Medtech

  • Objets connectés en santé : « De manière générale, la pédiatrie est délaissée » (S. Bender, PDG, Meyko)

    « De manière générale, la pédiatrie est assez délaissée sur le marché de la e-santé, notre objectif était donc de proposer une solution dédiée à l’enfant », explique à Health & Tech Intelligence Sandrine Bender, P.-D.G. et co-fondatrice avec Alizée Gottardo (CTO) de Meyko, un compagnon connecté conçu pour aider les jeunes patients asthmatiques à suivre leur traitement de manière ludique. La start-up, fondée en 2016, a remporté fin mars 2019 le prix de l’innovation PharmagoraPlus, qui récompense les initiatives en adéquation avec les nouveaux besoins des pharmaciens.

    Après 3 années de tests en situation réelle ayant impliqué 150 familles et une première campagne de commercialisation réussie en septembre 2018, la société va ouvrir une nouvelle fois à la vente son produit en avril 2019, indique l’entrepreneure, designer spécialisée en santé. Le prix de vente est fixé à 129 euros.
    Cette fois-ci, Meyko va être proposé pour d’autres pathologies, telles que l’épilepsie et la mucoviscidose.

    Le projet Meyko est soutenu par le CHU de Nantes et l’hôpital Necker à Paris. Des tests vont également être menés sur le long terme au sein du CHU d’Angers.

    « Le produit a été conçu pour être robuste »

    Vous êtes-vous inspiré d’objets existants pour concevoir Meyko ?

    Sandrine Bender : Nous nous sommes reposés sur une analyse assez large d’importantes études scientifiques pour savoir quels types de solutions fonctionnaient chez les enfants. Nous nous sommes intéressés à l’utilisation de robots pour l’accompagnement des jeunes patients, à l’empathie ressentie envers un objet tiers, à l’ergonomie idéale pour une manipulation par des petits, etc.

    Votre solution vise-t-elle à être directement commercialisée auprès des patients ou envisagez-vous d’autres canaux ?

    Le business modèle de Meyko repose sur une offre BtoC (par le biais de campagnes de commercialisation ponctuelles) mais la solution est aussi proposée aux CHUs pour réaliser une évaluation auprès de leurs patients.

    Vous vendez le produit à 129 euros. Certains utilisateurs ont-ils exprimé leur volonté d’une baisse de prix ?

    Les utilisateurs sont globalement assez réceptifs comme il ne s’agit pas d’un abonnement. Ils paient une seule fois et disposent à la fois du produit et d’un accès à l’application dédié.

    Le produit, fabriqué en France, est garanti 2 ans et a été conçu pour être robuste. Comme il s’adresse aux enfants, nous savons qu’il va tomber, être malmené, donc nous avons conçu un objet destiné à tenir longtemps.

    Quid de la sécurisation des données enregistrées sur Meyko ?

    Les données recueillies sont stockées sur un hébergeur agréé hébergeur de santé (ministère). Elles sont toutes cryptées pour garantir la protection des informations des utilisateurs.

    Une nouvelle campagne de commercialisation prévue en avril 2019

    Vous allez lancer en avril une nouvelle campagne de commercialisation, avec un compagnon qui s’adressera cette fois-ci à d’autres pathologies (épilepsie, mucoviscidose…). Pourquoi avoir choisi de vous concentrer en premier lieu sur l’asthme ?

    Je suis moi-même asthmatique et l’asthme est la maladie chronique la plus répandue chez l’enfant (en France, au moins 10 % des enfants en sont atteints et les hospitalisations en raison de l’asthme sont en augmentation chez les enfants, atteignant près de 40 000 séjours par an). Nous avons choisi cette pathologie parce que c’est celle que nous connaissions le mieux au départ.

    Nous préparons de nouvelles fonctionnalités pour enrichir Meyko, notamment en ce qui concerne la prise en charge de maladies complexes, avec des prescriptions à des horaires précis par exemple.

    Envisagez-vous un développement à l’international ?

    Meyko a déjà été lancé en dehors de la France, notamment en Suisse, en Italie et en Espagne. L’idée est de poursuivre ce développement au sein du territoire français mais aussi à échelle européenne.

