Medtech

  • DM 2020 (conférence) : les DM connectés offrent-ils de nouvelles opportunités ? – 27/06/2019, Paris

    Un an avant l’application de la nouvelle réglementation européenne sur les dispositifs médicaux (DM), comment conserver et continuer de développer son market access ? Les DM connectés offrent-ils de nouvelles opportunités ? Telles sont les questions qui seront abordées lors de la conférence « Dispositifs Médicaux 2020 ». Organisé par Drive Innovation Insights, l’événement se déroulera le 27 juin 2019 à l’hôtel Napoléon dans le 8ème arrondissement de Paris. 

    Pour assister à cette conférence, il faut remplir un formulaire d’inscription disponible via ce lien et le renvoyer complété par mail à : service-clients@dii.eu.

    Programme :

    • Focus sur les règlements 2017/746/UE et 2017/745/UE pour anticiper leur application dès le 26 mai 2020
    • Tour d’horizon à 360° des facteurs clefs pour booster son market access.
  • Étude : un jeu vidéo pour aider à mieux repérer des signes précoces d’Alzheimer (PNAS)

    Des chercheurs du CNRS ont utilisé les stratégies de navigation spatiale de plus de 4 millions de personnes ayant joué à Sea Hero Quest, un jeu vidéo basé sur la réalité virtuelle créé par les scientifiques eux-mêmes. Dans une étude* publiée le 23 avril 2019 dans PNAS, ils ont montré que ceux qui éprouvaient des difficultés d’orientation spatiale dans ce jeu étaient aussi ceux porteurs d’un gène de prédisposition à la maladie d’Alzheimer. Ce jeu pourrait donc être un outil précoce de dépistage de la maladie, avant même l’apparition des premiers symptômes.

    La réalité virtuelle, un outil précieux pour mesurer les capacités d’orientation

    Sea Hero Quest est un jeu vidéo de réalité virtuelle (RV) dans lequel chaque joueur endosse le rôle d’un capitaine d’un bateau qui doit retrouver de mystérieuses créatures à l’aide d’une carte. Créé par des neuroscientifiques, il a pour but de mesurer les capacités d’orientation dans l’espace.

    Depuis la fin des années 90, la RV est devenue un outil essentiel pour comprendre comment les régions du cerveau prennent en charge la navigation. Les tests en réalité virtuelle de la cognition spatiale se sont révélés plus sensibles pour identifier les déficits de navigation spatiale chez les patients par rapport aux tests visuo-spatiaux plus classiques « crayon-papier ». C’est une alternative moins coûteuse et plus sûre aux tests de navigation dans le monde réel, qui prennent beaucoup de temps et d’espace, et qui sont difficiles à administrer à une population parfois moins capable de marcher.

    Un jeu populaire conçu par des scientifiques 

    Pour répondre à des questions sur le caractère inné, génétique ou très culturel du sens de l’orientation, sur l’origine de la variabilité individuelle de cette compétence, Antoine Courtot, chercheur au CNRS au Laboratoire des Sciences du numérique à Nantes et ses collègues de l’University College London et de l’University of East Anglia ont développé le jeu Sea Hero Quest. Et ce en partenariat avec un développeur professionnel, Glitchers, qui avait déjà mis au point plusieurs jeux mobiles.

    Résultat : Sea Hero Quest a déjà rassemblé 4 millions de joueurs. « Le jeu est sorti en mai 2016, disponible gratuitement sur l’Apple Store et Google Play, précise Antoine Coutrot. Nous nous attendions à avoir plusieurs milliers de joueurs. Ils ont en fait été des centaines de milliers, puis des millions. Une belle surprise ! » Les stratégies mises en place pour réussir les différentes missions proposées par le jeu représentent aujourd’hui l’équivalent de 10 000 ans de données recueillies en laboratoires par des moyens traditionnels.

    Les capacités d’orientation, un marqueur précoce d’Alzheimer

    Dans un premier temps, les chercheurs ont vérifié que les capacités d’orientation dans un environnement virtuel ne différaient pas de celles observées dans la vraie vie. Des exercices d’orientation dans les rues de Londres et de Paris ont permis d’exclure le biais lié à la pratique régulière des jeux vidéos.

