Incubateurs

  • L’EHESP organise un séminaire sur l’IA et les établissements de santé le 5 avril 2019

    La Chaire de Management et des Technologies de Santé de l’EHESP organise le samedi 5 avril 2019 un séminaire sur le thème:

    « L’intelligence artificielle (IA) et ses impacts sur l’organisation des Établissements de Santé ».

    8.30
    Introduction par François LANGEVIN, Chaire de Management des Technologies de Santé de l’EHESP:
    « État des lieux et transformations prévisibles des hôpitaux. »

    1ere partie: « Points de repères scientifiques ».

    Introduction et modération : Rodolphe BOURRET, Directeur du Centre hospitalier de Valenciennes

    9.00-11.00
    Zyed ZALILA, Professeur à l’Université de Technologie de Compiègne (Sorbonne Universités), PDG et fondateur de Intellitech:
    « Familles d’algorithmes, mesure des performances. Vers une approche de l’IA Floue Augmentée : découvrir des systèmes prédictifs robustes et explicables »

    11.00-12.30
    Philippe BOURHIS, Directeur du système d’information patient de l’APHP:
    « Retour d’expérience en matière d’intelligence artificielle à l’APHP »

    12.30-13.30
    Pause déjeuner

    2e partie: « Paysage des start-up avec des applications à l’hôpital »

    Présentation, puis table ronde.
    État des lieux et modération: Jean Patrick LAJONCHERE, Directeur du Groupe Hospitalier St Joseph à Paris

    13.30-15.00
    Exemples de Start Up d’IA en santé. Groupe de réflexion et de mise en oeuvre au sein du groupe St Joseph.

    13.30-15.00
    Débat : enjeux pour l’avenir des d’hôpitaux.

    16.00
    Fin du séminaire

    Le séminaire aura lieu au Groupe Hospitalier St Joseph, Salle de conférence Galerie St Jean, Porte 10, niveau -1.

    Il est organisé dans le cadre de la Chaire de Management des Technologies de Santé, soutenue par les partenariats de l’EHESP avec ARKEA Banque E&I, Sham et Medasys.

    Cette séance est publique, elle est ouverte à toutes les personnes, personnels hospitaliers, étudiants, médecins, ingénieurs, directeurs, chercheurs, etc… qui désirent y assister.

    Inscription et contact : francois.langevin@utc.fr

  • Singapour : les données de 800 000 donneurs de sang restées en accès libre pendant 2 mois

    Les données personnelles de plus de 800 000 donneurs de sang sont restées en accès libre en ligne pendant 2 mois à Singapour. C’est un chercheur en sécurité qui a signalé la faille. L’expert a réussi à accéder à la base de données rassemblant les nom, prénom, sexe, taille, poids, numéro de sécurité sociale, groupe sanguin, nombre de dons et dates des 3 derniers dons de toutes les personnes ayant effectué un don de sang entre 1986 et janvier 2019, précise le quotidien national The Straits Times dans un article publié le 15 mars 2019.

    Il n’est pas indiqué quel est le système de gestion de bases de données relationnelles (SGBDR) utilisé mais le journal explique que les données n’étaient pas accessible directement depuis un navigateur web. Le chercheur mentionné a exploité une vulnérabilité de la solution pour accéder à la base à l’aide du client du SGBDR en question.

    Les moteurs de recherche classiques n’ont pas pu référencer ces données mais des moteurs d’appareils connectés à internet, comme Shodan, ont sûrement dû guider le chercheur vers cette base défaillante, analyse The Straits Times. En effet, Shodan référence tous les services et application détectés pour une adresse IP publique donnée et révèle aussi les vulnérabilités pouvant être exploitées sur les servies découverts.

    le Dr Mimi Choong May Ling , P.-D.G. de la Health Sciences Authority (HSA), équivalent singapourien de l’établissement français du sang, a tenu à rassurer les donneurs de sang en soulignant qu’une seule connexion externe, celle du chercheur qui a donné l’alerte, avait été identifiée sur cette base de données, hébergée chez Secur Solutions Group.

    Données de santé : 3 failles majeures recensés à Singapour en moins d’un an

    Il s’agit de la troisième fuite majeure de données de santé recensée au sein de la cité-État en moins d’un an.

    Janvier 2019 : les données de plus de 14 000 personnes atteintes du VIH piratées

    Le 28 janvier 2019, le ministère de la Santé singapourien révélait que les données confidentielles de 14 200 personnes atteintes du VIH, dont celles de 8 800 étrangers, avaient été piratées puis mises en ligne.

    Été 2018 : les informations d’environ 1,5 millions de citoyens volées

    Ce hack est survenu quelques mois après l’annonce d’une autre faille de sécurité de grande ampleur, qui avait cette fois visée les patients ayant effectué un séjour dans des cliniques entre le 1er mai 2015 et le 4 juillet 2018. Les informations personnelles d’environ 1,5 million de personnes, dont celles du Premier ministre Lee Hsien Loong, avaient été volées.

