International

  • Dépenses de soins : +2,1 % sur les 10 premiers mois de 2016

    2,1%: c’est le chiffre de la progression des remboursements de soins du régime général sur les dix premiers mois de l’année 2016, selon le communiqué mensuel de l’Assurance maladie du 21 novembre 2016. En rythme annuel, cette progression s’établit à 1,8%.

    L’analyse mensuelle publiée par l’Assurance maladie concerne les seuls remboursements de soins du régime général, ce dernier représentant 86% du total des régimes intégrés à l’Ondam, Ondam fixé à 1,75% pour 2016 (le projet de PLFSS 2017 prévoit de le remonter à 2,1%).

    Sur les 10 premiers mois de 2016:
    • Les dépenses de soins de ville progressent de 2,7% (2,5% en rythme annuel)
    • Les dépenses des établissements sanitaires grimpent de 1,4% (1,3% en rythme annuel)
    • Les dépenses des établissements médico-sociaux sont en hausse de 2% (1,8% en rythme annuel).

    Au sein des soins de ville, la progression des dépenses de produits de santé (médicaments et rétrocédés) est de 1,2% (0,8% en rythme annuel), celle des dépenses hors produits de santé est de 2,8% pour les soins de médecins et dentistes (2,7% en rythme annuel : +1,1% pour les généralistes et +3,3% pour les spécialistes), 3,8% pour les indemnités journalières (3,7%) et 4,4% pour les soins d’auxiliaires médicaux (4,3%).

  • Financement des biotech : « BPIfrance est solitaire sur ce marché » (Nicolas Dufourcq)

    « La BPI est seule pour financer le développement de la croissance des biotechnologies », tel est le constat exprimé par Nicolas Dufourcq, directeur général de BPIfrance, lors des Rencontres Internationales de Biotechnologies organisées par BPIfrance et le Leem le 2 novembre 2016 dans les locaux de BPIfrance à Paris.

    Nicolas Dufourcq a précisé que la biotech « reste peu incarnée en France ». Il souhaite que celle-ci soit davantage reconnue et a annoncé qu’une co-initiative prise avec le Leem pour « structurer une identité collective pour la biotech aussi forte que celle du digital » serait une priorité pour BPI France en 2017.

    A la question « Pourquoi la Biotech est-elle quasiment absente par rapport à la French Tech ? » Nicolas Dufourcq répond :

    • « En dix mois un énorme travail de communication a été fourni par BPIfrance auprès des concitoyens et à l’étranger, pour que la French Tech ne soit pas seulement assimilée au digital. » Selon le patron de la Bpi, « un travail de rebranding de l’écosystème est nécessaire. »
    • « Le secteur de la Biotech française profonde est différent de celui du digital qui lui, est générationnel, alors que la Biotech concerne plutôt les hôpitaux, avec leurs codes différents, plus mixtes que le digital. »

    Sur le diagnostic de la difficulté éprouvée par les start-up à passer d’un projet pilote à son industrialisation, Nicolas Dufourcq rétorque :

    •  » La BPI a été dotée d’un fonds large venture de 600 M€ pour répondre à ce besoin particulier, majoritairement investi en biotechnologies » mais il déplore le statut de « solitaire sur le marché » de la BPI.

    Il précise que :

    •  » Le programme du CGI, chargé de la mise en œuvre du programme d’investissements d’avenir, sera constitué d’un fonds d’investissement français d’1,1 Mds €, ce qui n’avait jamais été fait auparavant, qu’il existe beaucoup de fonds d’amorçage, de séries A et B, que les fonds de “growth” sont débutés mais qu’au niveau politique il serait souhaitable de voir apparaître des grandes équipes de gestion privées de biotech pour réaliser des fonds de croissance. »
    •  » En France, il devrait y avoir 4 à 5 fonds large venture or il n’en existe actuellement que la moitié, ce qui est donc insuffisant, qu’il faut faire des efforts pour convaincre, que lorsque le public investit, le privé suit. »
    •  » Il n’existe aujourd’hui en France qu’une centaine de professionnels maximum dans ce domaine et qu’il faudrait qu’au moins dix éprouvent l’envie de faire du growth (fonds d’investissement de croissance), qu’un écosystème de financement de la croissance doit se mettre en place. »

  • DMP : la Cnamts autorisée à créer un traitement de données à caractère personnel par décret

    Autoriser la création par la Cnamts d’un traitement de données à caractère personnel dénommé « dossier médical partagé », tel est l’objet du décret n° 2016-1545 du 16 novembre 2016 publié au JO le 18 novembre 2016.