    Dans une deuxième temps, ils ont comparé les résultats obtenus par les joueurs de Sea Hero Quest à ceux de personnes porteuses d’une variante du gène APoE, qui multiplie par 3 voire 4 le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Cette comparaison est particulièrement intéressante puisque la perte d’orientation est un des premiers symptômes de la pathologie. Les résultats de cette étude ont été publiés le 23 avril 2019 dans la revue PNAS.

    Les personnes présentant des mauvais résultats d’orientation spatiale, par rapport à la moyenne des individus de même âge, sexe et origine, présentent davantage de prédispositions à la maladie d’Alzheimer, même quand les tests classiques ne décèlent rien.

    Les jeux de RV, future aide au diagnostic

    Ces résultats suggèrent donc que l’évolution de la navigation spatiale peut être un marqueur cognitif pertinent. « Ils démontrent pour la première fois comment l’utilité de l’évaluation cognitive numérique à grande échelle pourrait être prometteuse pour le dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer », écrivent les auteurs de l’étude. Si les jeux d’orientation spatiale ne constituent pas en soit un outil diagnostique, ils pourraient aider au dépistage personnalisé de cette maladie neurodégénérative chez des personnes ne présentant pas encore de symptômes cliniques.

  • IA : l’assureur Oscar Health s’allie à l’appli Cardiogram pour la détection des maladies chroniques

    La société Cardiogram annonce un partenariat avec l’assureur santé en ligne Oscar Health dans l’optique d’aider les assurés qui ne sont pas conscients d’avoir une affection chronique à intégrer un parcours de soins avant que leur état ne se détériore.

    Ce nouveau service propose aux assurés d’Oscar Health de télécharger l’application Cardiogram sur leur appareil mobile, Apple Watch, Garmin ou Google WearOS.

    L’algorithme d’intelligence artificielle (IA) DeepHeart analyse les données via le capteur de fréquence cardiaque du terminal pour détecter un diabète ou un fibrillation auriculaire. S’il indique un risque élevé, l’utilisateur aura accès à un test de diagnostic gratuit, soit à son domicile, soit dans un laboratoire à proximité. Si ce test est positif, le patient sera orienté vers un médecin recommandé par l’assureur pour recevoir des soins.

    Ce suivi et ces tests préventifs seront offerts gratuitement aux assurés Oscar, sans quote-part ni franchise.

    DeepHeart est parvenu à détecter les symptômes de plusieurs maladies chroniques

    Selon plusieurs études cliniques menées avec le département de cardiologie de l’université UC San Francisco, DeepHeart a détecté avec précision les symptômes de plusieurs maladies chroniques en utilisant le capteur de fréquence cardiaque installé sur les appareils wearables grand public, est-il indiqué dans le communiqué, daté du 24 avril 2019.

    « De nombreuses personnes atteintes de diabète et de fibrillation auriculaire ne savent même pas qu’elles sont malades, explique Harish Kilaru, directeur du développement commercial de Cardiogram. Nous pouvons les aider à combler cette lacune en utilisant un appareil qui est peut-être déjà à leur poignet. »

    « En travaillant avec Cardiogram, nous pouvons amener davantage de patients à recevoir les traitements dont ils ont besoin, grâce à des appareils qu’ils possèdent déjà, en leur évitant à l’avenir des complications coûteuses, commente de son côté Nikita Singareddy, analyste à Oscar Health. Le suivie par mobile permet au financeur de connaître avec précision l’état de santé de ses assurés et d’être indemnisé de manière appropriée ».

  • Dreem lance une nouvelle version de son bandeau contre les troubles du sommeil

    La société française Dreem, ex-Rythm, annonce le lancement de son bandeau Dreem 2, une solution non-invasive contre les troubles du sommeil, en particulier l’insomnie, qui associe sciences du sommeil et sciences comportementales aux neurotechnologies. Selon Dreem, l’usage du bandeau permettrait de retrouver « une structure de sommeil satisfaisante » au bout de quelques semaines.

    « Seuls 18 % des problèmes de sommeil sont traités et diagnostiqués. Il n’y a tout simplement pas assez de centres de sommeil ou d’experts du sommeil disponibles en France pour couvrir les besoins de la population », indique Hugo Mercier, président et cofondateur de Dreem. « Les somnifères sont invasifs, nocifs pour la santé et ne traitent pas les causes de l’insomnie », estime-t-il, pas plus que les « trackers de sommeil ». Il déclare vouloir rendre « accessible à tous » la thérapie cognitive et comportementale pour l’insomnie (TCC-i), « le traitement de référence pour l’insomnie, commente-t-il, méconnu du grand public [bien que] reconnu par l’Organisation mondiale de la santé ».

