Medtech

  • Étude : les robots animaux sont bénéfiques pour la santé des personnes âgées dépendantes

    Une revue systématique* portant sur 19 études démontrent que les robots animaux (« robopets ») procurent du plaisir mais aussi réduisent l’agitation et la solitude chez les résidents des maisons de retraite. Les travaux menés par des chercheurs de la faculté de médecine de l’université d’Exeter (Angleterre) révèlent, en outre, que ces animaux de compagnie robotisés facilitent l’interaction sociale. Les résultats de cette revue systématique ont été publiés le 9 mai 2019 dans l’International Journal of Older People Nursing.

    Les preuves de l’intérêt thérapeutique des « robopets » se multiplient

    Les « robopets » sont de petits robots qui ont l’apparence physique d’un animal mais aussi bon nombre des caractéristiques comportementales des animaux de compagnie ou des animaux domestiques. Plusieurs études ont déjà suggéré qu’ils pouvaient avoir un impact positif chez les personnes souffrant de démence, au même titre que la zoothérapie. Des effets bénéfiques sur la pression artérielle ont également été déjà documentés. Par exemple, le phoque Paro, un robot interactif, est déjà utilisé comme alternative non-médicamenteuse dans la prise en charge des troubles cognitifs dans plusieurs établissements pour personnes âgées.

    Le recours aux robots animaux a donc tendance à se développer au fur et à mesure que les preuves de leur efficacité se multiplient. D’autant qu’ils sont généralement considérés comme présentant un risque moindre d’effets néfastes pour les patients que des créatures vivantes.

    Une étude sur 5 robots animaux 

    Des chercheurs de la faculté de médecine de l’université d’Exeter ont mené une revue systématique de la littérature sur le sujet. Ils ont rassemblé 19 études portant sur 900 résidents en Ehpad, membres du personnel et membres de la famille. 5 « robopets » différents ont été utilisés dans les études – Necoro et Justocat (chats), Aibo (un chien), Cuddler (un ours) et Paro (le bébé phoque). Certaines des études portaient sur les expériences d’interaction des robopets chez les personnes âgées, alors que d’autres cherchaient à mesurer l’impact sur des facteurs tels que l’agitation, la solitude et les interactions sociales.

    Les résultats de cette revue systématique ont été publiés le 9 mai 2019 dans l’International Journal of Older People Nursing.

    Résultats : une réduction de l’agitation et de la solitude

    • Il existe des preuves solides que les « robopets » peuvent procurer confort et plaisir aux personnes âgées dépendantes mais aussi réduire l’agitation et la solitude.
    • La présence de robots animaux provoque une augmentation de l’interaction sociales avec les autres résidents ainsi qu’avec les membres du personnel et de la famille.
    • Ces outils robotiques stimulent la conversation.

    Ces résultats prouvent la valeur thérapeutique des robots animaux. Bien sûr, tous les résidents ne souhaitent pas entrer en contact avec eux mais comme le souligne le Dr Rebecca Abott, principale auteure de l’étude, « les robopets semblent offrir de nombreux avantages aux personnes qui les utilisent ».

    « Ces bénéfices sont dus à des conversations stimulantes ou au déclenchement de souvenirs de leurs propres animaux de compagnie, ajoute-t-elle. Il existe également le confort de toucher ou d’interagir avec le robot animal lui-même. La joie d’avoir quelque chose à soigner était un constat fort dans de nombreuses études. » Les chercheurs estiment, en outre, nécessaire que le personnel soit formé à l’utilisation de ces nouveaux outils thérapeutiques pour en tirer le plus de bénéfices.

    Un complément de l’interaction humaine

    Bien sûr, ces animaux de compagnie robotisés n’ont pas vocation à se substituer à l’interaction humaine mais comme il n’est pas toujours possible d’introduire un chat ou un chien dans une maison de retraite, leur équivalent robotique peut donc offrir une bonne alternative.

    Enfin, une nouvelle vague de « robopets » plus abordables pourrait les rendre plus accessibles à un grand nombre de maisons de retraite. À partir de maintenant, les chercheurs estiment nécessaires de mener des travaux pour savoir si les bénéfices chez les patients se maintiennent à long terme.

