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  • Interopérabilité : l’Asip Santé lance un outil d’auto-évaluation pour l’urbanisation des SI de santé

    L’interopérabilité des systèmes d’information de santé (SIS) « est inscrite au cœur même des missions » de l’ASIP Santé – future Agence du numérique en santé (ANS) -, car elle est « indispensable pour améliorer la prise en charge des patients grâce à l’échange et au partage de données de santé ». C’est ce qu’affirme l’agence, intervenue le 21 novembre 2019 à l’occasion de sa Journée nationale des industriels. Alors que la convention constitutive est en cours d’étude, Annie Prévôt, la directrice générale de l’Asip, a assuré lors d’un échange avec la presse que l’interopérabilité allait « rester une des missions cœur de métier » de la future ANS. 

    L’agence déploie actuellement les 4 actions suivantes en faveur de l’interopérabilité des SI en santé :

    • proposer aux industriels un espace de tests d’interopérabilité des SI de santé, avec des « projectathons » (sessions de tests « marathon ») organisés depuis avril 2019, comme celui du 21 novembre sur le volet médical de synthèse (VSM) ;
    • converger vers la cible d’urbanisation des SI via un outil d’auto-évaluation, qui sera disponible en ligne en décembre 2019, après des expérimentations en cours dans 3 régions : Occitanie, Île-de-France et Grand Est ;
    • développer le Centre de gestion des terminologies de santé (CGTS), « guichet unique de publication » pour les 32 terminologies et 700 000 termes recensés dans le catalogue de l’agence (échéance : 1er semestre 2020) ;
    • renforcer la gouvernance de l’interopérabilité des SI de santé en impliquant les maîtrises d’ouvrage et les professionnels de santé dans « le déploiement des standards d’interopérabilité sur le terrain ».

    En vue de sa transformation prévue « au 1er janvier 2020 », l’agence – qui compte quelque 140 salariés – prévoit de mettre à profit ses 15 millions d’euros de budget supplémentaires pour recruter 46 personnes de plus d’ici à « fin 2020 ». Il s’agira de « réinternaliser » plusieurs missions jusqu’ici confiées à des prestataires, notamment dans le domaine de l’interopérabilité.

    Agenda 2019/2020 des 4 actions

    Tests d’interopérabilité :

    • L’Asip Santé annonce pour l’an prochain la poursuite des projectathons, notamment sur le volet « information de liaison » courant avril 2020 ;
    • elle prévoit d’ouvrir un espace de tests d’interopérabilité des SIS qui serait disponible sur son site et accessible en permanence aux industriels à partir de juillet 2020 ;
    • publication en ligne des résultats des tests des industriels avant fin 2020 ;
    • les tests d’interopérabilité seront complétés par des tests en région pilote, selon des cas d’usages choisis avec la Délégation ministérielle du numérique en santé (DNS) et les ARS/Grades, dans le cadre des comités ARS et comités territoires.

    Urbanisation des SI :

    • L’outil d’auto-évaluation pour la convergence, actuellement en test, sera disponible sur le site de l’agence en décembre 2019, avec la publication en ligne des résultats ;
    • proposé dans un premier temps dans un périmètre restreint aux plateformes régionales, il devrait s’élargir aux industriels à partir de fin mai 2020.

    Développement du Centre de gestion des terminologies de santé (CGTS) :

    • publication d’une étude sur la terminologie clinique Snomed CT en avril 2020 ;
    • l’Asip prévoit d’organiser durant le premier semestre 2020 des actions de formation des industriels et des professionnels de santé aux formats du web-sémantique utilisés pour la publication des terminologies de santé ;
    • l’agence prévoit d’outiller le CGTS avec un SMT (Serveur Multi-Terminologique) en juillet 2020.

    Gouvernance

    L’Asip Santé annonce l’extension de la gouvernance du CI-SIS, qui fixe les règles d’une informatique de santé communicante, à la gouvernance de l’interopérabilité des SIS en France.

    Il s’agit selon elle d’aligner les activités de production de spécifications d’interopérabilité avec les terminologies publiées par le CGTS et les services de validation mis à la disposition des industriels sur l’espace de tests des SIS en février 2020.

    L’agence annonce la mise en place de processus transparents de délégation de la production de standards d’interopérabilité à des industriels et des maîtrises d’ouvrage régionales, par exemple en février 2020.