  • États-Unis : polémique sur les données recueillies par les applications de suivi de grossesse

    Le Washington Post a publié le 10 avril 2019 une longue enquête sur les solutions de suivi de grossesse proposées aux femmes par leurs employeurs, alors que ce marché connaît une croissance exponentielle. L’article a déclenché une polémique sur la sécurité des données que ces applications, et notamment Ovia Health, leader du marché, recueillent sur leurs utilisatrices.

    Certains employeurs, comme le géant des jeux vidéo Activision Blizzard, défendent ce choix vis-à-vis de leurs collaboratrices : « Je veux qu’elles aient un bébé en bonne santé parce que c’est bon pour nos affaires », affirme le vice-président chargé des ressources humaines, Milt Ezzard, interrogé par le quotidien américain, estimant que l’application lui permet d’économiser 1 200 dollars (environ 1 060 euros) par an et par employée. Ces économies sont réalisées notamment sur les primes de santé versées par les employeurs américains aux assureurs en cas de grossesse à complication.

    « Avant Ovia, précise l’enquête, les employées enceintes de la société étaient conseillées par téléphone par les infirmières des compagnies d’assurances ». Une fois le suivi de grossesse transféré à l’application, « près de 20 femmes diagnostiquées stériles sont tombées enceintes ».

    Ovia Health reconnaît transmettre certaines données aux employeurs

    Ovia Health revendique dans ses conditions d’utilisation un droit « irrévocable » à exploiter et communiquer les données personnelles des femmes suivies, dès lors qu’elles sont anonymisées. Elle reconnaît également transmettre certaines données à leurs employeurs.

    Ovia assure que les données transmises sont anonymisées mais des experts indiquent que les employées enceintes peuvent être identifiées

    Devant la polémique soulevée par ce dernier point, Ovia s’est défendue sur son site et sur Twitter, soulignant que sa conformité à l’exigeante norme HIPAA, qui régit la sécurité des données de santé, est reconnue par le Washington Post.

    La société déclare n’avoir jamais vendu ou partagé de données intimes, notamment celles relatives à des symptômes ou à la libido des utilisatrices.

    Elle rappelle que le partage n’est réalisé qu’a partir d’un certain nombre d’employées inscrites sur la plateforme et que les données transmises sont agrégées et anonymisées.

    Selon certains experts cependant, il serait possible d’identifier les employées enceintes par recoupement avec d’autres informations déjà en possession de l’entreprise.

  • Les plateformes, une solution possible au « fléau » des RDV médicaux manqués (étude Odoxa/MNH-Nehs)

    Les rendez-vous non honorés par les patients sont « un fléau pour les médecins ». C’est ce qu’affirme le baromètre « Carnet de santé des Français et personnels hospitaliers », réalisé par l’institut de sondage Odoxa pour la Mutuelle Nationale des Hospitaliers (MNH – MHH Group est désormais appelé « Nehs »). L’étude a été réalisée du 28 mars au 2 avril 2019 auprès de 2 échantillons, de 1 003 personnes représentatives de la population françaises et de 1 267 professionnels de santé.

    1 Français sur 6 et 1 jeune sur 3 reconnaissent avoir déjà « posé un lapin » à leur médecin, précise le baromètre, publié le 11 avril 2019, soulignant que la très grande majorité des médecins sont concernés, qu’ils exercent en ville (97 %) ou à l’hôpital (90 %).
    70 % des professionnels de santé affirment que ces rendez-vous manqués « ont des conséquences importantes sur l’organisation de leur travail ».
    84 % des patients interrogés savent que rater un rendez-vous médical est « grave » car cela « désorganise le médecin et prive quelqu’un d’autre de rendez-vous ».

    Les plateformes de prise de rendez-vous en ligne pourraient être une solution, affirme l’étude : elles « incitent les patients à mieux respecter leurs rendez-vous », selon 72 % des patients et 60 % des professionnels. Selon le baromètre, 54 % des Français et 42 % des médecins déclarent utiliser ces plateformes.

  • One Drop noue un partenariat avec Amazon pour le suivi numérique des affections chroniques

    La société One Drop, spécialiste des solutions numériques pour le diabète et les maladies chroniques, signe un accord de partenariat avec Amazon via Choice, la marque santé du géant du numérique.

