« De manière générale, la pédiatrie est assez délaissée sur le marché de la e-santé, notre objectif était donc de proposer une solution dédiée à l’enfant », explique à Health & Tech Intelligence Sandrine Bender, P.-D.G. et co-fondatrice avec Alizée Gottardo (CTO) de Meyko, un compagnon connecté conçu pour aider les jeunes patients asthmatiques à suivre leur traitement de manière ludique. La start-up, fondée en 2016, a remporté fin mars 2019 le prix de l’innovation PharmagoraPlus, qui récompense les initiatives en adéquation avec les nouveaux besoins des pharmaciens.
Après 3 années de tests en situation réelle ayant impliqué 150 familles et une première campagne de commercialisation réussie en septembre 2018, la société va ouvrir une nouvelle fois à la vente son produit en avril 2019, indique l’entrepreneure, designer spécialisée en santé. Le prix de vente est fixé à 129 euros.
Cette fois-ci, Meyko va être proposé pour d’autres pathologies, telles que l’épilepsie et la mucoviscidose.
Le projet Meyko est soutenu par le CHU de Nantes et l’hôpital Necker à Paris. Des tests vont également être menés sur le long terme au sein du CHU d’Angers.
« Le produit a été conçu pour être robuste »
Vous êtes-vous inspiré d’objets existants pour concevoir Meyko ?
Sandrine Bender : Nous nous sommes reposés sur une analyse assez large d’importantes études scientifiques pour savoir quels types de solutions fonctionnaient chez les enfants. Nous nous sommes intéressés à l’utilisation de robots pour l’accompagnement des jeunes patients, à l’empathie ressentie envers un objet tiers, à l’ergonomie idéale pour une manipulation par des petits, etc.
Votre solution vise-t-elle à être directement commercialisée auprès des patients ou envisagez-vous d’autres canaux ?
Le business modèle de Meyko repose sur une offre BtoC (par le biais de campagnes de commercialisation ponctuelles) mais la solution est aussi proposée aux CHUs pour réaliser une évaluation auprès de leurs patients.
Vous vendez le produit à 129 euros. Certains utilisateurs ont-ils exprimé leur volonté d’une baisse de prix ?
Les utilisateurs sont globalement assez réceptifs comme il ne s’agit pas d’un abonnement. Ils paient une seule fois et disposent à la fois du produit et d’un accès à l’application dédié.
Le produit, fabriqué en France, est garanti 2 ans et a été conçu pour être robuste. Comme il s’adresse aux enfants, nous savons qu’il va tomber, être malmené, donc nous avons conçu un objet destiné à tenir longtemps.
Quid de la sécurisation des données enregistrées sur Meyko ?
Les données recueillies sont stockées sur un hébergeur agréé hébergeur de santé (ministère). Elles sont toutes cryptées pour garantir la protection des informations des utilisateurs.
Une nouvelle campagne de commercialisation prévue en avril 2019
Vous allez lancer en avril une nouvelle campagne de commercialisation, avec un compagnon qui s’adressera cette fois-ci à d’autres pathologies (épilepsie, mucoviscidose…). Pourquoi avoir choisi de vous concentrer en premier lieu sur l’asthme ?
Je suis moi-même asthmatique et l’asthme est la maladie chronique la plus répandue chez l’enfant (en France, au moins 10 % des enfants en sont atteints et les hospitalisations en raison de l’asthme sont en augmentation chez les enfants, atteignant près de 40 000 séjours par an). Nous avons choisi cette pathologie parce que c’est celle que nous connaissions le mieux au départ.
Nous préparons de nouvelles fonctionnalités pour enrichir Meyko, notamment en ce qui concerne la prise en charge de maladies complexes, avec des prescriptions à des horaires précis par exemple.
Envisagez-vous un développement à l’international ?
Meyko a déjà été lancé en dehors de la France, notamment en Suisse, en Italie et en Espagne. L’idée est de poursuivre ce développement au sein du territoire français mais aussi à échelle européenne.