Medtech

  • Les bâtiments sanitaires intelligents, sources d’économies nécessaires à leur propre transformation

    Une étude intitulée Le financement intelligent des bâtiments intelligents (Smart Start for Smart Buildings) que Siemens Financial Services a publiée le 17 septembre 2018 montre comment les bâtiments publics, les hôpitaux et les bâtiments commerciaux peuvent réaliser des économies grâce à une exploitation « intelligente ».

    Selon l’étude menée dans 13 pays visant à estimer le potentiel de conversion des bâtiments en « bâtiments intelligents », des économies d’énergie peuvent déboucher sur l’autofinancement de la transformation des bâtiments. Le potentiel est particulièrement important pour les hôpitaux qui fonctionnent de façon continue, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, d’où l’intérêt d’entamer leur transformation au plus vite.

    Les leviers d’actions pour les hôpitaux identifiés par l’étude sont les suivants :
    • l’éclairage ;
    • un système numérique de contrôle central grâce aux objets connectés (IoT) ;
    • les systèmes de bâtiments intelligents pour suivre les flux ;
    • la gestion de la sécurité grâce à la vidéosurveillance.

    Le rapport est téléchargeable via le lien ci-contre.

    Les technologies intelligentes pour réaliser des économies

    L’étude souligne que les organisations sont de plus en plus désireuses de passer à des bâtiments intelligents pour réduire les coûts de l’énergie et pour répondre à des réglementations de plus en plus strictes dans des domaines tels que la qualité de l’air, ou simplement pour assurer des lieux plus sains, numérisés, plus fonctionnels pour les occupants, les visiteurs et les employés.

    C’est notamment en recourant à la technique de financement caractéristique du secteur privé appelé « bâtiment intelligent en tant que service » (smart buildings as a service) que des économies peuvent être faites.

    Selon l’étude, les technologies intelligentes peuvent réduire la consommation d’énergie dans les bâtiments non résidentiels jusqu’à 25% et le document explique que les « bâtiments intelligents en tant que service » peuvent générer des économies futures grâce à l’efficacité énergétique. Ces économies peuvent ensuite être utilisées sous forme d’autofinancement pour convertir des bâtiments en bâtiments intelligents.

    Focus sur les hôpitaux et bâtiments sanitaires

    Pour illustrer sa théorie, Siemens Financial Services a étudié la situation dans 13 pays – France, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, Suède, Norvège, Finlande, Pologne, Russie, Turquie, Chine, Inde, États-Unis – afin de donner une estimation du financement pour la conversion des bâtiments en bâtiments intelligents qui pourrait être généré par le biais d’arrangements de financements intelligents englobant des économies attendues.

    En France, cette estimation dans le cas des hôpitaux (versus bâtiments commerciaux et bâtiments publics) s’élève à 592 millions d’euros, soit 688 millions de dollars.

    Économies substantielles réalisables grâce à différents leviers

    Les hôpitaux constituent un environnement où les technologies liées aux bâtiments intelligents et les commandes à distance peuvent générer un retour très substantiel sur l’investissement. Du point de vue de l’efficacité énergétique, les hôpitaux qui tournent 24h/24 et 7j/7 sont un environnement où les opportunités abondent pour réduire la consommation d’énergie, que ce soit pour le chauffage, la ventilation, l’éclairage ou l’équipement opérationnel.

    L’étude cite l’exemple des commandes intelligentes qui rendent possibles un système de chauffage modéré des unités, grâce aux thermostats individuels, et d’ouverture et de fermeture de portes automatique, afin d’assurer que les unités soient prêtes à être utilisées à tout moment, tout en minimisant la consommation inutile.

    Voici les différents axes sur lesquels on peut agir au sein des bâtiments sanitaires :

    • l’éclairage : utiliser des capteurs pour éclairer les zones en cas de besoin au lieu d’avoir un éclairage continu, possibilité qu’offre l’éclairage LED. Il permet également de jouer sur les combinaisons de couleurs et de luminosité pour gérer le confort du patient, son humeur et même les résultats, ainsi que sur la concentration du personnel et sa productivité ;
    • tour de contrôle numérique de gestion des bâtiments grâce aux IoT : les objets connectés peuvent contribuer à connecter les personnes, les équipements comme les différentes zones d’un établissement. Pouvoir tracer les équipements importants permet de pouvoir connaitre leur localisation rapidement et de les acheminer au point où on en a besoin. Un autre exemple concerne les systèmes automatiques de dispense de médicaments capables de suivre précisément les médicaments et prescriptions au sein du bâtiment, ce qui permet de réduire considérablement les doubles prescriptions ;
    • les systèmes de bâtiments intelligents pour suivre les flux : certains systèmes permettent de suivre la présence et l’emplacement des patients, des visiteurs, des cliniciens et du personnel soignant. Les flux de travail du personnel et les routines peuvent être suivis et analysés pour améliorer l’efficacité et l’efficience du travail. Localiser un médecin en cas d’urgence permet de d’envoyer une alerte à plusieurs personnes en fonction de leur emplacement et ainsi répondre à une situation critique avec plus d’efficacité. Un suivi des personnes via des appareils mobiles contribue également à protéger les travailleurs isolés ou exposés avec des alertes du type « homme à terre » ou des procédure d’alerte automatisée ;
    • gestion de la sécurité grâce à la vidéosurveillance : la gestion des personnels autorisés, des patients ou des intrus mobilise le temps du personnel, et la technologie aide à réduire l’impact des fausses alarmes en dégageant du temps au personnel.
  • Doctolib ouvre son Health Tech Center et annonce un service de téléconsultation pour janvier 2019

    Doctolib a annoncé son entrée sur le marché de la téléconsultation programmée au 1er janvier 2019 à l’occasion de l’inauguration de son nouveau Health Tech Center dans le 8e arrondissement de Paris le 27 septembre 2018.

    Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État en charge du Numérique, s’est déplacé pour l’occasion et a exprimé son soutien à la start-up, affirmant qu’il était heureux de savoir que « la France peut produire des champions mondiaux de la e-santé ».

    Le Health Tech Center est le centre d’innovation dédié à la e-santé de Doctolib, qui s’étend sur un espace de 1 000 mètres carrés, et qui va accueillir 150 ingénieurs d’ici 2019. L’objectif est d’ouvrir la structure sur l’extérieur pour réfléchir à la transformation des systèmes de santé et également développer les nouvelles fonctionnalités nécessaires au lancement de la téléconsultation.

    Un Health Tech Center pour se lancer sur le marché de la téléconsultation

    Doctolib, spécialiste du rendez-vous médical en ligne, souhaite rendre accessible la téléconsultation auprès d’un médecin généraliste ou spécialiste à une vingtaine de millions de personnes par mois à partir du 1er janvier 2019. Pour cela, la start-up ouvre un centre dédié qui réunira les ingénieurs travaillant déjà pour elle ainsi qu’une autre cinquantaine d’ingénieurs qui la rejoindront d’ici 2019, ce qui ramènera le nombre total des membres de l’équipe à 150 ingénieurs.

    Construire les système de santé de demain en France et ailleurs

    Le Health Tech Center de Paris accueillera régulièrement des professionnels de santé, des patients, des représentants des autorités sanitaires et d’autres acteurs du secteur afin de faire émerger d’une dynamique commune les innovations qui contribueront à transformer le système de santé.

    Doctolib projette d’ouvrir un second Health Tech Center l’année prochaine à Berlin qui accueillera également une centaine d’ingénieurs.

    La téléconsultation : un service dans le prolongement naturel de Doctolib élaboré en collaboration avec les professionnels

    Stanislas Niox-Chateau, co-fondateur et président de Doctolib, a déclaré : « La téléconsultation est une évidence. C’est une évidence pour les praticiens, qui vont travailler dans des conditions plus souples et confortables, mieux valoriser leur temps médical et améliorer la prise en charge de leurs patients. C’est une évidence aussi pour les patients, qui vont consulter plus facilement et plus rapidement leurs praticiens. Avec 20 millions de patients chaque mois et 60 000 praticiens partenaires, nous avons une opportunité unique d’améliorer l’accès aux soins et de faire de la France un des pionniers de la téléconsultation dans le monde. »

    Doctolib va développer son site afin de permettre à ses utilisateurs de prendre rendez-vous pour une téléconsultation avec leur médecin traitant ou un spécialiste. Un questionnaire servira de triage dans l’objectif d’écarter les cas nécessitant une consultation directement auprès d’un praticien. Dans le cas contraire, le patient recevra un lien pour joindre un professionnel de santé en visioconférence. Ce dernier pourra rédiger une ordonnance en cas de besoin, qui sera envoyée au patient via le site.

    Afin d’aboutir au meilleur service possible, Doctolib a entamé une collaboration avec un groupe de 500 praticiens partenaires et ce pour :

    • proposer un accompagnement de qualité aux patients qui souhaitent recourir à la téléconsultation ;
    • former les praticiens à assimiler les nouvelles pratiques de télémédecine.

    Doctolib mise par ailleurs sur les 60 000 professionnels de santé qui utilisent aujourd’hui sa plateforme de prise de rendez-vous en ligne – des professionnels de santé issus entre autres des CHU (centres hospitaliers universitaires) les plus importants du pays – et revendique 20 millions de visiteurs au mois de septembre 2018. Ainsi, Stanislas Niox-Chateau déclare : « Nous avons bien d’autres sujets pour continuer à transformer le système de santé ».

    Modalités économiques à définir

    La start-up est en train de définir son modèle économique. Actuellement, un abonnement unique est proposé aux clients utilisant son service de prise de rendez-vous en ligne à hauteur de 109 euros par mois. Deux possibilités sont envisagées : soit une augmentation de ce tarif dans lequel l’accès au service de téléconsultation serait inclus, soit une offre à part englobant uniquement la téléconsultation. Encore une fois, la start-up souhaite faire valider son choix par les praticiens partenaires.

  • Étude : les symptômes de l’insomnie soulagés grâce à une appli de thérapie comportementale (Jama)

    L’application Sleepio de Big Health améliorerait significativement la santé, le bien-être psychologique et la qualité de sommeil des personnes souffrant d’insomnie, révèle une étude* menée pendant un an par des chercheurs de l’université d’Oxford. Ces travaux montrent que les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) réalisées via des solutions digitales réduisent les symptômes nocturnes et diurnes. Les résultats de cet essai randomisé ont été publiés le 25 septembre 2018 dans Jama Psychiatry.

    L’efficacité des thérapies comportementales en ligne confirmée

    Plus de 10 % de la population souffre d’insomnie. Depuis 2016, l’American College of Physicians recommande en première intention d’avoir recours à des thérapies comportementales plutôt qu’à des somnifères. Les thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ont fait la preuve de leur efficacité dans la prise en charge de l’insomnie mais les professionnels formés à ces thérapies manquent. Les patients sont donc en moyenne confrontés à des délais d’attente d’au moins 6 mois.

    Plusieurs études ont déjà apporté la preuve que les TCC délivrées via des plateformes web ou des applications mobiles réduisaient les symptômes nocturnes de l’insomnie. Cependant, la plupart des personnes souffrant d’insomnie demandent de l’aide en raison des conséquences diurnes d’un mauvais sommeil. Des chercheurs britanniques de l’université d’Oxford ont donc mené une étude pour déterminer si ces thérapie cognitivo-comportementale digitales avaient un impact positif sur la santé mentale, le bien-être psychologique et la qualité de vie globale de ces personnes. En effet, l’insomnie a été identifiée comme un facteur de risque de développement de troubles de santé mentale, de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.

