Incubateurs

  • Inde : l’hôpital GCSMC adopte la solution d’eClinicalWorks pour rationaliser le suivi des patients

    Le 1er mai 2018, le Gujarat Cancer Society Medical College (GCSMC), un collège médical multi-spécialisé en Inde, a annoncé qu’il allait adopter la solution HMIS de la société américaine eClinicalWorks pour son hôpital (environ 1 000 lits).

    Le GCSMC utilisera la technologie dédiée aux patients hospitalisés et ambulatoires d’eClinicalWorks pour créer un dossier médical unifié pour ses patients.

    Un suivi des patients numérisé et automatique

    Le GCSMC et eClinicalWorks collaboreront pour rationaliser et automatiser le suivi des patients afin de construire un modèle de traitement plus efficace.

    Le GCSMC tirera parti de la solution HMIS d’eClinicalWorks, qui comprend un tableau de bord centré sur le patient : il présente tous les détails cliniques du service des urgences, de la salle d’opération, de l’unité de soins intensifs et des unités d’hospitalisation.

    Une organisation plus fluide des différents services

    Pour mieux servir ses patients, le GCSMC va utiliser les fonctionnalités d’eClinicalWorks disponibles, y compris un service central stérile (CSSD) intégré afin de garantir un flux continu du matériel chirurgical réutilisable, un niveau d’approbation multiple dynamique qui permettra d’obtenir une plus grande responsabilisation des utilisateurs ainsi que des capacités analytiques améliorées.

    La solution eClinicalWorks couvre également les services pharmaceutiques, de radiologie et des laboratoires.

    GCSMC et eClinicalWorks : vers une collaboration sur le long terme

    « Le GCSMC a été fondé pour offrir une éducation médicale et créer un flux continu de professionnels médicaux qualifiés pour fournir des diagnostics ainsi que des soins thérapeutiques et préventifs aux patients à un coût abordable », a déclaré Neha Lal, directrice générale principale des opérations et des ressources humaines au GCS Medical College, Hospital and Research Centre (source : Eclinicalworks.com).

    « Le GCSMC avait besoin d’une technologie HMIS qui puisse répondre à nos besoins et nous permettre de fournir le niveau de soins auquel nos patients s’attendent, a-t-elle ajouté. Après avoir travaillé avec trois solutions HMIS, eClinicalWorks a été sélectionné en raison de son expérience et de son engagement à améliorer les soins. Nous pensions également que l’entreprise serait un partenaire idéal pour le long terme. »

  • India: GCSMC Hospital Adopts eClinicalWorks Solution to Streamline Patient Monitoring

    On May 1, 2018, Gujarat Cancer Society Medical College (GCSMC), a multi-specialty medical college in India, announced that it was transitioning to the eClinicalWorks (US) HMIS solution for its hospital (about 1,000 beds).

    GCSMC will use the eClinicalWorks’ inpatient and outpatient technology to create a unified medical record for its patients.

    Digitized and automate processes

    GCSMC and eClinicalWorks will work together to streamline and automate processes for a more effective patient treatment model.

    GCSMC will leverage the eClinicalWorks HMIS solution, which includes a patient dashboard showing all clinical details for the emergency department, operating room, ICU, and inpatient units.

    A more fluid organization of services

    To better serve its patients, GCSMC will utilize available eClinicalWorks features, including an integrated CSSD for a seamless flow of reusable surgical materials, dynamic multiple approval level for increased user accountability, and enhanced analytical capabilities through multiple dynamic reports.

    The eClinicalWorks solution also covers pharmacy, radiology, labs, and the ability to manage care by census lists.

    GCSMC and eClinicalWorks: towards a long-term collaboration

    « GCSMC was founded to offer medical education and create a continuous stream of trained medical professionals to provide diagnostic, therapeutic and preventive healthcare to the patients at an affordable cost, » said Neha Lal, senior general manager and operations & HR of GCS Medical College, Hospital & Research Centre (source: Eclinicalworks.com).

