Incubateurs

  • Conférence sur la santé à l’ère de l’IA : quel nouveau parcours de soin ?, le 29 mars 2018 à Paris

    Le magazine Le Point, avec le soutien du Club Digital Santé, organise le 29 mars 2018, sa 4ème édition de la conférence intitulée « La Santé à l’ère de l’Intelligence Artificielle », avec une question clé : Quel nouveau parcours de soin face à la triple révolution data – IoT – machine learning ?

    Cette réunion sera l’occasion pour Cédric Villani de dévoiler les conclusions de la Mission sur l’Intelligence Artificielle qu’il s’est vu confier par le gouvernement en septembre 2017, et d’apporter des réponses aux questions ci-dessous :
    • comment utiliser l’IA pour optimiser le parcours de soin et améliorer le confort du patient ;
    • quelle nouvelle relation patient-médecin et selon quels business models se profilent quand l’IA transforme le paradigme de la santé ;
    • comment réconcilier le couple médecin/machine et former les professionnels de santé à l’utilisation de l’IA ?

    Le programme complet, la liste des intervenants et les modalités d’inscription sont disponible dans le document ci-contre.

    Les axes des débats

    • Quel plan d’action pour concilier innovation technologique et équité ou comment proposer des solutions basées sur l’IA à un coût acceptable pour le patient ?
    • Comment développer des outils sécurisés et fiables, pour gagner la confiance des acteurs et surtout des patients ?
    • À l’aube de l’entrée en vigueur du Règlement Européen sur la Protection des Données Personnelles (RGPD) en mai 2018 : comment être en conformité avec la réglementation dans le grand mouvement de collecte et utilisation des données ?

    Moments forts

    14h00 – 14h30 : Panel d’ouverture –  Conclusions de la Mission confiée par le gouvernement en septembre 2017 : quelle nouvelle feuille de route pour la stratégie nationale d’intelligence artificielle en santé ?

    14h30 – 15h15 : Panel 1 – Aide au diagnostic, monitoring permanent, modélisation du corps humain… Comment utiliser l’IA pour optimiser le parcours de soin et améliorer le confort du patient ?

    15h15 – 15h55 : Panel 2 –  Le patient augmenté : des objets connectés aux assistants virtuels coach de santé, quand l’IA transforme le paradigme de la santé, qui devient préoccupation du quotidien, quelle nouvelle relation patient-médecin et selon quels business models ?

    16h45-17h15 : Pitch des pépites de la Health Tech françaises : Novadiscovery, VirtualiSurg, Diabnext, Qalyo, Therapixel

    17h15 – 18h00 : Panel 3 – L’IA en quête de confiance : à l’aube de l’entrée en vigueur du RGPD le 25 mai 2018, comment être en conformité avec la réglementation sur la protection des données de santé et en faire un levier de confiance ?

  • Appel à projets Innov’up Leader PIA : entre 100 et 500 k€ pour les projets du numérique et en santé

    Les start-ups, PME et ETI franciliennes sont invitées à candidater à l’appel à projets ouvert le 20 mars 2018 par l’État et la Région Île-de-France, dans le cadre du troisième volet du Plan d’investissement d’avenir, en vue de financer les projets d’innovation les plus ambitieux.

    Les projets éligibles doivent rentrer dans la catégorie des projets dont les coûts de développement sont d’au minimum 200 000 euros, sachant que le montant du soutien public sera compris entre 100 000 euros et 500 000 euros par projet sélectionné, et versé sous la forme de 2/3 de subventions et de 1/3 d’avances récupérables.

    Ces projets d’innovation doivent participent du développement des filières stratégiques de la Région Île-de-France, parmi lesquelles :
    • le numérique : big data, calcul haute performance, cyber-sécurité, industries culturelles et créatives, infrastructures numériques, intelligence artificielle, internet des objets, fintech, logiciels, réseaux, smart grid, etc. ;
    • la santé : biotechnologies, dispositifs médicaux, silver économie, etc.
    De façon plus générale, les projets doivent s’inscrire dans cinq thématiques : l’industrie du futur, la fabrication additive, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et la robotique.

    L’appel à projets prend fin le 1er juin 2018 à 17h00.

    La Région s’engage pour dynamiser la croissance française

    Innov’up Leader PIA est un programme doté d’une enveloppe globale de 20 millions d’euros qui vise à accélérer l’émergence de futurs leaders nationaux et internationaux en versant des aides publiques comprises entre 100 000 et 500 000 euros par projet.

    Au cours de 2018, au total trois périodes de relève des dossiers de candidature sont ouvertes : l’actuelle, celle du 1er juin 2018 et celle 28 septembre 2018. En 2019, la date du 7 janvier 2019 est déjà fixée. Après chaque date de relève de dossiers, la sélection des meilleurs projets d’innovation sera effectuée par les services de la Direccte et de la Région, sur la base des instructions de dossiers qui seront réalisées par l’opérateur Bpifrance.

    Les critères d’éligibilité

    • Degré de rupture et caractère innovant du projet :
      • Degré de rupture en termes d’innovation technologique ou non technologique (offre, organisation, modèle d’affaires) et caractère très innovant par rapport à l’état de l’art international ;
      • Capacité de valorisation des travaux du projet notamment en termes de propriété intellectuelle (brevets, licences, …) ;
    • Potentiel commercial :
      • Marché potentiel de la solution développée, et qualité et robustesse du modèle économique et du plan d’affaires proposé, démontrant notamment un retour sur investissements pour le porteur ;
    • Retombées économiques et emplois sur le territoire francilien (y compris des tâches sous-traitées), issues directement du projet, des suites qu’il donnera ou, en tant que de besoin, de sa cohérence avec les politiques territoriales ;
    • Externalités socio-économiques favorables du projet sur le territoire francilien, dont l’aspect environnemental ;
    • Qualité du projet présenté :
      • Démonstration de la faisabilité et de la robustesse du projet ;
      • Méthodologie et degré de documentation préalable ;
      • Pertinence de la durée du projet en cohérence avec l’ambition des travaux à mener. Dans le cas général, la durée du projet se situera entre 12 et 24 mois ;
    • Capacité du porteur à porter le projet :
      • capacité du porteur à mener à bien le projet, notamment opérationnelle et financière. Les bénéficiaires doivent en particulier présenter des capitaux propres et un plan de financement en cohérence avec l’importance des travaux qu’ils se proposent de mener dans le cadre du projet présenté ;
      • capacité du porteur à assurer l’industrialisation du projet et à accéder aux marchés visés ;
      • adéquation des compétences de l’équipe dédiée au projet, notamment en matière de développement rapide de projet innovant.

    Soumission

    Les équipes de Bpifrance, de la Région et les services de la Direccte d’Ile-de-France se tiennent à la disposition des partenaires des projets pour les accompagner dans la préparation de leurs dossiers.