    Ce traitement a pour finalité de favoriser la prévention, ainsi que la coordination, la qualité et la continuité des soins via :

    • le partage entre professionnels de santé de l’information sur un patient qu’ils prennent en charge;
    • le versement dans le dossier médical partagé par les professionnels de santé des éléments diagnostiques et thérapeutiques nécessaires à la coordination des soins de la personne prise en charge;
    • le versement dans le dossier médical partagé par les organismes d’assurance maladie des données nécessaires à la coordination des soins issues des procédures de remboursement ou de prise en charge qui sont détenues par l’organisme dont relève chaque bénéficiaire de l’assurance maladie sont versées dans le dossier médical partagé;
    • la possibilité offerte aux patients de créer eux-mêmes leur propre dossier médical partagé.

    La gestion du DMP qui doit être généralisé à l’ensemble des assurés sociaux en 2017 avait été transférée à la Cnamts qui a pour mission de « le déployer largement ». l’Asip Santé pilotait ce dossier depuis sa création prévue par la loi d’août 2004 et confirmée par la loi HPST du 21 juillet 2009 sous le nom de Dossier Médical Personnel.

    Le coût de la mise en oeuvre de la première version du DMP, de 2004 à 2011, a été estimé en 2015 par la Cour des comptes à 210 M€. Le site dmp.gouv.fr revendique l’existence de 580 000 DMP en 2016 (pour 66 millions d’assurés sociaux).

    Les catégories de données à caractère personnel concernées

    • L’identifiant du dossier médical partagé;
    • Pour tous les bénéficiaires de l’assurance maladie :
      • Les données de rattachement de l’assuré à un organisme d’assurance maladie obligatoire ;
      • Les données de contact de l’assuré, à savoir ses adresses postale et électronique et ses numéros de téléphone ;
    • Pour tous les titulaires d’un dossier médical partagé :
      • Les données énumérées à l’article R. 1111-30 du code de la santé publique ;
      • Les données de gestion relatives au dossier médical partagé, notamment sa date de création et le cas échéant de clôture ainsi que son mode de création ;
      • Les données relatives aux personnes autorisées à accéder aux données du dossier médical partagé ;
      • Les données de gestion du compte internet d’accès au dossier médical partagé du titulaire ;
    • Les données relatives aux traces des accès, contacts et notifications, notamment les traces des accès par les professionnels de santé autorisés ;
    • Les données nécessaires au pilotage du déploiement des dossiers médicaux partagés et au suivi de la mise en œuvre du dossier médical partagé.

    La Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés attribue à chaque dossier médical partagé l’identifiant que décret du 4 juillet 2016 définissait comme l’identifiant national de santé.

  • Présidentielles 2017 : la Mutualité Française lance son site participatif « PlacedelaSanté.fr »

    Un site participatif, PlacedelaSanté.fr, pour décrypter les programmes et interpeller les candidats de la Présidentielle 2017, c’est ce que lancera Thierry Beaudet, président de la Mutualité Française, le 1er décembre 2016 au NUMA, en présence des think tanks partenaires : Fondapol, la Fondation Jean-Jaurès et Terra Nova.

    « Alors que la santé et la protection sociale sont au cœur des préoccupations des Français, ces thèmes sont peu ou pas présents dans les débats présidentiels », affirme la Mutualité Française qui lance PlacedelaSanté.fr afin de « remettre ces enjeux au centre des débats ». Ouvert à tous, le site proposera aux internautes de contribuer en commentant les contenus, en postant leurs tribunes ou en interpellant les candidats.

    Lors de cet événement de lancement, Thierry Beaudet livrera les premiers éléments chiffrés de décryptage des programmes des candidats déclarés. Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, et Dominique Reynié, directeur général de Fondapol, expliqueront leur démarche et leur rôle sur le site participatif.

  • Grand prix de l’innovation de la ville de Paris 2016

    La cérémonie de remise des prix du grand prix de l’innovation de la ville de Paris se déroulera le 14 décembre 2016 à la Cité de la Mode et du Design.

    Les Grands Prix de l’Innovation de la Ville de Paris ont pour vocation de soutenir le développement d’entreprises innovantes franciliennes dans des secteurs en forte croissance, et de récompenser celles qui vont, par leur innovation, améliorer la vie de la cité et développer le tissu économique parisien. La Ville de Paris a confié à Paris&Co, l’organisation de ces Grands Prix.

    Les finalistes 2016 dans la catégorie santé

    International Innovation Awards

    Les International Innovation Awards est une compétition internationale organisée par Paris&Co, invitant les start-up du monde entier à présenter leur projet en lien avec l’innovation.

