de grands groupes.

    L’inscription peut être réalisée sur le site officiel en lien ci-contre avant le 1er octobre 2018.

    Les INNOV’inMED Awards (un « Award e-health » et un prix coup de cœur du jury « Award special jury ») seront décernés par un jury réunissant des représentants :

    • d’Advent France Biotechnology (Alain Huriez, président et managing partner) ;
    • de la BNP Paribas (Mao Chan, chargé d’affaires innovation) ;
    • de Bpifrance (Joséphine Marie, chargée d’investissement) ;
    • de Go Capital (Leila Nicolas, directrice d’investissement) ;
    • de l’Institut national de la propriété industrielle – INPI (Eric Catapano, délégué régional PACA, et Jean-Paul Buisson, chargé d’affaires INPI) ;
    • de la Kedge Business School (Claude Spano, directeur de la division « innovation hybride ») ;
    • du SATT Sud-Est (Anastasia Hovanessian, directrice marketing et communication) ;
    • de SE13 Capital – 13advisory (Jean-Marc Soustre, general partner).
  • Tencent va proposer le contenu médical du site américain WebMD aux utilisateurs chinois de WeChat

    Le géant chinois de l’internet Tencent présentera le contenu médical du site de santé new-yorkais WebMD d’ici la fin 2018 sur sa plateforme de réseau social WeChat (environ 1 milliard d’utilisateurs actifs) et sur QQ, la messagerie instantanée la plus utilisée en Chine, a rapporté le 24 juillet 2018 le Wall Street Journal. L’objectif est d’étoffer l’offre de sources d’informations médicales en ligne fiables au sein du pays.

    Le récent accord de licence signé entre Tencent et WebMD autorise le premier groupe à traduire le contenu relatif à la santé de WebMD, dont les articles et les vidéos du site, pour les utilisateurs des deux applications citées. Les détails financiers de la collaboration n’ont pas été rendus publics.

    Selon les modalités du contrat, le contenu chinois de WebMD sera adapté à l’audience nationale et se concentrera sur les maladies ayant une plus forte prévalence en Chine, comme le cancer du poumon.

    Chine : la fiabilité des informations médicales en ligne pose question

    WeChat : source d’informations de santé n°1 du pays

    Selon une enquête menée en 2017 par le journal officiel de la Ligue de la Jeunesse communiste chinoise China Youth Daily, près de 60 % des Chinois utilisent WeChat comme source majeure d’informations médicales et sanitaires, précédant la télévision et internet. Plus de 50 % des personnes interrogées ont indiqué avoir déjà été victimes de conseils de santé non professionnels.

    Le gouvernement concerné

    « Les [citoyens] ont été bouleversés par les incertitudes sur la fiabilité des informations médicales en ligne, avait déclaré le P.-D.G. de Tencent Ma Huateng, aussi connu sous le nom Pony Ma, lors d’une conférence de presse organisée l’année dernière à l’occasion des China’s Two Sessions 2017, intitulé désignant les deux réunions annuelles que sont la Conférence consultative politique du peuple chinois (CPPCC) et l’Assemblée nationale populaire (NPC). Nous espérons avoir un produit de propriété intellectuelle faisant autorité et professionnel qui soit reconnu mondialement et [ayant une réelle valeur] pour le bien-être du public. » (source : South China Morning Post)

    Le gouvernement encourage l’innovation en santé

    Selon un rapport publié en 2017 par McKinsey & Company, le marché de la santé en Chine connaît la croissance la plus rapide au monde parmi les principales économies mondiales, avec une croissance annuelle de 12 % qui pourrait lui permettre d’atteindre le 1 milliard de dollars US (855 M €) d’ici 2020 et les 2,3 milliards (1,967 Md €) d’ici 2030.

    L’innovation dans l’industrie de santé est encouragée par les autorités. En mars 2018, le Premier ministre chinois Li Kegiang a annoncé dans son rapport de travail que le gouvernement intensifierait la recherche et le développement de l’intelligence artificielle et promouvrait le modèle « Internet Plus », incitant le développement de solutions numériques dans les industries traditionnellement « hors lignes », dans des secteurs tels que celui des soins médicaux et des soins aux personnes âgées.

    Par ailleurs, en novembre 2017, le gouvernement a chargé Tencent d’impulser le développement de l’imagerie médicale après que les plus grands groupes internet chinois, appelés « les BAT » (Baidu, Alibaba et Tencent), aient été désignés comme les champions nationaux de l’intelligence artificielle.

