Incubateurs

  • « Le Hacking Health Camp est un rassemblement d’intelligences surprenant » (C. Delarbre, ALE)

    Carole Delarbre, responsable marketing Santé d’Alcatel-Lucent Enterprise (ALE), a participé avec 22 collaborateurs de l’entreprise au Hacking Health Camp Strasbourg, du 23 au 25 mars 2018.

    Le but de l’événement est de soutenir les projets de la santé de demain.

    H&TI a interviewé Carole Delarbre : elle explique comment les solutions Cloud et sans-fil d’ALE ont permis aux projets en lice dans ce grand hackathon d’avancer et l’intérêt de participer à un tél événement.

    Par quel biais des salariés d’ALE se sont retrouvés à participer au Hacking Health Camp ?

    Le Hacking Health Camp est un événement qui se tient depuis huit ans et qui a permis de voir éclore de beaux projets comme MedPics de MedSpher’ ou KeyDiag, système d’information d’aide à la génération de compte-rendus de radiologie. C’est la troisième année qu’ALE s’y associe. En 2016, 6 employés ont pris part au développement des projets. C’était une première approche pour voir si cela correspondait à l’esprit d’open innovation que l’on développe dans l’entreprise. Nous voulions nous projeter dans un événement favorisant l’entrepreneurship et nous avons trouvé qu’un hackathon donnait une véritable impulsion et permet de faire se rencontrer des acteurs de santé, des industriels, des développeurs, et de leur mettre le pied à l’étrier. En 2017, ALE a envoyé 14 salariés et a participé au sponsoring de l’événement. Et cette année, 23 employés de l’entreprise s’y sont rendus et ALE était Gold Partner.

    Pourquoi spécifiquement un hackathon sur la santé ? Chez Alcatel-Lucent Enterprise, nous concentrons nos efforts sur cinq marchés verticaux : « Gouvernement », l’hôtellerie, les transports, l’éducation et la santé. Pour chacun de ces marchés, on dispose d’une équipe dédiée, avec des forces de vente et de marketing spécifiques, auxquels s’ajoutent un accompagnement technique et une personnalisation de nos solutions.

    Lors de cette édition, ALE a fourni des outils pour les participants ?

    En effet, c’était la grande nouveauté. Nous avons proposé aux organisateurs d’utiliser la plateforme de collaboration Alcatel-Lucent Rainbow comme outil de collaboration entre les participants. Via cette plateforme, chacun pouvait échanger des messages instantanés, lancer des communications téléphoniques ou vidéos, etc.

    La deuxième innovation, c’est que nous avons mis à disposition des développeurs l’API Rainbow et l’API OmniAccess Stellar LBS (Location-based services), qui leur permettaient, s’ils le souhaitaient d’intégrer du chatbot et des services de localisation dans leurs applications.

    Les API étaient disponibles sur la plateforme du Hacking Health Camp et des experts des API d’ALE ont coaché en amont, le 13 mars 2018, des volontaires qui avaient envie de connaître ces API.

    Et au-delà des API, nous avons « fourni » le savoir-faire de 23 personnes : des développeurs, un designer d’interface graphique, des chefs de projet, des chefs produits et du personnel des ventes et du marketing. Des profils variés car chacun apporte son ouverture d’esprit et son expérience.

    Comment cela se passe-t-il concrètement une fois que le chronomètre est lancé ?

    On travaille par équipe dans des salles autour de tables. Les coachs du hackathon viennent nous challenger. Il y a des business angels, des coachs juridiques, des coachs médecins, pharmaciens, sur lesquels les équipes peuvent s’appuyer. Les développeurs développent, le business plan est imaginé, etc. On se rend compte des obstacles éventuels et le projet est amené à « pivoter » plusieurs fois lors du week-end.

    Vous avez personnellement participé à cette aventure ? Qu’en avez-vous retiré ?

    C’est en effet la deuxième année que je participe à ce week-end intense de brainstorming. C’est une expérience enrichissante : je viens en tant que salariée qui peut partager ses compétences – marketing et communication pour ma part – mais l’enjeu est d’envergure pour les porteurs de projet : certains portent leur idée depuis des années, ont l’intention de monter une start-up, de changer de métier. Donc quand ils participent à ce marathon de 50 heures, c’est avec l’envie de gagner. Et, du coup, on a envie de s’investir autour de ces gens qui portent une idée forte.

    En pitchant leurs idées devant les 350 participants le vendredi soir, ils espèrent rassembler les meilleures ressources. Ça n’a pas été facile pour les salariés d’ALE de choisir parmi tous les beaux projets. Nous ressentions pour chacun d’entre eux un intérêt pour les patients et pour la santé du futur.

    56 projets ont été pitché et 26 projets ont passé le cap de la constitution d’équipes. J’ai hésité entre deux pitchs, pour finalement opter pour Survite, porté par les salariés de la mutuelle VyV, car le projet me touchait personnellement. Il s’agit d’une application pour alerter les sauveteurs secouristes du travail (SST) dans les entreprises. Il se trouve, de plus, que j’ai déjà travaillé il y a deux ans sur une telle application au sein de mon entreprise. Nous ne l’avions pas lancé mais nous étions allés jusqu’au stade du prototype.

    Pour le Hacking Health Camp, l’équipe de Survite m’a acceptée pour mes compétences marketing et j’ai pu aider sur le pitch, sur la monétisation et le business plan du projet. Nous étions une petite équipe de 5 personnes. 

    Survite a remporté le Prix Alcatel-Lucent Enterprise au hackathon.

    Oui. Le projet Survite a été choisi parce qu’il concerne toutes les entreprises et qu’ALE est fournisseur de solutions de connectivité pour les entreprises. Survite a, selon moi, de grandes qualités et potentialités : tout le monde est concerné par les accidents au travail. En cas de crise cardiaque par exemple, il faut pouvoir agir vite, donc en mobilisant les SST identifiés dans l’entreprise. L’application SurVite, qui doit être installée sur le smartphone des salariés, doit permettre de contacter le SST le plus proche.