    Les appareils Choice donneront désormais accès aux fonctionnalités One Drop pour la gestion du diabète, le contrôle de la tension artérielle et du poids, y compris à l’aide à la décision par intelligence artificielle, précise l’entreprise, qui a annoncé cette alliance en mars 2019. Ces dispositifs s’intégreront aussi directement avec l’application mobile One Drop, et les clients Choice pourront s’inscrire aux programmes de coaching personnel One Drop.

    One Drop : une appli qui définit des objectifs quotidiens pour les patients

    L’application mobile One Drop, disponible sur les plateformes Apple iOS et Google Android est capable de suivre et d’analyser la glycémie, la prise de médicaments, le régime alimentaire et les activités du patient. Elle lui permet de définir des objectifs quotidiens, de visualiser ses progrès et de s’intégrer à une communauté mondiale de diabétiques. Les services de coaching durent de 7 semaines à 6 mois et leur prix varie en fonction de la durée du programme. 

    « Sur les 30 millions d’Américains vivant avec le diabète, 20 millions vivent également avec une pression artérielle élevée », souligne Jeff Dachis, P.-D.G. de One Drop, précisant que le partenariat avec Amazon offre aux clients de Choice « l’accès à un éventail de services complet et hyper-personnalisé ».

    « Cette collaboration représente une occasion pour nous de proposer une offre accessible et abordable dans le secteur des dispositifs médicaux grand public », a déclaré Bob Guest, P.-D.G. du groupe Arcadia, qui a développé Amazon Choice.

  • La Withings Move, tracker d’activité et de sommeil, lancée sur le marché

    La Withings Move, une montre connectée analogique et numérique personnalisable, est désormais disponible à l’achat sur le site de son fabricant pour 75,95 euros. Présenté en janvier 2019 à l’occasion du CES de Las Vegas, ce tracker permet de mesurer l’activité physique en suivant notamment la fréquence cardiaque en temps réel. Il n’y a pas d’écran : les informations s’affichent sur le sous-cadran par le biais d’une aiguille dédiée.

    Résistante à l’eau et à la poussière, étanche jusqu’à 50 mètres de profondeur et possédant une autonomie pouvant aller jusqu’à 18 mois, le système peut s’adapter à des dizaines de disciplines (marche, course, natation, etc). La montre est aussi capable d’analyser la qualité du sommeil.

    L’utilisateur peut retracer ses sessions avec le GPS connecté via smartphone. La montre se synchronise avec l’application Health Mate, gratuite, pour qu’il puisse observer l’évolution de son activité ou de son sommeil.

    La Withings Move est personnalisable. 4 modèles de base sont proposés par la marque mais jusqu’à 5 850 combinaisons sont possibles. L’utilisateur peut ainsi choisir le cadran, le boîtier, l’aiguille du tracker et le bracelet. Chaque produit est assemblé dans un atelier dédié nommé « La Manufacture ». Withings vise une production de 100 000 unités. Actuellement, la capacité de production est limitée à 200 montres par semaine mais, selon l’évolution des commandes, d’autres sites d’assemblage pourraient être ouverts, indique la société, vendue à Nokia en 2016 et finalement racheté en 2018 par son co-fonddateur Eric Carreel.

  • Appli diabète : la start-up française MirambeauAppCare déployée au Canada et aux Émirats arabes unis

    La start-up girondine MirambeauAppCare annonce la création de conseils scientifiques au Canada et aux Émirats arabes unis, avant de lancer sur ces marchés son application multi-plateformes, Diabilive, qui permet d’améliorer l’accompagnement des patients diabétiques en leur apportant davantage d’autonomie.

    La société a été sélectionnée parmi les milliers d’entreprises ayant participé aux Innov 8 talks, organisés dans le cadre de l’événement Arab Health, qui s’est tenu fin janvier 2019 à Dubaï. Elle est actuellement en train de préparer la commercialisation de Diabilive aux Émirats et vient de former son conseil scientifique au sein du pays, a-t-elle annoncé début avril 2019. Ce conseil est composé du Dr Rahila Bhatti, de l’hôpital Mediclinic Parkview de Dubaï, et de Michelle Franklin, infirmière générale en charge de la clinique du diabète à l’hôpital Imperial College de Abu Dhabi.

    Outre-Atlantique, la start-up est parvenue à convaincre des endocrinologues du Centre hospitalier universitaire de Montréal de former son conseil scientifique canadien.