    Dreem présente son bandeau Dreem 2 comme une amélioration par rapport à sa première version, grâce aux retours de ses utilisateurs : il serait « plus confortable, plus précis », et délivrerait « une expérience sonore de meilleure qualité ».

    Un accompagnement fondé sur des données recueillies pendant la nuit

    Le bandeau Dreem 2 est associé à une application qui déduit les principaux paramètres du sommeil de l’utilisateur (temps effectif de sommeil, réveils nocturnes, temps d’endormissement, stades de sommeil…) à partir des données collectées pendant la nuit (activité cérébrale, fréquence cardiaque, fréquence respiratoire et mouvements). La mesure de ces données physiologiques serait d’une précision équivalente à celle d’une polysomnographie (PSG), examen médical couramment proposé en centre de sommeil.

    En journée, l’application apporte aux utilisateurs un accompagnement personnalisé via des programmes correspondant à leurs propres troubles du sommeil, comportant recommandations et exercices élaborés avec des spécialistes et inspiré notamment de la thérapie cognitive comportementale (TCC).

    4 programmes distincts selon les caractéristiques de l’utilisateur

    Le bandeau Dreem 2 propose 4 programmes aux objectifs, durées et intensités différentes  en fonction des besoins de l’utilisateur :

    •  Thérapie cognitive et comportementale (TCC) : si l’utilisateur a un temps d’endormissement trop important, des réveils nocturnes, une durée de sommeil trop court, et qu’il ressent des effets en journée, le programme TCC s’attache à améliorer son « efficacité de sommeil », c’est-à-dire le ratio entre le temps passé à dormir et le temps passé au lit.  
    • Regain de sommeil : si l’utilisateur dort plutôt facilement, sans se réveiller, mais qu’il accorde trop peu de temps à son sommeil, le programme « Regain de sommeil » lui permet de dormir plus et mieux, ce qui augmentera les effets réparateurs de son sommeil sur son organisme.
    • Rituels de coucher : si l’utilisateur passe suffisamment de temps au lit, mais qu’il met parfois du temps à trouver le sommeil ou ne se sent pas toujours tout à fait reposé au réveil, le programme « Rituels de coucher » l’aide à identifier les comportements ou attitudes qui nuisent à son sommeil, puis à acquérir des habitudes plus saines afin d’augmenter la qualité de son sommeil.
    • Bases du sommeil : ce programme s’adresse à l’utilisateur « curieux ». Il aborde les différents mécanismes influant sur le sommeil et les bonnes pratiques associées pour « retrouver des nuits de meilleure qualité ».
  • Université d’été e-santé : du 2 au 4 juillet 2019, Castres

    L’université d’été e-santé se tiendra du 2 au 4 juillet 2019 à l’école d’ingénieur ISIS à Castres. 
    Cette année, 2 thématiques principales sont mises en avant : la e-santé humaine portant sur le numérique (2 et 3 juillet) et la e-santé animale (4 juillet) axée sur l’intelligence artificielle (IA).

    Les inscriptions pour les conférences sur la e-santé humaine sont payantes et doivent être réalisées via ce lien. Celles pour la journée de conférence sur la e-santé animale sont quant à elles gratuites et disponibles via le même lien. 

    Pour les exposants, il est possible de télécharger un dossier d’inscription en ligne et de retourner le formulaire avant le 7 juin à contact@universite-esante.com.

