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  • IA : la FDA prévoit un cadre réglementaire adapté aux systèmes doués d’apprentissage automatique

    La Food and Drug Administration (FDA) a annoncé sa décision de définir un cadre réglementaire pour les technologies médicales douées d’apprentissage automatique (machine learning), c’est-à-dire capables, grâce à l’intelligence artificielle (IA), de se mettre à jour et d’améliorer leurs performances grâce aux données qui leur sont soumises.

    L’agence américaine chargée d’homologuer les nouveaux dispositifs médicaux publie sur ce sujet un livre blanc qu’elle présente comme la première étape d’un processus appelé à durer plusieurs mois : elle prévoit de livrer en phase finale un projet d’orientation tenant compte des commentaires du public et des spécialistes du domaine.

    « Notre approche sera axée sur le fait que ces technologies prometteuses sont en constante évolution, affirme le directeur sortant de la FDA, Scott Gottlieb, dans un communiqué publié le 2 avril 2019. Notre objectif est de rendre les autorités capables d’assurer la sécurité de ces dispositifs tout en suivant le rythme de plus en plus rapide des innovations. »

    Des systèmes « verrouillés » aux systèmes « adaptatifs »

    Le directeur de la FDA explique que les technologies d’IA homologuées jusqu’à présent par l’agence sont généralement basées sur des algorithmes « verrouillés », c’est-à-dire qui ne s’adaptent pas en permanence et incapables d’apprendre à chaque utilisation. Ces systèmes sont modifiés périodiquement par leur fabricant à l’aide de nouvelles données, avec à chaque fois vérification et validation manuelles. Scott Gottlieb évoque notamment un système approuvé en 2018, capable de diagnostiquer la rétinopathie diabétique, une maladie oculaire dégénérative pouvant entraîner la cécité.

    Il souligne que les outils dits « adaptatifs » , « doués d’apprentissage automatique », nécessitent  pour leur part, et contrairement aux autres, « une surveillance attentive » afin de « garantir que leurs avantages sont à la mesure des risques encourus par les patients ». Scott Gottlieb donne l’exemple d’un système actuellement en développement qui utilise des algorithmes adaptatifs pour détecter un cancer du sein sur les mammographies, en perfectionnant sa capacité à identifier les cellules cancéreuses ou les sous-types spécifiques du cancer du sein grâce aux données de vie réelle que lui fournissent l’examen de chaque patiente.

    « Plan de suivi » et surveillance « en temps réel »

    Lorsque des modifications seront susceptibles d’affecter de manière significative la sécurité ou l’efficacité du matériel, la FDA envisage d’exiger du fabricant un plan de suivi des modifications du logiciel, incluant des informations détaillées sur les évolutions anticipées ainsi que sur la méthodologie envisagée pour les mettre en œuvre de manière contrôlée, en vue de limiter les risques pour les patients. L’agence imagine également une surveillance « en temps réel » des logiciels adaptatifs après leur commercialisation.

    En conclusion, Scott Gottlieb se dit persuadé que ces technologies « auront un impact puissant et positif sur la santé » et que l’évolution réglementaire qu’il dessine « permettra la mise sur le marché de logiciels d’intelligence artificielle utiles et novateurs, tout en garantissant que leurs avantages continuent de l’emporter sur les risques ».

     

     

  • Appli diabète : la start-up française MirambeauAppCare déployée au Canada et aux Émirats arabes unis

    La start-up girondine MirambeauAppCare annonce la création de conseils scientifiques au Canada et aux Émirats arabes unis, avant de lancer sur ces marchés son application multi-plateformes, Diabilive, qui permet d’améliorer l’accompagnement des patients diabétiques en leur apportant davantage d’autonomie.

    La société a été sélectionnée parmi les milliers d’entreprises ayant participé aux Innov 8 talks, organisés dans le cadre de l’événement Arab Health, qui s’est tenu fin janvier 2019 à Dubaï. Elle est actuellement en train de préparer la commercialisation de Diabilive aux Émirats et vient de former son conseil scientifique au sein du pays, a-t-elle annoncé début avril 2019. Ce conseil est composé du Dr Rahila Bhatti, de l’hôpital Mediclinic Parkview de Dubaï, et de Michelle Franklin, infirmière générale en charge de la clinique du diabète à l’hôpital Imperial College de Abu Dhabi.

    Outre-Atlantique, la start-up est parvenue à convaincre des endocrinologues du Centre hospitalier universitaire de Montréal de former son conseil scientifique canadien.

    Fondée en juillet 2017, MirambeauAppCare a pour l’instant levé 900 000 euros et décroché plusieurs récompenses, dont le prix du président de la République au concours Lépine International Paris 2016 et le prix Innovation Awards 2018 du CES Las Vegas dans la catégorie « produits logiciels et applications mobiles ».