    L’édition 2016 porte sur la thématique de la « Living City ». Cet événement récompensera le 14 décembre 2016 10 start-up finalistes, qui seront invitées à pitcher à Paris devant un jury d’investissteurs, d’entrepreneurs renommés, de mentors et de grandes entreprises membres du Clup Open Innovation.

    Ces finalistes bénéficieront également d’un accompagnement d’un mois dans l’un des incubateurs de Paris&Co. Les trois lauréats gagneront respectivement un chèque de 12 000, 8 000 et 3 000€.

  • Qualité des soins et évaluation : de l’implication des patients à la co-construction (colloque HAS)

    Le colloque annuel de la Haute Autorité de Santé, le 16 novembre 2016, était consacré aux apports du point de vue des patients et des usagers dans l’amélioration de la qualité des soins et l’évaluation des technologies de santé.

    Les interventions d’experts internationaux ont mis en évidence un changement de paradigme progressif dans la prise en compte du point de vue des patients, avec un passage de la consultation des patients à la co-construction avec eux.

    Voici les principaux qui en ressortent.

    Qualité et sécurité des soins : du patient traceur au patient coach

    Patients traceurs et certification

    En France, l’intégration du point de vue des patients dans l’évaluation de la qualité des soins repose notamment sur la méthode du patient traceur. Celle-ci consiste à analyser a posteriori la prise en charge d’un patient à partir de son expérience et de celle de ses proches. La Haute Autorité de Santé a rendu systématique la méthode du patient traceur dans le cadre de la visite de certification des établissements de santé.

    Les patients leaders du NHS

    En Angleterre, des patients « leaders » sont impliqués dans la conception, la mise en œuvre et la gouvernance de la stratégie d’amélioration de la qualité des soins afin que l’expérience des soins par les patients soit prise en compte.

    Les patients partenaires en santé : le modèle de Montréal

    Le modèle de Montréal repose sur une co-construction avec les patients dans tous les domaines : santé publique, enseignement, recherche, qualité des soins, soins, politiques de santé.

    Concrètement, les patients sont partenaires dans trois domaines :

    • enseignement : 240 patients formateurs interviennent dans les cours dispensés aux étudiants en santé ;
    • soins : des patients ressources sont impliqués dans la gouvernance stratégique et tactique des établissements de santé du Québec ;
    • recherche : des patients co-chercheurs participent à l’écriture et à la conduite de projets de recherche.

    Évaluation des technologies de santé : intégrer les contributions des patients

    Un point de vue essentiel à l’évaluation

    Les intervenants au colloque ont souligné l’aspect essentiel du point de vue du patient dans l’évaluation des technologies de santé. Par exemple, un médicament qui doit être pris une fois toutes les 24 heures plutôt qu’une fois toutes les six heures n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu, mais améliore la qualité de vie des patients – et, potentiellement, leur observance du traitement.

    Différentes modalités de participation

    Les expériences présentées ont montré la diversité des méthodes permettant de prendre en compte le point de vue des patients dans l’évaluation : questionnaire à remplir en ligne, consultation publique, groupes de travail, entretiens individuels, etc.

    Ainsi, en France, la Haute Autorité de Santé met en place une expérimentation pour associer les patients concernés à l’évaluation des produits, via un questionnaire type accessible en ligne aux associations de patients.

    Des questions méthodologiques

    Les intervenants ont souligné les difficultés méthodologiques inhérentes aux différentes modalités de participation des patients, notamment en termes de représentativité des points de vue exprimés. Des travaux de recherche apparaissent encore nécessaires pour améliorer ce point.

  • « L’e-santé, un outil pour améliorer l’efficience du système de santé chinois » (Carine Milcent)

    « Si l’offre de soins en Chine se diversifie, la demande reste concentrée dans [les] établissements publics de haut niveau de qualité, ne résolvant pas l’engorgement de ces structures. Internet apparaît alors comme une solution à cette concentration de la demande », analyse Carine Milcent, chercheure spécialiste du système de santé chinois (CNRS-PSE).

    Dans une tribune accordée à Health & Tech Intelligence, l’experte revient en détail sur les évolutions majeures et l’état actuel du marché de la santé chinois, convaincue que les solutions pour tenter d’assainir le système et le rendre plus efficace passeront par l’e-santé, en particulier par la télémédecine et tous les services en train de se développer sur le web par le biais de sociétés privées.

    La Chine connaît une situation paradoxale où l’état de santé de la population d’aujourd’hui s’est profondément amélioré mais dans le même temps, le système de soins est officiellement décrit comme inefficace et le climat entre le personnel soignant et les patients est délétère.