  • Centre-Val de Loire : lancement du 1er Living Lab français d’IA dédié à la santé

    L’université de Tours (Indre-et-Loire) et la Mutualité Française Centre-Val de Loire créent le premier Living Lab français d’intelligence artificielle (IA) dédié à la santé, décrit par les 2 partenaires comme « un lieu d’expérimentation, d’acculturation et de formation des professionnels aux nouveaux outils dotés d’IA ».

    La signature officielle de l’accord-cadre aura lieu le lundi 25 mars 2019 à Tours entre Philippe Vendrix, président de l’établissement tourangeaux, et Bernard Vigouroux, président de la Mutualité Française Centre-Val de Loire.

    Un lieu d’expérimentation et de recherche

    Les fondateurs ambitionnent de créer un lieu d’expérimentation et de recherche où collaboreront concepteurs, utilisateurs et financeurs afin de maîtriser les mutations induites par les nouvelles technologies et en particulier l’intelligence artificielle.

    Le Living Lab se propose d’identifier « à la fois les leviers de succès ou les sources de blocage » de ces technologies, « en partant du besoin des usagers et des connaissances des professionnels », avec pour objectif « de développer, en lien avec les industriels ou start-ups, celles qui seront les plus appropriées aux usagers ».

    Les professionnels de santé, utilisateurs de ces outils, participeront activement aux études et analyses. Il s’agira de dessiner les mutations des métiers et des savoirs mais aussi des organisations et des entreprises, et d’identifier les opportunités de développement de nouvelles offres répondant à un suivi individualisé, quel que soit le lieu de résidence de l’usager et/ou celui de sa famille.

    Les premières initiatives du Living Lab

    Le Living Lab engagera dès avril 2019 deux initiatives in situ dans 2 établissements de la Mutualité situés en périphérie de Tours.

    • Il se penchera sur la question du maintien de l’autonomie des personnes âgées, avec la mise en place d’un robot de diagnostic médical auto-administré au sein de la Résidence-autonomie Les Fosses Boissées, à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire).
    • Il cherchera également à savoir comment favoriser les interactions équipes-résidents-familles à l’Ehpad de Beaune, situé à Ballan-Miré (Indre-et-Loire), en proposant des simulations cognitives aux résidents grâce à l’utilisation d’un robot doté d’IA.  

    Parallèlement, une recherche lancée en centre de simulation rassemblera des groupes de 15 à 20 professionnels de santé, dont certains expérimentent les outils dans le cadre de scenarii d’usage, le rôle des patients pouvant être joué par des acteurs professionnels ou des patients-experts.

    Seront examinées les incidences organisationnelles en termes de prise en charge et d’accompagnement du résident, la perception de la technologie et de son utilisation par le personnel, l’intégration de cette technologie dans le parcours de soins ainsi que l’incidence sur les procédures de travail individuel ou d’équipes.

    L’équipe analysera également quels sont les besoins et les usages à développer en lien avec les résultats de recherches, et ce en partenariat avec les industriels ou les start-ups. 

  • Étude : moins de risque de faux positifs dans le dépistage du cancer du poumon grâce à l’IA (Thorax)

    Faire le tri entre les nodules bénins et ceux qui sont malins est l’une des applications de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé. Cette technique permet de diminuer considérablement le taux de faux positifs dans le dépistage du cancer du poumon par scanner à faible dose. Selon une étude* publiée le 13 mars 2019 dans la revue Thorax réalisée par des chercheurs de l’University of Pittsburgh Medical Center, l’IA a permis d’éviter des biopsies à 30 % de personnes porteuses de nodules bénins.

    Cancer du poumon : un dépistage très perfectible

    Le cancer du poumon est le cancer qui fait le plus de victimes dans le monde. Pour réduire le fardeau qu’il représente, le principal levier est la réduction du tabagisme. Mais il est aussi urgent d’améliorer le dépistage. D’évolution rapide, le cancer du poumon est souvent diagnostiqué tardivement. Et le débat sur la meilleure méthode de dépistage dure depuis des années. Alors que les États-Unis ont adopté le scanner à faible dose, la France continue de préconiser le recours à la radio des poumons. En effet, en 2016, la Haute autorité de santé (HAS) a considéré que le scanner à faible dose conduisait à trop de faux positifs. Autrement dit, des nodules bénins étaient classés à tort comme malins.

    Trier les nodules grâce à l’apprentissage automatique

    Le dépistage du cancer du poumon via le scanner à faible dose entraîne en effet pas moins de 96 % de faux positifs.