    « GCSMC needed a HMIS technology that could meet our needs and allow us to provide the level of care our patients have come to expect, » she added. « After working with three HMIS solutions, eClinicalWorks was selected because of its experience and commitment towards improving healthcare. We also felt the company would be an ideal partner for the long term. »

  • La Study Watch de Verily pourrait analyser la progression de la maladie de Parkinson

    La division santé d’Alphabet Inc, Verily Life Sciences, s’associe à la fondation « Michael J. Fox » pour la recherche sur la maladie de Parkinson (MJFF) afin de collecter des données sur cette maladie neurodégénérative. Telle est l’annonce faite par la fondation dans un communiqué du 9 mai 2018.

    La Study Watch de Verily collectait déjà les données du rythme cardiaque, de l’activité électrodermale (activité des glandes de la sudation et du système nerveux autonome), ainsi que les mouvements inertiels. Ces derniers semblent pouvoir être exploités afin d’analyser les tremblements des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. 

    L’objectif est de collecter, puis d’analyser les informations afin de refléter la vie quotidienne des personnes atteintes, et la progression de la maladie en dehors des zones médicalisées.

    Une étude conduite auprès de 800 malades

    La Study Watch sera portée par plus de 800 participants aux États-Unis dans le cadre de l’étude Parkinson’s Progression Markers Initiative (PPMI) menée sur deux ans. Les capteurs portés en permanence pourraient se révéler intéressants pour lutter contre la maladie de Parkinson. En effet, celle-ci provoque des réactions différentes d’une personne à l’autre, d’un moment de la journée à un autre, au sein d’un hôpital ou à l’extérieur.

    “La PPMI devrait nous permettre de mieux comprendre la maladie de Parkinson et ainsi aider au développement de nouvelles solutions thérapeutiques », explique Todd Sherer, CEO de la MJFF. 

    Le programme AMP PD

    MJFF et Verily ont également signé un partenariat pour le programme Accelerating Medicines Partnership Parkinson’s disease (AMP PD), une collaboration publique/privée entre la fondation, le National Institutes of Health (NIH) et cinq entreprises des sciences de la vie.

    Le programme AMP PD a été lancé en janvier 2018 afin d’élaborer l’empreinte moléculaire de la maladie de Parkinson.

  • E-prescription : la start-up MeSoigner lance un test à grande échelle à Bergerac

    Mesoigner, plateforme de pharmacie en ligne et spécialiste des logiciels de e-santé à destination des pharmaciens, a annoncé dans un communiqué de presse du 14 mai 2018 le lancement d’une phase-test de dématérialisation d’ordonnances électroniques à Bergerac.

    En anticipant la généralisation de l’usage des « e-prescriptions », MeSoigner mène une étude sur la e-ordonnance en coopération avec la région Nouvelle-Aquitaine, grâce à son logiciel Medifeed destinés aux pharmaciens et médecins dans l’objectif d’esquisser les opportunités et les freins offerts par la généralisation de l’ordonnance électronique sur le territoire national.

    Il ressort des expériences menées jusqu’à présent par la start-up que les pharmaciens sont les principaux acteurs et porteurs de la dématérialisation des prescriptions et que leur principale mission à ce stade est l’éducation des patients afin d’accroître l’acceptabilité de ce mode de prescription.

    Un réseau de vente de médicament en ligne et de services numériques

    Un réseau de pharmacies en ligne afin de proposer des services mutualisés et à moindre coût est à l’origine de la création de la plateforme Mesoigner par Xavier et Christine Mosnier-Thoumas et d’un spécialiste en marketing, Amaury de Chalain, qui souhaitaient offrir aux patients des services numériques innovants.

    Les pharmacies membres du réseau sont toutes agrées par l’Ordre National des Pharmaciens et disposent de l’autorisation de vente en ligne de médicaments sans ordonnance délivrée par le Ministère de la Santé. Elles sont également signataires de la charte MeSoigner.fr qui incarne leur engagement à assurer aux patients un service de qualité et à respecter la confidentialité de leurs données personnelles.

    Actuellement, le réseau regroupe le plus grand nombre de pharmacies autorisées à la vente en ligne de médicaments en France et près de 75% des pharmacies autorisées en Aquitaine. En 2019, la société vise 2 000 pharmaciens connectés, soit 10% du marché total.

    La dématérialisation des ordonnances, un objectif de portée nationale

    Une première étude a été menée par la start-up de septembre 2017 à janvier 2018 auprès de praticiens pour connaître leur ressenti vis-à-vis de la prescription électronique et auprès de patients d’un centre médical de Bergerac afin de palper l’acceptabilité de ce mode de prescription par le grand public.