    L’hôpital public chinois draine l’ensemble de la demande de soins entraînant des phénomènes d’engorgement et des files d’attente monstrueuse.

    Si les admissions hospitalières ont lieu à l’hôpital public, il en va de même pour les consultations médicales. Il s’agit d’une caractéristique très spécifique du système de santé expliquant en partie son inefficacité.

    Depuis les années 2000, le gouvernement a cherché à redéfinir les trajectoires des patients sans y parvenir. Différents instruments ont été testés à travers des mécanismes d’assurance publique de santé, ou encore de mise en place d’un marché des soins via des incitations à la création d’établissements privés ou la transformation d’établissements publics en établissements privés, ou encore la création de centres de santé communautaires pour les consultations médicales devant jouer le rôle de « porte d’entrée » à tout parcours de soins.

    Toutefois, ces tentatives aboutissent pour le moment à un résultat mitigé.

    Ces toutes dernières années, avec une accélération à partir de 2015, sont alors apparues d’autres formes de solutions basées sur l’utilisation d’internet et regroupées sous le terme de « e-santé ».

    Évolution de la demande de soins

    Ces dernières décennies, la demande de soins a évolué non seulement par un changement démographique mais également une diminution drastique de la pauvreté et une augmentation des inégalités : le système de santé chinois est donc passé de la gestion d’une population à faible revenu, à fort taux de mortalité et à forte natalité, réclamant en premier lieu la mise en place de soins de base, à une population relativement plus âgée et à faible taux de natalité et à un revenu plus conséquent exigeant des soins de plus en plus performants.

    Ainsi, l’espérance de vie s’est considérablement améliorée au cours du temps : de 67 ans pour les hommes et de 70 ans pour les femmes en 1990, elle atteint en 2010 72,5 ans pour les hommes et 76,8 ans pour les femmes (chiffres officiels). De même le taux de mortalité à 5 ans et la mortalité maternelle se sont nettement améliorés.

    Sur le plan économique, le PIB talonne celui des États-Unis : selon les chiffres du FMI, le PIB Chinois était légèrement supérieur à celui des États-Unis en 2014. Si le taux de croissance tend à ralentir (il était de 10,6 % en 2010), il est tout de même prévu d’atteindre 6,8 % pour l’année 2016 (source PBOC, 2017). Au global, le niveau de richesse générale de la population est en augmentation. Le PIB par tête était de 1 644 RMB (223 €) en 1990 pour atteindre 38 420 RMB (5 212 €) en 2012.

    De ce fait, depuis les réformes économiques, le niveau standard attendu de qualité des soins s’est fortement élevé réduisant de facto le nombre d’établissements pouvant y répondre aux établissements les plus performants, généralement en zone urbaine, et créant ainsi une pénurie de l’offre pour ces niveaux de qualité tandis que les établissements de santé de moindre qualité se sont retrouvés dans une situation d’excès d’offre sans parvenir à attirer la demande.

    Évolution de l’offre de soins : 3 phases

    • 1. Des années 50 jusqu’aux réformes économiques, l’espace sanitaire s’est constitué autour d’une offre de proximité. En fonction de l’état de gravité du patient, celui-ci était alors redirigé vers des structures plus équipées et ayant un personnel plus qualifié. Ces espaces sanitaires étaient d’autant plus importants en taille (nombre de lits) et en personnels médicaux que la densité de population y était importante. La population n’avait administrativement d’autre choix que de respecter cette structuration de l’espace sanitaire.
    • 2. À partir des années quatre-vingt, l’espace sanitaire a été désorganisé sous l’effet de plusieurs facteurs amenant à la disparition puis à la redéfinition de cette offre de proximité. Le coût des soins jusqu’alors quasiment gratuits, a suivi une courbe vertigineuse d’augmentation. La raison en est le désengagement financier de l’État et la possibilité pour les centres hospitaliers de générer des profits et d’en disposer à leur convenance.

      Parallèlement, le niveau de qualité s’est également amélioré. Le résultat a été une fragmentation de la population dans son accès aux soins en fonction de son niveau de revenus, de sa zone géographique d’habitation, et de son permis de résidence (hukou) : rural ou urbain. Ainsi, dans les zones rurales, les dispensaires publics où la médecine était pratiquée par des travailleurs agricoles à l’aide d’une rapide formation médicale (appelés les médecins aux pied-nus ou barefoot doctors) ont disparu pour laisser progressivement la place à des centres privés, dont les tarifs excluaient une partie de la population.