  • IA et Parkinson : le Chinois Tencent teste avec Medopad (UK) une appli dans une clinique anglaise

    Le géant chinois de l’internet Tencent a lancé au Royaume-Uni un essai clinique sur la maladie de Parkinson en partenariat avec la start-up londonienne Medopad, qui a développé une application mobile permettant de tester les capacités cognitives d’un patient à travers une série de tâches à réaliser. Les résultats sont ensuite transmis à un médecin.

    Selon un article publié par le Financial Times (FT), les deux sociétés sont actuellement en train de tester cette appli basée sur l’intelligence artificielle (IA) auprès d’environ 40 patients au sein de Dementech Neurosciences, une clinique privée spécialisée en santé mentale basée à Londres. L’essai devrait être achevé dans les prochains mois. Plus de 30 employés de Medopad et 35 de Tencent sont impliqués, note le FT.

    « Medopad et Tencent mènent des essais pour développer et valider des algorithmes pouvant potentiellement prédire des complications dans diverses maladies telles que la maladie de Parkinson, le cancer et les maladies du cœur, indique la société londonienne sur son site web. L’un des premiers projets conjoints est le développement d’un système de technologie d’IA pour aider les patients atteints de la maladie de Parkinson et leurs cliniciens. » Le système de capture et d’analyse de mouvement sans marqueur (MMCAS) utilisé « fournit une évaluation très précise et en temps réel des traits du visage et des mouvements des articulations, en identifiant la fréquence, la portée et l’intensité des mouvements », précise la société, ajoutant que le système était en cours d’évaluation.

    Un projet annoncé en octobre 2018

    Medopad a annoncé début octobre 2018 un partenariat avec Tencent et le Parkinson’s Centre of Excellence du King’s College Hospital de Londres dans l’optique de développer une intelligence artificielle (IA) avancée permettant d’accélérer le diagnostic de la maladie de Parkinson.

    Les évaluations actuelles des symptômes moteurs de la maladie prennent en général plus d’une demi-heure en milieu clinique et se basent sur les observations des médecins. L’entreprise anglaise et le groupe chinois souhaitent normaliser le test par le biais d’un système d’analyse vidéo des mouvements exploitant un système d’apprentissage en profondeur (deep learning) et une reconnaissance d’image.

    Dans le détail, Tencent fournit la technologie et l’IA pour l’analyse vidéo qui sera utilisée dans l’application mobile de Medopad. Le dispositif devrait permettre aux patients d’effectuer l’évaluation de leur condition à distance en trois minutes et de partager les résultats avec leur médecin en temps réel pour l’aider à « prévoir les complications évitables », a commenté Dan Vahdat, le P.-D.G. et fondateur de Medopad (source : Mobihealthnews.com).

    Les résultats préliminaires du projet avaient été présentés lors d’un événement organisé à Hong Kong.

    Un environnement politique « plus clément » au Royaume-Uni qu’aux États-Unis

    « [Ce projet] sera une opportunité pour Tencent d’obtenir un accès aux données et une crédibilité, tout en offrant une opportunité potentielle à Medopad de développer ses opérations en Chine », a déclaré David Barber, directeur du Centre pour l’intelligence artificielle de l’University College London.

    « L’environnement politique au Royaume-Uni est beaucoup plus clément vis-à-vis des investissements chinois par rapport [à celui des] États-Unis et nous pensons qu’il y aura plus d’opérations similaires à celle-ci dans les années à venir, commente de son côté He Shaowei, professeur associé en commerce international à l’Université de Northampton, en Angleterre (source : Chinadaily.com.cn). La réalisation d’essais cliniques au Royaume-Uni [permettrait aux] entreprises chinoises [de] se familiariser avec les institutions et le cadre réglementaire, ce qui pourraient les aider dans leurs efforts de mondialisation ultérieurs menés sur d’autres marchés développés. »

    Syrus Lohrasb, fondateur du Sommet Chine – Royaume-Uni sur l’intelligence artificielle (China-Britain artificial Intelligence Summit), acquiesce, indiquant que la Chine « aime l’héritage et la culture britanniques et trouve qu’il est plus facile de nouer des relations ici », au Royaume-Uni. « Grâce à l’accès aux données du NHS, les sociétés de santé britanniques peuvent labelliser la technologie chinoise sous leur propre propriété intellectuelle », ajoute-t-il.