    Dans son concept originel, Survite n’avait pas de service de localisation. La personne accidentée devait enregistrer sur son portable son message vocal et indiquer où elle se trouvait. Selon moi, il s’agissait d’un obstacle technique. Alcatel-Lucent Enterprise a des API de localisation qui permettent d’afficher un plan du bâtiment sur le smartphone et le Wayfinding de Stellar LBS d’afficher un parcours pour rejoindre le lieu de l’alerte. Mes conseils ont permis de faire pivoter le projet et d’intégrer ce LBS.

    ALE a également présenté des projets. Ont-ils abouti ?

    Sur les 4 projets présentés, un seul a réussi à constituer une équipe. Il s’agit de Win Win Consult, un projet de salle d’attente virtuelle, qui est d’ailleurs reparti avec le prix Mylan. 

    Que remportent les gagnants ?

    Les projets primés gagnent des accompagnements de la part d’incubateurs de start-ups ou d’industriels. Ceux qui ne gagnent pas ne doivent en aucun cas se décourager. La plupart vont tenter d’autres hackathons. Dans tous les cas, la participation est enrichissante car elle permet de mettre à plat son projet. L’implication de l’intelligence collective, qui se consacre à 100% à ce projet pendant un weekend, permet forcement de progresser, d’autant que comme cela se déroulait dans les hôpitaux de Strasbourg, il était possible de poser directement des questions aux médecins voire aux patients. Cela fait même gagner beaucoup de temps puisque le hackathon permet  de creuser son business canvas. Et puis d’être confronté à la vision des autres sur un projet sur lequel on travaille parfois seul permet de le confronter aux besoins du marché. 

    Quel est le bilan de cet événement pour ALE ?

    Quand on est sponsor, qu’on envoie 23 personnes de l’entreprise à Strasbourg, cela représente un investissement et donc l’objectif est aussi de valoriser nos technologies et d’obtenir de la visibilité. En mettant des ressources à disposition, nos API et nos experts techniques (4 coachs techniques sur nos solutions sur place), nous espérons que nos solutions seront intégrées dans les applications en santé de demain.

    Il se trouve que parmi les 13 lauréats, il y a 3 projets dans lesquels nos technologies sont impliquées.

    Nous sommes déjà motivés pour participer au prochain Hacking Health Camp de Strasbourg ! Et forts de cette expérience, nous réfléchissons à organiser nous-mêmes des hackathons, centrés sur nos produits. On se dit qu’on a la légitimité car nos produits ont de la valeur pour les développeurs en santé mais aussi dans d’autres domaines. 

    Enfin, en ce qui concerne Survite (portée par des salariés du groupe VyV qui avaient eux-mêmes concouru en interne à un challenge d’innovations), des contacts ont été pris entre les deux directions, ALE et VyV. A suivre.

  • Premiers mois de mise en oeuvre de l’application de La Poste e-santé

    Interrogé en mars 2018 par Helène Charrondière, directrice du pôle pharmacie-santé de Les Echos Etudes, David de Amorim, directeur de l’innovation de la filiale Docapost du Groupe La Poste, revient sur le lancement et les finalités de l’application de La Poste e-santé.

    Finalités de l’application La Poste e-santé et modalités de partage de données via Docapost

    Annoncée à l’occasion du Consumer Electronic Show de Las Vegas (janvier 2018), l’application La Poste e-santé « met à disposition (des usagers) un véritable carnet de santé électronique, qui permet d’archiver ses données de santé et d’en assurer la traçabilité, en identifiant leur source et leur mode de collecter, à partir principalement d’objets et de dispositifs médicaux connectés », d’après David de Amorim.

    L’application est d’ores et déjà disponible sur smartphone et tablettes. Les données de santé sont agrégées au sein d’un espace personnel, hébergé sur la plate-forme développée par Docapost. Le partage des informations se fait avec l’accord de patients via l’Espace Numérique Santé (ESN). Les données sont enrichies de questionnaires individuels renseignés en ligne par les patients. Ce portail offre aux professionnels de santé les fonctionnalités suivantes : 

    • suivre leurs patients à distance ; 
    • dialoguer avec eux via une messagerie sécurisée ; 
    • bénéficier de services de téléconsultation ou de télé-expertise ;
    • recevoir des données issues de sources diverses : analyses médicales, etc.

    Création d’une plateforme d’évaluation des objets médicaux connectés avec l’AP-HP

    L’application santé La Poste eSanté a obtenu en décembre 2017 la labellisation mHealth Quality. Le certificat émis par la société Dmd Santé, tiers de confiance en e-santé, valide la conformité de l’application aux réglementations européennes et françaises en vigueur sur le plan médical, juridico-réglementaire et sécurité numérique.

    Les données sont extraites de sources multiples, y compris les objets et dispositifs médicaux connectés (tensiomètres, balance, pompe à insuline, etc.) des établissements de santé ou appartenant aux patients. Interrogé sur « l’usage marginal » de ces outils en France, David de Amorim reconnait qu’il existe « un écart encore important entre les usages et les opportunités offertes par ces nouvelles technologies ». Pour y remédier, Docapost travaille en partenariat avec l’AP-HP et la Fondation du Souffle, en vue de créer « la première plateforme d’évaluation des objets ou dispositifs médicaux connectés au sein de l’hôpital Bichat-Claude Bernard ».

  • « L’objectif, c’est de permettre aux opérateurs de santé de s’améliorer » (P. Olivier, IVBAR France)

    Patrick Olivier a été nommé Directeur Général (CEO) de la filiale française de la société Ivbar au cours du mois de mars.

    Auprès du groupe Elsan, il a développé les systèmes d’information, la prospective et la démarche de responsabilité sociétale (RSE) du groupe. Auparavant, il a été directeur de la stratégie de l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France pendant 5 ans. « Aux côtés de Claude Evin, pendant la période de construction de l’agence, j’ai notamment mis en place les systèmes d’information régionaux et développé le GCS e-santé d’Ile-de-France ».

    De 2005 à 2010, Patrick Olivier a contribué à la mise en place de la tarification à l’activité et à la préparation des PLFSS au Ministère chargé de la santé. En parallèle, il est également vice-président du Think tank Healthcare Data Institute.

