Medtech

  • Handicap : le CHU de Nantes, l’École centrale et OnePoint développent un avatar piloté par la pensée

    Le groupement d’intérêt scientifique (GIS) Neurosciences, constitué au printemps 2018 par le centre hospitalier universitaire de Nantes et l’École centrale de Nantes, ainsi que la société Onepoint, spécialisée dans la transformation numérique des entreprises et des administrations, ont mis au point un avatar piloté par la pensée pour contribuer à la recherche sur les douleurs fantômes et les handicaps neurologiques. 

    En effet, par le biais d’un casque électroencéphalographie (EEG), l’activité cérébrale d’un utilisateur peut être analysée et ses intentions de mouvement retranscrites et interprétées grâce à travers un avatar virtuel évoluant dans un jeu vidéo.

    Ce serious game sera présentée le 22 septembre 2018 lors de la Nantes Digital Week.

    Un jeu basé sur l’utilisation d’un casque EEG

    L’utilisateur est équipé d’un casque EEG relié à une intelligence artificielle (IA) qui a appris à reconnaître quatre de ses intentions : marcher, bouger le bras droit, bouger le bras gauche et rester immobile. Le jeu fait avancer l’avatar selon les commandes pensées par le patient et perçues par l’IA.

    Une démonstration de la technologie sera effectuée le 22 septembre 2018 au cours de la Nantes Digital Week, et plus précisément lors du salon Startups à l’ouest (Nantes Game Xperience), qui aura lieu à La Conciergerie – Labo de Quartier et au Studio 11/15.

    Une technologie combinant interfaces cerveau-ordinateur, IA et design thinking

    Le dispositif combine BCI (interfaces cerveau-ordinateur), IA et design thinking (synthèse entre la pensée analytique et la pensée intuitive). Il vise dans un premier temps à faire progresser la recherche sur le traitement des douleurs de membres fantômes et la gestion des handicaps neurologiques.

    Ses concepteur travaillent à son développement depuis janvier 2018 et espèrent mettre en place les premiers essais cliniques sur des patients d’ici trois mois, indique dans un communiqué Sébastien Ravoux, responsable du pôle « expertise technique » à Onepoint. « Cela sera une première en France car à terme, nous irions cette fois-ci bien au-delà d’un usage permettant la simple analyse d’imagerie en offrant une application concrète en termes de soins », précise-t-il.

  • Rééducation connectée : « Il est essentiel qu’un tel programme ne soit pas déshumanisé » (Pr Casillas)

    Le Pr Jean-Marie Casillas, spécialiste de médecine physique et de réadaptation au CHU Dijon Bourgogne revient en détail pour Health & Tech Intelligence sur la mise en place d’une étude clinique portant sur l’utilisation d’un dispositif de rééducation cardiovasculaire connecté, annoncée dans un communiqué le 7 août 2018 par le CHU de Dijon et son partenaire TMM Software (TMM groupe), éditeur français de solutions logicielles.

    « L’objectif est de proposer un programme qui soit très précisément adapté à chaque patient (sa maladie, sa personnalité, ses connaissances et ses motivations) et à son contexte de vie (social, professionnel, socio-culturel, économique, urbain, etc.) afin de l’intégrer de la façon la plus naturelle possible », explique-t-il.

    L’expérimentation sera menée jusqu’en 2021 sur 110 patients : 55 ont rejoint le processus classique de rééducation, soit trois séances d’une demi-journée par semaine à l’hôpital, et 55 seront suivis depuis leur domicile grâce à l’utilisation d’une tablette équipée d’une application de télésurveillance et de divers dispositifs connectés au terminal (balance, tensiomètre).

    Le Pr Casillas présente les spécificités du programme, notamment au niveau organisationnel et de la relation à distance établie entre l’équipe médicale et le patient, ainsi que sur la politique de protection des données adoptée et les projets futurs du CHU de Dijon, dont la construction d’un « bâtiment intelligent » visant à mettre « de façon interactive » à disposition des patients en rééducation « les technologies les plus récentes de communication, de traitement et d’assistance ».

    Premiers résultats « très positifs, mais le recul est encore insuffisant »

    Le CHU Dijon Bourgogne a mis en place une étude clinique sur trois ans (2018-2021) pour tester votre dispositif de rééducation cardiovasculaire connecté. Quels sont les premiers résultats et retours des patients et des professionnels de santé ?

    Pr Jean-Marie Casillas : Les premiers résultats sont très positifs en ce qui concerne le petit nombre de patients inclus pour l’instant dans ce protocole : ils apprécient en particulier de pouvoir combiner cette réadaptation avec les exigences de leur vie quotidienne. L’équipe soignante est très impliquée dans ces nouvelles stratégies, mais le recul est encore insuffisant pour en tirer des conclusions.

    S’il manque des données, une alerte est envoyée sur [la] messagerie sécurisée intégrée » du patient et à l’équipe médicale, qui peut contacter le patient à tout moment, indique le communiqué de présentation du dispositif. Qui, concrètement, gère ces alertes ?

    Un membre paramédical référent de l’équipe de réadaptation cardiovasculaire est responsable de l’analyse des alertes. Il peut être amené à gérer seul le problème, par exemple en contactant le patient pour lui expliquer un éventuel défaut d’observance au programme.

    Il peut se coordonner avec les membres médicaux et paramédicaux (kinésithérapeute, enseignant APA, nutritionniste, etc.) en cas de nécessité d’ajustements du programme ou bien sûr d’intolérance. Une stratégie est alors proposée pouvant conduire parfois à solliciter le médecin généraliste ou le cardiologue du patient, ou bien à revoir le patient sur la structure de rééducation pour une réévaluation.