    Chine : le développement de l’IA soutenu par le gouvernement

    Le développement de l’intelligence artificielle (IA) est l’une des priorités du gouvernement chinois depuis plusieurs années. Dans son rapport annuel (Government Work Report), le Premier ministre Li Kegiang a indiqué que la présence de l’IA devait être renforcée dans les industries émergentes afin d’améliorer la compétitivité de ces secteurs.

    Syrus Lohrasb estime que les entreprises britanniques peuvent potentiellement bénéficier de l’approche plus libre de la Chine sur le sujet lorsqu’elles aident leurs homologues chinois dans le développement de l’IA au sein de la Chine.

  • Étude : les croyances sur le vaccin HPV décryptées grâce au deep learning (Nature Digital Medicine)

    Les opinions des parents sur le vaccin HPV (papillomavirus humain) ont évolué au cours de ces dernières années. Grâce à un système de deep learning (apprentissage profond), des chercheurs américains ont analysé près d’un million de tweets et ont décrypté ces données textuelles via des algorithmes élaborés. Les résultats de leur étude*, publiée le 15 avril 2019 dans Nature Digital Medicine, montrent que l’acceptation du vaccin HPV par les parents s’est améliorée et que de telles approches d’apprentissage en profondeur peuvent compléter les enquêtes traditionnelles avec une surveillance en temps réel de la population sur les réseaux sociaux.

    Des algorithmes pour lire des tweets

    Le papillomavirus humain (HPV) est la principale cause d’infection sexuellement transmissible d’origine virale et ce virus est à l’origine de plusieurs types de cancers, notamment cervicaux, vaginaux, vulvaires, péniens, anaux et oropharyngés. Bien que le vaccin contre le VPH soit très efficace, le refus de ce vaccin est courant chez les parents d’adolescents. En France, cette vaccination est recommandée pour toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans. En 2018, moins d’un tiers des jeunes filles de 15 ans avaient reçu au moins la première dose.

    Comprendre les croyances relatives à la santé concernant le vaccin contre le virus du papillome humain (HPV) représente donc un enjeu pour mettre au point des stratégies efficaces et ciblées de promotion du vaccin. Cependant, les méthodes d’enquête traditionnelles présentent des difficultés importantes dans l’évaluation de ces croyances, notamment des difficultés pour atteindre une population nombreuse et suivre les changements en temps réel.

    956 262 tweets analysés et classés

    Des chercheurs américains des universités de Houston (Texas) et de Floride ont utilisé les réseaux sociaux et plus précisément Twitter, sur lequel des millions de personnes partagent volontairement et en continu des contenus générés par eux-mêmes, pour mener des travaux sur le sujet. Ils avaient accès aux croyances d’une grande population en matière de santé. Cependant, comprendre la grande quantité de données textuelles gratuites sur les médias sociaux nécessite des algorithmes avancés.

    Ils ont donc collecté sur Twitter un ensemble de données relatives au vaccin anti-HPV du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2017 et ont classé 956 262 tweets grâce à des mots-clés. Ils ont ensuite mis sur pied un modèle d’apprentissage en profondeur basé sur un réseau de neurones récurrent (RNN) qui avait pour mission de comprendre le langage naturel.

    Par ailleurs, ils se sont appuyés sur le modèle de croyances en santé (Health Belief Model), qui est un modèle de psychologie servant à expliquer et à prédire les comportements en lien avec la santé et sur 4 grandes croyances : les perceptions de la susceptibilité, de la gravité perçue, des avantages et des obstacles.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 15 avril 2019 dans la revue Nature Digital Medicine.