      De ce fait, une large partie de la population rurale s’est trouvée exclue d’un espace sanitaire financièrement accessible par la disparition des structures sanitaires publiques ; pour autant, cette population rurale restait également isolée géographiquement de l’espace sanitaire urbain par l’état des routes et des moyens de circulation insuffisamment développés. Dans les zones urbaines, la situation – tout en étant différente – a également conduit à l’exclusion de l’accès aux soins d’une partie de la population. Suivant le type d’entreprises employant le patient, les accessibilités de prise en charge des coûts des soins sont devenues très variables.

      Il est difficile de généraliser tant les cas diffèrent. Toutefois, de façon schématique, pour les travailleurs d’entreprises dont l’État central restait actionnaire, l’accessibilité à un espace sanitaire a été assurée même si elle s’est souvent réduite à un plus petit nombre de structures financièrement accessibles. Pour l’ensemble des entreprises anciennement publiques et privatisées, la situation a été différente : les salariés ont parfois vu quasiment disparaître leur espace sanitaire accessible financièrement.

    • 3. Avec une population migrante ou « commutante » (campagne-ville) de plus en plus importante, l’état des routes et les possibilités de transports se sont rapidement améliorés. Il s’agit de la troisième phase de l’évolution de cet espace.

      Les hôpitaux ont acquis des équipements performants. L’ensemble des structures médicales a grandement amélioré le niveau de qualité de l’offre de soins, cependant avec des inégalités fortes suivant la taille des établissements de santé et les zones géographiques. L’effet a été une plus forte incitation à aller dans des hôpitaux offrant un haut niveau de qualité des soins. Ceci entraînant alors des effets de concentration massifs sur quelques zones et un délaissement de l’offre de soins ailleurs. L’espace public sanitaire ne se définissant alors plus uniquement par l’accessibilité financière des populations mais également par les niveaux de qualité offerts par les structures sanitaires.

      On assiste aujourd’hui à des espaces publics sanitaires désertés dans certaines localités et en parallèle, des espaces publics sanitaires pris d’assaut par des milliers de patients prêts à attendre des heures voire des jours pour une consultation médicale.

    La relation patient-médecin

    Face à des établissements publics maximisant leur profit telle des entreprises à but commercial, les coûts des soins ont flambé. La relation patient-médecin s’est alors transformée en relation conflictuelle face à des coûts des soins exorbitants, des temps d’attente extrêmement longs, des temps de consultation de plus en plus courts et des pratiques de pot de vin de plus en plus généralisées. Cette dernière permet en effet de raccourcir les délais d’attente et de s’assurer une meilleure prise en charge médicale du patient.

    Différentes formes de violence se sont développées ces dernières années dans les hôpitaux en Chine. Il peut s’agir de formes inoffensives de revendication, comme l’exposition par ses proches du corps d’un défunt devant l’hôpital, jusqu’à des formes plus actives comme la destruction de locaux ou des altercations voire des actes de grande violence envers le personnel soignant ou encore faire appel à des gangs organisés. Les mots clés « hôpital – violence » sur les moteurs de recherche usuels renvoient à des centaines d’articles de journaux relatant des faits divers de médecins blessés ou tués par des patients.

    Les réformes

    Depuis quelques années, la nécessité d’un accès aux soins de base pour tous s’est imposée. Deux philosophies coexistent : un accès universel pour les soins de base grâce à un marché fortement régulé ; pour les autres types de soins, une mise en concurrence des soins grâce au développement du marché privé. Les premières séries de réformes furent annoncées par le conseil d’État de la République populaire de Chine et par le Comité central du parti communiste chinois en mars 2009. Elles se sont poursuivies avec le 12e plan quinquennal (2012-2016) et le 13e plan quinquennal (2016-2020) en donne les nouvelles orientations.

    De ce fait, le secteur sanitaire est en plein essor. D’une part, le nombre d’établissements médicaux et de santé ne cesse d’augmenter. Cette croissance de l’offre s’observe autant en ville que dans les campagnes, dans le secteur public comme dans le secteur privé. Elle présente toutefois de fortes hétérogénéités. D’autre part, ce secteur emploie un nombre croissant de personnes. Une vraie volonté politique d’étendre le tissu hospitalier et sanitaire est à l’origine de ces augmentations. L’évolution démographique de la société chinoise implique également une augmentation du nombre d’établissements de protection sociale.