    « Seule l’équipe médicale et paramédicale de réadaptation a accès aux donnés »

    Qui a accès aux données collectées par le dispositif ?

    Seule l’équipe médicale et paramédicale de réadaptation a accès aux donnés. Le programme répond complétement aux règles de l’Union européenne préconisées dans son récent Règlement général sur la protection des données (RGPD).

    « Avec la télémédecine, le patient devient acteur de son protocole de soins, se sent plus impliqué et est donc plus enclin à suivre sa thérapie, sans rupture avec son mode de vie habituel », commentez-vous dans le communiqué. Cependant, ne pensez-vous pas que l’un des risques du télé-suivi est justement le découragement du patient (mauvais suivi du programme, voire abandon) ?

    Ceci est un vrai enjeu pour ce projet et plus globalement pour la prise en charge d’autres maladies chroniques à l’avenir par ce type de procédure. L’objectif est de proposer un programme qui soit très précisément adapté à chaque patient (sa maladie, sa personnalité, ses connaissances et ses motivations) et à son contexte de vie (social, professionnel, socio-culturel, économique, urbain, etc.) afin de l’intégrer de la façon la plus naturelle possible.

    Les modalités conventionnelles de réadaptation cardiaque impliquent la plupart du temps une interruption des activités habituelles (en particulier professionnelles) avec l’accès à un plateau technique spécialisé de reconditionnement à l’effort. À l’issue de ce programme conventionnel, il est fréquent que le patient se démotive car le soutien devient alors le plus souvent quasi inexistant !

    Avec la réadaptation connectée, la mise en œuvre se fait dans le milieu de vie habituel, en tenant compte des exigences socio-professionnelles, ce qui est un facteur potentiel (à démontrer) de pérennisation des « bonnes » habitudes de vie.

    C’est en particulier pourquoi il est essentiel qu’un tel programme ne soit pas déshumanisé : le patient est vu par l’équipe en réel au moins deux fois (au début et à la fin du programme) et les contacts via la tablette tactile se font avec des soignants qu’il connaît. Il est clair, par ailleurs, qu’il faudra pouvoir bien identifier les profils de patients relevant soit de cette procédure, soit d’une rééducation conventionnelle (en centre spécialisé).

    Lien social et télé-rééducation : « le contact avec l’équipe est régulier »

    Comment pallier l’absence de lien social direct, dont les patients peuvent bénéficier à travers les séances classiques réalisées en centre ?

    Dans le cadre du programme de rééducation connectée, le patient est vu en face à face par les membres de l’équipe qui, à partir du bilan initial, vont construire avec lui un programme personnalisé de reconditionnement à l’effort et d’éducation thérapeutique. Le contact avec l’équipe est régulier. Par ailleurs, l’environnement familial est souvent impliqué dans ce type de stratégie (notamment pour la nutrition) et la socialisation des activités (notamment activité physique) conseillée.

    Comment s’assurer que les exercices réalisés à domicile par le patient soient correctement exécutés (absence de professionnels pour le corriger) ? Le CHU précise que les patients auront accès à des contenus d’éducation thérapeutique (ETP) mais sont-ils suffisants ?

    Le programme d’éducation thérapeutique est adapté à la situation de chaque patient sur l’ensemble des aspects de la nutrition, de l’activité physique, de l’observance médicamenteuse et du sevrage tabagique. Chaque volet d’ETP est suivi d’un quiz qui permet de contrôler la qualité de l’adhésion du patient, de ses compétences acquises et, si nécessaire, de ré-induire un apprentissage.

    En ce qui concerne la réalité des exercices, les capteurs apportent des paramètres tangibles (cardiofréquencemètre, tensiomètre, pesée par balance connecté). Par ailleurs, un des buts essentiels de la rééducation est d’installer un climat de confiance entre les patients et l’équipe.

    Un soutien de la FRM (162 700 €) et de l’ARS Bourgogne (30 000 €)

    La Fondation pour la recherche médicale (FRM) soutient votre programme. À combien s’élève son financement pour ce projet précis ?

    La FRM nous a alloué 162 700 euros pour ce programme.

    Le CHU Dijon Bourgogne bénéfice-t-il d’autres soutiens dans le cadre de ce programme de télé-suivi ?

    L’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne s’est fortement impliquée dès la phase de conception du projet et nous a accordé un soutien financier de 30 000 euros.

    Combien coûte globalement le déploiement d’un tel service (mise en place de l’étude clinique, prix du dispositif, etc.) ?

    Le coût total de cette étude clinique est évalué à 300 000 euros.

    Des programmes similaires ont déjà été développés à l’étranger

    C’est « la première fois qu’un tel programme de rééducation cardio-vasculaire connectée est initié en France », assurez-vous (communiqué). Votre équipe s’est-elle inspirée de projets similaires mis en place dans des établissements de soins étrangers ?

    Les études cliniques concernant l’application de la réadaptation cardiovasculaire à la télémédecine sont rares. Il s’agit d’ailleurs plutôt le plus souvent d’interventions ciblées en prévention secondaire sur des pratiques spécifiques (suivi d’exercices par du télé ECG monitoring, par exemple, ou favoriser l’activité physique ou les bonnes habitudes de vie par du coaching spécifique) ou bien de proposition de suivi en télémédecine à l’issue d’un programme conventionnel (en centre de rééducation).

    Chaque fois, l’objectif est de proposer des nouvelles modalités de prise charge (basées sur les capacités croissantes des smartphones, des sites dédiés et des capteurs portables) répondant à l’insuffisance de patients coronariens rééduqués et de trouver une solution au manque d’adhésion des patients aux recommandations en prévention secondaire.