    Tencent multiplie les investissements en e-santé

    L’entreprise a lancé en 2017 son premier produit médical basé sur l’IA, Miying, utilisé pour des examens endoscopiques rapides et la détection de maladies dans une centaine d’hôpitaux de Chine. Elle a par ailleurs ouvert la même année ses propres cliniques physiques avec la filiale médicale Doctorwork à Pékin, Chengdu et Shenzhen. La société est également en train de développer ses capacités dans les domaines de l’intelligence artificielle et de l’analyse des big data par le biais de partenariats noués avec des hôpitaux et des cliniques du pays.

    L’accord conclu entre Tencent et WebMD vient s’ajouter à la série d’investissements réalisés ces dernières années par le groupe chinois dans le secteur de la health tech. Parmi les opérations les plus importantes menées jusqu’ici :

    • l’investissement (70 M US$ ; 59,9 M €), en 2014, dans DXY, une plateforme chinoise d’information médicale similaire à WebMD ;
    • l’annonce de l’entrée en bourse à Hong Kong d’ici la fin de l’année de WeDoctor Group, une entreprise de services de santé en ligne basée à Hangzhou soutenue par Tencent et évaluée à 5,5 milliards de dollars (4,7 Mds €).

    « L’application de la technologie contribuera à un développement plus équilibré des ressources médicales et des capacités de service », a déclaré Ma Huateng lors des China’s Two Sessions 2018.

    Des technologies telles que l’intelligence artificielle (IA), la réalité augmentée et virtuelle ainsi que le live streaming pourraient être exploitées dans le secteur des soins au sein des régions les moins développées du pays afin de pallier le manque de ressources médicales, a-t-il expliqué.

  • Catel Paris : les journées des stratégies e-santé, jeudi 4 et vendredi 5 octobre 2018 à Paris

    Le congrès Catel Paris aura lieu le jeudi 4 octobre à partir de 15 heures et le vendredi 5 octobre 2018 dans la Maison de la chimie, à Paris, sur la thématique « Économie de la e-santé : de réelles avancées pour des modèles viables et pérennes », en présence de la DSISS, de la DGOS, de la Caisse nationale de l’Assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), de l’ASIP et d’ARS.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement doivent remplir le formulaire en ligne, disponible sur le site officiel (lien ci-contre).

    Jeudi 4 Octobre 2018

    11h00 – 12h30 :

    Assemblée générale Catel Accompagnement (réservée aux membres et associés)

    13h30 – 15h00

    Assemblées générales Catel Accompagnement et Catel Réseau conjointes

    Atelier 1 | « Comment définir un business modèle frugal ? »

    Avec :

    • Enguerrand Habran, directeur du Fonds FHF recherche et innovation ;
    • Sébastien Gasc, directeur chargé du projet appui aux GHT au sein du Resah.

    Atelier 2 | « RGPD et e-santé »

    17h00 – 18h30

    Démonstrations et pitchs des acteurs de la e-santé : « ma e-santé en 300 secondes ! »

    18h30 – 20h00

    Cocktail networking

    Vendredi 5 Octobre

    09h00 – 9h15

    Allocution officielle

    09h15 – 10h00

    Ouverture avec l’intervention officielle des 5 principales fédérations hospitalières

    10h00 – 11h00

    Table Ronde – Tarification des actes pour la téléconsultation : les modalités de rémunération du droit commun

    11h00 – 11h30

    Pause networking

    11h30 – 12h30

    Table Ronde – Modèles économiques : de nouvelles équations

    Avec :

    • Benjamin Laurent, directeur de l’offre à Klesia ;
    • Frédéric Valluet, solutions director, EMEA Insurance & Healthcare à MarkLogic.

    12h30 – 12h45

    Allocution officielle du Catel

    Avec :

    • Didier Robin, président de Catel Réseau, chef de service psychiatrique à l’EPSM-Morbihan ;
    • Pierre Traineau, co-fondateur et directeur général de Catel Réseau et P.-D.G. de Catel Accompagnement.

    14h00 – 15h00

    Table Ronde – Organisation performante de la filière : les modalités de coopération pour la télésurveillance

    • Télésurveillance : le point sur les avancées et progrès depuis 1 an (rémunération, cahier des charges, facturation, déclarations d’activité,…) ;
    • Les prochains leviers à actionner pour une généralisation des usages

     Avec :

    • Vincent Bastide, président du groupe Bastide (sous réserve) ;
    • Vincent Peters, directeur des affaires réglementaires – accès au marché chez Biotronik ;
    • Lucile Blaise, vice-présidente Benelux, France et Afrique du Nord de Resmed et administrateur du Snitem ;
    • Pierre Thepot, directeur général du Centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre.