    Toutefois, la mise en place de ce système de soins se heurte à la non-mobilité du personnel médical. Pour des raisons de statut (équivalent de fonctionnaires d’État avec un certain nombre de privilèges supplémentaires dont une protection sociale largement étendue par rapport au reste de la population, l’accès à faible coût à des écoles de qualité pour leurs enfants), le personnel médical correspondant au nouveau standard de la demande (« formé, qualifié et performant ») est uniquement présent dans les grands établissements publics de haut niveau de performance.

    Ainsi si l’offre se diversifie, la demande reste concentrée dans ces établissements publics de haut niveau de qualité, ne résolvant pas l’engorgement de ces structures. Internet apparaît alors comme une solution à cette concentration de la demande.

    L’e-santé comme outil du système de santé chinois

    Je distingue quatre axes : la télémédecine, en séparant les services entre praticiens de ceux à destination des patients, les médicaments et enfin les services supports.

    La télémédecine entre praticiens

    Il existe en Chine de fortes disparités régionales dans l’accès aux soins mais aussi l’accès aux soins de qualité marqués par la faiblesse ou l’absence d’hôpitaux publics d’excellence dans certaines zones. Pour parer à ces disparités physiques d’offre de soins, une offre virtuelle se développe rapidement.

    Depuis les premières circulaires sur la télémédecine, une flexibilité entourée d’un certain flou a été laissée à la commission de santé et de planning familial de chaque province (PHFPC).

    Cette situation, tout en conduisant à de grandes disparités de mise en place et de mode d’application de la télémédecine, a permis son développement rapide. Elle a rendu possible des interventions médicales très techniques dans des zones reculées de la Chine, sans l’apparition de nouveaux espaces publics sanitaires.

    Parmi les questions soulevées : ce type de pratiques est-il adapté à toutes les pathologies et à tous les degrés de sévérité ? Par ailleurs, peut-on s’attendre à la même prise en charge des patients suite à l’acte médical réalisé via la télémédecine ? Ce type de méthode remplacera-t-il la construction de structure hospitalière d’excellence ?

    La consultation médicale

    Un marché B2C (ou plutôt doctors to patients) se développe également à un rythme rapide. Pour ces consultations, les patients peuvent envoyer grâce à des applications sur leurs téléphones mobiles des résultats cliniques qu’ils ont obtenus précédemment : résultats de laboratoire médical, radiographie, conclusion de consultations précédentes.

    Les envois se font en fichiers attachés en ligne ou par email ou encore par une simple prise de photo via une application sur téléphone mobile. En 2014, plus de 72 millions de patients chinois utilisaient ce type de services en ligne. Le marché représentait près de 2,95 milliards de RMB (400 M€). Aujourd’hui, les estimations laissent penser que ses services rassembleraient 138 millions d’utilisateurs et un marché de 4,27 milliards de RMB (580 M€).

    Ces consultations représentent un gain de temps pour le patient ainsi qu’un coût minimum comparativement à ce qu’engendrerait un déplacement à l’hôpital. Par ailleurs, cela leur permet d’avoir accès à des médecins de niveau d’excellence, la consultance étant juridiquement dans une zone grise.

    Pour la tutelle, ce service virtuel permet un certain désengorgement des files d’attente pour consultation.

    Toutefois, ce type de services pose à nouveau la question de la qualité des soins offerts.

    La vente de médicaments en ligne

    La Chine est le second marché de vente de médicaments après les États-Unis. L’augmentation massive du coût des soins s’explique en partie par la vente de médicaments qui représente plus de 40 % du chiffre d’affaires des établissements publics de santé.

    Aujourd’hui, des acteurs privés tel que Alibaba ou Walmart proposent la vente de médicaments, hors ordonnance, en ligne. En mai 2014, le Ministère du Commerce a publié un draft plan programmant l’ouverture du marché en ligne aux médicaments sous prescription, mais la situation semble gelée depuis. La vente de ces produits sur internet soulève de grandes questions quant à la qualité offerte. D’après l’OMS, la moitié des médicaments vendue en ligne serait des contrefaçons.

    La gestion des files d’attente

    L’utilisation d’internet apparaît également comme un instrument d’aide pour une meilleure efficacité de l’offre hospitalière.

    Aujourd’hui, le patient doit se déplacer physiquement à l’hôpital, y prendre un ticket en arrivant (un marché noir des tickets enflamme leur valeur) afin d’être officiellement sur la liste d’attente des patients à traiter. Dans des localités comme Pékin, on s’enregistre désormais grâce à une application mobile sur son smartphone pour les établissements hospitaliers d’excellence.