    « La création de ces conseils montre notre capacité à être international dès le départ »

    « La création de ces conseils scientifiques est une avancée majeure pour MirambeauAppCare, qui montre là sa capacité à être international dès le départ », commente Benoît Mirambeau, P.-D.G. de la société.

    La start-up ayant « des bons de commandes très importants en France », cela lui permet « de voir l’avenir sereinement », ajoute le responsable.

    Diabilive : une application pour accompagner au quotidien les patients diabétiques

    Diabilive calcule la dose d’insuline du patient selon sa prescription médicale, son régime alimentaire et son activité physique. Elle améliore ainsi l’observance du traitement et facilite l’anticipation des besoins futurs. L’application permet également aux chercheurs d’analyser les données afin d’améliorer les protocoles.

    La solution se connecte à tous les outils connectables en Bluetooth ou NFC pour le suivi des constantes médicales, telles que le poids, la glycémie, la tension, le pouls et le taux d’oxygène dans le sang.

    En renforçant le contact entre les soignants et le patient, elle vise par ailleurs à rassurer ce dernier, en le faisant se sentir mieux entouré et donc en sécurité.

  • IA : Cognizant automatise la production de la documentation des essais cliniques

    La société américaine Cognizant dévoile sa solution Protocol Creator, un outil Saas (logiciel-service) qui automatise la production de la documentation des protocoles d’essais cliniques. Ce produit permet de rendre cette étape plus simple et moins coûteuse, pour une meilleure qualité finale. Protocol Creator aboutit à une soumission plus rapide de plusieurs semaines des essais cliniques, leur permettant de commencer plus tôt, en générant une documentation sous forme de document structuré : le logiciel peut publier le protocole final sous forme de document ou dans un format lisible par machine.

    « L’élaboration de la documentation protocolaire est depuis longtemps considérée comme un gisement d’opportunités si l’on veut améliorer l’efficacité des processus d’essais cliniques », souligne Patricia Belissa-Mathiot, directrice des opérations cliniques du laboratoire Servier, dans un communiqué publié le 3 avril 2019. Selon elle, Cognizant est conscient des défis qu’implique la création d’un protocole, de sorte que son outil parvient à gérer les étapes sensibles du processus, apportant une réelle amélioration aux méthodes de travail du secteur.

    « La mise sur le marché d’un seul nouveau traitement coûte aujourd’hui plus d’un milliard de dollars, affirme Bhaskar Sambasivan, vice-président exécutif et directeur monde des sciences de la vie à Cognizant. Chaque jour qui passe avant l’homologation d’un protocole coûte à l’entreprise et, ce qui est plus grave, retarde le traitement du patient ». Il souligne que Cognizant Protocol Creator « procède à une refonte d’ensemble du processus de soumission, le rendant d’emblée numérique », et « jette également les bases d’un écosystème clinique entièrement numérique, à base d’intelligence artificielle », capable d’améliorer les résultats cliniques.

  • USA : BMS s’unit à Concerto HealthAI pour l’exploitation des données de vie réelle par IA (oncologie)

    Le laboratoire pharmaceutique américain Bristol-Myers Squibb (BMS) conclut un partenariat pluriannuel avec la société Concerto HealthAI (Boston), qui applique l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique à la génération de données « de vie réelle » pour les tests de nouveaux médicaments.

    BMS utilisera la plateforme technologique EurekaHealth de Concerto HealthAI pour exploiter les données de vie réelle dans le domaine pharmaceutique et pour l’application des solutions d’IA dans le domaine clinique.

    Les données de vie réelle de Concerto HealthAI proviennent notamment de la plateforme CancerLinQ, développée par une filiale à but non lucratif de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO).

    Cette décision, annoncée fin mars 2019, intervient après que la FDA a recommandé en décembre 2018 dans un programme dédié l’exploitation des données de vie réelle dans les essais cliniques et les études post-homologation.

    « Notre accord avec Bristol-Myers Squibb démontre que nous sommes arrivés à un tournant s’agissant des données de vie réelle », a déclaré Jeff Elton, le patron de Concerto HealthAI. Elles ne sont plus seulement un moyen de générer des informations mais un domaine à part entière, porteur d’amélioration des traitement et d’innovations thérapeutiques ».

  • La santé à l’ère de l’IA : défis juridiques et 1ères applications de terrain (18/04/2019, Paris)

    La santé à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) sera le thème du petit-déjeuner conférence organisé par De Gaulle Fleurance & Associés le 18 avril 2019 à Paris. Il s’agit de la troisième session du cycle de conférences de la société d’avocats dédié aux enjeux soulevés par l’intégration de solutions d’IA dans la transformation numérique des entreprises. 

    Cette session, qui portera plus précisément sur les défis juridiques et les premières applications de terrain,  sera rythmée par des retours d’expériences et un partage de connaissances sur la dimension santé de ce sujet. Elle « sera aussi l’occasion pour les intervenants et l’ensemble des participants d’aborder ce sujet en tentant de le démystifier », précisent les organisateurs.