    Résultats : des croyances sur l’HPV en évolution

    • Les algorithmes ont identifié les tweets avec une précision d’environ 80 %.
    • Après avoir appliqué le modèle pour classer les 956 262 tweets non étiquetés, 652 252 tweets ont été classés dans une des quatre catégories (susceptibilité, gravité, avantages, obstacles).
    • La prévalence des tweets exprimant des croyances liées à la sensibilité et à la gravité des maladies liées au HPV augmentait chaque année, tandis que les tweets classés dans les avantages / obstacles du vaccin diminuaient.

    Cette évolution des croyances perçue sur Twitter serait due, selon les auteurs de l’étude, à la publication d’articles mettant en valeur la pertinence du vaccin, dans des journaux influant tels que le New York Times et le Time.

    Un pic de tweets « favorables » au vaccin en février 2015 serait quant à lui associé à l’examen des effets secondaires du vaccin HPV par l’Agence européenne des médicaments.

    « La diminution du nombre de tweets liés à la susceptibilité/à la gravité perçue peut refléter une meilleure compréhension de la prévalence des cancers liés au HPV ainsi qu’une sensibilisation accrue à la gravité de ces cancers, écrivent les chercheurs. De même, la diminution du nombre de tweets liés aux obstacles perçus peut refléter un changement dans l’évaluation du rapport risque/bénéfice par les parents qui acceptent le vaccin contre le VPH pour leur adolescent. »

    Deep Learning et réseaux sociaux : les enquêtes en population de demain

    Cette étude démontre le potentiel d’utilisation des réseaux sociaux pour mieux comprendre les croyances sur la santé du vaccin HPV. Grâce à des approches de deep learning, les chercheurs sont parvenus à cartographier, dans le temps, avec une grande précision les discussions à grande échelle menées par Twitter. De telles approches d’apprentissage en profondeur pourraient par conséquent compléter les enquêtes traditionnelles avec une surveillance en temps réel de la population sur Twitter.

  • L’Arabie Saoudite déploie une appli de prise de RDV pour faciliter l’accès aux services de santé

    Afin de faciliter l’accès aux services de santé sur l’ensemble du pays, le ministère saoudien de la Santé (MOH) a mis en œuvre diverses mesures, dont le lancement récent de Mawid (« rendez-vous » en arabe), une application de prise de rendez-vous médicaux en ligne.

    Dans l’optique d’une transformation numérique du système de santé en Arabie Saoudite, le MOH s’est engagé à développer les solutions de e-santé, positionnant la technologie numérique comme facteur clé pour le déploiement d’un système entièrement intégré.

    Une automatisation des demandes de rendez-vous 

    Mawid est une application qui s’inscrit dans cette initiative de transformation numérique. Conçue pour permettre aux utilisateurs des services de santé de gérer eux-mêmes leur parcours de soins, elle centralise et automatise les demandes de rendez-vous médicaux à travers le système de santé en les reliant électroniquement et en rationalisant leurs opérations.

    Le ministère de la Santé a réussi à supprimer les obstacles liés à l’échange des données pour que les professionnels de santé puissent partager leurs calendriers de rendez-vous médicaux entre eux et les utilisateurs, qui ont la possibilité de réserver et gérer leurs rendez-vous instantanément grâce à Mawid.

    Via une fonctionnalité intégrée dans l’application permettant de capter divers renseignements sur les patients, comme leur satisfaction à temps réel, le MOH peut améliorer ses services en temps réel. 

    La première étape d’une stratégie numérique plus large

    Au cours de sa première année d’utilisation :

    • Mawid a été adoptée par 98 % des hôpitaux et centres de soins de santé primaires ;
    • 6,5 millions d’utilisateurs se sont inscrits au service en ligne ;
    • 16 millions de rendez-vous ont été pris via l’application, qui a permis de réduire les délais d’attente pour l’obtention d’une consultation.

    Des enquêtes effectuées auprès des utilisateurs indiquent un taux de satisfaction de 78 % pour l’utilisation de Mawid. Un centre d’appel du MOH a par ailleurs été installé pour répondre aux questions des usagers.

    La stratégie numérique de l’Arabie Saoudite devrait s’élargir dans les prochaines années. 