  • Conférence sur les freins et leviers du déploiement de l’innovation en santé : le 04/12/2019, Paris

    Présenter les freins et les leviers du déploiement de l’innovation en santé, et partager les points de vue des acteurs sur le sujet : c’est l’objectif de la conférence « Comment mettre en musique les innovations en santé ? », organisée à Paris le 4 décembre 2019 à partir de 17 heures par l’association Alliance Voltaire, dont l’une des missions est d’accompagner les projets d’innovations dans le domaine de la santé, avec le Pôle Santé de l’université Paris Dauphine-PSL et Dauphine Executive Education (offre « formation continue » de l’université).

    Au cours de la soirée interviendront des universitaires, des professionnels de santé, des industriels et des représentants de patients.

    « Le système de santé subit de profondes mutations et doit faire face à de nombreux enjeux liés aux évolutions des besoins. Pour y répondre, l’organisation, la qualité et la pertinence des soins doivent être repensées, contextualise Alliance Voltaire. Les nouvelles technologies et la recherche d’efficience des soins ont permis l’émergence de nouveaux acteurs, générant ainsi des problématiques tout au long du parcours du patient. »

    Les inscriptions à l’événement, gratuites, doivent être réalisées sur le site Weezevent.com, accessible via ce lien.

    Programme

    17h : mots d’accueil

    • Béatrice Fermon, responsable de l’Executive MBA Santé Dauphine ;
    • Christian Anastasy, président, Alliance Voltaire

    17h15 : Comment le chef d’orchestre conçoit-il une interprétation innovante respectueuse des musiciens et de la partition ?

    17h40 : table ronde « Pourquoi l’innovation doit passer d’un fait ponctuel à son institutionnalisation ? »

    Avec :

    • Corinne Blachier Poisson, directeur général, Amgen France ;
    • Hélène Cart-Grandjean, directrice recherche AP-HP, Centre-Université de Paris ;
    • Michel Cremadez, membre fondateur, Institut français de l’expérience patient ;
    • Renaud Michel, directeur général, Office d’hygiène sociale (OHS) de Lorraine ;
    • Floréal Peix, directeur « méthodes études et qualité », Groupe Elior ;
    • André Rossinot, médecin, ancien ministre.

    18h15 : les défis du management de l’innovation et de son déploiement à grande échelle

    19h30 : cocktail dinatoire

  • HDW19 – H&TI Webinar : les challenges IA en santé (visionner l’échange)

    Faire un état des lieux des challenges IA en santé et présenter les modes d’emploi à suivre pour mieux intégrer l’intelligence artificielle dans le secteur. Tel était l’objectif du webinar organisé par Health & Tech Intelligence le 19 novembre 2019 dans le cadre de la Health Data Week, une semaine d’événements dédiés aux données de santé (18-22 novembre 2019). La session était animée par le Dr Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight. Hugo Mania, chargé de mission cloud & datacenter au ministère de l’Économie et des Finances, était l’invité spécial de cette session. 

    Les intervenants ont abordé la stratégie économique française fondée sur la diffusion de l’IA dans les entreprises mais également au sein des enceintes européennes et internationales. L’idée était de donner des éléments de réponses pour savoir comment faire émerger et structurer une offre française, et comment la rendre accessible pour ainsi développer sur le long terme une économie française et européenne de la donnée.

    La conférence a été l’occasion de présenter plus en détail le fonctionnement du dispositif « Challenges IA », dont l’objectif est de favoriser des démarches d’open innovation entre les entreprises ou les entités publiques confrontées à des enjeux numériques et les start-ups ou PME, qui proposeront des solutions innovantes.

    La vidéo de cet échange, disponible en ligne ici et visionnable ci-dessous, permet d’en savoir plus sur la manière de participer à ces challenges.

    Visionner le webinar : « les challenges IA en santé acteurs de santé – start-ups/PME : une opportunité d’open innovation« 

  • Un Observatoire territorial pour mesurer la contribution de la radiologie à la M4P+ (Snitem et SFR)

    « Mettre en lumière, au niveau du territoire, le rôle contributif de la radiologie aux parcours de prise en charge » et à la médecine 4P+ (prédictive, préventive, personnalisée, participative, populationnelle), entre autres à travers les innovations déployées au sein du secteur et notamment le développement de l’usage de l’intelligence artificielle (IA). Tel est l’objectif de l’Observatoire territorial de la radiologie créé par le Snitem Imagerie et la Société française de radiologie Innovation (SFR innovation), qui se sont engagés à l’occasion des JFR de printemps (juin 2019, Nîmes) dans un partenariat visant au développement de cette « structure virtuelle ».