    Des chercheurs de l’université de Pittsburgh, l’UPMC, (Pennsylvanie, USA) ont donc développé une méthode d’apprentissage automatique pour diminuer ce taux de faux positifs sans laisser passer d’authentiques cas de cancer.

    Les enjeux sont multiples : « Un test positif crée de l’anxiété, augmente le coût des soins et les tests de suivi ne sont pas sans risque, a déclaré Panayiotis (Takis) Benos, co-auteur de l’étude. Pour 96 % des personnes qui ont des nodules bénins, ces procédures sont inutiles. Nous essayons donc d’exploiter les données pour déterminer lesquels sont bénins et lesquels sont malins. »

    C’est la première fois que l’intelligence artificielle (IA) est appliquée à la question du tri des nodules bénins des cancers dans le dépistage du cancer du poumon.

    L’équipe de chercheurs a rassemblé des données de tomodensitométrie à faible dose auprès de 218 patients à risque élevé, chez lesquels un cancer du poumon ou des nodules bénins ont été ultérieurement confirmés. Ils ont ensuite introduit les données dans un algorithme d’apprentissage automatique afin de créer un modèle permettant de calculer la probabilité de cancer. Si la probabilité tombe sous un certain seuil, le modèle exclut le cancer.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 13 mars 2019 dans la revue Thorax.

    Résultats : des centaines d’actes inutiles évitées

    • L’IA aurait pu éviter à 30 % des personnes atteintes de nodules bénins de subir des tests supplémentaires.
    • Pas un seul cas de cancer n’a échappé à l’algorithme.
    • 3 facteurs majeurs permettent de faire le tri des nodules : le nombre de vaisseaux sanguins entourant le nodule, le nombre de nodules et le nombre d’années écoulées depuis que le patient a cessé de fumer.

    Vers une validation sur 6 000 scanners

    « Bien que nous sachions depuis un certain temps que les tumeurs nécessitent davantage de soutien vasculaire, c’est la première fois que nous sommes en mesure d’utiliser la technologie informatique pour quantifier leur contribution et de les intégrer à un modèle prédictif qui décide avec certitude que les patients n’ont pas de cancer « , a déclaré l’un des auteurs de l’étude.

    Pour que cette technique soit validée et permette un dépistage plus précoce du cancer du poumon, l’étape suivante consiste à l’évaluer sur une population plus large. Ce travail a déjà commencé puisqu’environ 6 000 scanners issus du National Lung Screening Trial (essai national de dépistage pulmonaire) vont alimenter l’algorithme développé par les chercheurs de l’université de Pittsburgh.

  • IA : Merck s’allie à Iktos pour la conception de médicaments par intelligence artificielle

    Le laboratoire pharmaceutique allemand Merck signe un partenariat avec la société Iktos, spécialiste de l’intelligence artificielle (IA), pour la conception de nouveaux médicaments. Merck s’intéresse à la technologie dite de « modèle génératifs » capable de faciliter et d’accélérer les découvertes dans ce domaine.

    Grâce à l’apprentissage profond (deep learning), Iktos conçoit automatiquement de nouvelles molécules virtuelles possédant la totalité des caractéristiques biologiques requises pour traiter une pathologie donnée. Cette technologie permet des gains de productivité majeurs dans la phase amont de la R&D pharmaceutique. La société la propose à ses clients sous forme de services et d’un logiciel, baptisé « Makya ». 

    « L’intelligence artificielle émerge comme un pilier de la R&D biopharmaceutique du futur, commente dans un communiqué publié le 14 mars 2019 Belén Garijo, P.-D.G. « santé » de Merck. Pour les patients, cela peut signifier un accès plus rapide à de nouvelles options thérapeutiques. »
    « En très peu de temps, notre technologie a fait de grands progrès et nous avons hâte d’appliquer son considérable potentiel », déclare de son côté Yann Gaston-Mathé, Président et P.-D.G. d’Iktos.

    Iktos a annoncé récemment plusieurs collaborations avec des sociétés biopharmaceutiques afin d’utiliser l’IA pour concevoir de nouveaux composés.

  • AI GF 2019 : lancement du 1er forum international sur la gouvernance de l’IA le 23/03/2019 (Suisse)

    Organisé par l’AI Transparency Institute et soutenu par la Confédération suisse, le Forum AI GF 2019 se tiendra le 23 mars 2019 à la Fondation Brocher, près de Genève en Suisse, sous la forme de keynote speakers et de panels rassemblant des intervenants d’universités prestigieuses, telles que le MIT, l’Imperial College of London et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). « Inspiré par la philosophie multipartite de l’Internet Governance Forum, il s’agit du premier forum international dédié à la gouvernance agile de l’IA« , indiquent les organisateurs dans un communiqué.