    Le petit-déjeuner sera animé par :
    • François Lescure, président, Médecin Direct ;
    • Stéphanie Combes, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), ministère des Solidarités et de la Santé, chef de projet du Health Data Hub ;
    • Guillaume Santiago, fondateur, Onlynnov ;
    • Cécile Théard-Jallu, avocat-associé, De Gaulle Fleurance & Associés ;
    • Nina Gosse, avocat, De Gaulle Fleurance & Associés.

    Les inscriptions, obligatoires, doivent être réalisées avant le 11 avril 2019 via ce lien (nombre de places limité).

    Au programme :

    Évoquer la mise en œuvre concrète des défis juridiques autour de projets d’IA à l’heure de la médecine 4P (personnalisée, préventive, prédictive et participative) :

    • Quels schémas de partenariat autour de projets d’IA (éditeurs, fournisseurs de data, utilisateurs ..) ?
    • Comment l’IA transforme t-elle déjà la relation entre patient et médecin ? Quelle implication des professionnels de santé ?
    • Quels rôles pour les plateformes d’IA ?
    • Quel rôle pour le Health Data Hub ? Quel sera son modèle économique, notamment pour les services rendus aux industriels et les contributions vers le hub ? Quel accès aux données par les professionnels de santé, les patients, les entreprises …? Quelles interactions techniques avec d’autres bases / l’IoT ?
    • Comment protéger et utiliser les données de santé dans un projet d’IA à l’ère du RGPD ?
    • Quelle protection et valorisation juridique des actifs immatériels liés à l’IA ?
    • Quel impact de l’IA sur les processus réglementaires de market access, en particulier de marquage CE pour les dispositifs médicaux ?
    • Quels enjeux de responsabilité / quelles premières solutions d’assurabilité ?

    Accueil et petit-déjeuner à partir de 8h30

  • Étude : un robot contrôlé par RA pour rendre de l’autonomie aux personnes handicapées (Plos One)

    Des chercheurs de l’Institut de technologie de Géorgie (Georgia Institute of Technology) ont mis au point un nouveau système de réalité augmentée (RA) qui permet aux personnes ayant une déficience motrice grave de contrôler un robot à taille humaine. Les résultats de cette petite étude* publiée le 15 mars 2019 dans la revue Plos One montrent que ce dispositif peut améliorer leur qualité de vie car ils commandent le robot de façon complètement indépendante.

    Les robots d’assistance, un espoir pour les personnes handicapées moteur

    Les personnes souffrant de profonds déficits moteurs ont besoin d’aide de soignants pour effectuer de nombreuses tâches. Non content de les rendre très dépendants, ces soutiens coûtent cherchent et font peser un fardeau physique et émotionnel sur les aidants informels. Des robots d’assistance permettant aux personnes présentant un déficit moteur profond de s’acquitter eux-mêmes d’une partie de ces tâches pourraient être bénéfiques. En outre, il a été démontré que la capacité de prendre soin de soi est corrélée à une amélioration de la qualité de vie et à une diminution de la dépression, notamment chez les patients victimes d’un AVC, ainsi qu’à une réduction du taux de mortalité chez aidants.

    Pour les personnes souffrant d’un grave déficit moteur, tout l’enjeu est de trouver des dispositifs capables de contrôler ces robots car à l’heure actuelle, ces dispositifs sont très complexes, dotés d’un grand nombre de capteurs. Il existe de nombreux robots à taille humaine disponibles dans le commerce, équipés de roues et d’un ou deux bras. En outre, des entreprises et des chercheurs ont fabriqué des robots humanoïdes complets avec bras et jambes, couramment utilisés dans les laboratoires.

    Une interface de réalité virtuelle pour contrôler le robot

    Des chercheurs de l’Institut de technologie de Géorgie (Georgia Institute of Technology) ont donc mis au point un nouveau système permettant aux personnes ayant une déficience motrice grave de contrôler un robot à taille humaine. Ils utilisaient un robot PR2 de Willow Garage, comparable aux autres manipulateurs mobiles disponibles dans le commerce. Le PR2 est un robot à taille humaine doté d’un socle à roues omnidirectionnel, d’un torse translucide vertical, de deux bras avec pinces, d’une tête avec caméras et de divers autres capteurs, notamment tactiles.

    De plus, ils ont développé une interface de réalité augmentée (RA) basée sur le web. Les utilisateurs accèdent à l’interface à l’aide d’un navigateur web standard, ce qui simplifie l’accès et permet de contrôler un robot situé loin de l’utilisateur, par exemple dans une autre pièce ou dans tout le pays. L’interface web affiche « la vue du robot » de l’environnement pour aider les utilisateurs à interagir avec le monde via la machine. Ils ont pu contrôler le robot à l’aide de simples mouvements de tête et d’une interface graphique intuitive. En plus du flux vidéo, l’interface affiche d’autres données, issues notamment des capteurs tactiles.