    « La radiologie apporte une contribution indiscutée à la médecine 4P+ mais elle était jusqu’alors difficilement mesurable, contextualisent les 2 partenaires dans un communiqué publié le 19 novembre 2019, annonçant la création de l’observatoire. L’accès aux données du territoire et leur analyse sont essentielles à la radiologie si l’on souhaite qu’elle soit en capacité d’évaluer avec justesse, de simuler avec précision et de piloter avec pertinence ses contributions. »

    Dans le but de permettre aux radiologues de « rendre tangibles » leurs apports à la médecine 4P+, l’observatoire vise « à colliger, à classer, à qualifier et à mettre à disposition » informations et recommandations dans le domaine de la radiologie au sein d’un territoire.

    3 projets pilotes ont été identifiés entre industriels et professionnels de la radiologie, dont 1 (Canon Medical – CHU de Dijon) portant spécifiquement sur le rôle de l’innovation, et notamment de l’IA, en radiologie. Les autres projets allient respectivement GE Healthcare et le CH de Valenciennes (mesures de l’efficacité de la radiologie de territoire) ainsi que Siemens et le CH de Châlons-sur-Saône (focus sur la filière insuffisance cardiaque).

    À noter : le Snitem Imagerie et la SFR Innovation prévoient de présenter l’avancée de leurs travaux menés conjointement à l’occasion des prochaines JFR de printemps, qui se tiendront à Nîmes les 4 et 5 juin 2020.

    Objectifs principaux de l’Observatoire territorial de la radiologie :

    • illustrer la contribution de la radiologie à une démarche de qualité et de pertinence des soins, de sécurité des prises en charge et d’efficience ;
    • favoriser une « structuration territoriale robuste » de l’offre au regard des besoins, appuyée par un « solide corpus d’indicateurs clés de performance définis de concert avec les professionnels concernés ».

    Les 3 projets pilotes

    • Canon Medical – CHU de Dijon :

      • rôle de l’innovation en radiologie (intelligence artificielle, type de scanner…) dans la qualité de la prise en charge des urgences du point de vue diagnostic et économique ;
    • GE Healthcare – CH Valenciennes :

      • mesures plurifactorielles de l’efficacité de la radiologie de territoire (attractivité des établissements, délais d’accès à l’IRM sur 2 pathologies marqueuses, mise en œuvre des plans de soins post-imagerie, qualité du diagnostic avec ou sans IA en mammographie) ;
    • Siemens – CH Châlons-sur-Saône :

      • évaluation de la pertinence des demandes d’imagerie pour la filière insuffisance cardiaque.
  • HDW19 : Recherche, IA et santé – focus sur les 3IA Pr[AI]rie à Paris, Côte-d’Azur et MIAI Grenoble

    Un jumeau numérique pour anticiper le diagnostic ; analyse des données et médecine de précision ; intelligence artificielle (IA) et recherche translationnelle. Tels sont les thématiques centrales des projets respectivement portés par les instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle (3IA) Pr[AI]rie (Paris), Côte-d’Azur et MIAI Grenoble, présentés dans le cadre du colloque « Données de santé et intelligence collective », organisé le 18 novembre 2019 par le ministère des Solidarités et de la Santé en ouverture de la Health Data Week, une semaine d’événements centrés sur les données de santé.

    Health & Tech Intelligence revient en détail sur les 3 instituts, chacun portant un projet spécifique axé sur la recherche et l’IA appliquées au domaine de la santé :
    • 3IA Pr[AI]rie (Paris) : un jumeau numérique pour anticiper le diagnostic ;
    • 3IA Côte d’Azur (oncologie) : utiliser les données pour améliorer la santé grâce à la médecine de précision ;
    • 3IA MIAI Grenoble : la recherche translationnelle au cœur du projet.

    Pour rappel, les 3IA ont été lancés en avril 2019 par le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dans le cadre de la stratégie nationale de recherche en IA présentée en 2018.