    Focus e-santé humaine 

    Le numérique : une chance pour la santé durable 

    Mardi 2 juillet 2019 

    • 9h15-9h30 : Lancement de la journée avec Philippe Leroux, président de Castres-Mazamet Technopole (spécialisé dans l’e-santé, chimie fine et numérique) et Georges Soto-Romero, directeur de l’ISIS
    • 9h-17h : Découverte des start-ups de la disrupt e-health
    • 9h-17h : Visite du. living lab, le connected health lab 
    • 9h-17h : La convention d’affaires, la e-health connection 
    • 9h30-11h : Regards croisés sur le numérique pour les systèmes de santé durables dans les pays occidentaux 
    • 9h30-12h30 : E-health hub 
    • 10h-11h :Validation clinique de logiciels de santé : un prérequis obligatoire pour accéder au marché ?
    • 11h30-12h30 : Atelier avec le CHU de Toulouse
    • 11h30-12h : Inauguration de la 13ème édition de l’université d’été de la e-santé
    • 11h30-12h : Atelier avec Harmonie Mutuelle
    • 14h-14h30 : Atelier avec GFI
    • 14h-14h30 : À la recherche du temps médical perdu, en collaboration avec BotDesign
    • 14h-15h : Quels financements européens pour l’innovation en e-santé
    • 14h-15h : Le rôle du numérique dans la mise en place de la couverture santé universelle, avec des intervenants de l’OMS
    • 14h-16h : Auditions des 12 finalistes des trophées de la e-santé
    • 15h15-16h15 : Urbanisation & interopérabilité, freins ou accélérateurs de l’innovation ? 
    • 15h15-16h15 : Atelier avec Sanofi
    • 15h10-16h15 : À la conquête des investisseurs 
    • 16h30-18h : L’intelligence artificielle et le transhumanisme sont-ils les nouveaux dangers de l’humanité ? Le point de vue du médecin, du philosophe et du juriste.
    • 18h30-19h30 : Conférence inaugurale « Vers un nouveau modèle d’utilisation des données de santé : la recherche clinique impulsée par les patients »

    Mercredi 3 juillet 2019

    • 9h-10h30 : Les débats de l’université d’été de la e-santé : « Données de santé : la grande hypocrisie? »
    • 9h-10h30 : L’intelligence artificielle au service d’une santé durable
    • 9h-17h : Découverte des start-ups de la disrupt e-health
    • 9h-17h : Visite du living lab, le connected health lab
    • 9h-17h : La convention d’affaires, la e-health connection
    • 11h-12h : Atelier juridique et éthique « Monétisation, utilisation, réutilisation : que peut-on faire des données de santé ? »
    • 11h-12h30 : L’intelligence artificielle au service d’une santé durable 
    • 11h-12h30 : Auditions des 6 finalistes des trophées de la e-santé
    • 11h-12h30 : Le numérique : une chance pour la formation des professionnels de santé
    • 12h-12h30 : Keynote juridique et éthique de David Gruson, en conclusion de l’atelier 
    • 13h30-15h45 : Suite des auditions des 6 finalistes des trophées de la e-santé 
    • 14h-15h : Cohorte suivi chirurgie bariatrique avec l’IHU de Strasbourg, en collaboration avec Docaposte
    • 14h-15h : Les leviers de communication de la e-santé à l’heure de la santé durable
    • 14h-14h30 : L’apport d’un géant du numérique dans le domaine de la santé : l’exemple de Microsoft 
    • 14h45-15h45 : La démographie sanitaire et accès durable au soins (ISIS)
    • 15h15-16h15 : Dépasser les différences en start-ups et multinationales : comment construire des partenariats pérennes et profitables ? 
    • 15h15-16h15 : Démonstration au connected health lab
    • 15h15-16h15 : Atelier en collaboration avec NHES/Acetiam 
    • 15h55-16h15 : Keynote cyber sécurité en collaboration avec Thales
    • 15h45-16h15 : Success stories des trophées de la e-santé
    • 16h30-18h : Les débats de l’université d’été de la e-santé « Consumérisation de la santé : vers la fin des acteurs traditionnels? »
    • 18h30-19h30 : Cérémonie de remise des trophées de la e-santé 

    Focus e-santé animale 

    Santé animale :  doit-on croire à l’intelligence artificielle ?

    • 9h-10h : Auditions des candidats au trophée de la e-santé animale 
    • 9h-17h : Découverte des stratégies des start-ups de la e-santé animale
    • 10h30-17h : Table ronde e-santé animale : une journée articulée autour du progrès et des perspectives de l’exploitation des data en santé animale. Les principaux thèmes abordés seront les algorithmes, les systèmes experts et surtout, l’intelligence artificielle. Thématique : « Faut il combattre les idées reçues ? »
    • 17h-17h30 : Cérémonie de remise du trophée de la e-santé animale 
  • Étude : une appli dédiée à la fertilité aussi efficace que la pilule (European Journal contracept°)

    Une application mobile, nommée « Dot » (Dynamic Optimal Timing), a été testée par des chercheurs de l’Institut de santé reproductive du centre médical de l’université de Georgetown (USA). Leur étude*, publiée le 18 mars 2019 dans The European Journal of contraception and Reproductive Health Care, suggère que des algorithmes reposant sur des données de cycles menstruels permettent de prédire le risque de grossesse avec un taux d’efficacité comparable aux méthodes traditionnelles telles que la pilule.