    2 expérimentations ont été menées : la première étude comprenait 15 participants âgés d’au moins 18 ans, capables d’utiliser une souris d’ordinateur ou l’équivalent. Dans la seconde petite étude, un participant, considéré comme un « utilisateur expert » présentant de graves déficits moteurs, a utilisé le système à son domicile pendant 7 jours.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 15 mars dans la revue Plos One.

    Résultats

    • 80 % des participants ont été capables de manipuler à distance le robot pour des tâches de la vie quotidienne (attraper une bouteille d’eau et la porter à la bouche d’un mannequin).
    • Le système de réalité augmentée leur a permis de faire deux choses à la fois, comme « contrôler une machine à laver tout en utilisant une brosse ».
    • Les participants ont convenu que le système robotique était facile à utiliser et qu’il améliorerait considérablement leur vie.
    • Dans la deuxième étude, les chercheurs ont identifié 59 tâches « de premier niveau » pour lesquelles l’utilisateur expert a pu utiliser la technologie, notamment se brosser les dents et se raser.

    « Un système très libérateur pour moi »

    « Nos résultats suggèrent que les personnes atteintes de déficits moteurs profonds peuvent améliorer leur qualité de vie en utilisant des substituts robotiques du corps, et ce sans interfaces invasives, a déclaré Phillip Grice, premier auteur de l’étude. Le système a été très libérateur pour moi, en ce sens qu’il m’a permis de manipuler mon environnement de manière indépendante pour la première fois depuis mon AVC », a déclaré Henry Evans, un Californien qui aide les chercheurs du Georgia Institute of Technology à améliorer les systèmes robotiques d’assistance depuis 2011.

    Des robots encore trop coûteux

    Ces résultats portent sur un petit nombre de personnes et ont donc besoin d’être dupliqués. Par ailleurs, le système est encore très lent. Quant au robot, sa taille et son coût doivent encore diminuer avant de pouvoir être commercialisé.

  • États-Unis : des milliers de dossiers médicaux restés accessibles en raison d’une faille de sécurité

    Des milliers de dossiers médicaux sont restés librement accessibles du fait d’une faille de sécurité sur le serveur d’une société américaine. Nul ne sait à l’heure actuelle si un tiers a effectivement eu accès au serveur exposé ni pendant combien de temps les données ont été laissées sans protection.

    La société en cause est l’entreprise californienne Meditab, qui se présente comme l’un des principaux éditeurs de logiciels de dossiers médicaux électroniques pour les hôpitaux, les cabinets médicaux et les pharmacies. Elle traite notamment les transmissions par fax pour les professionnels de santé, ce moyen de communication restant très utilisé dans ce secteur outre-Atlantique.

    Selon les informations livrées par la société de cybersécurité SpiderSilk et recoupées par le site d’information spécialisé TechCrunch, Meditab avait omis de protéger par mot de passe un serveur exploitant une base de données contenant plus de 6 millions d’entrées. Tout le monde pouvait par conséquent lire les fax transmis en temps réel, alors qu’ils contenaient une foule de données personnelles, notamment des dossiers médicaux, des certificats médicaux, les médicaments prescrits et les quantités prescrites, ainsi que des informations relatives aux pathologies, comme des résultats de tests sanguins, tout cela accompagné des noms, des adresses et dates de naissance des patients, des données de paiement, parfois de leurs numéros de sécurité sociale, ainsi que d’informations relatives à leur couverture santé.

    Le serveur était hébergé par MedPharm Services, une filiale de Meditab basée à Porto Rico, créée sur ce territoire dépendant des États-Unis pour tirer parti des avantages fiscaux afférents.

    Meditab et MedPharm affirment tous deux se conformer à la loi HIPAA

    Meditab et MedPharm affirment tous deux se conformer à la loi HIPAA, qui régit la manière dont les prestataires de soins gèrent la sécurité des données des patients.

    Les entreprises qui enfreignent cette réglementation encourent de lourdes amendes aux États-Unis : le centre Anderson contre le cancer, dépendant de l’université du Texas a dû payer l’an dernier 4,3 millions de dollars US (environ 3,8 M€) pour n’avoir pas crypté les données de santé qu’il stockait.

  • Congrès SFD 2019 : le FreeStyle Libre, « une évolution technologique majeure en diabétologie » (conf.)

    « Le FreeStyle Libre (FSL) est une évolution technologique majeure en diabétologie« , commente le Pr Elise Bismuth, médecin au service « endocrinologie et diabétologie pédiatrique » à l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), intervenue le 28 mars 2019 lors d’un symposium dédié au dispositif, auquel Health & Tech Intelligence a assisté. La session était organisée dans le cadre du Congrès de la Société francophone du diabète (SFD), qui se tient à Marseille jusqu’au 29 mars.