    Les principaux pays ayant développé des expériences similaires sont :

    • la Belgique : étude Telerehab III (ajout d’un télé-programme à une réadaptation conventionnelle) qui a conduit à l’une des premières études médico-économiques avec des résultats plutôt favorables en termes de consommation de soins et de reprises professionnelles ;
    • l’Australie, l’Allemagne et la Hollande : the FIT@Home study et the TeleCaRe study ;
    • le Canada (Colombie britannique), la Pologne et la Nouvelle Zélande : projet REMOTE-CR ;
    • le Danemark : Active Heart, un portail web pour la télé-réhabilitation (base de données).

    Et cette liste n’est pas exhaustive. Pour l’instant, compte tenu de l’insuffisance d’études contrôlées et randomisées, la réadaptation cardiaque ne fait pas l’objet de recommandations par les sociétés médicales internationales.

    Notre étude a pour but de proposer une alternative complète à la réadaptation conventionnelle, en s’inscrivant dans le contexte spécifique de l’organisation de la santé en France. C’est pour cela qu’elle comporte toutes les dimensions de l’éducation thérapeutique personnalisées à chaque patient : acquisition de connaissances sur la maladie, facteurs de risque, prévention secondaire, programme nutritionnel, observance médicamenteuse, maintien d’activité physique adaptée et sevrage tabagique.

    Bientôt un « bâtiment intelligent » au sein du CHU de Dijon

    Le CHU Dijon Bourgogne envisage-t-il d’intégrer d’autres dispositifs health tech (dispositifs connectés, robots, etc.) au sein de ses services de soins dans les mois ou les années à venir ? Si oui, lesquels ?

    Il ne m’est pas possible de répondre pour l’ensemble des projets concernant le CHU de Dijon, mais en ce qui concerne le pôle « rééducation-réadaptation » du centre, nous envisageons d’étendre ce type de procédures basées sur des objets connectés à des patients insuffisant respiratoires chroniques justifiant d’une assistance respiratoire à domicile (ventilation non invasive). L’objectif de ce projet de télésurveillance est le suivi d’un certain nombre d’indicateurs cliniques et biocliniques via une application sur smartphone. Ce suivi permettra d’évaluer l’adhésion du patient à son « projet de vie » élaboré durant son séjour dans le service de rééducation.

    Par ailleurs, notre pôle est partie prenante d’un projet immobilier visant à la construction d’un « bâtiment intelligent » à la place de la structure actuelle : c’est le projet Réad@pTIC, dont le but est de proposer un nouveau paradigme dans la rééducation en mettant de façon interactive à disposition des patients accueillis les technologies les plus récentes de communication, de traitement et d’assistance. Ce projet de smart building porté par le CHU de Dijon est soutenu par Dijon Métropole.

    Depuis juillet 2018, le CHU de Montpellier teste une technique de suivi à distance de l’insuffisance cardiaque via l’implantation dans l’artère pulmonaire d’un capteur baptisé « CardioMEMS HF », capable de mesurer et de transmettre quotidiennement à l’équipe médicale la valeur de la pression artérielle. Ce type de solutions serait-il, par exemple, susceptible d’intéresser le CHU de Dijon ?

    Ce type de capteur n’est pas applicable à notre protocole. Il s’agit en effet d’un capteur « invasif », destiné à effectuer un télé-monitoring de ces patients insuffisants cardiaques, alors que les procédures de rééducation connectée reposent sur des capteurs externes portables, ne présentant aucun risque pour les patients et informant sur des aspects fonctionnels, parfois de façon prolongée : cardiofréquencemètre, tensiomètre, accéléromètre, GPS, balance, etc. Nous ne faisons pas de télé-monitoring (surveillance en continu de fonction physiologiques vitales).

  • Été 2018 : La réalité virtuelle testée pour sensibiliser soignants et accompagnants aux démences

    Les résultats d’un programme de simulation en réalité virtuelle visant à favoriser l’empathie d’adultes jeunes intervenant auprès de personnes âgées pour les patients déments ont été présentés le 23 juillet 2018 au cours de l’Alzheimer’s Association International Conference (AAIC) 2018, événement réunissant annuellement des chercheurs autour de la problématique de la maladie d’Alzheimer et autres démences.

    Ce module de simulation en réalité virtuelle, qui permet aux participants de voir le monde du point de vue d’une personne âgée souffrant de démence, a d’abord été intégré à un programme d’entraînement suivi par 20 lycéens de Northside College Preparatory School de la ville de Chicago, bénévoles dans des services d’accueil de jour : l’objectif était de préparer ces élèves à interagir avec des personnes âgées souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’autres démences. 

    Comme, d’après ces premiers participants, cette simulation en réalité virtuelle permet effectivement d’accroître son empathie pour les personnes âgées atteintes de démence et de prendre du recul par rapport à certains préjugés négatifs à propos des seniors en situation de dépendance, le programme sera également proposé à partir de septembre 2018 à 60 étudiants de l’Université de médecine et de pharmacie de Chicago.

    Contenu de la simulation en réalité virtuelle

    Ce module de simulation en réalité virtuelle propose d’entrer dans la peau :

    • d’un homme de 74 ans présentant un déficit cognitif léger ainsi que des troubles de la vision et de l’audition liés à l’âge au moyen d’un film live-actions (en prise de vues réelles) ;
    • une femme un peu moins âgée, touchée par la maladie d’Alzheimer à travers un court métrage de 5 minutes décrivant les évolutions de la maladie.