    Des applis mobiles pour une contraception « naturelle »

    Les méthodes de contraception dites « naturelles » reviennent à la mode. Les femmes, échaudées par des scandales sur les pilules et soucieuses de ne pas prendre trop d’hormones, sont à la recherche de méthodes contraceptives plus « douces ». Pour répondre à cette forte demande, de nombreuses sociétés ont développé des applications mobiles dédiées à la fertilité. Elles reposent sur des algorithmes et un apprentissage automatique permettant d’identifier les jours fertiles en se basant sur diverses approches pour synthétiser l’historique du cycle menstruel personnel des femmes et leurs biomarqueurs physiologiques.

    C’est pourquoi des chercheurs américains de l’Institut de santé reproductive du centre médical de l’Université de Georgetown ont souhaité évaluer l’une de ses applications, Dot (Dynamic Optimal Timing).

    De plus en plus de femmes utilisent les applications comme méthode de planification familiale. Aux États-Unis, c’est le cas d’environ 1 million de femmes. « Il est donc essentiel de disposer d’une option reposant sur des preuves solides d’efficacité », a déclaré Victoria Jennings, chercheuse et principale auteur de l’étude. Or, beaucoup de femmes choisissent une application en fonction de sa popularité plutôt que sur la preuve de son efficacité.

    Des algorithmes pour évaluer le risque de grossesse

    Dot est un appli numérique basée sur un algorithme qui fournit des informations de fertilité directes à l’utilisateur pour les femmes qui souhaitent prévenir ou planifier une grossesse. L’algorithme de l’outil, a été développé à partir d’un vaste ensemble de données de 8 118 cycles chez 706 femmes de 5 pays (Nouvelle-Zélande, Inde, Irlande, Philippines et le Salvador), tiré d’enquête de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres études sur la probabilité de conception. Il s’adapte à la longueur et la variabilité du cycle de chaque femme au fur et à mesure qu’elle continue à entrer des données sur les débuts de son cycle.

    Lorsqu’une femme entre sa date de début de menstruation dans l’application, celle-ci identifie les jours où elle court un risque « élevé » ou « faible » de grossesse au cours de ce cycle. Pour le premier cycle, Dot identifie 16 jours comme présentant un risque élevé. Lorsque des dates de début de période menstruelle supplémentaires sont entrées, l’algorithme réduit le nombre de jours identifiés comme présentant un risque élevé à 11-13 jours, en fonction de la durée et de la variabilité du cycle de l’utilisatrice. Cette dernière reçoit également des notifications au début et à la fin de sa fenêtre fertile, l’avertit des changements à venir dans son état de fertilité et lui rappelle d’éviter les rapports sexuels ou d’utiliser un préservatif pour éviter une grossesse les jours à risque.

    Pour évaluer l’application, les chercheurs ont constitué une cohorte de 718 femmes souhaitant éviter une grossesse pendant au moins un an, avec des données sur 13 cycles.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 18 mars 2019 dans The European Journal of contraception and Reproductive Health Care.

    Résultats : 1 % d’échec, comme la pilule

    • L’âge moyen des femmes de l’étude Dot était de 29 ans.
    • Près de 75 % des participantes ont déclaré avoir déjà utilisé un moyen de contraception hormonale, avec une majorité de pilules (64,3 %).
    • Le taux de grossesse non désirée était de 1% quand l’appli était correctement utilisée et de 5 % en cas d’erreurs de l’utilisatrice.

    Les chercheurs en ont conclu qu’avec un taux d’échec de 1%, l’application Dot était aussi efficace que les méthodes contraceptives hormonales, telles que la pilule. En outre, ils ont souligné qu’il n’existait aucune association statistique entre les caractéristiques socio-démographiques et la grossesse, suggérant que cette méthode pourrait être utilisée avec succès pour la prévention de la grossesse par des femmes d’âges et d’origines sociales différentes. « Étant donné l’utilisation généralisée de la technologie mobile, une méthode numérique telle que Dot peut potentiellement toucher de nombreuses femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale », ont déclaré les auteurs de l’étude.