    Le système de mesure du glucose en continu FSL est un dispositif médical sans piqûre, sans lancette et sans bandelette développé par Abbott. Il a rencontré un engouement immédiat lors de sa mise sur le marché en 2017. Remboursé par l’Assurance maladie depuis le 1er juin 2017 et proposé dans 7 pays d’Europe, il est aujourd’hui de plus en plus sollicité, l’occasion de faire le point.

    Le Pr Elise Bismuth insiste sur l’importance d’une éducation thérapeutique : « Mieux [les familles] connaissent et maîtrisent l’outil, moins d’erreurs elles commettent, meilleurs sont les résultats », indique-t-elle.
    De son côté, le Pr Michael Joubert, endocrinologue et diabétologue au CHU de Caen, est revenu de son côté sur le télésuivi des patients porteurs de FreeStyle Libre dans le cadre du programme Étapes avec le lancement d’une plateforme unique conçue pour faciliter la mise en place de la télésurveillance : le portail LibreView, attendu au cours de l’été 2019.

    L’importance de l’éducation thérapeutique en pédiatrie (Dr Bismuth)

    L’éducation thérapeutique est essentielle pour apprendre à utiliser le FreeStyle Libre, insiste le Dr Elise Bismuth (service pédiatrie, hôpital Robert-Debré), « aussi bien du côté des patients enfants que de leurs parents ».

    D’autant plus que le dispositif dispose d’un nouveau référentiel, étant passé d’un système capillaire (piqûre du doigt) à système interstitiel (mesure en continu du taux de glucose dans le tissu interstitiel). Il y a beaucoup plus d’informations de générer.

    • avantages pour les soignants : « Bye bye le carnet papier ». Ils peuvent annoter et télécharger toutes les données.
    • avantages pour les familles : elles apprécient le confort de la mesure interstitielle parce qu’il n’y plus besoin de piquer le doigt de son enfant. À l’école, c’est aussi plus simple de gérer ses jeunes patients pour les enseignants et les aides scolaires.

    « Toutes les études soulignent l’importance de l’éducation thérapeutique »

    Le Pr Elise Bismuth revient sur les résultats d’une étude observationnelle prospective multicentrique (9 centres) menée par l’Association du diabète infantile de la Méditerranée (Adim) sur 347 enfants et adolescents de décembre 2016 à juillet 2017.

    Il en ressort que l’éducation thérapeutique, soit la formation des patients et des familles à l’utilisation du dispositif, est nécessaire pour améliorer le suivi et les résultats.

    La satisfaction des utilisateurs de FSL était d’environ 60 %, sachant que parmi les principales critiques avancées figuraient le coût du dispositif, qui n’était pas encore remboursé alors.

    « Les mêmes résultats ont été observés en Belgique, au Royaume-Uni et en Israël, par exemple, note la pédiatre. Toutes les études soulignent l’importance de l’éducation thérapeutique. Les conditions de remboursement sont un facteur très important. »

    En juin 2017, les autorités émettent ces recommandations pour la MGC :

    • comprendre ce qu’est la mesure interstitielle ;

    • avoir des pistes pour réagir en cas d’alerte ;

    • être capable d’analyser les données recueillies.

    « Face à ces recommandations, nous n’avions quasiment pas d’outils adaptés et en pédiatrie, aucun outil », explique la praticienne.

    Selon elle, une utilisation optimale de l’outil se présente comme suit :

    « L’idée est de passer de l’outil soignant à l’outil patient », commente la spécialiste.

    Il existe 5 domaines pour lesquels les soignants ont besoin d’outils, constate ainsi le Pr Elise Bismuth :

    • poser le diagnostic éducatif : qui réclame l’outil ? Le patient ? La famille ? ;

    • comprendre le fonctionnement du dispositif pour une bonne interprétation des données en temps réel ;

    • réagir de manière adaptée ;

    • analyser les données reçues ;

    • évaluer les modalités d’accompagnement des patients.

    À partir de ce constat et afin de pouvoir suivre les recommandations relatives à la MGC, la praticienne a co-construit en équipe avec ses collègues et les patients les outils suivants :

    • guide d’entretien avant la 1ère pose ;

    • diagnostic éducatif des enfants déjà équipés ;

    • guide de bonnes pratiques ;

    • présentation d’une journée type ;

    • guide du déchargement et d’interprétation des données ;

    • outils pour les population spécifiques : vidéos et applications mobiles à destination des adolescents, vidéo expliquant la pose du dispositif chez le jeune enfant ;

    • mallette de jeux de mise en situation Libre n’Play.

    « Certains outils n’ont finalement pas été retenus parce qu’ils se sont avérés peu adaptés à la pratique quotidienne », précise le Pr Elise Bismuth.