    Tous les dossiers doivent être soumis électroniquement via une plateforme, accessible via ce lien.

    Les informations complémentaires sont disponibles un site dédié.

  • IA médicale : « La Chine est beaucoup plus proactive que la France » (Charles Bark, HiNounou)

    Charles Bark, fondateur et P.-D.G de HiNounou, la toute première offre insurTech pour personnes âgées en Chine, livre en détails à H&TI les spécificités de son dispositif home care et ses ambitions pour les années à venir.

    L’innovateur nous partage également sa vision du marché de l’IA et de la silver tech, estimant que la Chine pourrait devenir le numéro 1 dans ces domaines en raison de son approche proactive, contrairement à la France, qui, selon l’expert, prend du retard en s’attardant sur des réflexions d’ordre philosophique au lieu d’agir.

    Le pack HiNounou est entièrement centré sur la prévention

    Comment vous est venue l’idée de créer un pack insurTech à destination des personnes âgées ?

    Il y a une expression en Chine qui dit que la fleur de lotus est issue de la boue. Je pense que les plus belles inventions, les plus belles innovations naissent de la résolution d’un problème. Et c’est exactement ce qui s’est passé avec la création de notre entreprise.

    Cela remonte à cinq ans. J’ai appelé ma mère, elle m’a dit que tout allait bien. Puis mon frère m’a contacté pour m’apprendre qu’elle était tombée. J’ai eu un choc et je me suis dit que je n’avais aucun moyen d’avoir une réelle visibilité sur son état de santé. J’ai alors pensé aux applications météo qui permettent de connaître de manière assez précise le temps qu’il fait dans telle ou telle ville. Je me suis dit qu’il serait intéressant de mettre en place le même système pour mieux suivre la santé de ses proches et, dans l’idéal, prévoir les problèmes de santé qu’ils risquent de rencontrer. C’est comme ça que l’aventure HiNounou a commencé. La société a été créée en 2016 à Hong Kong et nous avons lancé l’année dernière une antenne à Shanghai.

    Vous misez donc avant tout sur la prévention.

    Je suis persuadé que si nous nous concentrons sur la prévention, les résultats seront meilleurs. Aujourd’hui, les services de soins dédiés aux personnes âgées sont généralement orientés « post accident ». L’intelligence artificielle (IA) et les objets connectés permettent de modifier la manière dont nous soignons afin d’être davantage centrés sur le préventif que sur le curatif. Comme le dit l’expression française : « mieux vaut prévenir que guérir ». C’est la stratégie de HiNounou !

    En quoi consiste votre offre exactement ?

    Notre solution permet de mettre en place un suivi à domicile réalisé par le patient lui-même. Dans le pack HiNounou, il y a un smartphone, un auto-tensiomètre, un oxymètre, un test ADN et un contrat d’assurance Axa.

    L’utilisateur n’a besoin que de cinq minutes par jour pour recueillir ses données de santé. Les icônes de l’application sont de grande taille et il y a des photos pour expliquer clairement aux consommateurs comment utiliser les différents outils du pack. Lorsque la personne utilise l’oxymètre par exemple, elle a juste à ouvrir l’application et à mettre l’appareil sur son doigt. Les données sont transmises automatiquement à l’appli et elle peut ensuite savoir, grâce à une jauge, si ses résultats sont bons (partie colorée en vert), à suivre de près (orange) ou mauvais (rouge). Elle peut aussi voir la moyenne de ses résultats sur trente jours.

    S’il y a un problème, notre système peut alerter le ou les proches connectés à l’application et l’utilisateur peut également téléphoner à Axa afin de bénéficier d’une assistance 24/7. Nous travaillons aussi avec le groupe Ping An, qui propose une assurance accidentelle et décès.

    Une offre insurTech unique en Chine

    Votre pack inclut une assurance santé pour les personnes de plus de 65 ans. Une première en Chine. Pourquoi aucun assureur ne propose de contrats aux seniors ?

    Aucune assurance ou mutuelle ne veut assurer les personnes âgées parce qu’elles les considèrent trop fragiles. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’espérance de vie en bonne santé à la naissance atteint 68,5 ans en Chine alors que l’espérance de vie générale est de 76 ans (chiffres 2015). La période située après 68 ans est donc critique en matière de santé.

    Comment avez-vous réussi à convaincre Axa et Ping An de collaborer avec vous ?

    Ce qui était perçu avant comme une situation risquée l’est beaucoup moins grâce à notre innovation qui permet de réduire les risques de problèmes cardiaques, faisant passer de trente jours à dix jours la durée moyenne des hospitalisations et donc de limiter les coût. Avec notre proposition, les cartes du jeu ont changé. Cela a attiré les assureurs !

    Êtes-vous vraiment les seuls à proposer une offre sur ce marché ?

    À l’heure actuelle et à ma connaissance, oui. Si nous sommes parvenus à lancer cette solution insurTech, c’est grâce à l’innovation que nous avons apportée. Afin de proposer le dispositif le plus pertinent et performant possible, nous avons mené quatre ans de R&D en France au niveau cardiologique car les plus gros problèmes de santé des personnes âgées sont les maladies chroniques, notamment cardiaques. Selon l’OMS, sur 56 millions de décès dans le monde enregistrés en 2015, 17,5 millions étaient imputables aux maladies cardiovasculaires, la première cause de mortalité à travers le monde entier.

    Les travaux de recherche que nous avons effectués en partenariat avec l’UTBM (université de technologie de Belfort-Montbéliard) et le CHU de Strasbourg à travers le programme « e-care » ( « e-santé »), testé sur 8 000 personnes, ont permis de mettre au point un système capable de détecter six jours à l’avance un arrêt cardiaque.

    Une offre intégrée

    HiNounou a également signé un accord avec le fabricant de téléphones chinois ZTE. En quoi consiste votre partenariat ?

    ZTE nous a perçu comme très innovants dans le secteur de l’assurance santé. Par le biais d’un accord d’une durée de deux ans, nous avons convenu que notre application HiNounou serait pré-installée sur une partie de leurs smartphones. Pour l’instant, ce contrat concerne 20 000 téléphones, sur un total d’environ 1,2 million de terminaux vendus par le fabricant. Nous avons ainsi un très bon potentiel au niveau de notre visibilité.

    Quel est votre business modèle ?

    Nous achetons les dispositifs médicaux à un prix convenu avec nos partenaires, Axa et Ping An. Nous mettons notre marque en avant sur tous ces produits puis nous vendons le pack aux consommateurs. L’avantage c’est que nous proposons un dispositif intégré.