    Une fiabilité remise en question

    En août 2018, la FDA a autorisé pour la première fois une application (Natural Cycles) à se revendiquer comme moyen contraceptif. En Suède et au Royaume-Uni, des enquêtes sont ouvertes suite à des plaintes de femmes ayant eu des grossesses non désirées. Ces applications pourraient en effet ne pas être adaptées aux femmes ayant des cycles peu réguliers.

  • La Société européenne de cardiologie appelle à intégrer aux soins les applications e-santé

    Les systèmes de santé nationaux doivent rembourser les applications e-santé et les intégrer aux soins courants pour faire face aux maladies chroniques. C’est ce qu’affirment les responsables de la European society of cardiology (ESC) dans un article intitulé « Overcoming challenges in digital health implementation in cardiovascular medicine », publié dans la revue European Journal of Preventive Cardiology le 27 mars 2019.

    Les applications numériques sont de plus en plus utilisées par les patients en cardiologie pour contrôler leur pression artérielle, enregistrer un électrocardiogramme (ECG) et suivre leur activité physique, constatent les auteurs. Ils regrettent que les informations générées par ces appareils soient toujours traitées en complément aux thérapies plutôt que d’y être intégrées.

    Les patients qui utilisent des applications de e-santé « sont mieux informés de leur état et les consultations avec le médecin deviennent plus productives car les symptômes peuvent être corrélés à une lecture physiologique », affirme le Pr Enrico Caiani, coauteur de l’article.

    « L’interopérabilité est nécessaire »

    L’ESC souligne par ailleurs que « l’interopérabilité est nécessaire » pour que les technologies puissent dialoguer avec les systèmes hospitaliers. Elle en appelle à la recherche pour établir l’efficacité des outils de e-santé.

    Selon l’ESC, le non-remboursement des solutions de e-santé freine leur généralisation

    Elle aborde également la question du financement, jugeant que c’est le non-remboursement des appareils e-santé qui empêche leur généralisation.

    Le Pr Enrico Caiani souligne qu’« avec les coupes budgétaires et les pénuries de médecins, les systèmes de santé ont du mal à prendre en charge les patients, en particulier ceux atteints de maladies chroniques » et que « cette situation va empirer » avec l’allongement de la vie. Il estime que ces défis peuvent être relevés grâce aux technologies e-santé, et demande une « stratégie partagée » impliquant « les législateurs nationaux, l’industrie, les hôpitaux, les médecins et les associations de patients ».

  • L’Anssi donne l’alerte sur la « dépérimétrisation » des systèmes d’information (rapport annuel)

    « Les acteurs du numérique évoluent désormais au sein d’un cyberespace vaste et complexe à défendre, dénué de frontières géographiques, politiques et même parfois techniques », indique l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) dans son rapport annuel. Elle évoque une « perte de notion du périmètre du système d’information ». 

    « En grande partie liée à l’apparition ou au renforcement de certains usages », cette tendance s’explique par :
    • le développement de l’externalisation des données, avec notamment les systèmes de cloud ;
    • une plus grande ouverture des systèmes sur internet ;
    • « un essor du nomadisme » des utilisateurs ;
    • l’interconnexion quasi-systématique des systèmes, conséquence notamment de la diffusion des objets connectés.  

    Dans ce rapport publié le 15 avril 2019, l’Anssi estime que cette mutation pose « la question de la confiance (…), plus difficile à évaluer que la seule sécurité », alors que « l’isolation des systèmes les plus sensibles[, la réponse la plus fréquemment apportée,] atteint ses limites ».
    L’agence appelle à la mise en œuvre d’initiatives qui « ne seront porteuses de sens et de résultats qu’à l’échelle européenne ».
    Elle demande aux organisations un accompagnement à la fois culturel et opérationnel au « déplacement de la sécurité des systèmes vers la sécurité de l’information et des services numériques », qui serait animé par « la recherche d’un équilibre entre fonctionnalité et fermeté ».

    Des campagnes malveillantes visant les acteurs de la santé

    De nombreuses campagnes d’hameçonnage ciblant des acteurs du secteur de la santé ont été observées en 2018, note l’Anssi dans son rapport annuel. Elle explique cette recrudescence par « la préoccupation croissante des opérateurs à l’égard des enjeux de sécurité numérique et le renforcement parallèle de leurs capacités de défense[, qui] amènent nombre d’attaquants à se tourner vers des cibles moins exposées mais plus vulnérables ». 