    L’objectif de l’événement est d’encourager le dialogue interdisciplinaire, « au carrefour de la technologie, de la politique et de l’éthique, dans la perspective d’un développement durable et responsable de l’IA, au service de l’être humain ».

    Des professeurs, des régulateurs (OCDE, Commission européenne et OMS, Union internationale des télécommunications) et des membres de la société civile seront réunis pour échanger au cours de cette journée. Ils dialogueront sur l’impact de l’intelligence artificielle et sur la manière d’affronter les défis qu’elle pose dans les sociétés contemporaines, aussi bien au niveau national qu’international. Ils feront également « un état des lieux du point de vue de la réglementation, de la sécurité, de la confidentialité, de l’équité, de l’interopérabilité et de l’auditabilité des algorithmes, et identifieront des synergies potentielles entre disciplines ».

    Les inscriptions doivent être réalisées en ligne sur Ai-governance-forum/kick-off-event-2019. Les prix d’accès au forum sont fixés en fonction du statut de chacun, précisent les organisateurs.

    Programme

    09:00-09:10 Welcome Eva Thelisson (AI Transparency Institute)

    09:10-09:30 Understanding the Fundamentals of AI and ML

    • Martin Jaggi (Professor at EPFL, Switzerland)

    09:30-09:50 Intelligence and AI

    • Joanna Bryson (University of Bath, UK)

    09:50-10:40 AI Opportunities and Challenges for Society

    • How AI can Enable a More Cooperative Future : Henry Lieberman (Research Scientist at MIT, USA)
    • Security and Privacy : Carmela Troncoso (Professor at EPFL, Switzerland)
    • Solving AI’s Privacy Problem : Florimond Houssiau (Researcher at Imperial College, London, UK)

    “A simulation on re-identification of anonymized datasets.”

    11:00 – 11:20 Coffee Break

    11:20 – 12:20 AI Opportunities and Challenges for Society

    • AI Assisted Decision-Making and Transparency : Maël Pegny (Associated member, IHPST, Université de Paris 1, France)
    • Direct Democracy, Digitalization, and AI : Florian Evéquoz (Professor at HES-SO, Switzerland)
    • AI Safety : El Mahdi El Mhamdi (Researcher at EPFL, Switzerland)

    “An explanation of social media poisoning of public debates and misinformation propagation and social media addiction.”

    12:20 – 13:20 Lunch

    13:20 – 14:00 Cross-lingual Real-Time Global Media Monitoring

    • Marko Groblenik (Jozef Stefan Institute, Slovenia)

    14:00 – 14:20 Value Aligned Design of AI Systems

    Raja Chatila (Pierre and Marie Curie University, France)

    14:20 – 15:40 Panel: Shaping an International Consensus on AI Policy (Moderators: Eva Thelisson & Carmela Troncoso)

    • AI and Robotics : Juha Heikkilä (Head of Unit, Robotics, Directorate-General for Communication Networks, Content and Technology, European Commission, Luxembourg)
    • WHO/ITU Focus Group on AI and Healthcare : Thomas Wiegand (Professor at Technical University of Berlin, Germany)
    • OECD Approach on AI Policy : Karine Perset (OECD, Paris, France)
    • Policy Recommendations of and Legal Status for Intelligent ICT, Security and Economic Redistribution : Joanna Bryson (Professor at University of Bath, UK)
    • Recommendations of High Level Expert Group on AI from EU Commission (AIHLEG) : Raja Chatila (Professor at Pierre and Marie Curie University, Paris, France)

    15:40 – 16:00 Coffee Break

    16:00 – 17:00 Panel: Towards Responsible AI (Moderator: El Mahdi El Mhamdi)

    • AI and the Dilemma of Augmented Cognition : Friedhelm Hummel (Professor at EPFL, Switzerland)
    • Trustworthy AI and Social Choices : Sacha Alanoca (AI Policy Researcher and Program Manager, The Future Society, London, UK)
    • Fairness and Algorithms : Michele Loi (Postdoctoral researcher at the University of Zürich, Switzerland) 1

    7:00 – 17:15 Conclusion and Future Steps

    17:15 – 18:00 Aperitif 

  • Data science, IA : « essais cliniques, quelles perspectives en 2019 ? » (Ch. Hebenstreit, Medidata)

    Health & Tech Intelligence relaie la tribune « Essais cliniques, quelles perspectives en 2019 ? » de Christian Hebenstreit, general manager & senior vice president EMEA de Medidata (Londres), une société de technologie américaine qui développe et commercialise des logiciels en tant que service d’essais cliniques. Dans ce texte, le responable évoque les importantes opportunités offertes par les nouvelles technologies (data science, intelligence artificielle, et plus précisément machine learning, etc.) dans le cadre des processus de développement des médicaments.