    3IA Pr[AI]rie (Paris) : un jumeau numérique pour anticiper le diagnostic

    • Présenté par Stéphanie Allassonière, Chaire 3IA PRAIRIE Paris, professeure de mathématiques à l’université Paris Descartes, professeure associée à l’École polytechnique.

    L’Institut Pr[AI]rie : informations clés

    • 5 partenaires académiques : CNRS, Inria Paris (coordinateur), Institut Pasteur, université Paris Sciences & Lettres (PSL) et université de Paris ;
    • 17 industriels mécènes de la recherche et aussi des start-ups ;
    • engagements de collaboration bilatérales avec des laboratoires internationaux (NUS, NYU, etc.) : échange d’étudiants et de chercheurs ;
    • soutien de l’AP-HP, de l’Inserm et d’instituts comme Imagine, l’ICM et Parcc ;
    • lien avec le Health Data Hub.

    La santé dans l’institut 

    • thématiques diverses :

    Focus sur le programme de jumeau numérique

    3IA Côte d’Azur (oncologie) : utiliser les données pour améliorer la santé grâce à la médecine de précision

    • Présenté par Olivier Humbert, Chaire 3IA Côte-d’Azur – MCU-PH médecine nucléaire et biophysique, université de Côte d’Azur.

    3IA Côte d’Azur : 4 axes scientifiques

    • 1. L’IA fondamentale ;
    • 2. la médecine numérique ;
    • 3. la biologie computationnelle et l’IA bio-inspirée ;
    • 4. les territoires intelligents et sécurisés.

    67 entreprises sont partenaires de l’institut. Il y a une forte thématique « santé » dans le cadre de l’axe 2 et 3 (médecin numérique).

    La médecine de précision en oncologie :

    Exemple avec le cancer du sein :

    Projet 1 : cancer broncho-pulmonaire traité par immunothérapie

    Projet 2 : cancer du sein traité par chimiothérapie néoadjuvante

    3IA MIAI Grenoble : la recherche translationnelle au cœur du projet

    • Présenté par Alexandre Moreau-Gaudry, Chaire 3IA MIAI Grenoble, PU-PH biostatistique, informatique médicale et technologies de communication, université de Grenoble Alpes.

    3IA MIAI : 1 axe « santé »

    Un focus sur la deep care : une volonté de faire de la recherche translationnelle

    Une vision « intégrée » de la santé

    Des données en vie réelle pour améliorer l’engagement des patients dans leur santé

    • Exemples de projets :
    • Focus sur le projet sur les données des bases de la MSA :

  • Inauguration du 1er accélérateur PharmaTech en Europe : le 9 décembre 2019 à Paris

    Digital Pharma Lab lance PharmaTech, présenté comme « le premier accélérateur PharmaTech en Europe ». Il sera inauguré, avec le soutien de Bpifrance et EIT Health, le lundi 9 décembre à Paris, dans le cadre de la conférence « Révolution PharmaTech », qui marquera le démarrage de la première promotion du programme d’accélération.

    L’objectif de cette matinée est triple :
    • découvrir les solutions innovantes pitchées par les start-ups PharmaTech sélectionnées pour la première saison : « Comment les nouvelles technologies vont-t-elles impacter la recherche, les essais cliniques, les données de santé, la chaîne de distribution… et soigner ? » ;
    • comprendre les enjeux des industriels face à l’innovation et à la montée des thérapies digitales mais aussi avoir des retours d’expérience concrets sur des collaborations réussies entre des start-ups et des industriels ;
    • rencontrer les intervenants, les laboratoires pharmaceutiques, les sociétés de dispositifs médicaux et les start-ups PharmaTech qui vont collaborer sur des projets novateurs en santé : un moment de networking est prévu après la conférence.

    Le programme détaillé de l’événement sera dévoilé ultérieurement.

    Les inscriptions à la conférence, gratuites, doivent être réalisées sur le site Eventbrite.fr, accessible via ce lien.