    Ceux qui ont été retenus vont être distribués dans les centres hospitaliers de France. « L’un des enjeux est de gagner la confiance des familles dans le système, analyse la pédiatre. Mieux elles connaissent et maîtrisent l’outil, moins d’erreurs elles commettent, meilleurs sont les résultats. »

    « Je tiens à souligner l’importance de la co-construction dans ce projet, commente la praticienne. Quand on connaît le fonctionnement de l’hôpital public, ce genre de collaboration fait du bien. »

    Conclusions du Pr Elise Bismuth :

    • le FreeStyle Libre est une évolution technologique majeure en diabétologie ;

    • l’accompagnement ETP est indispensable ;

    • référentiel de compétence, messages éducatifs, outils, etc. : « tout est à créer » ;

    • la co-construction entre les soignants et les patients est importante ;

    • l’évaluation des modalités d’accompagnement des patients est essentielle.

    FS LibreView, une plateforme validée dans le cadre du programme Étapes (Pr Joubert)

    Le Pr Michael Joubert, diabétologue au CHU de Caen, est revenu de son côté sur l’utilisation du FSL dans le cadre du programme Étapes, visant à expérimenter la télémédecine au niveau national.

    Les modalités d’Étapes, dont le texte fondateur date de 2010, ont été mises à jour en 2018 :

    Les limites et les freins de la télésurveillance selon le Pr Michael Joubert :

    • la méconnaissance du programme Étapes par plus de 50 % des médecins ;

    • les indications restrictives : toutes les situations, comme le diabète gestationnel, ne sont pas prises en compte dans le programme ;

    • les difficultés de mise en place :

      • réticence des administrations hospitalières : « À Caen, j’ai longtemps été bloqué pour mettre en place la télésurveillance, alors que je m’y étais pris un an avant le lancement du programme Étapes, explique le diabétologue. L’administration a peur qu’il y ait un doublon entre la télésurveillance et le dossier patient informatisé. Il faudrait un moyen d’unifier les systèmes. » ;

      • difficultés organisationnelles (temps dédié, continuité des soins…) : quand une professionnelle présente dans l’auditoire demande si ce suivi n’est pas chronophage (Combien de temps faut-il pour enregistrer un patient ? Combien de temps faut-il pour lui répondre ?), le diabétologue explique qu’il n’est pas encore possible de le savoir puisque personne en France n’utilise pour l’instant la plateforme, qui n’a pas encore été mise en place. « Ce que je vous ai présenté ici est un cabinet virtuel, explique-t-il. Nous verrons à l’usage les avantages et les inconvénients de l’outil. » ;

    • le modèle médico-économique : « L’outil n’est peut-être pas viable dans le système économique actuel », admet le praticien, précisant que dans le public, il faut environ 130 patients télésuivis pour financer 1 infirmière à temps plein ;

    • les solutions techniques inadaptées au glucose interstitiel.

    En ce qui concerne la sécurisation des données, toutes les solutions proposées sont validées par les autorités de santé et acceptées par le ministère, y compris en matière de sécurité des données, indique le Pr Michael Joubert. Le FSL figure dans la liste des dispositifs accrédités par la DGOS, précise-t-il.

    Actuellement, peu de patients partagent les données générées par le FreeStyle Libre avec leur médecin, note le diabétologie :

    LibreView : une plateforme pour mettre en place le télésuivi d’un patient

    Actuellement, le FreeStyle Libre est composé :

    • du FSL Link, une appli permettant de faire remonter les données aux médecins ;

    • du FSL lecteur, un outil utilisé quand les patients téléchargent leurs données.

    Abbott est en train de mettre à jour le portail LibreView, une solution validée dans le cadre du programme Étapes.

    Le portail permet d’envoyer des notifications individualisées, d’échanger entre les professionnels de santé et leurs patients mais aussi entre les professionnels de santé eux-mêmes par le biais d’une messagerie sécurisée. Il permet de centraliser sur un même espace les données de FSL et de FSL Link.

    « La grande nouveauté c’est la fonction de télésurveillance, intégrée dans le cadre d’Étapes, commente le Pr Michael Joubert. Elle permet d’activer et de suivre une télésurveillance pour inclure un ou plusieurs patients dans ce programme Étapes ». Toute la démarche peut être effectuée sur la plateforme, du document permettant de demander le consentement du patient, nécessaire, au contrat de surveillance relatif à la gestion des données.

    Conclusion du Pr Michael Joubert :

    • Le FreeStyle Libre a maintenant sa solution de télésurveillance adaptée au glucose interstitiel dans le cadre du programme Étapes : LibreView ;
    • LibreView permet :
      • d’inclure un patient dans le programme Étapes ;
      • de paramétrer des notifications en rapport avec :
        • l’observance ;
        • les événements d’hypoglycémie et le temps en hypoglycémie ;
        • le temps en hyperglycémie ;
        • le temps dans la cible ;
        • la variabilité (CV) ;
      • d’effectuer le suivi des patients télésurveillés de façon très flexible (suivi individuel, suivi par équipe soignant, rythme des notifications…)