    Ainsi, à travers ces deux histoires, les participants peuvent vivre des scénarios représentatifs des difficultés qu’une personne démente peut rencontrer dans sa vie quotidienne, au cours d’activités et de situations généralement perçues comme basiques et non problématiques par un adulte sans handicap psychique.

    D’autres problèmes liés au vieillissement, comme des troubles de la vision, de l’audition ou de la mémoire, sont également représentés dans la simulation. 

  • Été 2018 : utilisation abusive d’applications de suivi du sommeil et orthosomnie

    Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.

    Selon une étude publiée le 6 août 2018 par Parks Associates, entreprise américaine productrice d’études de marché sur les services numériques, 57 % des Américains disposant d’une connexion internet à haut débit souffriraient d’au moins un trouble du sommeil.
    Aussi, un peu plus de 50 % des Américains ayant une connexion à haut débit à leur domicile souhaiteraient acheter une application de suivi du sommeil et près de 29 millions de foyers américains connectés posséderaient déjà, à l’heure actuelle, un dispositif connecté de sleep tech.

    Suite à la parution de tels chiffres, Health & Tech Intelligence revient sur une étude* diffusée dans le Journal of Clinical Sleep Medicine (JCSM), qui définissait en février 2017 un trouble émergent, favorisé par ce type d’applications : l’orthosomnie.
    En effet, de plus en plus de personnes consultent dans l’objectif de recevoir un traitement contre des troubles du sommeil (sommeil perçu comme insuffisamment long, réparateur ou profond) auto-diagnostiqués au moyen d’une application de suivi du sommeil : dans certains cas, la corrélation que l’on peut dresser entre données mesurées par un dispositif connecté et fatigue diurne peut se transformer en une quête obsessionnelle et anxiogène du sommeil parfait.

    De plus, par des réflexions menées autour de 3 cas cliniques, cette étude aborde la problématique des divergences de mesures constatées entre applications grand public et techniques validées d’examen du sommeil, telles que la polysomnographie ou l’actigraphie : si les professionnels refusent d’utiliser dans leur pratique des applications de suivi du sommeil jugées moins fiables que d’autres techniques – ces applications sont incapables de distinguer les différents stades du sommeil et les algorithmes utilisés sont inconnus des professionnels -, la confiance des patients se porte sur les dispositifs grand public : les données enregistrées par ces outils sont souvent perçues par les patients comme plus en accord avec leur expérience que les résultats de polysomnographie ou d’actigraphie.

    Résultats suggérés par l’étude des 3 cas cliniques

    Utilisation abusive d’applications et exacerbation de l’insomnie

    Les trois cas suggèrent l’existence d’effets indésirables à l’utilisation d’applications de suivi du sommeil chez certaines personnes, telles que les trois patients étudiés. Par exemple, chacun d’eux, dans le but d’augmenter le temps de sommeil rapporté par leur application, passait trop de temps au lit, ce qui pourrait avoir exacerbé une insomnie latente en encourageant l’adoption d’une mauvaise hygiène du sommeil.

    Cependant, la principale limite de ce travail est que les chercheurs ne disposaient d’aucune donnée sur le sommeil des patients datant d’avant l’utilisation de leur application de suivi du sommeil : l’étude ne peut donc pas déterminer précisément dans quelle mesure ces dispositifs ont pu exacerber des troubles du sommeil pré-existants. De plus, cette recherche n’indique pas si les patients étudiés avaient commencé à utiliser une application justement parce qu’ils ressentaient un inconfort lié à leur sommeil ou si des motivations plus ludiques à l’utilisation d’une application avaient mené à la découverte par hasard de troubles.

    En outre, les patients en situation de dépendance à leur dispositif de suivi du sommeil pourraient en fait présenter d’autres comportements problématiques liés à une utilisation inadaptée de technologies telles que leur smartphone pendant la nuit (réception d’appels, de notifications, etc.) pouvant mener à l’exacerbation d’une insomnie ou à une fatigue diurne excessive.

    Confiance des patient envers les données fournies par leur application

    Malgré les mesures réalisées par les professionnels, qui révélaient des données différentes de celles fournies par l’application, la confiance que les trois patients plaçait en leur application demeurait inchangée.

    Piste thérapeutique : la TCC-I

    Patients réfractaires, très confiants envers leur application

    Dans les trois cas sur lesquels l’étude s’attarde, initier un traitement, qu’il s’agisse d’une thérapie comportementale et cognitive (TCC) de l’insomnie (TCC-I) ou d’une autre méthode (restriction du temps de sommeil, etc.) s’est révélé difficile : l’un d’eux a refusé les traitements proposés, un autre n’a accepté que certaines mesures et le dernier a abandonné tous les protocoles mis en place.

    Patients moins confiants envers leur application

    Concernant des patients moins confiants en leur application, l’introduction d’une TCC-I sans abandon de l’appli semble possible si :

    • le patient paraît ouvert à une discussion portant sur les limites de telles applications (par exemple, ces applis ne prennent en compte que des mouvements du corps et non des variations électriques mesurables par électroencéphalogramme) ;
    • la personne accepte de voir son application comme un dispositif capable de mesurer le temps passé allongé dans son lit plutôt que comme un mesureur de temps de sommeil ;
    • le patient est d’accord pour tenir un journal afin de garder une trace, chaque jour, de son état de fatigue diurne et de travailler sur la façon – pathologiquement stressante – dont il perçoit cette fatigue.