    Les données ont été un fil conducteur au cours de sa carrière, et c’est une rencontre avec le PDG de la start-up suédoise d’Ivbar – qui développe des outils de mesure de la performance – à l’occasion d’un événement organisé par le HealthCare Data Institute qui lui a permis de trouver le partenaire qu’il cherchait pour monter des projets autour des données. « Si j’ai fait ce saut, c’est que ce que je trouve que le service rendu par les solutions d’Ivbar répond concrètement à des questions très opérationnelles des opérateurs ».

    H&TI l’a rencontré pour parler de l’intérêt des outils de performance et du marché français.

    Pouvez-vous présenter Ivbar Suède ?

    C’est une start-up dynamique de 40 salariés en forte croissance, montée il y a 5 ans par une communauté pluriprofessionnelle (médecins, économistes de la santé, informaticiens, praticiens en activité), qui a mené un long travail académique et d’expérimentation, avec le soutien du gouvernement suédois, en association avec l’ensemble des parties prenantes (associations de patients, administration, communauté médicale, etc.) pour créer des outils de mesure et de pilotage de la performance des établissements. Par ailleurs, la plateforme déployée par Ivbar au niveau européen permet d’élaborer de nouveaux modèles de financement des établissements.

    C’est un outil d’observation de très haut niveau qui permet de comparer de manière juste et efficace la performance des établissements ou des organisations. Elle se fonde sur un modèle, mis à jour en continu, qui permet d’évaluer des besoins de prise en charge de chaque patient (suivi à domicile, rendez-vous chez le généraliste, etc.). La plateforme, baptisée ERA, s’enrichit en effet de l’expérience de chaque utilisateur. En Suède, cinq régions, représentant 70% de la population, utilisent déjà la plateforme pour mesurer la performance autour de 6 groupes de patients (femmes enceintes, chirurgie de la hanche, etc.). Deux régions l’utilisent pour le paiement à l’épisode de soin sur deux pathologies distinctes. Le déploiement sur l’ensemble du pays est prévu au cours de l’année 2018.

    Les outils développés par Ivbar sont aussi déployés en Finlande et bientôt en Norvège et au Danemark. D’autres pays ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt pour cette plateforme – Royaume-Uni, Pays-Bas, etc.

    Comment fonctionne concrètement la plateforme de mesure de la performance ?

    La plateforme est évolutive et s’adapte aux besoins identifiés par les opérateurs. L’outil analyse la prise en charge des patients sur une longue durée. Il est capable de corréler des données de situation initiale du patient (âge, antécédents, situation clinique, etc.) avec ce qui se passe pour lui par la suite : taux de ré-hospitalisation, nombre de cas où la douleur est importante, nombre de cas où, lors d’accouchements, il y a recours à la césarienne, etc.

    A partir de là est calculé un indicateur de performance. Concrètement, si la durée moyenne de séjour (DMS) est l’indicateur suivi pour deux établissements qui, pour un même acte technique, vont avoir des DMS variant de 2 à 6 jours, on pourrait conclure que le second est le moins performant. Or, peut-être prend-il en charge des patients polypathologiques ou avec un contexte social spécifique ? Peut-être y a-t-il d’autres critères à prendre en compte ? ERA est capable de les comparer objectivement, en recalculant les indicateurs pour tenir compte de ces différences. On peut ainsi comparer des établissements ou des services qui n’ont pas la même typologie de patients.

    Cet outil permet ensuite de mettre en place des programmes d’amélioration continue au sein des établissements, au plus près des services et des équipes de soins.

    A quoi cela sert ? Pouvez-vous donner des exemples concrets de réalisation ou de projets ?

    En Suède par exemple, les outils ont permis d’identifier de grands potentiels d’amélioration pour plusieurs échantillons de patients étudiés pour une même pathologie. Par exemple, il a été possible de réduire de 30% les risques d’infection lors d’un accouchement, ou encore de réduire de 18% les complications nécessitant une hospitalisation dans les deux ans suivant la pose d’une prothèse totale de hanche. 


    Le fait de disposer d’une série d’indicateurs communs permet de réaliser des comparaisons fiables de manière la plus large possible (à l’échelle régionale, nationale voire internationale).

    Aujourd’hui, il n’existe pas d’outils aussi pratique en France, qui est comparable à la Suède en matière d’enjeux du système de santé. Il y a des outils de mesure et il y a des indicateurs mais aucun qui permet une correction des indicateurs selon la complexité de la situation des patients. Et encore moins de manière aussi dynamique avec une mise à jour en temps réel des indicateurs.

    Et ce qui est intéressant, c’est qu’à chaque fois qu’on enrichit la base – grâce à tous les utilisateurs avec lesquels nous travaillons – on améliore l’algorithme et notre compréhension des parcours. C’est cela qui fait la valeur de la plateforme. Les utilisateurs auront à leur disposition en temps réel un modèle mis à jour.

    Ivbar déploie également sur sa plateforme des outils pour gérer des modèles de financement au parcours qui s’adaptent la aussi à la complexité de chaque prise en charge.

    Vous travaillez avec les données ? D’où viennent-elles ?

    En Suède, Ivbar a travaillé sur des données qui sont l’équivalent de celles du système national des données de santé (SNDS), enrichies de données issues de registres, et qui se développent en France. La deuxième source de données est celle qui vient des établissements de santé et des opérateurs.

    Le système est conçu de manière à ce que, quand on travaille dans un établissement, il n’y a pas de problèmes de confidentialité car la technologie fait que les données restent là où elles sont. C’est l’algorithme qui se déplace et nous créons le modèle dans l’environnement de l’établissement. 

    Pourquoi Ivbar a-t-elle décidé d’ouvrir une filiale en France ?

    L’entité que je dirige est sa première filiale. L’entreprise a bien mesuré l’importance des enjeux de santé et d’organisation de notre système en France, par ailleurs assez similaires à ceux de la Suède. Les dirigeants d’Ivbar croient en la capacité d’innovation dans notre pays. La France sera sans nul doute un terrain d’innovation pour développer de nouveaux modèles et des outils au service des acteurs de santé. D’ailleurs tous les outils proposés par Ivbar pourront accompagner les expérimentations qui vont être lancées en France dans le cadre de l’article 51 de la LFSS pour 2018.