    Le Online Booking System introduit en 2011 est en train de devenir obligatoire. Le patient doit rentrer ses informations personnelles en donnant son nom et son numéro d’identité équivalent à son numéro de sécurité sociale. Par SMS, il reçoit ensuite un code de rendez-vous. Ainsi, le patient obtient son ticket sans avoir à se déplacer physiquement à l’hôpital.

    Toutefois, si pour ces établissements de santé, les files d’attente n’existent plus physiquement, elles demeurent virtuellement. Le patient doit attendre d’être convoqué.

    Évolution future

    Un certain nombre d’autres services offerts par l’e-santé n’ont pas été évoqués ici tel que la construction de base de données sur l’historique des soins des patients, la constitution de base de données semblable au programme médicalisés de système d’information (PMSI) pour la mise en place d’autres modes de remboursements des établissements de santé ou encore la place des objets connectés dans le système de santé chinois.

    Toutefois, il apparaît clairement une imbrication entre l’e-santé et les autres formes de mesures mises en place jusqu’alors pour endiguer l’engorgement des établissements publics de santé chinois et permettre une meilleure efficience du système de soins.

  • Australie : le nouveau registre national de dépistage du cancer approuvé par le Parlement

    Le parlement australien a adopté fin octobre 2016 une loi instituant un nouveau registre national de dépistage du cancer (NCSR). Cette mesure va permettre le lancement d’un important programme visant à sauver davantage de vies grâce à une détection, un traitement et une prévention des cancers accrus.

    Ce programme sera établi et géré par la société de télécommunications Telstra, dans le cadre d’un contrat de 220 millions de dollars (196 M€) annoncé au printemps.

    Une alliance critiquée par l’opposition sur deux points:
    – elle a été annoncée avant la validation de la loi par le parlement;
    – elle sous-entend l’exploitation de données privées sensibles par une entreprise privée.

    Le gouvernement rassure les citoyens en déclarant que la protection des informations personnes est prise très au sérieux.

    Un registre national pour un dépistage des cancers plus rapide et plus efficace

    Le programme remplacera les huit registres de dépistage du cancer du col de l’utérus déjà existants dans différents territoires du pays et le système de dépistage du cancer de l’intestin actuellement en place. Le but étant de créer un registre national unique.

    • Le NCSR facilitera l’introduction, en mai 2017, du test permettant de détecter le papillomavirus (HPV) afin d’améliorer le dépistage du cancer du col de l’utérus, a déclaré la ministre de la Santé australienne, Sussan Ley.
    • Il rendra aussi possible l’expansion du programme national de dépistage du cancer du côlon pour tous les Australiens âgés de 50 à 74 ans, la population la plus susceptible d’être touchée par cette maladie.

    « Les cancers du col de l’utérus et de l’intestin sont largement évitables par le biais de dépistages réguliers, commente la ministre. Il était impératif que cette loi soit adoptée afin d’améliorer les taux de prévention et de survie pour certains des cancers les plus mortels. »

    Détection des cancers : l’Australie veut rester parmi les leaders

    « L’adoption [de ce projet de loi] permettra à l’Australie de rester l’un des leaders mondiaux dans le domaine de la détection, du traitement et de la prévention du cancer, a ajouté Mme Ley. Le gouvernement australien est déterminé à sauver des vies grâce à des processus de dépistage et à une coordination plus efficaces. Le nouveau registre national fait partie des éléments essentiels de ce processus d’évolution. »

    NCSR : la protection des données au cœur du débat

    Telstra à la tête du NCSR : un choix critiqué par l’opposition

    Telstra a été choisi par le gouvernement pour gérer le NCSR. La société de télécommunications assure qu’elle proposera une plateforme conforme aux exigences de l’État en termes de protection et de sécurité de la vie privée.

    La députée de l’opposition Julie Owens (Australian Labor Party) estime que le gouvernement perçoit ce nouveau registre comme un cobaye en donnant à Telstra des données de patients sensibles, comme les résultats de tests de dépistage et des détails relatifs à l’assurance-maladie. De telles informations n’avaient encore jamais été transmises à une entreprises, s’inquiète-t-elle.

    De son côté, Sussan Ley rassure en affirmant que la protection des données personnelles traitées au sein du registre sont d’une « importance primordiale » pour le gouvernement.

    Protection des données : le gouvernement devrait prochainement légiférer

    • L’Australian Labor Party (ALP) et la Nick Xénophon Team (centristes) ont déposé en deuxième lecture des amendements à la motion portant sur le projet de loi 2016 sur le Registre national de dépistage du cancer.

      Par ces amendements, les deux partis demandent à l’auditeur général de contrôler le processus d’attribution du contrat et reprochent au gouvernement d’avoir permis à Telstra d’accéder à des données sanitaires sensibles avant même que le parlement n’ait légiféré sur la mesure.