    Un impact positif la nuit et le jour

    L’étude randomisée en double aveugle a inclus 1 711 personnes sollicitées sur les réseaux sociaux. Le but était de comparer l’utilisation d’une application mobile offrant des TCC en ligne à une prise en charge traditionnelle, qui consiste à inculquer des règles d’hygiène de vie liée au sommeil. Les résultats ont été évalués au milieu du traitement (4 semaines), après le traitement (8 semaines) et au bout de 24 semaines.

    Les chercheurs ont utilisé le programme Sleepio de la société Big Health avec son appli iOS dans le cadre de ces travaux. Le dispositif en question est entièrement automatisé et ses algorithmes permettent l’envoi d’informations ciblées selon le profil du patient ainsi qu’un soutien et des conseils personnalisés. Les séances de thérapie cognitivo-comportementales ont été découpées en 6 sessions d’une durée de 20 minutes chacune et les participants ont eu accès à l’intervention pendant 12 semaines.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 25 septembre 2018 dans Jama Psychiatry.

    Résultats :

    • 80,8 % des personnes ont participé à au moins une séance de TCC sur l’appli Sleepio ;
    • 57,6 % ont participé à 4 séances minimum ;
    • 48,4 % ont participé à l’ensemble des 6 séances de thérapie cognitivo-comportementales.

     Le taux d’abandon était semblable à celui que l’on retrouve généralement dans les programmes de TCC. 

    À 4, 8 et 24 semaines :

    • l’utilisation de l’application mobile était associée à une amélioration significative de la santé mondiale et du bien-être psychologique ;
    • les symptômes de dépression, d’anxiété, de somnolence et d’échec cognitif ont tous montré des différences significatives en faveur de Sleepio ;
    • le degré de changement au niveau de la fatigue allait de modéré à élevé ;
    • la productivité au travail en raison de problèmes de sommeil s’était améliorée de manière faible à modérée ;
    • un effet faible mais significatif en termes d’absentéisme réduit a été enregistré.

    Le digital pour toucher plus d’insomniaques

    Les chercheurs qui ont mené cette étude ont conscience que le profil des patients n’est pas tout à fait le même que celui de ceux qui consultent. En revanche, il est représentatif des personnes souffrant d’insomnie dans la population générale.

    Ces résultats indiquent donc que les thérapie cognitivo-comportementales via des outils digitaux améliore à la fois les aspects diurnes et nocturnes de l’insomnie, « ce qui donne encore plus de poids à la recommandation clinique de la TCC comme traitement de choix pour l’insomnie, écrivent les auteurs de ces travaux. Et à notre connaissance, il s’agit de la première étude à grande échelle démontrant une relation de cause à effet entre la réduction des symptômes d’insomnie via les TCC et l’état de santé perçu [ainsi que] la qualité de vie. »

     » En utilisant un programme numérique, nous pouvons atteindre beaucoup plus de patients souffrant d’insomnie « , a conclu Jason Ong, professeur agrégé de neurologie en médecine du sommeil à la Feinberg School of Medicine de la Northwestern University.

      

  • Le DM de télésurveillance de l’insuffisance rénale de Pharmagest « eNephro » remboursé par la CNAM

    eNephro, outil de télésurveillance et de gestion de l’insuffisance rénale chronique (IRC), va désormais être pris en charge par la sécurité sociale car il est éligible au programme ETAPES (Expérimentations de financement de la télémédecine pour l’amélioration des parcours en santé) de la DGOS (Direction générale de l’offre de soins), annonce, dans un communiqué du 18 septembre 2018, Pharmagest, qui a développé la solution.

    La solution sera remboursée dans le cadre du suivi des patients greffés et dialysés en unité autonome de dialyse (UAD), en unité de dialyse médicalisée (UDM) et en post-greffe.

    Le développement de la solution a été entamé en 2013 en partenariat avec le Centre Hospitalier Régional Universitaire de Nancy, celui de Bordeaux et celui de Lille. Aujourd’hui, un partenariat avec le service de néphrologie du CHRU de Nancy a été conclu afin que ce dernier puisse mettre en place la télésurveillance de ses patients à domicile dans l’objectif de sécuriser et d’optimiser leur prise en charge.

    eNephro, une solution innovante pour un nouveau modèle organisationnel

    L’objectif de la plateforme eNephro est de proposer une prise en charge collaborative et de qualité aux patients atteints de maladies chroniques. Elle permet l’intégration de l’ensemble des acteurs de la prise en charge du patient : médecin traitant, néphrologues et équipes de dialyse, pharmaciens, transplanteurs, infirmiers et aides-soignants.

    Éditée par Diatelic, la filiale e-santé du Groupe Pharmagest, cette solution est référencée par la DGOS depuis mai 2018 comme solution pour la télésurveillance de l’Insuffisance Rénale Chronique, marquée CE. Dans le cadre de la prise en charge financière d’eNephro par le programme ETAPES, seuls les patients suivis en post-greffe et dialysés en centre léger, seront remboursés.

    Le partenariat avec le Centre Hospitalier Régional Universitaire de Nancy concerne le suivi médical par les professionnels de santé du CHRU de Nancy des patients télésurveillés en collaboration avec les médecins généralistes référents de ces derniers.