    Enjeux de ces applis : informer sur les risques et élaborer de nouvelles thérapies

    Finalement, si l’utilisation croissante d’applications de suivi du sommeil devrait s’accompagner d’une meilleure information aux consommateurs, qui ignorent trop souvent que ces dispositifs ne mesurent pas parfaitement le sommeil, ne sont pas validés comme capables d’améliorer le sommeil et seraient susceptibles d’engendrer des « effets indésirables », ces dispositifs pourraient, après des études subsidiaires, être intégrés dans de nouvelles formes de TCC-I.

    En effet, si les données mesurées par ces applis divergent des résultats fournis par des appareils professionnels, les consommateurs rapportent une forte corrélation entre leur expérience de sommeil et les informations affichées par leur application. Aussi, l’intégration de ces appareils dans des protocoles de traitement pourrait constituer un nouveau moyen de communication avec les patients, à condition qu’ils puissent prendre conscience des limites de ces dispositifs.

  • Monitoring des objets connectés : comment s’assurer de la fiabilité des données (Conférence Prédical)

    Comment donner du sens aux données collectées via les objets connectés, notamment dans le cas d’un suivi à domicile de personnes âgées ? Tel était l’objet de la conférence assurée par Prédical, spécialisé dans l’analyse des big data, le jeudi 30 août 2018 au sein des locaux (Paris) du pôle de compétitivité Cap Digital.

    Intitulée Monitoring des objets connectés : quel recul peut-on avoir sur les données ?, elle a mis en avant en trois temps l’importance d’un suivi (monitoring) continu des données collectées via les dispositifs installés au domicile des utilisateurs :
    • genèse de l’importance du monitoring des objets connectés (par Stéphane Besseau, directeur général de Prédical) : il existe un problème de responsabilité au niveau du support client. Qui, parmi tous les acteurs impliqués dans le fonctionnement d’un dispositif connecté (fabricants, opérateurs de service, opérateurs de données…), gère les bugs et le service client ? ;
    • quel type de monitoring instaurer et comment le mettre en place pour assurer un suivi efficace et s’assurer que les données reçues soient exploitables (par Olivier Audry, directeur technique à Prédical) ? ;
    • data mining : quel recul peut-on avoir sur les données ? (par Mathilde Mougeot, spécialiste data mining à l’ENSIEE) : l’objectif est d’établir des algorithmes et des méthodologies pour dégager des tendances à partir des données reçues, en s’assurant que ces dernières soient fiables.

    Health & Tech Intelligence revient sur les points forts de la conférence.

    Contexte : quels sont les acteurs impliqués ? (Stéphane Besseau)

    Dans la première partie de la conférence, Stéphane Besseau, directeur général et co-fondateur (avec Stéphane Moriaud) de Prédical est revenu sur la genèse de l’importance du monitoring des objets connectés.

    Pour comprendre l’enjeu du problème, il a exposé le fonctionnement des dispositifs connectés et plus précisément la chaîne de production des données qui en découle, afin d’identifier les acteurs prenant part au processus dans le cadre du partenariat établi par Prédical avec le fabricant d’équipements domotiques Legrand (produits Intervox). Sont impliqués :

    • Legrand – équipements Intervox : fournit les dispositifs connectés et stocke les données (data base) ;
    • Matooma : carte réseau ;
    • Sierra : l’infrastructure Matooma est connectée à l’opérateur télécoms Sierra ;
    • OVH : serveurs ;
    • Prédical : installe les capteurs au sein du logement de l’utilisateur et traite les données.

    Problème central : qui est responsable en cas de défaillance ?

    Plusieurs opérateurs sont ainsi mobilisés dans le fonctionnement des objets connectés installés au domicile des utilisateurs, mais cette pluralité des acteurs soulève des questions.  « Il y a une complexité au niveau de la responsabilité, note Stéphane Besseau : qui est responsable de la chaîne de données ? Qui doit monitorer le serveur ? Est-ce l’opérateur de données ? Est-ce l’opérateur de service ? »

    Se pose aussi le problème de « l’environnement connecté VS la réalité ». Quand l’outil domotique est testé dans une environnement contrôlé (living lab), tout fonctionne correctement, mais dès qu’il est appliqué à l’environnement de la personne, de nouvelles problématiques émergent : la configuration du logement varie en fonction de chaque utilisateur (emplacement du mobilier, usage de chaque pièce) et les capteurs peuvent être mal installés si c’est l’utilisateur qui s’en charge.

    « Les données collectées ne sont alors pas fiables et les informations reçues erronées. Il y a donc un vrai sujet au niveau de la rétention client (proportion de clients qui reste). Le dispositif peut très bien fonctionner à échelle expérimentale, mais il doit continuer à fonctionner à grande échelle. »

    Stéphane Besseau insiste sur l’importance d’une bonne installation du dispositif. « [Elle] est cruciale et doit être évaluée afin de pouvoir identifier un parcours type des utilisateurs. Nous avons remarqué que, la plupart du temps, les clients acceptaient cette phase de mise en place. Ils se sentent rassurés de constater qu’il y a une équipe en charge du contrôle de la technologie, s’assurant que l’ensemble de l’équipement était bien installé et fonctionnait correctement. Il est essentiel d’assurer ensuite un monitoring d’usage pour intervenir rapidement en cas de bug. »

    Quels types de solutions mettre en place ?