    Nous n’en sommes qu’au début de notre déploiement sur le territoire, mais les premiers contacts sont prometteurs et confirment que notre offre répond à des besoins opérationnels.

    Quelles sont les différences avec le marché suédois ?

    Nous sommes sur la même typologie d’utilisateurs en France et en Suède : d’un côté les opérateurs que sont les établissements de santé, les groupes d’établissements et les GHT, qui veulent suivre des indicateurs de performance ; de l’autre les pouvoirs publics qui affichent une volonté de rééquilibrer la tarification à l’activité et de promouvoir des organisations et des financements innovants en santé.

  • Unicancer et MSD France partenaires pour améliorer la prise en charge des patients à partir des DVR

    Unicancer, qui réunit l’ensemble des Centres de lutte contre le cancer (CLCC), et le laboratoire pharmaceutique MSD France, annoncent dans un communiqué du 5 avril 2018 un partenariat d’une durée de cinq ans pour faire avancer la recherche sur le cancer du sein métastatique et le cancer du poumon.

    Unicancer mettra à disposition de MSD France sa plateforme ESMÉ « Épidémio-Stratégie Médico-Economique », programme européen visant à améliorer la prise en charge des patients à partir des données de vie réelle en cancérologie.

    Une meilleure connaissance de la prise en charge des patients en vie réelle

    « Les autorités de santé demandent de plus en plus aux laboratoires pharmaceutiques des études afin notamment d’observer le bénéfice clinique et le profil de tolérance des traitements en conditions réelles d’utilisation. Ainsi, grâce aux données d’ESMÉ, nous pourrons avoir une meilleure connaissance de la prise en charge des patients en vie réelle et ces données seront complémentaires à celles issues de nos études cliniques », précise le Docteur Ouzna Morsli, directrice médicale Oncologie chez MSD France.

    L’entreprise a soumis à Unicancer un premier protocole de recherche portant sur la prise en charge de patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique. D’autres protocoles de recherche sont en cours de développement en ce qui concerne la population de patients atteints d’un cancer du poumon avancé. ESMÉ va permettre d’obtenir des données observationnelles de qualité permettant une meilleure connaissance des patients atteints de cancers et une analyse de la valeur des nouvelles stratégies thérapeutiques innovantes dans le parcours de soins des patients.

    ESMÉ : un projet pilote déclinable pour d’autres pathologies cancéreuses

    « Le programme ESMÉ est un outil d’aide à la décision en santé qui complète utilement les données des essais cliniques randomisés. Il va permettre par exemple de mesurer l’apport réel de traitements innovants, telles que les immunothérapies, qui améliorent dans certains cas, beaucoup, le pronostic du patient. Les données sont contrôlées rigoureusement par des experts et la gestion des résultats est totalement indépendante » indique Christian Cailliot, directeur de la R&D d’Unicancer.

    Le laboratoire MSD France est le cinquième partenaire industriel pour le projet ESMÉ cancer du sein, après Roche, Pierre Fabre, Pfizer et AstraZeneca, et le deuxième dans le projet cancer du poumon après AstraZeneca.

    Unicancer espère décliner d’autres partenariats sur d’autres pathologies, notamment le cancer de l’ovaire pour lequel a également été créé une plateforme ESMÉ.

    « Un jour, peut-être, tous les patients qui entreront dans un Centre Unicancer feront l’objet systématiquement d’un suivi en données de vraie vie ? », fait valoir Mathieu Robain, en charge du département ESMÉ au sein de la R&D d’Unicancer.

  • L’IA peut transformer les métiers de la santé de manière significative -rapport de France stratégie

    Le premier trimestre 2018 a été marqué par la publication du rapport du député Cédric Villani et la présentation de la stratégie gouvernementale dans le domaine de l’intelligence artificielle, Placée auprès du Premier ministre, France stratégie s’est également saisie du sujet, en examinant les conséquences de la diffusion l’IA sur certaines professions médicales (cardiologues, radiologues, médecins généralistes et biologistes), ses principaux vecteurs de diffusion et les freins éventuels à son utilisation.

    Les applications de l’IA dans le domaine de la santé sont nombreuses (aides au diagnostic, recommandations de prise en charge). Selon les experts de France Stratégie, l’IA est amenée à faire évoluer les métiers du secteur médical (notamment en radiologie, cardiologie et la médecine générale) et contribuera à améliorer le suivi et la prise en charge des patients en ville, à domicile et à l’hôpital. En revanche, plusieurs facteurs doivent être pris en compte avant sa généralisation, dans un secteur médical et médico-social marqué par « des résistances aux transformations » significatives, d’après le rapport de France Stratégie paru le 28 mars 2018 que H&TI s’est procuré.

    Les applications de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé

    L’aide au diagnostic et aux recommendations de prise en charge

    Les applications actuelles de l’IA sont nombreuses en oncologie, cardiologie, radiologie, détection de maladies spécifiques (telles que diabète et Alzheimer, etc.) ou santé mentale (l’IA est notamment utilsée pour détecter la dépression ou autres troubles psychologiques). Les algorithmes alimentés et entraînés par des données massives sont programmés pour identifier des maladies selon des protocoles prédéfinis par des équipes médicales. 

    L’outil emblématique de cette application est le logiciel Watson, introduit par le groupe IBM en 2005 sur le marché de la santé américain. Utilisé pour l’aide au diagnostic et à la proposition thérapeutique, le logiciel synthétise de nombreuses informations issues de rapports médicaux, dossiers patients, tests cliniques, etc.

    Lors du sommet AI for Humanity organisé au collège de France le jeudi 29 mars 2018, le professeur Ran Balicer illustrait les usages de l’IA en santé dans les hôpitaux israéliens. L’IA y est utilisé pour détecter et prévenir les risques d’insuffisance rénale, dans le suivi des maladies chroniques et la détection de cancers.

    « Selon une étude récente, l’intelligence artificielle a été capable d’une détection automatisée du cancer du sein avec un taux de réussite de 92%, presque équivalent à celui des spécialistes (96%). Lorsque sont combinés les analyses du médecin et les méthodes de diagnostic issues du logiciel automatisé, le taux de réussite s’élève à 99,5%, avec un risque d’erreur fortement diminué ». France Stratégie, citant une étude américaine publiée en 2016.