    « Les entreprises du secteur des sciences de la vie les plus avancées en matière de technologie sont conscientes que de nos jours, l’innovation digitale et l’hyper-connectivité des plates-formes sont désormais primordiales. Les innovations technologiques dans les essais cliniques jouent un rôle de plus en plus important dans la mise au point de médicaments. Le secteur des sciences de la vie a là une formidable occasion d’améliorer l’efficacité et de réduire ses coûts tout en accroissant la portée de ses recherches et en améliorant l’expérience patient et les essais cliniques. Cette opportunité se présente alors que les leaders du secteur tirent parti des dernières tendances en matière de digital, telles que la data science, l’intelligence artificielle, la surveillance des risques, l’analytics et le machine learning (apprentissage automatique), pour améliorer, rationaliser et réduire les risques inhérents au processus de développement des médicaments.

    La technologie a propulsé les essais cliniques dans une « nouvelle ère » : les avancées technologiques ouvrent de nouvelles opportunités à un secteur traditionnellement limité en matière d’innovation étant donné le système de règlementation strict mais néanmoins nécessaire qui l’encadre. De nouvelles plateformes visent à améliorer l’efficacité et la productivité des essais cliniques, et permettent d’obtenir de nouveaux résultats, de renforcer l’engagement du malade et de réduire ses contraintes.

    Quelles sont donc, selon Medidata, les tendances dans le monde des sciences de la vie, de la pharmacie et de la santé pour 2019 ?« 

    Les essais cliniques vont s’internationaliser davantage

    La pénurie de patients, l’évolution vers une médecine plus personnalisée et plus axée sur la valeur, l’attention accrue portée aux maladies rares, la hausse des coûts opérationnels… autant de facteurs qui poussent à la mondialisation des essais cliniques. Au-delà des marchés américain, français, anglais ou autres, nous devrions voir les organismes de recherche clinique et les sociétés pharmaceutiques se tourner vers d’autres régions du monde pour leurs essais, dans l’objectif de bénéficier d’un plus grand nombre de sujets potentiels, de coûts opérationnels réduits et, en définitive, d’accélérer la mise sur le marché de leurs traitements.

    Près de la moitié des essais cliniques se déroulent actuellement hors des États-Unis, les pays émergents investissant lourdement dans des infrastructures dédiées à la santé et aux sciences de la vie. Les tests et l’autorisation de mise sur le marché sont maintenant également en voie de mondialisation, pour le bénéfice à la fois des laboratoires et des différents groupes de malades. Selon les prévisions mondiales des analystes du secteur, les essais cliniques réalisés dans les pays développés devraient représenter environ 66,8% du total mondial d’ici 2020, en baisse par rapport à aujourd’hui (76 %). Les pays émergeant quant à eux devraient accueillir 25,2 % des essais, contre seulement 15,7 % aujourd’hui.

    La tendance croissante à mener des essais cliniques hors des États-Unis est un facteur important dans l’amélioration de leur efficacité. Le nombre de malades participant à des essais est en baisse aux États-Unis et en hausse à l’étranger. L’applicabilité des résultats d’études effectuées à l’étranger dépend de la maladie étudiée et de l’état de la pratique clinique en vigueur dans la zone géographique. Mais, d’un point de vue général, la plupart des experts reconnaissent l’aspect positif de cette tendance : en effet, lorsqu’un essai de grande envergure nécessite la participation de milliers de malades, sélectionner des sites à l’étranger peut amener à économiser des centaines de millions de dollars et permettre de trouver des patients plus rapidement.

    Essais cliniques virtuels : la marche à suivre pour une meilleure rétention des malades

    Les organismes de recherche clinique continuent de voir l’importance de réduire les contraintes subies par les malades pendant les essais cliniques ; ils veulent également rendre les tests et les traitements accessibles au plus grand nombre de patients. En conséquence, les tests virtuels qui permettent aux malades d’enregistrer leurs données à distance, sans avoir à sortir de chez eux, seront de plus en plus nombreux.

    Cette tendance sera facilitée par l’avancée des nouvelles technologies, notamment grâce aux dispositifs de contrôle portables, l’utilisation généralisée des smartphones pour enregistrer et transmettre les données à distance en temps réel, ainsi que l’apparition de logiciels plus sophistiqués de suivi des anomalies et de la conformité pour assurer la fiabilité de ces données. La possibilité de pouvoir participer à des essais cliniques tout en restant chez soi est particulièrement intéressante pour les enfants : cela leur permet de se sentir plus à l’aise pendant ces moments éprouvants et souvent effrayants pour eux.

    Le téléphone portable, avec ses systèmes de localisation intégrés et la technologie nécessaire à l’exécution d’applications médicales, permet d’autonomiser ceux qui vivent loin d’un hôpital, et représente un outil parfait pour accélérer l’avancée des essais virtuels.