    L’importance du monitoring des données (Olivier Audry)

    Pour s’assurer du bon fonctionnement de l’objet connecté, il existe différents types de monitoring, explique Oliver Audry, directeur technique à Prédical, précisant que les équipes en charge du monitoring (deux personnes à Prédical) doivent répondre aux 6 questions suivantes :

    • Est-ce que le capteur est fonctionnel ? « Nous nous assurons que nous recevons bien des données issues de l’objet connecté en question. » ;
    • Est ce que le capteur remonte des informations sur son état et sur son environnement lui-même ? « Quel est l’état de la pile ? Quelle est la puissance de réception du signal ? « 
    • Comment savoir si les données reçues sont consistantes ? « Le format des données est-il celui que l’on attend (il doit être binaire, par exemple, s’il s’agit de savoir quand la personne entre (one : 1) ou sort (off : 2) d’une pièce) « ;
    • Comment savoir si les données reçues sont fiables ? « Les différentes données arrivent-elles dans le temps imparti (par exemple toutes les heures pour les capteurs installés sur les portes des différentes pièces du logement) ? » ;
    • Comment savoir si les traitements d’enrichissement de données fonctionnent ? « Les données correspondent-elles à ce qu’on attend (cohérence des résultats observés) ? » ;
    • Comment étendre le monitoring pour déceler rapidement un dysfonctionnement ? « Pourquoi l’utilisateur a-t-il déconnecté l’objet ? Qu’est-ce qui l’a ennuyé ? L’idée, ici, est de suivre le comportement de l’utilisateur en cas d’arrêt de l’utilisation du service » pour minimiser le taux de rétention client.

    Olivier Audry insiste sur l’importance des données de monitoring car elles permettent :

    • d’anticiper un changement de piles, par exemple ;
    • de détecter un capteur dont le comportement change (A-t-il été déplacé ? Est-il tombé ? A-t-il été occulté ?) ;
    • de détecter un problème localisé au niveau du réseau GSM : par exemple, il se peut qu’une panne générale d’un réseau soit survenue sur toute une région et que le problème ne provienne pas du dispositif en lui-même.

    « Cela fait quinze ans que je travaille dans le monitoring et, selon moi, cela fonctionne comme la sécurité en informatique : les problèmes ne se résolvent pas tout seuls, résume le spécialiste. Il faut mesurer, anticiper et maîtriser le service, être proactif. Le monitoring nécessite une installation sur mesure et un suivi continu, au jour le jour. La valeur du monitoring est trop souvent mésestimée. »

    Data mining : l’utilité des statistiques pour avoir un recul sur les données reçues (Mathilde Mougeot)

    Créée en 2011, l’Agence pour les mathématiques en interaction avec l’entreprise et la société (AMIES) met en relation des universitaires et des entreprises, en particulier des start-ups, pour aider ces dernières à résoudre un problème précis. Ce problème est transformé en question (statistiques ou machine learning) par l’équipe de l’AMIES pour ensuite développer une réponse sous forme d’algorithme.

    Mathilde Mougeot intervient dans ce cadre auprès de Prédical dans l’optique de créer des algorithmes et des méthodologies permettant de faire ressortir des valeurs pertinentes à partir des données collectées via les objets connectés .

    « Dans un environnement contrôlé, il n’y a pas de problème. Nous considérons que les données reçues peuvent être fiables. En revanche, dans un environnement réel, nous n’avons pas de recul et des variables sont possibles donc les données peuvent être erronées, expose-t-elle. L’idée est ainsi de créer un modèle prédictif via une analyse statistique des données. Nous devons nous appuyer sur la régularité observée au niveau des données reçues via l’objet connecté pour voir si l’on peut en déduire un comportement régulier de l’utilisateur, à partir duquel on essaie d’établir un diagnostic. À partir de la chaîne de données observée, nous essayons de dégager un modèle dit « adaptatif », chaque personne ayant son propre mode de fonctionnement. »

    L’équipe de Mathilde Mougeot a ainsi mis en place 3 types d’indicateurs :

    • les indicateurs de vie quotidienne : analyse les périodes d’activités (heure de lever, heure de coucher) et d’inactivités de l’utilisateur mais aussi les absences (déconnexion de l’objet) ;
    • les indicateurs de comportements : analyse la chaîne de données en se basant sur l’historique des données reçues sur une période donnée (un comportement régulier peut alors potentiellement être observé) ;
    • les indicateurs de stabilité du mode de vie : analyse si les données reçues sont cohérentes sur le long terme.

    L’experte explique que lorsque les anciens capteurs étaient utilisés (avant l’équipement Legrand-Intervox), des anomalies avaient été repérées : les données reçues pouvaient par exemple indiquer que l’utilisateur était actif 24 heures sur 24, ce qui est incohérent. « Il peut être difficile de repérer un bug, mais il est essentiel de le détecter rapidement et d’agir vite pour éviter les problèmes car il est question ici du suivi de personnes âgées, donc leur santé est en jeu. »

    « Il est important d’avoir un recul sur la donnée utilisée afin d’établir un diagnostic pertinent », conclut Mathilde Mougeot.

    En conclusion : veiller à la fiabilité du service

    • « Dans le domaine de la domotique, de nombreuses personnes pensent que les dispositifs sont à la portée de tout le monde, or, ce n’est pas le cas, prévient Stéphane Besseau. Ce non-dit favorise les ventes initiales, mais freine les ventes futures. C’est pourquoi il est essentiel que l’équipement soit installé par des professionnels et non par l’utilisateur seul. »
    • Les opérateurs de service « doivent surveiller la chaîne de production de la donnée pour rendre leur service fiable quels que soient les environnements ».
    • Il est important de suivre l’usage des services pour assurer un bon support client et ainsi minimiser le taux de rétention client.
  • Été 2018 : la France classée 16ème à l’indice mondial de l’innovation 2018

    Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.

    Publié conjointement en juillet 2018 par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), l’Université Cornell et l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD), l’indice mondial de l’innovation 2018 classe la France au 16ème rang des pays les plus innovants du monde.