    L’utilisation de l’IA fait évoluer les métiers de la santé 

    Radiologie : vers une spécialisation accrue en radiologie interventionnelle

    Selon les experts de France stratégie, l’IA est amenée à jouer un rôle croissant dans la lecture d’imagerie médicale, posant à terme la question de « l’intervention du radiologue dans l’établissement du diagnostic ». L’automatisation de la radiologie conventionnelle pourrait être réalisée par des manipulateurs radio formés à l’élaboration de diagnostics, souligne France Stratégie. Elle pourrait également être effectuée par un médecin non radiologue. L’IA permettrait donc à terme aux radiologues de consacrer davantage de temps à l’analyse de cas complexes.

    Ainsi, « le métier de radiologue pourrait évoluer vers une spécialisation accrue en radiologie interventionnelle à visée diagnostique (ponctions, bopsies, etc.) pour des cas complexes ou à visée thérapeutique guidée par l’imagerie médicale ». France Stratégie

    France stratégie recommande à ce titre d’adapter le cadre règlementaire actuel, notamment le décret n°2016-1672 du 5 décembre 2016 relatif aux actes et activités réalisés par les manipulateurs d’électroradiologie médicale.

    Cardiologie : recentrage de l’activité du cardiologue sur les cas complexes

    Des logiciels fondés sur l’IA sont aujourd’hui capables d’interpréter des électrocardiogramme (ECG). « Ces logiciels détectent des pathologies avec un degré d’efficacité comparable, voire supérieur, à celui d’un cardiologue », souligne France Stratégie. Ceci pourrait s’avérer bénéfique à la médecine générale et aux urgences françaises : les médecins généralistes et urgentistes pourraient à l’avenir mobiliser ces outils à toute heure sans recourir au cardiologue.

    D’après le rapport de France Stratégie, l’IA permettra d’aider les urgentistes dans l’orientation de leurs patients ; d’étendre l’usage de l’ECG à davantage de spécialités médicales comme les urgentistes, généralistes, gériatres, et non médecins comme les infirmières, pompiers  et enfin, de libérer du temps aux cardiologues qui traiteraient ainsi des cas plus complexes.

    L’intelligence artificielle, conclut France Stratégie, est susceptible « d’accentuer la tendance à la sur-spécialisation de leur métier ». 

    En médecine générale, l’IA « augmentera le niveau de compétence « technique » du médecin »

    Les assistants médicaux sont à l’avenir susceptibles de faire évoluer la médecine générale à plusieurs titres, selon France Stratégie : le médecin pourra bénéficier d’une aide à l’établissement de diagnostics de cas complexes, « avec une plus grande sécurité dans la prise de décision » ; l’IA sera par ailleurs amenée à « augmenter en continu le niveau de compétence « technique » du médecin au fur et à mesure que celui-ci pourra exploiter pleinement les connaissance cliniques et les pratiques médicales les plus actualisées ».

    Enfin, s’agissant des laboratoires d’analyses médicales, l’IA est susceptible d’automatiser intégralement les analyses et de fait, d’induire de profondes transformations du métier de biologiste.

    Le suivi connecté des patients et l’usage de la robotique en santé

    Amélioration de la prise en charge des patients

    Certains outils connectés s’intègrent déjà dans une prise en charge globale des patients, comme le pilulier intelligence ou le tensiomètre relié à un médecin. Couplé à l’IA, ces dispositifs permettent un suivi automatisé des patients à partir de l’analyse des données recueillies et enrichies.

    D’après France Stratégie, l’usage d’outils de suivi des patients présente un intérêt au domicile des patients, à l’hôpital comme dans le cadre de la médecine de ville.

    • A domicile, des plateformes de suivi de patients à distance permettent de prédire les risques d’exacerbation d’une maladie inflammatoire comme l’asthme, de détecter une rechute de cancer du poumon, de personnaliser le traitement du diabète, à titre d’exemple ; 
    • A l’hôpital, « une plateforme de suivi médical connecté de patients, avant et après une hospitalisation, permet de centraliser tout ce qu’une infirmière aurait contrôlé à l’hôpital » ; 
    • En ville, enfin, peuvent se constituer des réseaux entre médecins généralistes, spécialistes et infirmières de coordination (comme le prévoit le programme « Territoire de soins numérique »).

    La robotique appliquée 

    « De nouvelles générations (de robots) à base d’intelligence artificielle sont en train d’émerger« , rappelle France stratégie, « avec une autonomisation accrue par rapport au chirurgien ». Les applications actuelles et futures des robots fondés sur l’IA en médecine sont nombreuses. Le rapport en propose une liste non exhaustive : simulation d’opération sur écran ou sur un clone virtuel ; assistance domestique pour les personnes âgées ou en situation de perte d’autonomie ; prise en charge de patients souffrant de troubles cognitifs ou comportements comme l’autisme ou Alzheimer ; enfin, pour les aides-soignants et les infirmiers, les robots IA peuvent les appuis dans leur pratique professionnelle ».

    Plusieurs facteurs doivent être pris en compte avant d’envisager la diffusion de l’IA dans le secteur de la santé

    • La situation de l’emploi des professionnels de santé : France Stratégie rappelle que les études prévoient à courte et moyenne échéance un creusement des inégalités d’accès aux soins à l’échelle du territoire français ; dans un tel contexte, le recours à la télémédecine et le développement de solutions innovantes permettrait d’assurer un meilleur accès aux soins.
    • L’augmentation de la qualité des données : la diffusion de l’IA favorise l’augmentation en volume et en qualité des données disponibles, issues de sources multiples (Assurance maladie, établissements de santé, médecine génomique, objets connectés, applications mobiles, commentaires des patients, etc.).
    • L’acceptabilité sociale : « si les logiciels livrent leur clé de fonctionnement », souligne France Stratégie, « ils pourront répondre aux aspirations des patients/citoyens à l’autonomisation. Dans le cas contraire, si les logiciels restent des formes de boîtes noires, la diffusion de l’IA sera freinée par le manque d’acceptabilité sociale ». Dans le cadre de la mission confiée au député Cédric Villani, Ethik IA propose de clés de régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé.