  • IA : eMurmur obtient la certification de la FDA pour son outil de détection de souffle cardiaque

    L’outil de détection des souffles cardiaques eMurmur ID, de la société canadienne eMurmur, a reçu l’autorisation de la FDA, l’agence américaine chargée des dispositifs médicaux. La technologie en question est « une solution mobile et cloud qui fonctionne avec un stéthoscope électronique » et qui utilise l’apprentissage automatique pour identifier les souffles cardiaques normaux et pathologiques ainsi que « l’absence de souffle cardiaque et les sons cardiaques S1, S2 », précise eMurmur dans un communiqué daté du 7 mai 2019.

    L’autorisation est datée du 17 avril 2019, est-il indiqué sur la base de données de la FDA.

    L’application mobile et le portail web associés au dispositif sont tous deux conformes à la norme HIPAA. Grâce à une base de données comprenant 1 000 enregistrements cardiaques et des évaluations de cardiologues, eMurmur affiche un taux d’exactitude supérieur à 85 %, rendant accessible à tout professionnel de santé l’auscultation de niveau expert.

    « Nous pensons qu’eMurmur ID pourrait potentiellement bouleverser les pratiques de dépistage du souffle cardiaque et en réduire considérablement le coût pour les systèmes de santé du monde entier. »,commente Andrew Schriefl, P.-D.G. et cofondateur d’eMurmur.

    Le Pr Derek Exner, conseiller médical de la société et titulaire de la chaire de recherche l’Université de Calgary sur les essais cliniques cardiovasculaires, ajoute qu’eMurmur ID fournit aux professionnels de santé « un outil de dépistage puissant [et] une méthodologie permettant de confirmer leurs diagnostics cliniques » : il explique que l’homologation se fonde sur « cinq études [menées] sur plus de 1 000 patients, y compris [sur] des essais multicentriques à l’aveugle ».

  • Étude : des applis de lutte contre la dépression peu respectueuses de la confidentialité (Jama)

    Des chercheurs américains et australiens ont constaté que des applications mobiles très populaires, spécialisées dans la dépression et le sevrage tabagique, ne respectaient pas les règles de confidentialité et de partage des données. Selon leur étude*, publiée le 19 avril 2019 dans le Jama Network Open, 33 des 36 applis étudiées partageaient des données avec des tiers et la moitié d’entre elles n’informaient pas correctement les utilisateurs sur la stratégie de transmission.

    La transmission des données : de la déclaration à la réalité

    Le respect de la confidentialité des données de santé reste une préoccupation majeure pour les concepteurs, les utilisateurs ainsi que les prescripteurs d’applications mobile. La fermeture en 2015 du site NHS Health Apps Library, la bibliothèque d’applis recommandées par le NHS, reste encore dans les esprits. Une étude avait révélé que :

    • 89 % des applis transmettaient des données à des services tiers, qu’aucune ne disposait d’un système de chiffrement (« cryptage ») des données enregistrées sur le smartphone ;
    • 66 % envoyaient des informations « identifiantes » non chiffrées sur le net ;
    • 20 % n’avaient aucune politique de protection des données.

    4 ans plus tard, la donne a-t-elle changé ? Des chercheurs américains et australiens apportent des éléments de réponse à cette question. Leur étude transversale, publiée le 19 avril 2019 dans le Jama Network Open, visait à évaluer la correspondance entre les déclarations de confidentialité et la manière dont les applications traitent les données personnelles.

    Concrètement, ils ont évalué 36 applications mobiles populaires consacrées à la dépression et à l’arrêt du tabac. Le contenu de la politique de confidentialité de chacune d’entre elles a été analysé. Ensuite, une évaluation technique de la transmission de données cryptées et non cryptées a été réalisée, en comparant les divulgations relatives à la transmission de données à des tiers au comportement réel.

    Résultats : Google et Facebook friands de data

    • 25 des 36 applications (69 %) avaient intégré une politique de confidentialité.
    • 22 de ces 25 applications (88 %) ont expliqué aux utilisateurs les principales utilisations pour la collecte de données, mais seules 16 de celles-ci ont mentionné des utilisations secondaires.
    • 29 des applications examinées transmettaient des données au service marketing ou publicité de Google ou Facebook. Cependant, seulement 12 (33 %) ont divulgué cette politique de confidentialité avec précision.
    • Alors que 23 des 25 applications dotées d’une politique de confidentialité ont été transparents sur la transmission de données à des tiers, cette procédure a été détectée dans 33 des 36 applications (92 %).