    Ainsi, derrière l’Allemagne et devant la Chine, la France se place en 2018 au-dessus de la moyenne des pays européens, entre ses propres classements de 2016 et de 2017, où elle s’était respectivement placée en 18ème et 15ème position du palmarès, alors que la Suisse, suivie de la Suède, du Royaume-Uni, de Singapour et des États-Unis, demeure en tête du classement pour la 7ème année consécutive.

    L’établissement de ce palmarès a nécessité, pour les 126 pays classés, l’étude de 80 critères tels que le nombre de demandes de titres de propriété intellectuelle déposées pour la création d’applications mobiles, le montant des dépenses en matière d’éducation, le nombre de publications scientifiques et techniques, etc.
    Ces 80 critères peuvent être rapportés à 7 grands domaines à même de refléter la capacité d’un pays à soutenir l’innovation :
    • les institutions ;
    • le capital humain et la recherche ;
    • l’infrastructure ;
    • le perfectionnement du marché ;
    • le perfectionnement des entreprises ;
    • la connaissance et les résultats technologiques ;
    • la créativité.

    Dans chacun de ces domaines pris en compte par l’indicateur, la France se place dans le top 25. Elle est en particulier 10ème du point de vue des infrastructures qu’elle met à disposition de la population et 11ème en ce qui concerne son capital humain et ses recherches : d’après l’indice, la qualité de ses publications scientifique est la 4ème meilleure au monde.

    En outre, au niveau du classement des pôles mondiaux les plus innovants, la région parisienne se positionne au 9ème rang.

  • Été 2018 : le casque de RV HoloLens (Microsoft) utilisé par les chirurgiens d’un hôpital britannique

    Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.

    Le Alder Hey Children’s Hospital, l’un des plus grands hôpitaux pour enfants du Royaume-Uni (Liverpool), a introduit dans ses salles d’opération la technologie de réalité mixte de Microsoft via le casque HoloLens  afin d’améliorer la planification et la collaboration autour des procédures chirurgicales, a annoncé le groupe informatique américain dans un communiqué publié le 10 août 2018. Les chirurgiens de l’établissement se serviront du casque HoloLens pour consulter les informations sur les patients pendant leur opération.

    Le dispositif, d’une valeur de plus de 2 700 livres (environ 3 000 €), projette des hologrammes 3D interactifs dans le champ de vision de l’utilisateur en combinant des éléments de réalité virtuelle (RV) et de réalité augmentée.
    Il permet aux chirurgiens de visualiser en même temps les résultats des analyses de leurs patients, des images et des notes médicales prises lors d’une opération ainsi que les dernières mises à jour du dossier patient, tout en ayant les mains libres.

    Le Alder Hey Children’s Hospital, qui accueille environ 270 000 enfants chaque année, travaille avec le développeur de logiciels Black Marble, partenaire de Microsoft, pour développer une application et introduire la technologie au sein du centre de soins.

    L’établissement britannique envisage également d’introduire des Microsoft Surface Hubs (solutions d’écran tactile tout-en-un) à grand écran dans les salles de réunion pour que les professionnels de santé puissent partager plus facilement des informations cliniques, telles que des dossiers des patients, des résultats de tests et des images médicales.

    Toutes les données du patient visibles pendant l’opération

    « Imaginer le cœur d’un patient de l’intérieur et de l’extérieur est absolument essentiel, explique Rafael Guerrero, chirurgien cardiaque au Alder Hey Children’s Hospital (source : Digitalhealth.net). Je dois visualiser cette vue 3D dans ma tête pour effectuer [l’]opération. Vous pouvez parfois afficher ces images sur un écran dans le bloc opératoire, mais celles-ci ne sont pas facilement accessibles et je ne peux pas partir en pleine opération pour obtenir plus d’informations sur mon patient (…). Si je peux utiliser la technologie pour obtenir ces informations, voir ces images devant moi, cela m’aide énormément et améliore le résultat pour mon patient. »

    Microsoft veut accélérer l’adoption d’outils basés sur l’IA et le cloud dans la santé

    Le casque HoloLens est déjà utilisé par les chirurgiens de l’Imperial College Healthcare NHS Trust pour examiner virtuellement les patients avant des les opérer.

    Par ailleurs, Microsoft a annoncé début 2018 le lancement d’une série de nouveaux outils numériques dans l’optique d’accélérer l’adoption de technologies basées sur l’intelligence artificielle et le cloud dans le secteur de la santé.

  • Été 2018 : Google développe un assistant de santé appelé « Google Coach »

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018.

    Android Police, site web dédié au système d’exploitation mobile Android et aux objets connectés l’utilisant, a annoncé le 15 août 2018 le développement par Google d’un assistant santé et bien-être surnommé « Google Coach ».

    Après le lancement de plusieurs dispositifs d’intelligence artificielle, tels que des écouteurs intelligents, des caméras autonomes et des enceintes connectées, le « projet Wooden » de développement de Google Coach devrait aboutir à un dispositif de suivi (tracker) d’exercice physique incitant l’utilisateur à rester actif et capable dans le même temps de constituer un accompagnement pour l’inciter à adopter une nutrition équilibrée et adaptée : l’outil devrait proposer un suivi des habitudes alimentaires de la personne, des conseils de nutrition et, hebdomadairement, des idées de menus adaptés à son profil et à son environnement (magasins, restaurants, etc., recensés à proximité de l’utilisateur).

    Ces conseils, rappels et encouragements pourraient prendre la forme de notifications innovantes, intégrant en une seule alerte différentes informations.
    Par ailleurs, la délivrance proactive de conseils implique un recueil en amont de données personnelles par Coach, qui pourrait être synchronisé avec des applications de type calendrier, etc.