    Voici les principaux résultats de l’enquête impliquant une cinquantaine de personnes :

    • les praticiens ont jugé que la généralisation de la prescription électronique était possible à la seule condition de revêtir un caractère obligatoire ;
    • les praticiens ont exprimé la préoccupation de vouloir s’équiper d’un logiciel de prescription qui soit interopérable avec leurs logiciels métiers dont ils disposent déjà ;
    • les praticiens apprécient la possibilité de pouvoir vérifier la disponibilité d’une spécialité en pharmacie afin d’adapter la prescription ;
    • les patients sont divisés quant à l’usage de la e-prescription : un tiers des interrogés souhaite garder l’ordonnance papier ; plus d’un tiers préfère le format papier, mais est ouvert au format électronique et apprécie la possibilité de choisir le format tout en étant préoccupé par la sécurité du dispositif ; enfin, un peu moins d’un tiers est enthousiaste face à la e-ordonnance.

    Les pharmaciens apprécient la prescription électronique car elle leur permet de :

    • préparer les commandes à l’avance et par conséquent de mieux gérer leurs stocks ;
    • sécuriser le circuit de la prescription en évitant la falsification d’ordonnances ;
    • améliorer le parcours patient en anticipant la visite du patient ;
    • limiter le temps d’attente du patient grâce au service numérique et le fidéliser.

    Medifeed, l’outil de prescription électronique par MeSoigner

    La start-up a édité un logiciel, Medifeed, qui permet un lien numérique direct entre le médecin, le patient et le pharmacien.

    La solution est compatible avec tout logiciel métier. Le médecin édite la prescription via le logiciel qui est automatiquement signée, cryptée et envoyée au pharmacien choisi par le patient. Elle est également disponible pour le patient via l’espace sécurisé de son application MeSoigner.

    Le pharmacien de son côté peut après le passage du patient, préciser dans la base de données sécurisée le statut de l’ordonnance : totalement délivrée, partiellement ou à renouveler.

    Cette e-ordonnance permet un échange sécurisé qui réduit les erreurs de prescriptions et le risque de perte.

    La messagerie sécurisée entre le pharmacien et le médecin leur permet également un échange au service d’une meilleure prise en charge du patient.

    La start-up lance cette étude, alors qu’en parallèle des expérimentions sont lancées via le DMP par l’Assurance Maladie et que la dématérialisation des prescriptions a été rappelée comme une priorité lors de l’annonce des cinq chantiers dans le cadre de la stratégie de transformation numérique du système de santé. La dématérialisation des prescription est également un outil facilitant l’échange de l’information médicale entre différents professionnels de santé.

    Nouvelle fonctionnalité – numériser sa propre ordonnance via le site

    Le site propose la possibilité de charger son ordonnance papier en en prenant une photo ou en la numérisant. Elle est alors facilement transmissible à une pharmacie au choix. Cela présente l’avantage d’avoir sa commande prête lors du passage à l’officine.

    La plateforme permet également aux patients de contacter un pharmacien d’officine via un service sécurisé de messagerie instantanée.

  • Pierre Fabre Médicament et BioSerenity développent un textile connecté à visée urologique

    Pierre Fabre Médicament et BioSerenity ont annoncé dans un communiqué du 15 mai 2018 avoir conclu un partenariat pour développer un textile connecté au service du dépistage et du suivi médical des troubles urinaires. Leur collaboration passe à une nouvelle étape visant la fabrication, la commercialisation et la distribution de dispositifs médicaux connectés dans le cadre de la prise en charge de l’incontinence urinaire.

    Les deux sociétés ont élaboré un sous-vêtement équipé de capteurs biométriques enregistrant l’activité de l’appareil urinaire et permettant de détecter les troubles qui l’affectent. Il transmet les données enregistrées à une plateforme cloud sécurisée à destination de l’urologue en charge du suivi du patient.

    Les deux partenaires vont concentrer leurs forces sur l’obtention du remboursement de leur dispositif médical connectée et vont continuer leur collaboration autour de l’IA, un domaine de prédilection de Pierre Fabre.