    En règle générale, les fabricant d’i-outils ou de tests ADN vendent indépendamment leurs produits. Ils se moquent de savoir quels seront les résultats et si les consommateurs sont en bonne santé. J’ai pensé l’outil pour ma mère et, comme elle est médecin, je me devais de proposer une solution de qualité qui tienne la route. L’idée est de proposer un ensemble de dispositifs qui ne soit ni orienté produit, ni orienté service mais qui combine le tout pour permettre aux personnes âgées de mener le reste de leur vie en bonne santé. Notre but est d’identifier les risques génétiques, hérités par les parents. Une fois que ces risques ont été repérés, nous agissons sur la prévention, d’où l’utilité d’avoir des équipements de suivi, puis nous proposons une assistance à domicile si besoin.

    Ciblez-vous uniquement le marché chinois ?

    Nous sommes en pourparlers avec plusieurs acteurs étrangers. Nous avons rencontré des délégations sud-coréennes d’Axa, nous avons aussi échangé avec la division « elderly care » de Sodexo pour envisager un déploiement aux États-Unis mais aussi avec Swissray (un groupe suisse qui développe du matériel d’imagerie médicale, ndlr), avec le groupe mutualiste français VYV et d’autres assureurs.

    Tests ADN : « Les Européens se posent beaucoup trop de questions existentielles »

    Vous aimeriez développer votre pack en France, cependant, le pays n’autorise pas la commercialisation de tests ADN, comme de nombreux autres États européens. Comment pensez-vous surmonter cet obstacle ?

    Notre offre est modulaire donc elle peut s’adapter à tous les marchés. Si le pays n’accepte pas le test ADN, nous allons tout simplement le retirer du pack. Nous pouvons aussi nouer d’autres partenariats avec des assureurs locaux pour nous adapter aux particularités de chaque marché.

    Le test ADN est déjà considéré dans d’autres pays comme un équipement médical, comme le test urinaire ou sanguin. C’est le cas aux États-Unis et en Chine par exemple. Le problème, en Europe, c’est qu’on se pose beaucoup trop de questions existentielles qu sont selon moi infertiles. Selon moi un test ADN n’est ni plus ni moins éthique que le prélèvement d’échantillons sanguins… Quand tous ces pays vont se réveiller et réaliser que le test ADN est devenu une référence d’un point de vue médical, ils auront accumulé beaucoup de retard dans le domaine de la génomique.

    J’ai expliqué au Président Macron (rencontré lors de sa visite officielle en Chine) que HiNounou était exactement le type de start-up qui montrait quelle était l’attitude à adopter en la matière. Nous importons l’innovation française en Chine, nous l’adaptons au marché chinois avec des grandes entreprises locales comme Ping an et ZTE mais aussi avec des sociétés françaises comme Axa, puis nous ajoutons à tout cela une innovation chinoise, ici le test ADN. Quand nous disposerons d’une base de données clients d’un million de personnes, imaginez les travaux de recherche que nous pourrons mettre en place pour progresser et innover encore plus !

    Tout cela nous permettra de faire un retour positif à la France. Quand le pays sera prêt à réellement s’intéresser au marché de la silver tech et à exploiter l’analyse d’échantillons ADN, nous pourrons mettre en avant le retour sur expérience que nous aurons eu avec les consommateurs chinois et américains. Nous commençons d’ailleurs déjà à nous faire remarquer en France. Notre équipe a été mandatée en décembre 2017 par la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) pour mener une étude en Chine sur l’IA axée sur l’insurTech afin de savoir ce qui peut être mis en place en France dans le domaine. C’est toute une boucle ! L’idée part de France, nous adaptons et dynamisons la solution à la grandeur du marché chinois et à ses spécificités, nous ajoutons à cela une innovation locale puis le produit repart en France avec une plus-value.

    Vous êtes né à Neuilly et avez vécu en France pendant de longues années. Vous auriez pu lancer HiNounou en France. Avez-vous choisi de vous baser en Chine essentiellement pour ces raisons réglementaires dont vous parliez plus tôt ?

    Exactement. Dans le domaine de la e-santé, nous avons remarqué qu’en France il était quasi impossible d’évoluer à cause de ces restrictions d’ordre légal. La protection de la vie privée est bien sûr importante, et c’est bien qu’il y ait des règles, mais selon moi il ne faut pas que la loi paralyse le développement de la recherche.

    L’avantage en Chine, c’est que le gouvernement a compris que l’analyse d’ADN était l’avenir de la médecine parce qu’elle permettra d’avancer au niveau de la médecine de précision. Si les laboratoires pharmaceutiques et les compagnies d’assurance ne s’intéressent pas à ce secteur dans les années à venir, ils vont devenir les prochains Kodak de la santé. Ils vont être dépassés !

    « La privatisation des données de santé n’existe pas en Chine » 

    En France, et en Europe plus généralement, les consommateurs sont assez méfiants à l’idée de partager leurs données de santé. Les consommateurs asiatiques sont-ils réellement beaucoup plus ouverts sur cette question que les Européens ou est-ce un cliché ?

    Tout est une question de culture. En Chine, la perception de la vie privée est complètement différente. Par exemple, ici, tous les soins se font à l’hôpital. Quand le médecin échange avec un patient, le patient d’après est en train d’attendre juste derrière et il écoute tout, la porte est grande ouverte. La privatisation des données de santé n’existe pas en Chine, il n’y a pas d’intimité en matière de soins ! Ce qui s’applique en France ne peut pas l’être ici.

    Et, soyons honnêtes, en France, quand un patient réalise des tests médicaux, qui sait qui a exactement accès aux résultats ? Il est important de mettre tout en œuvre du point de vue technologique pour protéger les données de santé mais il faut arrêter de croire que l’accès à ces informations est complètement restreint. 

    Selon M. Bark, la Chine sera leader sur les marchés de l’IA et de la silver tech

    Pensez-vous que la Chine peut devenir leader sur le marché mondial de la health tech, en particulier dans les domaines de l’intelligence artificielle et des soins à domicile ?

    Bien sûr. L’IA repose sur l’analyse des big data. Plus il y a de données, plus l’intelligence artificielle et les algorithmes créés derrière seront bons. Or, la Chine est beaucoup plus proactive que la France, par exemple, estimant qu’il est plus intéressant de d’abord lancer l’innovation pour percevoir son potentiel plutôt que de commencer par légiférer. Sa logique est donc de recueillir un maximum de données et ensuite de peser le pour et le contre.

    Par ailleurs, l’un des grands atouts de la Chine, c’est l’importance de sa population. Cela nous permet de lancer notre produit à grande échelle sur un seul marché et de tirer des conclusions assez rapidement. La Chine et les États-Unis sont tous deux à la pointe en matière d’IA mais la Chine est devant les États-Unis au niveau du nombre de consommateurs potentiels. De plus, le gouvernement est plus souple au niveau législatif et les consommateurs asiatiques, en particulier les personnes âgées, sont plus réceptifs aux technologies high tech que les consommateurs américains.