    Parmi les intervenants :

    • Claude Bertrand, EVP R&D des laboratoires Servier ;
    • Martin Dubuc, président de Biogen ;
    • Thibaud Guymard, directeur de Biogen Healthcare Solutions ;
    • Magali Schembri, chief digital officer d’Otsuka ;
    • Isabelle Vitali, directrice innovation & business excellence de Sanofi ;
    • Marion Cassiau, directrice du programme Healthtech de Bpifrance ;
    • Anaïs Delicourt, business creation manager d’EIT Health ;
    • Bernard Kirsch, CIO de L’Oréal et président d’Angels Santé ;
    • Claude Evin, avocat et ancien ministre de la santé ;
    • Anne Osdoit, partner de Sofinnova ;
    • Maryne Cotty-Eslous, P.-D.G. de Lucine ;
    • Yohan Attal, P.-D.G. de myBrain Technologies ;
    • Yann Rateau de Meursac, P.-D.G. de Yuni.
  • Des sites santé britanniques partagent les données sensibles de leurs visiteurs avec les GAFAM

    Certains des sites de santé les plus populaires du Royaume-Uni partagent des données sensibles de leurs visiteurs (symptômes médicaux, diagnostics, noms de médicaments, informations sur leur cycle menstruel et leur fécondité) avec des dizaines d’entreprises dont Google, Amazon et Facebook.  C’est ce qu’affirme le Financial Times (FT) dans une enquête publiée le 13 novembre 2019.

    Le quotidien britannique a établi à l’aide d’outils open source que 79 des 100 sites du domaine de la santé les plus fréquentés du pays (dont WebMD, Healthline, Babycentre et Bupa) partageaient avec des tiers les informations obtenues à l’aide de cookies sur leurs visiteurs sans les en informer. Le FT affirme notamment que :
    • les noms de médicaments saisis sur Drugs.com ont été envoyés à la filiale publicitaire de Google, DoubleClick ;
    • les éléments saisis dans le vérificateur de symptômes de WebMD et les diagnostics reçus, notamment une overdose, ont été partagés avec Facebook ;
    • des informations sur les cycles menstruels et d’ovulation obtenues par BabyCentre sont parvenus à Amazon Marketing ;
    • des mots clés tels que « maladie cardiaque » et « envisager l’avortement » ont été partagés par les sites British Heart Foundation, Bupa et Healthline, avec des sociétés comme Scorecard Research et Blue Kai (propriété du groupe Oracle).

    Si les journalistes du Financial Times ont accepté les politiques de confidentialité proposées par les sites, aucun d’entre eux ne leur a demandé de façon « explicite et détaillée » de consentir au partage d’informations sensibles.

  • Estonie : le volontariat pour le partage des données permet la mise à disposition de solutions

    La bio-banque d’Estonie (Estonian Biobank), créée en 2000, est basée sur le volontariat de la population. Actuellement, elle rassemble des données sur la santé et la génétique d’environ 20 % de la population adulte estonienne, soit près de 200 000 personnes. L’Estonian Genome Center de l’université de Tartu (EGCUT), qui gère cette base, a utilisé les données disponibles de cette dernière dans le cadre de projets de recherche nationaux et de collaborations internationales.

    Le Pr Andres Metspalu, directeur de l’EGCUT, est revenu en détail sur cet outil lors du FD Health Day, organisé le 13 novembre 2019 à Paris par France Digitale. L’occasion pour Health & Tech Intelligence de faire le point sur ce modèle centré sur la collaboration étroite entre citoyens et professionnels de santé.

    En résumé, le fonctionnement de cette bio-banque repose sur :
    • un enrôlement de volontaires basé sur le volontariat et l’engagement des médecins ;
    • un cadre législatif : le Human Genes Research Act (HGRA), soit la loi relative à la recherche sur les gènes humains, permet à la bio-banque d’accéder au système de santé en ligne, aux registres nationaux et aux bases de données hospitalières afin de mettre à jour en continu les informations sur la santé de tous les participants ;
    • une vision internationale : partenariat avec le consortium européen BBMRI, qui a pour objectif de préparer une infrastructure paneuropéenne de recherche sur les bio-banques et les ressources biomoléculaires pour la recherche biomédicale et biologique en Europe et dans le monde ;
    • un retour éclairé assuré auprès des patients.

    Un enrôlement de volontaire basé sur le volontariat et l’engagement des médecins

    Les volontaires sont recrutés par des médecins généralistes et par des médecins hospitaliers formés. Après enregistrement de leur consentement (« gene donor consent form« ), leur profil est documenté (antécédents personnels et familiaux, facteurs de risques, habitudes de vie, métier, …) avec le médecin pendant une consultation de près de 2 heures à travers :

    • le remplissage d’un questionnaire CAPI (Computer Assisted Personnal Interview) ;
    • la prise d’un certain nombre de mesures (taille, poids, paramètres physiologiques…).