    Un partage de données très peu transparent

    La transmission de données à des entités tierces était donc fréquente. De plus, la plupart des applications n’étaient pas transparentes sur de telles pratiques.

    Parmi les problèmes fréquemment observés, on peut citer l’absence de politique de confidentialité écrite, l’omission de politique décrivant les transmissions par des tiers ou encore l’absence de description des juridictions qui traiteraient les données. Dans un plus petit nombre de cas, des transmissions de données contraires aux politiques de confidentialité déclarées ont été observées. Le plus préjudiciable étaient que les applis ne permettaient pas aux utilisateurs de choisir ou de refuser le partage de données en toute connaissance de cause.

    Les faiblesses de l’auto-certification

    En outre, « nos données soulignent que, sans aucun effort technique pour auditer les transmissions de données actuelles, le seul fait de s’appuyer sur une auto-certification ou un audit de politique ne permet pas de détecter les risques importants pour la vie privée », écrivent les auteurs de l’étude.

    Alors que les smartphones continuent à acquérir des capacités pour collecter de nouvelles formes d’informations personnelles, biométriques et de santé, « il est impératif que la communauté des soins de santé réagisse en proposant de nouvelles méthodes et de nouveaux processus permettant d’examiner les applications et de garantir leur sécurité et leur protection », estiment les chercheurs.

  • ExclusifH&T Morning spécial VivaTech : comment l’IA peut améliorer la santé ? – le 17/05/2019 (invitation)

    Health & Tech Intelligence et le think tank Le Cercle Numérique et Santé organisent une rencontre sur la thématique de l’intelligence artificielle en présence de David Gruson, président France du Cercle, et Bernard Hamelin, vice-président head of evidence generation à Sanofi.

    Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des travaux 2019 du Cercle Numérique et Santé et s’adresse aux abonnés de H&T Intelligence ainsi qu’aux membres du Cercle.

    « Comment l’IA peut-elle améliorer la santé » sera la thématique de cette matinale, qui se déroulera de 8h15 à 9h45 sur l’espace Tech4health de VivaTech le 17 mai 2019, à Paris Expo Porte de Versailles.

    Les 2 intervenants du groupe américain Optum apporteront leur expertise sur le sujet :
    • Martin Miller, EVP lifesciences, provider analytics ;
    • Curt Medeiros, president, Optum advanced data and analytics, United Health Group.

    La matinale se poursuivra par une rencontre avec Ahmeet Nathwani, chief digital officer de Sanofi, et un Vivatech health tour, découverte spéciale santé du salon. Les échanges se dérouleront en anglais.

    Le nombre de places étant très limité, les personnes intéressées doivent confirmer leur présence par email à Azeline Martino : azeline.martino@care-insight.fr. Un badge d’accès au salon vous sera adressé dès validation de votre inscription.

  • Facivi, une plateforme numérique pour faciliter le quotidien des professionnels de santé

    L’Automobile-club médical de France (ACMF) lance Facivi, une start-up destinée à fournir des services dédiés à la qualité de vie des actifs via une plateforme multicanale.

    L’ambition de Facivi, dont la création a été dévoilée le 28 avril 2019 à l’occasion de la Journée mondiale sur la sécurité et la santé au travail, est de faciliter le quotidien des 2 millions de professionnels de la santé français avec une gamme complète de services pour les aider 24h/24 et 7j/7 à résoudre les difficultés rencontrées dans le cadre de leur activité via une plateforme intelligente, associant un portail numérique et un plateau d’assistants personnels chargés de trouver les meilleures solutions.