    Selon vous, la Chine pourrait-elle également dominer le marché mondial de la silver tech ?

    Nous avons fait des tests pilotes avec des personnes âgées. Quand nous leur avons demandé s’ils pensaient avoir des difficultés à utiliser un smartphone, ils n’ont pas compris la question. Et c’était aussi le cas pour les personnes de 80 ans et plus. Ici, les sexagénaires s’amusent avec leurs téléphones dans le métro, ils vont sur WeChat (application mobile de messagerie de Tencent, ndlr), etc. Tous les dispositifs insurTech ont beaucoup plus de potentiel dans les pays où la digitalisation a déjà intégrée les modes de vie.

    Par ailleurs, en Chine, sur 230,8 millions de personnes âgées de plus de 60 ans (chiffres fin 2016), des dizaines de millions vivent seules. Auparavant, les enfants, et en particulier les filles, s’occupaient de leurs parents mais, aujourd’hui, ce modèle est en train de mourir car les femmes sont de plus en plus actives et elles ne veulent plus être cantonnées uniquement à un rôle domestique. Les enfants de ces personnes âgées isolées vont donc être plus enclins à acheter des dispositifs home care pour leurs parents dans les années à venir.

    De plus, en 2050, presque une personne sur deux sera âgée de plus de 60 ans en Chine (44 %), indique l’ONU. En France, il aura fallu 150 ans pour que la part des personnes âgées double de proportion par rapport à la population totale. En Chine, cette évolution aura lieu en vingt ans. Idem pour l’Inde et le Brésil. La population âgée chinoise est déjà importante en termes de nombre aujourd’hui donc si elle double, les possibilités vont être énormes dans le secteur de la silver tech.

    « Il ne faut pas diaboliser l’intelligence artificielle »

    Vous êtes d’ailleurs en train de développer un robot compagnon pour pallier ce problème de l’isolement social. Pensez-vous que les robots pourraient devenir les futurs « amis » des personnes âgées ?

    Je suis un geek mais je ne crois pas au concept d’une personne seule avec un robot. L’opposition IA versus l’humain n’a pas de sens. Tous nos dispositifs sont des outils qui augmentent le pouvoir humain et qui pallie le manque de présence humaine. L’idée n’est pas de remplacer le contact humain mais, au contraire, de renforcer le lien entre les personnes âgées et leurs proches. Par exemple, l’utilisateur pourra demander au robot HiNounou d’appeler son fils et il pourra discuter en direct avec lui comme s’ils étaient tous les deux dans la même pièce grâce à notre dispositif de reconnaissance faciale (trois caméras suivent l’interlocuteur lorsqu’il se déplace) permettant d’obtenir une vision à 360 degrés.

    Projetons-nous encore un peu plus. Je travaille actuellement avec des chercheurs en sciences cognitives afin de mettre au point un système permettant au robot de détecter les émotions de l’utilisateur. Si l’usager est anxieux ou dépressif, par exemple, l’un des problèmes principaux chez les personnes âgées isolées, le robot pourra lui proposer d’appeler sa fille ou de lui passer une chanson qu’il aime bien. Idem pour les questions d’ordre physique. Si le robot remarque que la personne n’a pas beaucoup bougé dans la journée et que le temps est ensoleillé, il pourra l’inciter à aller se promener en lui proposant un parcours dans un parc situé près de son domicile. Le robot pourra ainsi devenir un gentil compagnon permettant de s’assurer du bien-être de son utilisateur.

    Certains scientifiques craignent cependant que l’IA ne devienne à terme un danger pour l’Homme.

    Il ne faut pas la diaboliser comme il ne faut pas la déifier non plus. L’IA n’a pas pour but de tuer l’être humain. Le plus grand ennemi de l’Homme c’est l’Homme. Les robots ne font qu’appliquer ce que leurs fabricants ont programmé dans leurs systèmes. Si nous pensons grand et beau, nous atteindrons quelque chose de superbe.

    Quand envisagez-vous de lancer le robot HiNounou ?

    Nous sommes en train d’améliorer notre prototype et envisageons de lancer le produit final sur le marché fin 2018 ou début 2019. Nous proposons déjà le robot en offre premium. Notre idée est de nous faire un nom avec notre pack actuel centré sur une application mobile pour ensuite évoluer.

    Notre objectif est de devenir la référence dans le domaine du suivi à domicile des personnes âgées. Lorsque l’on parle de véhicules connectés, on pense à Tesla ; lorsqu’il est question d’innovation dans le secteur de la téléphonie mobile, on pense tout de suite à Apple ; j’aimerais que lorsqu’on aborde le sujet de la silver tech, on pense instantanément à HiNounou.

    Une collaboration avec le CNRS envisagée

    Vous avez échangé avec le président français, Emmanuel Macron, lors de sa visite en Chine en janvier. L’avez-vous senti réceptif face à votre produit ?

    Je voulais lui faire comprendre que ce que nous avons mis en place avec HiNounou avec nos petits moyens, nous aimerions le déployer en grand avec les acteurs français de l’high tech. Avec HiNounou, nous aimerions créer un hub d’innovation dans la silver économie car résoudre les problèmes dans ce domaine demande beaucoup de synergie. Le but serait d’interconnecter différents acteurs multi-sectoriels pour que chacun puisse apporter ses solutions spécifiques. Nous avons déjà lancé ce modèle à notre niveau mais nous souhaiterions le développer à plus grande échelle. Cela permettra d’équilibrer la balance commerciale en Chine par l’innovation car le pays pourra ainsi davantage miser sur l’exportation, ici de dispositifs axés sur les services de soins aux personnes âgées.

    Le président Macron m’a mis en relation avec la  Frédérique Vidal, ministre française de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, qui était elle aussi présente en Chine. Elle m’a ensuite présenté à Antoine Petit, le président du CNRS, et nous avons commencé à envisager une collaboration. Il m’a notamment assuré qu’il était prêt à nous aider si nous avions besoin de soutien au niveau innovation. C’est un vrai plus car la France est très bonne en matière d’innovation, elle dispose d’excellents ingénieurs et chercheurs. Le fait de réfléchir très amont aux questions éthiques n’a pas que des effets négatifs puisqu’en analytique, par exemple, les chercheurs se coupent les cheveux en quatre afin de proposer les meilleures solutions possibles. Il est donc important de faire voyager ces belles innovations en dehors de la France et de les convertir en business, de les adapter à différents marchés. Il faut dépoussiérer toutes ces idées qui sommeillent dans les tiroirs des centres de recherche et des laboratoires français.

  • 7e Colloque Francophone de Simulation en Santé, Université de Caen du 4 au 6 avril 2018

    Sofrasims, la Société francophone de simulation en santé, et Norsims, le centre de simulation hospitalo-universitaire caennais, organisent du 4 au 6 avril 2018 la 7e édition du Colloque Francophone de Simulation en Santé à l’Université de Caen Normandie.