    « Avant, quand un patient venait en consultation tous les 6 mois, je n’étais pas en mesure de lui proposer une réponse, de faire évoluer son traitement, témoigne le Pr Michael Joubert. Avec FSL, j’ai envie de voir mes patients plus souvent pour les aider à mieux gérer leur état parce que je vois plus de choses avec ce suivi en continu, par exemple des hypoglycémies nocturnes que je ne pouvais pas identifier auparavant. »

  • FASN Cancérologie : La direction Data dirigée par le Dr. Livartowski à l’Institut Curie (2/04/19)

    « Nous suivons des patients sur de très longues périodes. D’où l’idée de la création d’une direction des data, pleinement opérationnelle depuis 18 mois. L’objectif est de valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle », explique à Health & Tech Intelligence le Dr Alain Livartowski, oncologue et chargé des programmes de e-santé à la direction des Data de l’Institut Curie, à Paris. Il est membre du comité scientifique des Rencontres Nationales de la Santé Numérique, qui se tiennent le 2 avril 2019, à Paris.

    L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins. Le programme de ces 36 heures chrono mettra en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    En quoi, l’Institut Curie a été pionnier dans le développement de la santé numérique ?

    L’Institut Curie a eu un projet d’hôpital numérique dès la fin des années 90 et nous étions totalement informatisé au début des années 2000. Nous avons, à ce moment-là, décidé d’abandonner complètement les dossiers papiers. Nous avons numérisé tous nos documents en 2007 et arrêté d’utiliser les films radiologiques.

    En 20 ans, nous avons accumulé un nombre considérable de données, comptes rendus, images et autres données. Elles sont constitués pour optimiser les soins. Cependant, nous avons aussi réfléchi à comment pouvoir utiliser ces données pour la recherche clinique, fondamentale et transnationale. Nous suivons des patients sur de très longues périodes. D’où l’idée de la création d’une direction des data, pleinement opérationnelle depuis 18 mois. L’objectif est de valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle.

    Il s’agit de la dynamique qui a abouti à la création de MyCurie ?

    En effet. L’intérêt d’être totalement numérique, et de développer des projets de e-santé est de s’ouvrir vers l’extérieur avec la messagerie sécurisée de santé, le DMP. Le partage s’effectue entre professionnels mais aussi avec les patients, qui sont de plus en plus hors les murs. D’où l’idée de l’application MyCurie pour que les patients puissent recevoir l’information complète les concernant.

    Une première partie d’outils pratiques donne accès aux rendez-vous, aux comptes rendus. Les patients sont très demandeurs, pas tant pour les consulter tous les jours, mais d’être sécurisés. L’autre possibilité très appréciée est de pouvoir communiquer avec les médecins. C’est encore assez nouveau et cela entraîne deux implications pratiques : une modification de l’organisation, notamment pour répondre aux patients quand le médecin n’est pas là, et une réflexion sur le modèle économique.

    Les informations récoltées en vie réelle par les patients alimentent leur dossier mais aussi la recherche, avec leur accord bien sûr. Le projet d’intelligence artificielle pour identifier des risques prédisposant aux thromboses chez les patients, annoncé en février 2019, est également un exemple de la dynamique volontariste de mettre la santé numérique au service du patient.

    Justement comment la e-santé change-t-elle la prise en charge des patients ?

    Le numérique devient un outil indispensable. Nous ne pouvons plus admettre de gérer la relation avec le patient uniquement par téléphone. Les patients eux-mêmes ne comprennent pas qu’un hôpital ne soit pas 100 % numérique. Ils veulent communiquer par les moyens modernes et numériques.

    Il est encore tôt pour voir un changement radical dans la prise en charge des patients. Nous avons plus de 5000 patients qui utilisent MyCurie. C’est à la fois beaucoup et peu. Souvent, les applications sont utilisées par quelques centaines de patients. Mais, sachant que nous avons entre 200 et 300 nouveaux patients par mois, nous sommes loin de notre objectif de 50 % des patients connectés.

    Les professionnels adhérent-ils à totalement à cette évolution ?

    Je ne conçois pas aujourd’hui un hôpital qui ne devienne pas 100 % numérique malgré la contrainte d’avoir à la fois un dossier papier et un dossier numérique, dans une phase transitoire. La prescription doit être totalement numérique, ainsi que le suivi du circuit des chimiothérapies, des médicaments, des examens, notamment d’imagerie. L’objectif est d’avoir un suivi complet du circuit du patient.

    Actuellement, personne ne reviendrait en arrière. En 2004, au démarrage, il a fallu échanger avec les équipes, les accompagner dans ce changement mais aujourd’hui, ils sont convaincus.

    Au point d’être moteur dans le développement et le déploiement ?

    Au démarrage du développement de l’application par exemple, quand il s’agissait d’information allant de l’hôpital vers le patient, ils n’étaient pas opposés mais ne se mobilisait pas beaucoup. Dans l’autre sens, pour l’information transmise par le patient, à gérer, analyser, intégrer dans les dossiers… les médecins se sentent plus concernés et sont très partie prenante. Ils ont été moteurs dans le changement d’organisation de pratiques pour répondre à cette nouvelle approche de la relation aux patients.