    Les objectifs de ces attaques, précise l’agence, sont :

    • le vol de données personnelles ;
    • la demande de rançon après chiffrement des données ;
    • le minage de cryptomonnaies ;
    • la constitution de réseaux de machines zombies (botnets).

    Alerte sur les objets connectés 

    « L’une des premières conséquences de l’apparition massive des objets connectés est leur propension à accroître très fortement la surface d’exposition aux attaques », avertit l’Anssi dans un chapitre consacré aux menaces visant les systèmes « cyber-physiques »*.

    Les attaques sur les objets connectés « peuvent être dirigées vers l’objet lui-même » mais aussi viser à « en détourner la finalité pour les transformer en vecteurs d’actions malveillantes », est-il indiqué. L’agence déplore ici le « manque de maturité » d’un secteur « encore jeune [bien que] très développé », ce qui se traduit par « une insuffisance de normes et l’absence de sécurité by design », soit l’absence de sécurité directement intégrée dans le code source de l’application ou du site web.

    Selon l’Anssi, « l’application de bonnes pratiques et de principes de sécurité tout au long du cycle de développement de ces systèmes (…) ne suffira pas» : elle demande un  « changement de paradigme ».

  • Étude : les Google Glass capables d’améliorer la socialisation des enfants autistes (JAMA Pediatrics)

    Un nouveau système d’intelligence artificielle (IA) utilisant des Google Glass pourrait aider les enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA) à améliorer leurs aptitudes à la socialisation, selon une petite étude* menée par des chercheurs de l’université de Stanford et publiée fin mars 2019 dans le JAMA Pediatrics. Ces Superpower Glass sont conçues pour encourager l’engagement facial des enfants tout en « traduisant » les émotions des personnes avec lesquelles ils sont en interaction.

    Autisme : faciliter l’accès aux soins grâce aux nouvelles technologies

    Les symptômes des troubles du spectre autistique sont variables mais les difficultés de socialisation, d’avoir un contact visuel et de reconnaître les émotions faciales caractérisent cette pathologie. Aux États-Unis, les experts recommandent 20 heures par semaine d’analyse comportementale appliquée (ABA) 2, incluant souvent des interventions sur le développement du comportement avec un thérapeute du comportement pendant au moins 2 ans. Cette prise en charge est très coûteuse (entre 40 000 et 60 000 dollars par enfant et par an). De plus, de nombreux enfants sont confrontés à des difficultés pour généraliser la thérapie à des contextes du monde réel. Autrement dit, à utiliser ces compétences dans la vraie vie. Enfin, les thérapeutes comportementaux sont débordés et donnent des rendez-vous à 18 mois.

    Le recours à des supports d’apprentissage basés sur de nouvelles technologies utilisant le machine learning (apprentissage automatique) pourrait donc offrir des possibilités de traitement en dehors du cabinet du clinicien. Et ces outils peuvent se développer au domicile du patient et ainsi servir de pont pendant que les enfants attendent une thérapie standard.

    Des Google Glass qui traduisent les émotions

    Des chercheurs de l’université de Stanford ont donc conçu un outil d’apprentissage social portable pour les enfants atteints de TSA afin d’encourager l’engagement du visage et de fournir un retour d’information à l’enfant lors des interactions sociales à la maison.

    Un système de vision par ordinateur fonctionnant sur Google Glass est connecté sans fil à une application pour smartphone afin de permettre à l’enfant qui porte les lunettes d’intervenir.

    Grâce à l’apprentissage automatique, les outils sont capables d’identifier huit émotions via un système de reconnaissance faciale : le bonheur, la tristesse, la colère, le dégoût, la surprise, la peur, le mépris et la neutralité.

    Ensuite, une émoticône apparaît sur les verres des Google Glass – appelées « Superpower Glass » – pour indiquer à l’enfant souffrant de TSA l’émotion de la personne en face d’elle. L’information était également donnée de manière auditive. Le système fonctionne à une cadence d’environ 15 à 20 images par seconde, de sorte que les expressions faciales sont généralement reconnues en moins de 100 millisecondes.

    Quelque 71 enfants âgés de 6 à 12 ans atteints de trouble du spectre autistique ont été inclus dans l’étude. Ils ont été randomisés en 2 groupes : la moitié d’entre eux ont été invités à utiliser la technologie pendant 20 minutes trois fois par semaine avec leur famille et une fois par semaine avec leur intervenant, l’autre moitié bénéficiait d’une prise en charge traditionnelle.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 25 mars 2019 dans le JAMA Pediatrics.