    Sofrasims, association créée sous le haut patronage de la Haute Autorité de Santé (HAS) afin de promouvoir l’utilisation de la simulation dans tous les domaines de la santé par la formation, la recherche et la diffusion de recommandations, propose un événement de trois jours autour de la simulation articulés autour de conférences, ateliers, démonstrations et débats.

    Y seront abordés notamment les thèmes de la place de la simulation en télémédecine, télé-expertise neurologique et télésurveillance multi-pathologies lors du pré-congrès. La place de la simulation dans les cursus de formation initiale ou continue, dans la chirurgie sont à l’ordre du jour. Des intervenants internationaux rendront compte de la simulation médicale aux Pays-Bas et aux États-Unis. Enfin, un symposium sur les serious game et la formation de demain aura lieu le jeudi 5 avril 2018.

    Le programme complet est disponible via le lien ci-contre.

    Programme

    •  PRECONGRES Télémédecine et simulation :
      • Introduction : Emmanuel Touzé, Caen ; Dominique Goutte, Agglomération Caen-La-mer; Rémi Sabatier, Caen
      • 9h10- 9h40 : Pourquoi une formation en télémédecine ?, Nathalie Salles, Bordeaux;  Lydie Canipel, Paris
      •  9h40 – 10h10 : Formation à la téléconsultation par la mise en situation Grégory Szwarc, Caen
      • 10h30 – 10h50 : Place de la simulation en télémédecine : en diabétologie, Mickaël Joubert, Caen
      • 10h50 – 11h10 : Place de la simulation en télémédecine : télé-expertise en urgence – la prise en charge des urgences neurologiques, Elisabeth De Mederos, Besancon
      • 11h10 – 11h30 : Formation à la Télésurveillance multi-pathologies : le bon usage de l’outil enseigné par la simulation de cas clinique, Karine Hauchard, Caen ; Frédérique Gudanis, Caen
      • 11h30 : Débat sous forme de table ronde des intervenants
    • Ouverture du Congrès :
      • 14h – 15 h : Table ronde : place de la Simulation dans les cursus en santé, Modérateur : Dan Benhamou, Paris
      • 17h15 – 18h 15 : La simulation en Francophonie : exemple de la Tunisie, Hamdi Boubaker, Monastir, Tunisie ; Modérateurs du débat : Dominique Van Pée, UCL, Louvain ; Dan Benhamou, Paris
    • Jeudi 5 avril :
      • Matin : Des débats autour du patient simulé et des simulations in situ
      • 13h15 – 14 h: Patient simulé, Jan-Joost Rethans, Mastricht, Pays-Bas
      • 14h- 14h45 : The good judgement, Demian Szyld et Kate Morse, Center for Medical Simulation, Boston, USA
      • Ateliers autour des thèmes de la simulation et interprofessionalité et la recherche et simulation
    • Vendredi 6 avril :
      • Thèmes traités : simulation et démarche qualité ; simulation en chirurgie ; pharmacie ; psychiatrie
      • Compte-rendu des travaux des groupes de travail SoFraSimS
    • ATELIERS & SYMPOSIUMS
      • Des ateliers à destination des industriels seront proposés jeudi 5 avril pour déterminer comment bien construire un atelier de simulation procédurale.
      • Par ailleurs, des ateliers à destinations des techniciens en simulations seront disponibles :
        • 10h45-11h15 : État des lieux Canada / France de la formation initiale et continue pour les techniciens en simulation, Mélanie Pelletier, Laval et Bertrand Bech, Paris
        • 11h15-11h45 : En quoi les techniciens sont-ils concernés par un DU/attestation de formation de formateur en simulation ou une formation spécifique, Marc Lilot, Lyon ; Lucas Denoyel, Lyon ; Victor Gasia, Strasbourg ; Bertrand Bech, Pari
        • 11h45-12h15 : Définition d’une fiche de poste et des compétences «technicien en simulation» homogène en franco-phonie (SofraSimS) Victor Gasia, Strasbourg ; Stéphane Aymer, Chambéry
        • 12h15 – 13h15 : SYMPOSIUM 1 : SERIOUS GAMES & FORMATION DE DEMAIN

    Inscription et tarifs

    L’inscription se fait par le biais du formulaire électronique disponible via ce lien.

    Les tarifs d’inscription sont compris entre 100 et 630 euros.

  • Des médecins de Stanford alertent sur les problèmes éthiques liés à l’intelligence artificielle

    Les algorithmes d’aide au diagnostic se développent à grande échelle. Face à ce phénomène massif, des médecins chercheurs de l’Université de Stanford tirent la sonnette d’alarme. Ces algorithmes sont porteurs de biais, intentionnels ou pas, qui peuvent poser de graves problèmes éthiques. Dans leur prise de position* publiée le 15 mars 2018 dans le New England Journal of Medicine, ils invitent leurs confrères à se plonger dans les algorithmes afin de les évaluer.

    Les promesses de l’intelligence artificielle

    Les algorithmes d’apprentissage automatique feront partie des outils de base des médecins de demain. Et « l’arrivée des techniques d’intelligence artificielle dans le champ de la médecine clinique est prometteuse concernant l’amélioration des soins », reconnaissent des médecins-chercheurs de la prestigieuse université de Stanford. Cependant, ces derniers ont signé un article de perspective le 15 mars 2018 dans le New England Journal of Medicine pour mettre en garde contre les dangers potentiels de l’intelligence artificielle. Certaines dérives sont déjà visibles dans d’autres champs que celui de la médecine. Les auteurs de la tribune citent « les programmes conçus pour aider les juges à déterminer la peine en prévoyant le risque de récidive d’un délinquant ont montré une propension déconcertante à la discrimination raciale. »

    Pour tirer tous les avantages des techniques d’apprentissage automatique, ces médecins plaident donc pour une prise en compte des différents défis éthiques.

    Alerte sur des données biaisées

    Les auteurs de l’article paru dans le New England Journal of Medicine attirent tout d’abord l’attention sur le fait que les algorithmes risquent de conduire à des erreurs diagnostic si les données sont biaisées. Un manque de données sur certaines populations peut conduire à une forme de discrimination dans les soins.

    Une autre forme de biais, tout aussi involontaire, pourrait également être responsable d’inégalité dans l’accès aux soins. Quand les médecins intègrent le manque de ressources financières et se livrent à une sorte de rationnement des soins pour les cas les plus graves,  » les systèmes d’apprentissage automatique peuvent conclure que ces résultats sont toujours fatals ». Les concepteurs d’algorithmes pourraient aussi être tentés par la tromperie volontaire, comme l’algorithme de Volkswagen qui permettait aux véhicules de passer des tests d’émissions en réduisant leurs émissions d’oxydes d’azote lorsqu’ils étaient testés. Ils évoquent la possibilité de créer des algorithmes ayant pour but premier de générer des profits en recommandant par exemple certains médicaments.