    De plus, la méthode d’enregistrement et de transmission des données dans le cadre d’essais virtuels est avérée fiable et cliniquement significative, ce qui en fait une option viable pour les chercheurs de l’industrie pharmaceutique.

    Le rôle croissant du chief Patient experience officer

    L’amélioration de l’expérience patient devient de plus en plus un objectif stratégique pour les entreprises du secteur des sciences de la vie. Il sera donc nécessaire que certaines personnes en assurent la responsabilité et jouent un rôle déterminant en s’assurant que cette vision des choses soit partagée par le conseil d’administration.

    Améliorer l’expérience patient ne constitue plus une simple option ; les entreprises ne survivront pas sur le marché actuel si elles n’en font pas une priorité stratégique. Une expérience patient exceptionnelle doit comprendre entre autres des soins de qualité, une expérience agréable, de la transparence, la compréhension des besoins du patient, des méthodes d’indemnisation efficaces. Et les organisations du secteur des sciences de la vie ne devront pas sous-estimer l’importance de leur rôle en la matière.

    Le poste de Chief Patient Experience Officer devrait donc prendre de l’importance en 2019. Ce nouveau responsable, qui pourrait se positionner comme un prolongement du Chief Digital Officer, est considéré comme la personne en charge de superviser les différents aspects des essais cliniques : depuis la conception du protocole, la sélection des malades jusqu’au déroulement de l’essai et au suivi des patients pour minimiser les abandons et assurer la fiabilité et la validité des essais.

    Promotion de la diversité dans l’industrie

    Parler de l’’importance de la diversité est quasiment devenu un cliché. Il n’en reste pas moins que la représentation des minorités et des personnes handicapées dans de nombreux domaines de l’industrie des sciences de la vie est toujours inférieure à celle de ces groupes dans la population en général.

    La diversité est aujourd’hui une condition sine qua none du succès et donc de la qualité de toute entreprise. Dans le secteur des sciences de la vie, elle est la clé de l’innovation dans une économie qui l’exige de plus en plus.

    Pour que l’industrie des sciences de la vie continue à se développer au niveau mondial, la diversité et l’inclusion ne peuvent pas être une simple initiative parmi d’autres. Ce doit être le cœur de la politique de l’entreprise à tous les échelons et elles doivent se refléter dans les stratégies de recrutement, de rétention et de promotion. Un facteur tout particulièrement important en matière de diversité : recruter un panel de malades plus large pour un essai clinique nécessite de favoriser également une plus grande diversité au sein des intervenants afin d’aider à développer la confiance et faciliter la communication avec ces communautés.

    Accroître la diversité des malades

    2019 et les années à venir verront émerger un courant visant à encourager les membres de groupes minoritaires à participer aux essais cliniques. L’un des défis à relever sera que dans les pays développés, ces groupes se trouvent souvent dans des régions à faible revenu, et que les cliniciens n’y ont pas assez de ressources pour gérer le type de programmes d’engagement du patient nécessaires pour inciter de nouvelles communautés à intégrer des essais cliniques. En effet, lorsqu’une communauté n’est pas habituée à participer à de telles études, il est nécessaire d’employer bien plus de moyens pour éduquer les patients potentiels sur les bénéfices, les risques, les protocoles et les processus des essais.

    Accroître la diversité des malades participant à des essais cliniques ne permet pas seulement d’accroître la taille du panel. Lorsque que l’on étudie des maladies plus rares, on s’aperçoit en effet qu’elles n’affectent qu’une petite partie de la population, dont les membres ne sont généralement pas des Caucasiens des classes moyennes.

    Donner de l’élan à la transformation numérique en adoptant les technologies émergentes

    Les nouvelles technologies, comme les dispositifs portables, le contrôle à distance et les visites cliniques virtuelles contribuent déjà à replacer le patient au cœur des essais cliniques. Les réseaux sociaux offrent également des opportunités accrues en matière d’engagement des patients.

    L’intelligence artificielle (IA) a d’ores et déjà commencé à s’imposer dans le secteur des sciences de la vie, tout d’abord dans le cadre de la découverte et le développement de médicaments, puis pour des applications tout au long du cycle de vie du produit. Le secteur des sciences de la vie regorge de procédures générant de multiples données, or l’IA commence tout juste à y être utilisée pour collecter, gérer et utiliser intelligemment toutes les données structurées et non structurées.