    • Par ailleurs, le Sénat a demandé au gouvernement de mettre au point une loi d’ici la fin des audiences de 2016 pour mettre en place un système de notification obligatoire visant à minimiser le risque de violation des données.

    Le gouvernement a déjà publié fin 2015 une ébauche d’un projet de loi visant à établir un cadre juridique conforme aux recommandations émises à la suite de l’enquête parlementaire réalisée il y a peu sur le système de conservation des données.

    Le texte contraindrait entre autres les entreprises à signaler toute « grave violation des données » à l’Australian Information Commissioner (le commissaire australien à l’information) et à prévenir les personnes dont les données auraient été touchées par la violation en question.

    En août, le ministère du Premier ministre et du Cabinet a publié une liste de projets de loi proposés au Parlement, comprenant notamment le projet de loi sur la protection des informations personnelles (infractions à déclaration obligatoire), avec une note précisant l’intention du gouvernement de demander l’adoption de ce dernier lors des séances de printemps du Parlement.

    Le débat n’est pas encore clos.

  • Journée mondiale diabète 2016 : un test de dépistage en 30 secondes

    L’importance du dépistage dans la prise en charge et la prévention de complications graves, c’est le thème de la Journée mondiale du diabète, organisée le 14 novembre 2016 par la Fédération Internationale du Diabète (FID) et soutenue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

    • En France, le diabète est la maladie chronique la plus répandue: 3,5 millions de personnes, environ 5,3% de la population, en souffrent, et le nombre de diabétique augmenterait de 3% chaque année. 34 000 personnes par an meurent en France de complications dues au diabète.

    • L’enjeu financier de la prise en charge du diabète est par ailleurs majeur: en 2014, le coût du diabète pour l’Assurance maladie s’est élevé à 10 Mds€, dont 2,3 Mds€ pour les dépenses directement imputables et 7,7 Mds€ pour les complications (amputation du pied, cécité…), selon le rapport « charges-produits 2017 » de l’Assurance-maladie (Cnamts) rendu public le 24 août 2016.

    Une campagne de dépistage dans le monde et en France

    A l’occasion de la journée mondiale, la Fédération internationale du diabète espère qu’un million de personnes se fera dépister via son test accessible en ligne. Une campagne de dépistage planétaire intitulée « Test2Prevent », un jeu de mot signifiant « Tester pour prévenir » est organisée dans le cadre de cette journée.

    Un test en 30 secondes

    Accessible sur le site de la Fédération internationale du diabète, ou sur celui de la Fédération française des diabétiques, ce test permet d’évaluer ses prédispositions au diabète de type 2.

    • Age
    • Mode de vie
    • Alimentation
    • Antécédents familiaux
    • Prescription de médicaments,

    sont demandés dans un questionnaires et en 30 secondes ce test permet de dresser un profil et d’apporter des informations sur cette maladie de plus en plus fréquente.

    A la fin du test, il est possible de recevoir:

    • Ses résultats par mail
    • Un commentaire
    • Des recettes de cuisine pour manger équilibré.

    L’Agence Santé Publique France dans son dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) rappelle que les femmes diabétiques sont 51 % plus à risque de décès que leurs paires en bonne santé, tandis que les hommes sont 34 % plus exposés à la mortalité.

  • Journée mondiale du diabète 2016 : des patients pionniers de la santé connectée

    La Journée mondiale du diabète est organisée le 14 novembre 2016. Une maladie dont la prise en charge et le traitement impliquent une participation du patient qui repose sur l’innovation et la santé connectée.

    Les diabétiques sont plus connectés que les patients atteints d’autres malades chroniques: selon une enquête menée par le Lab e-santé en juin 2015, 80 % des diabétiques sont équipés en smartphones et en tablettes et parmi ces 80 %, la moitié ont déjà téléchargé une application mobile de santé et estiment qu’elles leur sont indispensables pour gérer leur pathologie.

    Si l’utilisation des objets connectés reste plus limitée – seulement 2 diabétiques sur 10 sont équipés d’un objet connecté de santé –, le glucomètre connecté se trouve être l’objet connecté le plus plébiscité par les patients atteints de diabète. Il représente en effet près de 30 % des achats mais aussi 64 % d’intention d’équipement auprès des sondés qui n’ont pas encore sauté le pas.

    Les associations de patients sont fortement mobilisées sur le sujet du remboursement des dispositifs médicaux.

    La liste des associations membres de la Fédération française des diabétiques est disponible sur le site internet de la fédération.