    Quels sont les scenari de diffusion de l’IA en santé ?

    « Le secteur est plutôt enclin à résister aux transformations »

    Il existe en France une certaine « résistance à l’innovation », couplée à un modèle économique encore « incertain », qui explique que le secteur de la santé est « enclin à résister aux transformations induites par l’intelligence artificielle. Quelles sont les causes de ces « résistances »? D’après France Stratégie, elles seraient imputables « à l’important degrés de règlementation ». Si des progrès « ont été réalisés depuis 2017 avec la création d’un système national de données de santé », « le cadre permettant de répondre aux besoins croissants de protection en matière d’accès, de partage et de protection ou de garantie de fiabilité n’est pas encore abouti ».

    Ainsi, conclut France stratégie, « la difficulté d’accès aux données a été identifié comme un frein au développement de l’intelligence artificielle, notamment dans les possibilités de transfert des travaux de recherche », ce qui a été mis en avant dans le rapport remis par Cédric Villani au Président de la République.

    Toutefois, relève France Stratégie, « la règlementation n’empêchera pas la diffusion de l’IA là où les acteurs prévoient des gains importants ».

    « Les conditions qui pourraient conduire à une scénario disruptif »

    Les acteurs placés en situation de concurrence et de dimension internationale – comme l’industrie du médicament et des dispositifs médicaux et le secteur de l’assurance complémentaire santé – peuvent conduire à l’émergence d’un « scénario disruptif » et servir de vecteur de la diffusion de l’IA dans le secteur de la santé.

  • Etude : le machine learning aide à classifier les tumeurs cérébrales (Nature)

    Être capable de différencier les 100 types de tumeurs du système nerveux central peut modifier le pronostic des patients. Afin d’améliorer cette classification, des chercheurs allemands ont eu recours au machine learning (apprentissage profond).

    La technique a permis de corriger 12% des diagnostics posés sans l’aide de l’informatique. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 14 mars 2018 dans la revue Nature.

    Diagnostiquer les tumeurs avec précision

    Les tumeurs du système nerveux central (SNC) sont délicates à diagnostiquer. À ce jour, une centaine de tumeurs différentes ont été identifiées et leurs réponses à la radiothérapie et à la chimiothérapie sont très variables.

    Afin de poser le bon diagnostic, plusieurs techniques sont utilisées. L’histologie, qui consiste à prélever des tissus et à les observer au microscope, reste la plus fréquente. Pour mieux prévoir l’agressivité d’une tumeur et développer de nouvelles stratégies thérapeutiques qui les ciblent spécifiquement, l’analyse des variations génétique et épigénétique des tumeurs s’est développée. Cette classification moléculaire repose sur des variations génétiques très subtiles et donc difficiles à identifier.

    Les profils moléculaires analysés via le machine learning

    Des chercheurs allemands du département de neuro-oncologie pédiatrique du Centre de recherche sur le cancer des enfants d’Heidelberg et du département de neuropathologie de l’hôpital universitaire de Heidelberg ont eu l’idée d’utiliser des méthodes de machine learning pour standardiser cette classification des tumeurs du système nerveux central. Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 14 mars 2018 dans la prestigieuse revue Nature.

    « Nous avons développé des algorithmes informatiques qui différencient de façon fiable 82 types de tumeurs du SNC en fonction de leurs modèles de méthylation », a déclaré le professeur David Capper, qui est l’un des quatre premiers auteurs de l’étude. Particulièrement dans les tumeurs que nous ne pouvons pas facilement classer dans une catégorie diagnostique basée uniquement sur l’examen microscopique, l’analyse de la méthylation est souvent utile pour établir un diagnostic précis. L’analyse d’environ 2 800 échantillons tumoraux de référence a permis de classer les tumeurs en sous-groupes spécifiques pas encore inclus dans les classifications qui ont été utilisées jusqu’à présent. »

    Résultats : 12% d’erreurs relevées

    Afin d’évaluer la pertinence clinique de leur algorithme, les chercheurs ont fait une analyse prospective de 1 104 tumeurs du cerveau qui avaient déjà été identifiées par des médecins grâce à des méthodes histologiques ou moléculaires. Le machine learning a permis d’identifier :

    • 64 types histopathologiques différents chez des adultes et des enfants ;
    • 88% des échantillons correspondaient à une classe de méthylation de l’ADN ;
    • dans 12% des cas, une révision du diagnostic initial a été faite ;
    • dans plus de 92% de ces cas, les vérifications ont donné raison aux algorithmes ;
    • 3 types histologiques très rares et récemment découverts ont pu être identifiés via le machine learning. La rareté des cas a empêché l’apprentissage.

    IA : les espoirs liés à la standardisation

    Les auteurs de ces travaux de recherche se sont déclarés « convaincus » que leur nouvelle méthode « est bien adaptée pour être utilisée dans la clinique ». Selon eux, le haut niveau de standardisation est très prometteur pour réduire la variabilité importante observée dans les diagnostics. La technique pourrait aussi aider à identifier de nouvelles classes histologiques exceptionnellement rares.

    Le système de classification des tumeurs en accès gratuit

    Fort de ces résultats, les chercheurs allemands ont décidé de mettre leur système de classification en ligne gratuitement afin de permettre aux chercheurs d’analyser leurs données sur leur plateforme. Ils espèrent que l’information ainsi obtenue permettra des diagnostics plus précis et donc de mieux traiter les types de cancer les plus rares.

  • L’application Santé d’Apple, désormais utilisée par une cinquantaine d’établissements de santé US

    Une cinquantaine d’établissements de santé américains utilisent désormais l’application de santé Apple, qui permet d’extraire et d’agréger les données de santé des patients issues de sources multiples à la manière d’un dossier médical partagé. L’entreprise américaine espère généraliser l’utilisation de son application mobile à l’échelle du territoire américain.

    Faire de l’application santé d’Apple le dossier médical de demain

    Apple annonce le 2 avril 2018 une mise à jour de son application mobile santé (Health app), qui permet aux patients admis au sein d’hôpitaux partenaires d’accéder à leurs dossiers médicaux à partir de leur Iphone. L’entreprise américaine annonçait le 24 janvier 2018 une refonte de son application santé, dont elle espère à termes faire un véritable dossier médical. 