    Les termes de l’accord

    Selon le communiqué, l’hyperactivité vésicale est une maladie chronique qui affecte près de 20% de la population des hommes et femmes de plus de 40 ans.

    La collaboration entre les deux sociétés a débuté à l’occasion de l’Uro-Tech Challenge 2016 tenu en novembre 2016 et lorsque BioSerenity a remporté le concours grâce à sa technologie de capteurs qui a séduit le jury composé d’urologues et de patients de l’Association d’aide aux patients incontinents (API).

    Pendant 18 mois, BioSerenity a travaillé sur un prototype du dispositif médical connecté en mettant l’accent sur le traitement et l’interprétation des données relatives aux troubles urinaires.

    Pierre Fabre de par son expérience dans le développement pharmaceutique a pris en charge les aspects tels la mise en œuvre et l’intégration du dispositif dans le parcours de soins du patient, sa valeur ajoutée comme outil de diagnostic et de suivi médical auprès des prescripteurs.

    Pierre Fabre Médicament participe au financement de la R&D du dispositif connecté pour en avoir à terme l’exclusivité de commercialisation en France et dans le monde. Les termes financiers de l’accord n’ont pas été révélés.

    Le dispositif co-développé permet :

    • un diagnostic plus précis à partir de mesures collectées dans la vie réelle ;
    • un meilleur confort d’examen pour le patient avec moins d’effets secondaires potentiels ;
    • une simplification du parcours de soins avec un suivi à distance et par conséquent une économie de coûts.

    Les deux partenaires souhaitent développer à l’avenir toute une gamme de dispositifs connectés pour le diagnostic, la prise en charge et le suivi des patients souffrant de toute forme d’incontinence urinaire.

    Stratégie d’innovation digitale reposant sur l’open innovation et l’IA

    Pierre Fabre considère qu’au-delà des médicaments, les industriels auront de plus en plus à développer des services et des outils ou solutions permettant d’optimiser les conditions de traitement et de faciliter le travail des praticiens.

    La stratégie digitale de Pierre Fabre consiste à s’appuyer sur l’open innovation émergeant au sein d’hackathons, révélateurs de projets porteurs, afin d’identifier les domaines d’intérêt pour des investissement futurs qui concernent la prévention, l’aide au diagnostic, l’observance, la prédiction et l’accompagnement.

  • Workshop Essec Asie (2/2) : focus sur les DSE de Singapour et du Japon

    Différents acteurs de l’industrie de santé se sont rassemblés à Singapour le 20 et le 21 avril 2018 à l’occasion d’un workshop organisé au campus de l’Essec sur le thème : « Industries numériques des produits de santé et de soins centrées sur le patient : des opportunités en Asie-Pacifique ». H&TI était présent.

    La deuxième journée était consacrée aux différents modèles de dossier de santé numériques (DSE) déployés en Asie-Pacifique et notamment à Singapour et au Japon, deux pays aux contextes différents et inspirants. Alors que Singapour s’apprête à lancer un dossier de santé unique pour l’ensemble du pays, le Japon réfléchit à l’établissement d’un business modèle adapté aux particularités de son système de santé.

    Singapour : un dossier de santé unique pour toute la cité-État

    Le gouvernement singapourien collabore avec IHiS (Integrated Health information System), une entreprise qui numérise, connecte et analyse l’écosystème de la santé de Singapour. « D’ici l’année prochaine, nous allons mettre en place un DSE pour tout le pays, a expliqué M. Chua Chee Yong, directeur de la division « Planning Group » à IHiS et responsable « IT Strategy and Planning » au sein du ministère de la Santé singapourien (MOH). Rejoindre la base nationale de données des patients électronique sera obligatoire à partir d’octobre 2018 pour tous les fournisseurs de santé du pays. »

    « Les ministères jouent un rôle clé » dans le changement que connaît actuellement le secteur de la santé en matière de numérique, insiste M. Chua Chee Yong. Cette transition est assurée par IHiS à travers une feuille de route concentrée autour de sept programmes :

    • 1. Le profilage de la population.

    L’idée est d’exploiter le potentiel des systèmes d’analyse des données pour connecter toutes les informations disponibles au sein du secteur de la santé.

    • 2. L’engagement de la population.