    Pour 2019 et les années suivantes, l’IA est la plus à même d’aider à analyser les gros volumes de données sur les malades, permettant ainsi aux cliniciens et aux professionnels de santé de passer plus de temps avec leurs patients et donc de renforcer la dimension humaine des essais. Parmi les applications clefs de l’AI, du machine learning (apprentissage automatique) et du big data analytics (analyse des données volumineuses) dans le secteur pharmaceutique pour l’année à venir, on peut citer :

    • la curation et l’importation de données : par exemple en rationnalisant les multiples façons d’enregistrer (plus de 700) le genre du malade dans les essais cliniques ;
    • l’accélération de la découverte de biomarqueurs : le Machine learning regroupe les profils génomiques au niveau du patient et aide à comprendre les causes de la maladie et des effets indésirables ;
    • l’identification des valeurs aberrantes via le big data analytics permettra d’accélérer l’obtention de l’approbation des organismes de régulation ;
    • l’utilisation de l’intelligence artificielle et du Machine learning réduira la nécessité de recourir à des essais contre placebo.

    Aujourd’hui, les entreprises pharmaceutiques doivent gérer d’énormes volumes de données. A cause de l’environnement compétitif et de la rigueur des normes réglementaires, ces données sont cachées derrière des pares-feux et restent inaccessibles pour le reste du monde. En 2019 et après, le big data analytics continuera à combiner les données issues de différentes sources et à révéler de nouvelles relations et de nouvelles conclusions qui seraient restées inconnues sans cela.

    Dernier point, et non des moindres, le Machine learning va devenir de plus en plus un outil très utile pour le R&D pharma, à condition que les infrastructures de données les plus avancées soient mises en place, que les bonnes questions soient posées, que les objectifs importants soient bien définis et qu’une formation suffisante aux data soit dispensée. Si toutes ces conditions sont remplies, les modèles d’apprentissage automatique vont accélérer de manière exponentielle le processus de R&D.

    L’essor de la thérapeutique numérique

    La thérapeutique numérique constitue déjà une option de traitement pour certains troubles mentaux, dont l’alcoolisme, via des moyens pouvant aller du thérapeute numérique à la gamification de la gestion de la dépendance. L’industrie des sciences de la vie continuant d’exploiter le potentiel des nouvelles technologies, les thérapies numériques seront de plus en plus intégrées aux pharmacothérapies traditionnelles.

    Pour de nombreuses maladies chroniques, le traitement médicamenteux est centré sur la gestion de la maladie, ce qui nécessite une surveillance et un traitement en temps réel. Des moniteurs connectés mesurant des paramètres tels que le sucre dans le sang, par exemple, pourraient être associés à un processus plus automatisé d’administration d’insuline, réduisant ainsi le risque d’incidents hypoglycémiques ou hyperglycémiques et diminuant le nombre de visites à domicile ou sur site ou d’admissions en urgence. Nous nous attendons à voir plus d’innovations de ce genre catégorie au cours de l’année à venir.

    Des effectifs fluctuants

    Les progrès de la mondialisation posent des défis majeurs au secteur pharmaceutique. Les grandes entreprises pharmaceutiques multinationales revoient considérablement leurs modèles économiques, ce qui a déjà entraîné la fermeture de plusieurs sites ainsi que des licenciements. De nombreux sites multifonctions sont en train d’être transformées en unités opérationnelles plus ciblées dans une optique de rationalisation.

    Le recours à la sous-traitance et la collaboration avec les sociétés de supply chain sont de plus en plus fréquents. De même pour le passage aux « génériques » lorsque les brevets portant sur les médicaments « vedettes » du XXe siècle arrivent à expiration, ouvrant ainsi la concurrence à des fabricants à faibles coûts. La réponse concurrentielle consiste à investir dans l’intégration de nouvelles technologies et le transfert rapide des connaissances dans de nouveaux produits.

  • Étude : l’apprentissage automatique permet de détecter Alzheimer dans des images numérisées (Nature)

    Un réseau de neurones est capable d’identifier les enchevêtrements neurofibrillaires (NFT), principal marqueur de la maladie d’Alzheimer, avec un degré élevé de précision, directement à partir d’images numérisées. C’est la conclusion d’une étude* publiée en février 2019 dans la revue Laboratory Investigation (Nature) par des chercheurs de l’École de médecine Icahn de Mount Sinai à New York, concepteurs de la plateforme Precise Informatics, utilisée dans le cadre de ce projet.

    Alors que le diagnostic précis de ces maladies est difficile et nécessite la mobilisation de spécialistes hautement qualifiés, ces travaux révèlent que l’application de l’apprentissage automatique (machine learning) à des images microscopiques numérisées permet de détecter et de quantifier une accumulation anormale de protéines tau dans les enchevêtrements neurofibrillaires (NFT) du cerveau, qui est le symptôme de maladies neurodégénératives.