    Depuis 67 ans, l’ACMF cherche à rendre des services aux médecins pour leur faciliter le quotidien. « Quand [j’ai repris] la direction de l’association, il y a 3 ans, ma mission était de transformer l’offre et de l’adapter au virage du numérique, en accord avec les besoins et les usages actuels des professionnels de santé », explique Stéphane Soubiran, directeur général de Facivi et petit-fils du fondateur de l’ACMF. La start-up a ainsi été incubée au sein de l’association. Elle bénéficie de son réseau et de son expérience mais son ambition est de s’ouvrir plus largement.

    Les adhérents de l’ACMF seront les premiers bénéficiaires de la plateforme, qui est destinée aux entreprises publiques et privées, aux mutuelles, aux syndicats, aux ordres, aux fédérations et aux autres associations, sous forme d’abonnement individuel ou de souscription par structure.

    La qualité de vie au travail comme levier de croissance

    FAcivi est l’aboutissement des 60 années d’actions de l’ACMF, association à but non lucratif fondée en 1952 au service des acteurs de santé. L’ACMF a fait évoluer son offre sous l’égide de son nouveau directeur général, Stéphane Soubiran, qui prend la tête la start-up Facivi. « Nous avons développé une solution propriétaire de facilitation de vie avec un guichet », indique-t-il.

    Si 49 % des entrepreneurs estiment que leur principal défi est de maintenir ou d’accroître leur chiffre d’affaires (source : étude Odoxa 2017), 60 % des managers considèrent la qualité de vie au travail comme un enjeu majeur de compétitivité (source : étude Cegos décembre 2017) et 89 % des collaborateurs se déclarent plus motivés lorsque leur employeur prend en considération leur bien-être (source : étude QVT 2017 Malakoff Médéric).

    La qualité de vie des professionnels de santé serait donc un gage de performance, d’engagement et de fidélité des équipes grâce à l’accès à des services qui protègent leur pouvoir d’achat, les aident à mieux gérer leur quotidien et les mettent à l’abri des coups durs.

    Avantages, services et assistance

    Facivi est l’extrapolation de sa maison-mère, centrée d’abord sur la mobilité puis sur l’assistance médicale et habitation ainsi que la protection juridique. « Avec Facivi, j’ai voulu constitué une plateforme multicanal et élargir l’offre pour ne plus être sur les seules prestations d’assistance mais aussi [sur celles] de service et de conciergerie avec un réseau de prestataires de service de confiance et de service », commente Stéphane Soubiran, afin d’aider les utilisateurs, par exemple, à trouver un artisan, un dépanneur, une nounou ou une aide ménagère : « En tant que professionnel de santé, les impacts ne sont pas les mêmes quand une nounou est malade », précise-t-il.

    Le troisième volet est plus orienté sur le plaisir et les loisirs, « comme un super comité d’entreprise, avec une plateforme d’achat en ligne. ».

    Incubée à l’ACMF mais ouverte à tous

    Facivi a été incubé au sein de l’ACMF avant de devenir une structure à part entière sous forme de société par actions simplifiées. La création de la plateforme dans le cadre d’une start-up est une évolution à plusieurs titres. « D’une part, nous créons une société qui dépend d’une association à but non-lucratif et nous proposons ces services à tous les professionnels de santé, alors qu’historiquement, nous étions orientés vers les médecins », explique le directeur général.

    Les 11 000 médecins membres de l’ACMF sont les premier à bénéficier de cette solution. « Facivi est le fournisseur exclusif de l’ACMF, dans une logique de souscription individuelle, note-t-il. Elle répond aussi aux besoins de structures de soins, de groupes et de grandes pharmacies avec une souscription de groupes ». Dans ce cadre, les professionnels auront accès à une interface personnalisée de la plateforme, qui peut être en « marque blanche », pour s’intégrer à un intranet existant.

    Plusieurs structures ont marqué leur intérêt : Alliance Healthcare, Alphega Pharmacies, Leader Santé, le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), ou encore le Groupe Pasteur Mutualité (135 000 assurés).

  • Telegrafik et Vivago associent leurs solutions pour mieux signaler les chutes des résidents d’Ehpad

    Après une première installation de sa solution en 2016, la société Telegrafik annonce qu’un second établissement a été équipé début 2019 de son système interconnecté de protection des résidents en Ehpad. La combinaison de la montre connectée Vivago et du système de détection automatique de chute de Telegrafik permet notamment d’informer immédiatement le personnel soignant en cas de chute.