    Engagement : fournir des commentaires personnalisés aux participants

    Le programme national de médecine personnalisée estonien (2015-2018) prévoit que la génomique devienne partie intégrante du système de santé national. Les données générées à la bio-banque permettent de prédire le risque de maladie, d’identifier des facteurs de risque pouvant faire l’objet d’une action médicale et d’optimiser la prescription de médicaments et potentiellement retarder l’apparition de la maladie.

    La restitution des résultats génomiques individuels aux participants de la bio-banque a commencé en 2016. L’hypercholestérolémie familiale a été utilisée comme modèle au cours de cette première étape. D’autres axes sont explorés (cancer du sein et pharmaco-génomique). Il est prévu d’intégrer ces données au système médical dans les années à venir.

    Le système national intégrera donc les données des différents prestataires de soins estoniens avec leur profil génétique afin de créer un dossier de santé commun pour chaque patient.

    Une population informée et favorable :

    Un effort continu a été réalisé depuis la création de la bio-banque et de l’EGCUT pour communiquer largement sur les objectifs de cette démarche, en particulier à travers des conférences, des événements, des sessions de questions-réponses et des publications.

    Une enquête annuelle est réalisée pour évaluer la connaissance de l’EGCUT et l’opinion de la population estonienne sur le sujet. Selon le sondage réalisé à 2010 :

    • 85 % des Estoniens indiquent être au courant des activités de l’EGCUT ;
    • 59 % disaient par ailleurs fortement soutenir le projet : le nombre de personnes opposées a toujours été inférieur à 4 %.

    Exemples de retours faits aux patients :

    Un retour personnalisé est réalisé aux participants à la bio-banque :

    • type d’informations transmises :
    • exemples de rapports fournis aux participants :

    Un cadre législatif rapidement mis en place

    Le Human Genes Research Act (HGRA), soit la loi relative à la recherche sur les gènes humains, a été mis en place dès janvier 2001.

    Elle a pour objectif :

    • de réglementer la création et le maintien d’une banque de gènes ;
    • d’organiser les recherches génétiques nécessaires ;
    • de garantir le caractère volontaire du don de gènes et la confidentialité de l’identité des donneurs de gènes ;
    • de protéger les personnes.

    Cette loi et le consentement signé par tous les participants permettent à la bio-banque d’accéder au système de santé en ligne, aux registres nationaux et aux bases de données hospitalières afin de mettre à jour en permanence les informations sur la santé de tous les participants.

    La recherche : un engagement international

    L’EGCUT a utilisé les données disponibles dans la bio-banque estonienne pour des projets de recherche nationaux et dans le cadre de collaborations internationales.

    La bio-banque est partenaire du consortium européen BBMRI, qui a pour objectif de préparer une infrastructure paneuropéenne de recherche sur les bio-banques et les ressources biomoléculaires pour la recherche biomédicale et biologique en Europe et dans le monde.

  • Journée de mobilisation pour l’hôpital public : soignants et managers demandent une hausse de l’Ondam

    « Seuls une réponse à la hauteur des enjeux et un investissement important permettront de répondre au désarroi des médecins et des soignants », affirme le Cnom dans un communiqué publié ce 14 novembre 2019, à l’occasion de la journée de mobilisation organisée « pour l’hôpital public » à l’appel du collectif inter-hôpitaux. L’Ordre estime que « les difficultés que rencontre depuis longtemps l’hôpital public, et qui se cristallisent aujourd’hui », ne pourront être réglées sans « briser les frontières trop longtemps hermétiques entre l’hôpital et le monde libéral et entre les différents professionnels de santé ».

    70 directeurs médicaux des départements médico-universitaires de l’AP-HP alertent dans une tribune publiée dans Le Monde du 14 novembre sur des « difficultés croissantes » qui leur « font craindre un point de rupture irréversible ». « Nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins », déclarent ces professionnels, jugeant que le « système s’écroule ».

    Le collectif appelle à une « refonte complète du mode de financement et de la place de l’hôpital public dans notre système de santé » et demande en « urgence » :
    • de réviser à la hausse l’Ondam ;
    • de revaloriser le salaire des personnels paramédicaux, infirmiers en premier lieu, et des médecins ;
    • de faciliter l’accès aux logements à proximité des lieux d’exercice des agents et de créer pour eux des places en crèche.