  • Plus de 900 000 Australiens se sont retirés du dossier de santé national My Health Record

    Environ 900 000 Australiens, soit environ 3 % des personnes éligibles, se sont jusqu’ici retirés du dossier de santé numérique national My Health Record (MyHR), en exprimant explicitement leur volonté qu’aucun profil ne soit créé à leur nom sur la plateforme, a révélé l’Agence de la santé numérique australienne (ADHA) le 17 septembre 2018 avant que ne soit entreprise une enquête du Sénat. Un compte MyHR sera automatiquement ouvert d’ici la fin de l’année à tous les citoyens australiens n’ayant pas choisi l’option de retrait (opt-out option), mise en place courant juillet 2018 et activable jusqu’au 15 novembre 2018.

    « Ceci est nettement inférieur aux prévisions initiales que nous avions anticipées », a déclaré Tim Kelsey, le directeur général de l’ADHA, qui exploite My Health Record. Il a précisé que le nombre d’activations de l’option « opt-out » correspondait à celui du Royaume-Uni et de l’Autriche, qui ont déployé des dossiers médicaux numériques similaires.

    Le ministre de la Santé australien, Greg Hunt, a déclaré précédemment que le gouvernement avait un objectif de retrait de moins de 10 %.

    Des mesures pour renforcer la protection des données annoncées en août 2018

    Le nombre de retraits pourrait être un peu plus élevé car le bilan actuel incluait uniquement les demandes effectuées par téléphone ou en ligne. Les formulaires papier, fournis dans les zones régionales et reculées, y compris dans les communautés autochtones, n’ont pas encore été pris en compte.

    Tim Kelsey a indiqué qu’il y avait eu un « afflux très important » de personnes ayant demandé à être retirées de My Health Record au début de la période de retrait courant juillet 2018, suivi d’une « baisse significative ».

    Une ordonnance de tribunal obligatoire pour accéder à un dossier sans consentement

    En août 2018, le gouvernement a apporté plusieurs modifications au système, en réponse à certaines critiques sur la manière dont les données des patients pourraient être communiquées à la police ou à d’autres organismes. Ainsi, un dossier MyHR ne peut être partagé sans le consentement de la personne concernée que si les autorités policières disposent d’une ordonnance du tribunal. Par ailleurs, les utilisateurs ont à tout moment la possibilité de supprimer intégralement leur profil.

    La sécurité des informations patients pose cependant encore question

    Le Law Council of Australia, une association de barreaux et d’associations de barreaux des États et des territoires d’Australie, a salué le renforcement de la protection des données recueillies dans My Health Record mais a exprimé au Sénat sa crainte que les auteurs de violences domestiques puissent accéder aux dossiers de leurs enfants.

    La législation qui sous-tend le programme, the My Health Records Act, permet aux personnes ayant la « responsabilité parentale » d’un ou de plusieurs enfants d’accéder aux dossiers de ces derniers. Cependant, la loi n’exclut pas les personnes ayant obtenu une ordonnance de protection en raison de violences domestiques. Le Law Council of Australia redoute ainsi que certaines informations sensibles, comme les emplacements des cabinets médicaux mentionnés dans le dossier, puissent être utilisées pour traquer les familles.

    «La législation doit protéger l’emplacement et l’identité des victimes de violences familiales contre le partage [de ces informations] avec les auteurs [de ces violences] », a déclaré le président de l’association, Morry Bailes.

    Le gouvernement australien n’a pas encore adopté ces amendements relatifs à la protection de la vie privée.

  • Étude : les patients souffrant de troubles mentaux prêts à utiliser des applis pour leur santé

    Plus de huit patients sur dix atteints de maladie mentale accepteraient d’utiliser des applications mobiles collectant des informations sur leur comportement et leurs habitudes de vie, révèle une étude* publiée le 29 août 2018 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR). Ces personnes seraient aussi disposées à ce que leur médecin accède à certaines de ces données mais seraient en revanche plutôt réticentes à partager leurs informations les plus personnelles, comme le contenu de leurs SMS et de leurs enregistrements audio.

    Des applis pour mesurer les troubles de l’humeur en temps réel

    Pour diagnostiquer une dépression ou prédire un risque de rechute, les psychiatres ne disposent pas d’outils fiables ou de marqueurs biologiques comme une prise de sang. Ils procèdent ainsi à des évaluations a posteriori, en demandant à leurs patients de se souvenir de leur humeur au cours des dernières semaines. Le biais de remémoration s’avère donc important. Le patient peut oublier mais aussi hésiter à se livrer.

    Les nouvelles technologies peuvent apporter des solutions pour combler ces lacunes. D’ores et déjà, certains psychiatres ont recours à des applications mobiles pour compléter la prise en charge de leurs patients dépressifs. Ils plébiscitent notamment les carnets de jour : le patient répond régulièrement à des questions sur son humeur, son sommeil, etc. Grâce à des mesures répétées, réalisées dans la « vraie vie », l’évaluation écologique instantanée (EEI) permet de retranscrire la réalité de l’instant. Grâce à la géolocalisation des smartphones, une appli peut aussi inviter un patient à sortir de chez lui si cela fait plusieurs heures qu’il est à son domicile.

    Mesurer l’acceptation de ces outils intrusifs 

    Globalement, l’évaluation basée sur les données mobiles est possible en raison de la grande quantité d’informations disponibles sur un smartphone, notamment la géolocalisation, l’activité de l’écran, le mouvement physique et l’activité de communication. Ces données peuvent offrir un aperçu beaucoup plus fin de l’état mental que les méthodes traditionnelles. Cependant, ces outils peuvent paraître intrusifs. Reste donc à savoir si les patients sont prêts à jouer le jeu. Des chercheurs canadiens de l’université de Toronto ont donc mené une étude pour mesurer la volonté des patients à consentir à un tel procédé.