    Ce programme fournira aux consommateurs et aux soignants les connaissances, les idées et les capacités nécessaires à la gestion de leur propre santé et de leurs dépenses de santé mais aussi de celles des personnes à leur charge.

    • 3. La prévention et la continuité des soins.

    L’objectif est de développer un ensemble de capacités communes pour permettre aux systèmes régionaux de santé (RHS) d’exécuter des programmes de prévention au niveau des soins primaires, secondaires et tertiaires mais aussi d’intégrer différents systèmes informatiques de prestataires dans différents contextes afin d’assurer la continuité des soins aux patients.

    • 4. L’excellence des soins et des opérations chirurgicales.

    Le but est de permettre au secteur des soins primaires et intermédiaires et de longue durée disposant de matériel IT basique de se connecter avec les établissements de santé publique afin de partager plus facilement les informations sur les patients dont ils disposent.

    • 5. L’excellence au niveau financier.

    Ce programme assurera l’accessibilité financière des soins aux patients et améliorera la visibilité des coûts et des résultats afin de générer une meilleure rentabilité du secteur.

    • 6. L’établissement de politiques de santé publique.

    L’objectif est d’identifier les besoins d’information communs et de développer des capacités communes pour collecter et analyser les données de santé dans l’optique de soutenir la mise en place des politiques de santé publique et la gestion du secteur.

    • 7. Des fondements solides en matière d’IT.

    L’objectif est de développer des capacités informatiques fondamentales communes pour améliorer leur évolutivité et leur résilience.

    L’idée général du projet du MOH est de « digitaliser » toute la population pour créer une connexion entre tous les acteurs de l’industrie de santé, le tout « en déployant des stratégies adaptées à chaque secteur de soins », explique M. Yong. « Par exemple, si vous souhaitez inciter la population à marcher davantage et que vous ciblez la famille tout entière, en convaincant le père, vous convaincrez la mère (ou inversement), puis les enfants. »

    Une collaboration renforcée entre secteur public et secteur privé

    Le gouvernement singapourien collabore de plus en plus avec des start-up du secteur de la santé numérique et des institutions. « Dans certains cas, le secteur privé est plus à même de répondre aux attentes [de l’industrie] que le secteur public car ses acteurs sont plus efficaces, ils savent rendre commercialisable et profitable une idée. »

    Cette sollicitation des entreprises privées crée une certaine concurrence sur le marché, admet M. Chua Chee Yong, c’est pourquoi les acteurs du secteur ont un devoir de transparence. « Nous devons réfléchir à la manière dont nous collections les données, les utilisons et les partageons. Voilà pourquoi nous avons décidé de créer une plateforme nationale unique, [afin d’uniformiser les pratiques]. »

    Le modèle de DSE déployé par Singapour est certes, inspirant, mais sa réussite est peut-être en partie due à la petite taille du pays. Le même modèle serait probablement plus difficilement applicable à l’échelle d’un État plus vaste et plus peuplé.

    Japon : à la recherche d’un business modèle viable

    NDB : une base de données nationale encore imparfaite

    Au Japon, il existe plusieurs bases de données médicales. L’une des plus importantes est la NDB, la base de données nationale, recueillant plus d’1,8 milliard de données par an et environ 27 millions de données centrées sur les contrôles de santé chaque année.

    Les avantages de la NDB selon le Pr. Hiroshi Nakamura (Keio Business School) :

    • une couverture à quasi 100 % ;
    • un suivi possible même si les patients changent d’hôpital ;
    • la standardisation des données, garantissant une simplicité d’utilisation.

    Le principal point faible de la NDB :

    • la réclamation des informations : le nom de la maladie du patient n’est pas toujours disponible, tout comme la date à laquelle a été enregistrée l’information (le système d’enregistrement est mensuel).

    Vers une plateforme ouverte dédiée au bien-être de la population

    Le gouvernement entend également développer d’ici 2020 PeOPLE, une plateforme ouverte dédiée au bien-être des citoyens qui rassemble sur un même espace numérique des données de santé fragmentées et isolées afin d’améliorer l’analyse des dossiers de santé des patients et leur fournir des conseils médicaux davantage personnalisés.