    Le SMPS veut « (re)faire l’hôpital »

    Le Syndicat des managers publics de santé (SMPS) propose pour sa part dans une tribune intitulée «(Re)faire hôpital » : 

    • une « régionalisation de la gouvernance en santé » avec la mise en place d’un véritable Ordam (Objectif régional des dépenses d’assurance Maladie) ;
    • « un statut nouveau pour les hôpitaux » garantissant « une plus forte autonomie pour les dirigeants hospitaliers », avec « une convention collective de secteur » ;
    • une T2A « complétée par un financement au forfait par mission ou par objectif ».

    Le texte est signé par Jérémie Sécher, président du SMPS, Laurent Bertoletti, pneumologue au CHU de Saint-Etienne, et Philippe Denormandie, directeur des relations santé du groupe Nehs (et père du ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie).

    La FHF demande « un plan Macron pour l’hôpital public »

    « Les arbitrages budgétaires envisagés par les pouvoirs publics pour l’année 2020 mettent en péril l’hôpital », abonde la Fédération hospitalière de France (FHF) dans un communiqué daté du 14 novembre, soulignant que le plan Ma Santé 2022 ne pourra ni se faire « dans la pénurie », ni « se résumer à des actions de communication ».

    La Fédération demande « un plan Macron pour l’hôpital public » et plus précisément :

    • « une hausse significative de l’enveloppe financière allouée en 2020 » ;
    • « un choc d’attractivité pour les personnels » car « les écarts de rémunérations et de contraintes des professionnels, entre le privé lucratif et le public, ne sont plus tenables », insiste-t-elle ;
    • Une relance de l’investissement « après des années de cure d’austérité » ; 
    • Des mesures concernant « la pertinence », car « 30 % des dépenses de l’Assurance maladie ne sont pas pertinentes [et] les réduire de 1% par an permettrait de dégager 2 milliards d’euros », à affecter « prioritairement [à]l’investissement ».

  • AMI ARS Île-de-France : « des solutions innovantes pour faire face au défi du grand âge » (31/01/2020)

    L’ARS Île-de-France et l’ensemble des conseils départementaux se mobilisent en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie afin de construire collectivement les réponses d’aujourd’hui et de demain, et lancent dans ce but un appel à manifestation d’intérêt (AMI) sur la thématique « des solutions innovantes pour faire face au défi du grand âge ». 

    Dans le cadre de cette démarche globale d’évolution de l’offre, il est demandé aux acteurs territoriaux intervenant dans le champ des personnes âgées en perte d’autonomie de s’engager pleinement dans cette démarche, en mobilisant leur expertise, celle des usagers et des aidants, en s’alliant avec les partenaires de leur territoire, et en faisant preuve de créativité afin de contribuer à l’évolution du système de santé, contextualisent les initiateurs de l’AMI. 

    L’ARS Île-de-France et les conseils départementaux mobilisent pour cet appel l’ensemble des crédits disponibles et mobilisables pour les personnes âgées. L’agence engagera pour le financement de ces solutions territoriales, coordonnées et innovantes, 22 millions d’euros de crédits pérennes supplémentaires dès 2020.

    Cet AMI s’adresse à l’ensemble des établissements et services médico-sociaux ainsi qu’aux unités de soins de longue durée mais aussi aux professionnels de santé libéraux s’associant à des acteurs du secteur médico-social ou sanitaire, et aux autres dispositifs accueillant ou accompagnant des personnes âgées en risque de perte d’autonomie. 

    Cet appel s’attachera également à favoriser l’innovation comme levier puissant de construction des parcours de santé, décloisonnant les secteurs et promouvant la coordination des acteurs.

    Les candidats ont jusqu’au 31 janvier 2020 pour déposer leur dossier de candidature :
    • sous forme dématérialisée à l’adresse suivante : ars-idf-aap-medicosocial-pa@ars.sante.fr ;
    • et par voie postale ou par porteur en 2 exemplaires sous format papier dans la délégation départementale ARS du territoire concerné (cf. tableau page 15 de l’AMI).
    La phase de sélection finale des projets est prévue en juin 2020.