    En janvier 2018, douze établissements de santé d’envergure internationale, dont Cedars-Sinaï, Johns Hopkins Medicine et Penn Medicine ont accepté de prendre part à la version initiale du projet. Entre janvier et mars 2018, leurs patients ont pu consulter l’intégralité de leurs données de santé (en mode lecture) sur l’application santé de leur iphone. 

    39 nouveaux établissements partenaires

    Le 2 avril 2018, l’entreprise américaine annonce avoir établi de nouveaux partenariat avec 39 établissements de santé américains, dont Geisinger Health System, Yale New Haven and Yale Medicine, Cerner Health Clinics, The University of Chicago Medicine, The Duke University Health System, Vanderbilt University Medical Center, Stanford Medicine, etc. 

    Leurs patients peuvent désormais télécharger la nouvelle version IOS 11.3 de l’application. Leurs données de santé sont cryptées et « protégées » par le mot de passe permettant d’ouvrir le téléphone. Les données sont extraites de plusieurs sources et agrégées au sein de l’application. Les patients reçoivent des notifications électroniques leur signalant l’ajout ou la modification d’informations. 

    Apple précise que la fonctionnalité est destinée aux établissements de santé américains. La mise en oeuvre du partenariat est gratuite et ouverte à tous.

  • Troubles du sommeil : Philips ouvre à Singapour le premier centre du sommeil en Asie du Sud-Est

    Philips a annoncé le 13 mars 2018 l’ouverture du premier centre du sommeil et d’éducation respiratoire d’Asie du Sud-Est au sein de son siège régional, le Philips APAC Center de Singapour, pour former les professionnels de la santé à mieux diagnostiquer et traiter les troubles du sommeil.

    L’établissement est conçu pour simuler avec précision le parcours du patient, depuis une maquette grandeur nature de la chambre d’un patient jusqu’à une salle de surveillance où les experts notent et analysent les données relatives au sommeil de la personne observée, en passant par une salle de consultation.

    Il utilise également la réalité virtuelle au sein d’une salle d’interaction pour simuler des modèles de sommeil anormaux qui peuvent survenir chez un patient pendant l’étude de son sommeil, tels que les mouvements des membres, les mouvements oculaires rapides et les difficultés respiratoires.

    Troubles du sommeil : renforcer la sensibilisation du public

    Apnée du sommeil : 80 % des personnes concernées ne sont pas diagnostiquées

    Selon l’OMS, plus de 100 millions d’hommes et de femmes dans le monde souffrent d’apnée du sommeil, dont 80 % ne sont pas diagnostiquées. Globalement, 30 % de personnes éprouvent des difficultés à initier et à maintenir le sommeil à travers le monde.

    Par ailleurs, seulement un tiers des personnes qui souffrent de troubles du sommeil demandent de une aide professionnelle. Selon une récente étude locale, un Singapourien sur trois souffrirait d’apnée obstructive du sommeil (AOS) modérée à sévère.

    « L’AOS est causée par l’effondrement répété des voies aériennes, conduisant à de faibles niveaux d’oxygène et un sommeil perturbé, a déclaré le Dr. Mok Yingjuan, directeur du pôle « éducation publique et épidémiologie » au Centre de sommeil SingHealth Duke-NUS, et consultant en médecine respiratoire et en soins intensifs au Changi General Hospital, à Singapour (source : Enterpriseinnovation.net). Il peut entraîner de la fatigue pendant la journée, une mauvaise performance au travail ou à l’école et des problèmes cardiaques plus graves. Malheureusement, de nombreux cas d’AOS à Singapour restent non diagnostiqués, et il reste beaucoup à faire pour sensibiliser le public à cette maladie et guider les patients vers un traitement efficace. »

    Philips et SingHealth collaborent sur des programmes de recherche et de formation

    Les deux entreprises ont signé un MoU en 2017

    En août 2017, Philips et SingHealth ont signé un protocole d’accord pour améliorer les résultats cliniques en matière de santé du sommeil afin de fournir des soins intégrés de qualité aux patients, de dispenser des formations cliniques, de mener des recherches dans ce domaine et de renforcer la sensibilisation du public à l’AOS.

    Philips apportera son expérience au projet, fort de ses plus de trente années de leadership dans les solutions de gestion de l’apnée du sommeil et des soins respiratoires, soutenant le cheminement du patient, du diagnostic au traitement de l’AOS.

    Le groupe néerlandais et l’entreprise singapourienne s’associeront pour des projets de recherche conjoints, des programmes de formation et de sensibilisation au sommeil et des programmes de sensibilisation à Singapour et dans la région d’Asie du Sud-Est.

    Des programmes de formation peer-to-peer menés par des experts du sommeil

    Dans le cadre de l’ouverture du centre, Philips a également annoncé le lancement d’une série de programmes de formation complémentaires peer-to-peer (pairs-aidants), qui seront menés par des médecins internationaux spécialistes du sommeil et des troubles respiratoires, dont le Dr. Teofilo Lee-Chiong et le Dr. David White, directeurs médicaux à Philips. Des spécialistes du sommeil qualifiés provenant d’hôpitaux et d’établissements de santé prestigieux partenaires du centre, dont SingHealth, proposeront également des formations.

    Le centre du sommeil et d’éducation respiratoire de Philips vise également à améliorer les connaissances des médecins sur les dernières technologies relatives au sommeil et à la thérapie respiratoire, notamment les outils de ventilation à domicile, l’oxygénothérapie et les solutions visant à améliorer la respiration.

    Les médecins du centre seront aussi formés sur l’utilisation des outils d’engagement numérique innovants de Philips pour s’assurer que les patients suivent leur thérapie jusqu’à son terme.

  • Sleep Disorders: Philips opens first sleep and respiratory education center in South East Asia

    Philips announced on March 13, 2018, the opening of the first sleep and respiratory education center in Southeast Asia at its regional headquarters, the Philips APAC Center in Singapore, to train healthcare professionals to better diagnose and treat sleep disorders.

    The facility is designed to accurately simulate a patient’s journey, from a life-sized mock-up of a patient’s bedroom to a monitoring room where experts record and analyze sleep data of the person being observed, and a doctor’s consultation room.