    Une absence de business modèle

    « Le défi principal à surmonter est l’absence de business modèle, reconnaît le Pr. Nakamura. Comment financer les coûts de maintenance ? Au Japon, les hôpitaux paient généralement les frais liés aux dossiers de santé en espérant attirer davantage de patients et réduire les dépenses personnelles à travers le système d’assurance santé national mais, en réalité, nous avons besoin de développer un [nouveau] business modèle. »

    Depuis début 2018, les consultations médicales en ligne et les prescriptions électroniques commencent à être couverte par le système d’assurance santé nationale mais ce n’est qu’un début. Des alternatives doivent être trouvées par les acteurs du secteur de la e-santé et les gouvernements pour continuer à développer le numérique au sein de l’industrie de santé japonaise.

  • Essec Asia Workshop (2/2): Focus on Singapore’s and Japan’s EHR

    Various stakeholders from the healthcare industry gathered in Singapore on April 20 and 21, 2018 at a workshop held on the ESSEC Asia-Pacific campus on the theme: « Patient centered digital health & health care products industries: opportunities in Asia Pacific ».

    The second day was devoted to the EHR models deployed in Asia-Pacific and in particular to Singapore and Japan, two countries with different contexts. As Singapore is about to launch a unique EHR for all the country, Japan is considering options to establish a business model adapted to its health system particularities.

    Singapore:  a unique health platform for all the country

    The Singapore government is working with IHiS (Integrated Health Information System), a company that digitizes, connects, and analyses Singapore’s health ecosystem. « By next year, we will move to one EHR for all the country, » explained Mr Chua Chee Yong, Director, Planning Group, at IHiS and Head of IT Strategy and Planning at the MOH. « Joining the national electronic patient database will be mandatory from October 2018 for healthcare providers [in Singapore]. « 

    « Ministries play a key role » in the current digital transformation of the healthcare sector, Mr Yong added. This transition is enabled through seven programs, guiding IHiS and the government in their investment and focus on IT initiatives:

    • 1. Population profiling: a national program.

    The idea is to harness data analytics capabilities to link data across the healthcare sector.

    • 2. Population enablement.

    This program will provide consumers and caregivers with the knowledge, insights and ability to manage their own and their dependents’ health and healthcare finances.

    • 3. Prevention and continuity of care.

    The idea is to develop a set of common capabilities to allow Regional Health Systems to execute primary, secondary and tertiary prevention program and integrate various providers IT system in different settings to provide continuity of care to patients.

    • 4. Provider care and operations excellence.

    The purpose is to enable the primary and intermediate and long term care sector with basic IT for them to connect with public health institutions to share information about the patient.

    • 5. healthcare financial excellence.

    This program ensure patient healthcare affordability and improve visibility in costs and outcomes so as to drive better cost effectiveness in our sector.

    • 6. Policy & public health workbench.

    It aims to identify common information needs and develop common capabilities to collect, analyze those data to support policy formulation and public health management.

    • 7. IT foundation & resiliency.

    The goal is to develop common foundational IT capabilities to improve its scalability and resiliency.

    The idea is to « digitize » everybody to connect everybody  » with targeted strategies by care segments », Chua Chee Yong said. « For example, if you want to encourage people to walk through a mobile app and you target the whole family, by convincing the father, you will convince the mother (or vice versa) and then the children. »

    Enhanced collaboration between the public and the private sector

    The Singaporean government is increasingly working with digital health startups and institutions. « In some cases, the private sector is better able to meet consumers expectations than the public sector because they are more efficient. »

    It creates competition, Mr Yong said, which is why transparency is what industry players have to assure. « We need to think about how we collect, use and share data. That’s why we are creating a unique platform nationally [, to standardize practices]. »

    Singapore EHR’s model seems quite interesting but we have to notice that its success may be partly due to the small size of the country. The same model would probably be more difficult to scale in a bigger country.

    Japan is looking for a sustainable business model

    NDB: a national database on progress

    In Japan, many medical databases are available. One of the most important is the NDB, which collects more than 1.8 billion data per year and 27 million special health check data per year.

    Strengths of NDB data according to Prof. Hiroshi Nakamura (Keio Business School):

    • +/- 100% coverage;
    • tractable even if patients change hospital;
    • standardized data, ensuring ease of use.