    L’IA pourrait s’avérer utile pour détecter plus facilement les maladies neurodégénératives

    « L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pourrait grandement améliorer notre capacité à détecter et à quantifier les maladies neurodégénératives, ce qui représente une avancée majeure par rapport aux méthodes en usage, très exigeantes en capital humain et peu reproductibles », a déclaré John Crary,  auteur principal de l’étude, professeur de pathologie et de neurosciences à l’école Icahn. Au final, ce projet permettra un diagnostic plus efficace et plus précis des maladies neurodégénératives. »

    Une autre étude révèle qu’il est possible de détecter précocement Alzheimer par l’IA à partir d’un test sanguins

    D’autres chercheurs tentent actuellement de détecter précocement les symptômes d’Alzheimer grâce à l’IA, et notamment par le biais de l’apprentissage automatique, à partir entre autres de tests sanguins. C’est le cas de l’équipe de recherche en génétique d’IBM dirigée par Ben Goudey, qui a publié en mars 2019 les résultats de ses travaux sur le sujet.

  • Therapixel lève 5 millions d’euros pour prévenir le cancer du sein par l’IA

    La start-up française Therapixel a levé 5 millions d’euros dans le cadre d’un tour de table de série A réalisé auprès d’Omnes et de M Capital Partners afin de financer le déploiement de son système d’intelligence artificielle (IA) capable d’affiner le diagnostic des cancers du sein.

    Le rôle de l’outil est d’ »aider la première lecture », selon les mots du nouveau P.D-G. et cofondateur Pierre Fillard, soit d’assister le radiologue sans le remplacer. La solution permettra cependant, dans un contexte de pénurie de praticiens spécialistes, de traiter plus d’images avec le même nombre de personnes.

    En mai 2017, Therapixel a remporté le premier prix du Digital Mammography Dream Challenge, un concours international de détection des tumeurs sur des mammographies, organisé par une dizaine d’organisations américaines, rappelle la société dans un communiqué publié le 13 mars 2019. La société avait présenté une version plus ancienne de son algorithme. Ce dernier permettait notamment d’améliorer de 5 % le nombre de faux positifs et donc de biopsies inutiles, par rapport aux autres systèmes.

    Depuis le challenge, Therapixel a peaufiné son algorithme afin de le rendre plus performant, indique la start-u.

    À noter que Olivier Clatz, jusqu’alors P.-D.G. de Therapixel, a récemment quitté la société. Le 1er mars 2019, il a été nommé directeur du grand défi lancé par le gouvernement sur le thème « Comment améliorer les diagnostics médicaux par l’intelligence artificielle ? », un appel à projets bénéficiant des financements du fonds pour l’innovation de rupture.

  • L’Appel Médical lance Randy Medical, un chatbot pour recruter les professionnels de santé

    Site d’emploi spécialiste du recrutement et du travail temporaire en santé, L’Appel Médical (groupe Randstad) annonce le déploiement national d’un chatbot, présenté comme « une nouvelle expérience de recrutement, ludique et instantanée, sans formulaire ni CV ».

    Randy Medical, version santé du chatbot Randy, identifie les compétences et les atouts des candidats par une discussion informelle, des QCM métiers et des jeux adaptés à chaque profession, et leur propose des postes correspondant à leur profil. Avec leur accord, il transmet leurs données aux consultants du site pour une évaluation plus précise.

    L’objectif est d’atteindre une nouvelle génération de professionnels plus connectés, notamment aux réseaux sociaux, afin de remédier aux pénuries de candidats dans le secteur. Disponible sur Facebook Messenger et sur le site d’Appel médical, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, il adopte les codes de ces nouveaux publics, à savoir « instantanéité, simplicité et transparence ».

    La phase de déploiement de 6 mois a permis au chatbot d’initier « près de 1 800 conversations avec de nouveaux candidats, inconnus d’Appel médical », pour un échange de 17 minutes en moyenne, un temps proche des entretiens de pré-embauche. 350 profils ont été transmis aux consultants. L’Appel médical ambitionne de pré-recruter 1 000 candidats en 2019 par ce canal.

    « Randy intègre une intelligence artificielle poussée » (Randstad France)

    Randy a été co-conçu par la société française Illuin Technology, spécialiste de l’intelligence artificielle : le parcours « gamifié » intègre des modules conçus par la start-up Pymetrics, spécialiste des neurosciences appliquées au recrutement. Les deux sociétés font partie de l’écosystème innovation de Randstad.

    Alors que les chatbots RH « se basent généralement sur une simple recherche de mots clés, Randy intègre une intelligence artificielle poussée : il s’appuie sur des tests métiers pour évaluer les compétences techniques et du gaming pour aller sur le champ de la personnalité. C’est une vraie rupture technologique dans notre secteur d’activité », commente Eric Toussaint, directeur marketing adjoint de Randstad France, dans un communiqué publié en février 2019.

    Chatbot de l’année au Grand Prix Social Media 2018

    Randy a été désigné chatbot de l’année au Grand Prix Social Media 2018 de NetMediaEurope par un jury de professionnels du digital.

    Présentation de Randy Medical

    © Randstad France