    Fondée en juillet 2017, MirambeauAppCare a pour l’instant levé 900 000 euros et décroché plusieurs récompenses, dont le prix du président de la République au concours Lépine International Paris 2016 et le prix Innovation Awards 2018 du CES Las Vegas dans la catégorie « produits logiciels et applications mobiles ».

    « La création de ces conseils montre notre capacité à être international dès le départ »

    « La création de ces conseils scientifiques est une avancée majeure pour MirambeauAppCare, qui montre là sa capacité à être international dès le départ », commente Benoît Mirambeau, P.-D.G. de la société.

    La start-up ayant « des bons de commandes très importants en France », cela lui permet « de voir l’avenir sereinement », ajoute le responsable.

    Diabilive : une application pour accompagner au quotidien les patients diabétiques

    Diabilive calcule la dose d’insuline du patient selon sa prescription médicale, son régime alimentaire et son activité physique. Elle améliore ainsi l’observance du traitement et facilite l’anticipation des besoins futurs. L’application permet également aux chercheurs d’analyser les données afin d’améliorer les protocoles.

    La solution se connecte à tous les outils connectables en Bluetooth ou NFC pour le suivi des constantes médicales, telles que le poids, la glycémie, la tension, le pouls et le taux d’oxygène dans le sang.

    En renforçant le contact entre les soignants et le patient, elle vise par ailleurs à rassurer ce dernier, en le faisant se sentir mieux entouré et donc en sécurité.

  • Étude : les applis de fitness ont peu d’impact sur le niveau d’activité physique (JMIR)

    Les applications mobiles de fitness n’entraînent qu’une augmentation très modérée de l’activité physique. C’est ce que révèle une méta-analyse* réalisée par des chercheurs australiens et qui a été publiée le 19 mars 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR). En outre, les maigres effets positifs ne seraient perceptibles que pendant trois mois.

    Le manque d’activité physique, un enjeu de santé publique mondial

    La sédentarité est le quatrième risque le plus important en termes de mortalité et de morbidité. C’est pourquoi il est recommandé de pratiquer au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée ou 75 minutes d’activité physique d’intensité intense par semaine. Cependant, actuellement, 1 adulte sur 4 dans le monde ne respecte pas ces recommandations.

    Pour inciter la population à bouger, les applications mobiles semblent être des outils prometteurs. Et plusieurs initiatives ayant recours à ces solutions se sont développées dans le monde entier. Les médecins, autorisés depuis peu à prescrire de l’activité physique, peuvent aussi parfois recommander des applis de fitness. Reste à savoir si les applis ont réellement le pouvoir de changer les comportements.

    Un manque d’études rigoureuses sur les applis de fitness 

    En 2015, une revue systématique et une méta-analyse de 12 études utilisant des applications pour promouvoir la perte de poids et augmenter l’activité physique ont révélé une différence non significative d’activité physique entre le groupe témoin et le groupe d’intervention sur smartphone. Cependant, ces études reposaient sur des données auto-déclarées, susceptibles d’être biaisées, et l’appli n’était pas le seul outil utilisé. Ainsi, il n’était pas aisé de déterminer si les effets de l’intervention étaient vraiment dus à l’application elle-même ou aux autres éléments de l’intervention.

    Des chercheurs australiens ont donc mené à bien une méta-analyse. Sur 6 170 études identifiées, ils en ont retenu seulement 7 où les interventions sur smartphone étaient la composante principale et les résultats en terme d’activité physique étaient mesurés objectivement.

    Les résultats de cette méta-analyse ont été publiés le 19 mars dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR). 

    Résultats : un impact non significatif sur le nombre de pas

    • les applications pour smartphone ont entraîné une augmentation non significative du nombre moyen de pas par jour (différence moyenne de 476,75 pas par jour) ;
    • les applications utilisant des programmes d’activité de moins de trois mois étaient plus efficaces que celles sur une période plus longue (+2074 pas/jour) ;
    • les applications qui traitent uniquement de l’activité physique obtiennent de meilleurs résultats que celles qui traitent de l’activité physique et de l’alimentation.