    Le but de ces travaux était de mesurer dans un premier temps le taux de personnes possédant un téléphone mobile au sein de la population de patients, puis la volonté des patients d’utiliser leur mobime comme outil expérimental d’évaluation de leur trouble mental. Les auteurs de l’étude ont aussi cherché à déterminer pour quels types de données ils seraient les plus susceptibles de consentir à une utilisation par le corps médical.

    82 nouveaux patients consultant pour des troubles de l’humeur et des troubles anxieux se sont vu remettre un questionnaire. Les résultats ont été publiés le 29 août 2018 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Résultats

    • 85 % des patients possédaient un smartphone ;
    • 41 % se sont déclarés totalement d’accord pour installer une application visant à évaluer leur trouble mental ;
    • 43 % se sont déclarés éventuellement d’accord, à condition d’avoir plus d’informations sur l’appli ;
    • 16 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles n’étaient pas favorables à l’installation d’une telle application ;
    • plus de la moitié des patients ont indiqué être d’accord pour donner accès au GPS et au détecteur de mouvements de leur téléphone ainsi qu’aux informations sur l’écran (on ou off) ;
    • une minorité a dit être prête à autoriser l’accès à son calendrier (45 %), à ses fichiers audio (31 %), et au contenu de ses SMS (34 %).

    Rassurer les patients sur la sécurisation des données

    Les auteurs des travaux estiment que ces résultats sont encourageants dans la mesure où aucune information sur la sécurisation des données n’était fournie. « Il serait possible de développer des algorithmes pour traiter une grande partie des données brutes et rapporter des statistiques de haut niveau présentant un intérêt pour les cliniciens. Comme notre enquête n’a abordé aucun de ces points, il est possible que les réponses soient plus positives compte tenu de ces garanties », écrivent les chercheurs. En outre, les taux d’adoption pourraient aussi être plus importants si des résultats montrant l’efficacité de telles applis étaient exposés aux patients.

    Un consentement de principe à confirmer

    Cependant, le petit échantillon de patients limite la portée des résultats. Tous les répondants vivent dans la région de Toronto et il est donc impossible de les généraliser à l’ensemble de la population canadienne ou au-delà. Une autre limite fondamentale de cette étude est inhérente aux enquêtes en général. Le fait que les patients se déclarent consentants ne signifie pas qu’ils accepteraient réellement de donner accès à leurs informations personnelles et sensibles.

    Enfin, les auteurs de cette étude estiment qu’il serait intéressant de mesurer des différences d’acceptation en fonction des pathologies. « Une hypothèse intéressante à tester serait de savoir si les patients présentant un trouble d’anxiété sociale, qui craignent l’évaluation et l’examen, seraient moins susceptibles de fournir un accès [à leurs] données, peut-être en raison de la peur de l’observation ou du jugement des autres caractéristiques du trouble. »

  • #FASN2018 : la chirurgie sera renouvelée grâce à la robotique et à la réalité virtuelle (B. Gayet)

    Le Dr Brice Gayet, chirurgien général viscéral de l’Institut Mutualiste Montsouris (IMM), est intervenu à l’occasion de l’événement FASN-Hôpital du futur qui s’est tenu le 20 septembre 2018 à Paris pour présenter sa vision du bloc opératoire de demain.

    Il affirme que la réalité virtuelle, la réalité augmentée et les robots synergiques vont porter la révolution du bloc opératoire et que le progrès ne viendra pas par la nouveauté clinicienne. Ce sont l’imagerie et la simulation qui transformeront la chirurgie et le bloc opératoire.

    L’avenir de la chirurgie réside dans les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives), les objets connectés et la télémédecine avec deux déclinaisons particulières, à savoir :
    • le télémentoring qui consiste à guider un chirurgien au bloc grâce à un appel par visioconférence ;
    • la téléstration qui consiste à dessiner sur une vidéo pour indiquer notamment la zone à inciser, etc.

    Ces évolutions techniques remettent en cause les modèles structurels actuels autour de la chirurgie, des métiers et des techniques, avec une évolution rapide et marquée vers la chirurgie interventionnelle-endoscopique.

    Selon lui, il apparaît crucial d’admettre que les innovations majeures ne viendront plus des cliniciens. L’innovation viendra des NBIC, à savoir des nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives, et de la robotique. L’émergence de la génomique et de la médecine prédictive et personnalisée va façonner la manière de soigner de demain.

    Chirurgie ambulatoire, tendance confirmée

    Il souligne le retard de la France dans la mise en œuvre de la chirurgie ambulatoire, alors que de nombreux pays européens ont fait leur révolution grâce à l’ambulatoire : les actes chirurgicaux en France en ambulatoire n’ont toujours pas atteint les 50 % d’actes chirurgicaux. Il cite le contre-exemple de l’Angleterre où la chirurgie est ambulatoire par défaut – le recours à une hospitalisation dans le cadre d’une chirurgie exige une autorisation préalable.

    Les réalités virtuelle et augmentée accroissent l’efficacité d’une opération chirurgicale

    L’intérêt de la chirurgie en réalité augmentée

    Pour montrer l’intérêt de la chirurgie en réalité augmentée, le Pr Brice Gayet a évoqué l’apport de ce type de chirurgie à des interventions telles que l’ablation des tumeurs du foie : la simulation permet par exemple de comprendre la façon dont une tumeur s’étend dans le foie au sein des segments et sous-segments de l’organe, et éventuellement de réduire le nombre d’interventions nécessaires. « On ne traite plus les livres d’anatomie, on traite les malades eux-mêmes grâce à la simulation à partir d’images en coupe« , clame-t-il.

    Chirurgie virtuelle au brouillon

    Le Dr Gayet affirme que l’on peut faire de la chirurgie virtuelle « au brouillon », pour former et pallier le manque d’expérience du chirurgien.