    15h00 – 16h00

    Table ronde – Financements et investissements : les modalités d’équipement

    16h00 – 16h15

    Clôture

  • Étude : l’Ouganda teste avec succès la santé mobile pour gagner son combat contre le Sida

    Donner accès à des services de santé mobile pourrait aider l’Ouganda à atteindre ses objectifs de lutte contre le sida pour 2020. Le déploiement d’une plateforme de télémédecine et l’envoi de messages vocaux et de SMS a permis d’améliorer le recours aux services de dépistage, le maintien dans les structures de soins et l’adhérence au traitement.

    Les résultats* de cette expérimentation ont été présentés par une équipe de chercheurs ougandais et américains lors de la conférence internationale sur le Sida (International AIDS Conference), qui se tient à Amsterdam du 23 au 27 juillet 2018.

    Donner accès à la prévention du VIH au plus grand nombre

    Dans les années 80, l’Ouganda était le pays d’Afrique le plus touché par l’épidémie de Sida. Rapidement, les pouvoirs publics ont mis en place des programmes de prévention et le pays a même fait figure de modèle sur le continent africain.

    Les résultats n’ont pourtant pas été à la hauteur des espérances puisqu’entre 2000 et 2011, le nombre d’infections a doublé. En 2015, l’OMS avait pourtant fixé des objectifs globaux ambitieux : 90 % de personnes infectées par le VIH devraient être diagnostiquées, 90 % être sous traitement antirétroviral et 90 % présenter une charge virale indétectable dès l’horizon 2020. Autrement dit, l’organisation planifie une maîtrise de l’épidémie.

    Beaucoup d’experts tirent la sonnette d’alarme estimant que l’objectif risque fort de ne pas être atteint.

    L’Ouganda teste la santé mobile auprès des policiers

    Conscient des obstacles qu’il reste à franchir, l’Ouganda sait qu’il doit utiliser des moyens innovants pour donner un coup d’accélérateur à sa politique de lutte contre le Sida et donner accès aux soins et à informations préventives au plus grand nombre.

    Le HIV/Health Initiatives in Workplaces Activity (HIWA), une organisation soutenue par l’USAID, dont la mission est de réduire l’incidence du VIH parmi plusieurs communautés professionnelles telles que les forces de police ougandaises et les gardes du corps privés, a voulu tester la faisabilité et l’efficacité du recours à des outils de santé mobile et de télémédecine. Le but était de mesurer leur impact sur le dépistage du VIH ainsi que l’observance des traitements et la suppression de la charge virale.

    Entre janvier 2016 et juillet 2017, des hommes et des femmes de la police ougandaise, des gardes de sécurité privés, des membres de l’Uganda Wildlife Authority, un des organes directeurs qui réglementent la conservation de la faune sauvage en Ouganda, et d’une association de propriétaires d’hôtels ont consenti à recevoir des services de santé mobiles par messagerie et via une plateforme de télé-santé 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

    Grâce à une plateforme SMS open source, à des appels vocaux et à WhatsApp, les bénéficiaires ont été sensibilisés aux informations sur la prévention et le test du VIH ainsi que sur la manière d’accéder aux services de santé proches de leur localité. Ils ont également reçu des rappels périodiques individualisés pour l’observance du traitement ainsi que des rappels pour les tests de charge virale. Le suivi sur le terrain basé sur les données de la santé mobile a été effectué par les facilitateurs de liens communautaires et le personnel du centre de santé.

    Résultats : 100% de respect des rdv médicaux

    Les conclusions de cette étude ont été présentées lors de la conférence internationale sur le Sida, qui se tient à Amsterdam du 23 au 27 juillet 2018 :

    • 19 152 personnes ont reçu des messages de prévention du VIH et de changement de comportement ;
    • 4,3 % des personnes sollicitées par le biais des plateformes pour tester le VIH étaient séropositives ;
    • 143 patients nouvellement diagnostiqués infectés par le VIH ont été intégrés avec succès dans les soins ;
    • 121 mères ont participé à une campagne afin d’adhérer au traitement et de compléter les tests de diagnostic pour leurs bébés exposés ;
    • 1 241 adultes séropositifs (42,8 % d’hommes et 57,2 % de femmes) ont accepté de recevoir des SMS pour leur rappeler de prendre leur traitement ;
    • 100 % des bénéficiaires séropositifs au VIH ont respecté leur calendrier de tests de la charge virale au cours des 12 derniers mois.

    Une appli pour sensibiliser à la PrEP 

    Ces résultats montrent que la santé mobile permet d’accroître l’utilisation des services de dépistage du VIH et d’améliorer le maintien des personnes infectées dans le système de santé. Pour les auteurs, « la santé mobile doit être considérée comme un moyen d’intensifier les efforts et d’atteindre l’objectif 90-90-90 fixé pour 2020 ».