    Les cliniciens peuvent se tourner vers l’apprentissage automatique pour obtenir un diagnostic et des conseils sur les traitements, et non simplement comme un outil de soutien. Si cela se produit, les outils d’apprentissage automatique deviendront des acteurs importants dans la relation thérapeutique et devront être liés par les principes éthiques fondamentaux, tels que la bienfaisance et le respect des patients, qui ont guidé les cliniciens.

    Des cliniciens capables d’évaluer les algorithmes

    Pour éviter ce genre de scénario catastrophe, les auteurs de la tribune invitent leurs confrères à se plonger dans l’intelligence artificielle et à travailler en partenariat avec les concepteurs de ces algorithmes. « Les médecins qui utilisent des systèmes d’apprentissage automatique doivent se familiariser davantage avec leur construction, les ensembles de données sur lesquels ils sont construits et leurs limites, écrivent-ils. Rester ignorant de la construction de systèmes d’apprentissage automatique ou permettre de les construire en tant que boîtes noires pourrait conduire à des résultats éthiquement problématiques. » Ils appellent aussi les médecins à garder leur libre-arbitre afin de mettre en balance leur expérience clinique et ce que « prédit » le machine learning.

    Réinventer la relation médecin-patient

    Enfin, les chercheurs de Stanford posent la question de la relation médecin-patient. Avec l’arrivée de l’apprentissage automatique, la notion clé de « confidentialité » est quelque peu chahutée. En effet, les outils d’aide à la décision se nourrissant de données, il devient délicat de soustraire certaines d’entre elles pour des raisons de confidentialité. Retirer des données du dossier médical électonique pourrait alors priver le patient de soins, voire d’un diagnostic pertinent. « La mise en œuvre de systèmes d’apprentissage automatique nécessitera donc une réimagination de la confidentialité et d’autres principes fondamentaux de l’éthique professionnelle », prédisent les auteurs de la tribune.

  • Le NIH américain annonce la création d’une base de données de santé d’envergure inédite

    Le National Institutes of Health (NIH) a annoncé, en mars 2018, le lancement en avril 2018 d’un programme de collecte de données de santé d’envergure nationale intitulé « All of Us Research Program ». Le NIH espère recruter un million de volontaires aux âges, origines ethniques et conditions économiques variés.

    Les participants devront transmettre le contenu de leur dossier médical et le résultat de tests sanguins au NIH. Ils se verront proposer le port quotidien d’outils connectés de suivi de l’activité physique. Ils devront par ailleurs renseigner des questionnaires sur leur alimentation et accepter le séquençage de leur génome.

    Les instigateurs du programme espèrent constituer une base de données de santé d’ampleur inédite aux États-Unis, à des fins de recherche : les données collectées seront rendues accessibles aux chercheurs en santé publique. Elles s’inscriront notamment dans le cadre de la prévention des maladies chroniques.

    All of Us Research Program coïncide avec le lancement d’initiatives analogues par, notamment, le Department of Veterans Affairs. Les objectifs et modalités de participation au programme sont décrits sur le site internet du NIH.

    NIH All of us research program

  • Healthcare Data Summit – l’usage et l’exploitation des données de santé, le 23 mars 2018 à Paris

    L’association des Laboratoires Internationaux de Recherche (LIR) organise le 23 mars 2018 à Paris, le 1er HealthCare Data Summit, qui se veut un incubateur d’idées pour la santé de demain.

    Il s’agit d’une journée autour de 3 débats de 90 minutes, avec les experts français et internationaux, autour des données de santé et de leur exploitation par les industries de santé, organisée avec le soutien du G5 santé. Les start-ups ayant des activités autour des données de santé sont également de la partie.

    Offrant une occasion de rassembler des idées neuves sur l’évolution de la qualité des parcours de santé, l’évaluation des innovations en vie réelle, et l’usage des données générées par les patients, les idées émergeant au cours de la journée feront objet d’une communication spécifique à destination des décideurs au mois de juin 2018.

    Des institutions publiques (Bpifrance) et privées (EY, Cegedim) et plusieurs think tank (Renaissance Numérique et le HDI) sont également partenaires de l’événément.

    Programme

    • 9h00 – 10h30 : Numérique et données au service de la qualité des parcours de santé (animé par Jean-Pierre Thierry)
    • 10h45 – 12h15 : Données de santé et évaluation des innovations (animé par Jacques Biot)
    • 13h00 – 14h15 : Données générées par les patients et intelligence artificielle (animé par Jean-David Zeitoun)
    • 14h30 – 15h30 : Networking et échanges one-to-one avec les speakers/invités internationaux et les start-up des données de santé

    Inscription et contact

    Ingrid Thevenet +33 1 55 61 32 10

    Adresse électronique : ingrid.thevenet@fr.ey.com

  • HIMSS 2018 : Partners Healthcare propose d’utiliser le patient comme principal indicateur de qualité

    12,5 milliards d’euros (15,4 milliards de dollars), tel est le coût du suivi des indicateurs de qualité aux États-Unis. Mais la traque à la mesure d’indicateurs au cours des dernières années n’a pas fait recette. Force est de constater qu’un tel suivi n’a pas permis l’amélioration du soin pour les premiers concernés – les patients, et, pis encore, il est source de frustrations chez les médecins et le personnel médical. Il est indispensable de sortir du cadre des mesures actuelles visant à documenter le soin, assurer l’atteinte d’un minimum de standard, documenter les prises de décision ou à inciter le paiement à la performance et à la transparence.

    Tels sont les principaux constats faits à l’occasion de la conférence qui s’est déroulée à Las Vegas à l’occasion de HIMSS 2018, intitulée « Véritable qualité : une recette pour des patients plus sains et des médecins plus satisfaits » sur laquelle Health&Tech Intelligence, présent à Las Vegas, vous propose un retour.

    Thomas Sequist de chez Partners Healthcare, un groupe d’établissements de santé américain, propose un changement de paradigme en replaçant le patient au cœur du processus d’évaluation et en recadrer le rôle des médecins pour les extraire de celui d’arpenteurs du soin.

    Quid de la valeur apportée au patient?

    75% médecins pensent que les indicateurs ne reflètent pas la qualité du soin

    Aujourd’hui plus de 12,5 milliards d’euros sont chaque année consacrés au reporting d’indicateurs de qualité. À la question « est-ce un bon investissement ? », la réponse est non. Les indicateurs de qualité actuels n’illustrent pas la qualité des soins apportés aux patients et par conséquent ne sont pas utilisés par les médecins pour améliorer la qualité.