    Ainsi, la laparoscopie* virtuelle permet de tester l’exécution d’actions, de constater le résultat de l’intervention et éventuellement de la recommencer, de corriger son geste afin d’éviter les erreurs préjudiciables pour le patient.

    Pour reprendre l’exemple de la chirurgie du foie, un logiciel de simulation permet déjà de simuler l’ablation de l’organe avec indication de la partie restante et alerte si le pourcentage minimal nécessaire à la survie du patient est atteint, ce qui oblige le chirurgien à revoir son protocole.

    Par ailleurs, la chirurgie totalement virtuelle, dématérialisée, fait partie des méthodes qui existent actuellement. Cela permet à un opérateur équipé d’un casque de réalité virtuelle et d’un stylet de s’exercer aux gestes à reproduire au cours d’une chirurgie. Il travaille sur des images qui forment une reconstitution en 3D des images issues d’un examen par scanner.

    En chirurgie hépatique, cette technique permet alors de:

    • préparer son opération en visualisant les parties à retirer de l’organe, dont les images peuvent être projetées sur le foie réel du patient afin d’augmenter la précision du geste chirurgical ;
    • vérifier la qualité de la chirurgie exécutée virtuellement en recoupant le résultat obtenu avec les images de la tumeur issues du scanner.

    La chirurgie en réalité augmentée

    En évoquant la réalité augmentée, Brice Gayet présente l’exemple d’un bloc opératoire équipé de 7 écrans sur lesquels peuvent être projetées respectivement des images réelles du foie du patient, des clichés de  réalité virtuelle du foie de ce même patient et une superposition des deux images précédentes, ce qui aide à l’exécution précise et pertinente de certains gestes particuliers.

    La chirurgie assistée par fluorescence pour révéler l’invisible

    Brice Gayet a cité la technique de chirurgie assistée par fluorescence appelée NIR/ICG, qui, au moyen d’un rayonnement infrarouge et d’une administration préalable de vert d’indocyanine, permet au cours de l’intervention, de révéler au chirurgien l’emplacement exact de structures difficilement visibles à l’oeil nu.

    Ainsi, en chirurgie viscérale, cette technique peut permettre de visualiser extemporanément et précisément l’emplacement et la forme des voies biliaires, ainsi que d’éventuelles fuites biliaires invisibles à l’œil nu.

    Les apports de la robotique

    Les robots synergiques pour une chirurgie de précision

    Le robot synergique est un assistant du chirurgien, une aide qui, au cours de l’opération, garantit au patient un certain niveau de sécurité. En effet, ce robot permet de définir au préalable des zones « interdites », à ne pas toucher pendant l’opération.

    Brice Gayet donne également l’exemple d’un outil à même d’aider à stabiliser l’aiguille utilisée pour canuler* la veine centrale de la rétine, une zone de petite surface. Le geste du chirurgien ophtalmologiste gagne 2000 fois par seconde en stabilité et le rendu est beaucoup plus homogène.

    L’endoscopie assistée par des robots, le futur de la chirurgie

    Le Dr Gayet souligne que de nombreux actes de la spécialité digestive, autrefois chirurgicaux, relèvent aujourd’hui de l’endoscopie. Il en va de même de la cardiologie qui est devenue cardio-interventionnelle. En effet, aux États-Unis, actuellement, plus de 50% des actes chirurgicaux sont  endoscopiques, un tel engouement s’expliquant par une réduction des risques pour le patient (actes moins invasifs qu’autrefois) ainsi que par une diminution des coûts liés aux interventions.

    Il prône alors l’usage d’endoscopes modernes qui permettent de réaliser de nombreux actes. Il cite comme exemple le plus abouti un endoscope asiatique de 2,5cm dénommé « le crabe », car il dispose à son extrémité de pinces permettant de réaliser des actes de chirurgie. Cependant, le Dr Gayet estime que c’est la robotique qui va révolutionner ces nouvelles pratiques chirurgicales de plus en plus endoscopiques.

    Pour la chirurgie, le progrès, ce n’est pas pas la nouveauté mais l’amélioration des soins et la baisse des coûts. « Il va arriver par la robotique », prévoit-il, la robotique qui permet de faire des choses assez révolutionnaires comme l’interface cerveau-ordinateur-machine qui permet de déplacer les objets par la force de la pensée ou la télékinésie – commander les objets par la pensée.

    Évolutions sociologiques

    En parallèle des évolution technologiques liées à la robotique employée au bloc vont s’opérer des changements structurels et organisationnels.

    • Selon le Dr Gayet, on va de plus en plus évoluer vers une chirurgie de ville, et les hôpitaux seront moins nombreux. On va par conséquent aller vers des périodes d’hospitalisation de plus en plus courtes, avec un souci particulier accordé à la phase post-opératoire.
    • Il souligne également le changement qui s’opère du côté du patient, qui, de plus en plus informé, va mettre en concurrence, comparer et devenir plus exigent envers le chirurgien.
    • La chirurgie est déjà en passe de devenir interventionnelle, donc une réflexion sur le bloc opératoire lui-même est nécessaire : ce dernier se transforme progressivement en « plateau interventionnel » et le rôle du chirurgien lui-même est amené à changer.
    • Les médecins seront obligés d’acquérir des techniques très différentes, nombreuses et nouvelles dans le cadre de leur exercice, tout en devenant les dépositaires d’un savoir-faire ancien.
    • Les changements qui s’opèrent actuellement vont affecter les modes d’exercice et les modèles économiques.

    Selon lui, la réalité virtuelle et la reconstitution du champ opératoire sont indéniables, et le recours à la réalité augmentée se banalisera au bénéfice de la sécurité du patient.