    Résultats : une meilleure socialisation

    • Les enfants portant des Google Glass ont deviné l’émotion dans 39,8 % des cas.
    • Ils ont considérablement amélioré leurs résultats sur une échelle de comportement adaptatif par rapport au groupe témoin.
    • Les participants ont utilisé l’appareil moitié moins de jours que ce qui était recommandé.
    • Un enfant a signalé une réaction indésirable aux lunettes.

    L’intervention renforce l’engagement facial et la reconnaissance des émotions, suggérant que l’un ou l’autre ou les deux éléments pourraient être un mécanisme d’action conduisant à l’amélioration des aptitudes de socialisation. Cette étude souligne donc le potentiel de la thérapie numérique à domicile pour améliorer la prise en charge de l’autisme. Cependant, le petit nombre d’enfants inclus dans l’étude et leur grande hétérogénéité démographique et comportementale limitent la portée de cette étude.

    Vers une commercialisation de ce nouveau traitement

    Une précédente étude, publiée en août 2018 dans Nature’s Digital Medicine, et conduite pas des chercheurs de la Stanford University of Medicine, avait déjà montré que les Superpower Glass avaient accru le contact visuel et l’acuité sociale chez des enfants autistes.

    De plus, début avril 2019, la société Cognoa, qui fabrique l’application, a annoncé qu’elle venait de concéder une licence exclusive au système d’intelligence artificielle développée par l’université de Stanford.

    Depuis une levée de 11,6 millions de dollars américain (environ 10,3 M€) en 2017, la FDA a classé l’application de suivi du comportement pédiatrique de Cognoa en tant que dispositif médical de diagnostic de l’autisme.

    Cognoa souhaite maintenant « accélérer le développement et la commercialisation mondiale d’un nouveau traitement numérique pour les enfants atteints de TSA ».

  • États-Unis : polémique sur les données recueillies par les applications de suivi de grossesse

    Le Washington Post a publié le 10 avril 2019 une longue enquête sur les solutions de suivi de grossesse proposées aux femmes par leurs employeurs, alors que ce marché connaît une croissance exponentielle. L’article a déclenché une polémique sur la sécurité des données que ces applications, et notamment Ovia Health, leader du marché, recueillent sur leurs utilisatrices.

    Certains employeurs, comme le géant des jeux vidéo Activision Blizzard, défendent ce choix vis-à-vis de leurs collaboratrices : « Je veux qu’elles aient un bébé en bonne santé parce que c’est bon pour nos affaires », affirme le vice-président chargé des ressources humaines, Milt Ezzard, interrogé par le quotidien américain, estimant que l’application lui permet d’économiser 1 200 dollars (environ 1 060 euros) par an et par employée. Ces économies sont réalisées notamment sur les primes de santé versées par les employeurs américains aux assureurs en cas de grossesse à complication.

    « Avant Ovia, précise l’enquête, les employées enceintes de la société étaient conseillées par téléphone par les infirmières des compagnies d’assurances ». Une fois le suivi de grossesse transféré à l’application, « près de 20 femmes diagnostiquées stériles sont tombées enceintes ».

    Ovia Health reconnaît transmettre certaines données aux employeurs

    Ovia Health revendique dans ses conditions d’utilisation un droit « irrévocable » à exploiter et communiquer les données personnelles des femmes suivies, dès lors qu’elles sont anonymisées. Elle reconnaît également transmettre certaines données à leurs employeurs.

    Ovia assure que les données transmises sont anonymisées mais des experts indiquent que les employées enceintes peuvent être identifiées

    Devant la polémique soulevée par ce dernier point, Ovia s’est défendue sur son site et sur Twitter, soulignant que sa conformité à l’exigeante norme HIPAA, qui régit la sécurité des données de santé, est reconnue par le Washington Post.

    La société déclare n’avoir jamais vendu ou partagé de données intimes, notamment celles relatives à des symptômes ou à la libido des utilisatrices.

    Elle rappelle que le partage n’est réalisé qu’a partir d’un certain nombre d’employées inscrites sur la plateforme et que les données transmises sont agrégées et anonymisées.

    Selon certains experts cependant, il serait possible d’identifier les employées enceintes par recoupement avec d’autres informations déjà en possession de l’entreprise.