    Les objectifs de l’appel à manifestation d’intérêt

    Afin de faire émerger des projets issus des territoires, et dans une démarche participative avec les usagers et les aidants, les projets devront prendre en compte :

    • les souhaits des personnes âgées de rester vivre chez elles aussi longtemps que souhaité et souhaitable ;
    • le besoin de disposer d’une palette diversifiée d’offres pour répondre de façon adaptée à chaque situation individuelle ;
    • la place des aidants familiaux dans le quotidien des personnes âgées ;
    • le défi démographique à venir, en accordant notamment une place plus importante aux services proposés à domicile ;
    • la nécessité de mieux articuler/coordonner les offres entre elles, sans rupture pour les usagers et leurs familles ;
    • les contraintes liées à la démographie des professionnels de santé, en pensant dès à présent les mutualisations/coopérations possibles, dans un souci d’améliorer également l’attractivité du secteur pour les professionnels.

    L’ARS Île-de-France souhaite accompagner la mise en place d’organisations innovantes, adossées ou non à des technologies notamment de e-santé, favorisant la préservation de l’autonomie et le soutien sur le lieu de vie des personnes âgées.

    Les actions innovantes identifiées

    L’ARS Île-de-France et les conseils départementaux de la région ont identifié un certain nombre d’actions innovantes et non exclusives, à partir des besoins exprimés sur leurs territoires et des expérimentations déjà en cours :

    • dispositif innovant de services renforcés à domicile ;
    • habitat inclusif pour personnes âgées ;
    • plateforme d’accueil temporaire pour faciliter la poursuite de la vie à domicile ;
    • différents modes d’accueil séquentiels ;
    • hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation ;
    • hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation ;
    • l’Ehpad territorial ;
    • plateforme ressource territoriale centrée sur des acteurs du domicile ;
    • télémédecine et innovations technologiques.

    Concernant spécifiquement la télémédecine, les acteurs du domicile (SSIAD, SPASAD, IDEL…) sont encouragés à avoir recours à une téléconsultation dans l’objectif de faciliter le parcours de soins de leurs patients et les Ehpad à développer leurs usages en télémédecine en lien avec les acteurs de la filière gériatrique mais également avec le monde libéral.

    Les projets présentés, en coopération avec les acteurs locaux et en articulation avec une organisation territoriale des soins, pourront bénéficier d’un financement pour des dépenses d’ingénierie de projet, de formation des professionnels et d’équipement informatique (en dehors des cas déjà couverts par l’avenant n°6 à la convention médicale).

    L’ensemble des projets proposés devront s’inscrire dans la stratégie régionale des systèmes d’informations en santé et l’intégration dès que possible avec l’outil Terr-eSante devra être recherchée.

    Critères de sélection des projets 

    Les projets devront être largement concertés avec l’ensemble des partenaires du territoire et démontrer une analyse des besoins et des prestations existants en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie afin de s’inscrire en complémentarité des dispositifs déjà en place.

    L’association des usagers à la constitution des projets est un facteur clef de réussite.

    Chaque solution nouvelle proposée sera analysée en tenant compte de :

    • la solidité et la qualité de la gouvernance de projet ;
    • l’expérience des candidats ;
    • la mobilisation partenariale (associations d’usagers, familles, professionnels des secteurs sanitaires, médico-social et social…) ;
    • le respect des priorités territoriales définies par l’ARS Île-de-France et les conseils départementaux ;
    • le potentiel en termes de mise en œuvre d’innovations ;
    • la capacité de l’opérateur à mettre en œuvre rapidement les solutions proposées ;
    • la capacité financière du candidat, du budget de fonctionnement proposé et de l’éventuel projet d’investissement ;
    • le modèle économique viable et reproductible des expérimentations proposées ;
    • la compatibilité avec la procédure d’autorisation et les dérogations potentielles.

    Projets prioritairement attendus par départements

    Modalités de candidature

    Le processus de sélection fera l’objet :

    • d’un dépôt de dossier de candidature (dossier complet + fiche de synthèse) avant la date limite du 31 janvier 2020 ;
    • d’une phase de pré-sélection conjointe ARS et conseil départemental compétent début avril 2020 ; 
    • de possibles échanges avec l’ARS Île-de-France et le conseil départemental compétent pour une co-construction du projet ;
    • d’une phase de sélection finale des projets en juin 2020.