    L’IA fera évoluer dans le bon sens la décision médicale et la relation patient

    Selon lui, l’intelligence artificielle va considérablement impacter les métiers en agissant principalement sur l’aide à la décision ainsi que sur la relation patient-professionnel. Le recours à l’IA permet de gagner en précision et du temps pour se consacrer au patient, qui a besoin d’attention et d’accompagnement en particulier s’il est atteint de pathologies lourdes ou chroniques.

    Finalement, Brice Gayet regrette l’absence de connaissances dans des domaines tels que la littérature, la psychologie ou les sciences cognitives, qui doivent contribuer à la formation des médecins du 21ème siècle, siècle qui impose selon lui une redistribution des rôles et une redéfinition des métiers.

  • IA : le chinois Ping An Good Doctor présente les « One-minute Clinics » et des écouteurs intelligents

    Ping An Good Doctor, la principale plateforme de santé en Chine, a présenté le 17 septembre 2018 ses dispositifs médicaux et sa technologie d’intelligence artificielle (IA) lors de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC) 2018.

    Parmi les innovations mises en avant figurent :
    • un bracelet connecté permettant de calculer le pouls du patients et d’envoyer automatiquement les résultats au médecin concerné connecté à distance ;
    • les « One-minute Clinics » : des cabinets virtuels permettant d’obtenir une consultation à distance pour les maladies courantes ;
    • un système médical assisté par IA : des consultations en ligne basées sur l’analyse sémantique et des big data ;
    • des écouteurs intelligents qui adaptent le niveau sonore en fonction des capacités auditives de l’utilisateur.

    Dans la zone « AI + Health » de la WAIC, Ping An Good Doctor a présenté :

    Un bracelet intelligent pour mesurer le pouls

    Les utilisateurs doivent placer une main dans le bracelet intelligent et le test est activé. Les données recueillies (résultats et statistiques) sont ensuite envoyées automatiquement sur le smartphone du patient et au médecin en ligne via la plateforme Good Doctor afin de faciliter la consultation par les médecins issus de la médecine traditionnelle chinoise.

    Cette technologie est en effet présentée comme l’un des éléments centraux du « Modern Physician Hua Tuo Plan » (Hua Tuo était un célèbre médecin chinois de l’époque de la dynastie Han) de l’entreprise, un plan lancé en 2017 qui vise à adapter à la médecine traditionnelle chinoise les technologies de l’intelligence artificielle (IA), dont le développement est actuellement centré sur la médecine occidentale.

    L’objectif de cette démarche est de recueillir la cause et « l’histoire » de la maladie sur la base des quatre méthodes de diagnostic appliquée en médecine traditionnelle chinoise, soit « l’observation, l’écoute de la respiration, poser des questions sur les symptômes et la prise de pouls ».

    Des cabinets virtuels « One-minute Clinics »

    Les « One-minute Clinics » sont connectés à la plateforme de Ping An Good Doctor (analyse de la capacité de consultation médicale) et à l’équipe de professionnels de santé reliés à la plateforme ainsi qu’aux big data recueillies via une technologie d’IA.

    Les patients doivent se présenter dans le cabinet virtuel d’environ 1 m² pour obtenir une consultation médicale rapide, des directives pour guérir plus rapidement et des recommandations de médicaments grâce à la description de leurs symptômes via des messages vocaux et des graphiques. Après la consultation, les patients pourraient également avoir la possibilité d’acheter le ou les médicaments dont ils ont besoin dans des armoires à pharmacies intelligentes situées à proximité du cabinet virtuel.

    Ce procédé vise à réduire le temps de consultation pour les maladies courantes.

    Un système médical assisté par IA

    En utilisant l’intelligent speech (système de langage homme-ordinateur), l’analyse sémantique et l’analyse des big data, le système médical assisté par IA de Ping An Good Doctor a comptabilisé plus de 300 millions de consultations médicales en ligne jusqu’à présent. Il sera appliqué à la téléconsultation afin d’augmenter l’efficacité des consultations des médecins de plus de 5 fois, avance l’entreprise chinoise, améliorant ainsi l’efficacité et la précision de la consultation en ligne.

    À la fin du mois de juin 2018, Ping An Good Doctor avait demandé 26 brevets au total pour sa recherche et son développement en intelligence artificielle.

    Des écouteurs intelligents pour mieux protéger l’audition

    Le Smart Earphone est un outil de protection auditive intelligent développé par l’entreprise chinoise et des institutions centrées sur le domaine de l’audition.

    L’utilisateur doit connecter les écouteurs du dispositif à son smartphone puis réaliser un test auditif. Les résultats sont enregistrés et analysés par un algorithme afin d’obtenir une courbe détaillant les capacités auditives de la personne.

    Le niveau sonore est ensuite ajusté en fonction des résultats, en assurant une protection auditive adéquate pour l’utilisateur.

  • Apple Watch Series 4 certifiée dispositif médical par la FDA

    L’Apple Watch Series 4 a été dévoilée le 12 septembre 2018 en concomitance avec les iPhone XS, XS Max, et XR. Jeff Williams, directeur des opérations d’Apple, a présenté cette nouvelle montre intelligente de la marque à l’occasion de son discours de la rentrée.

    La nouvelle montre connectée d’Apple est équipée de nouveaux capteurs permettant :
    • d’établir un électrocardiogramme (ECG) à tout moment – à condition de l’avoir au poignet ;
    • d’afficher son rythme cardiaque en arrière-plan grâce à un algorithme capable de détecter la fibrillation auriculaire ;
    • de lancer une alerte en cas de chute détectée.

    Les fonctionnalités « médicales » seront intégrées dans la montre d’ici la fin de l’année 2018 pour le marché américain. Elle ne seront disponibles sur d’autres marchés que par la suite en fonction de la réglementation en vigueur sur la marché donné.