    The main weakness of NDB data:

    • claim data: the name of the disease is not always available, as is precise timing (only monthly data records).

    Towards an open-data platform for well-being

    The government also plans to develop by 2020 PeOPLE , an open-data platform for well-being which identifies the bottleneck of the current health systems including the health service deliveries by integrating fragmented and isolated health data, enhancing key learning of effective health care systems.

    A lack of business model

    « The main challenge is the lack of business model, » Prof. Nakamura said. « How to finance maintenance costs? In general, Japan hospitals pay the PHR related costs, expecting to attract more patients and to reduce personal expenses under the national health insurance system, but the reality is that a [sustainable] business model of PHR needs to be developed. »

    From 2018, online medical examinations and prescriptions are progressively covered under the national health insurance system, but this is just the beginning. Alternatives have to be found to continue to develop digital technology within the Japan healthcare industry.

  • Mise en service du portail Masanté permettant aux Belges d’accéder à toutes leurs données de santé

    La ministre de la santé belge Maggie de Block, a annoncé le jeudi 10 mai 2018, le lancement du portail Masanté, qui permet aux citoyens belges d’accéder à l’intégralité de leurs données de santé disponibles en ligne, à savoir leurs données médicales, leur enregistrement en tant que donneur d’organe, leurs déclarations anticipées (en matière d’euthanasie, don du corps à la science, etc.). 

    A terme, les patients belges auront également accès à la plateforme numérique de leur mutualité, aux informations relatives à leurs médicaments (prescriptions électroniques et schéma de médication), à leurs données concernant les vaccins et les dépistages systématiques.

    Le partage des données de santé des patients belges nécessite que ces derniers donnent au préalable leur consentement éclairé, autorisant le médecin généraliste à ouvrir un dossier médical informatisé qu’il alimentera en y enregistrant les données fournies par le patient (données socio-administratives), par le médecin traitant (anamnèse, diagnostic, résultats d’examens, traitements, etc.), et par des tiers (autres professionnels de santé et membres de la famille notamment.

    Le contenu et les modalités d’utilisation du portail Masanté sont décrites ici.

  • Etude : pourquoi le partage de données n’est pas à la hauteur des enjeux de la médecine personnalisée

    Le partage de données est une des conditions préalables au développement de la médecine de précision. Mais, à ce jour, elles ne le sont pas suffisamment pour accompagner cette révolution.

    D’après une étude* parue en mai 2018 dans la revue Health Affairs menée par des chercheurs de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich, plusieurs raisons peuvent expliquer cette lacune : des obstacles techniques dues à la fragmentation des données mais aussi des récompenses insuffisantes pour les chercheurs qui jouent le jeu.

    Les data, pierre angulaire de la médecine personnalisée

    La médecine personnalisée a déjà porté ses fruits, notamment dans le cancer. L’analyse moléculaire d’une tumeur permet d’identifier des mutations génétiques spécifiques et ainsi le type de chimiothérapie le plus efficace. Non seulement cela améliore les chances de guérison des patients, mais cela évite également de subir des traitements inutiles et inefficaces. Cependant, cette révolution n’en est qu’à ses balbutiements. Pour la mener à bien, différents types de données provenant d’une multitude de sources doivent être agrégés. Cela implique la collecte de données sur les patients dans les hôpitaux, les résultats des tests cliniques, les données moléculaires et génétiques, ainsi que des informations sur les personnes en bonne santé. Le partage de données entre hôpitaux, instituts de recherche, cliniciens et patients est donc essentiel.

    Les obstacles au « data sharing »

    Mais, « à ce jour, ce type d’échange ne s’est pas produit à l’échelle souhaitée », a déclaré Effy Vayena, bioéthicien et professeur à l’Institut de médecine translationnelle de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH). Avec une équipe de chercheurs, cette dernière a donc cherché à comprendre pourquoi le partage de données n’était pas optimal. Pour cela, ils ont mené une analyse complète des directives de partage de données émises au cours des deux dernières décennies par plusieurs organisations (230 documents émanant d’organisations internationales telles que l’OCDE ou nationales telles que les NIH). Les résultats de leurs travaux ont été publiés en mai 2018 dans la revue Health Affairs.