    It also uses virtual reality in an interaction room to simulate abnormal sleep patterns that may occur in a patient’s sleep study, such as limb movement, rapid eye movement, and respiratory difficulties.

    Sleep Disorders: Building public awareness

    Sleep apnea: 80% of people affected are not diagnosed

    According to WHO figures, more than 100 million people in the world suffer from sleep apnea, 80% of which are undiagnosed. Overall, 30% of people have difficulty in initiating and maintaining sleep.

    In addition, only one-third of people with sleep disorders seek professional help. According to a recent study, one in three Singaporeans suffers from moderate to severe obstructive sleep apnea (OSA).

    « OSA is caused by the repeated collapse of a sufferer’s airway, leading to low oxygen levels and disrupted sleep, » said Dr. Mok Yingjuan, director, Public Education and Epidemiology, SingHealth Duke- NUS Sleep Center, and consultant, Respiratory and Critical Care Medicine, Changi General Hospital, Singapore (source: Enterpriseinnovation.net). « It can cause daytime tiredness, poor work and school performance and more serious heart problems. Unfortunately, many cases of OSA in Singapore remain undiagnosed, and more needs to be done to increase public awareness of this condition so that people are guided towards effective treatment of their condition. »

    Philips and SingHealth to collaborate on research projects and training programs

    The two companies signed a MoU in 2017

    Philips and SingHealth signed in August 2017 a Memorandum of Understanding to provide integrated quality patient care, clinical education and research efforts, and to increase public awareness of OSA.

    Philips will bring its more than thirty years of leadership in sleep apnea management and respiratory care solutions supporting the patient’s journey from diagnosis through to therapy and management of OSA.

    The Dutch group and the Singaporean company will partner in joint research projects, training and sleep awareness programs in Singapore and the Southeast Asian region.

    Peer-to-peer training programs conducted by sleep physicians

    Philips also announced the launch of a series of complementary peer-to-peer training programs, which will be conducted by international sleep and respiratory disorders doctors, including Dr. Teofilo Lee-Chiong and Dr. David White, chief medical at Philips. Qualified sleep specialists from high-profile hospital and healthcare group partners including SingHealth will also provide training.

    Philips’s Sleep and Respiratory Education Center also aims to improve physicians’ knowledge of the latestsleep and respiratory therapy technologies, including home ventilation solutions, oxygen therapy and respiratory drug delivery solutions.

    Physicians will also be trained on how to use Philips’ innovative digital engagement tools to keep patients motivated to use therapy as prescribed.

  • Numérique et santé : la place des données dans la médecine du futur ?, le 24 avril 2018 à Lorient

    Le 24 avril 2018, Atlanpole biothérapies, Images & Réseaux et ID2Santé, avec le soutien d’Atlanpole et de Lorient Technopole, organisent une journée thématique autour des enjeux et des défis numériques pour la santé.

    L’événement est conçu pour permettre aux acteurs du numérique du Grand Ouest de rencontrer ceux de la santé autour de la transformation numérique du système de santé français.

    Au programme – des témoignages d’experts, des rendez-vous d’affaires et des pitchs, un showroom et des visites du laboratoire électronique de Kerpape, basé à Ploëmeur, qui est un centre de rééducation et réadaptation fonctionnelles possédant un laboratoire biomédical pour la conception et l’adaptation d’aides techniques.

    Les données de santé comme moyen d’améliorer la recherche médicale et les soins, leurs utilité dans le cadre de la formation ou aux fins de prédiction seront à l’honneur et des acteurs industriels de la donnée en santé apporteront leurs témoignages.

    Programme

    • 8h30 : Accueil
    • 9h00 : Ouverture par Bernard Pouliquen, vice-président de la Région Bretagne, chargé de l’enseignement supérieur, la recherche et la transition numérique
    • 9h10 : Keynote introductive par un représentant de l’Institut national des données de santé (sous réserve)
    • 9h45 : Les données massives au service de la recherche médicale :
      • Mieux valoriser les données de cohortes, l’exemple de Plug-Stat – par Cyrille Loncle et Yohann Foucher du LabCom RISCA
      • Données de vie réelle : enjeux et usages en santé publique – par Catherine Commaille-Chapuis, Directrice de la stratégie de OpenHealth Company, big data santé
    • 10h15 : Séquence de pitchs :
      • Enancio – Une plate-forme logicielle simplifiée pour extraire et interpréter l’information contenue dans des données biologiques massives (Jennifer Del Giudice)
      • Simango – La formation des professionnels de santé grâce à la réalité virtuelle (Vincent-Dozhwal Bagot)
      • NFSave – Le secourisme à l’ère numérique (Antoine Ouvrans)
    • 10h30 : Collecter les données du patient pour diagnostiquer et prédire des pathologies :
      • Comment un dispositif connecté facilite la prescription médicale, le retour au domicile et la prédiction d’épisodes cliniques graves avant leur apparition ? par Marie Pirotais, Biosency
      • L’intelligence artificielle pour la détection précoce du cancer de la vessie par Allan Rodriguez, VitaDX
    • 11h30 : Comment les données assistent la chirurgie ?
      • La prothèse connectée capable de détecter une infection ou un défaut mécanique, focus sur le projet « FollowKnee » – Par Guillaume Dardenne, Laboratoire LaTIM, CHU de Brest
      • Le projet CONDOR (Connected Optimized Network & Data in Operating Rooms), nouveau standard mondial de la vidéo chirurgicale – Par Emmanuel Cordonnier, IRT B<>com
    • 12h00 : Éclairage règlementaire : Le RGPD et sa mise en application en mai 2018, quel impact pour les entreprises et établissements qui traitent des données de santé ? – Par Nicolas Buchi, Cabinet Mazars
    • 12h15 : Focus sur l’accès au marché des dispositifs e-santé, par Armelle Graciet – Directrice des Affaires Industrielles au SNITEM
    • 12h45 – 13h00 : Séquence de pitchs : Méthodomics – Coaching R&D, analyse des données biologiques grâce aux outils mathématiques (Olivier Breillacq) et 2 autres startups

    Inscription

    L’inscription se fait moyennant 50 euros et via ce lien.