    Dans le cadre d’une enquête réalisée par Partners Healthcare auprès de médecins de premier recours, les cardiologues et les orthopédistes, 25% des praticiens toutes spécialités confondues estiment que les mesures qualitatives reflètent la qualité du soin, et 27% que les indicateurs établis sont utilisés aux fins d’amélioration de la qualité des soins.

    D’autre part, bien que les processus de mesures se multiplient, il existe d’importants manques qui sont source de mécontentement chez les praticiens :

    • on ne mesure pas la valeur du soin apportée au patient (patient reporting outcome), ni la sécurité dans le cadre des soins ambulatoires, et on ne qualifie pas non plus les soins de suite ;
    • l’amélioration des soins n’est pas liée au processus de mesure ;
    • la mesure devient un fardeau, ou pire, une distraction pour le médecin ;
    • une perte de confiance est générée chez le clinicien, dû au fait que l’amélioration de ses propres scores de performance ne donne pas lieu à une amélioration pour leurs patients.

    Les indicateurs actuels se trompent de cible

    Les méthodes pertinentes de suivi manquent. À défaut de savoir comment mesurer, on mesure des paramètres superflus et on génère de la frustration. Partners Healthcare prend pour exemple les mesures sur lesquelles s’appuient les programmes incitatifs des CMS (Centers for Medicare & Medicaid Services). On y trouve, dans le cadre de « l’expérience patient », la communication avec le personnel médical et la réactivité de ce dernier, la gestion de sa douleur, la propreté de l’établissement, etc. Pour juger de l’efficacité des cliniciens, on scrute les dépenses générées par bénéficiaire, le taux de mortalité et les taux de réadmission à l’hôpital à la suite d’une intervention.

    Mesurer mieux pour soigner mieux – nouvelle approche

    C’est ce qui a poussé Partners Healthcare à arrêter une nouvelle approche fondée sur de nouveaux indicateurs de qualité construits sur la base des 6 grands principes.

    Qualifier et se donner des moyens pour une évaluation efficace

    La démarche repose sur un enchaînement de critères, dont le premier maillon consiste en des mesures cliniques plus pertinentes qui doit être lié à une meilleure adhésion des cliniciens. Les maillons doivent être associés à des investissements plus importants dans les efforts et dans les outils à mettre en place dans cette démarche. La réunion de ces critères doit déjà permettre de franchir une étape dans la pertinence des mesures cliniques et par conséquent aboutir à des soins de meilleure qualité.

    Les acteurs doivent comprendre clairement la motivation des efforts à fournir et adhérer à la démarche de fournir des mesures. Les parties prenantes sont généralement volontaires si leurs actions servent à améliorer la performance. Les mesures doivent être facilement disponibles. Elles doivent être qualifiantes au sens où elles illustrent la délivrance des soins et les résultats cliniques, et exploitables afin d’orienter les discussions et initier le changement. Enfin, il faut éviter la dispersion et établir un nombre de paramètres ciblés reflétant ce qui nous intéresse.

    Changement de paradigme avec le patient-évaluateur

    Cas pratique à travers l’exemple de l’ambulatoire

    En 2013, les mesures d’évaluations de la qualité de l’ambulatoire étaient à 100% basés sur la grille des critères HEDIS (Healthcare Effectiveness Data and Information Set). Depuis, des critères de qualité des soins de premier recours ont été introduits, puis à partir de 2015 des critères visant à évaluer les soins de second recours. En 2018, l’ensemble des critères d’évaluation est issu du dossier électronique du patient (EHR) et l’ensemble de ces critères basés sur le soin clinique.

    De nouvelles mesures ont été instaurées:

    • des briques de préventions, pour mesurer l’efficacité de la médecine de prévention ;
    • la réduction du risque cardiaque, pour mesurer l’efficacité de la prise en charge des maladies chroniques ;
    • un suivi précis de la surconsommation d’antibiotiques, pour qualifier les soins intensifs ;
    • le suivi des nodules pulmonaires, pour qualifier la sécurité des soins.

    Mesure de l’état de santé décrit directement par le patient

    Partners Healthcare a également mis en place une gestion populationnelle centrée sur le risque cardio-vasculaire. L’objectif est de faire des projections de risque chez une population identifiée à plusieurs échéances et de suivre son évaluation dans le temps au regard des mesures mises en place.

    Un autre exemple de suivi consiste à mesurer l’état de santé par le patient lui-même (patient reported outcome measure). Dans le cadre d’un remplacement du genou par une prothèse, le soin est évalué en fonction du niveau de douleur rapporté par les patients avant l’intervention, tous les cinquante jours et jusqu’à 350 jours après l’intervention.

    Une évaluation des actes de prostatectomie est faite sur la base de critères suivants, correspondant au ressenti du patient : fonctionnement intestinal, incontinence, irritations urinaires, dysfonctionnement sexuel, etc.

    Une politique de transparence avec publication des résultats d’évaluations par les patients

    Sur le site web des établissements de santé de Partners Healthcare sont publiés les résultats des enquêtes menées auprès de patients à travers des questionnaires. Une rubrique dédiée à la notation par les patients des établissements et de leur expérience existe, à l’instar de sites commerciaux.

    Moyens de garantir le succès de la méthode d’évaluation par le patient

    Partners Healthcare a enregistré, sur un an (septembre 2016-octobre 2017), une amélioration de 10% dans les évaluation des soins dans 7 spécialités.

    Pour que cette démarche soit une réussite, les cliniciens doivent être engagés et pour cela, ils ont besoin de se voir proposer des formations et des espaces d’échange. Les embarquer via la mise en œuvre d’un programme dédié pour expliquer les enjeux et motiver est nécessaire.

    Légitimer la démarche : mobiliser les parties prenantes et assurer la fiabilité des mesures

    Pour entériner leur approche, les experts de l’établissement travaillent sur deux aspects supplémentaires. Trouver la méthode pour faire adhérer les acteurs externes (agences nationales, institutionnels et règlementaires, financeurs) à leur nouveau système de suivi de qualité d’une part, et s’assurer de la validité et de la fiabilité des mesures effectuées, d’autre part.

    Autres champs et soins spécialisés évalués actuellement

    • Gestion des AVC aigus ;
    • ventilation mécanique ;
    • gestion des douleurs de poitrine aux urgences ;
    • interventions orthopédiques de remplacement du genou et de la hanche et les soins de suite ;
    • utilisation d’opioïdes post-césarienne ;
    • mesure de facteurs de risques sociaux ;
    • approches innovantes de l’évaluation de l’expérience patient ;
    • prise en charge de l’insuffisance rénale chronique, etc.
  • Le groupe média BCCL investit 6,3 M € dans l’indien CallHealth pour améliorer l’engagement patient

    CallHealth, la société indienne spécialiste des services et produits d’aide et de soins à domicile, a collecté, mi-février 2018, 7,8 millions de dollars US (6,3 M€) auprès de Bennett Coleman and Company Limited (BCCL ou The Times Group), la plus grande entreprise de médias grand public en Inde.