    Google Coach sera certainement conçu pour fonctionner via le système d’exploitation Wear OS. Cependant, certaines fonctionnalités devraient être accessibles sur smartphones (Android) : si les fonctionnalités de suivi en temps réel de l’activité physique et de l’alimentation ne seront disponibles que sur des dispositifs Wear OS, certaines notifications et données pourront être visualisables sur un smartphone.
    Dans le futur, Coach pourrait être encore étendu à d’autres supports que des smartphones fonctionnant sous Android : le groupe aurait émis le souhait de rendre compatible l’outil à Android TV et à Google Home, entre autres.

    Le groupe n’en étant qu’aux débuts du développement de son produit, les informations qu’ils délivrent à ce sujet ne sont en réalité que des prévisions, des hypothèses : l’actuel surnom « Google Coach » pourrait lui-même être amené à changer.

  • Été 2018 : les actes du colloque « Big data en santé » disponibles dans le JDSAM

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018.

    Le dernier numéro du Journal de droit de la santé et de l’assurance maladie (JDSAM) qui regroupe sous forme de dossier thématique les actes du colloque intitulé « Big Data en santé : du discours aux applications pratiques » qui s’est tenu à Paris le 20 mars 2018 a été mis en ligne le 26 juillet 2018.

    Health&Tech Intelligence avait déjà publié un article faisant état d’une compilation des présentations des intervenants en juin 2018 (voir liens ci-contre). Le colloque a permis d’aborder le big data sous trois angles : les acteurs du big data en santé, ses applications en santé et l’encadrement juridique des pratiques d’aujourd’hui et de demain.

    Les actes comprennent les interventions portant sur le recours au big data en santé, son intérêt dans la télésurveillance, les dangers liés à la collecte des données, la protection des données, leur réutilisation et une régulation possible, et une étude comparatives des cadres légaux applicables aux États-Unis et au Royaume-Uni, entre autres.

    L’événement a réuni des intervenants représentant le Conseil National de l’Ordre des Médecins (Dr Jacques Lucas), la Société Française de Télémédecine (Dr Pierre Simon), la Haute Autorité de Santé (Isabelle Adenot), l’Ethik-IA, l’AP-HP, la CNIL ou l’INDS (Dominique Polton). Des entrepreneurs ont également été représentés.

    Le dossier thématique du JDSAM est accessible via le lien ci-contre.

    Contenu du dossier thématique

    Le dossier thématique, coordonné par Lydia Morlet-Haïdara, contient les textes suivants :

    • Les big data au service de la télésurveillance médicale des patients atteints de maladies chroniques, Pierre Simon ;
    • Les dangers de la collecte des données de santé parles tiers intéressés (gafam, assureurs…), Thibault Douville ;
    • Les interactions entre les acteurs sur un domaine déterminé : réflexion pour une régulation positive à partir de la protection des données génétiques, David Gruson ;
    • Établissements de santé et start-up face à la régulation des innovations par la protection des données de santé, Nesrine Benyahia ;
    • La nouvelle réglementation sur l’accès aux données de santé et sa mise en œuvre deux ans après la loi de modernisation de notre système de santé, Mylène Girard & Dominique Polton ;
    • Compatibilité des cadres légaux applicables et mise en œuvre de projets big data en santé : approche comparative États-Unis et Royaume-Uni, Adèle Lutun.

  • Été 2018 : Voluntis lance une plateforme de gestion des symptômes en oncologie baptisée Theraxium

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations de l’innovation en santé dans le domaine « technologies, solutions et outils numériques ».

    Voluntis
    , société spécialisée dans la conception et l’édition de logiciels thérapeutiques, a annoncé le 31 juillet 2018 le lancement d’une plateforme digitale d’accompagnement à la gestion des effets indésirables engendrés par les traitements utilisés en oncologie : Theraxium Oncology.

    D’après le communiqué émis par l’entreprise, ce logiciel vise à améliorer l’autonomie des patients – à les rendre acteurs des soins symptomatiques prescrits dans le cadre de leurs traitements anticancéreux, à renforcer les liens entre malades et équipes soignantes, notamment dans l’objectif de faciliter la prise de décision : cette technologie combine une application mobile destinée aux patients à un portail numérique conçu pour les professionnels.

    Initialement développée pour les patientes souffrant d’un cancer du sein ou de l’ovaire, cette technologie cible aujourd’hui les personnes atteintes par la plupart des cancers à prévalence relativement élevée et pris en charge par de nombreux traitements : la conception de Theraxium a été fondée sur des recherches menées en partenariat avec des instituts de lutte contre le cancer, des centres médicaux américains et avec le concours de nombreux patients.

    Un outil utilisable par les patients

    L’utilisation de Theraxium implique pour les patients de renseigner manuellement ou par l’intermédiaire de capteurs des données relatives à leurs symptômes.

    En retour, ils reçoivent des recommandations correspondant à leur actuel état de santé, fondées sur les guidelines américaines et anglaises et prenant en compte le schéma de soins mis en place par l’équipe médicale et soignante.

    Une plateforme également destinée aux professionnels

    Le dispositif, capable de transmettre – par l’intermédiaire d’un site web – aux professionnels de santé les données renseignées par les patients, peut permettre aux équipes médicales et soignantes de suivre en temps réel l’évolution des symptômes connus par leur patientèle. 

    Ainsi à même d’identifier les patients à traiter en priorité, l’oncologue peut intervenir rapidement pour modifier les traitements ou améliorer la coordination de ses actions avec l’ensemble des membres de l’équipe et avec les patients.