    Les patients sont-ils plus impliqués ?

    Tout à fait. Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les patients eux-mêmes pour savoir identifier leurs besoins, leurs souhaits, notamment via des enquêtes. Plus que les associations de patients, je m’appuie sur les patients suivis actuellement, dans mon service, pour être au plus près de leurs problématiques. Nous avons diffusé aussi des enquêtes.

    Pour MyCurie, nous avons d’abord demandé aux médecins de proposer l’application aux patients. Cela a démarré timidement. Puis, quand nous nous sommes débrouillés pour que les patients accèdent directement à l’application, sans passer par les médecins, nous avons eu 5 000 téléchargements en un an.

    Quels sont les freins à lever ?

    L’investissement en informatique coûte cher et pas seulement en matériel. Le volet fonctionnement d’un tel système, avec la mobilisation des médecins, soignants et administratifs n’est pas négligeable. Une organisation est à mettre en place alors que l’acte de télésurveillance n’existe pas. C’est un frein majeur. Quand, après la consultation, j’échange avec un patient par mail, ce n’est pas à côté de lui. Tant que cela arrive de temps en temps, il n’y pas de problème mais cette pratique se multiplie.

    Outre la dimension économique, nous sommes face aux freins habituels de changements des organisations et des pratiques. Certains sont très tournés vers ces nouveautés. Nous avons une grande base de personnes prêtes à changer mais qui ne sont pas forcément moteurs et une partie, de plus en plus restreinte, est plus à la traîne. Nous sommes en train de changer d’organisation hospitalière, de modèle de parcours de soin. Cela va se faire avec le temps.

    Certains patients également sont réfractaires à ce système. Nous devons le respecter en gérant les deux systèmes en parallèle.

    Vous restez optimiste ?

    Je suis optimiste car je suis dans un hôpital tourné vers l’innovation. J’ai été soutenu par ma direction qui m’a donné du temps, une équipe. Je pense que la santé numérique peut améliorer l’organisation, donner plus d’efficience. Pour que cela fonctionne à grande échelle, il faut rapidement lever les freins et trouver le modèle économique efficace.

  • WeData teste au CHU de Nantes sa solution d’anonymisation des données de santé

    La société nantaise WeData propose une solution logicielle qui ambitionne de concilier exploitation des données et protection des personnes : à partir des données patient nominatives, elle restitue des jeux de données virtuelles ou « avatars » qui contiennent les informations d’origine tout en rendant impossible leur identification, en conformité avec le RGPD, qui impose de détruire les données nominatives. Les données une fois anonymisées sont conservables sans limite de durée, ce qui permet leur monétisation auprès d’acteurs extérieurs.

    Une expérience pilote permet à WeData d’appliquer cette solution à l’entrepôt de données biomédicales du CHU de Nantes, le deuxième agréé par la Cnil après celui de l’AP-HP.

    Un « test grandeur nature » avant la commercialisation de la solution

    Cette expérience pilote offre un « test grandeur nature » déclare Olivier Breillacq, fondateur de WeData, joint par HTI. Le principal objectif est de « mesurer l’impossibilité de réidentification » des personnes « par croisement ». « Anonymiser, ce n’est pas seulement supprimer noms et prénoms, mais aussi tous les indices (âge, poids, nombre d’enfants)» qui permettraient de revenir aux personnes réelles à partir des données.

    La commercialisation de cette solution est prévue pour le second semestre 2019 à l’issue de l’expérience avec le CHU. Elle visera en premier lieu le monde de la santé, hôpitaux, cliniques et industrie pharmaceutique, puis le monde de l’assurance.

    eHop, l’entrepôt de données de santé du CHU de Nantes

    L’entrepôt de données de santé du CHU de Nantes, baptisé « eHop »a été constitué à partir des données des DPI (Dossiers patient informatisés). La Cnil a autorisé  en juillet 2018 l’établissement à « mettre en œuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel ayant pour finalité un entrepôt de données de santé ».

    Rattaché au réseau interrégional des centres de données cliniques créé par le GIRCI Grand Ouest, l’entrepôt de données de santé eHop contiendrait des informations appartenant à quelque 2,3 millions de patients, ainsi que 50 millions de données structurées et 12 millions de documents « texte » collectés au cours des vingt ans écoulés.

    WeData, une société issue de l’écosystème scientifique régional

    WeData est issue de la société MethodOmics qui a travaillé 10 ans durant dans le secteur du Big Data et de la Santé. MethodOmics a été fondée par Pierre-Antoine Gourraud, professeur au CHU de Nantes: celui-ci est également responsable du service « Clinique des données » créé au sein du CHU.

    WeData a été accompagnée par la technopole régionale Atlanpole. Elle est membre de Naoedia, «collectif nantais de l’intelligence artificielle pour tous».