    « L’association des deux technologies permet d’augmenter la sécurité des résidents et d’augmenter le confort de travail du personnel soignant. », explique Carole Zisa-Garat, P.-D.G. de Telegrafik, dans un communiqué publié le 30 avril 2019.

    Cette solution combine 2 outils. Tout d’abord, la montre Vivago, qui optimise la traçabilité de tous les événements 24h/24 du résident en Ehpad et l’accès à ces informations pour les médecins et infirmières. La montre est associée à un module d’intelligence artificielle et dispose d’un appel manuel du résident ainsi que d’alarmes automatiques en cas de situation de danger. L’activité physiologique du résident est mesurable de manière permanente tout comme l’observation de la qualité de son sommeil, à l’aide d’un tableau de bord.

    Le second outil est la solution Otono-me Edao Ehpad. Elle repose sur un dispositif de vidéo-vigilance installé dans les chambres des résidents. En cas de situation à risque, une levée de doute est réalisée avant d’alerter le personnel soignant de la situation et de la nécessité d’une intervention. Telegrafik indique qu’il s’agit de la seule solution validée par un programme hospitalier de recherche clinique : « Le dispositif permet la réduction de 15 % des chutes à conséquences graves et la réduction de 47,9 % du coût des chutes graves », déclare le Pr Thierry Dantoine, du CHU Limoges (communiqué).

  • La Poste et les Landes créent XL Autonomie pour favoriser l’autonomie des seniors via le digital

    Le groupe La Poste et le département des Landes créent la nouvelle société XL Autonomie, qui propose le bouquet de services baptisé « vivre à domicile » destiné aux personnes vulnérables.

    Cette mesure d’élargissement du dispositif de téléalarme, présente dans le département depuis plus de 30 ans, en une solution plus diversifiée basée sur le numérique et l’accompagnement humain a pour vocation de permettre aux personnes âgées de vivre chez elles le plus longtemps possible et ainsi de briser l’isolement social qu’elles peuvent subir.

    Le service sera délivré à 15 euros par mois. Un accompagnement financier sera mis en place pour que la facture ne soit pas trop élevée pour le bénéficiaire, indique Xavier Fortinon, président du conseil départemental des Landes, dans un communiqué publié le 30 avril 2019.

    Philippe Wahl, le P.-D.G. du groupe La Poste, déclare avoir pour ambition d’offrir ce service à 2 500 personnes dans les Landes dans les 5 prochaines années mais aussi de déployer la solution sur d’autres territoires, en s’adaptant en fonction des besoins de chaque région.

    Une solution expérimentée depuis 2 ans

    Expérimentée depuis 2 ans, XL Autonomie entend retarder l’entrée en Ehpad grâce à un bouquet de services composé d’une tablette avec applications sociales et jeux de mémoire, d’un système de téléalarme et d’un dispositif d’éclairage nocturne par détecteur de présence, complété en fonction des profils par un service de portage de médicaments et une visite de lien social réalisée par un facteur.

    Entre décembre 2016 et décembre 2018, 43 personnes âgées de 75 ans en moyenne ont pu tester la solution, désormais déployée à l’ensemble du département. Dominique Cole, expérimentatrice, rapporte que, pour elle, « c’est désormais une façon de vivre » et qu’ainsi elle « n'[était] plus seule ». 

    Accompagnant : un nouveau métier pour aider les personnes âgées à utiliser les nouvelles technos

    Lors de la phase d’expérimentation, Raphael Tamponnet, directeur général de XL Autonomie, explique que le groupe a très vite constaté que les personnes âgées étaient perdues face à ces nouvelles technologies qui se développement et la création du métier d’accompagnant est vite devenue « une évidence pour tout un écosystème ».

    L’accompagnant pourra faire le lien avec les professionnels de santé et, en cas de besoin, avec les structures médico-sociales grâce au suivi des dossiers de chaque personne dans le dispositif et à une formation de 10 jours.