    Un essoufflement au bout de 3 mois

    Cette méta-analyse suggère donc que les interventions d’activité physique basées sur des applications ont une influence positive non significative sur l’activité physique mesurée de manière objective. En outre, ces résultats semblent indiquer que les effets de l’intervention ont atteint leur maximum dans les deux premiers mois suivant le début de l’intervention et qu’ils diminuent avec le temps. »Le déclin de l’engagement est particulièrement important dans les interventions basées sur les smartphones car leur conception exclut le soutien humain et la responsabilité solidaire, » ont expliqué les auteurs de cette méta-analyse.

    Cependant, les chercheurs soulignent que seul un petit nombre d’études répondant à des critères d’inclusion stricts ont été identifiés et, parmi celles-ci, la plupart avaient des échantillons de petite taille et des durées d’intervention courtes.

    Afin de maintenir l’implication des utilisateurs, la clé du succès, ils préconisent que de futures études soient menées « avec des périodes de suivi plus longues et avec les résultats pris à des moments plus réguliers et plus fréquents. » En outre, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre s’il est préférable de cibler l’activité physique en tant que comportement unique ou de concert avec d’autres comportements liés à la santé. D’autant que les utilisateurs plébiscitent les applis qui ont plusieurs objectifs connexes.

  • FASN Cancéro : « Hospitalink a été créé pour optimiser la communication patient-soignant » (L Karcenty)

    « Hospitalink a été créé pour optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. Concrètement, ils communiquent via une application installée sur le smartphone du patient et les outils des soignants, avec des pictogrammes simples et des requêtes pré-programmées », explique à Health & Tech Intelligence Louis Karcenty, chargé d’affaires de la société, qui a remporté le start-up challenge des Rencontres nationales de la santé numérique.
    L’événement était organisé le 2 avril 2019 par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique) sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Fondé en 2016, Hospitalink propose une application mobile pour faciliter les échanges entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. La solution est actuellement en fin de phase d’expérimentation dans plusieurs centres de soins et ne génère du chiffre d’affaire que depuis 2019. La société a jusqu’à présent bénéficié de subventions publiques pour mener à bien ses expérimentations et son développement R&D.

    Comment est née l’idée de cette application ?

    Louis Karcenty : La genèse de cette solution est l’expérience de Florent (Bossert-Castelli), fondateur d’Hospitalink, diagnostiqué d’une leucémie à l’âge de 18 ans. Il a constaté la difficulté de communiquer avec les soignants avec comme seul outil à disposition, le bip soignant qui ne distingue pas une demande pour un verre d’eau, pour utiliser la télévision ou pour une urgence. En tant que patient, il se sentait en danger. Les données montrent qu’un quart des patients est insatisfait de sa prise en charge en terme d’hospitalisation.

    Il a aussi discuté avec les soignants et s’est rendu compte que le fait de ne pas savoir qu’elle était la demande des patients était générateur de stress pour eux. Les soignants ont des arrêts maladie 60 % plus fréquent que la moyenne nationale. 82 % des patients souhaitent mieux interagir avec les personnes soignant et 81 % des médecins pensent qu’ils peuvent améliorer la qualité des soins.         

    Il existe de nombreuses solutions et applications de suivi mais l’angle du moment de l’hospitalisation est insuffisamment mis en avant. Paradoxalement, nous avons à disposition des solutions techniques extraordinaires mais pas pour faciliter la communication du patient hospitaliser avec le soignant du service.

    Que propose donc Hospitalink ?

    Hospitalink a été créé pour optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. Concrètement, ils communiquent via une application installée sur le smartphone du patient et les outils des soignants, avec des pictogrammes simples et des requêtes pré-programmées. Le patient fait sa demande et peut suivre l’avancement. Les soignants la reçoivent. Elle est hiérarchisée afin de répondre de manière optimisée et personnalisée et d’être proactif.

    Cela aboutit à un gain en termes d’efficience, avec une optimisation des allers-retours dans le service mais aussi de sécurité en réduisant le taux d’erreurs et d’oubli. Dans « Hospitalink », il y a « link » (lien), pour créer du lien mais aussi « ink » (encre), pour écrire une nouvelle page de l’hospitalisation.

    Quelle est le modèle économique ?