    Lors de la conférence internationale AIDS 2018, d’autres expérimentations de recours à la m-santé se sont révélées positives. Une étude menée sur un petit échantillon a par exemple mis en évidence l’intérêt d’une appli mobile pour promouvoir et sensibiliser les jeunes à la prophylaxie pré-exposition. La PrEP, qui consiste à prendre un traitement avant un rapport sexuel à risque, s’est révélée 100 % efficace, comme l’a montré une étude française. L’appli P3 (Prepared, Protected, emPowered) qui sensibilise à ce mode de prévention grâce à des jeux, des incitations financières, des partages sur les réseaux sociaux, etc. a été très bien acceptée par les jeunes qui ont bien adhéré aux conseils de prévention. Un essai clinique sera mené pour mesurer son efficacité.

  • Diagnostic du mélanome : l’IA Diamela pourrait aider à éviter les interventions inutiles

    La société Anapix Medical, qui développe des solutions d’imagerie de la peau et d’aide au diagnostic en dermatologie, a communiqué le 19 juillet 2018 quelques résultats d’une étude menée avec des dermatologues du Var et l’intelligence artificielle Diamela. 

    Cette intelligence artificielle, aujourd’hui intégrée dans SkinApp, l’application d’imagerie de la peau et d’aide au diagnostic destinée aux dermatologues développée par Anapix, a en effet suscité des recherches financées par l’Agence nationale de recherche (ANR) et menées par plusieurs dermatologues ainsi qu’une dizaine de professionnels varois.

    Ces travaux de recherches, qui visaient notamment à estimer la capacité de cet outil à éviter des opérations inutiles d’excision de nævus (grains de beauté) bénins, ont permis de conclure que l’utilisation de Diamela peut à l’heure actuelle permettre de diviser par 2,4 le nombre d’interventions superflues.

    SkinApp et Diamela, les dispositifs utilisés pour l’étude

    L’application SkinApp pour smartphone permet aux professionnels de la santé :

    • d’acquérir des photographies de lésions pendant la consultation ;
    • d’analyser des images de nævus à l’aide de l’intelligence artificielle Diamela, capable de distinguer les grains de beautés bénins des mélanomes en détectant des points de concordance ou au contraire de divergence entre les milliers d’images intégrées à son système et la photo extemporanément prise. Diamela peut être qualifié de « classifieur de lésions » ;
    • de communiquer en ligne avec des confrères connectés pour discuter de diagnostics problématiques.

    Le classifieur de nævus Diamela efficace sur les images atypiques, difficiles à interpréter

    Pour l’étude, la sensibilité (capacité à trouver tous les mélanomes) et la spécificité (capacité à trouver uniquement des mélanomes) de plusieurs dermatologues ont été calculées après soumission à un ensemble de photographies de lésions mélanocytaires extraites d’une collection de plus de 7 000 examens cliniques, incluant de nombreux cas de lésions bénignes non excisées. Les 88 cas de mélanome, 360 lésions excisées avec certification de non malignité par étude anatomo-pathologique ainsi que 649 lésions dites bénignes représentant au mieux la diversité d’aspect des lésions mélanocytaires ont été retenus pour constituer la base de test.

    Les performances de Diamela ont été par ailleurs calculées en présence de la même banque d’images et comparées à celles des dermatologues.

    L’analyse des résultats de l’étude montre que pour ces données, la sensibilité moyenne des dermatologues était de 81 % (valeurs extrêmes 66-92) pour une spécificité moyenne de 52 %. Dans ces mêmes conditions, la sensibilité de Diamela était de 94 %. Au niveau moyen de détection du mélanome pour les dermatologues (sensibilité de 81 %), le nombre de faux positifs (opérations inutiles) était 2,4 fois plus élevé que pour Diamela.

  • Le numérique en santé : 6ème édition des Rencontres du progrès médical, le 11 septembre 2018 à Paris

    La 6e édition des Rencontres du progrès médical aura lieu le 11 septembre 2018 à Paris au sein de l’Institut Pasteur et sera centrée autour de la thématique « numérique en santé : révolution ou évolution ? ».

    De nombreux intervenants tenteront de répondre à cette interrogation, dont :

    • Guy Vallancien, chirurgien urologue et membre de l’Académie nationale de médecine ;
    • Robert Chu ; fondateur d’Embleema ;
    • Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP ;
    • Jacqueline Hubert, directeur général du CHU de Grenoble ;
    • Dominique Pon, président du groupe coopératif d’établissements de santé indépendants SantéCité et directeur général de la clinique Pasteur à Toulouse ;
    • Jean-Marc Aubert, responsable de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et du service de statistiques des ministères sociaux ;
    • Sophie Martinon, directrice générale de l’Anap ;
    • Nicolas Grémy, responsable sectoriel e-santé à Bpifrance.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement doivent s’inscrire via le formulaire en ligne (lien ci-contre).