    Une molette transforme la montre en électrocardiographe

    Un électrocardiogramme peut être effectué par l’Apple Watch en activant la molette de la montre. Conçus par Johnny Ives, le capteur et les électrodes installés au dos de la montre forment un circuit fermé au moment où le doigt est apposé sur la montre et délivrent un ECG au bout de 30 secondes.

    L’accéléromètre et le gyroscope dont elle est équipée la rendent par ailleurs capable de détecter les chutes. Pour cela, c’est la vitesse du poignet qui est calculée ainsi que l’accélération de l’impact. Ces deux paramètres combinés détectent les chutes et la montre émet une alerte.

    Données disponibles dans l’application ou le dossier médical

    Toutes les données numériques liées à l’activité du cœur sont envoyées vers l’application Santé disponible sur l’iPhone (Apple’s Health app) pour une éventuelle réutilisation dans le cadre d’un rendez-vous médical.

    Pour les utilisateurs du dossier médical d’Apple (Apple Health Records), cela représente la possibilité de transmettre les informations directement à leur médecin.

    L’Apple Watch Series 4 sera disponible en France à partir du 21 septembre 2018 contre 429 euros (version GPS).

  • Les lunettes connectés XpertEye utilisées au Samu de Nantes bientôt déployées en Ephad

    À partir de la fin 2018, différents Ehpad de l’Ouest devraient s’équiper de lunettes de réalité assistée XpertEye, a annoncé le Dr Joël Jenvrin, responsable médical du Samu 44–Smur de Nantes, lors du congrès de la Société française de médecine d’urgence (SFMU) qui s’est tenu en juin 2018 à Paris.

    Conçues par la société rennaise AMA, elles sont utilisées depuis le mois d’avril 2018 par les équipes du Smur et du Samu de Nantes, qui peuvent ainsi transmettre en temps réel des vidéos de leurs interventions au médecin régulateur.

    Pilotée par le Dr Jenvron et mise en place par le Dr Arnaud Martinage, médecin urgentiste au CHU de Nantes, cette initiative se trouvait au centre de la candidature portée par le Samu 44, en partenariat avec la société d’ambulance privée Assistance ambulance, pour l’appel à projets « Télémédecine, urgences hospitalières et lunettes connectées », lancé en 2016 par l’ARS Pays-de-la-Loire.

    Depuis, le projet est mené avec la direction du service numérique du CHU de Nantes, l’ARS – qui l’a validé – et le GCS e-santé des Pays-de-la-Loire, qui a reçu une part de financement pour que les flux vidéos soient intégrés à sa plateforme de télémédecine Qimed.

    Les lunettes visent à optimiser la régulation et la réponse médicale

    L’objectif de l’utilisation de ces lunettes connectées est d’intégrer les flux vidéos à la structure Samu-centre 15 « afin d’optimiser la régulation et la réponse médicale à apporter aux patients », a expliqué le Dr Jenvrin (source : APMnews).

    « Aujourd’hui, 99 % des flux gérés sont vocaux. [Les médecins régulateurs sont] aveugles quant à la situation de terrain et réduits à la représentation mentale de la description parfois difficile effectuée par le professionnel de santé qui est sur place ». Le spécialiste explique qu’un « simple coup d’oeil » suffit à évaluer la gravité de la situation et à fournir une réponse plus rapide et plus adaptée, « avec un recul qui permet de s’affranchir du contexte émotionnel de la situation ».

    Vers un déploiement en Ehpad

    La volonté d’équiper différents Ehpad avec le dispositif XpertEye s’inscrit dans le cadre d’un deuxième projet, intitulé « Télémédecine et soins non programmés ».

    « Lors de l’appel au Samu-centre 15 d’une infirmière ou d’une aide-soignante qui se trouve face à un résident qui pose un problème aigu, la mise en place d’une visio-régulation pourrait permettre d’identifier précisément le problème rencontré par la personne âgée et de décider, entre autres, si la situation nécessite un transfert aux urgences, l’intervention d’un médecin de terrain, ou une gestion à distance », explique le Dr Jenvrin.

    Exemples d’utilisation des lunettes connectées au Samu 44

    En cas de fracture :

    Via la vidéo générée par le professionnel de santé sur place, le médecin régulateur peut caractériser la fracture pour déterminer si elle est déplacée ou si elle nécessite la mise en place d’un dispositif d’immobilisation. Ce système permet également de décider si la prise en charge du patient nécessite une réanimation, une relaxation ou une antalgie.

    En cas de détresse respiratoire :

    Les images transmises par les lunettes connectées permettent de voir si le patient est en sueur, de quelle couleur sont ses lèvres, etc., afin d’établir un diagnostic plus précis. Ces éléments essentiels n’apparaissant parfois pas dans les bilans établis par les urgentistes.

    Pour accompagner les jeunes médecins :

    Avec le dispositif XpertEye, les jeunes médecins peuvent bénéficier du regard plus expérimenté du médecin régulateur, qui peut leur délivrer des conseils à distance et leur fournir une assistance pour la réalisation de gestes techniques complexes.

    L’évaluation de l’utilisation des lunettes connectées va permettre d’analyser leur effet sur l’organisation des soins, notamment au niveau de la gestion de flux supplémentaires, et de savoir si elles entraînent un gain de temps significatif pour les services de soins concernés.

    « Nous avons souhaité nous inscrire dans un cadre institutionnel afin d’ancrer l’outil dans nos pratiques, précise le Dr Joël Jenvrin. Nous l’utilisons tous les jours, plusieurs fois par jour. Nous sommes en train de nous approprier les cas d’usage, tout en sachant que ces lunettes connectées représentent une première étape. Nous sommes convaincus que demain, ce sont les smartphones du grand public qui permettront d’avoir directement accès aux malades. »