    Ce partenariat va permettre à CallHealth d’investir dans l’éducation et l’engagement de ses clients, mais aussi de faciliter le développement de sa solution par l’exploitation des plateformes multicanaux de BCCL.

    Donner davantage d’autonomie aux patients dans l’incapacité de se déplacer

    La plateforme numérique CallHealth offre une gamme de services d’aide et de soins à domicile personnalisés centrés sur la prévention, les soins assistés et le bien-être. En plein essor, elle devrait compter environ 450 millions d’utilisateurs en Inde d’ici cinq ans, indique l’entreprise.

    Une plateforme lancée en 2017

    L’idée de CallHealth est née après que Sandhya Raju, sa fondatrice, a subi une blessure à la jambe ayant endommagé un ligament.

    Ses proches l’ont emmenée voir un docteur pour réaliser divers examens médicaux. Gênée par sa blessure et devenue dépendante de son entourage pour se déplacer, la jeune femme imagine combien il serait pratique si tous les services dont elle avait besoin étaient accessibles depuis son domicile. Ainsi, après une phase de test, elle lance en janvier 2017 CallHealth, une plateforme de services de soins à distance.

    Les plateformes « omnicanal » BBCL pour une large diffusion

    « Alors que nous avons commencé [à développer notre services dans] des villes de niveau I, nous [ciblons] progressivement des villes de niveau II et III et ainsi de suite. Le processus d’engagement avec nos clients potentiels signifie que nous devons continuellement les éduquer, les tenir au courant des possibilités et de toutes les solutions intéressantes [dont nous disposons], a déclaré Hari Thalapalli, P.-D.G. de CallHealth (source : Yourstory.com). Nous recherchions des fonctionnalités qui nous aideraient à nous connecter et à communiquer avec le public. BCCL, avec la réputation de sa marque et ses capacités [en tant que groupe média], apporte une proposition intéressante car il nous permet d’atteindre un public plus large. »

    Des patients plus éduqués et plus engagés

    « La plateforme (…) de CallHealth a la capacité de relier les divers éléments de l’écosystème de soins afin d’offrir plus de commodité et d’accès [ainsi que] des tarifs abordables aux utilisateurs, a souligné de son côté Sivakumar Sankarappan, directeur du marketing numérique à BBCL. Notre partenariat avec CallHealth est stratégiquement orienté vers le rapprochement [des patients et de leurs médecins] et la réduction des distances [entre les malades et les services de soins], mais aussi vers l’aide à la transformation des soins en Inde. [Le] partenariat avec [la société de capital risque] Brand Capital, filiale de The Times Group, permettra à CallHealth d’adopter et de tirer parti de nos plateformes « omnicanal »* pour [améliorer] l’éducation et l’engagement des consommateurs, une condition préalable pour avoir [un pays] en bonne santé ! »

    * Le terme « omnicanal » désigne le fait que tous les canaux de contact et de vente possibles entre l’entreprise et ses clients sont mobilisés.

  • La société medtech TytoCare (US) lève 20M€ pour développer ses solutions de télé-santé en Chine

    TytoCare, une société de technologie médicale leader sur le marché mondial, a annoncé fin janvier 2018 avoir conclu un tour de financement de 25 millions de dollars US (20 M. €) pour soutenir son expansion en Chine et pénétrer plus facilement les marchés asiatiques.

    Basée aux États-Unis et en Israël, TytoCare propose des solutions de télé-santé intégrées pour que les médecins puissent effectuer à distance des examens physiques et établir des diagnostics complets sans que les patients n’aient besoin de quitter leur domicile. Son offre comprend TytoHome, qui offre aux consommateurs un service de télé-médecine, et TytoPro, une plateforme conçue pour que les professionnels de la santé puissent communiquer plus facilement entre eux.

    TytoCare s’allie à Ping An, n°1 sur le marché de la e-santé en Chine

    Global Voyager Fund, filiale de l’assureur chinois Ping An, a mené le tour de table. Cet investissement stratégique aidera TytoCare à développer ses activité en Chine. Ping An est l’un des leaders du secteur de la health tech au sein du pays. Il dispose notamment de la plateforme de télémédecine Good Doctor, très populaire sur le marché local.

    TytoCare a levé plus de 45 M. USD depuis sa création

    Parmi les autres entreprises qui ont participé à cette levée de fonds figurent les investisseurs historiques de TytoCare, dont la compagnie d’assurance santé à but non lucratif Cambia Health Solutions (États-Unis), l’e-pharmacie Walgreens (États-Unis), le cabinet d’investissement spécialisé dans la santé OrbiMed (États-Unis), le groupe pharmaceutique Fosun Pharma (Chine) et la société de capital risque LionBird (Israël) ainsi qu’un nouvel investisseur, OurCrowd Qure, le premier fonds numérique israélien axé sur la santé, qui a également établi un partenariat avec l’université privée américaine Johns Hopkins.

    En tenant compte de cette opération, TytoCare a obtenu plus de 45 millions USD (36 M. €) à ce jour, a confirmé une porte-parole de la société (source : Medcitynews.com).

    Marco Huesch a été nommé directeur médical de ce nouveau fonds, qui se concentrera sur les start-ups spécialisées dans les technologies de la santé mais aussi dans la fintech. Auparavant, M. Huesch a été vice-président de la division « recherche » au Penn State Hershey Medical Center (États-Unis), où il exerçait également en tant que professeur agrégé.

    De nombreux investissements dans des start-ups israéliennes

    Les investissements vont cibler différentes entreprises dans le secteur de la health tech dont Zebra Medical (Israël), expert en analyse d’imagerie médicale et en intelligence artificielle, la société de tests génétiques KolGene (Israël) et l’entreprise de gestion du diabète DarioHealth (États-Unis et Israël).

    Analyse de données : le groupe va élargir son offre pour améliorer ses capacités

    Le somme nouvellement collectée sera également utilisée pour soutenir le développement de TytoCare aux États-Unis et envisager une pénétration des marchés européens et asiatiques sur le moyen terme. En 2016, l’entreprise a reçu l’autorisation de la FDA pour la commercialisation de son stéthoscope numérique, qui a ainsi été lancé aux États-Unis l’année dernière.

    Le PDG et fondateur de TytoCare, Dedi Gilad, a indiqué au site spécialisé Medcitynews.com que sa cible actuelle sur le marché américain était les employeurs auto-assurés.

    L’entreprise souhaite ajouter d’autres examens médicaux à son offre afin de pouvoir observer à distance de nouveaux cas spécifiques et ainsi élargir ses capacités au niveau analytique.