    Des freins techniques et humains

    Les premiers constats des chercheurs suisses concernant les directives sur le partage données sont les suivantes :

    • Les recommandations sont hétérogènes et manquent de standardisation ;
    • elles portaient essentiellement sur 3 thèmes : la confidentialité des données, leur qualité et les droits des patients concernant leur utilisation ;
    • elles ne s’intéressaient pas assez à des questions centrales telles que la responsabilité en cas de données mal utilisées ou le système de récompense des chercheurs qui partagent leurs données.

    Les chercheurs ont identifié plusieurs obstacles au partage de données :

    • des freins techniques liés aux systèmes informatiques des hôpitaux qui manquent d’inter-opérabilité ;
    • des freins humains liés à la réticence des chercheurs et des entreprises à partager leurs data ;
    • les patients hésitent souvent à donner leur consentement car ils ne savent pas exactement l’utilisation ultérieure qui sera faite de leurs données.

    « Notre analyse montre une fragmentation considérable du paysage politique, ont déclaré les auteurs de ces travaux. Les recommandations que nous avons étudiées n’aboutissent pas à un système cohérent d’incitations capables de concilier les intérêts et les attentes des différentes parties prenantes. »

    Les solutions pour inciter au partage

    Pour évoluer vers un écosystème de partage de données plus efficace pour la médecine de précision, ils incitent donc les décideurs politiques à innover. A leurs yeux, la blockchain pourrait par exemple être mise en œuvre en tant que méthode de protection des données. En outre, les chercheurs préconisent de développer, pour les chercheurs, un système d’incitation basé sur la réciprocité : seuls ceux qui mettent leurs propres données de recherche dans une base de données pourraient avoir accès aux données des autres. Les technologies numériques pourraient aussi être utilisées afin de permettre aux patients de ne pas donner un consentement général pour que leurs données soient utilisées dans la recherche, mais plutôt de lier leur consentement à des projets individuels, donnant ainsi plus de contrôle aux patients.

    L’expérimentation suisse

    Le réseau suisse de santé personnalisée va adopter ces recommandations, ainsi que les cinq hôpitaux suisses participant à ce réseau. «Si toutes les personnes impliquées en Suisse adhèrent aux mêmes normes bien conçues, cela représentera un grand pas en avant pour le partage de données et donc pour la médecine personnalisée », a déclaré Effy Vayena, principal auteur de l’étude.

     

  • Microsoft investit 21M€ pour « AI for Accessibility », l’IA au service des personnes handicapées

    Microsoft a annoncé le lancement de « AI for Accessibility », un programme d’investissement de 25 millions de dollars (21 millions d’euros) sur 5 ans afin d’utiliser les avancées en matière d’intelligence artificielle pour aider le milliard de personnes dans le monde qui se trouvent en situation de handicap.

    Cette annonce s’est fait dans le cadre de Microsoft Build 2018, l’événement annuel dédié aux développeurs qui suivent les évolutions des solutions de l’entreprise américaine, qui s’est déroulée du 7 au 9 mai 2018 à Seattle.

    Mise à disposition de la technologie Microsoft pour trois domaines

    Le programme s’adresse aux développeurs, ONGs, chercheurs et autres inventeurs et se concentre sur trois domaines spécifiques :

    • le marché du travail ;
    • les connexions humaines ;
    • la vie moderne.

    Microsoft s’engage à mettre à disposition sa technologie, ses experts en intelligence artificielle, mais aussi des subventions pour « accélérer le développement de solutions d’accessibilité intelligentes » basées sur les Azure Cognitive Services.

    Des produits qui bénéficient tant aux personnes handicapées qu’aux valides

    L’un des points mis en avant par la firme américaine est le fait que la prise en compte des besoins des personnes handicapées tend à créer de meilleurs produits qui bénéficient aussi aux personnes valides. L’application Seeing AI pour les malvoyants a ainsi permis d’améliorer les algorithmes de reconnaissance d’image de Microsoft au-delà du simple cas d’usage de la non-voyance. Quant à Learning Tools, créé pour aider les gens souffrant de dyslexie, il a trouvé un nouveau public auprès des avocats et autres professions qui ont à lire des documents très denses. 

    Plus d’infos sur le programme AI for Accessibility sur https://www.microsoft.com/en-us/ai-for-accessibility