    Déjà, l’investissement est très léger car les prérequis matériels sont déjà existants et l’installation est aussi simple qu’une application classique. L’efficience est estimé à 170 000 euros par patients sur 100 lits. Nous travaillons avec des établissements de santé partenaires sur la base du nombre d’identifiants. Nous démarrons par un audit pour installer Hospitalink de manière personnalisée, au plus près des besoins de la structure. Et proposons une mise à jour, la maintenance ainsi que le développement de nouveaux modules.

    Ou en êtes-vous aujourd’hui ?

    La société a été fondée en 2016. Une première version est en test dans 3 centres de soins de l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP) ainsi que dans des service de maternité et d’hématologie.

    Les premiers retours montrent que les patients sont satisfaits, notamment de l’ergonomie de l’application. Les soignants y voient également un gain en termes de relation avec le patient.

    L’objectif est de lancé officiellement la solution au quatrième trimestre 2019 avec de nouveaux modules et une intensification de la partie intelligence artificielle et machine learning (apprentissage automatique) pour améliorer encore le reporting.

  • ExclusifH&T Morning : déploiement des services numériques par le NHS (UK) versus France (infographie)

    Établir un comparatif entre les approches du NHS et du ministère de la Santé en matière de e-santé, tel est l’objectif de l’infographie présentée lors du HTI Morning du 28 mars 2019, organisé avec le think tank le Cercle numérique et santé.
    L’infographie met en évidence un système de santé anglais sous pression, avec un accès aux soins primaires difficile : temps d’attente long (13 jours en moyenne), nombre de médecins généralistes faible (0,9°/00) – et un coût de système très lourd, avec un reste à charge pour le citoyen plus de deux fois supérieur à celui de la France.
    Face à ces défis, le NHS entend résolument mettre en place des services numériques pour faciliter l’accès aux soins et la prise en charge : plus d’un million de rendez-vous en ligne par mois sont directement pris sur le site du NHS ou via l’application NHS App, 17 % des consultations sont faites par téléphone et la e-prescription est fortement déployée (62 % des pharmacies connectées).
    L’appui à la prise en charge est également digitalisé : un chatbot de triage et de réponse aux premières questions de santé est mis à disposition de la population ainsi qu’une librairie d’applications santé référencées.

    La stratégie digitale du NHS est continue depuis plus de 15 ans et se voit renforcée dans le Long term plan présenté en janvier 2019 par le gouvernement de Theresa May.

  • PharmagoraPlus 2019 : présentation des 16 start-ups e-santé en lice pour le Prix de l’innovation

    Découvrir les innovations numériques capables d’aider les pharmaciens dans la gestion de leur officine et l’accompagnement de leurs patients, tel est l’objectif du village e-santé, « carrefour de la santé connectée au service des pharmaciens d’officine », formé en partenariat avec MedappCare au sein du salon PharmagoraPlus, qui se tiendra les 30 et 31 mars 2019 à Paris.

    Le samedi 30 mars après-midi, les start-ups invitées présenteront leurs activités devant de « grands témoins » issus du secteur de la santé.
    À l’issue de cette conférence, le Prix de l’innovation 2019 sera remis à la start-up jugée la plus innovante.

    Voici la liste des 16 sociétés qui concourent pour cette récompense:

    – Avis2santé : plateforme de télémédecine globale
    – Brightmed : borne interactive support de l’automédication en officine
    – ClubOfficine : plateforme d’emploi des métiers de la pharmacie
    – eVeDrug : My eReport, application collaborative de pharmacovigilance
    – ExactCure : Jumeau Digital, plateforme de santé personnalisée qui aide à lutter contre les médications inappropriées
    – i-MEDS Healthcare : i-Donea, solution connectée et sécurisée de distribution de médicaments
    – Medadom : visites médicales à domicile
    – Medcycle : plateforme sécurisée d’échanges de produits entre pharmaciens
    – Meditect : solution de traçabilité des médicaments
    – Mesoigner : logiciel de conduite automatise du bilan partagé de médication
    – Meyko : dispositif de rappel de traitement des enfants asthmatiques
    – Ordoclik : ordonnances digitales dématérialisée
    – Pharmanity : solutions digitales de visibilité et de fidélisation pour les pharmacies
    – Pharmacienadomicile.com : plateforme de mise en relation patient-pharmacien
    – Scambio : pharmacylounge, plateforme d’échanges des professionnels de la pharmacie
    – Starlink Pharma : solution complète de services digitaux consacrés à la croissance des revenus de la pharmacie